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Vendredi 8 mars 2013 5 08 /03 /Mars /2013 12:24

 

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« Je croyais que ce serait facile comme langue, qu'il suffisait de rajouter des o et des a un peu partout pour se faire comprendre, mais en fait ça ne marche pas du tout comme ça, en tout cas, pas avec Mme Pepita. Roméo, lui, il est super fort en espagnol. Il est fort en plein de langues, Roméo. Sa mère est brésilienne et son père est né aux États-Unis , alors il connaît un tas de gens qui ne parlent pas français. Roméo, c'est son meilleur ami. Il est tout petit et il est très drôle. Même quand il a les boules, il est drôle, parce que, dans sa famille, il se passe toujours des tas de trucs pas croyables. Il n'a pas de frères et sœurs, mais il a des cousins dans plusieurs pays du monde, et quand il en parle, on dirait qu'ils ont des vies pas possibles. Il a même un oncle hyper connu au Brésil parce que c'est un acteur de série télé. Ses parents sont trop cool, c'est presque comme s'ils étaient copains. Ils disent que Roméo est quasiment un homme maintenant, et ils lui laissent faire presque tout tout seul, sans même lui demander ce qu'il fait exactement. Il a de l'argent de poche en double parce que ses parents sont séparés. Il peut s'acheter ce qu'il veut, des baskets, des jeux vidéo, ce qu'il veut. Et surtout, contrairement à moi qui n'y comprends rien, il est balaise en espagnol. » pages 12-13

 

Au Rouergue en janvier sont sortis deux petits romans Dacodac que je lis avec retard, mais dont il faut faut que je vous parle quand même. Le premier, c'est L'invité surprise de Géraldine Barbe, qui avait publié deux romans pour adultes chez Léo Scheer.

 

Sa première incursion dans le monde merveilleux de la littérature jeunesse est une jolie surprise ! Persuadé que sa vie serait plus palpitante, qu'il serait plus fort en espagnol, qu'il n'y aurait plus de dispute le matin parce que sa sœur occupe la salle de bain et que lui se lève trop tard, si ses parents divorçaient, Louis tente de leur faire comprendre qu'ils ont le droit de bien s'aimer et de se séparer quand même et qu'il ne faut pas qu'ils s'en empêchent à cause de leurs enfants. Il essaie alors de provoquer leur séparation en invitant la mère de son meilleur ami Roméo, célibataire et plutôt jolie, et Benjamin Biolay, ami d'enfance et idole de sa mère, à la fête des 40 ans de cette dernière !

Et on se doute qu'un roman jeunesse au Rouergue avec une telle idée de départ va regorger de situations comiques et que rien ne va se passer comme prévu. Évidemment, on n'aura pas tort.

 

« Donc, l'idée, c'est d'amener en douceur mes parents à se séparer, en leur faisant comprendre que ce serait l'occasion pour eux, les adultes, de refaire leur vie et pour nous, les enfants, de nous épanouir. » page 26

 

Le sujet est traité avec beaucoup d'humour et de légèreté, l'écriture est facile et agréable à suivre dès neuf ans (huit, pour les bons lecteurs). Rien de choquant, ne vous inquiétez pas, c'est un vrai bon roman pour enfants, qu'ils aient ou non des parents divorcés ou d'autres problèmes familiaux. À savourer comme un gâteau d'anniversaire !

 

 

Merci à Adèle Leproux des éditions Rouergue pour l'envoi de ce livre !

Par Sébastien Almira - Publié dans : Littérature jeunesse
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Lundi 4 mars 2013 1 04 /03 /Mars /2013 14:37

 

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Honte à moi, grand adorateur de romans pour ados qui n'a toujours pas lu les pourtant très encensés Vango et Tobie Lolness ! En revanche, j'ai le plaisir de vous annoncer que je viens de lire Victoria rêve, le nouveau roman de Timothée de Fombelle, qu'on ne présente plus.

Plus léger, plus court, plus rêveur, l'histoire de Victoria se lit d'une traite. Et non sans plaisir. Victoria est une petite fille déçue par la platitude de la réalité et ses rêves ont l'air tellement plus passionnants qu'elle aimerait bien y passer tout son temps.

 

« Depuis longtemps, Victoria rêvait de dangers, de poursuivants armés, d'amis qui se battraient pour elle à l'épée, de rivières à traverser à la nage traquée par des ours. Oui, des ours. Elle voulait une maison sur pilotis, un bonnet en fourrure, des chevaux sauvages, des missions en Sibérie ou dans l'espace. Elle voulait des parents otages des Pygmées qu'il serait impossible de libérer. Elle rêvait d'un chien qui lui arriverait au menton et la protégerait des lions venue boire dans le lac où elle se laverait une fois par mois, maximum.

Victoria voulait une vie d'aventures, une vie folle, une vie plus grande qu'elle.

Et l'on disait tout autour d'elle : « Victoria rêve. »

Car Victoria habitait rue de la Patinoire, dans la petite ville de Chaise-sur-le-Pont. La ville la plus calme du monde occidental. Elle allait au collège Pierre-Martial, à l'ombre des tours de la cité des Aubépines. Aucun Pygmée n'avait jamais touché à ses parents, qui la forçaient à se laver tous les soirs. Pire encore, aucune créature n'était jamais tombée amoureuse de sa sœur aînée et n'avait eu la bonne idée de l'emmener pour toujours sur sa planète. » pages 7 à 9

 

Jusqu'au jour où des éléments improbables pénètrent sa réalité. Le p'tit Jo la suit la nuit parce qu'il cherche les Trois Cheyennes, la grande horloge du salon disparaît et elle voit son père habillé en cow-boy. Pour Victoria, la grande aventure commence : sa vie devient enfin palpitante !

 

Joliment raconté, joliment illustré, Victoria rêve est un conte pour jeunes et moins jeunes ados rêveurs, qui se lit d'une traite, comme un rêve dont on ne voudrait pas s'échapper. Enchanteur !

Quant à moi, il ne me reste plus qu'à pénétrer le monde de Vango et de Tobie !

 

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Par Sébastien Almira - Publié dans : Littérature jeunesse
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Vendredi 1 mars 2013 5 01 /03 /Mars /2013 09:33

 

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À la manière d'Abdellah Taïa il y a quelques mois avec Infidèles, au Seuil également (lire critique), voici un roman complètement anecdotique sur le monde arabe.

Plutôt bien écrit, narré à la deuxième personne du singulier, au présent comme au futur, Mauvaises passes raconte l'histoire de Mohamed Ibrahim, un Cairote d'une vingtaine d'années qui prend une chambre en coloc avec un ami en centre ville afin de pourvoir à leurs besoins sexuels en toute tranquillité, malgré le mariage prochainement prévu avec sa cousine Hind.

 

Honnêtement, la quatrième de couverture est plus complexe que le roman. En cent-vingt pages imprimés en caractères à peine moins gros que chez Nothomb, Mohamed S. al-Azab raconte les difficultés de trouver un logement, les mœurs conservatrices d'un pays en lambeaux et de familles bridées par la religion, la sexualité inassouvie de la population.

Et c'est intéressant, parfois même presque drôle, mais dieu que c'est rapidement balancé ! Mauvaises passes donne l'impression d'un mémoire sur la vie cairote pas tout à fait fini, un peu bâclé. Un brouillon. Un brouillon bien ficelé, bien mené, mais pas assez touffu.

N'en reste pas grand chose une fois refermé, malgré de bons ingrédients et de bons arguments.

 

« La chambre ne leur plaira pas du tout. Ta mère restera interdite devant la vulgarité des femmes assises devant l'immeuble et ses yeux lanceront des éclairs. Sur le moment, elle se gardera de tout commentaire, mais éclatera au cours du repas :

« Quel être sensé abandonnerait la maison de ses parents pour s'installer dans un cloaque pareil ?! »

Elle se verra aussitôt interrompue par les rires indulgents de ton père, lequel te connaît assez pour savoir que tu ne resteras pas ici bien longtemps.

Hind se sentira un peu perdue dans ces murs. Elle se contentera d'écouter les autres, muette, et de mastiquer lentement.

En fin d'après-midi, ta famille repartira à Madinet el-Salam et toi tu prendras le bus d'Aïn Shams pour raccompagner Hind chez elle. Dans l'entrée de son immeuble, elle te dira :

« Cette histoire de chambre ne me dit rien qui vaille. Franchement, je commence à douter de toi. »

Tu te mettras à rire en lui donnant de petites tapes dans le dos et elle te repoussera gentiment avant de s'engager dans l'escalier – ne pouvant voir son visage, tu ne sauras pas si, à cet instant, elle partage ou non ton hilarité. » page 15-16

 

Merci toutefois aux éditions du Seuil pour l'envoi de ce livre.

Par Sébastien Almira - Publié dans : Littérature adulte
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Mercredi 27 février 2013 3 27 /02 /Fév /2013 15:04

                     barbe bleue  daniel-auteuil.jpg

 

Après Marcel Pagnol (La fille du puisatier, Marius, Fanny, César), Daniel Auteuil a jeté son dévolu sur Amélie Nothomb. Il se lance dans la réalisation de Barbe Bleue, le conte que la Belge a transposé en août dernier dans notre Paris actuel (lire critique).

 

"J’ai une idée bien précise de la façon dont on peut, en plein Paris, adapter un conte moderne. C’est un conte revu par Amélie et par moi. "

 

En plus de le réaliser, Daniel Auteuil passera également devant la caméra en endossant le luxueux costume d’intérieur du rôle principal, celui de Barbe-Bleue, rebaptisé Don Elemirio Nibal y Milcar pour l’occasion.

 

info dénichée sur Myboox.fr

Par Sébastien Almira - Publié dans : Brèves de comptoir
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Lundi 25 février 2013 1 25 /02 /Fév /2013 10:06

 

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« Tanguy Rouvet, adolescent de dix-huit ans, ne peut pas n'être qu'un vulgaire psychopathe. Ce statut peu enviable ne récompenserait pas les efforts d'imagination qu'il investit à se trouver mille et une bonnes raisons de se faire justice lui-même. Au terme d'un road-movie où les phases d'action et d'introspection engendre une tension ininterrompue, Tanguy parviendra-t-il à nous convaincre que derrière l'implacable enchaînement des faits tragiques se cache un être en quête d'absolu ? »

 

 

Ça commence donc par un argumentaire certes pompeux, mais aguicheur. Ça continue avec l'histoire de Tanguy qui fuit son domicile et son histoire après avoir étranglé sa mère. Ça se poursuit effectivement avec un road-movie, assez chaotique il faut le dire. En ça, l'argumentaire n'est pas mensonger.

Quant à la tension ininterrompue et l'implacable enchaînement des faits tragiques, je suppose que tout est question de point de vue. L'enchaînement n'a de tragique que l'impression qu'il laisse au lecteur. Les phases d'introspection prennent tellement le pas sur l'action que j'ai sauté des pages entières, c'est dire. Et je suis au regret de vous dire que l'histoire complètement absurde de ce pauvre gars ne m'a pas convaincu une seule seconde. Pas de quête d'absolu pour moi, donc.

 

Je m'étonne d'une chose : la seule qualité à vraiment sauver dans ce roman est l'écriture incisive et implacable (c'est plutôt là que j'emploierai cet adjectif, mais tout est question de point de vue) de Christophe Carpentier. Or il n'en est fait aucune mention dans la quatrième de couverture, citée plus haut. D'où la première étoile.

Divisé en cinq parties (Dijon, Les Alpes, Chamonix, Toulon et El Ejido), le roman est inégal et m'a souvent ennuyé. Néanmoins, j'ai trouvé assez intéressante la dernière partie, lorsque le jeune anti-héros se retrouve dans un paradis agricole pour exploitants sans scrupule ou enfer agricole pour sans-papiers morts vivants, au choix. D'où la deuxième étoile.


 

« La notion de bonheur est souvent affaire de comparaison avec plus malheureux que soi. » page 237

« Mais cette fois il en éprouve une excitation décuplée, sans doute qu'en matière de sexe, tout n'est qu'une question de familiarisation avec l'obscène, rien ne demeure durablement choquant. » page 275

« Il sait qu'il mène la seule existence qu'il mérite de vivre, parce que nulle autre existence ne lui conviendrait mieux que celle-ci, précaire et affligeante, horrifiante et cynique, qui ressemble à une collision permanente, une collision à laquelle il voue un culte sans bornes, ce culte de la collision qui seul est capable de mobiliser de façon optimale son énergie physique et psychique afin de se nourrir en continu de cette formidable cruauté qui fait battre le cœur du monde. » page 279


 

Merci toutefois à Jean-Paul Hirsch et Antonie Delebecque des éditions POL pour l'envoi de ce livre.

Par Sébastien Almira - Publié dans : Littérature adulte
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° attention danger ! ne pas approcher !

* à laisser en boutique sans regret

** à emprunter ou acheter d'occasion
*** à acheter et lire avec plaisir

**** à acheter, lire, prêter et relire

***** attention chef d'oeuvre ! à acheter, lire, offrir, relire et noter dans son testament !

à venir...

- Western Girl, Anne Percin (Rouergue DoAdo)

- Si tout n'a pas péri avec mon innocence, Emmanuelle Bayamack-Tam (rentrée POL)

- Le peintre d'évantails, Hubert Haddad (rentrée Zulma)

 

- Hurts, Exile (Sony)


... à suivre ...

 

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