Jeudi 21 juillet 2011 4 21 /07 /Juil /2011 12:26

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Fnac de la Place des Ternes, Paris

 

La Fnac me fait doucement rire. Le PDG Alexandre Bompard a annoncé mardi son plan miracle pour remonter la pente.

 

Quoi ? La Fnac, en chute ? Ah d'accord, ils ont fait -5,2 % au premier semestre sur les produits culturels, et -5,4 % sur les produits techniques, ok ! Ce qui fait que, vu les millions qu'ils se font chaque année, ils ont perdu quelques malheureux milliers d'euros. Je comprends soudain mieux leurs motivations !

 

Voilà ce que j'écrivais dans l'article La librairie contre les machines (ici), en mai 2009 :

« Enfin, on ne peut pas vraiment dire que le marché du livre soit réellement en crise, il se vend sensiblement le même nombre de livres chaque année, les succès sont toujours au rendez-vous (Millénium, L'élégance du hérissonet Marc Lévy en tête, le prouvent), les auteurs de plus en plus productifs (chez Albin Michel, Schmitt, Chattam et Werber publient plusieurs livres par an), etc. Non, on ne peut pas vraiment dire qu'il y a crise. Le problème se trouve, comme pour le disque et la vidéo, du côté d'internet. Non pas avec le téléchargement, mais avec les pure player, tel Amazon, qui tuent la librairie française. Cependant, la Fnac tire toujours son épingle du jeu. Même si elle subit la concurrence d'Amazon et compagnie, elle a vite réagi en offrant sur son site les 5 % autorisés par la loi, ainsi que les frais de port. Face à ça et à l'effervescence de ses magasins, que peuvent les librairies indépendantes ? »

 

Le problème de la Fnac aujourd'hui est double. D'abord, il s'agit de celui-là même qui touche les librairies indépendantes depuis plusieurs années : internet. Les ventes sur le net bouffent les ventes en magasin et, cette fois, la Fnac ne s'en sort pas indemne. Les 5 % et les frais de port offerts sur son site ne renversent pas la tendance : la Fnac est désormais olgée à la même enseigne que les autres.

Le second réside en la Fnac elle-même. Il suffit de lire les commentaires qui font suite à l'article Yahoo (ici) pour se rendre compte que ce que je dis dans La librairie contre les machines n'est pas le fruit de l'imagination d'un anti-Fnac ayant travaillé chez Virgin. Le personnel n'est bien souvent pas à la hauteur (produits culturels) et quand il l'est, la direction les obligent à vendre de la merde (Pathoi en commentaire sur Yahoo : « J'ai travaille 1 an a la fnac, au début c'était sympa, ma motivation principale était de conseiller le mieux possible les clients et leur vendre des produits adaptés à leurs besoins. J'etais au rayon photo et connaissais bien mon rayon. Petit a petit, les objectifs devenaient plus axés sur le chiffre, vendre en priorité les produits en fins de vies (adieux les bons conseils aux clients), vendre des extensions de garanties très chères (elles rapportent largement plus que le produit lui même). Bref, j'avais perdu mes illusions de travailler dans un magasin cool au service du client et des évolutions des produits technologiques. J'ai quitté au bout d'un an. Dernières nouvelles du magasin ou je travaillais : 2 suicides d'anciens collègues... »).

Le servie au client est autant négligé que le turn-over est important, je n'ai pas eu à faire à un bon libraire une seule fois depuis que je connais le métier, excepté au magasin d'Avignon. Les stagiaires envahissent les rayons (pas cher, le stagiaire) et se trouvent bien souvent incapables de répondre à vos questions ou de vous délivrer un conseil.

 

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Alexandre Bompard, PDG de la fnac, qui, visiblement, ne manque pas d'argent.

 

Et Aujourd'hui, je ris quand je lis qu'Alexandre Bompard souhaite doubler le nombre de magasins en France, développer des univers et faire de la relation client une priorité. Pour une chaîne qui existe depuis 1954, il serait peut-être enfin temps de prendre le client en compte. Chez Virgin sont affichés dans tous les locaux du personnels les 10 commandements du vendeur Virgin, dont plusieurs concernent la relation au client. Il y aurait beaucoup à dire sur la gestion et le management des magasins et d'une chaîne incapable d'améliorer son développement géographique (vient encore de perdre ses magasins dans les gares, au profit de la Fnac) et son chiffre d'affaires mais, ici, la direction a vite compris qu'il fallait faire du client une priorité absolue.

Quant aux univers, il s'agit de mélanger les produits dans les rayons pour tenter de les rendre plus attractifs. Il prévient également que ce plan nécessitera « la modification d'un certain nombre de métiers. À la rentrée, on va ouvrir un chantier d'adaptation des métiers, des compétences, des qualifications, dans le cadre d'une gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences avec les partenaires sociaux ». En somme, le PDG de la Fnac depuis novembre persiste dans une volonté de disposer de vendeurs polyvalents, prêts à l'emploi pour n'importe quel rayon. Plus de vendeurs spécialisés, plus de libraires, plus de disquaires donc, à la Fnac. Ce à quoi Christian Lecanu, délégué central CGT répond que « pour l'instant, ce plan est très flou et repose sur beaucoup de com. En plus, il prévoit des univers. Nous, nous sommes convaincus que le client qui vient en magasin ne cherche pas un univers, il vient chercher un livre ou un disque, c'est tout. Sur l'emploi, il nous parle en termes très voilés de flexibilité, d'employabilité... De toute façon, on n'est pas très confiants, les efforts jusqu'à présent sont plutôt surtout concentrés sur des diminutions d'effectifs. »

 

En somme, voilà un gros coup de bluff censé redorer l'image de l'enseigne et augmenter le chiffre d'affaires pour que PPR (Pinault-Printemps-La Redoute) puisse enfin la vendre. Depuis un an et demi, PPR tente de vendre la Fnac.

 

 

À lire :

L'article et les commentaires sur L'expansion/L'express

L'article et les commentaires sur Yahoo !

Par Sébastien Almira - Publié dans : Monde du livre
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Dimanche 17 juillet 2011 7 17 /07 /Juil /2011 22:13

Ne voyez pas là une quelconque prétention de ma part. Car si je fais des propositions, je ne vous contrains pas à partager mon avis. Cela dit, n'hésitez pas à vous y fier et revenez nous donner votre avis ! Parmi les blockbusters des majors (Pirates des Caraïbes, Harry Potter, X-Men, Transformers), il y en a des valables, et entre ceux-ci il y a des petits bijoux à ne pas rater.

 

 

 

Au cinéma :

 

X-MEN, LE COMMENCEMENT, de Matthew Vaughn, 2h10 ***

x-men.jpgJe n'avais vu aucun des trois autres films et pourtant, j'ai beaucoup aimé celui-ci. Les avis sont partagés mais deux amis férus de comics et de super-héros sur grand écran, parfois déçus d'adaptations, partagent toutefois le mien. Alors je me dis que je ne suis pas un imbécile heureux qui aime les grosses productions sans comprendre qu'elles sont faites pour ne plaire qu'à un public de benêts.

Le principe est simple et à la mode : on prend une saga cinématographique et on y colle un début, un avant, une naissance, un commencement. Ici sur fond d'affrontement russo-américain, Proffesseur X (James McAvoy) et Magneto (Michael Fassbender) apprennent à se connaître et s'allient à d'autres mutants pour sauver le monde de la destruction. C'était au bon vieux temps, lorsqu'ils n'étaient pas encore ennemis et que tout restait possible.

Rebondissements, effets spéciaux à gogo, action et psychologie des personnages, le réalisateur de Kick Ass a réuni tous les ingrédients pour faire de cette grosse production l'un des blockbusters de l'été. Et le résultat est là : plus de deux millions d'entrées en France en cinq semaines.

 

MINUIT À PARIS, de Woody Allen, 1h30 ***

minuit.jpgDu réalisateur chochou des Français, je ne connais pas ses vieux films. Je n'ai vu que Match Point, Scoop (très bons films), Vicky Christina Barcelona (coup de cœur), et Whatever works. Ce dernier ne m'avait pas emballé et le suivant (Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu) ne m'avait pas fait bouger en salles obscures. Mais son nouveau film, Midnight in Paris, qui avait fait couler beaucoup d'encre grâce/à cause de la présence de Carla Bruni-Sarkozy, m'avait rallié à sa cause. Et je n'ai pas été déçu.

Ne vous attendez pas à vivre un grand moment de cinéma, ce n'est pas un chef d'œuvre, pas non plus son meilleur film, mais un très bon moment à passer au cinéma. Une jeune couple sur le point de se marier est en vacances à Paris. Elle est américaine à souhait, c'est-à-dire blonde, jolie, bien foutue, dépensière, fêtarde et un peu nunuche. Il est scénariste, un peu perdu dans ses pensées et a du mal à travailler le roman qu'il essaie de faire passer avant les scénarios qu'il trouve de moins en moins intéressants. Paris ne lui plait que pour faire les boutiques et elle se languit de rentrer à New York, tandis qu'il adore flâner dans les ruelles de la capitale. Elle le délaisse petit à petit et lui se perd dans les méandres de la ville lorsque, soudain, à minuit, il se passe quelque chose. Rêve ou réalité ? En tout cas, Dalí, Hemingway, les Fitzgerald, Picasso ou encore Gauguin, toutes les artistes qu'il apprécie ou vénère sont là. Adriana (Marion Cotillard) est là pour le guider dans son Paris rêvé, celui des années folles.

Frais, pétillant, agréable et intelligent, le nouveau Woody Allen se laisse regarder avec plaisir, surtout l'été !

 

HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT (2e partie), de David Yates, 2h10 ****

hp.jpgSi vous avez grandi avec Harry Potter, le petit sorcier à lunettes, vous ne devrez pas rater la sortie cinéma événement de cet été, le deuxième volet adapté du septième et dernier tome de la saga de J. K. Rowling. Si je n'avais pas aimé la première partie (ici), ennuyeuse et ratée, à l'image du livre, j'ai été conquis par ce dernier film.

Il y a encore et toujours des défauts (dialogues guimauves et involontairement drôles, jeux d'acteurs à la limite du ridicule), mais Harry, Ron et Hermione sont enfin sortis de leur tente et l'action est au rendez-vous. La lecture du livre commence à remonter, alors peut-être ai-je oublié certains passages mais j'ai eu l'impression que le début du film est totalement inventé. Je ne me souvenais de presque rien, et ce n'était pas pour me déplaire. La réalisation et les effets spéciaux sont à l'image des précédents volets de David Yates et on ne s'ennuie pas un instant. Quant à la fin, ce qui m'a déplu à lecture a été quelque peu changé et m'a ravi à l'écran.

En somme, une très bonne manière de clôturer plus de dix ans passés avec le héros de millions d'enfants dans le monde entier !

 

 

 

En DVD :

 

TRUE GRIT, des frères Coen, 1h50. Disponible en DVD et Blue-Ray Disc ****

watch-true-grit1Les frères Coen sont des génies, capables de passer d'un genre à l'autre sans problème, capables de redorer l'image du western, au point même que Quentin Tarantino s'apprête à tourner le sien. En adaptant 100 $ pour un shérif, le roman de Charles Portis et non pas le film de Henry Hataway qui a valu un oscar à John Wayne et que les deux frères ont trouvé mauvais, ils ont signé leur plus gros succès au box-office (1 366 000 entrées en France).

L'histoire est celle de Mattie Ross ( Haylee Steinfield), 14 ans, qui veut venger la mort de son père. Pour ce faire, elle engage le pire des chasseurs de prime (Jeff Bridges), avant de savoir que LaBœuf, un fédéral, est sur le coup (Matt Damon) car le lâche a assassiné plus d'un homme...

Cela vous paraît simple et déjà vu ? Détrompez-vous, car les frères Coen sont là pour vous prouver le contraire ! Les acteurs, la réalisation, l'humour, l'action, la photographie, tout est réussi. Pour ceux qui dévorent les westerns légendaires et pour ceux qui ne les supportaient pas.

 

RANGO, de Gore Verbinski, 1h40. Sortie le 15/08 en DVD et Blue-Ray Disc ****

rangoCertes, il vous faudra attendre la fin de l'été pour le voir en DVD (puisque je ne doute pas que personne, ici, ne télécharge illégalement), mais ça vaut vraiment le coup !

D'abord parce que c'est un film d'animation terriblement adulte (humour noir, narration, thèmes : problème d'eau dans les pays défavorisés, différences Nords/Suds, racisme, etc.). Ensuite parce que c'est un dessin animé d'aventures qui ravira aussi les petits, passée la première scène qui peut se révéler quelque peu rébarbative. La réalisation est parfaite, les images très belles, le discours intéressant, l'humour toujours présent. Et c'est fichtrement original ! Ce n'est certes pas le seul, mais on s'éloigne des standards et surtout des codes de l'animation qu'il faut respecter pour plaire au grand public. À dévorer !

Par Sébastien Almira - Publié dans : Leçons de cinéma
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Vendredi 1 juillet 2011 5 01 /07 /Juil /2011 18:46

 

16 H / C'est un exercice difficile que je commence puisque pour la première fois je vais écrire sur quelque chose qui ne touche pas à la culture. Il s'agit de politique. Ce blog n'a aucune visée politique habituellement et, même si je m'y intéresse pas mal, je n'en avais jamais parlé jusque là.

Premièrement, parce que je ne voyais pas l'intérêt sur un blog culturel. Deuxièmement, parce que je ne veux pas soulever de débat houleux sur ce sujet « dangereux ». Dernièrement, parce que je ne le souhaite pas. J'en parle volontiers avec mon entourage, je ne cache pas mes opinions, mais je ne souhaitais pas les exposer ici.

Pourtant aujourd'hui, l'envie m'en est venue.

 

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Le 14 mai 2011, Dominique Strauss-Kahn est arrêté avant le décollage de l'avion qui devait le ramener en Europe où il avait rendez-vous avec Angela Merkel le lendemain. Il est accusé de tentative d'agression sexuelle sur une femme de ménage de l'hôtel Sofitel où il résidait à New York.

La scène aurait eu lieu à 13h, la plaignante serait entrée dans la chambre de DSK pour faire le ménage. Lorsque celui-ci serait sorti de salle de bain nu, elle se serait excusé et aurait tenté de sortir de la chambre. C'est alors que DSK aurait tenté d'introduire son sexe dans sa bouche avant de l'enfermer dans la salle de bain. Alors il serait parti précipitamment de l'hôtel, oubliant son téléphone portable. Et la jeune femme aurait été vue sortant en pleurs de la chambre par une caméra de vidéo-surveillance.

Mais ce que la victime ne savait pas, c'est que DSK n'était pas dans la chambre lors de l'agression. Ce dernier avait un alibi, il était en train de déjeuner avec sa fille. La victime change alors de version : un serveur présent dans la chambre lui aurait affirmé qu'il n'y avait personne, le directeur du FMI aurait introduit son sexe dans sa bouche et aurait tenté de la violer après l'avoir poussée sur le lit. De plus, la direction affirme n'avoir pas de caméra dans les chambres et les couloirs de l'hôtel et Dominique Strauss-Kahn a appelé l'hôtel pour demander qu'on lui apporte l'un de ses sept téléphones portables oublié dans sa chambre.

 

Sue le net, ce fût l'effervescence. Pourquoi la femme de ménage était-elle dans la chambre à cette heure-là ? Pourquoi ne s'était-elle pas assurée avant d'entrer qu'il n'y avait personne ? Pourquoi a-t-elle changé de discours ? On lui donne un nom, une origine ; on en change le lendemain.

Les médias ont répété et amplifié tout et n'importe quoi sur ce scandale. D'un côté se formaient les rangs pro-DSK criant à la machination, d'un autre les fervents défenseurs des droits des femmes et de la droite française. Je n'étais sûr de rien mais je voulais croire que cette affaire était un coup monté, que ce fût de l'Élysée ou de la victime présumée, que la vérité éclaterait et que l'éléphant du Parti Socialiste démissionnerait du FMI pour présenter sa candidature aux primaires du parti.

Car à cette époque, je croyais dur comme fer qu'il serait candidat et qu'il l'emporterait, comme une majorité de Français.

Malheureusement, on trouva des traces de sperme sur le chemisier de la victime présumée et sur le sol de la chambre. DSK fut incarcéré à la prison de Rikers Island et rendez-vous fût pris pour tirer l'affaire au clair le 6 juin au tribunal.

Je pensais bêtement que le 6 juin marquerait également la fin du procès (ne me demandez pas pourquoi !) et qu'on saurait si DSK serait reconnu coupable ou blanchi. Qu'il n'était pas trop tard pour la bataille qui s'annonçait en France.

 

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Dominique Strauss-Kahn se retrouva avec les sept chefs d'accusation suivants sur le dos :

Acte sexuel criminel au premier degrés

Acte sexuel criminel au premier degrés (son sexe étant entré en contact par deux fois avec la bouche de la victime présumée, cette charge est retenue deux fois, soit 2 fois 25 ans...)

Tentative de viol au premier degrés (pour tentative de pénétration vaginal. 15 ans)

Agression sexuelle au premier degrés (7 ans)

Emprisonnement illégal au second degrés

Attouchements non consentis (il lui aurait touché la poitrine. 1 an)

Agression sexuelle au troisième degrés (contact sexuel sans emploi de la force. 3 mois)

Pour n'avoir pas réussi à violer une femme, Dominique Strauss-Kahn risque donc plus de 74 ans de prison.

 

 

En quelques jours, l'affaire était devenue un véritable feuilleton télé à suspense. Et les faits étaient là : le procès devait durer des mois, DSK ne se présenterait pas aux élections présidentielles 2012 en France et sa carrière politique était morte.

Les socialistes doivent se débrouiller sans leur char d'assaut. François Hollande et Martine Aubry prennent de l'ampleur dans le champs médiatique. Même si cette dernière n'avait pas déclaré sa candidature, elle faisait tout pour écraser ses concurrents potentiels, n'hésitant pas à traiter Ségolène Royal de folle et François Hollande de nul.

 

Et en quelques jours, comme à ses débuts, le feuilleton s'emballa de nouveau. Dès l'ouverture officielle des dépôts de candidatures socialistes le 28 juin, Martine Aubry se déclare candidate. Et aujourd'hui, 1er juillet, le New York Times annonce (avec des sources provenant de l'enquête) un rebondissement de taille. Le témoignage de Nafitassu Diallo pourrait être réduit en cendres. Elle aurait téléphoner à celui qu'elle présente comme un ami, voire son fiancé quelques heures après l'arrestation de DSK et aurait parlé explicitement des avantages qu'elle pourrait tirer des poursuites contre le présumé coupable. L'homme avait été arrêté en possession de 180 Kg de marijuana et lui a versé à plusieurs reprises des sommes d'argent laissant soupçonner une implication de la jeune femme dans des activités criminelles (trafic de drogue et blanchiment d'argent). Depuis deux ans, ce sont 100 000 dollars versés par plusieurs personnes qui lui permettaient notamment de payer les factures de cinq lignes téléphoniques. Presque autant de lignes que DSK, c'est étrange pour une femme célibataire avec un enfant, censée être pauvre et sans problème.

 

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Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair à la sortie du tribunal

 

L'agence Reuters parle de « rebondissement spectaculaire avec la mise en cause de la crédibilité de la jeune femme ». le New York Times avance carrément que « les procureurs n'accordent plus beaucoup de crédibilité à ce que l'accusatrice leur a dit, ni sur les circonstances (de l'agression présumée), ni sur elle-même ».

Le New York Post va encore plus loin : « Les procureurs travaillent sur trois scénarios qui pourraient chacun détruire les accusations de viol contre DSK :
- Ils ont eu des rapports sexuels consentis
- Strauss-Kahn l'a payée pour avoir des rapports sexuels
- La femme de chambre l'a piégé dans un complot d'extorsion. »

Depuis le début de l'affaire, les avocats de Dominique Strauss-Kahn affirment qu'il s'agissait d'une relation sexuelle consentie et tentaient de démontrer que la plaignante était animée par des intentions cachées et tentait de profiter de la position d'influence de leur célèbre client.

 

18H30 / Dominique Strauss-Kahn a été libéré sur parole par le juge Michael Obus et la caution pour sa remise en liberté sous surveillance en mai lui a été remise.

Lors d'une audience destinée à examiner les conditions de la liberté conditionnelle de Dominique Strauss-Kahn, les procureurs ont déclaré que des doutes existaient désormais sur la crédibilité de la femme de chambre.

 

L'espoir revient parmi les sympathisants du Parti Socialiste et de la gauche. Le candidat présumé peut même ravir un paquet de voix au centre et à la droite. Alors reste à savoir, dans le cas où il serait blanchi, si l'ancien favori des sondages (pour les primaires socialistes et les élections présidentielles) présentera sa candidature ou non.

Tandis que Martine Aubry « espère de tout coeur que la justice américaine établira dès ce soir toute la vérité et permettra à Dominique de sortir de ce cauchemar », Jack Lang pense que la gauche ne peut se passer d'un candidat tel que lui et Julien Dray, ayant lui-même eu des démêlés avec la justice, affirme : « Moi, je crois connaître un peu son caractère, je pense que quand on sort de ça, on a envie de manger le monde ».

Et bien, je ne demande que ça.

 

« Les bons apôtres, j'les mange ! » (Mylène Farmer, C'est dans l'air)

 

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Par Sébastien Almira - Publié dans : Articles de fond
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Lundi 6 juin 2011 1 06 /06 /Juin /2011 19:35

 

 

meto.gifYves Grevet m'avait enchanté avec son époustouflante trilogie Méto, que je n'ai cessé de vous conseiller et que j'ai remis en avant sur mon blog au mois de mai (« article à (re)découvrir », que je n'ose remplacer par un autre pour le moment). Par la suite, j'ai lu son court Jacquot et le grand-père indigne qui m'avait bien plu, mais c'était Seuls dans la ville que j'attendais depuis des mots et qui est enfin disponible ! Un mois après l'avoir lu, je prends mon courage à deux mains (le chômage me permettait au début d'écrire plus d'articles que d'habitude, mais le rythme a vite freiné et la flemme gagné du terrain) et vous en livre ma critique.

 

Écrire le bon livre après Méto pouvait s'avérer dangereux. Yves Grevet a pris le parti de changer complètement de genre. De la grande aventure d'anticipation matinée d'un brin inquiétant de sciences-fiction, il est passé au polar urbain. Attention ! On est loin du roman noir, du polar crade, de l'univers mafieux, de Chandler, Hammet et Ellroy. On est dans un roman pour adolescents, sans prétention, mais qui se dévore facilement, rapidement et avec beaucoup de plaisir.

 

 

Une professeur de français propose à sa classe de première littéraire de soufflet entre les dissertations et autres commentaires composés en se rendant seuls dans la ville, entre 9h et 10h30. Là, ils doivent écrire ce qu'ils voient et/ou ce que cela leur inspire, sous forme libre, description, fiction, poésie, etc.

Or, le jour même, maître Marideau, le notaire de la ville, est retrouvé assassiné dans sa voiture, sur l'île aux Chiens. Les jours passent, l'enquête de police piétine, le bac approche et malgré l'opposition de la prof, Erwan (adolescent plutôt commun) et Cassandre (fraîche et pétillante) tentent de rassembler toutes les copies afin de traquer le moindre indice qui leur permettrait de démêler le vrai du faux.

Pourquoi maître Marideau a cessé brusquement toute activité plusieurs fois avant de s'installer dans une nouvelle ville ? Laquelle des trois femmes rousses aperçues en ville est celle qui conduisait la Mercédes du notaire ? Que venait chercher ce jeune homme à l'air étrange dans une poubelle du square du Gros Tilleul ? Pourquoi la prof tentait de les dissuader de récupérer les copies ? Pourquoi l'oncle et la tante de Cléa (plus sûr que ce soit bien d'elle, depuis le temps) sont-ils suspectés par la police ?


 

seuls-dans-la-ville.jpgVous ferez face à encore plus d'indices, de fausses pistes et de questions lorsque vous lirez Seuls dans la ville. En prime, vous aurez droit à un plan de la ville, avec une photo de chaque élève à son poste et un index des vingt-cinq copies réparties tout au long du récit. L'instituteur qu'est Yves Grevet a dû bien s'amuser à rédiger les vingt-cinq textes originaux et de formes différentes (poésies, dialogues, descriptions, listes, récits, dessins, etc.). Sa plume fluide et agréable ne lasse jamais. Elle est comme une douce musique qui nous accompagne et ne nous donne pas envie de la quitter. Elle nous berce de découvertes en rebondissements, de rapprochements amoureux en séances de dégustation de pâtisseries jusqu'au dénouement  final sans que nous ne nous soyons ennuyés, ni rendu compte qu'il se faisait tard.


À déguster sans modération, sans limite d'âge (même s'il met en scène des jeunes de 16-17 ans, le roman peut se lire dès 11 ans) et sans regarder l'heure ! Dans le bus pour aller en cours de français, sur un banc en épiant les passants, vautré dans un hamac en dévorant un millefeuille, assis à son bureau en faisant semblant de réviser, en prenant le soleil en vacances, au bureau en surveillant l'arrivée du boss ou encore dans une voiture banalisée en planque devant la maison d'un tueur présumé !

Par Sébastien Almira - Publié dans : Littérature jeunesse
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Jeudi 19 mai 2011 4 19 /05 /Mai /2011 15:05

 

 

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Je n'avais jamais vu de film de Terrence Malick, et je n'en verrai pas d'autre.

 

Ce mec est un génie, sérieusement. Un réalisateur de génie. Ses images sont à couper le souffle, sa scène de création du monde époustouflante, ses prises de vue et ses couleurs de toute beauté. Chaque plan est pensé comme une œuvre d'art à lui tout seul. Cela dit, ses mouvements de caméra précipités, ses tournoiements, c'est joli la première fois, c'est sympa la deuxième, mais après, ça donne envie de gerber. Excusez ma brutalité dans l'écriture de cet article, mais j'essaie simplement de retranscrire ce que j'ai pensé du film le plus vite possible et sans faire de chichis.

 

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Mais un film, ce n'est pas que ça. Un film, c'est aussi une intrigue, des personnages, des acteurs, une envie de regarder. Et sur ça, ben, le mec, il a beau être un génie, il s'est grave chier !

 

Les acteurs, ils ne jouent pas mal, loin de là. Mais on a quand même l'impression qu'ils sont là pour un cachet plus que pour un rôle. Sean Penn, il a la classe, mais son rôle ne rime à rien. Il ne fait que marcher, de dos, de face, d'en haut, d'en bas. Et les enfants, qu'ont-ils dû penser de ce qu'ils faisaient ? Je cours, je saute, je joue avec tout le monde, puis je fais mal à mon frère et à la fin, on marche dans une espèce de désert de sable et d'eau avec de la lumière blanche et tout le monde est content, ça veut dire quoi Papa ?

 

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Sur le scénario, Malick a vraiment eu un souci. D'abord, sa trame est pourrie. L'histoire d'un père autoritaire, d'un mère qui s'écrase et des enfants qui vivent plus ou moins bien cette situation, on connait, on a vu ça des centaines de fois. Cela dit, ça ne s'arrête pas là, on voit aussi la création du monde pendant presque une demi-heure (Big Bang, dinosaures et Cie), et on voit l'aîné, à l'âge adulte (Sean Penn), marcher sans cesse, dans sa grande demeure, dans la rue, dans sa grande entreprise.

 

Ensuite, son discours philisophico-religieux, on n'entend que ça dans le film. Quid des dialogues entre les personnages ? Pfiou, envolés ! À la place, on doit se contenter de cette voix qui se veut envoutante et nous bassine avec les trips mystiques d'un grand malade sur fond de musique religieuse soporifique.

 

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Enfin, la construction : il s'agit d'une succession de scènes sans queue ni tête. La moitié des scènes auraient pu être supprimées (ce qui aurait ramené le supplice à seulement 1h10 !). Pourquoi la scène de l'enfant qui s'introduit chez les voisins, touche les déshabillés de la femme, s'enfuit avec une nuisette pour la jeter dans la rivière ? Pourquoi la scène de la mère qui joue avec un papillon ? Pourquoi toutes ces scènes dont je voulais parler ici et que j'ai oubliées ?

D'accord, un enfant qui s'amuse, c'est sympa. D'accord, l'eau qui coule, c'est joli. D'accord, savoir bien faire pousser l'herbe du jardin, c'est intéressant. D'accord, les arbres vus du sol, c'est beau. Mais quel est l'intérêt de montrer entre cinq et vingt scènes pour chacun des exemples cités ?

 

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Et puis cette succession de scènes à la mords-moi le nœud à la fin, qu'est-ce que c'est ?! Sean Penn se promène dans un désert de roches, la mère marche dans le jardin, la rivière coule, tout le monde se retrouve dans l'au-delà, puis on revoit une scène normale, puis un arbre, puis un papillon, puis l'au-delà, puis une scène normale, puis une rivière, puis un arbre, puis une scène normale, puis le ciel, puis tout le monde s'embrasse dans l'au-delà, puis une arbre, etc etc etc etc etc etc. Ça ne s'arrête jamais !

 

tree4.png

Non, sérieusement, ce n'est pas le chef d'œuvre que tout le monde attendait, ni même un grand film. C'est un documentaire sur les arbres, un mode d'emploi de jardinage, un film de propagande pour une secte, un documentaire philosophique raté, l'album photo "nature" d'une famille américaine typique., etc. C'est un grand n'importe quoi aux images saisissantes de beauté dont le réalisateur est très conscient de son génie et tente maladroitement de révolutionner le cinéma et de se faire remarquer au Festival de Cannes dont il espère certainement recevoir la Palme d'Or. C'est pompeux, c'est soporifique, c'est mal fichu, c'est fastidieux de bout en bout.

 

Oui, voilà, c'est ça. Et puis, finalement, ce n'est rien.

 

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Par Sébastien Almira - Publié dans : Leçons de cinéma
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