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Maylis de Kerangal, Corniche Kennedy, roman, 170 pages, Verticales, 2008, Folio, 2010 **

Publié le par Sébastien Almira

                                 

Puisque Réparer les vivants émerveille des dizaines de milliers de lecteurs et que nous recevons bientôt l'auteure, j'ai enfin lu un Maylis de Kerangal. Et, exceptionnellement, je poste donc une chronique d'un livre qui n'est pas une nouveauté, puisque le fameux Réparer les vivants est trop médical pour la chochotte que je suis et que, parmi les autres, c'est Corniche Kennedy qui me tentait le plus.

Ce qui est bien, c'est que c'est rapide à lire, je n'ai pas l'impression d'avoir perdu beaucoup de temps, mais tout de même.
Si le sujet est intéressant et, il faut que je l'avoue, très bien traité (l'adolescence laissée à l'abandon notamment), j'ai eu beaucoup de mal avec l'écriture très travaillée de Maylis de Kerangal.
Les suites de morceaux de phrases souvent sans sujet, parfois sans verbe, qui finissent par former des phrases que l'on a du mal à comprendre, ce n'est pas trop mon truc.
Me faire balader dans tous les sens par une auteure et des phrases qui me font passer pour un lecteur inculte sitôt que je suis largué, ce n'est pas trop mon truc.
Les écritures hyper travaillées, maniérées, faussement désinvoltes dont l'aspect peut paraître brouillon et qui finissent par fatiguer, ce n'est pas trop mon truc.



J'ai eu beaucoup de mal au début du livre à cause de cette écriture, mais j'ai été happé par ce qu'elle racontait.
Cette histoire d'adolescents marseillais décharnés majoritairement issus des quartiers nords, échappant à la société, laissés à l'abandon, qui se retrouvent dans un coin dangereux des calanques chaque après-midi de l'été, leur oasis pour échapper au reste du monde.
Cette histoire de liens, de hiérarchie, d'attitudes, de gestuelle ; cette facilité de les décrire.
Cette histoire de chasse aux jeunes par un commissaire au bout du rouleau poussé par une crevure de maire.
Ces descriptions ô combien savoureuse du Jockey, petit nom donné au maire de Marseille, que je ne pouvais m'empêcher de voir autrement que sous traits grossiers de Jean-Claude Gaudin.

J'ai été tiré par le fonds, malgré la fin (pourquoi cette espèce d'image poétique d'amants incompris qui arrive comme un cheveu sur la soupe et qui est strictement ridicule ?), et malgré la forme qui finalement avait un avantage : celui de pouvoir sauter des mots, des lignes entières, sans être nullement gêné, puisqu'il s'agit souvent de longues descriptions et que la construction des phrases est de toute façon aussi décharnée que l'usage que j'en ai fait.

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