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Le cinéma de janvier 2015 part. ½ (Cold in July / The Riot Club / Cops / The Smell of Us / Whiplash)

Publié le par Sébastien Almira

L'année commence bien, et c'est pas fini : deuxième partie de janvier bientôt avec Wild, Charlie Mortdecai, Les nouveaux sauvages et The Foxcatcher. Je fais une pause de ciné, demain je vais voir Interpol à l'Olympia.

                        
Cold in July, de Jim Mickle, 1h45 ***
Non, non, ce n'est pas l'affiche de Gang de Requins.
1989, un petit bled au Texas, Richard Dane abat un home qui vient de pénétrer chez lui. Certains le regardent de travers, d'autres le prennent pour un héros. Lui vit très mal ce qu'il considère comme un acte barbare. Mais lorsque le père du défunt récemment sorti de prison entreprend de venger son fils et qu'il se rend compte que la police a peut-être menti sur l'identité du cambrioleur, Richard se retrouve malgré lui entraîné dans une dangereuse aventure.

Cold in July, c'est un final décevant quant à ce qui se passe dans la tête du personnage principal (je suis prêt à en parer avec ceux qui l'ont vu, parce que ça me travaille un peu), une intrigue pas très compliqué mais convenable et, finalement, un polar de bonne facture mené tambours battants par un duo d'acteurs parfaits (Michael C Hall et Sam Shepard) sur une bande originale magnétique, avec en prime une scène de tuerie impeccable des acteurs à la photographie, des jeux de caméra et de mouvements aux lumières.

                        
The Riot Club, de Lone Scherfig, 1h45 ****
Le Riot Club est réservé à l’élite de la nation. Ce cercle très secret d’Oxford fait de la débauche et de l’excès son modèle depuis trois siècles. Miles et Alistair, deux étudiants en première année, ne reculeront devant rien pour avoir l’honneur d’en faire partie.

Si au départ j'ai regretté de ne pas être étudiant anglais dans une université prestigieuse afin de faire partie d'un club fermé, je suis rapidement descendu de mon nuage. Il m'est toutefois resté l'envie de boire du vin. Loin de moi l'idée de clichés, mais j'ai été surpris de découvrir que The Riot Club est l’œuvre d'une femme. Il s'agit d'un film sombre, glaçant, cynique, truculent et sulfureux sur la grandeur et la décadence de la jeunesse dorée britannique.
Servi par une bande de jeunes acteurs quasiment tous aussi bons les uns que les autres, par une bande originale sensationnelle, des dialogues implacables (cette scène sur le rapport pauvres-riches au restaurant...) et des images de toute beauté, The Riot Club va assez loin sur le propos, à défaut d'y aller dans le temps (l'impression qu'il manque quelque chose lorsque tombe le noir du générique), pour prendre le spectateur par les tripes (peut-être dans tous les sens du terme d'ailleurs...) et rester à la fin quelque part à l'intérieur, entre la tête et le cœur, entre l'effroi et le haut-le-cœur. Pas loin du chef d’œuvre.

                        
Cops, de Luke Greenfield, 1h45 ***
Si vous allez voir Cops en connaissance de cause, tout ira pour le mieux. C'est bête, c'est gras, c'est attendu et entendu, mais c'est drôle et bon.

Deux copains un peu blaireau (Damon Wayans Jr., créateur et acteur de la série Ma famille d'abord ; Jake Johnson, un des acteurs principaux de la série New Girl) se déguisent en flics pour un bal masqué, fuient de honte mais se rendent compte une fois dehors qu'ils impressionnent les mecs et attirent les filles. Ils décident alors de se faire passer pour des flics un peu plus souvent, jusqu'au jour où ils vont trop loin et se retrouvent dans le collimateur de mafieux bourrins.

                        
The smell of us, de Larry Clarck, 1h30 ****
Le réalisateur de Bully, Kids, Ken Park ou plus récemment Wassup Rockers présente, à 72 ans, un film trash sur un groupe de jeunes skaters parisiens. Sex, drugs & skate au Trocadéro, sur les quais de Seine comme chez Papa Maman et chez les vieux riches avides de sensations.

Violent, glauque, sexuel, graveleux, parfois sensuel, transpirant de toute part, The Smell of Us se veut réaliste sur cette jeunesse décadente chez qui tous les moyens sont bons pour profite de la vie. Le malaise n'est jamais loin. Certaines scènes sont extrêmement fortes (notamment la fête chez le vieux, la scène entre Matt et sa mère, joué par la pétrifiante Dominique Frot ou encore la dernière scène avec JP), d'autres salement repoussantes. Le moins que l'on puisse dire sur nouveau Larry Clarck, c'est qu'il est osé, scandaleux et scandaleusement réussi : les instants saisis par sa caméra sont souvent sublimes de réalisme, même si tout semble à la fois irréel.
Une bien meilleure critique par Zarathoustra93 ICI.

                 
Whiplash, de Damien Chazelle, 1h45 *****
Pour Andrew, 19 ans, la batterie est bien plus qu'une passion : il entend bien devenir le meilleur batteur de jazz de sa génération. Lorsqu'il se fait repérer par Terence Fletcher, sorte de professeur mythique, il croit que sa voie est toute tracée, mais c'est sans compter sur le caractère et la férocité de son mentor.

L'intrigue paraît d'un conformisme et d'un ennui mortel et, si vous n'avez pas déjà été convaincu par la moitié de votre entourage bienveillant, je ne peux rien faire de plus. Je suis loin d'être un spécialiste ciné, mais grands dieux, Whiplash n'est pas un film, Whiplash c'est une claque monumentale, et jouissive, une leçon de cinéma (et de musique) à chaque instant, deux acteurs incroyables (Miles Teller, qui a une vraie gueule, et J. K. Simmons, qui a déjà le Golden Globes du meilleur second rôle et qui attend les résultats pour les Oscars, les BAFTA et l'Independant Spirit Awards), des plans sublimes, des scènes bouleversantes, un face à face saisissant, un rythme effréné, des applaudissements dans la salle, un des plus beaux, des plus exaltants, des plus extraordinaires, de plus jouissifs trucs que j'ai vus : j'en ai chialé à la fin, j'ai eu du mal à m'en remettre, et pas parce que c'était triste. Parce que c'est un putain de chef d’œuvre. J'en suis chamboulé et époustouflé rien que d'en reparler.

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melanie 28/01/2015 17:37

j'ai trouve Whiplash juste et bouleversant. Un film sans fausse note (ah ah ah)
Ton article sur the Riot Club me donne bien envie