Mardi 18 mars 2014 2 18 /03 /Mars /2014 01:20

 

Un début de mois chargé en cinéma, qui nécessite donc en mars deux articles au lieu du traditionnel résumé en fin de mois. En plus, pour l'instant, c'est du bon cinéma, alors en voilà deux fois plus en mars !

 

 

American-Bluff.jpgAmerican Bluff, de David O. Russell, 2h15 ****


Après Fighter et Happines Therapy, le cinéaste nous plonge dans l’univers fascinant de l’un des plus extraordinaires scandales qui ait secoué l’Amérique dans les années 70. Un escroc particulièrement brillant, Irving Rosenfeld (Christian Bale, méconnaissable, qui a pris 18 kg et gagné une hernie pour le tournage), et sa belle complice, Sydney Prosser (Amy Adams, sensuelle, sexy et sensationnelle), se retrouvent obligés par un agent du FBI, Richie DiMaso (Bradley Cooper, parfait), de nager dans les eaux troubles de la mafia et du pouvoir pour piéger un homme politique corrompu, Carmine Polito. Le piège est risqué, d’autant que l’imprévisible épouse d’Irving, Rosalyn (Jennifer Lawrence, qui surjoue un brin son rôle de fêlée), pourrait bien tous les conduire à leur perte.

Tout est parfait, du scénario à la BO en passant par la photographie et les acteurs. La plongée dans les années 70 de Russell est maîtrisée de bout en bout. Extraordinaire et bluffant.


 

239820.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgThe Grand Budapest Hotel, de Wes Anderson, 1h40 ****


Premièrement, il faut noter une galerie d'acteurs exceptionnelle : Ralph Fiennes, Edward Norton, Mathieu Amalric, Adrien Brody, Jude Law, Bill Murray, Owen Wilson, Tilda Swinton, Léa Seydoux, et le surprenant Tony Revolori qui tient le second rôle.

Deuxièmement, il n'en faut pas beaucoup pour succomber au charme des histoires incroyables du Grand Budapest Hotel.

Troisièmement, la mise en scène, la photographie, la nostalgie de l'enfance, la façon de faire jouer ses acteurs : Wes Anderson est un génie de la réalisation. Tout est subtil, enivrant, délicieux.

Quatrièmement, il ne vous reste plus qu'à courir aller voir ce petit bijou qui ne souffre, à mes yeux, que d'un peu de longueurs, mais les puristes d'Anderson vous diront que c'est ce qui fait aussi son charme ! Une aventure, fantasque, drôle et exquise.

 

 

Affiche-Un-ete-a-Osage-County-.jpgUn été à Osage County, de John Wells, 2h ***


Suite à la disparition de leur père, les trois filles Weston se retrouvent dans la maison familiale. Les retrouvailles avec la mère paranoïaque et lunatique magistralement jouée par Meryl Streep qui n'aurait pas volé un autre Oscar, ne seront pas de tout repos. On assistera notamment à plusieurs clash entre le monstre maternel (tant comme personnage que comme actrice) et l'une de ses filles (Julia Roberts). Comme me disait l'amie avec qui j'ai vu le film et qui a détesté : il n'y en a aucun pour rattraper l'autre, tout le monde est au moins quelques instant odieux envers le reste de la famille et insupportable pour le spectateur. Ce n'est pas faux et, à vrai dire, un peu moins de haine (et cinq minutes de moins : les deux dernières scènes) n'aurait pas desservi un film qui en irritera sans doute plus d'un.

Cependant, la performance exceptionnelle de Meryl Streep et pas mal de scènes très réussies sauvent les meubles.

 

 

21061838_20131128144957302.jpgLa grande aventure Légo, de Phil Lord et Chris Miller, 1h30 ****


Dans un monde où « tout est super génial » qui ressemble fort à une jolie et joyeuse dictature, Emmet, un petit personnage banal et conventionnel, est pris par erreur pour un être extraordinaire, capable de sauver le monde. Ses aventures, entre comique de situation et clins d’œil désopilants, raviront petits et grands, qui plus est fan de Légo (hi hi, j'avoue...). Allociné le conseille à partir de 3 ans, mais vu le nombre de références aux jeux en tout genre, à l'univers social et politique, le film est vraiment à regarder à deux niveaux (les plus jeunes ne comprendront pas la moitié, mais seront ravis de l'action. Les Légos ont fait fort, très fort !

 

 

 

Le-Crocodile-du-Botswanga-Affiche-France.jpgLe crocodile du Botswanga, de Fabrice Éboué et Lionel Steketee, 1h30 ***


Leslie Konda, jeune révélation du foot, se rend dans son pays d'origine, le Botswanga, avec son agent notamment pour disperser les cendres de sa mère. Il vient de signer dans un grand club espagnol, mais Bobo Babimbi, le président (fraîchement arrivé au pouvoir par un coup d'état) ne l'entend pas de la même manière. Il contraint l'agent de faire pression sur lui pour qu'il joue dans l'équipe nationale : les Crocodiles du Botswanga.

Si le film dénonce et fait réfléchir, il fait surtout rire. Et la caricature n'y est pas pour rien. Cette comédie politique reste avant tout comique. Et ça fonctionne.

 

 

 

All-About-Albert-Affiche-France-copie-1.jpgAll about Albert, de Nicole Holofcener, 1h30 ****


Dans une soirée où elle ne trouve personne à son goût, Éva (Julia-Louis Dreyfus (Veep), ravissante avec ses mimiques) fait la rencontre de Marianne (Catherine Keener) dont elle deviendra la masseuse et la seule amie, et d'Albert (James Gandolfini (Les Soprano)), un gentil nounours qui deviendra son amant. Mais quand elle se rend compte que l'ex-mari de Marianne, qu'elle prend un malin plaisir à critiquer à longueur de journée, n'est autre qu'Albert, son Albert, elle ne sait plus quoi faire. C'est tellement tentant d'en apprendre davantage sur l'homme avec qui elle s'apprête à refaire sa vie...

Divinement porté par un trio d'acteurs parfait, All about Albert est une jolie comédie, drôle et sensible, de celles qui font du bien (loin de moi l'idée de paraître kitsch, le film ne l'est pas).

Par Sébastien Almira - Publié dans : Leçons de cinéma
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Mercredi 5 mars 2014 3 05 /03 /Mars /2014 17:28

 

sujet-tragedie.jpg

 

Lors de sa dernière année à Irving, internat privé près de New York, Duncan hérite de la chambre d'un étudiant albinos, Tim. Avant de quitter l'école, celui-ci y a laissé, comme le veut la tradition, un « trésor ». La plupart du temps, il s'agit d'une vieille part de pizza, d'un petit chèque ou d'une bouteille d'alcool. Mais comme le savait déjà Duncan, Tim ne faisait rien comme les autres, il avait d'ailleurs assisté de près à la catastrophe de l'an passé. Le trésor de Tim a justement un rapport avec la soirée que tout le monde à l'école voudrait oublier : il s'agit d'une pile de CD où l'ancien étudiant raconte ce qui s'est exactement passé ce jour-là. Mais pour l'expliquer, il doit remonter au début de l'année et, bien malgré lui, Duncan se fait happer par l'histoire de Tim.

Il ne peut s'empêcher d'écouter, passionné, la voix dans son ordinateur. Dès qu'un CD se termine, il se hâte de mettre le suivant. Et c'est de la même manière que dès qu'un chapitre se terminait, je ne pouvais m'empêcher de lire le suivant, arrivant en retard chez le kiné, me couchant à pas d'heure.

 

Outre les révélations sur le mystérieux événement de l'an passé, Tim dévoile des morceaux de sa vie, ses sentiments, il raconte la difficulté d'être différent, sa vue défaillante, son amour clandestin avec la sublime Vanessa (qui sort officiellement, et accessoirement, avec LE bogosse, LE meilleur pote de tout le monde, craint de tout le monde, l'organisateur du jeu des Terminales) et lui donne des pistes pour la fameuse dissertation sur la tragédie que M. Simon, le professeur d'anglais, donne chaque année aux terminales avec des consignes aussi étranges que « si vous utilisez sept fois le mot portée, vous aurez cinq points en plus ».

 

En même temps, on suit également l'année de Duncan, la peut-être renaissance de son histoire d'amour avec Daisy qu'il avait foirée avant les grandes vacances, le jeu des Terminales qu'il doit organiser, la vie à l'internat, etc.

 

« Il jeta un coup d’œil en direction de son bureau et des CD qui y étaient empilés. Il n'avait pas mangé, pas résolu le mystère de l'incident survenu dans l'aile des filles, Daisy était à l'hôpital pour une raison inconnue, mais il n'avait qu'une envie : écouter la voix de Tim raconter méthodiquement son histoire. Il avait tant de choses à comprendre, à faire ici, dans sa propre réalité, mai il était plus facile de cliquer sur Play, de s'étendre sur les draps en pilou rouges qui recouvrait son lit et d'écouter. » page 122

 

Honnêtement, je ne pensais pas accrocher à cette histoire d'un albinos qui raconte ses problèmes à un autre étudiant dans un pensionnat américain. Mais laissez tomber vos préjugés et laissez-vous happer, vous aussi, comme Duncan, dans Sujet : Tragédie. Dans l'histoire de Duncan et dans celle de Tim. Ca fait du bien de lire un truc qui prend aux tripes, qui passionne, un peu comme quand, ado, on dévorait le nouveau Harry Potter à peine sorti de la librairie avec le livre.

Le roman a eu le même effet sur moi que les enregistrements de Tim sur Duncan. C'est hypnotique, captivant, fascinant, tragique. Car il s'agit de ça aussi : c'est l'histoire d'une tragédie. À moins que ce ne soit une histoire de tragédies.

Par Sébastien Almira - Publié dans : Littérature jeunesse
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Lundi 3 mars 2014 1 03 /03 /Mars /2014 13:40

minuscule-afficheMinuscules, dans la vallée des fourmis, de Thomas Szabo et Hélène Giraud, 1h30 **


Rapidement, voilà l'histoire d'une coccinelle qui, après s'être fait attaquer par des salopes de grosses mouches, ne peut plus voler, et qui devient amie avec des fourmis noires poursuivies par des fourmis rouges qui tentent de leur voler les morceaux de sucre qu'elles viennent de trouver. Après, ce sera la guerre entre les deux clans de fourmis, les fourmis rouges ayant assiégé le château des fourmis noires. Et entre temps la coccinelle ne fait que rêver de sa famille qui l'a abandonnée.

C'est assez longuet pour pas grand chose. C'est mignon, mais je doute que la tranche d'âge à laquelle s'adresse le film d'animation – qui a quand même coûté 10 millions d'euros ! - tienne sagement jusqu'à la fin sans faire chier toute la salle.

 

 

the-lunchbox-affiche.jpgThe Lunchbox, de Ritesh Batra, 1h40 ****


Ila, une jeune femme délaissée par son mari, se met en quatre pour tenter de le reconquérir en lui préparant un savoureux déjeuner. Elle confie sa lunchbox au gigantesque service de livraison qui dessert toutes les entreprises de Bombay. Le soir, alors que les compliments ne viennent pas, elle comprend que la Lunchbox a été remise à quelqu'un d'autre. Ila glisse alors dans la lunchbox du lendemain un petit mot, dans l'espoir de percer le mystère.

Très jolie surprise, qui m'a fait comprendre que si je n'aime pas les films Bollywood, les films indiens sur l'Inde m'éblouissent souvent pour un rien. Car, à vrai dir,e il ne se passe pas grand chose dans The Lunchbox, mais tout est bien fait. Les acteurs sont parfaits, les dialogues savoureux, les plats préparés par Ila donnent l'eau à la bouche et le moment passé se déguste avec plaisir !

 

 

VIVA-LA-LIBERTA.JPGViva la libertà !, de Roberto Ando, 1h30 ****


Après l'Inde, direction l'Italie pour un film mineur, toutefois délectable. Avec humour, le cinéaste créé une fable politique réjouissante où Toni Servillo (La grande bellezza, Un balcon sur la mer, Gomorra, Il divo, etc.) campe un double rôle savoureux : le premier se présente, il me semble, aux élections municipales de Rome (à la présidence ?) et, donné perdant par les sondages, décide de fuir pour retrouver une vieille amie en France (Valérie Bruni Tedesci) ; le second est son frère jumeau, génie philosophe atteint de dépression bipolaire qui sort à peine de l'hôpital psychiatrique.

Andrea, le conseiller du politicien, prend le risque de remplacer le premier par le second le temps afin de pas créer de vagues au sein du parti et du paysage politique.

Aussi drôle qu'intelligent, Viva la libertà !, est porté par un acteur exceptionnel (« En mélancolique réservé ou en dingue éclairé, Toni Servillo est grandiose », Télérama), « Une réflexion fine, tout à la fois mélancolique et joyeuse, sur la gémellité et ses enjeux, sur l'Italie contemporaines et ses manquements, et sur la capacité qu'ont certains fous à ré-enchanter la vie. » (Les Cahiers du Cinéma)

 

 

21059506_2013112014553758.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_.jpgNymph(o)maniac 2/2, de Lars Von Trier, 2h °


Moralité #1 : la bande-annonce présentée à la fin du premier volet m'avait induit en erreur. Elle laissait penser que la seconde partie serait plus rythmée. Si elle est plus intense, elle est contradictoirement encore plus chiante.

Moralité #2 : tout est immonde. De la chatte de Charlotte Gainsbourg (puisque c'est comme ça qu'on en parle dans le film, appelons une chatte une chatte) en forme de brouillade ravagée aux coups de torchon qu'elle y met, en passant par ses tétons trop longs et la fellation qu'elle fait à un pédophile, tout est immonde.

Ah, j'oubliai les propos tout aussi immondes sur la nécessité d'appeler un négro un négro parce qu'il faut appeler un chat un chat et qu'il le mérite pour je ne sais quelle raison que j'ai préféré oublier.

Moralité #3 : « plus rien n'a de sens, plus rien ne va ». Où Lars Von Trier a appris que l'on prenait une actrice qui paraît 16 ans pour jouer un personnage d'à peu près 15 à 25 ans (peut-être même 30) sans la vieillir et qu'on pouvait mettre Charlotte Gainsbourg d'un coup en faisant croire que seulement trois ans étaient passés ? Que l'on pouvait remplacer Shia LaBeouf par Michael Pas pour un saut de quelques mois à l'âge de trente ans alors que les acteurs ne se ressemblent en rien ?

Moralité #4 : rien ne compte plus que de choquer. Le sens, le reste, on s'en fout. Par exemple, quel est l'intérêt que la jeune fille que Joe (Charlotte Gainsbourg) a pris sous son aile, dont elle est vaguement tombée amoureuse (et inversement) et qui, finalement, a préféré se barrer avec Jérôme (l'ex de Joe), lui pisse dessus (la fille sur Joe) après avoir couché avec Jérôme sur une poubelle sous les yeux de Joe, blessée à terre ?

Moralité #5 : ne plus aller voir de films de Lars Von Trier, Melancholia et Nymph(o)maniac ayant suffit à prendre le dessus sur le bon souvenir que j'avais de Dancer in the dark. Et ne plus aller voir de films avec Charlotte Gainsbourg, qui a le charisme d'une moule (ça lui apprendra à la montrer à tout le monde, tiens).

 

 

dallas-buyers-club.jpgDallas Buyers Club, de Jean-Marc Vallée, 1h55 ****


Ron Woodroof est un vrai mec : Texan viril, macho, raciste et homophobe, roi du rodéo, il boit, fume, se drogue, et baise à tout va. Lorsqu'on le diagnostique séropositif, il n'y croit pas. Il aurait chopé un truc de pédé ? Trente jours à vivre ? Impossible à croire, encore moins à accepter.

Mais alors qu'il devient urgent de se soigner, il découvre que les traitements qui fonctionnent ne sont pas autorisés aux États-Unis et lance avec Rayon (Jared Leto) le Dallas Buyers Club qui permet clandestinement aux malades d'acheter des médicaments ramenés notamment du Mexique. C'est un long combat contre la maladie, les autorité et les préjugés qui s'amorcent pour le cow-boy bien campé dans ses bottes qu'il était autrefois.

Matthew McConaughey et Jared Leto, impressionnants, méritent amplement leur Oscar fraîchement remporté. La performance des deux acteurs, qui ont perdu respectivement 22 et 25 kilos pour le film, suffit à porter le film. Et heureusement, parce qu'en dehors de ça (et même avec), c'est pas très joyeux, assez plombant et ça donne envie envie de tirer dans le tas des politiciens et autres grands patrons qui font valider/interdire les médicaments qu'ils veulent selon leurs propres intérêts et non ceux des patients.

 

 

le-vent-se-leve-affiche-du-dernier-hayao-miyazaki-affiche.jpgLe vent se lève, de Hayao Miyazaki, 2h ***


Bon ben voilà, c'est soit disant son dernier film, tous les médias crient au chef d’œuvre, j'avais donc hâte de voir ça ! Et bien, c'est joli, c'est sympa, c'est intéressant mais, c'est pas magnifique, c'est pas génial, c'est pas passionnant. Je n'ai pas encore vu toute son œuvre mais à côté du Voyage de Chihiro ou du Château Ambulant, c'est petit, mineur. Voilà : un film mineur. Loin d'être mauvais, il faut avouer, mais décevant, peu fantaisiste, longuet sur les bords. Dommage pour un soit-disant dernier film.

 


 

 

 

 

Petite parenthèse pour dire que j'ai également vu Pompéi de Paul W.S. Anderson, bien fait visuellement, avec vue plongeante sur la divine musculature de Kit Harington (Games of Throne), mais qui survole un peu l'Histoire pour se concentrer sur l'histoire d'amour impossible entre un esclave et la fille du chef de la ville, avec une fin « belle » et kitsch au possible, sur lequel je n'ai rien d'autre à vous dire : vous pouvez allègrement passer à côté.

J'ai également vu d'autres films (dont la très bonne comédie All about Albert en projection de presse) dont je parlerai, exceptionnellement, mi-mars dans Le cinéma de mars 1/2. d'ici-là, portez-vous bien et voyez de bons films !

 

all-about-albert-enough-said-15-01-2014-12-g.jpgAll about Albert, de Nicole Holofnecer

Par Sébastien Almira - Publié dans : Leçons de cinéma
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Lundi 24 février 2014 1 24 /02 /Fév /2014 16:29

 

23-couverture_le_rouergue_dossier_oc_an_claudine_aubrun.jpg

 

Ce jour de juin, il n'y a presque personne sur cette plage des Landes, un groupe de surfeurs, quelques pêcheurs, de rares promeneurs, et deux pieds qui dépassent d'un parasol rouge.

Comme à son habitude, Brune immortalise le paysage sur un carnet de croquis, aux feutres, à l'encre de chine, à la peinture. Mais avant, elle a pris des photos avec son téléphone pour les retouches qu'elle apportera à ses dessins. Rien de compromettant à priori.

Mais à la fin de la journée, elle apprend qu'une femme a été étranglée dans les dunes.

 

Plongés au cœur de l'enquête, Brune et sa famille se retrouvent confrontés à un passé dont la jeune fille ignore tout. Alors que son oncle est arrêté, voilà que la police s'intéresse à ses photos et qu'un mystérieux agresseur la traque.

 

Voilà un bon polar pour adolescents, court et léger, qui s'oublie facilement mais permet de passer un bon moment de lecture à suspense sans avoir trop peur.

 

 

Merci à Adèle des éditions du Rouergue pour cette lecture !

Par Sébastien Almira - Publié dans : Littérature jeunesse
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Mardi 18 février 2014 2 18 /02 /Fév /2014 23:22

 

1507-1

 

« Châtillon-en-Bierre est un village de mille habitants situé au centre de la France, entre Auvergne et Morvan. La grande ville la plus proche, Névry, est à cinquante kilomètres. (…) On trouve au village deux boulangeries, deux boucheries, un cabinet médical, une pharmacie, une supérette, une épicerie, un hôtel, un restaurant, une pizzeria, deux succursales de banque et une étude notariale. Le cabinet vétérinaire s'est installé à trois kilomètres sur la route de Névry, non loin d'un affreux bâtiment par le syndicat des communes dans les années 1980 et censé abriter une sorte d'office de tourisme, ainsi qu'une salle de spectacles. Personne ne sait ce qui s'y passe exactement, mais il paraît que deux personnes y travaillent à plein temps, et qu'on y voit parfois de la lumière. (…) Nous en savons assez sur Châtillon-en-Bierre pour mettre fin à ce chapitre introductif. (…) Planter le décor était en tout cas nécessaire car de là, et c'est ainsi que tout commence, nous ne sortirons pas. » pages 7 à 11

 

Car dans la nuit du 14 au 15 septembre 2012, « Châtillon-en-Bierre semblait s'être transformé en un piège immense et sans parois, sans qu'on sache qui l'avait posé. »

Dès lors, tout le monde y va de sa supposition. Si la tempête magnétique était la piste la plus populaire, celle du camion citerne qui avait traversé le village la veille et y aurait déversé des produits dangereux était souvent évoquée. Les jeunes pensaient à un test grandeur nature organisé par le gouvernement ou l'armée pour évaluer la réaction des Français face aux catastrophes. Enfin, certains parlaient de « canular, une farce grandiose. »

 

Quelles qu'en soient les causes, le résultat restait bel et bien le même : les habitants étaient enfermés sur quelques kilomètres carré, sans aucun contact avec l'extérieur. Les voitures tombaient inexplicablement en panne à la sortie du village et si c'est à pieds ou à vélo que l'on essayait de sortir de la commune, la route semblait sans fin, si bien qu'au bout de deux heures de balade au décor identique, les lus téméraire revenaient au bercail (une faible portion de chaque route semblait s'étirer à l'infini). Le téléphone, les mails, les sites internet, la télévision : tout ce qui venait de l'extérieur ou qui tentait de sortir n'aboutissait pas. Seuls la communication à l'intérieur du village était possible.

C'est l'occasion pour Bernard Quiriny de partager avec le lecteur un manifeste pour les choses de la vie, à l'ancienne. Car le voisin dont on se moquait parce qu'il cultivait des pommes de terre et élevait des vaches devient alors celui qui peut vous faire vivre. Les voisins, que l'on ne prenait pas la peine de connaître, deviennent des amis. La nature, que l'on ne prenait pas le temps de découvrir, devient un passe-temps. Les habitants prennent conscience de ce qui les entoure, de l'existence et de l'importance de choses qu'ils ne voyaient même pas auparavant, trop occupés à profiter de la mondialisation.

 

Le discours pourra paraître quelque peu facile et manichéen, mais le déroulement de l'histoire vous fera changer d'avis car, si vous décidez de lire Le village évanoui, vous ne serez pas au bout de vos surprises.

Si en revanche vous choisissez de ne pas lire, vous ne serez pas déçu par la fin (attention spoiler : un chemin potentiel vers l'extérieur a été découvert, du moins ceux qui l'ont emprunté ne sont pas revenus. Dans le dernier paragraphe, le curé, qui a perdu la foi en cette vie reculée et recentrée, décide de partir à son tour, il dit qu'il va bientôt connaître la vérité, le secret et emprunte le passage. Et voilà, c'est tout. Ça finit comme ça, vraiment.) Et je dois avouer que je ne supporte pas ça, les livres ou les films qui finissent comme ça (spoiler : quand un auteur ou un réalisateur passe deux-cent pages ou deux heures à vous poser des questions qui deviennent pour vous le seul but du livre ou du film et qu'à la fin, on ne vous donne pas de réponse).

Et je dois dire que ça m'a gâché tout le plaisir. Parce que l'idée m'avait emballé, même si j'ai allègrement sauté quelques passages du dernier tiers afin d'arriver au plus vite au dénouement parce que ça commençait à tourner en rond. C'est toujours triste d'être déçu par un auteur dont on attendait quelque chose. Et l'écriture, banale au possible (l'auteur se mettrait au niveau de l'éditeur ? Passage, ici, du Seuil à Flammarion), n'arrange pas les choses.

 

« Son sujet du moment était la position étrange de Châtillon dans le temps, et les erreurs de l'idéologie du progrès qui voit le destin des sociétés comme une ligne droite. Châtillon donnaient en effet l'impression inverse : celle d'être rendu au Moyen-Âge. Les gens allaient à pieds, ils ne mangeaient pas toujours à leur faim, la télévision et le téléphone faisaient défaut, les femmes cueillaient des baies dans les buissons et tout le monde envisageait de s'établir fermier.

Mais en même temps, et contradictoirement, Châtillon anticipait le futur : fin du pétrole, des communications faciles et des voyages instantanés. » page 67

Par Sébastien Almira - Publié dans : Littérature adulte
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