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Vendredi 19 avril 2013 5 19 /04 /Avr /2013 20:38

ATTENTION ! NOUVEL ATTENTAT A LA CULTURE !

 

5653007-houellebecq-poete-ou-les-fleurs-du-pale.jpg

 

"Dresser un bilan de la journée d'hier me demande un

réel courage, tant j'ai peur en écrivant de mettre au

jour des choses peut-être terribles qui feraient mieux

de rester au vague dans mon cerveau.

J'ai envie de faire n'importe quoi pour me sortir ne

serait-ce que quelques heures de ce trou où j'étouffe." page 18

 

"Je tenais des propos concernant les teckels,

A l'époque

Je voulais établir quelque chose d'univoque

(Un nouveau paradigme, un projet essentiel)." page 29

   

"Tu te cherches un sexfriend,

Vieille cougar fatiguée

You're approaching the end,

Vieil oiseau mazouté." page 44

 

"Tu te crois séduisante

Avec ta jupe en skaï

Et tu fais la méchante

Comme dans une pub Kookaï." page 45

 

"J'ai peur des autres. Je ne suis pas aimé." page 25

Ah ben au moins, il est lucide.

 

 

Finalement, Michel Houellebecq est à la poésie ce que les One Direction sont au rock et Marc Lévy à la littérature.

Par Sébastien Almira - Publié dans : Attentats à la Culture
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Mercredi 17 avril 2013 3 17 /04 /Avr /2013 12:18

Bonjour à tous et à toutes !

 

Voilà deux semaines, si je ne me trompe pas, que je n'ai rien publié sur le blog. Vous m'en voyez désolé !

Un déménagement prenant, une opération des dents de sagesse auront eu raison de moi avant que des problèmes techniques m'empêchent d'avoir accés à internet chez moi. C'est la triste histoire de ma désertion du blog.

 

Mais ne vous inquiétez pas, je reviendrai ! Si tout n'a pas péri avec mon innocence d'Emmanuelle Bayamack-Tam et Sweet Sixteen d'Annelise Heurtier sont dans les starting-block, déjà écrits. La vie et les agissements d'Ilie Cazane de Razvan Radulescu et le second album du groupe Hurts, Exile, arriveront par la suite, avant que je ne lise Le Peintre d'éventails d'Hubert Haddad.

 

En attendant, je vous souhaite un beau début de Printemps (enfin !) et de belles lectures avant la bourrasque de la rentrée de septembre !

 

Sébastien Almira

Par Sébastien Almira - Publié dans : Brèves de comptoir
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Lundi 1 avril 2013 1 01 /04 /Avr /2013 10:48

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Après sa géniale trilogie (Comment (bien) rater ses vacances, Comment (bien) gérer sa love story, Comment devenir une rock star (ou pas), article ici), qui racontait les aventures tragi-comiques d'un adolescent au cynisme redoutable et à la vie sociale assez spéciale, Anne Percin est de retour, pour notre plus grand plaisir !

 

Surfant sur le genre qui a fait le succès de la précédente trilogie, elle invente néanmoins un personnage complètement différent, mais tout aussi barré. Élise Bonnel, rousse, seize ans, originaire de Merdrignac (ouais...) en Bretagne, folle de cheval et de musique country qui nous raconte son histoire sous forme de journal de bord.

Son aventure à elle, c'est trois semaines d'équitation dans le Dakota du Sud. Trois semaines de rêve. Trois semaines d'appaloosa (les chevaux du ranch des Cooper où a lieu le stage), de rodéo, de pancakes, de visites, de paysages désertiques et époustouflants, de chemises à carreaux et de bottes à franges. Son american dream.

Sauf que la demoiselle n'est pas seule à faire le voyage. C'est une douzaine d'ado qui sont de la partie. Tout une tripotée de petits bourges parisiens et de belles garces. Élise, elle, vient d'un milieu très modeste (son stage a été payé avec les indemnités de licenciement de sa mère), n'a pas de cheval à elle, n'a jamais pris l'avion. En plus elle est rousse et joue la carte cow-boy au maximum avec son attirail de chemises à carreaux. Autant dire qu'au milieu de cette bande de péteux, elle fait plutôt tâche. Elle dispose même de la panoplie complète pour être la risée de cette bande de petits richous.

Si, en plus, un garçon au nom joliment ridicule (Louis Beauregard) est convoité par deux deux filles, dont une qui ne se l'avoue pas et une véritable peste qui a bien l'intention de faire passer la première pour une pestiférée, il y a de quoi s'amuser !

 

far west

 

Comme dans Comment (bien) rater ses vacances et ses deux suites, les situations (pêle-mêle) cocasses, désespérées, tendres, catastrophiques, hilarantes, s'enchaînent à vitesse Grand V.

Anne Percin a le chic pour tenir ses lecteurs avec des histoires qu'on ne peut, ni ne veut, lâcher une fois commencée. Véritable magicienne de la littérature jeunesse, elle m'a ravi une fois de plus, avec les aventures extraordinaires d' Élise, sorte de Calamity Jane qui peine, qui doute, mais qui n'a pas peur de chercher la bagarre pour sauver son honneur et qui n'a jamais dit son dernier mot !

Et si vous n'êtes pas fan de cheval, ne vous inquiétez pas : je suis du genre à m'en foutre complètement et même à en manger (non, je n'achète pas de lasagnes surgelées!), et pourtant j'ai aimé jusqu'aux scènes d'équitation et même de nettoyage de cheval. Et rien que pour la beauté des paysages que l'on parcourt avec elle, ça vaut le coup de se farcir les chevaux !

 

 

« Quand je pense à ce que j'avais cru avant de partir... Comme une idiote, je m'étais imaginé que des cavaliers western comprendraient ma passion, et je poussais le ridicule jusqu'à croire qu'ils la partageraient ! C'est pour ça que, sans hésiter, j'ai tout déballé à Georgia. Mes cours de danse country, les vendredis soirs après le lycée. Les posters dans ma chambre : Johnny Cash et Ricky Nelson, le Grand Canyon, le Colorado dans tous ses états. Comment je soûle mes parents depuis des années pour manger au Buffalo Grill à la moindre occasion, pour avoir le bonheur de m'asseoir sur des sièges que je m'imaginais être ceux d'une diligence... Tous mes Playmobil, quand j'étais gamine, c'était des cow-boys. Et mes poupées, même les Barbie, je les déguisais en country girls, le jean, les bottes à franges, le chapeau, les nattes et la chemise à carreaux ! J'ai grandi avec Pocahontaset Spirit, La petite maison dans la prairie, Blueberry etLucky Luck, les westerns anciens et modernes, de Sergio Leone aux frères Coen. Oui, tout ça, je l'ai raconté à Georgia. Quelle imbécile ! » pages 69-70

 

Voilà donc un nouveau roman, dans le genre qui va si bien à Anne Percin, mais qui n'utilise pas les mêmes ficelles, ni les mêmes gags. Pour les jalouses qui n'avaient pas voulu lire les aventures de Maxime Mainard, et pour ceux qui avaient déjà adoré : délectez-vous de celles d'une héroïne haute en couleurs, qui n'a pas sa langue dans sa poche, qui vous fera pleurer de rire et de rage tellement on se se met dans sa peau (même pour un garçon!).

Malgré un final un peu bateau, mais néanmoins très satisfaisant, Western Girl est à la hauteur des attentes, à la hauteur de Comment (bien) rater ses vacances, à la hauteur d'Anne Percin !

 

 

Merci à Pauline Parvan des éditions du Rouergue pour l'envoi de ce fabuleux livre !

Par Sébastien Almira - Publié dans : Littérature jeunesse
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Jeudi 28 mars 2013 4 28 /03 /Mars /2013 10:00

 

Woodkid-The-Golden-Age.png

 

« J’ai toujours eu l’impression que j’allais mourir jeune

et qu’il fallait que je laisse une trace puissante et le plus rapidement possible »

Yoann Lemoine, alias Woodkid, 30 ans, au Parisien 

 

 

Deux ans après le single Iron, voilà que le phénomène Woodkid publie enfin son premier album. On ne le présente plus, jeune prodige de la vidéo, le Français a travaillé sur le jeu vidéo Arthur et les Minimoys et réalisé des clips pour Lana del Rey, Drake, Yelle, Katy Perry ou encore Moby.

Mais c'est avec le titre et le clip Iron qu'il fait sensation. Baroque, esthétique à mort, pop classieuse, émouvant et épique à la fois, son titre fait le tour du monde et dépasse aujourd'hui les dix-neuf millions de vue sur son seul compte Youtube. Run, boy, run vient combler l'attente l'année dernière. Moins fort musicalement, le single joui en revanche d'un clip au moins aussi prodigieux que le précédent.

Mais ce n'est que lundi 18 mars dernier que l'album, l'un des plus attendus de l'année, est sorti. avant une tournée qui passera par le Zénith de Paris le 5 novembre 2013 (à partir de 35€).

 

L'artiste, Yoann Lemoine de son vrai nom, avoue y avoir passé cinq ans, refusant des collaborations avec Madonna et les Rolling Stones afin de se concentrer sur un projet de longue haleine, émotionnellement difficile, qu'il voulait parfait. Après plusieurs écoutes, je vous livre mon verdict sur The Golden Age.

 


 

Les quatorze pistes qui forment cet album s'écoutent dans une unité parfaite. Mais tout se mêle et se ressemble tellement que peu de titres tirent leur épingle du jeu. Dans un univers baroque, sombre et lumineux, Yoann Lemoine signe douze chansons et deux instrumentaux hors du temps, hallucinants de classe. Beaucoup de morceaux pris au cas par cas sont de petites merveilles, d'autres sont plus anecdotiques. Mais là n'est pas le problème, on ne s'attend pas à ce que chaque morceau soit un summum de perfection. En revanche, on s'attend à reconnaître les titres qu'on écoute, à pouvoir les comparer.

Or, là, c'est plutôt une musique de film (un peu tristounette par moments, il faut le dire) qui semble se dérouler à nos oreilles. L'ensemble est aussi homogène qu'une bande originale, les sonorités, les orchestrations sont souvent très cinématographiques, ce qui donne un rendu très soigné, très esthétique, très grandiloquent. Et ce n'est pas étonnant puisque Yoann Lemoine rêve de cinéma depuis l'enfance. Depuis qu'il gagne de l'argent convenablement avec son travail, il s'est d'ailleurs installé à New York pour reprendre ses études de cinéma et préparer son premier long-métrage.

Exceptés Iron, Run boy run et peut-être deux autres titres, on entend plus que l'on écoute la petite musique de Woodkid caresser agréablement nos oreilles sans que l'on soit finalement aussi transcendés qu'à la découverte de Iron.

 

Voilà donc un album d'un esthétique et d'une classe sans nom dont on attendait peut-être trop. Le phénomène Woodkid avait mis la barre trop haut avec l'hallucinant Iron, si bien qu'il est difficile dans The Golden Age d'apprécier vraiment la qualité toutefois indéniable des autres titres, noyés dans un flot de similitudes atténuant un peu plus encore leur réalisation quasi impeccable. À deux doigts de la perfection.

 

Woodkid-I-Love-You-COVER-720x300.jpg

Par Sébastien Almira - Publié dans : Leçons de musique
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Lundi 25 mars 2013 1 25 /03 /Mars /2013 10:00

 

pornographia.jpg

 

« Bien sûr, je me leurre, puisqu'il faudrait pour recouvrir la souveraineté de mon corps, quitter la ville et non m'y perdre, mais aveuglé par mon orgueil je crois l'asservir et m'obstine à arpenter ses rues engluées de crasse. » pages 14-15

 

L'auteur prodige d'Une éducation libertine et du Sel a encore frappé. Fidèle à son talent, il nous sert ses thèmes fétiches dans une ambiance chaude, glauque et désespérée dont lui seul a le secret.

 

Dans une ville tropicale, un homme que l'on imagine jeune déambule sans fin à travers la jungle urbaine que représentent gitons, prostituées, pauvreté, maladies et pourritures. Maître dans l'art de conter la misère la plus désarmante, les odeurs les plus insupportables, la pourriture la plus répugnante, Jean-Baptiste Del Amo s'en donne à cœur joie dans ce court récit halluciné.

 

Depuis qu'il a salement baisé avec un jeune giton, le narrateur n'a de cesse d'essayer de le retrouver. Cette scène de sexe (pages 22 à 26) d'ailleurs me fait penser à celle de la cave dans Une éducation libertine. Là encore, l'écrivain raconte une coucherie dépravée, crasseuse, puante avec de tels mots, de tels sentiments que j'ai rarement lu une scène aussi sensuelle. Avec pourtant peu de paroles, il instaure une atmosphère scandaleusement excitante. Cette capacité à vous faire passer quelque chose de crade en quelque chose de beau ou d'excitant est assez inquiétante pour nous, pauvres lecteurs pris au piège de la machinerie Del Amo, et à la fois preuve du génie de l'écrivain, aussi bien capable de nous plonger sur les bords des rues de Paris et de la Seine puantes et abjectes dans le premier, de la Méditerranée dont le sel appelait invariablement le héros du second, et enfin au bord d'une plage grouillante de gitons sales et seuls dans son troisième roman.

Le lien à l'eau, à la mer, à l'océan, est toujours présent, « l'odeur du port n'est jamais loin, chargée de sel et d'un parfum de pourriture. » page 129

Avec une maîtrise incroyable, il parvient à nous faire ressentir aussi bien la pourriture que l'excitation, les odeurs que les non-dits.

 

                                        del-amo2.png    del-amo3.gif

                                                              Folio, mars 2010, 8,10€                 Folio, janvier 2012, 6,95€

 

« Le désir geint et lancine dans mon ventre, nourri par la pourriture de la chambre, odeur de sexe crasseux, de bois piqué, de fruit talé, d'urine rance, de sueur tropicale. J'éprouve le besoin de me vautrer dans cette souillure, d'en jouir impunément. Je ferai alors de moi un homme libre et dévasté. » pages 20-21

« Je dessine des cercles dans le dédale que le jour inonde enfin et l'agitation des rues dissipe l'énigme de la nuit. La ville continue de déverser en moi son flux. La faim me tenaille, des flots de bile remontent à ma bouche, brûlent ma gorge où subsiste encore l'impression de la queue du giton et des blessures qu'elle y a infligées. » page 31

 

Dans son errance, le narrateur rencontre d'autres gitons, qui le ramène sans cesse au premier (« La réalité du giton glisse vers l'idée du giton en une estampe glorieuse et sacrée qhe je ne peux plus percevoir et célèbre pourtant en pensée. » page 37), des vieilles putes, des enfants souillés (« Elle connaît ces petites femelles affamées dont le vagin semble être un puits sans fond où les hommes s'engouffrent jusqu'à la ruine et elle les jalouse en secret quand elle ne les maudit pas à voix haute. » page 57), des ouvriers peu scrupuleux des endroits où traîne leur sexe.

Dans son errance, il raconte tout e qu'il voit de ces quotidiens qui ne sont pas des vies, de ces espérances, des ces déceptions.

Dans son errance, il se lie avec deux jeunes miséreux dont il raconte l'histoire.

Dans son errance, il n'oublie rien de nous retranscrire. Et la lecture devient douloureuse. La sensualité laisse place à l'effroi.

 

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« Les habitants de cette ville y naissent dans l'ignorance de ce avait pu mener leurs ancêtres à s'y établir. Ils y grandissaient dans l'incompréhension de ce qui avait poussé leurs parents à y demeurer. Ils y mouraient enfin dans l'hébétude d'une existence dérisoire, laissant derrière eux une descendance repoussant toujours plus loin les limites de l'ignorance, de l'incompréhension, de l'hébétude, au point que la ville, pour qui la traversait à quelques décennies de distance et en aurait gardé un souvenir même vague, semblait franchir d'une époque à l'autre une étape nouvelle et improbable dans la barbarie et l'abjection. Des touristes en route vers quelque plage du Sud ou paysage qu'ils rêvaient pittoresque erraient dans les rues perpendiculaires, leur affliction tout juste contenue. Des gosses asthmatiques jouent au ballon dans la poussière rouge des rues. Des vieillards osseux fument sur le pas des maisons, toussent et crachent à leurs pieds des glaires sombres. Ici, dit Isabel, ne pose la question de comment il crèvera. Les fumées des camions, les fumées des sucreries, les fumées de la décharge à la sortie de la ville. Un jour ou l'autre, tu finis par cracher un bout de poumon. Reste juste à savoir quand. Pour tuer le temps, les touristes rejoignent aux tables des gargotes ou des petits hôtels les hommes et les femmes du coin et s'enivrent avec eux sous le soleil implacable. » pages 120-121

 

Je pourrais vous citer des passages à n'en plus finir, j'en ai notés tant d'autres, mais arrêtons-nous là et savourons ceux-ci. Vous la voyez, vous l'entendez, vous la sentez, vous la ressentez, la langue impressionnante de Jean-Baptiste Del Amo ?

Que vous ayez déjà dévoré Une éducation libertine (Goncourt du Premier Roman ô combien mérité) et Le Sel, que vous ne connaissiez pas encore cet écrivain, jetez-vous sur Pornographia, hallucinant de maîtrise, de sensualité, de pourriture et de génie.

Et ne me dîtes plus qu'en France on n'a plus d'écrivains depuis le dix-neuvième siècle.

Par Sébastien Almira - Publié dans : Littérature adulte
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** à emprunter ou acheter d'occasion
*** à acheter et lire avec plaisir

**** à acheter, lire, prêter et relire

***** attention chef d'oeuvre ! à acheter, lire, offrir, relire et noter dans son testament !

à venir...

- Western Girl, Anne Percin (Rouergue DoAdo)

- Si tout n'a pas péri avec mon innocence, Emmanuelle Bayamack-Tam (rentrée POL)

- Le peintre d'évantails, Hubert Haddad (rentrée Zulma)

 

- Hurts, Exile (Sony)


... à suivre ...

 

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