Le meilleur de 2011, les voeux pour 2012, les remerciements, tout ça... (enfin !)

Publié le par Sébastien Almira

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En 2011 j'ai beaucoup lu et j'ai bien aimé beaucoup de livres, que ce soit des bandes dessinées ou des romans. Mais il n'y avait pas grand chose qui m'ait ébloui, du moins en romans et en musique. Je me souviens qu'en 2008, j'aurais été incapable de dresser la liste des trois ou cinq livres de l'année (Un homme accidentel de Philippe Besson, La tectonique des sentiments d'Eric-Emmanuel Schmitt, Les maîtres de Glenmarkie de Jean-Pierre Ohl, La Porte des Enfers de Laurent Gaudé, Une fille du feu d'Emmanuelle Bayamack-Tam, Une éducation libertine de Jean-Baptiste Del Amo, Daphné disparue de José Carlos Somoza, rien qu'en littérature adulte).

 

Je voulais attendre encore un peu avant de publier cet article. Attendre de lire les romans de la rentrée de septembre qui attendaient encore sur mes étagères (Une femme fuyant l'annonce de David Grossman, L'appât de José Carlos Somoza, Room d'Emma Donoghue, Scintillation de John Burnside, Un été sur la magnifique de Patrice Pluyette et Héritage de Nicholas Shakespeare). Mais il commence à se faire tard, janvier est terminé et je ne vous ai toujours pas souhaité une bonne année en vous livrant mes coups de cœur et coups de gueule de 2011.

Alors les voilà, sans Room, sans Une femme fuyant l'annonce, sans Scintillation. Mais avec L'appât. Et Dieu que j'ai bien fait de le lire avant ! C'est le seul roman adulte que j'ai vraiment adoré. Avant ce week-end, j'en publierai une critique, promis !

 

Merci à vous de passer aussi souvent sur le blog, chaque année plus nombreux. Visiblement, vous n'êtes pas trop tentés de laisser des commentaires (merci toutefois aux courageux !) alors je vous encourage à nouveau : les commentaires, les échanges font vivre le blog et les œuvres qui y sont présentées, alors n'hésitez pas, partagez votre avis !

Merci également aux éditeurs, libraires et sites internet qui me permettent de recevoir certains livres en service de presse. Que les lectures se révèlent bonnes ou pas, merci !

 

Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une excellente année 2012 un peu en retard avec autant de bonheur que de découvertes littéraires, cinématographiques et musicales !

 

Je tiens également à préciser que je n'ai pas d'actions chez Actes Sud et Grasset.

 

Sébastien

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LE MEILLEUR DE L'ANNEE 2011

N'oubliez pas de nous faire découvrir vos meilleurs et vos pires moments artisiques de l'année à votre tour !

 

somoza.jpgLivres adultes

1/ L'appât, José Carlos Somoza, Actes Sud (article)

2/ L'ampleur du saccage, Kaoutar Harchi, Actes Sud (article)

3/ Premier bilan après l'apocalypse, Frédéric Beigbeder, Grasset (article)
4/ Les imperfectionnistes, Tom Rachman, Grasset (article)
5/ J'apprends l'hébreu, Denis Lachaud, Actes Sud (article)

 

La déception : Moi, Pascal F., Pascal Fioretto (Chiflet & Cie)

La bouse de l'année : Du temps qu'on existait, Marien Defalvard (Grasset)

 

 

de-pins.jpgBandes dessinées

1/ La Marche du crabe, Arthur de Pins (tomes 1 & 2) (Soleil, Noctambule)

2/ Le très grand vide d'Alphonse Tabouret, Sibylline, Capucine et Jérôme d'Avian (Ankama)

3/ Zombillénium, Arthur de Pins (tomes 1 & 2) (Dargaud)

4/ Droit au but, Si tu vas à Rio, Garréra, Skiav, Agnello, Zampano (tome 8) (Hugo BD)

5/ Blast, Manu Larcenet (tomes 1 & 2) (Dargaud)

 

 

1Romans jeunesse

1/ La Déclaration, La Résistance, La Révélation, Gemma Malley, Naïve (article)

2/ L'invention d'Hugo Cabret, Brian Selznick, Bayard Jeunesse (article)

3/ Seuls dans la ville, Yves Grevet, Syros (article)
4/ Hunger Games, Suzanne Collins, Pocket Jeunesse (article)
5/ Oublie les mille et une nuits, Marc Varvello, Bayard Jeunesse (article)

 

 

aladdin-theatre-copie-1.jpgAlbums jeunesse

1/ Aladin, Niroot Puttapipat et Marie-Cécile Cassanhol (Gründ)

2/ Le bus de Rosa, Fabrizio Silei et Maurizio A. C. Quarello (Sarbacane)

3/ Vert secret, Max Ducos (Sarbacane)

4/ Le messager du clair de lune, Jean-marie Robillard et Marie Desbons (Le Buveur d'Encre)

5/ Perdu, Alice Brière-Hacquet (MeMo)

 

 

true gritCinéma

1/ True Grit des frères Cohen, avec Matt Damon et Jeff Bridges (article)

2/ Drive de Nicolas Winding Refn, avec Ryan Gosling

3/ Rango de Gore Verbinski (article)

4/ Intouchables d'Olivier Nakache et Eric Toledano, avec Omar Sy et François Cluzet (article)
5/ The artist de Michel Hazanavicius, avec Jean Dujardin et Berenice Bejo

 

La déception : Au delà de Clint Eastwood, avec Matt Damon et Cécile de France (article)

La bouse de l'année : Stone de John Curran (avec pourtant Robert de Niro, Edward Norton et Milla Jovovich) dispute la palme (d'or ?) à Tree of Life de Terrence malick (avec Brad Pitt, Sean Penn en touriste et l'insupportable voix off mystico-sensuelle) (article)

 

 

Hurts---Happiness--Official-Album-Cover-.jpgMusique

1/ Hapiness, Hurts

2/ Aphrodite Tour Les Folies, Kylie Minogue (2 CD + DVD) (article)

3/ 21, Adele

4/ Franky Knight, Émilie Simon

5/ le retour des Cranberries avec Roses (27 février)

La déception : Born this way, Lady Gaga

L'album qui m'a irrité toute l'année : Zaz, Zaz

 

précisions musicales :

L'album de Lady Gaga n'est pas si mauvais que ça, quelques titres sont même franchement géniaux (Marry the night notamment), mais quand je vois la quantité astronomique de plagiats déguisés en clins d'oeil, je ne peux décemment pas la classer parmi le meilleur de l'année.

Enfin, Zaz est la personnalité qui m'aura le plus irrité cette année, tout milieu artistique confondu ! Quoi que « Pep menez, pep traonienn, d'am c'halon zo kaer », ça m'a gonflé aussi...

Et pour bien commencer l'année, écoutez Show me the way des Cranberries, disponible en téléchargement légal et gratuit sur leur site officiel !

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Hugo Cabret

Publié le par Sébastien Almira

L'invention d'Hugo Cabret, Brian Selznick, Bayard Jeunesse, 2008 pour le grand format, 17,90 €, 2011 pour le semi-poche, 12,90 € (environ 500 pages, dont 300 d'illustrations noir et blanc de l'auteur) ****

Hugo Cabret, Martin Scorsese, 2011, Paramount / Metropolitan, avec Asa Butterfield, Ben Kingsley, Sacha Baron Cohen, Chloé Moretz, Christopher Lee (environ 2h) ***

 

 

 

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Hugo Cabret, avant d'être le héros de la nouvelle super-production nommé onze fois aux Oscars de Martin Scorsese, est le héros d'un roman jeunesse. C'est important de le savoir car le roman est meilleur que le film.

 

Hugo n'a pas eu trop de chance. Son père est mort dans un incendie, son oncle alcoolique le force à arrêter l'école pour apprendre son métier : remonter les pendules de la gare de Paris. Tout ce qu'il reste de son père à Hugo est un automate trouvé au fin fond du musée où il travaillait, le carnet où il archivait tous les schémas et indications concernant l'automate et l'art de réparer n'importe quel mécanisme. Lorsque son oncle disparaît, Hugo continue de s'occuper des horloges de la gare sans se faire voir et de réparer l'automate, dont il est sûr qu'il lui délivrera un message de son père.

Jusqu'au jour où le marchand de jouets chez qui il vole régulièrement les outils et les pièces dont il a besoin, le surprend. Perturbé à la vue du carnet et des dessins qu'il renferme, il le lui confisque. Hugo n'a alors plus qu'un but : récupérer le carnet et terminer l'automate.

Aidé de la petite-fille du marchand, il est entrainé dans une fantastique aventure qui les conduira de leur Paris des années 30 à la naissance du cinéma et au génie oublié, Georges Méliès, magicien, père des effets spéciaux (alors appelés trucages), premier réalisateur et créateur du premier studio de cinéma en France.

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hugo2hugo1Le roman de Selznick renferme une importante galerie d'illustrations noir et blanc qui sont une part véritable du récit. Il arrive que, sur une dizaine de double pages, s'enchainent des dessins représentant une scène entière. Celle-ci n'est pas racontée par le narrateur, d'où l'importance des illustrations de Selznick, fort réussies.

Pas long, le texte est facilement lisible à partir de 9 ans, sans limite d'âge ! L'écriture est fluide, agréable et on se laisse facilement entrainer dans l'univers merveilleux du conte de Selznick. Ça se lit très vite et il reste dans nos têtes un petit air de chant de Noël accompagné de flocons de neiges.

 

Le film de Scorsese restitue à la perfection l'ambiance et l'intrigue du livre pour en accentuer le côté conte de Noël : personnages atypiques, musique et situations théâtrales, vieux Paris merveilleux, neige à foison, petites lunettes sur Papi acariâtre, etc.

Esthétiquement, le film a de quoi se vanter aux Oscars. Il faut dire qu'il a coûté la modique somme de 170 millions de dollars. Alors il a plutôt intérêt à être bien fait.

Mais il n'est pas parfait pour autant, d'où ma large préférence au roman. D'abord, il est trop long. Vingt minutes de moins auraient été les bienvenues. Les scènes semblent s'allonger sous nos yeux comme de la pâte à pain et, franchement, on s'ennuie. Ensuite, Asa Butterfield (qui joue Hugo Cabret) n'est pas foncièrement un mauvais acteur, mais il en fait trop, dramatisant sans cesse la situation, un peu à la manière de Freddie Highmore dans Arthur et les Minimoys. Se sentent-ils pousser des ailes parce qu'ils jouent dans une grosse production ou surjouent-ils pour cacher leur manque d'expérience ?

 

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Voilà donc un merveilleux conte de Noël à lire sans modération, un vibrant hommage au père de la sciences-fiction à voir malgré la longueur. Préférez tout de même le livre qui, en plus, est un bel objet à offrir grâce aux illustrations !

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Yves Grevet, L'école est finie, mini-roman jeunesse, 40 pages, Syros, janvier 2012, 3 € *****

Publié le par Sébastien Almira

 

Si vous êtes un tant soit peu habitué du blog, vous connaissez certainement mon acharnement à défendre Yves Grevet qu'il neige ou qu'il vente, qu'il publie une nouveauté ou non. Après sa fantastique trilogie Méto (ici) et son super polar (désolé, je n'ai pas trouvé mieux, je suis fatigué) Seuls dans la ville (ici), voilà qu'il réduit encore le nombre de page de sa nouvelle production.

 

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Paraît ce mois-ci dans la collection Mini Syros un très court roman percutant sur les méandres des sociétés totalitaires se faisant passer pour des sauveurs de l'humanité.

 

Vous avez lu Matin Brun de Franck Pavloff ? Vous avez aimé son style et sa brièveté en décalage total avec l'ampleur et la dureté du sujet ? Vous aimerez autant L'école est finie d'Yves Grevet avec son style et sa brièveté en décalage total avec l'ampleur et la dureté du sujet. C'est ce qui fait la force de ses deux ouvrages infiniment plus salutaires qu'Indignez-vous, que je m'indigne d'avoir lu.

 

De toute façon, vous faites désormais partie d'une société où vous n'avez plus le choix. Vous êtes forcés de le lire, de la même façon que les enfants en 2028 ne seront plus des élèves mais des apprentis, chez Speed-fooding, Jardins et maisons ou encore Magic-Games. Ils n'ont pas le choix. À six ans, ils signent leur contrat d'apprentissage et ne peuvent en aucun cas y échapper. Même lorsqu'ils se rendent compte qu'on ne leur apprend finalement qu'à se faire exploiter dans une société où tout est régi par les riches. Tous identiques, tous dans le rang, comme des petits sacs de frites.

 

À moins que...

 

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De la même manière qu'on a l'habitude d'entendre par-ci, par-là, qu'il faut lire Matin brun, je vous assure qu'il faut lire L'école est finie.

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Nicholas Shakespeare, Héritage, roman, 420 pages, septembre 2011, Grasset ***

Publié le par Sébastien Almira

 

Je suppose que le nom sur la couverture a attiré quelques regards et quelques porte-monnaie en cette rentrée automnale. Tiens, Shakespeare ! Il n'est pas mort ?

Ce Shakespeare-là n'écrit pas de théâtre. Bien d'autres choses, mais pas de théâtre. Entre autres, des essais sur Mario Vargas Llosa et Bruce Chatwin, ainsi que des romans et le scénario de l'adaptation de l'un d'eux (The dancer upstairs) par John Malkovitch.

De ses premiers romans, seul La vision d'Elena Silve avait été publié en France (1991, Albin Michel). Pourtant Inheritance (2010, Harvill) profite d'une traduction instantanée chez Grasset. Et ils ne s'y sont pas trompé. Car Héritage est un très bon livre.

 

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Andy Larkham bosse dans l'édition. Cela peut paraître prestigieux, comme dans les films américains. Mais non, lui, « il travaillait dans une petite maison d'édition dont le fonds de commerce était le développement personnel : surmonter la perte d'un être cher, vaincre les épreuves, bien vivre sa grossesse. Et une flopée de syndromes qui, à force, ne le faisaient même plus rire » (page 40). Il sont trois, il fait tout le boulot, il est mal payé. Sa fiancée le plaque parce qu'il n'est pas assez riche, mais la raison officielle est son nouveau mec (plus riche). Le genre de fille trop belle pour ne pas avoir oublié d'être conne et vénale. Les factures s'empilent sur le buffet, mais pas l'argent qu'il doit à sa collègue.

En gros, sa vie sent la poisse à plein nez. Et un jour, miracle, un enterrement ! Sa poisse se transforme en chance : il se trompe de chapelle. Lorsqu'il s'en rend compte, il ne fuit pas par respect pour le défunt et parce qu'il arriverait de toute façon à l'enterrement de son ancien professeur. D'autant que l'adage « un de plus, un de moins... » ne fonctionne pas ici : ils sont quatre, en comptant le curée et le notaire. Et Andy, il a bien fait de rester, car le défunt est millionnaire et a légué sa fortune aux seules personnes présentes pendant la messe.

 

« Mais qui était ce Christopher Madigan ? Et pourquoi avait-il agi ainsi ? » (page 97)

 

À votre avis, qu'est-ce qu'on fait quand on se retrouve avec 17 millions de dollars sur son compte en banque ? Quand on ne sait pas d'où vient cet argent, qui est ce mystérieux bienfaiteur ?

On en profite, on fait des cadeaux à son entourage avant de se faire plaisir comme il se doit ?

On devient un connard imbus de soi-même, du genre à ne plus penser qu'à baiser les plus belles filles, boire et bouffer dans des restos hors de prix et oublier ses amis ?

On cherche à savoir qui était cet homme qui a fait de nous un millionnaire par erreur et pourquoi sa fille n'était pas là pendant la messe ?

On est pris de remords d'avoir accepté alors que la fille du défunt n'a rien eu ?

 

shakespeare

 

Et bien Nicholas Shakespeare n'a pas choisi. Notre petit héros va passer par tous ces états. Il sera un ami, un frère, un fils généreux avant d'être un connard profiteur. Ses remords auront laissé place à une joie et un soulagement intenses. Et il jouera au yoyo avec son besoin de tout connaître de Christopher Madigan.

Avec un humour so british, une plume délicate, quelques rebondissements bien pesés et la vie bien remplie d'un homme solitaire à raconter, le Shakespeare Junior nous entraine dans une aventure qui court sur plusieurs continents pendant de longues années. De l'Australie à Londres en passant par le génocide turc des Arméniens, de sa jeunesse pauvre mais heureuse à sa vie riche mais solitaire en passant par une douloureuse histoire d'amour et des relations en dents de scie avec sa fille, Andy va tout apprendre de la vie de Madigan, qui n'est pas celui qu'il croyait. Mais trouvera-t-il le moyen de prouver à sa fille, Jeanine, qu'il n'est pas le monstre qu'elle croit ?

 

Sérieusement, je ne suis pas le plus fort pour expliquer que telle phrase est renversante de sensibilité, que tel personnage est épatant de par son histoire et son caractère, que telle description est magnifiée par jeu de mot, que telle scène est suffocante de vérité. En somme, je ne suis pas le plus pédant des critiques littéraires.

Mais ce que je peux vous dire, c'est que j'ai reçu Héritage en service de presse en juillet, que je l'ai longtemps laissé de côté au profit d'autres livres par forcément meilleurs, que j'ai attendu que ma grand-mère prenne du plaisir à le lire, pour m'y mettre aussi. Six mois. Il n'est donc plus trop d'actualité, certainement plus sur beaucoup de tables de librairie maintenant que la rentrée de janvier a pris place, mais j'espère que vous en trouverez bien un exemplaire caché en rayon car il s'agit là d'une très bonne lecture. Pas de celles qui vous chamboulent par leur propos, qui vous émerveillent par leur poésie, qui vous tirent de grands éclats de rire ou vous font pleurer comme une madeleine. Non, juste comme un très bon roman qui vous fait passer un super moment et vous permet de vous évader un peu dans l'histoire d'un homme, de ses origines et de ce qui a fait sa vie. Et croyez-moi, on a envie de tourner la page, puis la suivante, pour tout connaître de Christopher Madigan !

 

 

27/01/2012 : Même François Hollande connait Nicholas Shakespeare. Malgré lui.

« Ils ont échoué parce qu’ils n’ont pas commencé par le rêve »

 

 

Merci aux éditions Grasset pour l'envoi de ce livre.

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