Sarah Cohen-Scali, Max, roman ado, 470 pages, Scripto Gallimard, mai 2012, 15,90 € *****

Publié le par Sébastien Almira

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Max est à la fois l'ovni et le roman choc de la production jeunesse de cette année. Assez impressionnant, il ne plaira pas à tout le monde et il ne faudra pas le mettre entre toutes les mains.

 

Le programme Lebensborn, ça vous dit quelque chose ? C'est ce que Himmler avait mis au point pour peupler l'Europe d'Aryens. On choisissait les femmes les plus blondes, les plus grandes, les plus belles, aux yeux les plus claires, à la peau la plus blanche. On les mettait dans des chambres avec des soldats allemands triés, eux aussi, sur le volet et, neuf mois plus tard, on récoltait les futurs représentants de la race suprême que l'on élevait dans des heim. Plus tard, on enleva aussi les enfants Polonais qui pourraient faire l'affaire, histoire de grossir les rangs. À six ans, les gamins intégraient des Napola, sorte d'école militaire pour enfants, où on leur enseignait à être forts, combattifs et obéissants, avant de les envoyer au front dès seize ans. Ou bien, de beaux couple d'Allemands les adoptaient, les plus hauts placés dans la société ayant l'embarras du choix, les demandes d'adoption des gens normaux étant jetées quasi automatiquement.

 

 

« Notre Führer bien-aimé a dit : « Nous devons construire un monde nouveau ! Le jeune Allemand du futur doit être souple et élancé, vif comme un lévrier, coriace comme du cuir et dur comme de l'acier de Krupp ! »

Voilà, c'est exactement ce que je veux : être souple. Élancé. Vif. Dur. Coriace. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d'aimer. Je combattrai au lieu de prier. Oh ! Mon Führer, je ne veux pas te décevoir ! Je ne te décevrai pas ! D'ailleurs, il faut que je me ressaisisse. Pourquoi ces craintes ? Elles sont ridicules, injustifiées, il est évident que je vais ressembler à ma maman» page 9

 

C'est comme ça que Max parle, avant même de naître. Car notre narrateur est le premier bébé à naître dans le cadre du programme Lebensborn. Avant qu'Hitler lui-même ne le baptise, sa mère l'appellera Max. nous suivrons Max tout au long de sa croissance, de son éducation, son apprentissage. Ce ne sera pas facile. Pour nous, lecteurs. Parce que, pour lui, tout va bien. Encore fœtus, il croit déjà en Hitler comme en un dieu tout puissant, il veut réussir à tout prix, sans s'embarrasser d'une mère, de sentiments, de doutes. Il veut être fort, le plus fort, le plus méritant, le meilleur élément dans le projet fou de Himmler.

Et c'est ça qui pourra être difficile, perturbant, à lire. Un fœtus pro-Hitler, ce n'est pas tous les jours qu'on en croise, il faut s'y faire. Il faut se faire aussi à son langage : avant sa naissance, il parle déjà comme s'il avait quinze ans (et « cette salope d'infirmière » par-ci, et « ces pourritures de Juifs » par-là...). On suivra son histoire, celle de l'Allemagne nazie, celle du programme Lebensborn et celle de son seul ami, Lukas, le Juif qui se fait passer pour un Allemand, de la naissance de Max le 19 avril 1936 à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

 

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Et même s'il faudra un temps à certains (il m'en a fallu) pour s'habituer et entrer vraiment dans le roman, je vous assure que, par la suite, ça fuse. Ce n'est pas le page-turner le plus agréable du monde, vu le sujet, mais c'est le genre de livre qu'on ne peut plus lâcher une fois qu'on y est bien installé. Si tant est que l'on puisse bien s'y installer.

Sarah Cohen-Scali, habituée des romans ado, signe une fable crue, violente, tellement énorme qu'on a du mal à y croire mais malheureusement si réaliste. Une note, à la fin du livre, nous renseigne sur la majorité des personnages qui ont réellement existé, dont Lukas (Salomon Perel dans la réalité), l'adolescent juif qui s'est miraculeusement fait passer pour un Aryen, qui s'est battu sur le front avant d'intégrer un collège d'élite des jeunesses hitlériennes. Elle précise également dans cette partie que les grands pontes du programme ont été jugés à la fin de la guerre, mais que le tribunal allié n'a pas retenu le « caractère criminel » du Lebensborn et les a relâchés.

 

Comme je vous le disais au début de la chronique : Max est un livre coup de poing, l'ovni jeunesse de cette année, un roman incroyable qui a le mérite d'apprendre quelque chose aux jeunes générations sans que ce soit rebutant comme un documentaire. Percutant et rudement bien écrit, c'est un livre important dans la production jeunesse, de surcroit au moment où Mein Kampf est sur le point de tomber dans le domaine public.

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Sylvie Deshors, Douce nuit, Minus !, roman ado, 90 pages, novembre 2012, Doado noir, Rouergue, 9,70 € ***

Publié le par Sébastien Almira

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Dans la famille Romans courts chez Doado, je demande le conte de Noël. Bonne pioche, avec Douce nuit, Minus !

Parce qu'ils sont pauvres, parce que sa mère a tenté de voler un jeu vidéo pour lui offrir, parce que le vigile l'a coincée et court désormais après lui, un ado prend la fuite le soir de Noël.

Pour son premier réveillon sans sa mère, il se réfugie au creux des rochers, sur la plage qu'il imagine déserte, jusqu'à ce que Nasta, un étrange garçon, débarque. La vingtaine, Rangers défoncées, pantalon trop court, portant la cape et un bâton faisant office d'arme. Fan de jeu vidéo, notre héros voit en Nasta un super-héros qui va illuminer son soir de solitude, mais leurs aventures vont vite déraper et devenir un jeu grandeur nature, sans télécommande ni console, avec une seule vie et pas de pause possible.

 

« Dans un jeu de console, on suit un personnage et bientôt on connait les limites de l'univers, les paliers, les ouvertures, on maîtrise les effets des actions jusqu'à la montée crescendo et soudain on a fait le tour du jeu. Au bout d'une trentaine d'heures, le jeu redevient un objet, un boitier en plastique un peu ennuyeux. » page 94

 

Mais dans cette sombre réalité, Sylvie Deshors ne nous laisse pas le temps de nous ennuyer. Ni au lecteur, ni à son personnage. Sans temps mort, elle nous entraine dans un univers hyper réaliste où s'entrechoquent bastons et frissons sur fond de jeux vidéos.

Comme soir de Noël, on peut rêver mieux, me direz-vous, en pensant à celui qui se profile, mais quand on se fait enlever, on ne pense plus à ce genre de choses ; ce qu'on veut, c'est juste s'en sortir, rester en vie, sauvegarder son unique vie. Moins facile, comme jeu, que de profiter de son réveillon comme vous et moi nous apprêtons à le faire, hein ?!

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En retard pour Noël ? Voici les idées LIVRE de dernière minute !

Publié le par Sébastien Almira

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En cette dernière semaine avant Noël, vous n'avez toujours pas fini d'acheter vos cadeaux ?! Manque de temps ? Manque d'idées ? Ne vous inquiétez pas, j'ai ce qu'il vous faut : une mine de romans, de bandes dessinées et d'albums jeunesse à offrir et à s'offrir !

 

 

Des romans à offrir et lire sans modération !

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D'abord, petite exclusivité sur mon imminent « le meilleur de 2012 », mon roman préféré de l'année, qui conviendra peut-être plus à une femme, mais qu'un homme un minimum sensible et/ou rêveur lira avec un plaisir évident aussi : Chapardeuse de Rebacca Makkai chez Gallimard (critique ici), une merveilleuse ode à la liberté et au bonheur, un des plus beaux romans que j'ai lus. Ensuite, un autre premier roman, Les Immortelles de Makenzy Orcel chez Zulma (critique ici), une poétique et magnifique vision de la prostitution à travers l'histoire de celles qui ont péri à Haïti, dans une édition créée avec beaucoup de soin, merci Zulma !

Il ne faudrait pas que j'oublie de vous conseiller Certaines n'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka chez Phébus (critique ici) et Le Terroriste Noir de Tierno Monénembo au Seuil (critique ici), deux romans puissants et vibrants qui vous tiennent en haleine entre dureté et tendresse, entre un sort malheureux et quelques éclaircies.

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Vous préférez offrir quelque chose de plus cynique, Les ficelles du pantin de Yak Rivais (critique ici) vous tend les bras. Fable grinçante que n'auraient pas renié Ionesco et Jarry, voilà l'histoire d'une nuit où un despote est prêt à tout pour ne pas céder le pouvoir au démocrate qui a remporté les élections !

Enfin, je vous donne deux idées de romans parus il y a quatre ans, différents, mais à la langue éblouissante, à l'imagination débordante et à la maitrise grandiose : Daphné disparue de José Carlos Somoza chez Actes Sud et Les Maîtres de Glenmarkie de Jean-Pierre Ohl chez Gallimard, le premier étant un labyrinthe littéraire en forme de thriller et le second dans la lignée des romans anglais du XIXe, un roman impressionnant que n'aurait pas renié le maître littéraire de l'auteur : Dickens.


 

Votre budget préfère les poches ?

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Commençons par rire un peu, voire beaucoup, avec Sans nouvelles de Gurb d'Edouardo Mendoza chez Points (lire ici), Satané Dieu ! de Jean-Louis Fournier au Livre de Poche (lire ici), Et si c'était niais de Pascal Fioretto chez Pocket et la pièce Le Père-Noël est une ordure chez Babel ou Pocket illustré. Ces livres ne manquent jamais de me faire littéralement exploser de rire !

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Vous préférez offrir des émotions ? Vous allez être servi avec La Porte des Enfers de Laurent Gaudé chez Babel, un roman aussi dur que magnifique, et je pèse mes mots, qui vous emplira de larmes comme d'espoir.

Vous êtes plutôt branché fresque historique, aventures ? Une éducation libertine de Jean-Baptiste Del Amo chez Folio est un roman scandaleusement impressionnant d'un auteur de 24 ans (à l'époque) qui se permet de jouer à Bel Amide Maupassant. Le magicien de Lublin de Isaac Bashevis Singer, prix Nobel de littérature en 1978 « pour son art de conteur enthousiaste qui, prenant racine dans la culture et les traditions judéo-polonaises, ramène à la vie l'universalité de la condition humaine », paru chez J'ai Lu il y a quelques semaines est une originale thèse sur la vie, la liberté, le sexe, les sentiments et la religion, à travers l'histoire d'un magicien gangrené par les femmes qui se demande s'il lui faudra en choisir une, et laquelle, sinon Dieu ?

Enfin, s'il vous faut un bon polar, je ne vais pas faire dans l'originalité, parce que j'en lis assez peu. C'est Millénium de Stieg Larsson chez Babel pour les deux premiers tomes que je vous conseille d'offrir (lire ici).

 

 

C'est plutôt des BD qu'il vous faut ?

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Je vous conseille vivement d'offrir Arthur De Pins. Que ce soit sa trilogie La Marche du crabe chez Soleil ou bien le coffret des deux premiers tomes de Zombillénium chez Dupuis. Un dessin simple mais efficace pour deux séries complètement différentes, qui montrent le talent, l'humour et l'imagination sans borne de l'homme !

Si vous souhaitez expliquer à quelqu'un le monde de la bourse et du capitalisme depuis les débuts de l'humanité, La survie de l'espèce de Paul Jorion et Grégory Maklès chez Futuropolis/Arte est pour vous. Non sans humour, avec des personnages humains et en Légo, un cadeau original et utile !

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Restons au pays des rires et du cynisme avec Peter et Sally par Bacaria et Lepithec chez Sarbacane, deux sacrés mioches prêts à tout pour expérimenter le plus grand nombre de bêtises. Humour ravageur à ne pas mettre entre toutes les mains malgré un dessin enfantin. Plus à destination de la jeunesse, succombez aux irrésistibles Ernest et Rebecca par Antonello Dalena et Guillaume Bianco au Lombard (déjà 4 tomes !), une petite fille aux cheveux roses, boudeuse et baroudeuse, dont le meilleur ami est un microbe !

Un peu d'histoire ? Batchalo de Michaël Le Galli et Arnaud Betend chez Delcourt vous attend pour vous emporter au beau milieu de la Seconde Guerre mondiale, où un camp de tsiganes et un flic s'associent pour retrouver leurs enfants disparus... Avec, en bonus, un mini-documentaire sur la véritable histoire des Tsiganes sous Hitler.

 

 

Pour vos ados, voici quelques romans :

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Puisque c'est à la mode depuis quelques années, commençons par l'anticipation et la dystopie. D'abord avec Yves Grevet. Vous pourrez offrir l'époustouflante trilogie Méto désormais disponible en un seul volume chez Syros (critique ici) ou bien le très court récit tout aussi impressionnant L'école est finie (critique ici), sorte de nouveau Matin Brun. Ensuite avec La Déclaration, La Résistance et La Révélation de Gemma Malley, publiés par Naïve (critique ici), gage de la qualité de cette trilogie. Si Métoplaira plus majoritairement aux garçons et La Déclaration aux filles, vous pouvez inverser sans problème pour les lecteurs qui aiment ce genre.

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Encore une trilogie à vous proposer, celle d'Anne Percin : Comment (bien) rater ses vacances, Comment (bien) gérer sa love story et Comment devenir une rock star (ou pas) au Rouergue (critique ici). Hyper drôle, c'est l'histoire d'un ado qui n'a aucun problème d'intelligence et de cynisme, mais dont la vie sociale n'est pas très développée. Les événements ne vont pas tous en sa faveur, et les situations sont à mourir de rire. Jusqu'à la fin, on ne peut plus le lâcher ! Quel pied !

Un peu le même genre, La fugue d'Alexandre Raimbaud de Rose Philippon chez Hélium (critique ici) raconte l'histoire abracadabrantesque d'un ado pris dans une intrigue mafieuse qui ravira petits et grands ados.

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Pour les plus jeunes, dirigez-vous vers le maître incontesté de la littérature jeunesse : Roald Dahl. Matilda (qui vient de reparaitre dans une jolie édition collector chez Gallimard Jeunesse) ou Charlie et la chocolaterie chez Folio continueront d'émerveiller vos enfants ! Ou bien vers un roman qui a fait parler de lui l'an dernier grâce à son adaptation cinématographique par Martin Scorsese : Hugo Cabret de Brian Selznick chez Bayard (critique ici), un merveilleux et enchanteur conte de Noël en texte et dessins de l'auteur lui-même.

 

 

Et pour les plus jeunes, quelques albums :

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Dans les vieux de la vieille, je vous conseille le mythique De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête de Wolf Erlbruch chez Milan et les merveilleux Château d'Anne Hiversaire (très drôle, en plus) et L'arbre sans fin (mon album préféré de moi de quand j'étais petit !) de Claude Ponti à l'École des Loisirs.

       maison.jpg   JEROME-PAR-COEUR-THOMAS-SCOTTO   bus-rosa.jpg

Plus récents, La maison en petits cubes de Hirata Kenya et Katô Kunyo chez Nobi Nobi est un petit bijou venu du Japon dont le court-métrage a remporté l'Award Academy du court-métrage d'animation ; et Jérôme par cœur de Thomas Scotto et Olivier Tallec chez Actes Sud, premier album jeunesse à parler d'homosexualité, avec tendresse et intelligence ; Le bus de Rosa de Fabrizio Silei et Maurizio A.C. Quarello chez Sarbacane, ou l'histoire de Rosa Parks racontée par un vieil homme à son petit fils dans le musée où trône le bus où Rosa a osé dire non. Trois albums vraiment magnifiques !

aladdin théâtre-copie-1Et si vous voulez le plus beau pop-up du monde (Quoi j'exagère ? Je dis ce que je veux !), il faudra vous tourner vers Aladin traduit par Marie-Céline Cassanhol et merveilleusement illustré par Niroot Puttapipat chez Gründ, paru l'an dernier.

 

 

Alors ? Tentés ?

Si vous avez d'autres idées à partager, n'hésitez pas !

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Le cinéma de novembre (Argo, Skyfall, Frankenweenie, Looper)

Publié le par Sébastien Almira

 

argo.jpgArgo, de Ben Affleck, 2h ****

En pleine révolution iranienne en 1979, des centaines de militants envahissent l'ambassade américaine de Téhéran et prennent tous les employés en otage. Mais six sont parvenus à s'échapper et trouvent refuge chez l'ambassadeur du Canada. Un spécialiste de l'exfiltration de la CIA, joué par le réalisateur Ben Affleck, monte un scénario ahurissant pour les sortir de là. Tiré d'une histoire vraie, que je ne connaissais pas, j'ai trouvé que, ma foi, Ben Affleck s'en sortait très bien. Au niveau de la réalisation, du scénario, de la direction des acteurs et du suspense insoutenable du dénouement. Un très bon film.

 

 

 

skyfall.jpgSkyfall, de Sam Mendes, 2h20 ****

Dernière production de l'artillerie lourde James Bond, Skyfall est visiblement plus intellectuel et moins épique que d'accoutumée. Visiblement, parce que je ne me souviens quasiment pas des rares James Bond que j'ai vus. Aussi, je n'ai pas été déçu par la beauté des images qui primait sur l'action et par le manque de combats. J'ai été happé pendant 2h20 sans reprendre mon souffle une seconde, j'ai été surpris par les rebondissements, j'étais vraiment dans le film. Le seul point noir, c'est qu'une fois le film terminé, j'ai trouvé que le scénario manquait de consistance, qu'il tenait sur un post-it. Pourtant, ça ne m'a pas gêné pendant. Je vous redis quand j'aurais vu les autres, mais pour le moment c'est un super James Bond pour moi !

 

 

frankenweenie.jpgFrankenweenie, de Tim Burton, 1h30 ****

Deuxième réalisation de Tim Burton à sortir cette année, Frankenweenie version 2012 est un allongement du second court-métrage du réalisateur fou. À l'époque, en 1984, Disney n'y croyait pas et a refusé le projet. Cette fois-ci, ils reviennent le chercher, une fois devenu une véritable star. Victor Frankenstein est dévasté par la perte de son chien Sparky. Par chance, Victor est féru de sciences et va tenter par tous les moyens de redonner vie à celui qui est aussi son seul ami. Tourné en stop-motion avec un appareil photo numérique, Frankenweenie est une petite merveille d'animation, autant au niveau des images que du message. Un petit bijou d'humour noir, en noir et blanc, qui ravira petits et grands !

 

 

looper.jpegLooper, de Rian Johnson, 1h50 ***

En 2074, on a inventé la machine à remonter le temps, on l'a interdite, mais les plus puissantes mafias s'en servent pour envoyer ceux dont on souhaite se débarrasser trente ans plus tôt car il est impossible de le faire sans avoir les autorités sur le dos. En 2044, ce sont les loopers qui se chargent du sale boulot en échange de quatre lingots d'argent par tête, et huit d'or lorsque c'est leur propre futur qui leur est envoyé. Joseph Gordon-Lewitt en 2044 devient Bruce Willis en 2074 et lorsque ce dernier sera envoyé se faire descendre par son passé, il va y avoir du sport. Entre ce qu'on croit, ce qu'on ne voit pas, ce qui n'est pas expliqué, il est difficile de tout comprendre en voyant le film. J'ai dû lire des forums pour comprendre certaines choses, et je suis étonné de voir que les gens expliquent même des choses qui ne sont pas dans le film... Tout ce flou m'embête beaucoup parce que, sans ça, j'aurais adoré Looper. Je suis un peu mitigé, et il faudrait que je le revoie pour lui donner une vraie note. Et vous ? Vous l'avez vu ? Compris ? Aimé ? Avez-vous des explications à m'apporter ?

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Mylène Farmer, Monkey Me, 12 titres, Polydor, décembre 2012 ****

Publié le par Sébastien Almira

 

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Deux ans après avoir réalisé l'inégal Bleu Noir (critique ici) avec Moby, Archive et Red One, Mylène Farmer retrouve son acolyte de toujours : Laurent Boutonnat. Pour l'occasion, elle accroche de nouveaux records à son tableau de chasse : un treizième single n°1 avec À l'ombre (elle détient le record de singles n°1 en France depuis son cinquième en 2008), une tournée marathon de 540 000 places sur 38 dates en France, Belgique, Suisse, Russie et Biélo-Russie dont une majorité sont entièrement ou quasi complètes, 155 911 billets vendus en six heures, 189 734 dans la journée (elle détenait le record depuis 2008 avec 100 000 billets pour la première journée), dix Bercy mis en vente dont six complets en quelques jours (elle est celle qui se produit le plus longtemps dans cette salle de 17 000 places : 13 fois en 2006 pour un concert qui ne sera transporté nulle part ailleurs, 10 fois l'année prochaine), meilleur démarrage de l'année pour la première journée et la première semaine avec 148 000 exemplaires, devançant ainsi Céline Dion, Les Enfoirés et Johnny Hallyday...

Bref, la star n'a pas raté son retour. Mais que valent vraiment ces retrouvailles avec l'homme qui a taillé certains des plus gros tubes français (Libertine, Sans Contrefaçon, Pourvu qu'elles soient douces, Ainsi soit je, Désenchantée, XXL, Rêver, Les mots, C'est une belle journée...) et qui semble s'essouffler un peu ces derniers temps ?

 

 

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Pour le clip d'À l'ombre, esthétiquement très réussi, Laurent Boutonnat revient derrière la caméra,

inspiré par la Transfiguration d'Olivier de Sagazan.

 

J'avoue avoir eu un peu peur avec les deux inédits du best of l'année dernière. Si Du temps était dans l'air du temps avec son effusion de synthés, Sois-moi/Be me reste la plus mauvaise chanson de sa carrière, ringarde à mort, au refrain taillé chez Britney Spears. Le premier extrait de l'album ne m'avait pas non plus convaincu comme auparavant (Sans contrefaçon, Désenchantée, XXL, L'âme-stram-gram, Fuck them all, Dégénération et Oui... mais non remplissaient infiniment mieux leur rôle de lead single). À l'ombre débute par une ligne de synthé affreusement daté, à la limite de l'inécoutable, qui court sur toute la chanson, le texte est une caricature des textes farmeriens et la mélodie ne casse pas des briques. À force d'écoutes, surtout au sein de l'album et avec casque, le titre prend plus d'ampleur et le synthé sait se faire oublier après ses premières secondes de solitude. Mais il faut un certain temps avant de s'habituer, un temps que le grand public ne prend pas la peine de prendre. À force, le titre devient même bon, voire très bon (toujours en éjectant le synthé du début).

Ne vous inquiétez pas : pour d'autres titres, c'est dès la première écoute que l'on accroche (ou pas). Laurent Boutonnat n'a pas pu s'empêcher de caser d'autres sonorités incompréhensiblement datées dans l'album (J'ai essayé de vivre et À force de notamment), et de foutre du synthé partout, jusque dans les deux seules vraies balades de l'album (Quand et Je te dis tout). Vraiment dommage qu'un compositeur qui a su faire preuve de tant de talent par le passé se mette aujourd'hui à suivre une mode qu'il ne maitrise pas tout à fait. Certains titres sont parfaitement réussis, mais d'autres semblent figés dans les années 80 et 90, comme si le tandem nous proposait des titres enregistrés pour les précédents albums et finalement écartés au moment de la production.

De plus, certains arrangements semblent tout droit repris d'autres morceaux de Mylène Farmer et d'Alizée lorsque cette dernière était produite par le tandem. Vous retrouverez les arrangements de Elle a dit et Ici-bas sur nombre de titres des deux chanteuses, les accords de J'ai essayé de vivre sur Paradis inanimé, la mélodie de certaines phrases du refrain de Monkey Me sur Youpidou d'Alizée, les choeurs de Nuit d'hiver basés sur la mélodie des refrains de Hey ! Amigo ! d'Alizée, l'intro de Tu ne le dis pas est la même que celle d'À contre-courant d'Alizée avec un instrument différent, les choeurs de Love Dance sont calqués sur ceux de Papa m'aime pas de Mélissa Mars, et je ne dois pas tout avoir remarqué...

Deuxième point négatif, et pas des moindres : les textes de Mylène. Connue autant pour son image sulfureuse que ses textes magnifiques, cette année, elle ne s'est pas foulée :

 

« La la la la la / If you say so / La la la la la / Won't let me go / La la la la la / Lupo lupo / Mon meli melo / Meli melo / La la la la la //

Do you love me / Love me do / Me do love you / Me too !/ You me love do / Love me do you / Dis... Love me ? //

Doux est le fou / Des fossettes / à genoux, ga... / ...lipettes / De la chance, l'en... / ...tre nous / Est immense »

dans Love Dance

« Délivrez-moi / Tap ta da / Je suis pas là / Suis pas de ce monde //

Si je suis sans guidon / Et j'y suis / Et ben... je me vautre //

Là / C'est un autre moi / C'est monkey me / C'est monkey me / L'animal là / Je manque ici / Je manque ici / De facéties... »

dans Monkey Me

 

C'est ce qui me déçoit le plus dans ce nouvel album. Des « dis », des « moi », des « toi », des « là », des phrases qui se répètent d'un titre à l'autre, en veux-tu, en voilà. La ringardise de certains arrangements peut être mise sur le compte d'une volonté de faire avec son temps, sans savoir le faire. Mais les textes de Mylène Farmer, vraiment, je ne vois aucune excuse recevable. C'est effarant tantôt de banalité, tantôt de médiocrité.

 

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Journal de 20h avec Claire Chazal, sur TF1, le dimanche 3 décembre 2012

(8,4 millions de téléspectateurs, pic d'audiance à 9,2 millions lors de son interview)

 

Après ces deux gros points noirs, passons au positif : la voix de Mylène est toujours juste, mieux mise en avant, même si elle utilise un peu souvent « l'étirage de voix » (cf. À l'ombre, Elle a dit, À force de, Tu ne le dis pas, J'ai essayé de vivre), quelques incartades dans les graves sont présentes. De ce côté, c'est réussi.

Les mélodies sont très souvent accrocheuses, là-dessus le tandem n'a pas perdu la main. Il n'y a à mon sens pas vraiment de tube à la Désenchantée, Sans Contrefaçon ou C'est dans l'air, mais l'album a du potentiel (Elle a dit, Tu ne le dis pas,À force de...). Du côté des balades, certains risquent de rester sur leur faim car l'album est, à l'image de Point de Suture  en 2008, indéniablement taillé pour la scène : seulement deux balades et demi pour douze titres. Mais celles-ci raviront les amateurs. Je ne suis pas particulièrement fan de Quand, mais il faut reconnaître qu'elle est jolie. Un peu trop épurée à mon goût. Je te dis toutest la merveille de l'album. Piano old school qui me fait penser à du Brel, du Barbara, ou du Aznavour, auquel s'ajoutera une batterie diaboliquement magnifique qui fait penser à Avant que l'ombre... et Si j'avais au moins... : ça sent le final à plein nez ! De même que Nuit d'hiver, sorte d'extended remix club de Chloé (assez réussi, même si les chœurs sont un copier-coller des refrains de Hey ! Amigo !, chanson créée pour Alizée en 2003) vingt-cinq ans après, sent l'intro de concert à plein nez ! La demi-balade qui reste, c'est A-t-on jamais, un titre qui ne ressemble guère au reste de la discographie de la chanteuse. Des envolées d' « alléluia » dans des refrains puissants, des chœurs de toute beauté que vient malheureusement gâcher une fin trop courte et frustrante.


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photographie de Nathalie Delépine

 

Du bon et du mauvais, que je vais tenter de résumer plus clairement :

- Laurent Boutonnat tente de se renouveler musicalement mais a un peu de mal à entrer dans la modernité. Le résultat est parfois cruellement daté.

- Mylène Farmer a perdu sa plume renversante de beauté. Où sont passés les textes de Je t'aime mélancolie, Je te rends ton amour, Fuck them all, Avant que l'ombre...? Textes cheap sont au programme dans Monkey Me.

- Depuis l'album Bleu noir où sa voix a été mieux mise en avant par Moby et Archive, la chanteuse semble vouloir poursuivre l'expérience. On l'entend mieux, on la comprend mieux, ça ne fait pas de mal (même s'il y a toujours quelques passages où j'ai eu besoin des paroles pour la comprendre).

- Les mélodies sont accrocheuses, comme d'accoutumée, malgré l'absence de gros tubes. Et il y a de l'originalité au niveau des mélodies (A-t-on jamais,À force de, J'ai essayé de vivre...). Excepté le ridicule Love Dance et le banal Monkey Me.

- Un point qu'il ne me semble pas avoir évoqué : le cas Henry Neu. Le designer attitré de la star est toujours là, pour notre plus grand malheur. Qu'est-ce que c'est que cette pochette du single À l'ombre ? Ces textes pas dans l'ordre, ces fautes, ces doubles espaces, dans le livret ? Du travail d'amateur.

 

Au final, je pense que Monkey Me aurait pu être un excellent album, faisant la part belle à la dance et à la pop, mais il souffre de deux problèmes majeurs qui l'en empêchent : les arrangements et les textes. En tout cas, ça ne semble pas gêner la grande majorité des fans, qui adorent et placent même le banal Monkey Me en tête de leurs chansons préférées de ce neuvième album studio. Je pense qu'il prendra une ampleur plus importante sur scène, à condition que de bons choix soient faits pour la setlist. Quatre étoiles sur cinq parc que, quand même, ça fait du bien d'entendre de nouvelles chansons de Mylène Farmer et que les points positifs ont tendance à primer sur ceux négatifs chez quelqu'un qu'on aime.

Si vous voulez vous faire une idée et vérifier que Mylène Farmer est toujours au top (ou presque), écoutez en priorité Tu ne le dis pas, A-t-on jamais et Je te dis tout.

Et n'hésitez pas à partager votre opinion !


 

 

 

 

 

 

Si c'est sur scène que vous souhaitez vous faire une idée, voici les dates de la tournée Timeless 2013 :

 

SEPTEMBRE

07 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

08 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

10 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

11 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

13 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

14 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

17 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

18 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

20 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

21 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

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28 - LYON Halle Tony Garnier

 

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02 - MONTPELLIER Park & Suites Arena

05 - MONTPELLIER Park & Suites Arena

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09 - NANTES Zénith

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16 - STRASBOURG Zénith

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NOVEMBRE

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15 - BRUXELLES Palais 12

16 - BRUXELLES Palais 12

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22 - DOUAI Gayant Expo

23 - DOUAI Gayant Expo

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27 - TOULOUSE Zénith

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Pascale Gautier, Les vieilles, Prix Renaudot Poche, roman, 210 pages, Joëlle Losfeld, janvier 2010, 18,80€, Folio, novembre 2011, 5,95€ **

Publié le par Sébastien Almira

 

vieilles.jpg

 

Sacré Prix Renaudot Poche le lendemain de mon achat, Les vieilles est un court roman humoristique sur les vieilles, comme son titre l'indique. Les ronchonnes, les acariâtres, les rigolotes, les dépressives. Bref, tout y passe. Des courses à la drague en passant par la peur de la solitude au repas dominical forcé, Pascale Gautier dépeint la vie des personnes âgées avec cynisme et tendresse. Dit comme ça, ça donne envie, hein ! En plus, Renaudot poche, quoi !

 

Mais bon, sincèrement, je ne me suis pas plu plus que ça. Ça m'a amusé quelques pages, le temps de me foutre de certaines d'entre elles, de rire de leur bêtise, de leurs peurs et de leurs manies, de m'attendrir pour l'une et d'avoir envie de tuer une autre. Mais ça devient vite répétitif et ennuyeux.

Voilà, je ne suis pas rentré dedans, mais certains y trouveront certainement leur compte, d'où les deux étoiles, parce que le roman n'est pas mauvais du tout, pas mal écrit. Juste que quand un roman ou un film est censé être drôle, je veux en avoir pour mon argent. Un peu le même pronostic, en somme que C'est Maman qui a tué le Père-Noël d'Alexandra Varrin.

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