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Dany Laferrière, Journal d'un écrivain en pyjama, essai littéraire, 310 pages, Grasset, août 2013, 19 € ****

Publié le par Sébastien Almira

 

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L'art d'écrire un roman, par Dany Laferrière !

Voilà ce qui aurait pu être la phrase d'accroche à placer sur le bandeau de ce livre. En 182 notes, qui sont tout autant de « leçons » prodiguées par l'écrivain Haïtien, vous saurez tout de l'art d'écrire de la littérature. C'est un peu le but du livre, même si l'auteur s'en défend.

 

Aussi humble que prétentieux, l'auteur de Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer sera donc votre professeur le temps de quelques heures.

Vous saurez comment ne pas commencer un roman, comment traiter vos personnages, comment utiliser le présent et le passé, comment éviter certains mots, comment décrire un baiser, comment conclure, comment lire, comment s'entraîner. Que ce soit un détail technique ou une généralité sur l'argent, le temps, la lecture ou l'écriture, vous saurez tout.

Il n'hésite pas non plus à parler de lui. De son expérience, de son entourage, de la façon dont ont été reçus ses livres par la critique, par le public et par sa famille. Il dévoile des morceaux de vie qui ont forgé l'homme et l'écrivain qu'il est devenu.

 

C'est franchement très intéressant. Pas pour tout le monde, certes, mais tout de même. Non sans humour et poésie, Dany Laferrière construit un essai (qu'il tente parfois de nous faire prendre pour un roman), sous forme de courts chapitres – une ou deux pages – dont l'intérêt et l'utilité ne sont pas dénués de sens. Certains chapitres sont à lire sans modération, comme « Le grand écrivain » page 122, « Un puissant lecteur » page 129, « La bibliothèque de l'écrivain » page 155 ou encore « Le courage de s'exposer » page 176. d'autres sont plus qu'anecdotiques. Moyens, inutiles, pompeux, etc.

Le problème, c'est qu'à trop se défendre de la moindre prétention, le côté donneur de leçons clignote de plus en plus fort. « Vous remarquerez que l'écrivain en panne d'idée se croit toujours obligé de définir l'écriture. » page 288

 

 


 

 

Je vous mets quelques extraits, parmi les dizaines que j'ai notés :

 

« Puis je me mettais à écrire, en effleurant les touches du clavier de façon à faire le moindre bruit possible. Après un moment j'étais ailleurs, et je tapais comme un dératé jusqu'à ce qu'un voisin me hurle me hurle de cesser ce vacarme. Ce plaisir profond d'écrire dans une ville endormie. Je n'avais que ça en tête : écrire. C'était pour moi une fête perpétuelle. » page 16

 

« Je ne connais pas de plus vif plaisir que d'entendre, sur votre passage, une jeune fille glisser à l'oreille de sa copine : « C'est lui l'écrivain dont je te parlais. » En effet, c'est moi. » page 19

 

« Je reste convaincu que la meilleure école d'écriture se fait par la lecture. C'est en lisant qu'on apprend à écrire. Les bons livres forment le goût. Nos sens sont alors bien aiguisés. On sait quand une phrase sonne juste parce qu'on en a lu souvent de bonnes. Le rythme et la musique finissent par courir dans nos veines. » page 29

 

« Ne vous précipitez pas à écrire un livre uniquement parce que le sujet vous semble intéressant. Ce n'est peut-être pas suffisant pour trois ans d'angoisse et quelques jours de fêtes ça et là. » page 39

 

« Visez le cœur du lecteur même si on sait que c'est avec sa tête qu'il lit. » page 43

 

« Les meilleures fins sont celles qui suivent la pente naturelle du récit, même si ça manque de rebondissements. Les grands classiques évitent les conclusions trop étonnantes. (…) C'est souvent mieux une fin sans tragédie ni grands rebondissements. Un personnage s'enfonce dans la foule. » pages 45-46

 

« Les gens veulent toujours savoir d'où viennent toutes ces idées farfelues qu'ils voient dans les livres. Ça ne leur viendra jamais à l'esprit qu'elles viennent d'eux. Sans cette modestie du lecteur il n'y aura pas de littérature. » page 67

 

« On doit faire bien attention à ne pas multiplier les adjectifs (c'est une épice qui coûte cher). Si un drap est déjà blanc, on n'a pas besoin d'ajouter qu'il est lumineux. Plus vous ajoutez de qualificatifs, moins on vous croit. » page 96

 

« Entre deux phrases longues, vous pouvez glisser une brève. C'est pour le rythme. Le lecteur sent alors que vous maîtrisez la chose. » page 96

 

« Un lecteur c'est quelqu'un qui n'arrive pas à finir une lettre de sa mère, mais dévore six cent pages de quelqu'un qu'il ne connaît pas. » page 114

 

« Le roman est réussi quand à la fin il est différent de ce qu'on a prévu au début. » page 138

 

« Écrire un jour un livre qui mérite l'arbre qu'on a dû abattre pour le fabriquer. » page 253

 

« Lorsque vous êtes pris de découragement devant l'impression que tout a été écrit, il faut vous dire que tout n'a pas été lu, surtout le livre que vous êtes en train d'écrire. » page 292

 

« Mais si vous vous trouvez à l'entrée d'un tel tunnel, alors emportez avec vous ce petit manuel. Il ne vous servira à rien si vous avez du talent, et il ne fera que vous retenir inutilement si vous n'en avez pas, mais emportez-le pour ne pas avoir à l'écrire plus tard. Une corvée de moins... » page 26

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David Levithan, A comme Aujourd'hui, roman à partir de 14 ans, 370 pages, Les Grandes Personnes, septembre 2013, 17 € *****

Publié le par Sébastien Almira

                      

Et ça continue avec les coups de cœur de la rentrée côté ado ! Et quel coup de cœur ! Le genre d'histoire qu'on ne lit pas tous les jours. Le genre de personnages auxquels on s'attache instantanément. Le genre de livre qu'on ne peut pas lâcher (ça vous rappelle Harry Potter, vous aussi ?). Du genre beaucoup trop court aussi. Parce que, vu le niveau, j'aurais aimé continuer lire ce roman pendant un mois sur des milliers de pages, plutôt que me risquer à entamer autre chose.

A est un garçon de seize ans (vous me direz : et comment on sait que c'est un garçon ? Lui, il le sait mais, effectivement, bonne question...) qui change de corps chaque jour. Tantôt dans le corps d'une fille, tantôt dans celui d'un garçon, mais toujours de son âge. C'est comme ça depuis qu'il est né. Alors, au début, il ne s'en rendait pas compte. Il trouvait ça normal, il disait à ses parents d'un jour qu'ils allaient les abandonner, comme les autres, lorsqu'ils lui parlaient de vacances prochaines, de pique-nique le week-end, d'école le lendemain. Et un jour, il a compris qu'il n'était pas comme les autres. Que les autres avaient la même vie tous les jours. Que lui n'aurait jamais les mêmes parents, les mêmes amis, la même chambre, les mêmes habitudes, le même look. Qu'il n'aurait jamais la même vie, jamais une vie, mais des milliers de vies.


« Je me réveille.
Aussitôt, je dois déterminer qui je suis. Et il n'est pas seulement question de mon corps – ouvrir les yeux et découvrir si la peau de mon bras est claire ou foncée, si mes cheveux sont longs ou courts, si je suis gros ou maigre, garçon ou fille, couvert de cicatrices ou lisse comme un bébé. S'adapter au physique, c'est finalement ce qu'il y a de plus facile quand on se réveille chaque matin dans un corps différent. Non, le véritable défi, c'est d'appréhender la vie, le contextede ce corps.
Chaque jour, je suis quelqu'un d'autre. Je suis moi-même – je sais que je suis moi-même –, mais je suis aussi un autre.
Et c'est comme ça depuis toujours. » page 7

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                                                                C comme Caméléon

Alors il s'est fixé des règles. Interférer le moins possible dans vie de ses hôtes. Ne pas leur apporter d'ennuis. Ne pas chambouler leur vie. Ne pas demander à leur entourage de lui raconter quelque chose (il ne sait pas si son hôte s'en souviendrait le lendemain, « cela doit être atroce de se confier à quelqu'un et de constater dès le lendemain qu'il a tout oublié. Je ne veux pas porter cette responsabilité-là. » page 27). Ne pas s'attacher. S'endormir avant minuit (sinon, le changement de corps est très douloureux). Etc.

Mais un jour, il rencontre Rihannon, la petite amie du garçon dont il emprunte le corps. Coup de foudre absolu auquel il ne s'attendait pas. Et malgré des habitudes parfaites, A a bien l'intention d'aller à l'encontre de toutes ses règles pour la revoir. Il ne pense plus qu'à elle. Rihannon. Qu'il se retrouve dans le corps d'une pom-pom girl avec tous les garçons du lycée à ses pieds, dans celui d'un jeune obèse asocial, d'une adolescente au bout du rouleau prête à se suicider ou encore d'un jeune gay qui file le parfait amour, il ne pense qu'à Rihannon. Et il va tout faire pour la retrouver, pour la revoir, pour lui parler, pour l'aimer. Avec un grand A.

« Que se passe-t-il au moment précis où l'on tombe amoureux ? Comment un laps de temps aussi court peut-il contenir quelque chose d'aussi immense ? Soudain, je comprends pourquoi les gens ont parfois une impression de déjà-vu, pourquoi certains croient à des vies antérieures : l'écho de ce que j'éprouve résonne bien au-delà des quelques années que j'ai vécues sur cette terre. » page 32
« Les gens sont rarement aussi attirants dans la réalité que dans le regard de ceux qui en sont amoureux. » page 45

Et c'est là qu'est tout l'enjeu du roman de David Levithan. Bien entendu, que va-t-il se passer ? Va-t-il réussir ? Etc. etc. C'est le but, il faut du suspense, de l'amour, des rires, des larmes, des disputes et des baisers.
Mais au delà de la pure histoire d'amour, c'est l'hypothèse de celle-ci qui fait l'enjeu de tout le livre. A change sans cesse de corps, n'a jamais la même enveloppe, n'est jamais dans la même ville, ne peut parfois pas se déplacer, a d'autres fois une apparence repoussante, est souvent une fille. Même s'il est toujours le même au fond, il n'est jamais tout à fait la même personne. Comment aimer, comment se faire aimer ? Comment être soi, comment être quelqu'un ?
A doit faire face à un problème de taille et à côté, ce garçon qui raconte que le Diable l'a possédé le temps d'une journée (comment a-t-il fait pour se souvenir du passage de A dans son corps ?), ce n'est pas grand chose. A est confronté à la réalité de son existence, de son identité et de ses possibilités.

« Le problème, quand vous vous retrouvez chaque jour dans un nouveau corps, c'est que vous avez beau avoir une histoire, celle-ci demeurera toujours invisible. En étant chaque fois un autre, je dois faire les choses différemment et, d'une certaine façon, repartir à zéro. » page 175

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                                                                   David Levithan

A comme Aujourd'hui est un roman original qui semble sans fin. Que dire de cette galerie de personnages infinie et détonante ?! Ça part dans tous les sens, chaque jour on rencontre de nouveaux personnages, avec de nouveaux problèmes et de nouveaux enjeux. On est en perpétuelle découverte, en perpétuelle surprise. On ne se lasse pas des personnages, on apprend à peine à les aimer que, déjà, il faut les quitter. On a de quoi s'identifier à beaucoup de monde et c'est assez inédit. Même s'il est parfois frustrant de devoir quitter certains personnages.
A comme Aujourd'hui est un roman bouleversant. L'histoire d'amour improbable entre A et Rihannon, et tout ce qu'elle soulève, a de quoi émouvoir. Elle doit faire face à des obstacles particuliers qui la rendent encore plus unique, ainsi on n'a pas l'impression de lire n'importe quel roman d'amour pour adolescents.
A comme Aujourd'hui est un roman philosophique. Avec toutes les questions qu'A se pose, celles que j'ai soulevées un peu plus haut et tout ce que vous remarquerez en le lisant, il a de quoi faire réfléchir. Sur les personnages bien sûr, mais aussi sur vous-même, sur vos choix, sur l'amour et sur la vie en général. Et c'est aussi, à plusieurs reprises, un appel à la tolérance.
A comme Aujourd'hui est un roman jouissif. J'ai ressenti un plaisir de lecture tellement énorme en le lisant que je n'en reviens toujours pas. Terminé il y a une dizaine de jours, je pourrais le relire sans peine dès à présent. Même si la solitude évidente de A est un thème omniprésent du roman, celui-ci a un pouvoir déridant assez prononcé.
A comme Aujourd'hui est un roman époustouflant. Il m'a distrait, enchanté, amusé, bluffé. L'année dernière, je n'avais pas hésité à dire que Chapardeuse de Rebecca Makkai était sans doute l'un des plus beaux romans que j'avais lus. Cette année, c'est au tour de A comme Aujourd'hui de revêtir une couronne de lauriers : c'est l'un des meilleurs romans ado que j'ai lus, si ce n'est le.

« Avant même d'ouvrir les yeux, j'aime Vic. Biologiquement fille, il se sent garçon. Il s'est défini tout seul, comme moi. Il sait qui il veut être. La plupart des jeunes de notre âge ne sont pas confrontés à ce genre de problèmes. Mais quand on tient à vivre en accord avec sa propre vérité, il est nécessaire de partir à sa recherche, processus qui s'avère souvent douloureux au début, puis gratifiant. » page 292

« Je sens les larmes me monter aux yeux, puis couler le long de mes joues. Je ne connais pas l'homme dont ils parlent – je ne connais personne ici. Je ne fais pas partie de leur univers... et je comprends enfin que c'est pour cette raison que je pleure. Parce que je ne fais pas et je ne ferai jamais partie d'une famille, ni d'une communauté. Je le sais depuis longtemps, depuis des années, mais c'est seulement aujourd'hui que cela me frappe de plein fouet. Jamais personne ne pleurera ma disparition. Jamais personne ne me regrettera comme on regrette le grand-père de Marc. Je ne laisserai à personne des souvenirs tels que ceux auxquels je viens d'être confronté. Qui me connaît, qui sait ce que j'ai fait ? Si je disparais, il n'y aura même pas un corps sur lequel se recueillir : pas de funérailles, pas d'enterrement. Si je disparais, nul ne se souviendra de mon passage sur cette terre, si ce n'est Rihannon. » page 309

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Lyonel Trouillot, Parabole du failli, roman, 180 pages, Actes Sud, août 2013, 20 € **

Publié le par Sébastien Almira

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Pedro est un jeune comédien haïtien à qui le succès semble enfin sourire. Mais, en tournée à l'étranger, il se jette du haut d'un immeuble.

Un ami, l'un de ses deux colocataires, tente de comprendre les raisons de ce suicide à travers une vibrante et virulente plaidoirie qu'il adresse au défunt lui-même.

 

Je dois l'avouer de suite : je n'ai pas terminé ce roman. Pourtant, la trame avait de quoi accrocher et l'écriture de Lyonel Trouillot est, ne pesons pas nos mots, magnifiques. Mais j'ai passé le stade où je me forçais à tout finir. Là, j'aimais ce que je lisais, mais je ne ressentais pas l'intérêt de continuer. Tout simplement.

 

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Voici quelques extraits que j'ai eu le temps de noter et qui vous donneront, je l'espère, l'envie de lire cette Parabole du failli et l'envie de revenir me donner votre avis.

 

« Aux vieilles qui s'essoufflaient en grimpant la colline de leurs chaussures d'un autre temps et auxquelles tu offrais quelquefois ton bras, parce que la pente est raide et que ce n'est pas plus mal si les forts aident les faibles. Tu aimais les vieilles autant que les enfants et, toutes fières, avec des sourires de bal de débutantes, elles grimpaient à ton bras cette satanée de colline qui avait épuisé leurs rêves, leurs jambes, leurs amours. Le dernier homme à leur avoir donné le bras avant toi était mort depuis longtemps. Va-t'en-savoir-pourquoi, cette putain de colline est une machine à faire des veuves. » page 14

 

« Tant pis s'ils ne t'écoutaient pas et te tournaient le dos. Tu disais qu'il faut parler aux hommes comme le dos du vent, en retard de vitesse, « à perte », comme dit le poète. « Tout se perd et rien ne vous touche ». Mais rien n'est absolu, éternel, définitif. Pas même la merde. Et, à force de tourner, il arrive que le vent revienne sur ses pas, ramasse de vieux mots, de consignes d'amour autrefois inaudibles, et tout n'est pas perdu. Tu traînais dans la rue ton sac de paraboles, comme l'autre qui n'en finissait pas de dire à sa mère et ses amis, à son père adoptif – un brave type, celui-là, quelle modestie faut-il pour prendre pour épouse la mère d'un enfant né comme au passage du vent –, aux ouvriers et aux comptables, aux pêcheurs et aux érudits : « … en vérité, je vous le dis... » Toi, tu disais : « Les bulletins de nouvelles, c'est de la sauce piquante versée sur le malheur, les infos c'est le pouvoir, inventez des informations à la convenance de vos rêves et vos rêves prendront le pouvoir. » Tu avais beau dire ces choses, nous exhorter à la méfiance quand nous écoutions la radio, le soir où, en écoutant la station étrangère que la femme du camionneur impose à son mari comme une thérapie conjugale, nous avons entendu qu'un garçon de chez nous s'était jeté du douzième étage d'un immeuble d'une grande ville, que les causes de son suicide n'étaient pas connues, nous avons compris qu'entre deux mensonges, les bulletins de nouvelles nous révélaient parfois de tristes vérités. Nous te croyions ailleurs, donnant la comédie. Et voilà que par la voix du présentateur, tu rentrais chez toi, dans notre deux-pièces, comme par effraction, comme la pire des surprises, comme si ton corps s'était brisé là, devant nous, dans la chambre. » pages 15-16

 

« Quand les pauvres se mettent à avoir de la classe et s'expriment comme des chérubins vivant dans les nuages, c'est qu'ils se laissent atteindre par les vices des riches. » page 16

 

« Et, parfois quand on a trop bu, l'un ou l'autre se jette dessus (son matelas) et joue à être toi. Mais, merde, nous n'avons pas ton talent pour être soi-même et les autres. » page 19

 

« C'est toujours sur le dos des autres que l'on développe des amitiés. Le truc, c'est de choisir quels autres. » page 22

 

« Le malheur, c'est comme la copie d'un élève qui a mal appris à la base. On peut juste la noter et constater l'échec. » page 24

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Arnaud Tiercelin, Mon frère est une sorcière, roman à partir de 9 ans, pages, Rouergue, Dacodac, octobre 2013, 7,80 € ***

Publié le par Sébastien Almira

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Arnaud est en CM2 et il adore son maître. Aussi, quand ce dernier disparaît une semaine pour formation et qu’il est remplacé par une certaine Viviane, il n’aime pas du tout ça. Viviane, c’est un prénom de sorcière, lui apprend son frère Hugues, qui vient d'entrer au lycée et qui écoute du rock à fond pour faire ses devoirs parce que ça « déchire la tête et vide l'esprit ».

De jour en jour, Arnaud a de plus en plus peur d’elle, au point de se rendre malade. Son frère lui donne alors des conseils pour démasquer la sorcière, mais ce n'était peut-être pas une bonne idée...

 

« Je me retourne et je vois une grande femme. Je lève les yeux et j’ai l’impression qu’elle touche le ciel. Elle est grande, plus grande que mon maître. Elle a des cheveux longs qui lui tombent dans le dos. Et ils sont tout noirs. Ils brillent alors que le soleil ne brille même pas, lui. Ses yeux sont bleus, très profonds. Et ses ongles sont tous recouverts d’un vernis noir comme si elle avait trempé ses doigts dans du goudron. Elle porte sur son pull un collier avec un pendentif noir qui brille comme une étoile.

Moi ? Rien. J’attends Lucie.

C’est tout ce qui me vient en tête.

Tu es dans quelle classe ?

CM2.

Et comment tu t’appelles ?

Arnaud.

Arnaud ? Tiens, comme mon fils. En plus, il doit avoir à peu près ton âge…

Et tout en souriant, elle replace ses cheveux doucement, comme Monica Bellucci, l’actrice de cinéma.

Puis, je la vois rejoindre les maîtresses et c’est là que je réalise.

C’est elle.

Mme Vernon. Viviane, quoi ! » page 7

 

En plus, il y a Lucie, son amoureuse d'un jour, qui le suit à la trace. Et ça non plus, il n'aime pas trop, Arnaud. Il demande aussi à son frère comment c'est quand on est amoureux :

 

« – Bon, en fait, y a trois signes quand tu es amoureux :

1. Quand la fille est là, t’as mal au ventre.

2. Quand elle est pas là, t’as encore plus mal au ventre.

3. Quand t’es près d’elle, tu parles de la météo, sans savoir pourquoi, juste pour pas qu’il y ait de silence.

(...)

Je n’ai pas mal au ventre, enfin, ça pique juste un peu et je n’ai pas d’amoureuse. Mais il me fait peur avec ses signes. J’ai dit Lucie parce qu’elle est toujours collée à moi. Et elle veut toujours être à côté de moi dans le rang et me demande toujours si je l’aime.

Mais ce n’est plus mon amoureuse.

Bon, il y a eu le voyage en Dordogne mais notre histoire n’a duré que sept heures vingt-deux minutes et trois secondes.

Ça compte comme histoire d’amour, ça ? » (pages 16-17)

 

C'est un roman drôle autour d’un garçon de dix ans qui se laisse emporter par ses peurs, sa trop grande imagination et celle de son frère ! C'est mignon tout plein et c'est très bien adapté à la tranche d'âge qui correspond (9-12 ans), ce qui n'est pas toujours le cas niveau vocabulaire et manière de s'exprimer dans les romans jeunesse pour cet âge.

 

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Allez, un dernier pour la route :

« La sonnerie retentit et j’avance péniblement jusqu’au rang. Et puis, on m’attrape par le bras ! Je fais un bond de quatre mètres.

Je sens une respiration, on dirait un fauve. Je ferme les yeux.

On me secoue par la manche, je bouche mes oreilles, je ne veux rien entendre.

On me tient encore plus fort !

Alors, je dresse à toute vitesse dans ma tête la liste de mes ennemis possibles.

 

Est-ce que ça pourrait être Guillaume ?

C’est vrai qu’une fois j’ai osé lui dire que je trouvais sa copine Joanna super belle.

 

Est-ce que c’est Nicolas ?

C’est vrai que je n’arrête pas de lui dire qu’il est aussi con que son con de père qui est aussi le maire de notre ville. (Je sais qu’il est con son père, c’est mon père qui n’arrête pas de le dire lorsqu’il lit le journal.)

 

Et si c’était Jonathan ?

C’est vrai qu’une fois je l’ai traité de pauvre parce qu’il avait des baskets trouées, tellement foutues qu’on voyait ses chaussettes au bout.

Alors, qui ?

Guillaume, Nicolas ou Jonathan ? » page 7

 

 

Merci à Adèle Leproux des éditions du Rouergue pour ce livre !

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Cécile Coulon, Le rire du grand blessé, roman, 130 pages, Viviane Hamy, août 2013, 17 € *****

Publié le par Sébastien Almira

 

cécile coulon le rire du grand blessé

 

Pourquoi avoir attendu autant de temps ? Parce que j'attendais un SP promis par la maison d'édition. Parce que j'avais pas mal d'autres romans de la rentrée à la maison. Parce que je suis finalement allé l'acheter. Parce que je l'ai lu il y a presque un mois et que je suis toujours en retard.

Alors j'ai dû me farcir deux mois de rentrée adulte passable, voire mauvaise, avant de lire ça.

Alors vous avez dû vous farcir deux mois de rentrée passable, voire mauvaise, sur mon blog.

Mais ne vous inquiétez plus, Cécile Coulon est arrivée, et vous n'allez pas être déçus.

 

Le rire du grand blessé nous plonge dans un futur où la littérature est calibrée selon des règles très précises :

- Les Livres Terreur, Livres Frisson, Livres Chagrin, Livres Fous Rires, Livres Tendresse et Livres Amour de 110 pages maximum sont fabriqués dans des Maisons de Mots étatisées par des Écriveurs. 

- Des Manifestations à Hauts Risques sont régulièrement organisées dans des stades où un Liseur (véritable star) lit une nouveauté devant des dizaines de milliers de personnes qui ont acheté leur place à prix d'or. 

- Des agents sont recrutés dans les campagnes. Illettrés, ils sont chargés d'assurer la sécurité lors des Lectures Publiques, dangereuses à cause de l'état de transe des spectateurs développé lors de la Lecture.

 

« Les mots du Liseur retentissaient, creusaient leurs sillons dans les mémoires, attaquaient tympans, nuques, bras et jambes. Bouches et paupières tremblaient. Les brûlures intérieures de vingt mille personnes se réveillaient, la cavalerie du premier chapitre chargeait à bride rompue, lacérait la mémoire comme un coup de couteau dans un vieil oreiller.

Pendant ces matchs-là, pas de mi-temps : aux deux tiers de la Lecture, certains tombaient, an »antis par tant d'étreintes imaginées. L'artillerie des mots tirait contre les parois crâniennes ; le Liseur rechargeait d'un coup sec, une nouvelle rafale s'ensuivait. Aucun répit. Impossible de se relever. Sombrer dans le piège du spectacle, c'était ce qu'ils espéraient. Ils suppliaient : Prenez-moi en otage, mais que nul ne braque un revolver contre ma tempe, simplement un des derniers Livres imprimés. Réveillez ce qui dort en moi, que je sente mes entrailles rebondir. Des milliers de personnes excitées comme des chiens le jour de l'ouverture de la chasse. » page 16

 

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Véritable critique de la société, le roman est parsemé de piques plus ou moins déguisées.

Les enfants de la campagne, des banlieues ne sont bons qu'à travailler, ils « aimaient leurs parents parce qu'ils les nourrissaient, les parents aimaient leurs gosses parce qu'ils travaillaient plus vite et fournissaient davantage de nourriture. Tout ce monde était doté d'une logique imparable. On ne leur avait pas appris à lire, mais à agir vite et bien. (…) Ils n'avaient peur de rien, on avait peur d'eux. En secret, les marmots rêvaient de prendre la galopante. (…) Rien ne pouvait les sortir de leur cave humide où s'entassaient des bocaux de nourriture pour les périodes de vaches maigres. Ils en étaient conscients. Rien n'y faisait. Rien, sauf l'uniforme des Agents du Service National. » pages 24-25

« Certains candidats arrivaient des zones urbaines dites sensibles, très éloignées des centres-villes aux immenses colonnes de vitres et de fer, derrière lesquelles se cachaient des informaticiens grassouillet et des cadres aux crinières parfaitement laquées. (…) Des étrangers tentaient également leur chance : ils débarquaient de terres lointaines, parfois exotiques, souvent dévastées, à la recherche d'un avenir meilleur. (…) l'argent, le pouvoir qu'on lui avait octroyés en contrepartie de son ignorance. » page 25

« En général, le luxe offert tuait en eux toute velléité de conquête, ou de révolte. La curiosité s'évaporait, remplacée par la certitude d'avoir trouvé une place. » page 33

 

Voilà comment on recrutait et tenait les Agents du Service National. Leur ignorance, leur obéissance et leur aveuglement en échange d'une vie d'argent, de luxe et de sexe.

Dans ce monde réglementé au millimètre, on suit l'Agent 1075, le plus fort, le plus doué, le plus obéissant, le plus respecté. Un modèle. Mais, blessé et contraint de passer trop de temps à son goût à l'hôpital, sa vision des choses est en passe de changer.

 

Roman d'anticipation étonnant, par sa faible longueur, par son sujet (la littérature déchaîne plus de passion que le football?!), par sa maîtrise (en plus, l'auteure est plus jeune que moi...), Le rire du grand blessé m'a profondément marqué. Le sujet ne pouvait que me plaire, la maîtrise m'a impressionné et j'ai été emporté dans ce court chef d’œuvre, nourri par l'angoisse, la fébrilité, l'addiction qu'il dégage. En plus d'un talent indéniable pour l'écriture, Cécile Coulon semble avoir de l'imagination (supposition car je n'ai lu que celui-ci pour le moment, mais on m'a vivement conseillé Le roi n'a pas sommeil) et ne se perd pas en chemin. Ce qui fait de ce petit livre un Grand Livre. Un Livre Frisson, un Livre Réflexion et, surtout, un Livre Plaisir !

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Le cinéma de septembre 2013 (Grand Central / Roméos / Ilo Ilo / Magic Magic / Rock the Casbah / Jeune et jolie)

Publié le par Sébastien Almira

20534616_20130702111026946.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q.jpgGrand Central, de Rebecca Zlotowski, 1h30 ***

Tahar Rahim (Gary) et Léa Seydoux (Karole) sont les personnages principaux de ce drame qui a lieu dans une centrale nucléaire. S'intéressant à la vie et au travail des gens d'en bas dans la centrale de Tricastin (les plans dans la centrale sont tournés dans une centrale jamais mise en activité dans la banlieue de Vienne en Autriche), la réalisatrice propose un drame sentimental original, quasi explosif par son univers puisque la centrale devient un des héros du film. L'ombre menaçante de la centrale grandit en même temps que l'amour impossible entre Gary et Karole. La confusion des sentiments sous un angle très particulier, filmé au plus près des acteurs.

 

 

romeos-affiche.jpgRoméos, de Sabine Bernardi, 1h30 ****

En Allemagne, le timide Lukas commence son service civil au même endroit que sa meilleure amie, Ine. À 20 ans, il découvre la vie nocturne, la scène gay de Cologue et l'attirance pour Fabio. Fabio, le bogosse de service, effronté et sûr de lui, qui sort avec des filles blondes à grosse poitrine devant sa famille italienne et les amis machos avec qui il joue au billard, et qui passe ses nuits en boîte gay à draguer les minets. Mais Lukas est transgenre, une fille en train de devenir un garçon.

Un très beau film sur le passage à l'âge adulte, sur l'amitié, l'amour, la sexualité, le trouble identitaire et l'attraction quasi impossible de deux gars complètement différents.

 

 

affiche-francaise-ilo-ilo_5201802811ae5.jpgIlo Ilo, de Anthony Chen, 1h35 ****

A Singapour, Jiale, jeune garçon turbulent vit avec ses parents. Les rapports familiaux sont tendus et la mère, dépassée par son fils, décide d’embaucher Teresa, une jeune Philippine. Teresa est vite confrontée à l’indomptable Jiale, et la crise financière asiatique de 1997 commence à sévir dans toute la région.

On s'attache très vite à ce garçon difficile et sa relation avec Teresa, souvent dans les non-dit, est très forte. La crise financière va irrémédiablement chambouler leur quotidien et Anthony Chen, Caméra d'Or à Cannes pour ce film, signe un film bouleversant, un final déchirant, souvent dans la retenue, ce qui rend le propos encore plus beau.

 

 

affiche-magic.jpgMagic Magic, de Sebastiàn Silva, 1h35 *

Pendant ses vacances au Chili, Alicia, une jeune américaine réservée, se retrouve embarquée par sa cousine Sara et sa bande d'amis sur une île isolée. Personne ne fait vraiment d'effort pour intégrer Alicia. Elle se replie de plus en plus sur elle-même et commence à perdre peu à peu ses facultés mentales sans que le groupe n’y prenne garde.

Assez perturbant, voire flippant (pas seulement au niveau des images), Magic Magic n'est pas un film facile à regarder. Je ne saurais pas dire s'il est mauvais (sauf pour la fin, complètement aberrante), mais je n'ai pas du tout aimé le scénario, l'univers, les personnages... Le but étant certainement de déranger le spectateur, c'est parfaitement réussi avec moi.

 

 

21020779_20130718120418237.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q.jpgRock the Casbah, de Laïla Marrakchi, 1h35 ****

Un été à Tanger, une famille se réunit trois jours pour les funérailles du patriarche. Mais Moulay Hassan n'a laissé derrière lui que des femmes et ça va déménager ! Entre celle qui a laissé sa famille pour devenir actrice à Hollywood, celle qui se fait refaire les seins pour faire remarquer, la prof et sa vie trop sage, celle qui s'est suicidé pour des raisons inconnues, la mère qui tente par tous les moyens de donner une belle image de son défunt mari et la grand-mère accro au maquillage et aux fringues de marque, c'est parti pour trois jours de règlement de comptes, de rires, de larmes et d'hystérie collective qui gagne peu à peu le spectateur !

J'ai pris beaucoup de plaisir à voir ce film et ses géniales actrices ; j'espère qu'il en sera ainsi pour vous si vous me suivez ! Et prenez garde, Rock the Casbah donne furieusement envie de se goinfrer de couscous !

 

 

21005923_2013051510325393.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_.jpgJeune et jolie, de François Ozon, 1h30 ****

Pour interpréter le rôle phare de son nouveau long-métrage, François Ozon a choisi l'inconnue marine Vatch. Elle joue une étudiante terriblement sexy de 17 ans qui se prostitue. Elle n'est pourtant pas dans le besoin et c'est qu'on essaiera de décrypter : quelles sont les raisons qui pousse cette jeune et jolie fille à se prostituer alors qu'elle a de l'argent et un petit copain ?

Comme souvent chez Ozon, je sors du film en me disant que ce n'est peut-être pas un chef d’œuvre, mais qu'il y a indéniablement quelque chose. La patte du réalisateur, bien sûr. Mais aussi quelque chose d'hypnotique, de particulier, dans ses films. Quelque chose qui frôle la perfection. Un grand film, en tout cas, et la découverte d'une actrice à suivre de près (pas trop, les gars, hein !).

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Lucy Robinson, La plus belle histoire d'amour, roman traduit de l'anglais par Fabienne Gondrand, 470 pages, JC Lattès, septembre 2013, 12,50 € °

Publié le par Sébastien Almira

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C'est toujours difficile de descendre un livre qui vous a été gracieusement envoyé par l'éditeur. Surtout lorsque l'on vous a en plus gentiment glissé un deuxième livre, non demandé (Le Garçon qui voyait des démons...). Encore plus quand vous n'avez pas fini le dit-livre. Que vous n'avez pas pu, plutôt, car vous avez essayé mais c'était vraiment au-dessus de vos forces.

 

Il faut dire que vous avez été alléché dans un moment de faiblesse par un spitch plutôt sympathique et très léger. Vous pensiez que vous ririez un bon coup en vous détendant au milieu d'une floppée de romans plutôt sérieux.

 

« Fran a décroché un boulot de rêve. Son petit ami, Michael, est bourré de talent et terriblement séduisant. Et ce soir, pour ses trente ans, il l'emmène au Ritz. Dans sa poche, un écrin...

Mais rien ne se déroule comme prévu. À la fin de la soirée, Fran se retrouve au fond de son lit en compagnie d'un mauvais cognac et d'une vieille chaussette de Michael. »

Alors qu'elle vit recluse chez elle en buvant du Gin tous les soirs, ses amis décident de la sortir de cette torpeur en lui organisant huit rencards en quelques semaines, pour le meilleur, pour le pire et peut-être pour la plus belle histoire d'amour.

 

Bon, je sens que je n'ai pas convaincu grand monde avec le résumé, que vous ne comprenez toujours pas pourquoi j'ai flanché et demandé, de mon plein grès, ce livre. Tout simplement, ça avait l'air frais, drôle, léger. Le truc qui prend pas la tête et qui peut être un bon livre, avec un peu de chance ! Et un bon écrivain derrière.

 

Le premier problème (et de taille), c'est qu'il semble n'y avoir personne derrière. Il y a un manque de maîtrise assez effrayant, le style et l'humour sont affligeants tellement c'est facile et bas de gamme, et heureusement que le ridicule ne tue pas :

« Oh, Frances, bonjour. As-tu bu le jus d'herbe comme je te l'ai conzeillé ?

Non, ça avait un goût de merde. » Page 22

« Mais Léonie ne l'entendait pas de cette oreille : Fran, tu ne quitteras pas le Kosovo tant que ce Michael n'aura pas mis son dard dans ta ruche. » page 41

« Il avait eu un chien du nom de Trompette ! Et un autre baptisé Alan ! Ce mec était parfait ! Je claquai la porte derrière moi et m'éloignai en direction du précipice, mon cœur cognant comme un caisson de basse. Reste calme, implorai-je. Je contemplai la ville sans bouger, tremblant violemment, mais pas à cause de la nuit glaciale. » page 46

 

Le second problème, c'est qu'on passe beaucoup trop de temps à découvrir comment Fran et Michael se sont rencontrés et à vivre leur histoire d'amour. Et je n'ai trouvé ça ni drôle, ni intéressant. Le peu d'intérêt que j'avais trouvé au livre avant de l'avoir avait instantanément disparu au moment où je l'ai reçu (que j'ai vu la couverture : le macaron 12,50 € collé à côté d'une fille en collants et tee-shirt rayés qui regarde d'un air rêveur un chat noir confortablement affalé au dessus de la phrase d'accroche « Comment un chat diabolique, une bouteille de gin et des rencontres impossibles peuvent tout changer »), puis au moment où je l'ai commencé.

 

Vous comprendrez aisément que je n'avais pas tant envie que ça de me taper leur super histoire d'amour pas drôle avant de découvrir si les huit rencards empliraient ma vie de rires et de joies. D'autant qu'il y avait quand même pas mal de pages à se farcir.

Non, j'ai préféré regarder Mr Bean.

 

 

Si vous souhaitez lire deux avis contraires au mien :

Chez Totally Brune

Chez Unwalkers

 


Merci toutefois au éditions JC Lattès pour l'envoi de ce livre. Et désolé de cette contre-pub.

Mais, en même temps, si les éditeurs arrêtaient de courir après le fric pour se concentrer sur des livres de qualité...

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Retour de vacances

Publié le par Sébastien Almira

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Après des petites vacances au soleil salvatrices, me voici de retour sur le blog, entre la grisaille parisienne et quelques éclaircies littéraires.

 

Dans les prochains articles, vous découvrirez notamment mon premier coup de coeur de la rentrée adulte (Cécile Coulon, Le rire du grand blessé, chez Viviane Hamy), ainsi qu'un nouveau coup de coeur de la rentrée jeunesse (David Lévithan, A comme Aujourd'hui, chez Les Grandes Personnes).

Je vous parlerai un peu de cinéma aussi, mai je ne vous ferai pas de chronique sur le nouvel album de Cher, ce serait un peu kitsh (comme l'album, qui est néanmoins terriblement efficace et qui rappelle pas mal de souvenirs !).

 

 

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