Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

A star is born, 2h15, de et avec Bradley Cooper, avec Lady Gaga ****

Publié le par Sébastien Almira

A star is born, 2h15, de et avec Bradley Cooper, avec Lady Gaga ****

Autre film événement de la rentrée avec Bohemian Rhapsodie, autre film musical, A star is born raconte la chute d'une star de country-rock et l'envolée simultanée de l'inconnue qu'il prend sous son aile.

Pour sa première réalisation, Bradley Cooper s'attaque à un film de 1937 déjà revisité deux fois. Pour l'occasion, il a co-écrit le scénario et une partie des chansons (avec Lady Gaga et Lukas Nelson, fils de Willie Nelson), pris des cours de chant, de piano et de guitare pendant six mois. Les scènes musicales ont été tournées en live pour que l'atmosphère et la scène soient le plus crédibles possible.
En offrant le rôle principal féminin à Lady Gaga, il donne au film une force et une sensibilité incroyables. Car si le scénario n'a pas grand chose d'original aujourd'hui, c'est leur duo magistral qui empêche le film d'être une énième fable hollywoodienne sur la rançon du succès et les jalousies dans le showbiz.

Si le film pêche par son originalité (en même temps, il s'agit d'un remake), il convient de saluer l’implication de Bradley Copper à tous les niveaux pour que le résultat soit le plus crédible possible et le duo sensationnel (tant en jouant qu'en chantant) qu'il forme avec Lady Gaga.
 

Voir les commentaires

Luke Rhinehart, Invasion, roman traduit de l'anglais (États-Unis) par Francis Guévremont, 520 pages, Aux Forges de Vulcain, septembre 2018, 22€ **

Publié le par Sébastien Almira

Luke Rhinehart, Invasion, roman traduit de l'anglais (États-Unis) par Francis Guévremont, 520 pages, Aux Forges de Vulcain, septembre 2018, 22€ **

L'auteur du roman culte L'Homme Dé (collection Replay chez L'Olivier) a écrit quelques romans pas encore traduits en français. Les éditions Aux forges de Vulcain mettent le paquet en cette rentrée sur l'un d'eux : Invasion. Mais.

L'histoire ? Des ballons de plages à poils font leur apparition un peu partout sur Terre. Le premier que l'on rencontre saute sur le bateau de pêche de ce bon vieux Billy Morton. Soixante-dix ans, marié à une avocate sexy, père de deux jeunes garçons, Billy en a vu un paquet, rebelle dans l'âme il a fait de la prison lorsqu'il était jeune. C'est le genre de gars à qui on la fait pas, il s'en cogne de tout sauf de sa famille. C'est le bon pote à qui faut pas chercher des noises.
Donc c'est sur son bateau que le premier Protéen, que l'on surnommera les PP, débarque. Un extra-terrestre qui n'a de cesse de vouloir s'amuser.
Il y en a de plus en plus, les enfants du monde entier sont super contents. Mais les gouvernements se rendent compte qu'ils ne sont pas si inoffensifs qu'ils en ont l'air : ils piratent leurs systèmes de sécurité, volent aux banques et aux multinationales pour redistribuer ailleurs sans que l'on sache rien de leur but.

À partir de là, le roman devient une course poursuite entre les autorités américaines et les PP. Billy et sa famille sont embarqués dans des aventures peu communes et bien entendu pleines de rebondissements.
L'auteur en profite pour faire de son roman un manifeste anti-capitaliste, anti-politique, anti-riches, anti-ennui, anti-tout-ce-qui-est-chiant-sérieux-et-riche.
C'est fun, c'est drôle, c'est haletant. Il y de l'idée, et il y a de quoi dire.

Mais.

Mais malgré de belles idées, le plaidoyer est enfantin et bateau, plein de clichés et vas-y que j'arrive avec mes gros sabots.
Mais c'est traduit avec les pieds. À moins que ce ne soit écrit avec les mêmes sabots à l'origine.
Mais, en plus du travail de traduction, le travail d'édition a été complètement bâclé. Je pense n'avoir jamais lu de livre avec autant de coquilles. Des fautes de frappe, des fautes d'orthographe, des oublies de mots en veux-tu en voilà...
Mais en plus, ça se termine comme je déteste : en eau de boudin.

En somme : 22€ pour un auteur, un traducteur, un correcteur et un éditeur fatigués, ça fait mal au cul.

Voir les commentaires

Bohemian Rhapsodie, 2h15, de Bryan Singer, avec Rami Malek, Gwilym Lee, Ben Hardy et Joseph Marzello ****

Publié le par Sébastien Almira

Bohemian Rhapsodie, 2h15, de Bryan Singer, avec Rami Malek, Gwilym Lee, Ben Hardy et Joseph Marzello ****

La réalisation de ce projet a été semée d'embûches. Changement d'acteur principal, réalisateur aux abonnés absents remplacé sur les deux dernières semaines de tournage, inexactitudes dans le scénario, attente interminable de la bande-annonce et du film : mais le biopic du groupe légendaire est enfin là.
Comme pas mal de monde je pense, j'aime Queen sans être un inconditionnel et ne connait de leur répertoire que les tubes matraqués en radio. J'ai pourtant les deux volumes de Greatest Hits, que j'écoute enfin ce matin !

Mais les échos et la bande-annonce m'ont donné envie de voir le film. C'est chose faîte.
Sans m'être renseigné sur leur véritable histoire avant, j'ai vu Bohemian Rhapsodie en toute naïveté. Rami Malek s'est surpassé pour incarner Freddy Mercury, les autres membres du groupe sont également convaincants, le scénario et les dialogues roulent comme sur des roulettes. Il y a de l'émotion, de l'humour, de la rage, de la douceur : on est plongé dans l'histoire de la bande de leurs débuts timides jusqu'au concert Live Aid avec fébrilité et passion. Et il y a bien entendu une bande son incroyable : des a capella, des riffs, des tentatives ou des titres entiers. Un public qui reste jusqu'à la fin du générique et même des applaudissements dans la salle (cinéma de zone commerciale).
Tout tient parfaitement.

Mais une fois renseigné sur leur véritable histoire, on voit les erreurs, les arrangements, les vengeances. La partie du film qui provoque au spectateur le plus d'agacement (envers un personnage en particulier), le plus de peur, le plus d'envie que tout s'arrange, a apparemment été montée de toute pièce par les deux membres du groupe ayant participé au film.

Bohemian Rhapsodie est un grand film mais un mauvais biopic.

Voir les commentaires

Jain, Souldier, 10 titres, août 2018 ****

Publié le par Sébastien Almira

Jain, Souldier, 10 titres, août 2018 ****

Baladée un peu partout dans le monde par son père et sa carrière de pétrolier, Jain découvre les percussions arabes à Dubaï, la batterie synthétique au Congo-Brazzaville. Des influences que l'on retrouve dans le superbe premier album, Zanaka, sorti en 2015 et vendu à plus de 650 000 exemplaires dont 200 000 à l'étranger. Après  la Victoire de l'artiste féminine et les tubes Come et Makeba, Jain est attendue au tournant. "Là où la pression me rattrape aussi, c'est quand les gens me demandent : 'Alors c'est quand le prochain Makeba ?' Je sais que c'est inévitable, mais ce n'est pas ce qui m'intéresse. Moi je voulais vraiment faire d'autres choses."

Plus électronique, le successeur de Zanaka est toujours empreint de pop et d'influences étrangères dont elle parsème ses chansons.  Les mélodies sont accrocheuses, l'ensemble peut-être moins mélancolique, plus fun.
Si le premier extrait, Alright, ne vous a pas emballé ou, pire, vous a agacé à cause de son air répétitif, découvrez tout de même le reste de l'album, vous ne serez pas déçu du voyage ! Clin d’œil à l'Inspecteur Gadget sur Inspecta ou encore à Mario sur Star, l'auteure-compositrice-interprète s'amuse à n'en pas douter sur ce second opus, ça se ressent et c'est très agréable à écouter.

Véritable révélation scène, Jain repart en tournée en mars 2019. Après 200 représentations pour Zanaka, elle affirme "Ce qui est sûr c'est qu'à un moment je m'éclipserai de la scène. Je ne compte pas chanter jusqu'à 50 ans. Les tournées sont longues, c'est fatigant. Moi ce qui m'intéresse, c'est de produire et réaliser pour les autres. C'est passionnant de prendre un artiste sous son aile. Et il y a tellement peu de femmes qui le font. Ce serait une trajectoire rêvée."

En attendant, plongez dans l'univers unique de Jain et découvrez l'essai réussi du deuxième album !

Voir les commentaires

Muse, Simulation Theory, novembre 2018 *

Publié le par Sébastien Almira

Muse, Simulation Theory, novembre 2018 *

Nul besoin de présenter Muse dont le neuvième album studio est sorti hier. Le groupe a conquis depuis 1999 toute une génération de jeunes rock addict avec un savant mélange de pop et de rock saupoudré d'un soupçon de musique électronique.
Depuis quelques albums (The Resistance en 2010), le trio tourne en rond et propose sempiternellement les mêmes envolées lyriques sur du rock de plus en plus électronique. J'ai fini par lâcher, comme pas mal de monde. Qu'en est-il de ce nouvel album à la pochette commandée à l'homme derrière celle de la série Stranger Things, revival futuriste des années 80 ?

Pas de nouveauté à l'horizon, Matthew Bellamy, Christopher Wolstenholme et Dominic Howard n'entendent pas se renouveler. Si quelques titres, comme Thought Contagion ou The Void, sont sympathiques, tout est caricature. Something Human, The Dark Side et Blockades en tête. Avec ça, facile de faire un medley sans en avoir l'air sur scène !
Si l'on rajoute Get up and fight que n'importe quel groupe de pop-rock adolescent des années 2000 aurait pu chanter, quelques cris en prime, et les insupportables Propaganda et Break it to me, la soupe servie par Muse n'a rien pour reconquérir les anciens fans.

Le groupe semble se faire plaisir dans un délire musical qui les projette de plus en plus loin dans la galaxie, de plus en plus loin de Origin of Simmetry (2001) ou Black Holes and Revelations (2006), de plus en plus loin de nous. Simulation Theory est un album éminemment caricatural, composé d'une avalanche de surenchères, dont la critique dans les Inrocks (ici) m'a bien fait rire.
Muse est trop occupé à se regarder le nombril pour devenir ce qu'il était en passe de devenir : un groupe légendaire.

Voir les commentaires