Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Tahar Ben Jelloun, L'insomnie, roman, 260 pages, Gallimard, janvier 2019, 20€ *

Publié le par Sébastien Almira

Tahar Ben Jelloun, L'insomnie, roman, 260 pages, Gallimard, janvier 2019, 20€ *

De Tahar Ben Jelloun, j'avais lu Partir il y a quelques années, que j'avais trouvé plutôt bon.
De Tahar Ben Jelloun, je sais qu'il est membre de l'Académie Goncourt, qu'il est publié à la prestigieuse collection Blanche chez Gallimard depuis des années.

De Tahar Ben Jelloun, je sais qu'on parle d'un grand écrivain.

Quelle n'a pas été ma surprise en débutant ma lecture de L'insomnie.
Le scénario m'a attiré dès que la représentante Gallimard m'en a parlé, ce que je savais de lui a fait le reste.

Grand insomniaque, un scénariste de Tanger découvre que pour enfin bien dormir il lui faut tuer quelqu'un. Sa mère sera sa première victime. Hélas, avec le temps, l'effet s'estompe... Il doit récidiver. Plus la prise est grosse, meilleur est le sommeil. Mais jusqu'où aller ?
Un temps, le scénario tient la route, on se demande ce qui se passera au prochain chapitre. Sans aller jusqu'à parler de suspense insoutenable, on veut connaître la suite, la fin. Ce n'est pas des plus original, mais pour un roman « décalé » par un auteur censé être plutôt « classique », ça commence bien.

Ma surprise vient d'ailleurs.

« Le Pointeur était inattaquable (1) DANS LA MESURE OÙ il ne forçait personne à venir chez lui. Ce petit mec, maigre et obséquieux, s'arrangeait pour demeurer hors d'atteinte (2). Seul mon frère avait osé poursuivre en justice ce pervers qui, on allait le découvrir, était protégé (3) par la police parce qu'il la renseignait sur certains opposants politiques au régime de Hassan II. Sa plainte avait vite été classée malgré les efforts d'un avocat sérieux, qui avait dû renoncer tant le Pointeur était un indic intouchable du régime (4). » page 25
J'espère que vous avez bien compris combien le Pointeur était inattaquable, hors d'atteinte, protégé et intouchable. Sinon, Tahar Ben Jelloun vous passe un coup de fil et il vous le répète. Et si besoin vous laissez votre adresse et votre mail, il vous refera un point.
« DANS LA MESURE OÙ » : mais quel auteur de littérature doté d'un sens un minimum aiguisé de la langue française, de sa beauté, peut utiliser cette expression sans jeter son manuscrit à la poubelle ? Mes yeux en saignent. J'en fais trop ? Au temps pour moi, je me laisse influencer par sa poésie transcendante que vous pourrez lire quelques lignes plus bas.

« Il a poussé un cri que j'ai vite étouffé avec un tissu que j'ai enfoui dans sa bouche » page 28
Là, c'est pareil, il convenait de préciser que le scénariste avait enfoncé le tissu dans la bouche au cas où vous pensiez que l'on pouvait étouffer un cri en enfonçant un tissus dans la poche ou dans les fesses de la victime.
De plus, vous remarquez la lourdeur de la phrase avec toutes ses propositions en un minimum de mots. Tantôt c'est lourd, tantôt c'est académique, scolaire, banal. Sujet verbe complément, adverbe parfois.

« Nuits blanches, nuits sèches, sans rêves, sans cauchemars, sans aventures. Nuits tristes. Nuits étroites, étriquées, réduites à quelque souffrance. Nuits inutiles, sans intérêt, sans saveur. Nuits à oublier, à jeter dans la poubelle. Nuits sans vergogne. Nuits de bandits, de truands, de salauds. Nuits sales, perverses, hideuses. Nuits indignes du jour, du soleil, de la lumière et de la beauté du monde. » pages 36-37
Et tantôt, il en fait trop. La quatrième de couverture annonce un écrivain, un poète, un peintre. Cette successions de nuits n'a rien de poétique, c'est lourd, pauvre, « inutile, sans intérêt, sans saveur », pour reprendre ses mots.

Certaines scènes sont proches du ridicule, comme celle où le scénariste tue un baron de la drogue sur son propre yacht avant que les gardes armés ne le laissent partir sans rien dire.
Comme celle du comptage de points crédits sommeil. Page 84, il estime avoir gagné 72 mois de sommeil, 6 ans de tranquillité, en faisant un calcul précis. Sans que l'on sache combien de temps a passé entre le début du roman et ce décompte, ni entre ce décompte et la page 94 où :
« Sur le chemin du retour, je recomptais machinalement mes points crédits sommeil quand j'ai découvert avec horreur que j'en avais perdu énormément. Comment et quand cela avait-il pu se produire ? Aucune idée. Un vol, une absence, une négligence ? (mon dieu, quel suspense ! ndlr) Je me sentais comme victime d'un cambriolage. (…) Quelque chose n'allait pas.
Arrivé chez moi, je suis parti me mettre au lit immédiatement (phrase exquise, ndlr). J'ai essayé de m'assoupir, mais rien. Mes points avaient réellement tous disparu. Pour quelle raison ? Leur date de péremption était-elle dépassée ? »
Comment ne pas saisir le ridicule de ce passage ?
On est toujours « le lendemain », « quelques jours après », on ne sait jamais bien où en est la temporalité du roman. On sait seulement que cela fait un an que son acolyte Tony est parti, mais Tony est parti page 67, donc moins d'un an après les fabuleuses nuits de sommeil comptées, le héros n'a plus de points crédits sommeil ! Pire ! Il aurait été cambriolé, on lui aurait volé ses nuits !
Sérieusement ?


Donc nous allons procéder comme ce grand écrivain : de manière très scolaire, jusqu'à ce que ça rentre, et avec des mots simples, des tournures de phrases simples, des phrases courtes.

1/ Je sais désormais que Tahar Ben Jelloun écrit comme un élève de troisième. De ceux qui ne font pas de faute, certes, mais comme un collégien quand même : le plus simplement possible.
2/ Je sais désormais que Tahar Ben Jelloun ne se relit pas, que Gallimard ne corrige pas son texte (à moins que le grand écrivain refuse qu'on touche à ses écrits), que les lourdeurs et les répétitions sont laissées là par tous les lecteurs, relecteurs, correcteurs, éditeurs, du texte.
3/ Je sais désormais que Tahar Ben Jelloun n'a pas peur du ridicule. À moins qu'il ne pense que personne ne s'en rendra compte, ce qui m'amène au dernier point.
4/ Je sais désormais que Tahar Ben Jelloun se permet de prendre ses lecteurs (qui payent 20€) pour des imbéciles.

Voir les commentaires

Philippe Besson, Un certain Paul Darrigrand, roman, 210 pages, Julliard, janvier 2019, ***

Publié le par Sébastien Almira

Philippe Besson, Un certain Paul Darrigrand, roman, 210 pages, Julliard, janvier 2019, ***

« Pendant longtemps, cette escapade m'apparaîtra comme la preuve que la jeunesse pouvait bel et bien exister, je veux ce qu'on associe généralement à la jeunesse : la désinvolture, l'énergie, l'affranchissement, le goût d'être ensemble, l'envie de la fête. Avant cela, au fond, je n'aurai jamais véritablement connu pareilles sensations. Après, il sera trop tard. Après, ce seront les choses sérieuses. » page 25

Après la réussite littéraire, critique et commerciale de Arrête avec tes mensonges qui racontait sa première histoire d'amour avec un garçon alors qu'ils étaient lycéens à Barbezieux (critique), Philippe Besson récidive. Cette fois, il s'agit encore d'une histoire d'amour contrariée, mais pendant ses études supérieures à Bordeaux.


Il suffit d'un regard dans un couloir pour que Paul s'incruste à sa table, demandant carrément à quelqu'un de lui céder sa place, et dans sa vie, tel un parasite, belle entrée d'ailleurs. Mais on le connaît bien le petit Philippe maintenant : ça n'a même pas encore commencé que l'on devine une fin terrible. Et pour cause, Paul est marié. À une femme.
C'est également le récit de ses études, de sa maladie évoquée de façon romancée dans Son frère, de l'indépendance, des premières vacances entre amis, des premiers verres et des premières conneries alors que débarque le Sida.

Si Arrête avec tes mensonges m'avait bouleversé, serré le cœur, fait pleurer jusqu'au milieu de la nuit (je l'avais lu d'une traite, après une longue soirée), je peux vous dire directement que le fameux Paul Darrigrand ne lui arrive pas à la cheville.
Entendons-nous bien, c'est un bon roman, dans la lignée du précédent, qui fera certainement pleurer à nouveau les lecteurs et les lectrices de Philippe Besson, mais c'est moins beau, moins puissant, moins spontané. On croirait presque à une commande de l'éditeur.
« Salut Philippe, tu vas bien ? Ton roman, là, l'histoire d'amour qui a merdé, ça marche fort dis donc ! Si, si, je te jure, c'est ton roman le plus vendu ! Ouais. Ouais. Oui, oui, très émouvant... oui... Du coup, je me disait, on se disait avec Mireille, tu... tu n'en aurais pas une autre dans le genre d'histoire. À raconter. Un amour impossible avec un garçon dans ta jeunesse, tu as bien dû en avoir d'autres non ? Oui ?! Ah super ! Ben voilà, fais-nous ça, parce que ton bouquin sur Macron là, faudrait pas perdre tous les homos qui en route quoi ! Tu sais pas ? Bon écoute, pars une semaine à L.A., tu mets ça sur notre compte, et réfléchis-y ! »

Et Paul Darrigrand a resurgi du passé.

J'avais trouvé à Arrête avec tes mensonges quelque chose de très émouvant, d'assez universel aussi, de déchirant certes mais de magnifique. Je n'ai pas l'impression que nouveau faux roman plaira autant. Ce n'est pas la même histoire, la même époque (ses années d'étudiant sont plus folles que celles de lycéen), la même géographie (en plus j'ai également fait mes études à Bordeaux), le même contexte sentimental (triangle amoureux), mais ça sent le réchauffé.
Sans doute n'y aurait-il pas eu un premier roman autobiographique, j'aurais plus apprécié celui-ci, parce que c'est beau, touchant, parfois déchirant aussi, c'est prenant, on veut connaître la suite, Philippe Besson a encore ce talent de raconter des amours impossibles, bancales, bouleversantes.

 

 

Voir les commentaires

Le meilleur de 2018

Publié le par Sébastien Almira

Le meilleur de 2018

La reprise du blog signifie également la reprise de quelque chose que j'adore faire : des listes, des best of, des palmarès, etc. Voici donc le meilleur de l'année 2018 !
Mais avant tout, je souhaite à chaque visiteur qui tombera sur le blog une superbe année 2019 pleine de joie, de surprises, de rencontres, d'amour et de culture !

Et vous, qu'avez-vous adoré et/ou détesté en 2018 ?

 

 

ROMANS ADULTES
1/ Les fureurs invisibles du cœur, John Boyne, JC Lattès (critique)
2/ La vraie vie, Adeline Dieudonné, L'iconoclaste (critique)
3/ Arcadie, Emmanuelle Bayamack-Tam, POL (critique)
4/ Scherbius et moi, Antoine Bello, Gallimard
5/ Des jours sans fin, Sebatian Barry, Joëlle Losfeld
La déception : Le discours, Fabrice Caro, Gallimard (critique) et beaucoup beaucoup d'autres...
La bouse : Une vie sans fin, Frédéric Beigbéder, Grasset ET Camarades de Pékins, Beï Tong, Calmann-Lévy

 

BANDES DESSINÉES
1/ Mini et Super VIP, Panaccione et Bozzeto, Soleil

2/ Moins qu'hier (plus que demain), FabCaro, Glénat
3/ Nerval, Vandermeulen et Casanave, Casterman
4/ Emma G. Wildford, Zidrou et Edith, Soleil
5/ Ville Vermine T1, Julien Lambert, Sarbacane
La déception : Ernest et Rebecca T8, Bianco et Dalena, Le Lombard
La bouse : Le chemisier, Vivès, Casterman

 

JEUNESSE
1/ Naissance des cœurs de pierre, Antoine Dole, Actes Sud Jeunesse (roman ado)

2/ Les riches heures de Jacominus Gainsborough, Rebecca Dautremer, Sarbacane (album)
3/ Elma, une vie d'ours, Chabbert et Mazé, Dargaud (BD)
4/ Le fabuleux voyage du bateau-cerf, Slater et The Fan Brothers, Little Urban (album)
5/ Groléfant et Tit'Souris, Histoires (de) bêtes, Delye et Badel, Didier Jeunesse (album)

 

FILMS
1/ Three Billboards
2/ Les animaux fantastiques 2
3/ Les Indestructibles 2
4/ Bohemian Rhapsodie (critique)
5/ A star is born (critique)
La déception : Les vieux fourneaux (critique)

 

SÉRIES
1/ Altered Carbone 1
2/ Atypical 2
3/ The Good Place 1 / 2 / 3
4/ Sense 8 épisode final
5/ Dix pour cent 3

 

MUSIQUE
1/ Désobéissance, Mylène Farmer (critique)
2/ Culte, Eddy de Pretto
3/ Heart to mouth, LP
4/ Lamomali, -M-
5/ Souldier, Jain (critique)
La déception : Golden, Kylie Minogue
La bouse : Simulation Theory, Muse (critique)

Voir les commentaires

Lectures avortées de la rentrée 2018

Publié le par Sébastien Almira

Avant de passer au meilleur de l'année 2018 et à la rentrée de janvier 2019, je voudrais écrire quelques mots sur des romans de la dernière rentrée dont je n'ai pas parlés parce que je ne les ai pas terminés. Certains parce que je les trouvais mauvais, d'autres parce que je m'ennuyais ou encore parce que j'avais envie d'autre chose.
Pas d'étoiles ici donc, seulement quelques commentaires.

 

Julian Barnes, La seule histoire, roman traduit de l'anglais par Jean-Pierre Aoustin, 250 pages, Mercure de France, octobre 2018, 22,80€
Je n'en avais jamais lu. Apparemment, il FAUT lire Une fille, qui danse. Mais apparemment ce nouveau roman est également magnifique, époustouflant, beau, émouvant, et je ne saurais me remémorer tous les adjectifs et les superlatifs que j'ai lus et entendu sur La seule histoire. C'est donc à pas de loup que je commence ma lecture, plein d'espoir et de timidité.
Et je suis resté timide. Je n'ai lu que soixante pages, mais qu'est-ce que je m'y suis ennuyé dans ces soixante pages ! Effectivement, le narrateur ne met pas de pathos dans l'histoire d'amour qu'il raconte. Non, il n'y met rien. Rien qui m'interpelle, rien qui m'enveloppe, rien qui me donne envie de poursuivre ma lecture.

 

Makenzy Orcel, Maître-Minuit, roman, 320 pages, Zulma, octobre 2018, 20€
De Makenzy Orcel, j'avais adoré le cru, le poétique, le sublime, le sale, l'émouvant roman Les Immortelles paru chez Zulma aussi en 2012 (critique ici). Je n'avais pas été tenté par le suivant et, cette année, je me suis dit quand même si Les immortelles t'avait autant plu, allez, lance-toi, son écriture est tellement belle, inventive, furieuse. C'est toujours le cas. Mais ça l'est un peu trop parfois.
Comme lorsque conquis par Palestine, j'avais enchaîné avec Oppium Poppy de Hubert Haddad : une déception cuisante. Un style trop travaillé, trop complexe, trop incompréhensible.
Makenzy Orcel m'a envoûté le temps de vingt, trente pages, je ne sais plus, et m'a perdu en chemin. Je ne comprenais même plus certaines scènes, tellement les phrases étaient poétiquement alambiquées, pleines de fioritures, pleines de zones d'ombre.
Moment d'égarement de ma part ou de celle de l'auteur, mais sacré moment d'égarement...

 

Gildas Guyot, Le goût de la viande, roman, Éditions In8, octobre 2018, 17€
Le représentant nous l'a vendu comme dans la ligné de Pierre Lemaître. Peut-être. La langue est riche, l'ambiance lourde, pesante. C'est un homme qui renaît, qui sort d'entre les morts, ces tas de morts pendant la première guerre mondiale. Il s'extrait des cadavres purulents et on y est. On les voit, on les sent, on les vomit. Il n'y a pas à dire : l'auteur a quelques qualités pour nous plonger dans la merde.
Et je ne m'y sentais pas bien du tout. Aucune envie de rester là-dedans, de vivre cet enfer.
En revanche, j'ai trouvé son écriture et son récit à la fois maîtrisés et à la fois maladroits. Parfois pédants même, excessifs aussi. Quelque chose que j'ai eu du mal à expliquer à mes collègues, mais quelque chose de faussement maîtrisé et de faux. Quelque chose comme ça.

 

Florence Noiville, Confessions d'une cleptomane, roman, 190 pages, Stock, août 2018, 17,50€
Marie-Sabine Roger, Les bracassées, roman, 320 pages, Rouergue, août 2018, 20€
Avec un roman sur une cleptomane et un roman sur une vieille obèse phobique sociale qui rencontre une jeune atteinte du syndrome de Gilles de la Tourette, je m'attendais à me payer deux bonnes tranches de rire, tant ce genre de personnages me plaît et peut engendrer de sacrées scènes. Que nenni ! J'ai à peine ri avec Le discours de FabCaro (critique ici), et je n'ai pas ri du tout avec ces deux romans, vite laissés tomber.

 

Salman Rushdie, La Maison Golden, roman traduit de l'anglais par Gérard Meudal, 410 pages, Actes Sud, août 2018, 23€
Après Julian Barnes, encore un grand écrivain anglo-saxon, que je découvre à peine. J'ai beau avoir Les versets sataniques depuis treize ou quatorze ans, je n'avais rien lu de Salman Rushdie. Son statut d'écrivain culte ne m'a jamais étonné mais après avoir lu le début de La Maison Golden, il me semble quelque peu galvaudé.
Il se perd tellement en circonvolutions que sa prose finit par ressembler à un catalogue d'exposition. Quantité d'informations inutiles supérieure au nombre de lignes incalculable de chaque phrase, tournures d'une prétention sans nom :ce qui me vient après quelques dizaines de pages, c'est que La Maison Golden est a été dorée après avoir été torchée comme une pâtisserie de supermarché.

 

Allan Hollighurst, L'affaire Sparsholt, roman traduit de l'anglais par François Rosso, 600 pages, Albin Michel, août 2018, 23,90€
Je suis venu à bout de l'énorme et pompeux nouveau roman du « plus grand styliste anglais » Allan Hollinghurst, en sautant pléthore de pages. Il s'agit là d'un roman fleuve bouffi de prétention et de tentatives stylistiques à mourir d'ennui qui plaira sans doute aux vieux homos intellos parisiens mais endormira le reste de la France en quelques pages.

Voir les commentaires

Deborah Install, Il y a un robot dans le jardin, roman traduit de l'anglais par Clara Gourgon, 340 pages, Super 8 éditions, janvier 2017, 18€ **

Publié le par Sébastien Almira

Deborah Install, Il y a un robot dans le jardin, roman traduit de l'anglais par Clara Gourgon, 340 pages, Super 8 éditions, janvier 2017, 18€ **

J'avais lu deux ou trois livres de Super 8 éditions qui m'avaient beaucoup plu. Carter contre le diable et Prime Time surtout. Le principe au départ, c'était un genre tout-terrain entre policier, fantastique et science-fiction avec pour ponts reliant le tout quelque chose de « fun » et une forte identité cinématographique. D'ailleurs, il me semble qu'ils ne devaient publier que des romans américains dont les droits venaient d'être achetés pour le cinéma. Je n'ai pas l'impression que ce soit toujours d'actualité.
Aussi, quand j'ai lu le résumé de ce roman qui, désolé pour cette fois, n'est pas une nouveauté, j'ai instantanément voulu le lire. Je n'étais plus libraire à ce moment (comprendre « j'étais au chômage »), je l'ai ajouté à la liste des suggestions de ma médiathèque. Je l'ai emprunté et je suis redevenu libraire juste avant la rentrée littéraire 2017, je m'y suis donc plongé entièrement et j'ai rendu ce roman sans l'avoir lu.
Depuis quelques jours, je ne suis de nouveau plus libraire (comprendre « je suis de nouveau au chômage » : la librairie qui m'employait en CDD depuis un an et demi est en passe de fermer et de licencier 21 CDI), donc j'ai de nouveau emprunté Il y a un robot dans le jardin qui n'est apparemment pas sorti de la médiathèque entre temps...

Bref, voilà une bien longue histoire pour un livre bien moyen.
Pour vous la faire courte, Ben est un assisté, il ne travaille pas, son couple implose, il ne sait rien faire, et ne fait rien du tout. Le bon loser américain, rien de bien neuf. Heureusement il est un petit peu sympathique.
« Jusqu'au jour où il découvre un robot dans son jardin. Un adorable petit machin de ferraille et de boulons, incapable d'expliquer sa présence chez lui mais qui, visiblement, a besoin d'être réparé. Génial ! Ben a trouvé un sens à sa vie ! »

Rien que ce passage extrait de la quatrième de couverture aurait dû me mettre la puce à l'oreille. C'est plein de bons sentiments, plein de clichés, plein de pathos, plein de grosses ficelles, c'est plein de banalités (« on achète beaucoup trop de choses inutiles qui restent au fond d'un tiroir blablabla »... sérieusement ??) et c'est niaisement écrit. Sa femme le quitte et Ben part faire le tour du monde afin de réparer Tang. Chaque personne censée l'aider l'envoie vers quelqu'un d'autre, on n'en finit plus, on tourne en rond et on connaît chaque page suivante. Mais.
Mais le personnage de Tang, le petit robot détraqué, est éminemment sympathique et attachant. Ses manières d'enfant le rendent terriblement humain, m'ont rendu accro et c'est bien là la seule réussite de Deborah Install.

Voir les commentaires