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Samuel Benchetrit, Le coeur en dehors, roman, 290 pages, Grasset, août 2009, 18 € ****

Publié le par Sébastien Almira

Comme promis, voici une troisième critique de la rentrée. Après un livre au sujet que l'on pourrait qualifier de "dur", et le nouveau Nothomb, plus léger, je continue dans cette légèreté, toutefois de qualité, avec le nouveau Benchetrit.


Comme l'an dernier, Nicolas Fargues fait partie de la rentrée P.O.L. Mais ce mois d'août, il ne sera pas le seul beau gosse à s'offrir sur les tables de vos libraires. Car après Récit d'un branleur, les deux premiers tomes de ses "mémoires" (les excellentes Chroniques de l'asphalte), deux pièces de théâtre et des débuts en tant que réalisateur, Samuel Benchetrit passe chez Grasset pour publier son nouveau roman, Le coeur en dehors.

Il se met dans la peau de Charles Traoré, jeune malien de dix ans qui vit en banlieu parisienne. Son père "s'est tiré un mois après (sa) naissance en laissant (sa) mère et (son) frère aussi seuls que deux avants-centres du P.S.G.", son frère Henry détruit sa vie à coups de seringues et sa mère, Joséphine,  femme digne et respectable, fait tout pour l'élever du mieux qu'elle peut, jusqu'au jour où elle se fait embarquer par la police.

C'est le prétexte que prend l'écrivain pour nous raconter la vie de Charly, car c'est comme ça qu'il se fait appeler. Tout y passe, car Benchetrit est comme moi : une chose lui faisant penser à une autre et en entrainant forcément d'autres, on se retrouve avec plusieurs pages sans aucun rapport avec le sujet initial. Tout y passe donc : ses manies, ses rêves,  ses peurs, ses potes Yéyé et Karim avec qui il passe son temps, les autres ("Freddy Tanquin est ce genre de type. Un débile qui se prend pour un génie, ou un génie qu'a l'air d'un débile profond."), Mélanie Renoir, qui est en sixième aussi mais "qui a cinquante ans" tellement elle est parfaite (la femme de sa vie, si vous n'aviez pas compris , celle qui rend on ne peut plus timide ce petit rigolo nerveux), sa mère qu'il adore, son frère qu'il déteste et vénère en même temps, sa passion pour les rédactions et plus généralement les mots ("Vous avez remarqué, il y a un mot pour chaque chose. J'aimerais connaître tous les mots, mais je suis loin du compte. Ca doit être super de rencontrer un type qui connait tous les mots. Il doit avoir une drôle de gueule."), etc.

Samuel Benchetrit n'a pas son pareil pour se mettre dans la peau d'un enfant de la sorte. Avec son style oral et familier, il nous embarque dans la cité d'un enfant qui rêve de travailler "rapport aux rédactions" et de la beauté de Paris où il ne s'est rendu qu'une seule fois, en nous émouvant autant qu'il nous fait rire, dans ce nouveau roman touchant et bourré d'humour.

"Pour que ta vie soit belle, aime le plus possible. Et n'aie jamais peur de souffrir.. Et méprise ceux qui te mettront en garde. Ceux qui redoutent la souffrance ne croient pas en la vie." publie son nouveau roman, chez Grasset cette fois.

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