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Là-haut ** / inglourious Basterds ***** / Neuilly, sa mère ! ***

Publié le par Sébastien Almira

Pour cette quatrième leçon de cinéma, retour aux sorties récentes. Je ne dis pas "nouveautés" car ces trois films sont sortis cet été, mais il est encore temps pour vous de vous rendre dans les salles obscures pour voir celui (ceux) qui vous intéresse(nt).


Là-haut, de Pete Docter et Bob Peterson, studios Disney, 1h35 **
Je vous parlais il n'y a pas si longtemps de ça du renouveau du film d'animation, où j'évoquais la sortie prochaine de Là-haut, qui s'annonçait comme le nouveau chef-d'oeuvre de Walt Disney.
L'histoire, rapidement : Carl Fredericsen est à la retraite, il se bat contre un entrepreneur qui détruit toute habitation dans le quartier, mais sa résistance le mènera devant les tribunaux. Contraint de laisser sa maison et à s'installer en maison de retraite, il décide de prendre son courage à deux mains et de réaliser le rêve de sa défunte épouse. Il lui avait promis qu'ils iraient s'installer aux chutes du paradis. Armé de milliers de ballons, il s'envole pour les chutes avant de se rendre compte que le jeune scout qui tenait tant à l'aider pour gagner son dernier badge est également du voyage !
Le film débute comme le promet la bande-annonce : c'est mignon, c'est drôle, c'est nostalgique, ça promet effectivement d'être un chef-d'oeuvre emprunt d'anciennes couleurs Disney. Mais lorsque la maison se pose sur l'île et que nos deux joyeux lurons rencontrent l'explorateur dont Carl et sa femme étaient les admirateurs les plus fervents, tout bascule. On se retrouve dans un dessin animé de bas-étage qui ne se suffit plus à lui-même, où ont été placés l'abominable gentil devenu méchant et ses innombrables chiens qui parlent grâce aux colliers qu'il leur a confectionnés. On touche alors le ridicule des productions contemporaines desquelles Walt Disney parvenait à ne pas s'approcher de trop près. Le gadget électronique a pris le pas sur la tendresse, l'humour, la joliesse et l'aspect ancien de la première partie. Décevant.

Inglourious Basterds, de Quentin Tarantino, Universal Pictures, 2h33 *****
Brad Pitt joue Aldo Raine, un Juif américain qui monte un groupe de soldats juifs, "les Bâtards", pour aller "casser du nazi" de manière particulièrement violente. Ils organisent, avec une actrice allemande, une petite tuerie dans un cinéma où tous les hauts dignitaires de l'armée allemande se sont rendus pour assister à la première diffusion du nouveau film du ministre de la Propagande. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que la propriétaire du cinéma, Shosanna Dreyfus (magnifiquement jouée par Mélanie Laurent), a décidé de mettre le feu pendant la projection pour venger sa famille, tuée par le colonel Hans Landa (prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes pour Christophe Waltz) et ses hommes.
Tarantino excelle une fois encore dans cette pure fiction sur la Seconde Guerre mondiale, où il mêle cynisme, humour, violence et Histoire. On s'y croierait, on se croierait dans la réalité et non dans une fiction. A la différence qu'ici l'on peut rire sans avoir honte, car c'est bien le but de Tarantino : renverser les faits et les rôles, et nous faire rire de cette terrible guerre. On peut dire qu'il signe là un véritable chef-d'oeuvre sur la guerre, qui ne sera peut-être pas du goût de tous, mais qui a le mérite d'apporter quelque chose de nouveau au genre.

Neuilly, sa mère !, de Gabriel Julien-Laferrière, TFM Distribution, 1h30 ***
Sami Benboudaoud a quatorze ans, mais en fait moins, il vit dans une cité à Châlon avec sa mère où tout va pour le mieux. Jusqu'au jour où sa mère est employée sur un bâteau de croisière et est contrainte de le laisser à sa soeur Djamila qu'elle n'a pas vue depuis longtemps et que Sami n'a encore jamais vu. Finie la cité, les potes et les 12/20 à l'école. Direction Neuilly-sur-Seine où Djamila est mariée avec Stanislas de Chazelle, très à cheval sur les bonnes manières à la française. Il devra partager la chambre et la classe de son cousin Charles, admirateur sans borne de Nicolas Sarkozy et tombera amoureux de Marie, celle que tous les garçons veulent avant de se prendre un joli vent par la jolie violoniste. Il devra alors lui prouver qu'il n'est pas une racaille de banlieue, mais quand des fausses frappes payées par des camarades jaloux s'en mêlent, tout tourne au vinaigre, tout.
Cette comédie se laisse regarder non sans plaisir, une fois, deux fois, sans problème. Elle nous fait rire, réfléchir (sur la question des banlieues, sur les rapports entre les enfants, sur le vide à palier entre centre et banlieue, sur les opinions politiques et ce qui en découle, etc.) tout en légèreté et a le mérite de nous faire garder le sourire en "temps de crise" !

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