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Ahmed Kalouaz, Après la peine, roman à partir de 13 ans, 100 pages, Rouergue, doado, avril 2014, 9,70 € ***

Publié le par Sébastien Almira

 

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La vie banale de Ludo bascule brutalement le matin où son père est arrêté pour escroquerie. Ni lui, ni sa mère ne savait rien. L'homme était un simple comptable sans histoire.

Lorsqu'il sort de prison, il ne dit toujours rien de ce qui s'est passé, des raisons qui l'ont poussé à agir ainsi, mais propose à son Ludo de partir en camping-car dans les Cévennes. Le temps de se retrouver tous les deux, entre père et fils, et de s'expliquer enfin.

 

« Il y a des pères qui partent en mer sur des bateaux, ou qui travailles au large sur des plates-formes pétrolières parce qu'ils n'ont pas le choix, ou pour se faire plus d'argent que d'ordinaire. Le mien a passé trois mois en prison et ça ne lui a pas rapporté un sou, plutôt des coups dans le cœur et la tête pour tout le monde. Trois mois, ça fait du temps, des matins et surtout des soirs avec des mots qui vous restent en travers de la gorge. À qui en parler dans ces cas-là ? À qui dire, excusez-moi je fais la tête parce que mon père est à l'ombre et ma mère en cloque ? La nuit, elle pleure, elle n'a même plus de colère. » page 7

 

L'histoire est simple, et Ahmed Kalouaz ne cherche pas à la compliquer, à l'alourdir inutilement, juste pour allonger son roman. Rien n'est superflu, la vitesse de croisière, comme le road trip lui-même, est calme, tranquille. Le récit ne fait pas de vague, les émotions sont contrôlées, on n'assiste pas à une avalanche de sentiments pour rien. Le père et le fils vivent quelques moments de joie, de tendresse, d'amour, mais l'auteur ne fait pas dans la surenchère.

Son écriture est, comme vous pouvez le lire un peu plus haut, fine et agréable. Sur certaines phrases, elle paraît même guillerette, si j'ose dire, empreinte de poésie et d'une joyeuse innocence.

De la même façon, Après la peine se lit sans faire de vague, ce n'est pas une lecture indispensable, inoubliable, mais un roman agréable à conseiller aux ados (ou aux plus grands) qui n'ont pas besoin de sang, de gnomes, de monstres et autres sauts dans le vide pour passer un bon moment.

 

« Après la peine, se traînaient toujours dans son sillage les reproches, la sensation d'avoir mal fait. » page 107

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