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Boris Bergmann, 1000 mensonges, roman, 110 pages, Denoël, janvier 2010, 13 € *

Publié le par Sébastien Almira

Pour la rentrée littéraire de janvier 2010, c'est le jeune Boris Bergmann qui ouvre le bal. Pour le meilleur... et pour le pire.


bergmann1.jpgMytho est un menteur. Il fuit la maitresse qui le délaisse et, sous prétexte de vouloir repartir à zéro, il s'invente une vie, mille vies, par le biais de ces mille mensonges, à LadyLongSolo, la ville de la deuxième chance. Mais il rencontre Sophie, qui bouleversera forcément tous ses plans.

 

Voici le synopsis plutôt banal du troisième roman de Boris Bergmann, remarqué en 2007 par Scali avec Viens là que je te tue ma belle. Il était alors le plus jeune auteur de la rentrée de septembre. Pour celle de janvier 2010, ce sont les éditions Denoël qui misent sur lui, plutôt à tort qu'à raison, avec le troisième roman d'un jeune écriteur de livre adolescent qui se prend pour un vieil écrivain de grande littérature.

"Etait-il, ce grand amour, comme ce premier baiser, trop rapide, baveux, bruyant, dégoûtant mais beau, terriblement beau ? Elle s'appelait... je ne sais plus. Ma mémoire me joue des tours.
Lorsque j'ai plongé mon esprit dans l'eau noire de cette question, un souvenir m'a permis de remonter à la surface : le souvenir de ma vie
."

Construit entre phrases grammaticalement correctes mais pas évoluées pour un sou (c'est là que l'on se souvient son âge et que l'on se demande si sa famille ne connait untel ou un autre dans le milieu de l'édition parisienne) et d'autres trop travaillées (c'est là qu'il joue au grand écrivain) pour être vraies, le récit en devient dépitant, à la limite du ridicule.

"Les souvenirs s'accrochent facilement à la peau et le meilleur des savons n'arrive pas à les faire partir", une phrase simple qui mêle si bien les deux écritures du jeune Boris. Hésitant entre un "Les souvenirs collent facilement à la peau mais le meilleur des savons n'arrive pas à les faire partir" et un "Les souvenirs s'accrochent aisément à la peau et le meilleur des savons ne parvient pas à les en détacher", il nous prouve son manque de culture et d'expèrience littéraires.
bergmann2.jpg
La quatrième de couverture vante le "récit d'une fuite en avant initiatique, réflexion sur la traversée du fantasme et de l'assomption à soi-même (qui) revisite de manière très singulière certains mythes fondateurs de la littérature, l'amour, l'inceste, le suicide, avec une tonalité fiévreuse et hallucinatoire qui n'est pas sans faire échos aux grands textes de la tradition surréaliste."

Rien que ça ! Argumentaire à la hauteur du livre, aussi pompeux, singulier et manquant de finesse. On peut également remarquer l'excellente orthographe de Boris Bergmann, des lecteurs, des correcteurs et des éditeurs des éditions Denoël : "peu importe leur nom, ceux sont tous des vampires assoifés de talent."
Pardonnez Boris, il n'a pas terminé ses études.

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paul 17/02/2010 23:53


merci d'avoir démonter boris, pour une fois, ca fait du bien =)


Sébastien Almira 21/02/2010 00:32


Il n'y a pas de quoi ;-)


lucie 03/02/2010 19:54


Tu avais tes règles pour pouvoir écrire des choses aussi horribles mon Seb ? Tu es dur !