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Christophe Carpentier, Le Culte de la collision, roman, 270 pages, POL, février 2013, 16€ **

Publié le par Sébastien Almira

 

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« Tanguy Rouvet, adolescent de dix-huit ans, ne peut pas n'être qu'un vulgaire psychopathe. Ce statut peu enviable ne récompenserait pas les efforts d'imagination qu'il investit à se trouver mille et une bonnes raisons de se faire justice lui-même. Au terme d'un road-movie où les phases d'action et d'introspection engendre une tension ininterrompue, Tanguy parviendra-t-il à nous convaincre que derrière l'implacable enchaînement des faits tragiques se cache un être en quête d'absolu ? »

 

 

Ça commence donc par un argumentaire certes pompeux, mais aguicheur. Ça continue avec l'histoire de Tanguy qui fuit son domicile et son histoire après avoir étranglé sa mère. Ça se poursuit effectivement avec un road-movie, assez chaotique il faut le dire. En ça, l'argumentaire n'est pas mensonger.

Quant à la tension ininterrompue et l'implacable enchaînement des faits tragiques, je suppose que tout est question de point de vue. L'enchaînement n'a de tragique que l'impression qu'il laisse au lecteur. Les phases d'introspection prennent tellement le pas sur l'action que j'ai sauté des pages entières, c'est dire. Et je suis au regret de vous dire que l'histoire complètement absurde de ce pauvre gars ne m'a pas convaincu une seule seconde. Pas de quête d'absolu pour moi, donc.

 

Je m'étonne d'une chose : la seule qualité à vraiment sauver dans ce roman est l'écriture incisive et implacable (c'est plutôt là que j'emploierai cet adjectif, mais tout est question de point de vue) de Christophe Carpentier. Or il n'en est fait aucune mention dans la quatrième de couverture, citée plus haut. D'où la première étoile.

Divisé en cinq parties (Dijon, Les Alpes, Chamonix, Toulon et El Ejido), le roman est inégal et m'a souvent ennuyé. Néanmoins, j'ai trouvé assez intéressante la dernière partie, lorsque le jeune anti-héros se retrouve dans un paradis agricole pour exploitants sans scrupule ou enfer agricole pour sans-papiers morts vivants, au choix. D'où la deuxième étoile.


 

« La notion de bonheur est souvent affaire de comparaison avec plus malheureux que soi. » page 237

« Mais cette fois il en éprouve une excitation décuplée, sans doute qu'en matière de sexe, tout n'est qu'une question de familiarisation avec l'obscène, rien ne demeure durablement choquant. » page 275

« Il sait qu'il mène la seule existence qu'il mérite de vivre, parce que nulle autre existence ne lui conviendrait mieux que celle-ci, précaire et affligeante, horrifiante et cynique, qui ressemble à une collision permanente, une collision à laquelle il voue un culte sans bornes, ce culte de la collision qui seul est capable de mobiliser de façon optimale son énergie physique et psychique afin de se nourrir en continu de cette formidable cruauté qui fait battre le cœur du monde. » page 279


 

Merci toutefois à Jean-Paul Hirsch et Antonie Delebecque des éditions POL pour l'envoi de ce livre.

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