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Claire-Lise Marguier, Les noces clandestines, roman, 120 pages, Le Rouergue, collection La Brune, janvier 2013, 13,80 € **

Publié le par Sébastien Almira

 

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Dure est la chute après le grandiose Le faire ou mourir qui, l'année dernière, m'avait ému, puis retourné et fini par m'impressionner (critique ici). Après cette première incursion dans le monde des adolescents, la Toulousaine s'en prend au roman adulte.

 

Toujours au Rouergue, toujours sous la forme d'un court récit, toujours avec un style raffiné et percutant, toujours une histoire pas ordinaire dans l'ordinaire, toujours une noirceur ambiante malgré une beauté renversante, toujours un rapprochement initialement pas évident mais plus qu'envoûtant et laissant peu de place à un quelconque échappatoire.

 

Malgré ces points communs, Claire-Lise Marguier ne fait pas dans la redite, et c'est tout à son honneur. Mais ce qui m'a gêné dans cette histoire d'enlèvement, puis de séquestration et enfin d'envoûtement, c'est un final pas du tout à la hauteur de ce qui le précède.

Ce qui le précède, c'est une histoire dont on ne peut de dépêtrer. Accrochés qu'on est à ses Noces clandestines, on tourne fébrilement les pages de ce que l'on prend pour un petit bijou noir assez lumineux pour ne pas plonger dans un sentiment de dégoût et d'effondrement.

Ce qui le précède, c'est une nouvelle démonstration du talent de la romancière de créer une étrange bulle emprunte d'un plaisir mélancolique dans laquelle on se laisse bercer autant que bousculer.

 

Et après ça, le final fait preuve d'une fadeur, d'un manque de profondeur et d'imagination, au moins aussi égal à la virtuosité du reste, qui brise la bulle dans laquelle on nous enveloppait innocemment depuis presque une centaine de pages. Et on lit les vingt dernières pages en sautant allègrement des paragraphes entiers avant de se rendre compte qu'on a bien été dupés : on a été débarqué d'un petit chef-d’œuvre et rien n'a été entrepris pour nous y replonger.

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