Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Collection Poche chez Zulma !

Publié le par Sébastien Almira

Zulma

 

Dans un soucis de faire découvrir des perles publiées par leurs soins en grand format mais dont le succès n'a pas été assez grand pour une sortie chez les gros éditeurs de poche et que les libraires retournent petit à petit jusqu'à ce qu'ils disparaissent de la circulation (oh ! les vilains libraires !), Zulma créé sa propre collection de poche.

Le design et la qualité restent les mêmes, si ce n'est le retrait des rabats et une déclinaison argentée qui s'ajoute à la couverture d'origine. Proportionnellement, le format Zulma semble respecté et le résultat est plus large de cinq millimètres qu'un poche conventionnel et à peine moins haut. Le prix, lui, est plus élevé que chez la concurrence, mais vu le soin apporté à la réalisation, on ne va pas chipoter. D'autant qu'à 8,95€ le livre, on est sensiblement dans la même fourchette que chez Babel, la collection poche d'Actes Sud.

La fréquence de publication devrait être de huit à douze titres par an. Les quatre premiers titres sont disponibles depuis le 2 mai. C'est peut-être l'occasion de lire de jolies découvertes qui vous étaient passées sous le nez ! Voici les deux que j'ai lus. Les deux autres sont C'est moi qui éteins les lumière de Zoyâ Pirzäd (traduit du persan par Christophe Balaÿ, 280 pages, 9,95 €) et Mes seuls adieux d'Anjana Appachana (traduit de l'anglais (Indes) par Alain Porte, 230 pages, 8,95 €).

 

 

livre_l_572061.jpg

David Toscana, El ùltimo lector, roman traduit de l'espagnol (Mexique) par François-Michel Durazzo, 180 pages ***

Icamole, petit village au nord du Mexique. Tirant de l'eau de son puits, en plein sécheresse, Remigio y trouve le corps d'une fillette inconnue. Effrayé qu'on puisse le confondre, il décide de se débarrasser du corps. Lucio, bibliothécaire viré par l'administration, fait de la résistance. Sa bibliothèque reste ouverte et il continue de lire tous les livres qu'il a reçu du temps où elle était officiellement ouverte, à mettre en étagères ceux qui sont dignes d'être lus et à jeter dans une pièce infestée de cafards ceux qui ne le sont pas selon lui. À la lumière de ses lectures, il mène l'enquête sur la fillette, comme sur tout le reste, persuadé qu'il est que tout se révèle en lisant, que toute histoire qui survient a été écrite quelque part.

Un roman, tantôt drôle (l'auteur n'hésite notamment pas à distiller fréquemment dans la bouche du bibliothécaire des pensées qui sont certainement les siennes, acerbes à souhait, sur ce que sont devenus la littérature et la plupart des écrivains), tantôt dur (tant la réalité de la sécheresse, de l'éloignement, de la pauvreté, est bien contée), tantôt réaliste, tantôt fantasque qui vous enivre de ses mots, de ses lectures, de sa virtuosité, jusqu'au dernier paragraphe. Peut-être le dernier paragraphe de livre qui m'aura le plus bluffé, le plus accroché, le plus plu.

« Il ouvre un livre et se met à lire. Par prudence, il a pris un roman récent, un de ceux qui ne se donnent pas la peine d'expliquer un repas en détail, sauf s'il s'agit d'auteurs féminins ou peut-être d'un écrivain latino-américain qui, à ses débuts, croyait que l'écriture pouvait régler les problèmes sociaux mais qui, avec les années, a préféré divertir les femmes à chaussures vernies qui lui demandaient un autographe entre flatteries, coquetteries et déclarations d'amour pour tout ce qui vient de l'étranger, car il fut un temps où j'incarnais un peuple, dit-il, mais aujourd'hui je suis franco, germano ou bulgarophile. Mon personnage brandissait un poignard, maintenant il a un verre de vin à la main. Il dormait dans une ruelle, à présent il se plaint que sa chambre d'hôtel n'ait as vue sur la mer. » page 17

 

 

9782843046292.jpg

Gert Ledig, Sous les bombes, roman traduit de l'allemand par Cécile Wajsbrot, 210 pages ****

« Un jour de juillet 1944, en une heure et neuf minutes, le temps d'une attaque aérienne sur une grande ville allemande. Dans cet univers d'horreur et de cruauté où luisent les derniers feux du fanatisme, subsistent malgré tout des traces d'humanité : le lieutenant qui refuse une mission absurde ; le radio qui n'ose pas dire la vérité à une mère ; l'aviateur américain qui lance des bombes sur le cimetière pour ne faire mourir que des mort. Des hommes et des femmes qui, dans l'urgence de survivre, tentent de ne pas oublier qu'ils ont aussi à vivre. »

Époustouflant, éprouvant, harassant roman qui court sur seulement soixante-dix minutes d'une attaque aérienne qui a vraisemblablement lieu sur Munich, Sous les bombes porte son nom à la perfection. Que l'on soit dans le sous-sol d'un hôpital où des dizaines de personnes sont réfugiées, avec des soldats dans un blockhaus, sous les éboulis où une jeune fille se fait violer ou dans les airs avec un soldat américain dont le parachute ne veut pas s'ouvrir, on est constamment écrasé par le poids des bombes.

Gert Ledig a fait cette guerre, en a tiré deux romans (Les orgues de Staline, 1955 et Sous les bombes, 1956, réédité en 1999 en Allemagne, en 2003 en France chez Zulma) et c'est encore plus terrible de lire ce témoignage de guerre sous forme de roman, écrit avec un détachement perturbant par un soldat allemand.

L'écriture, rapide, vive, puissante, donne au récit un rythme éprouvant, une force inouïe. Je n'ai jamais lu un texte aussi vivant sur la mort, mais on n'en sort pas indemne.

« Lorsque la première bombe tomba, le souffle projeta des enfants morts contre le mur. Ils avaient été asphyxiés l'avant-veille dans une cave. On les avait mis au cimetière parce que les pères combattaient sur le front et qu'il fallait chercher les mères. On n'en retrouva qu'une. Mais écrasée sous les décombres. Les représailles ressemblaient à cela. » page 9

 

 

Alors, même si David Toscana écrit dans El ùltimo lector qu' « Alberto Santin ne saura jamais rien de cela car écrire n'est pas vivre et lire ne l'est pas non plus » (page 57), lisez !

Commenter cet article

microneedle roller 24/09/2014 11:05

Now we can buy readymade pockets from online. Some clothing websites had already started selling readymade pockets. It is available of different colors, sizes, and shapes. There is an option to get custom designed pockets. But it will take some time.