Comment (bien) rater ses vacances, Saisons 1, 2 et 3, Anne Percin, trilogie ado, Rouergue *****

Publié le par Sébastien Almira

 

Saison 1 : Comment (bien rater ses vacances, 180 pages, octobre 2010, 11,70 € *****

Saison 2 : Comment (bien) gérer sa love story, 240 pages, novembre 2011, 13,70 € *****

Saison 3 : Comment devenir une rock star (ou pas), 320 pages, septembre 2012, 15,70 € *****

 

 

C'est en écoutant presque honteusement une ou deux chanson de Céline Dion (bon, d'accord, cinq...) que je commence ma critique de la trilogie (d'autres tomes à paraître ?) d'Anne Percin, qui raconte l'histoire d'un ado plutôt fan de rock des années 70...

 

percin0.jpgMaxime Mainard n'est pas un ado comme les autres. Ignorant des relations humaines, il est en revanche expert des avancées technologiques et ressorts socio-politiques de notre époque (et de celles d'avant). Féru d'économie autant que de musique des années 70 et 80 (punk, funk, rock), il joue également de la guitare (pas du De Palmas et du Christophe Maë sur la plage, grands fous !), de la guitare électrique, s'il-vous-plait. Il n'a que deux amis, Kévin, « le garçon le plus touché par l'acné de tout Villejuif » et Alexandra, pour qui être une fille est « un handicap charmant qu'elle tente de dissimuler derrière une violence physique et verbale qui défie l'imagination. » Pas de vie sociale, pas le garçon le plus apprécié du lycée, pas le grand frère adulée par la petite sœur, pas un super élève (se rend juste moyen pour éviter d'être traité de cancre ou d'intello), pas de petite amie. Pas une vie folichonne, me direz-vous ! Mais lui, ça lui va bien : l'ordi, ses deux potes geeks, la musique, les sciences économiques et sociales. À quoi il convient d'ajouter une propension à communiquer de manière détachée, cynique et intelligente hors du commun. Il montre aux autres, sans même s'en rendre compte, qu'il leur est infiniment supérieur. En terme d'intelligence et de réflexion, en tout cas.

 

« Non pas que j'aie fait vœu de chasteté. C'est juste que... Comment dire ? Depuis l'âge de dix ou onze ans, j'ai commencé à m'apercevoir que les filles et les garçons avaient une manière de se tourner autour parfaitement ridicule. Tout ce qui ressemble de près ou de loin à un début de relation amoureuse s'apparente à une parade nuptiale digne des dindons. On se gonfle les plumes, on se rengorge (pour le mâle), on se tortille le derrière, on roucoule (pour la femelle). On en devient moche, on en devient con(ne), on laisse tomber ses ami(e)s, on prend des airs niais, on rit pour un rien, enfin on ne rit plus du tout. On fait des serments, on les viole, on ment, on se sépare. Au suivant ! Et ça recommence.

La lecture des Liaisons dangereuses, pendant l'année de Première, a achevé de me dégoûter. C'est bizarre, je me serais volontiers proclamé libertin, avant de savoir ce que c'était que le libertinage. Je croyais que Don Juan et Valmont étaient des cyniques, des libres-penseurs, des types à la coule, quoi, comme disait mon grand-père Gérard. Mais ils ne sont que des spécialistes de la parade nuptiale, qui ont élevé la danse du dindon au rang d'art. » (page 37, livre 1)

 

Maintenant que les présentations sont faites, je vous raconte vite fait, bien fait, l'histoire.

 

 

percin1Comment (bien) rater ses vacances

Dans le premier tome, c'est l'indépendance qui commence. Pour la première fois, les parents demandent à Maxime et sa sœur Alice, 9 ans ¾, s'ils veulent venir avec eux pour les vacances d'été. Au programme, randonnées en Corse. Alice s'en sort très bien, faut dire qu'elle avait tout prévu. Comme alternative, elle propose à ses parents une colo avec sa grande copine Lou en Bretagne, organisée par la mairie d'Ivry, pas chère, qui accepte les chèques vacances et les bons de la Caf. Maxime, lui, qui n'a aucun plan avec des potes, propose le premier truc qui lui passe par la tête : un séjour chez sa grand-mère au Kremlin-Bicetre.

Mais il ne sait pas ce qui l'attend ! Entre commissariat, hôpital, cerises à l'eau-de-vie, demande d'ami sur spacebook par une certaine Pika qu'il ne connait pas, il ne voyait pas ses mornes vacances devant l'ordi se transformer en véritables aventures tragi-comiques.

Avec sa verve exceptionnelle, il nous raconte ses vacances estivales, et pu*ain, qu'est-ce qu'on rit ! C'est bien simple, c'est comme si j'étais devant Les Visiteurs, Le dîner de cons ou Le Père-Noël est une ordure ! Désolé si, pour vous, ces films ne valent rien, pour moi ce sont les meilleurs films comiques au monde. Je ne me suis pas lassé une seule fois du récit de Maxime, il fallait sans cesse que je tourne la page, même ayant mal aux abdos (oui, oui, j'ai des abdos) à force de rire, même mourant de fatigue dans mon lit à une heure du matin, même comprimé dans la ligne 13 bondée. En somme, ça commençait bien !

 

 

percin2.jpgComment (bien) gérer sa love story

« Après l'été délirant qu'il vient de vivre, Maxime a tout pour passer une année géniale : une petite copine, un smartphone, une guitare... Tout, oui. Mais l'amour, comme chacun sait, c'est un truc complètement irrationnel. Y'a plein d'effets indésirables... »

Voilà la quatrième de couv' du deuxième tome. Je ne vous en dit pas plus, mais si l'effet de nouveauté rapport à l'humour, au langage, aux catastrophes, a disparu, c'est toujours aussi hilarant ! On s'est habitué à Maxime, c'est comme s'il était devenu notre pote, alors on sera moins surpris et peut-être moins enchanté par son personnage haut en couleur, mais il va lui arriver bien d'autres aventures extraordinaires ! Qu'elles soient d'ordre amoureuses (faut pas être trop proche de sa seule amie devant sa petite amie... et, oh ! la scène de la douche !), technologiques (une petite contrefaçon de smartphone, ça vous dit ?!), professionnelles (avez-vous déjà gardé un enfant atteint du syndrome d'Asperger qui a un Kiki accroché à son sac et qui communique avec un vrai singe ?) ou familiales (ou la ! Jeter la télécommande sur la tête de sa sœur n'était peut-être pas une super idée !), les aventures de maxime m'ont encore tiré pas mal d'éclats de rires ! Et voilà, finalement, je vous en ai dit plus, mais je vous assure, c'est pour votre bien ! Car, oui, lire la trilogie d'Anne Percin fait du bien : aux zigomates, aux abdos et au cerveau ! En somme, ça continuait bien !

 

 

percin3Comment devenir une rock star (ou pas)

Pour notre plus grand plaisir, chaque tome est un peu plus long que le précédent. Dans cette troisième saison, vous découvrirez pourquoi tonton Christian est si distant de la famille Mainard, ce qui s'est passé lorsque Mamie Lisette a vécu quelques mois au Brésil, comment évoluera l'histoire d'amour de Maxime (oui, oui, celui-là même qui était contre les histoires d'amour !), qui osera rouler une pelle à sa copine, qui est ce mystérieux musicien qui a les mêmes goûts musicaux que Maxime, qui sera l'extravagant dernier membre du groupe que notre héros entend bien monter, qui est vraiment Alexandra, sa meilleure amie, et plein d'autres choses !

J'ai peut-être été un petit peu moins emballé au début par ce troisième tome, par cette histoire de groupe de rock, mais finalement, qu'est-ce que j'ai encore pris mon pied ! Toujours aussi drôle, Maxime Mainard vous déballe sa life, et avouez que vous kiffez votre race et que vous en voulez encore, comme moi ! Non ? Bon, ça c'est parce que vous êtes juste à la lecture de cet article et que vous n'avez pas encore commencé la Saison 1 ! Mais commencez, que je rigole un peu ! Vous reviendrez, tout penaud, me disant que j'avais raison et que Maxime Mainard par Anne Percin, c'est trop d'la balle, ou que ça déchire trop sa race, comme vous voudrez. En somme, ça finissait bien !

 

 

En tout cas, voilà une trilogie de ouf qui m'a bien fait rire pendant quelques semaines, qui m'a tenu en haleine en attendant avec une impatience déraisonnable que sorte la Saison 3, que je ne saurai que trop vous conseiller, vous recommander chaudement, vous obliger à lire même !

Décidément, après la claque de Le faire ou mourir, les éditions du Rouergue sont une maison à suivre de près !

Commenter cet article

Anne PERCIN 31/10/2012


bravo pour cette super chronique en trois volets qui commence et finit bien ! 


Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog