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Gwendolen Gross, Elle a disparu, roman traduit de l'anglais (américain) par Emmanuelle et Philippe Aronson, 270 pages, Liana Lévi, janvier 2014, 20 € °

Publié le par Sébastien Almira

 

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Une fois n'est pas coutume, je commence mal la rentrée littéraire. J'ai même laissé ce livre de côté pour lire celui d'Arthur Dreyfus (lire ici).

Bon, je n'ai pas l'habitude des romans américains qui se veulent moralisateurs, qui critiquent la société, la politique ça sert à rien, les riches sont des pourris et ta voisine avec son joli collier de perles est une belle garce. C'est pas mon trip. Elle a disparu, c'est exactement ça. Et même si j'ai pas lu les autres, ça sent le réchauffé, la redite, le déjà vu, les clichés, bref, vous avez compris.

 

Une adolescente disparaît de sa banlieue résidentielle américaine et « jour après jour, d'un univers à l'autre, se dévoilent ces vies qui se côtoient et s'épient, sans vraiment se connaître... De l'étrange professeur de musique à la trop parfaite maîtresse de maison, de la mère éplorée au petit ami plein de culpabilité, chaque personnage se dépouille peu à peu de ses faux-semblants pour révéler sa vraie nature et ses secrets... Au fil d'une semaine d'attente, de questions et de doutes, se dessine un subtil portrait de groupe, porté par une écriture sensuelle.»

Déjà, les points de suspension dans une quatrième de couv', ça m'horripile. Et puis « jour après jour », « d'un univers à l'autre », de lui à elle, d'elle à lui, « peu à peu », « au fil d'une semaine... », faut se calmer sur les prépositions. Enfin le « subtil portrait de groupe » et « l'écriture sensuelleé, faudra repasser.

 

À l'intérieur, c'est tout ce que je déteste :

Le petit thriller qui, partant plein de bonnes intentions moralisatrices, entend passer au vitriol les affres d'une société bien proprette qui cache un véritable mal sous une belle couche de vernis, et finit par s'écraser comme un mauvais soufflé.

L'écriture. Mon dieu, cette façon de raconter, c'est tellement bas de gamme :

« Abigael se blottit alors littéralement sous l'aile de son amie et passa ainsi une heure et demi, mangeant sa salade de poulet, observant l'exposition du moment dans la bibliothèque, notant toutes les possibilités qui s'offraient à elle, s'abandonnant à la passion attentive et merveilleuse de Margaret. » page 31

Soyons sérieux un instant. Qu'est-ce que c'est qu'cette merde ?! comme dirait l'autre. Musso, ors de ce corps. Qui se blottit encore littéralement sous l'aile de son amie humaine ? Qui observe une exposition du moment dans la bibliothèque ? La bibliothèque ? Mais quelle bibliothèque ? Qui s'abandonne à la passion attentive et merveilleuse de quelqu'un ?

 

Psychologie de bas étage, adultère de la parfaite ménagère avec un jeune bogosse qu'elle s'empresse de quitter lorsqu'elle apprend son âge (cette dinde savait quand même quand elle se faisait fourrer qu'il était encore à l'école, mais enfin), pseudos indices faiblards, ennui mortel, chute ahurissante de pauvreté scénaristique, manque d'ampleur, écriture banale, j'arrête là, c'est bon ? Je ne comprends pas comment un éditeur peut payer des droits de traduction pour publier un texte banal, déjà vu et même pas grandise du côté de l'écriture, mais je ne suis que libraire, tout ça m'échappe certainement.

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