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Julia Deck, Viviane Élisabeth Fauville, roman, 150 pages, Minuit, août 2012, 13,50 € **

Publié le par Sébastien Almira

 

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Que dire de ce roman, le treizième de la rentrée que je lis ? Emprunté sur les conseils d'une amie qui l'avait aimé, je n'en attendais rien de spécial. Même si la quatrième de couv m'avait interpellé :

« Vous êtes Viviane Élisabeth Fauville. Vous avez quarante-deux ans, une enfant, un mari, mais il vient de vous quitter. Et puis hier, vous avez tué votre psychanalyste. Vous auriez sans doute mieux fait de vous abstenir. Heureusement, je suis là pour reprendre la situation en main. »

 

Le principe de narration est intrigant. Quelqu'un, ce mystérieux sauveur, raconte l'histoire en s'adressant à Viviane. Mais parfois, il change de procédé et raconte les faits à la troisième personne du singulier. Puis quand entre en scène celle qui a découvert le corps, le « vous » change de destinataire. Tantôt c'est Viviane, tantôt c'est l'autre. Original au départ, le procédé devient rapidement traitre et barbant. À moins que la Viviane ne soit fêlée...

Quant à l'intrigue, je l'ai suivie avec intérêt jusqu'à la révélation finale. Je n'ai pas besoin de vous en raconter plus, avec la quatrième de couv, vous connaissez le gros de l'histoire. Julia Deck raconte le périple d'une femme qui doit faire face à son mari, à la police, à ses vertiges et à ses peurs. Et je dois dire qu'on finit par s'y attacher. Et au moindre de ses faux-pas, on se dit non, c'est pas possible, elle est bête, elle va se faire avoir ! On souhaite qu'elle soit innocentée, qu'elle s'en sorte. De ce côté-là, Julia Deck a réussi son coup. Son anti-héroïne est parfaite. Meurtrière, mais aimé du lecteur.

Le début de l'histoire aussi, ce n'est pas un page-turner, mais on a quand même envie de poursuivre sa lecture pour connaître la fin. En revanche, je n'en dirais pas autant de la fin du roman. Le dénouement a du mal à passer et le soufflé retombe.

D'abord, quid de ce mystérieux sauveur ?

Ensuite, l'histoire s'embrouille et ni la plume de Julia Deck, ni l'empathie éprouvée pour son personnage principal ne parvient à atténuer la chute. Je ne comprenais pas pourquoi et je me suis ennuyé. Pas jusqu'à dire que c'était ridicule, mais non, ça ne colle pas, quelque chose ne va pas.

 

Non, vraiment, je n'ai pas accroché, pas compris les subtilités que l'auteure dit avoir truffé son récit. D'ailleurs, celui-ci faisait beaucoup plus que les 150 pages qu'elle nous livre. Elle dit avoir réduit au maximum pour ne pas emmêler le lecteur, pour que l'on comprenne ce qu'elle a voulu faire de son intrigue, de son personnage. Mais moi, je n'ai compris qu'on était simplement censé comprendre que Viviane Elisabeth Fauville est folle. Alors je ne vous le déconseillerais pas à grands coups de poings, mais pourquoi pas à grands coups de livres ! Bien meilleurs.

 

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