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Karine Tuil, L'invention de nos vies, roman, 490 pages, Grasset, août 2013, 20,90 € °

Publié le par Sébastien Almira

 

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Il y a trois amis sur les bancs de Sciences-Po. Un Juif, un Arabe, une fille. L'Arabe vient d'un milieu défavorisé, le Juif est né avec une cuillère en argent dans la bouche. Et c'est ce dernier qui sort avec Nina. Mais quand ses parents meurent, qu'il rate les cours, à la limite de la dépression, Nina le trompe allègrement avec l'Arabe. Celui-ci décide de partir faire carrière aux États-Unis et lance un ultimatum à Nina : elle part vivre le rêve américain avec lui ou elle reste avec un raté. Contre toute attente, elle décide de rester.

 

Vingt ans plus tard, l'Arabe est une super star, un avocat de prestige qui a autant sa place dans les journaux et le petit écran que Paris Hilton et le Juif est un écrivain raté qui croupit en banlieue. Alors, « à mi-vie, ces trois comètes se rencontrent à nouveau, et c'est la déflagration... », phrase de quatrième de couv' ô combien pompeuse, suivie de « roman d'une puissance et d'une habileté hors du commun, où la petite histoire d'un triangle amoureux percute avec violence la grande Histoire de notre début de siècle », rien que ça.

 

J'aurais dû m'arrêter à cet argumentaire prétentieux au possible mais, bêtement, je me suis dit que ça avait l'air pas mal. D'autant que j'avais beaucoup apprécié Six mois, six jours (critique ici) de la même auteure.

L'écriture donne envie de se donner des coups avec le pavé qu'est L'invention de nos vies (500 pages). C'est à la fois ampoulé, basique et assommant (tiens...). Et vas-y que je t'aligne les mots un peu comme ça vient pour te pondre des phrase de deux kilomètres qui te feront croire que je mérite un grand prix de langue française alors que c'est juste chiant à mourir. Comme l'histoire d'ailleurs. Ça sent le grand roman social qui pète plus haut que son cul à plein nez, sans mauvais jeu de mots. Et comme c'est calibré pour recevoir un grand prix, tu te rendras même pas compte que c'est de la merde parce que t'achètes ce qu'on veut bien te faire acheter. Et en cette rentrée, avec Sorj Chalandon et Metin Arditi fraîchement débarqué de chez Actes Sud (alors que, clairement, je ne fais pas le poids face à ces deux grands écrivains), c'est moi, Karine Tuil, que Grasset va pousser sur le devant de la scène ! Au programme, envoi massif de services de presse aux journalistes de renom et aux libraires, matraquage médiatique et pots de vin aux grands jurys !

Elle est pas belle, la vie ?! Quelle invention !

 

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Oui, c'est un peu violent. Et alors ? Pour ma première lecture de la rentrée, elle aurait pu se permettre d'être bonne. Au lieu de ça, elle commence une désastreuse rentrée 2013 avec aucun coup de cœur, excepté en jeunesse, pour le moment. Elle donnait le ton, j'en fais de même. Et ça ne s'arrange pas avec le prochain article : La nostalgie heureuse d'Amélie Nothomb.

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