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Kenneth Bernard, Extraits des archives du district, traduit de l'anglais par Sholby, roman, 150 pages, janvier 2014, 10 € *

Publié le par Sébastien Almira

 

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Nées en 2009, suite à la rencontre entre Benoît Virot (créateurde la revue Le Nouvel Attila) et Frédéric Martin (qui travaillait aux éditions Viviane Hamy), les éditions Attila ont publié un catalogue d'une cinquantaine de titres dont l'originalité n'avait d'égal que la qualité graphique de l'objet. Textes rares, subversifs, décalés, drôles, enivrants, qui ont séduit pas mal de lecteurs exigeants.

Mais en 2013, l'aventure s'arrête et les deux hommes créent chacun leur maison d'édition après que leurs auteurs se soient vus proposer de récupérer leurs droits ou de rejoindre la nouvelle structure de leur choix. Benoît Virot crée le Nouvel Attila et Frédéric Martin Tripode.

 

Les Extraits des archives du district n'est pas une nouveauté en soi puisqu'elle faisait partie du catalogue Attila. La quatrième de couv fait indéniablement penser aux textes cultes d'anticipation et de science-fiction, à 1984 en particulier.

C'est l'histoire d'un homme qui tient un journal où il décrit sa vie dans le district, entre faits étranges voire effrayants et banalités. C'est d'ailleurs plus souvent les banalités du quotidien qu'il prend la peine d'écrire. Plusieurs pages pour décrire le fonctionnement des files d'attente à la banque, tout autant pour raconter que la caissière du supermarché n'est pas aimable et range n'importe comment ses courses dans les sacs ou encore que Grodeck est un gros connard qui bat une pauvre vieille das le hall du bâtiment et touche le cul de Sylvia, genre de bombe sexuelle que le narrateur aimerait bien se taper.

 

" Ce nouveau système présente d'indéniables bénéfices et quelques inconvénients. Puisque les avantages paraîtront évidents à toute personne moderne, je veux mentionner un ou deux problèmes. Normalement, la banque assigne un nombre égal de caissiers de chaque côté. Mais si leur nombre ou leurs compétences ne sont pas équivalents, il devient difficile de déterminer combien de personnes en plus dans la file la plus efficace la rendront moins rapide que l'autre. Autrement dit, à un certain point, on ira plus vite dans la plus mauvaise file. Mais où se situe ce point ? Et puis, on peut commencer dans l'une ou l'autre de deux files tout aussi efficaces et s'appercevoir à mi-chemin qu'on a perdu un caissier, ou qu'un débutant commence son service. Si on a déjà attendu une demi-heure, il est peu probable qu'on change de file. Et en fait, même avec un service dégradé, cette file pourrait quand même, à cause d'autres facteurs, avancer plus rapidement. On ne peut pas savoir. Par exemple, une fois (c'était au milieu du mois), mon côté de banque a perdu tous ses caissiers sauf un, alors qu'il en restait trois de l'autre côté. J'ai dévisagé les gardiens et les responsables qui travaillaient dans les bureaux en retrait pour protester contre cette injustice flagrante. L'un d'entre eux, ai-je pensé,  devait forcément avoir pour mission de maintenir une équité raisonnable entre les deux comptoirs. Je n'ai reçu en retour que des regards absents. Personne ne semblait s'appercevoir de la situation ou s'en préoccuper. A une ou deux reprises, j'ai presque dit quelque chose. Ce qui est sûr, c'est que j'ai gigoté. Et toussé. Mais en vain. " pages 32-33

 

Bon, on comprend rapidement que le district fait partie d'un système dictatorial où les habitants ont peu de libertés et sont contraints de tenir un journal qui sera à leur mort récupéré par les autorités. D'ailleurs, les habitants doivent adhérer à un club d'enterrement. Si vous voulez en savoir plus, il y en a des tartines sur plus de vingt pages qui ne m'ont que très peu intéressé. Un peu comme le reste du livre. Le narrateur, surnommé La Taupe, décrit son quotidien avec une froideur et un sens du détail qui frôlent l'autisme sans que rien n'accroche vraiment le lecteur. Ce n'est pas mauvais, mais l'ennui est plutôt envahissant et l'intérêt très limité.

De plus, on pourra s'étonner que dans ce genre de maison d'édition, ni le nom de Marc-Antoine Mathieu, qui a signé le dessin de couverture, ni la première publication chez Attila ne soit pas mentionné, ou que la dernière page avant l'élégant noir ne soit pas centrée comme il faut.

 

 

L'avis du Cafard Cosmique, très élogieux : ICI

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