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Les Soeurs Ciseaux sont d'attaque !

Publié le par Sébastien Almira

Scissor Sisters, Night Work, 12 titres, Polydor, juin 2010, 14,90 € ****

 

 

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Après le succès non escompté de leur premier album et celui de Ta-Dah dont le single I don't feel like dancing avait fait danser la planète, le groupe new-yorkais est de retour.

On pénètre sans préparation, ni fioriture le monde fou des sœurs ciseaux qui rendent grâce mieux que jamais aux Bee Gees, à Duran Duran, à David Bowie ou encore à Queen. Leur disco pop n'a pas à rougir de ce qui se fait aujourd'hui, le premier titre nous le prouve d'emblée avec les envolées lyriques du charismatique Jake Shears balancées sur des nappes de synthé soutenues par les basses efficaces de Badydaddy.

 

Pour que l'impact soit encore plus intense, ils ne se sont pas contentés d'écrire ce nouvel album à eux quatre mais ont fait appel à un petit génie de la dance. À à peine trente ans, Stuart Price a déjà remixé Madonna, Starsailor, Coldplay, Depeche Mode, travaillé avec No Doubt, The Killers, produit le dernier Lylie Minogue, Aphrodite (lire critique), l'album Confessions on a dance floor de Madonna et fait la direction musicale de ses tournées The Re-Invention Tour et The Confessions Tour. Autant dire que l'homme sait de quoi il s'agit quand on lui parle de disco, de pop et de dance. Sept des douze nouveaux titres portent sa griffe pour notre plus grand plaisir.

 

On se régale d'une intro Depeche-Modienne sur Any wich way où plane la deuxième voix du groupe, Ana Matronic. On se surprend à adorer ce qui ressemble à s'y méprendre à l'improbable rencontre de Marilyn Manson et Boney M sur Harder you get ! On se réjouit des bombes Running out, Sex and violence et Invisible Light qui succèderont sans conteste à la bombe Fire with Fire qui commence tendrement pour doucement s'énerver avant de mettre le feu !

On ne se lasse sous aucun prétexte de ce troisième album aux thèmes plus noirs. Exit l'optimisme parfois tragique des fans du Magicien d'Oz, les Scissor Sisters se bornent ici à dépeindre la Grosse Pomme sous toutes ses coutures : prostitutions, viols, sexes, drogues, violences, tout y passe.

 

 

 

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En mars, Jake Shears avait confié au magazine Têtu qu'ils voulaient rendre hommage au « passage de la décennie où les incertitudes des années 70 se teintent rapidement des angoisses des années 80. de la libération sexuelle à la menace du SIDA, la scène musicale rock underground subit de grandes mutations : beaucoup d'artistes sont emportés par la maladie, comme le souligne Jake Shears, qui ne peut s'empêcher de se demander ce qu'aurait été la culture aujourd'hui si la maladie n'avait pas décimé le contingent artistique à un moment où il était le plus créateur. » (extrait de l'excellente critique de l'album par Mercy Seat, lire ici).

 

Le groupe réussit sans conteste à proposer un album au moins aussi bon que le précédent mais également à tenir ses promesses faites à Têtu. La musique underground des années 70, ainsi que celle des Bee Gees et de Queen, renait dans cet hymne pop emplies de fantasmes 70's et d'avant-gardisme électro.

Ceux qui s'appelaient jadis Dead Lesbian and the Fibrillating Scissor Sisters entrent dans l'ombre des 70's pour rester à jamais dans la lumière.

 

 

Regardez et écoutez Any wich way en duo avec Kylie Minogue à Glastonbury !

 

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Opti-mix-tic54 16/03/2011 23:51


J'ai lu je ne sais plus où que cela serait dans la même veine musicale que ce bijou qu'est ce troisième album!


Opti-mix-tic54 15/03/2011 15:37


Ton article-critique sur cet album est parfaitement juste!
Il paraîtrait que Jake Shears a déjà commencé à travailler sur le prochain album...


Sébastien Almira 15/03/2011 18:53



Yeah ! J'espère qu'ils réussiront à faire au moins aussi bon !