Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Littérature ado : Hunger Games, de Suzanne Collins ****

Publié le par Sébastien Almira

 

Hunger Games, 390 pages, Pocket Jeunesse, octobre 2009, 17,90 €

Hunger Games, L'Embrasement, 400 pages, Pocket Jeunesse, mai 2010, 17,90 €

Hunger Games, La Révolte, 410 pages, Pocket Jeunesse, mai 2011, 17,90 €

 

 

hunger-games0.jpgCe n'est pas par fainéantise que je vous parle, comme pour Méto il y a tout juste un an, de la trilogie complète, mais parce que c'est plus intéressant de vous dire que vous pouvez sans crainte lire une série entière, plutôt que de crier « wouah ! Le premier tome est absolument génial ! » et, un an après, « oh la la ! L'auteur s'est essoufflé et reposé sur ses lauriers, ne touchez pas au second tome ! ». Vous seriez bien avancés : un premier tome à couper le souffle, l'attente interminable du second tome, et moi qui vous dis alors, bien que mon avis ne soit pas une vérité générale, que la suite ne vaut même pas la peine d'être empruntée à la bibliothèque.

Voilà pourquoi je préfère parler d'une série quand j'en ai enfin terminé le dernier tome et pas avant. Et puisqu'il n'est pas trop tard pour commencer la trilogie Hunger Games, je vous l'annonce : vous ne serez pas déçu en cours de route !

 

 

Sur les ruines des États-Unis ont été créés douze districts qui alimentent le Capitole. Charbon, armement, agriculture, chaque district a sa spécialité et tout est bon pour être récupéré par le gouvernement, qui règne d'une main de fer. Depuis la rébellion, le 13 a été détruit par les Pacificateurs, l'armée du Capitole, et les douze autres sont contraints, par tirage au sort, d'offrir un garçon et une fille chaque année pour les Hunger Games. Ce jeu de télé-réalité a été monté de tout pièce par le président Snow et son équipe pour rappeler au peuple qui est le chef et qui doit se plier, sous peine de représailles. Après tout, les Hunger Games ne sont qu'un juste retour des choses après la rébellion qu'ils ont tentée...

 

hunger games1Dans ce contexte sombre et malsain, on découvre le district 12, celui des mines de charbon. Contrairement aux 1 et 2, plus proches du Capitole, la vie est chaque jour une épreuve. Et participer aux Hunger Games n'y est pas considéré comme le privilège de se battre pour son district mais comme un fardeau : personne n'en est sorti vainqueur depuis des décennies.

Depuis la mort de son père, Katniss Everdeen s'occupe comme elle peut de sa petite soeur Prim et de sa mère, qui noie son chagrin dans l'infirmerie qu'elle a improvisée dans sa cuisine. Elle chasse dans la forêt, en territoire interdit, avec son ami Gale, échange ce qu'elle tue contre ce qui pourrait leur être utile à la Plaque, le marché noir de la Veine. Et c'est sans hésitation qu'elle se propose à la place de Prim lorsque le nom de celle-ci est tiré au sort pour participer à la nouvelle édition des Hunger Games. Une vraie battante, mais solitaire et têtue comme une mule.

 

Le principe est simple : vingt-quatre candidats, douze filles, douze garçons, un seul survivant. Les vingt-quatre tributs évoluent dans une arène créée de toute pièce (forêt, lac, volcan, grottes, tout peut y passer). Leur but est tout simplement de s'entre-tuer, d'éviter les pièges du Capitole (singes hallucinogènes, explosions, etc.) et d'être le dernier survivant. Au fur et à mesure du jeu, districts, sponsors et personnalités peuvent miser sur les tributs en leur faisant parvenir toute sorte de cadeaux dont les plus utiles sont les plus chers. En somme, un véritable bain de sang humain perpétré par des ados pour que le Capitole consolide son pouvoir sur la population. Vous avez tenté de semer le trouble, de vous rebeller ? Cela n'a pas fonctionné et vous serez puni chaque année en perdant vos enfants, en ayant peur pour eux, en les voyant devenir de vrais monstres.

 

Voilà une dictature qui ne manque pas d'imagination !

 

 

Hunger-games-2.jpgEt Suzanne Collins n'en manque pas. Elle nous embarque dès les premières pages dans l'aventure : tirage au sort le jour de la moisson, voyage en train jusqu'au Capitole, passage télévisés, séance de maquillage et d'essayage, préparation physique et enfin l'arène. Au niveau de la trame, des détails, des descriptions de l'imaginaire créé, il n'y a rien à dire. Hunger Games captive de la première à la dernière page. De nouveaux personnages font leur apparition au fil de la saga. Certains auxquels on s'attache (Cinna, le styliste attitré de Katniss lors des Jeux ; Finnick, un ancien vainqueur solitaire ; Peeta, tribut masculin du 12, amoureux de Katniss ; Haymitch, ancien vainqueur du 12, coach de Katniss et Peeta, etc.), d'autres dont on se méfie.

Le talent de Suzanne Collins ne s'arrête pas à son l'imaginaire qu'elle crée, elle se débrouille pour toujours laisser planer du suspense, qu'il s'agisse d'un événement mineur ou majeur. À la fin de chaque chapitre, de chaque tome, on meurt d'envie de lire le suivant pour comprendre. Comme répété sur la quatrième de couverture des trois tomes, il est « impossible de lâcher ce livre, c'est comme si votre vie en dépendait » (Stephen King).

 

Il en va de même pour les deux tomes suivants. Si une baisse de tension au niveau de l'intrigue se fait sentir, le second tome est toujours aussi addictif. Alors que l'on s'attend, comme dans tout roman ado d'anticipation, à ce que les personnages principaux se rebellent et mène une nouvelle révolution, on vit nos seconds Hunger Games. Pour se venger de l'audace de certains candidats lors de l'édition contée dans le premier tome, le président Snow décide d'organiser une édition d'Expiation avec les gagnants des éditions précédentes encore vivants. On ne se lasse pas, mais on  se dit quand même que c'est un tome pour rien, si ce n'est pour le plaisir, et que l'auteure a voulu surfer sur la vague du su c cès avant hunger games3de terminer sa saga.

Le troisième tome promet enfin de répondre à nos attentes : la Révolte, comme son nom l'indique. Encore une fois, on n'a presque pas le temps de souffler. Après avoir trainé en longueur sur quelques dizaines de pages, le roman décolle et la vengeance pointe le bout de son nez ! Katniss devient alors le Geai Moqueur, oiseau chanteur redonnant force et courage aux plus démunis afin de mener à bien la grande bataille à venir. quant à la fin, elle m'a laissé quelque peu perplexe, je vous laisse juger et me donner votre avis !

Deuxième point négatif, le manque certain de style. Hunger Games ne fait pas un carton aux États-Unis pour l'écriture incomparable de l'auteure, non, ses livres ne sont pas mal écrits, ni bien écrits. Tout juste écrits. Avec ce qu'il faut de fautes de frappe et d'oubli de mots pour laisser penser que le manuscrit n'a pas été corrigé par Pocket Jeunesse.

 

 

Mais, honnêtement, le manque de style de l'auteure et le second tome moins imaginatif que les autres ne suffisent pas à entacher la réputation de cette sage. Plus de 100 000 exemplaires des deux premiers tomes vendus en France, un troisième tome tiré à 60 000 exemplaires, un casting qui vient d'être bouclé pour l'adaptation cinématographique et le nombre de lecteurs qui croit à travers le monde pour savoir si Katniss, la fille du feu, parviendra à rétablir la paix entre les districts afin de faire tomber Snow et son gouvernement, malgré les doutes et les pièges redoutables du Capitole. Non, franchement, il ne manque plus que vous dans l'aventure !

Commenter cet article

audre 10/06/2011 11:30


moi, dans la famille style géniaux, je te conseille les livre de pierre bottero
c'est pas le même délire, mais c'est lui le meilleur écrivain


audre 10/06/2011 10:12


Presque d'accord, sauf pour un truc :
Chaque auteur à un style, et Suzanne Collin en a un, que J'aime beaucoup, dans mon cas.
Je ne pense pas, sauf pour les trucs sentant le plagiat à plein nez, que l'on puisse parler de manque de style pour un auteur
en tout cas, je n'ai jamais vus de livre non-semis-plagié en manquant. Et je me fais du 3 livre/semaine !
Après, il est vrai que les styles sont plus ou moins bien, et se détachent plus ou moins de la moyenne. Mais nous entrons alors dans des questions de goût et de sensibilité

A part ça, pitié, ne mets rien sur le dernier tome, je ne l'ai pas encore lus !!!! c'est surprenant, et on a peur que tu en révèle trop ! Donc, on ose pas lire en se disant: "qu'est ce que je vais
apprendre que je ne veux pas connaitre, si je m'avance plus loin dans ces lignes ????"

sinon, il est vrai que ton article est très précis, et que même sans le connaitre, on a envi de lire la suite (la, je dis ça, mais je les ai déjà lus)

En tout cas, c'est véritablement un bon livre.


Sébastien Almira 10/06/2011 11:22



Il en me semble pas avoir révélé quoi que ce soit d'important concernant le troisième tome, si ce n'est ce à quoi on s'attend avant de le lire, donc pas d'inquiétudes !




Concernant le style de Suzanne Collins, je persiste et signe. Certes, c'est efficace dans le sens où l'action est omniprésente, mais pour le style à proprement parler, il n'y en a pas ! Elle
écrit, tout simplement une phrase grammaticalement correcte comme n'importe qui écrirait une phrase grammaticalement correcte.


 


Je te conseille la trilogie Méto d'Yves Grevet et les livres de Gemma Malley (La Déclaration, La Résistance et La Révélatio, même si je n'ai pas encore lu le
dernier) qui sont deux trilogies aussi époustoufflantes que Hunger Games mais dont leur auteur écrit avec un style remarquable !



lasardine 11/05/2011 10:09


oh le joli billet!!
moi j'envie ceux qui vont lire la saga d'un seul bout!!
mais c'était bien aussi d'attendre! je ne le regrette pas!!


Sébastien 14/05/2011 11:35



Oui, c'est sûr, c'était bien d'attendre, je n'aurais pas aimé tout lire d'un coup. D'ailleurs, quand je lisais Méto, je me forçais à lire un roman "adulte" entre chaque tome pour souffler et ne
pas commencer à sauter des passages pour vite connaitre la fin !



noémie 10/05/2011 16:17


très bonne critique argumentée ;)