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Mohamed S. al-Azab, Mauvaises pensées, roman traduit de l'arabe (Égypte) par Emmanuel Varlet, 120 pages, Seuil, février 2013, 16€ **

Publié le par Sébastien Almira

 

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À la manière d'Abdellah Taïa il y a quelques mois avec Infidèles, au Seuil également (lire critique), voici un roman complètement anecdotique sur le monde arabe.

Plutôt bien écrit, narré à la deuxième personne du singulier, au présent comme au futur, Mauvaises passes raconte l'histoire de Mohamed Ibrahim, un Cairote d'une vingtaine d'années qui prend une chambre en coloc avec un ami en centre ville afin de pourvoir à leurs besoins sexuels en toute tranquillité, malgré le mariage prochainement prévu avec sa cousine Hind.

 

Honnêtement, la quatrième de couverture est plus complexe que le roman. En cent-vingt pages imprimés en caractères à peine moins gros que chez Nothomb, Mohamed S. al-Azab raconte les difficultés de trouver un logement, les mœurs conservatrices d'un pays en lambeaux et de familles bridées par la religion, la sexualité inassouvie de la population.

Et c'est intéressant, parfois même presque drôle, mais dieu que c'est rapidement balancé ! Mauvaises passes donne l'impression d'un mémoire sur la vie cairote pas tout à fait fini, un peu bâclé. Un brouillon. Un brouillon bien ficelé, bien mené, mais pas assez touffu.

N'en reste pas grand chose une fois refermé, malgré de bons ingrédients et de bons arguments.

 

« La chambre ne leur plaira pas du tout. Ta mère restera interdite devant la vulgarité des femmes assises devant l'immeuble et ses yeux lanceront des éclairs. Sur le moment, elle se gardera de tout commentaire, mais éclatera au cours du repas :

« Quel être sensé abandonnerait la maison de ses parents pour s'installer dans un cloaque pareil ?! »

Elle se verra aussitôt interrompue par les rires indulgents de ton père, lequel te connaît assez pour savoir que tu ne resteras pas ici bien longtemps.

Hind se sentira un peu perdue dans ces murs. Elle se contentera d'écouter les autres, muette, et de mastiquer lentement.

En fin d'après-midi, ta famille repartira à Madinet el-Salam et toi tu prendras le bus d'Aïn Shams pour raccompagner Hind chez elle. Dans l'entrée de son immeuble, elle te dira :

« Cette histoire de chambre ne me dit rien qui vaille. Franchement, je commence à douter de toi. »

Tu te mettras à rire en lui donnant de petites tapes dans le dos et elle te repoussera gentiment avant de s'engager dans l'escalier – ne pouvant voir son visage, tu ne sauras pas si, à cet instant, elle partage ou non ton hilarité. » page 15-16

 

Merci toutefois aux éditions du Seuil pour l'envoi de ce livre.

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