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Olivier Pouteau, Abracadabra Amanda, roman à parti de 11 ans, 120 pages, Rouergue, doado, janvier 2014, 10,20 € ***

Publié le par Sébastien Almira

 

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Vous croyez à la magie ? Aux lapins qui sortent du chapeau, au paquet de cartes abîmés et régulier qui devient neuf avec la bonne carte à l'envers, aux femmes découpées dans des boîtes, vous voyez le genre ? C'est beau à voir, ça impressionne, et ça finit par énerver parce qu'on ne comprend pas le truc. Je sais pas pour vous mais, moi, je trouve ça super énervant, de pas comprendre un truc.

 

Bref, dans Abracadabra Amanda, pas de lapins, pas de cartes. Juste un spectacle de Noël au collège, un numéro de simples collégiens qui, eux, connaissent le truc de la femme transpercée d'épées dans une boîte. Dans la boîte, c'est Amanda, la fille que tout le collège déteste, la pimbêche revêche et moqueuse. Pendant son numéro, une panne d'électricité. Quand la lumière revient, il manque la boîte du milieu, celle où sont censés se trouver le ventre, la poitrine, le cœur d'Amanda, si tant est qu'elle en ait un. Restent la boîte du haut avec sa tête et ses bras qui dépassent et celle du bas avec ses jambes. Mais, étonnement, Amanda ne souffre pas.

Le public commence à crier, on évacue rapidement la salle, et on dépêche l’inspecteur Brouillard, pas très doué, il faut le dire. L'enquête commence.

 

C'est Léonard qui a fait le coup. Nous, on le sait. Sur un coup de tête, il a volé un morceau du corps d'Amanda. Le problème, c'est qu'il ne sait pas quoi en faire, n'ose pas en parler à ses amis, ni se dénoncer maintenant que l'enquête est lancée. Alors, quand il découvre l'étonnant pouvoir de la boîte qu'il a cachée dans son armoire, Léonard est prêt à tout pour la garder...

 

Le roman d'Olivier Pouteau, c'est un peu comme le tour de la femme découpée : c'est un peu magique. Mais pas énervant. Accessible mais bien écrit, Abracadabra Amanda est un joli conte pour jeunes adolescents, filles ou garçons, qui n'ont pas envie de lire que du Chérub ou des Chevaliers d'émeraude. C'est un court roman qui emporte le temps de deux heures le lecteur ailleurs, tout en finesse, grâce à une histoire ancrée dans une réalité un peu magique !

 

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Photos de Barrere & Simon, http://www.barrereandsimon.com/

 

« Les pages du carnet défilèrent. La plupart comportaient des dessins représentant une femme, toujours la même, parfois avec un enfant. Léonard finit par s'arrêter sur une page vierge, puis se mit à dessiner sans hésitation. Son geste était précis, vif, inspiré, et très vite le croquis prit forme, jusqu'à devenir un dessin abouti dont il sembla satisfait.

Le résultat représentait une jeune fille, de l'âge de Léonard, emprisonné dan une boîte qui faisait penser à un cercueil. Seuls sa tête et ses pieds dépassaient, de même que ses bras, qui sortaient par deux ouvertures sur les côtés. Mais ce qui frappait dans le dessin, c'était l'attitude de la jeune fille. Elle donnait l'impression de hurler, ce qui, à bien y regarder, pouvait être une attitude légitime. Non seulement plusieurs scies, terrifiantes et démesurées, transperçaient la boîte de part en part, mais surtout une des parties était absente, comme si la jeune fille avait été découpée en plusieurs morceau, et que l'un d'eux avait été dérobé.

Un garçon était également couché sur le sol, au pied de la boîte, dans une position de pantin désarticulé, avec un chapeau haut de forme cabossé par sa chute, et une baguette magique échappée de ses mains. Un nuage de petites étoiles tournoyait autour de sa tête, ce qui apportait une touche presque comique dans un univers qui évoquait pourtant le chaos et la panique.

Le dernier élément du dessin laissait entrevoir une silhouette à l'arrière-plan. C'était la partie la moins nette du croquis, mais on devinait sans mal qu'il s'agissait d'une silhouette masculine. Une silhouette en train de prendre la fuite, les bras chargés d'un curieux colis. » page 12

 

Dernière chose, voilà finalement quelque chose que je ne comprends pas : pourquoi n'a-ton pas représenté le dessin de Léonard afin d'en faire la première de couverture du roman ?

 

Merci à Adèle des éditions du Rouergue pour cette lecture (et pour sa réponse à ma question?) !

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