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Teju Cole, Open City, roman traduit de l'américain par Guillaume-Jean Milan, 350 pages, août 2012, Denoël, 21,50 € °

Publié le par Sébastien Almira

open city

 

Ne vous fiez pas au bandeau de l'éditeur : Beaudelaire aurait écrit un roman d'une bien autre trempe ! C'est l'histoire d'un mec qui marche pas mal. Faut le dire, le mec, il est balèze, parce qu'il marche bien 250 ou 300 pages sur 350. J'avais jamais vu ça, alors faut quand même saluer l'effort. Marcher aussi longtemps. Et puis surtout, raconter un mec qui marche sur autant de pages. Vu comment je me suis ennuyé en lisant les épreuves non corrigées, je me demande comment l'auteur ne s'est pas fait lui-même ennuyer en l'écrivant.

 

Ce qui est d'autant plus dommage, c'est que c'était le premier SP* que je lisais de la rentrée. Pas de résumé, pas d'argumentaire, pas d'info sur l'auteur qui en est à son premier roman. Seul le titre, Open City, m'a interpelé. Ça sonnait un peu anticipation, un peu roman noir, un peu suspense...

Ce qu'il y a de plus noir dans le livre, c'est le personnage principal, dont j'ai oublié le nom (je l'ai lu y'a un mois alors). Il est noir. Vu le peu d'informations que je suis en mesure de vous délivrer, je le dis, c'est toujours ça pour ajouter une ligne à cette première critique de la rentrée.

 

Donc, le mec marche le long de truc Street, quelques lignes plus loin, il croise un infirme sur machin Street, après, il va acheter un sandwich à l'angle de bidule Avenue et de quelque part Boulevard. Quelques pages plus tard, il rend visite à un ancien prof malade qui lui raconte que quelques jours plus tôt il a eu untel au téléphone. Après, il est rentrée chez lui en passant par somewhere Street, où il a aidé un vieillard à traverser.

Ça a duré bien soixante pages et à partir de là je me suis mis à sauter des paragraphes entiers, deux ou trois pages, puis carrément des dizaines de pages. Je voulais savoir ce qui se passait après. Si il y avait une histoire à raconter, autre que celle d'un homme qui marche. Et bien tenez-vous bien ! Parce que notre homme a continué indéfiniment de marcher le long de something Avenue en passant par boring Street. Sans rire, chaque fois que je sautais un passage, mes yeux se posaient sur une phrase qui commençais invariablement par « je marchais sur truc Street » ou « après avoir tournée au coin de machin Avenue et le Boulevard j'me fais chier, j'ai croisé un homme aux cheveux bruns. »

 

Bon, vous comprenez aisément que je vous déconseille de dépenser 21,50 € pour lire ça. Sauf si vous aimez marcher (ou regarder les autres marcher) et les noms de rues. Puis, je vous parlerai bientôt de bien meilleurs romans, alors passez votre chemin !

teju cole1

 

 

* pour les non initiés : les libraires, journalistes, blogueurs, peuvent recevoir des Services de Presse de la part des éditeurs, avant la sortie du livre, sous forme d'épreuves non corrigées ou sous sa forme finale, texte corrigé, jaquette et tout.

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laurent b 15/02/2016 16:24

Salut Sébastien
Je vais faire écho à ta critique même si je n'ai pas encore terminé le livre. Je suis actuellement sur boring street et je dois m'envoyer quelques coups de pied au derrière pour lire ne serait-ce qu'une page avant de m'endormir; Je m'efforce de lire chaque page sans en sauter une seule et ce quelque soit le livre (j'ai craqué quelques fois à ma grande honte). Je tiens le choc pour l'instant mais le titre accrocheur dissimule un contenu dénué d'intérêt. Désolé Ali mais il n'y a dans ce livre aucune profondeur hormis l'abîme sans fond dans lequel je m'enfonce chaque soir.

Ali Fanfaron 18/01/2013 15:01


Assurément l'un des meilleurs romans que j'ai lu en 2012. Assez incroyable comme vous êtes passé à travers. A ce demander si vous l'avez vraiment lu. D'autant qu'il ne marche pas tant que ça.
Soit, c'est contemplatif, mais d'une rare profondeur, jamais lourde, jamais intelletualisée, jamais pédante, ni chiante. Et toujours accessible. du moins je le croyais avant de lire votre billet.


A vous lire...

Vincent 10/08/2012 14:34


Si ça se trouve, tu as zappé l'intrigue en sautant une dizaine de pages ! Une seule page peut suffire à montré vraiment l'intérêt d'un licvre... non ?


A te lire, même un adepte de la marche à pied n'a pas grand intérêt à lire ce roman a priori rébarbatif.


Perso, je ne relèverai pas le défi hein ;)

Sébastien Almira 10/08/2012 21:46



Ah ah pas bête ! Mais non, je crois pas ! Une collègue l'a lu (pas en entier non plus) et a le même avis que moi.


T'as bien raison, y'a tellement mieux à lire ! ;-)