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Thibault de Montaigu, Zanzibar, roman, 210 pages, janvier 2013, Fayard, 18€ ***

Publié le par Sébastien Almira

 

 

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Avant de devenir des stars, Klein et Vasconcelos étaient des journalistes ratés. Photographe en mal de reconnaissance et journaliste contraint d'écrire des piges sans intérêt pour vivre, ils décident de vivre sur le dos de ceux qui les exploitent. Puisqu'on leur offre des hôtels et des restos pour qu'ils parlent de tel ou tel endroit dans les guides et les magazines à la mode, puisqu'on est aux petits soins pour que leur papier soit élogieux, puisque leur nom est connu de agences de voyages et des gens du métier et puisqu'ils ne parviennent décidément pas à sortir de la sphère du tourisme pour se lancer dans le vrai journalisme, ils vont profiter du système.

Appeler eux-mêmes les agences, les compagnies aériennes, les hôtels, les restaurants, les musées. Promettre un papier élogieux. Changer de nom de temps en temps. Passer tour à tour pour des connards imbus de leur personne ou pour des bons vivants, histoire de jouer le personnage à fond.

 

« Bien évidemment, ce sont les circonstances de leur mort à Zanzibar qui ont intrigué le grand public et attiré l'attention sur leur absurde cavale. Les noms de Klein et de Vasconcelos étaient à peu près inconnus dans leur pays avant que l'on ne les retrouve, l'un attaché à un poteau sur la grève de Jambiani, le corps déchiqueté par des poissons – vraisemblablement des barracudas, même si certains ont évoqué des requins-tigres – et l'autre pendu au ventilateur de sa villa, dont les pales – à la façon d'un carrousel morbide – tournaient encore lorsqu'on l'en décrocha. » page 33

 

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Zanzibar

 

Parce que l'histoire de Thibault de Montaigu ne s'arrête pas aux vacances de journalistes arnaqueurs. Ceux-ci sont découverts morts à Zanzibar et c'est là que tout commence vraiment. Là que l'auteur reçoit de la documentation de son éditeur qui lui commande ce livre. Ce récit des aventures de Klein et Vasconcelos. À lire, ça n'a pas tout à fait l'air d'un roman. Le but est de rendre ce travail quasi journalistique. Ça m'a d'ailleurs surpris au début, je m'attendais à un récit lin éaire de l'histoire, pas à ce qu'un nègre soit payé pour retracer les faits grâce à un énorme dossier de presse, sans même avoir besoin de sortir de chez lui. Ça collait finalement bien avec le thème.

Mais tous les ingrédients du roman sont quand même présents dans Zanzibar. À commencer par un suspense croissant. Oui, je suis au courant que les deux personnages sont morts, merci. Le suspense réside en l'explication de ces morts suspectes. Mais ce n'est pas pour autant un roman policier. Il y a des personnages fictifs, même si le but est de faire croire à un essai journalistique. Il y a une trame tellement rocambolesque qu'elle ne peut exister que dans un roman (quoi que...). Il y a des portes ouvertes par le narrateur dans un dénouement volontairement mystérieux.

 

Il y a de quoi s'amuser, imaginer mille paysages, se poser mille questions, s'évader, partir sur les traces d'un duo de zigotos particulièrement culottés, suspecter telle piste ou telle explication plus rationnelle...

Il y a de quoi ne pas s'ennuyer, alors embarquez pour Zanzibar, vous ne regretterez pas le voyage ! À moins de vous faire pendre à un ventilateur cinq étoiles ou de vous faire dévorer par des requins-tigres...

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