Leçons de cinéma

Jeudi 3 avril 2014 4 03 /04 /Avr /2014 20:23

 

the-monuments-men-poster02.jpgMonuments Men, de George Clooney, 2h ***


Sept Américains sont prêts à aller envers et contre tous, à braver les interdits et les dangers, pour sauver les milliers d’œuvres d'art volées par les nazis en France. Ce sont les Monuments Men. Malgré leur nom, ils n'ont pas de supers pouvoirs, juste un besoin et une envie inaltérables de se battre au nom de l'art et des Français.

J'aimerais bien connaître un peu la véritable histoire parce que je ne peux m'empêcher de voir des livres d'histoires pour collégiens américains crédules à qui on fait croire que les États-Unis règnent en maître pacifiste et altruiste sur le monde entier. Si on pouvait arr^ter de voir Matt Damon à l'écran, ce serait sympa aussi. Sinon, c'était pas mal, quoiqu'un peu longuet au milieu.

 

 

affiche-Free-Fall-Freier-Fall-2013-1.jpgFree Fall, de Stéphane Lacant, 1h40 ****


On en parle comme de « la réponse allemande au Secret de Brokeback Mountain » simplement pare que c'est l'histoire d'un hétéro macho qui tombe amoureux d'un beau gay après avoir tenté de le repousser, voire de le frapper. Le tout dans un milieu hostile (cow-boy VS flics).

Mais la comparaison s'arrête là. Plus court, moins chiant, plus étouffant (pas de grands espaces), plus moderne dans le traitement de l'histoire comme de l'image, plus sensuel peut-être, Free Fall m'a plus passionné que le film multi-primé d'Ang Lee. Il donne envie de vivre sans se barricader derrière des images, des limites, des interdictions, tant qu'il n'est pas trop tard...

 

 

 

patema-et-le-monde-inverse-affiche.jpgPatema et le monde inversé, de Yasuhiro Yoshiura, 1h40 **


Après une catastrophe écologique, la terre se trouve séparée en deux mondes à la gravité inversée ignorant tout l'un de l'autre. Dans le monde souterrain, Patéma, quatorze ans, adolescente espiègle et aventurière rêve d'ailleurs. Sur la terre ferme, Age, lycéen mélancolique, a du mal à s'adapter à son monde totalitaire. Le hasard va provoquer la rencontre des 2 adolescents en défiant les lois de la gravité.

Partant d'une super idée, le manga m'a déçu sur certains aspects. D'abord, ces Japonais (surtout Patéma) qui hurlent dès qu'ils ouvrent la bouche (ils peuvent pas parler normalement?). Ensuite, si certaines images pourraient passer pour du Miyazaki, d'autres paraissent datées, et le mouvement (des personnages, surtout) n'est pas toujours au point (trop saccadé par moments). Enfin, parlons justement de la fin, cette succession de rebondissements qui affolent le rythme alors que certains moments précédents tentaient d'endormir le spectateur : le rythme du film n'est pas tout à fait maîtrisé. Dommage.

 

 

gerontophilia.jpgGerontophilia, de Bruce LaBruce, 1h20 ****


Lake, 18 ans, un garçon plutôt ordinaire mais hyper bogosse, vit avec une mère névrosée et sort avec une fille de son âge excentrique. Embauché dans une maison de retraite pour l’été, il est troublé par une attirance nouvelle et pour le moins particulière : les vieux messieurs. Il tombe sous le charme de l'un des pensionnaires, Mr Peabody, 82 ans.

Voilà, vous êtes prévenus, si vous rentrez, vous savez ce que vous trouverez. C'est très étrange comme histoire mais finalement pas plus que ces films sur des jeunes garçons intéressés par des vieilles dames riches (cf Hors de Prix, par exemple). Là où le réalisateur habitué aux films chocs frôle la perfection, c'est que tout dans Gerontophilia est toujours subtil, quasi délicieux. Les acteurs sont magiques, on n'est jamais dans le voyeurisme, et ça c'est fort.

 

 

How-I-Live-Now-Maintenant-cest-ma-vie-affiche.jpgHow I live now (Maintenant, c'est ma vie), de Kévin Macdonald, 1h45 *****


Adapté du roman du même titre de Meg Rosoff chez Albin Michel Wiz.

Daisy, une adolescente new-yorkaise un peu connasse sur les bords, passe ses premières vacances dans la campagne anglaise chez ses cousins, qu'elle considère comme des bouseux. Les choses ont le temps d'évoluer entre Daisy et ses cousins avant qu'une éventuelle troisième guerre mondiale n'éclate et ne laisse s'envoler les rires, les sorties et les émois naissants. À partir de là, il n'est question que de survie.

L'incroyable force de film réside en le fait qu'on soit toujours exclusivement avec les adolescents. De la guerre, n'entendra que quelques explosions, on ne verra que quelques secondes d'images à la télévision avant que l'électricité ne soit coupée, on ne vivra que leur survie dans un camp de travail et leur fuite afin de tous se retrouver.

Époustouflant, éprouvant, sensationnel à tout égard, accompagné d'une BO tout aussi explosive, How I live now est un film dont on parle trop peu et indéniablement un des films qu'il ne faut pas rater en ce début d'année.

Par Sébastien Almira - Publié dans : Leçons de cinéma
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Mardi 18 mars 2014 2 18 /03 /Mars /2014 01:20

 

Un début de mois chargé en cinéma, qui nécessite donc en mars deux articles au lieu du traditionnel résumé en fin de mois. En plus, pour l'instant, c'est du bon cinéma, alors en voilà deux fois plus en mars !

 

 

American-Bluff.jpgAmerican Bluff, de David O. Russell, 2h15 ****


Après Fighter et Happines Therapy, le cinéaste nous plonge dans l’univers fascinant de l’un des plus extraordinaires scandales qui ait secoué l’Amérique dans les années 70. Un escroc particulièrement brillant, Irving Rosenfeld (Christian Bale, méconnaissable, qui a pris 18 kg et gagné une hernie pour le tournage), et sa belle complice, Sydney Prosser (Amy Adams, sensuelle, sexy et sensationnelle), se retrouvent obligés par un agent du FBI, Richie DiMaso (Bradley Cooper, parfait), de nager dans les eaux troubles de la mafia et du pouvoir pour piéger un homme politique corrompu, Carmine Polito. Le piège est risqué, d’autant que l’imprévisible épouse d’Irving, Rosalyn (Jennifer Lawrence, qui surjoue un brin son rôle de fêlée), pourrait bien tous les conduire à leur perte.

Tout est parfait, du scénario à la BO en passant par la photographie et les acteurs. La plongée dans les années 70 de Russell est maîtrisée de bout en bout. Extraordinaire et bluffant.


 

239820.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgThe Grand Budapest Hotel, de Wes Anderson, 1h40 ****


Premièrement, il faut noter une galerie d'acteurs exceptionnelle : Ralph Fiennes, Edward Norton, Mathieu Amalric, Adrien Brody, Jude Law, Bill Murray, Owen Wilson, Tilda Swinton, Léa Seydoux, et le surprenant Tony Revolori qui tient le second rôle.

Deuxièmement, il n'en faut pas beaucoup pour succomber au charme des histoires incroyables du Grand Budapest Hotel.

Troisièmement, la mise en scène, la photographie, la nostalgie de l'enfance, la façon de faire jouer ses acteurs : Wes Anderson est un génie de la réalisation. Tout est subtil, enivrant, délicieux.

Quatrièmement, il ne vous reste plus qu'à courir aller voir ce petit bijou qui ne souffre, à mes yeux, que d'un peu de longueurs, mais les puristes d'Anderson vous diront que c'est ce qui fait aussi son charme ! Une aventure, fantasque, drôle et exquise.

 

 

Affiche-Un-ete-a-Osage-County-.jpgUn été à Osage County, de John Wells, 2h ***


Suite à la disparition de leur père, les trois filles Weston se retrouvent dans la maison familiale. Les retrouvailles avec la mère paranoïaque et lunatique magistralement jouée par Meryl Streep qui n'aurait pas volé un autre Oscar, ne seront pas de tout repos. On assistera notamment à plusieurs clash entre le monstre maternel (tant comme personnage que comme actrice) et l'une de ses filles (Julia Roberts). Comme me disait l'amie avec qui j'ai vu le film et qui a détesté : il n'y en a aucun pour rattraper l'autre, tout le monde est au moins quelques instant odieux envers le reste de la famille et insupportable pour le spectateur. Ce n'est pas faux et, à vrai dire, un peu moins de haine (et cinq minutes de moins : les deux dernières scènes) n'aurait pas desservi un film qui en irritera sans doute plus d'un.

Cependant, la performance exceptionnelle de Meryl Streep et pas mal de scènes très réussies sauvent les meubles.

 

 

21061838_20131128144957302.jpgLa grande aventure Légo, de Phil Lord et Chris Miller, 1h30 ****


Dans un monde où « tout est super génial » qui ressemble fort à une jolie et joyeuse dictature, Emmet, un petit personnage banal et conventionnel, est pris par erreur pour un être extraordinaire, capable de sauver le monde. Ses aventures, entre comique de situation et clins d’œil désopilants, raviront petits et grands, qui plus est fan de Légo (hi hi, j'avoue...). Allociné le conseille à partir de 3 ans, mais vu le nombre de références aux jeux en tout genre, à l'univers social et politique, le film est vraiment à regarder à deux niveaux (les plus jeunes ne comprendront pas la moitié, mais seront ravis de l'action. Les Légos ont fait fort, très fort !

 

 

 

Le-Crocodile-du-Botswanga-Affiche-France.jpgLe crocodile du Botswanga, de Fabrice Éboué et Lionel Steketee, 1h30 ***


Leslie Konda, jeune révélation du foot, se rend dans son pays d'origine, le Botswanga, avec son agent notamment pour disperser les cendres de sa mère. Il vient de signer dans un grand club espagnol, mais Bobo Babimbi, le président (fraîchement arrivé au pouvoir par un coup d'état) ne l'entend pas de la même manière. Il contraint l'agent de faire pression sur lui pour qu'il joue dans l'équipe nationale : les Crocodiles du Botswanga.

Si le film dénonce et fait réfléchir, il fait surtout rire. Et la caricature n'y est pas pour rien. Cette comédie politique reste avant tout comique. Et ça fonctionne.

 

 

 

All-About-Albert-Affiche-France-copie-1.jpgAll about Albert, de Nicole Holofcener, 1h30 ****


Dans une soirée où elle ne trouve personne à son goût, Éva (Julia-Louis Dreyfus (Veep), ravissante avec ses mimiques) fait la rencontre de Marianne (Catherine Keener) dont elle deviendra la masseuse et la seule amie, et d'Albert (James Gandolfini (Les Soprano)), un gentil nounours qui deviendra son amant. Mais quand elle se rend compte que l'ex-mari de Marianne, qu'elle prend un malin plaisir à critiquer à longueur de journée, n'est autre qu'Albert, son Albert, elle ne sait plus quoi faire. C'est tellement tentant d'en apprendre davantage sur l'homme avec qui elle s'apprête à refaire sa vie...

Divinement porté par un trio d'acteurs parfait, All about Albert est une jolie comédie, drôle et sensible, de celles qui font du bien (loin de moi l'idée de paraître kitsch, le film ne l'est pas).

Par Sébastien Almira - Publié dans : Leçons de cinéma
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Lundi 3 mars 2014 1 03 /03 /Mars /2014 13:40

minuscule-afficheMinuscules, dans la vallée des fourmis, de Thomas Szabo et Hélène Giraud, 1h30 **


Rapidement, voilà l'histoire d'une coccinelle qui, après s'être fait attaquer par des salopes de grosses mouches, ne peut plus voler, et qui devient amie avec des fourmis noires poursuivies par des fourmis rouges qui tentent de leur voler les morceaux de sucre qu'elles viennent de trouver. Après, ce sera la guerre entre les deux clans de fourmis, les fourmis rouges ayant assiégé le château des fourmis noires. Et entre temps la coccinelle ne fait que rêver de sa famille qui l'a abandonnée.

C'est assez longuet pour pas grand chose. C'est mignon, mais je doute que la tranche d'âge à laquelle s'adresse le film d'animation – qui a quand même coûté 10 millions d'euros ! - tienne sagement jusqu'à la fin sans faire chier toute la salle.

 

 

the-lunchbox-affiche.jpgThe Lunchbox, de Ritesh Batra, 1h40 ****


Ila, une jeune femme délaissée par son mari, se met en quatre pour tenter de le reconquérir en lui préparant un savoureux déjeuner. Elle confie sa lunchbox au gigantesque service de livraison qui dessert toutes les entreprises de Bombay. Le soir, alors que les compliments ne viennent pas, elle comprend que la Lunchbox a été remise à quelqu'un d'autre. Ila glisse alors dans la lunchbox du lendemain un petit mot, dans l'espoir de percer le mystère.

Très jolie surprise, qui m'a fait comprendre que si je n'aime pas les films Bollywood, les films indiens sur l'Inde m'éblouissent souvent pour un rien. Car, à vrai dir,e il ne se passe pas grand chose dans The Lunchbox, mais tout est bien fait. Les acteurs sont parfaits, les dialogues savoureux, les plats préparés par Ila donnent l'eau à la bouche et le moment passé se déguste avec plaisir !

 

 

VIVA-LA-LIBERTA.JPGViva la libertà !, de Roberto Ando, 1h30 ****


Après l'Inde, direction l'Italie pour un film mineur, toutefois délectable. Avec humour, le cinéaste créé une fable politique réjouissante où Toni Servillo (La grande bellezza, Un balcon sur la mer, Gomorra, Il divo, etc.) campe un double rôle savoureux : le premier se présente, il me semble, aux élections municipales de Rome (à la présidence ?) et, donné perdant par les sondages, décide de fuir pour retrouver une vieille amie en France (Valérie Bruni Tedesci) ; le second est son frère jumeau, génie philosophe atteint de dépression bipolaire qui sort à peine de l'hôpital psychiatrique.

Andrea, le conseiller du politicien, prend le risque de remplacer le premier par le second le temps afin de pas créer de vagues au sein du parti et du paysage politique.

Aussi drôle qu'intelligent, Viva la libertà !, est porté par un acteur exceptionnel (« En mélancolique réservé ou en dingue éclairé, Toni Servillo est grandiose », Télérama), « Une réflexion fine, tout à la fois mélancolique et joyeuse, sur la gémellité et ses enjeux, sur l'Italie contemporaines et ses manquements, et sur la capacité qu'ont certains fous à ré-enchanter la vie. » (Les Cahiers du Cinéma)

 

 

21059506_2013112014553758.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_.jpgNymph(o)maniac 2/2, de Lars Von Trier, 2h °


Moralité #1 : la bande-annonce présentée à la fin du premier volet m'avait induit en erreur. Elle laissait penser que la seconde partie serait plus rythmée. Si elle est plus intense, elle est contradictoirement encore plus chiante.

Moralité #2 : tout est immonde. De la chatte de Charlotte Gainsbourg (puisque c'est comme ça qu'on en parle dans le film, appelons une chatte une chatte) en forme de brouillade ravagée aux coups de torchon qu'elle y met, en passant par ses tétons trop longs et la fellation qu'elle fait à un pédophile, tout est immonde.

Ah, j'oubliai les propos tout aussi immondes sur la nécessité d'appeler un négro un négro parce qu'il faut appeler un chat un chat et qu'il le mérite pour je ne sais quelle raison que j'ai préféré oublier.

Moralité #3 : « plus rien n'a de sens, plus rien ne va ». Où Lars Von Trier a appris que l'on prenait une actrice qui paraît 16 ans pour jouer un personnage d'à peu près 15 à 25 ans (peut-être même 30) sans la vieillir et qu'on pouvait mettre Charlotte Gainsbourg d'un coup en faisant croire que seulement trois ans étaient passés ? Que l'on pouvait remplacer Shia LaBeouf par Michael Pas pour un saut de quelques mois à l'âge de trente ans alors que les acteurs ne se ressemblent en rien ?

Moralité #4 : rien ne compte plus que de choquer. Le sens, le reste, on s'en fout. Par exemple, quel est l'intérêt que la jeune fille que Joe (Charlotte Gainsbourg) a pris sous son aile, dont elle est vaguement tombée amoureuse (et inversement) et qui, finalement, a préféré se barrer avec Jérôme (l'ex de Joe), lui pisse dessus (la fille sur Joe) après avoir couché avec Jérôme sur une poubelle sous les yeux de Joe, blessée à terre ?

Moralité #5 : ne plus aller voir de films de Lars Von Trier, Melancholia et Nymph(o)maniac ayant suffit à prendre le dessus sur le bon souvenir que j'avais de Dancer in the dark. Et ne plus aller voir de films avec Charlotte Gainsbourg, qui a le charisme d'une moule (ça lui apprendra à la montrer à tout le monde, tiens).

 

 

dallas-buyers-club.jpgDallas Buyers Club, de Jean-Marc Vallée, 1h55 ****


Ron Woodroof est un vrai mec : Texan viril, macho, raciste et homophobe, roi du rodéo, il boit, fume, se drogue, et baise à tout va. Lorsqu'on le diagnostique séropositif, il n'y croit pas. Il aurait chopé un truc de pédé ? Trente jours à vivre ? Impossible à croire, encore moins à accepter.

Mais alors qu'il devient urgent de se soigner, il découvre que les traitements qui fonctionnent ne sont pas autorisés aux États-Unis et lance avec Rayon (Jared Leto) le Dallas Buyers Club qui permet clandestinement aux malades d'acheter des médicaments ramenés notamment du Mexique. C'est un long combat contre la maladie, les autorité et les préjugés qui s'amorcent pour le cow-boy bien campé dans ses bottes qu'il était autrefois.

Matthew McConaughey et Jared Leto, impressionnants, méritent amplement leur Oscar fraîchement remporté. La performance des deux acteurs, qui ont perdu respectivement 22 et 25 kilos pour le film, suffit à porter le film. Et heureusement, parce qu'en dehors de ça (et même avec), c'est pas très joyeux, assez plombant et ça donne envie envie de tirer dans le tas des politiciens et autres grands patrons qui font valider/interdire les médicaments qu'ils veulent selon leurs propres intérêts et non ceux des patients.

 

 

le-vent-se-leve-affiche-du-dernier-hayao-miyazaki-affiche.jpgLe vent se lève, de Hayao Miyazaki, 2h ***


Bon ben voilà, c'est soit disant son dernier film, tous les médias crient au chef d’œuvre, j'avais donc hâte de voir ça ! Et bien, c'est joli, c'est sympa, c'est intéressant mais, c'est pas magnifique, c'est pas génial, c'est pas passionnant. Je n'ai pas encore vu toute son œuvre mais à côté du Voyage de Chihiro ou du Château Ambulant, c'est petit, mineur. Voilà : un film mineur. Loin d'être mauvais, il faut avouer, mais décevant, peu fantaisiste, longuet sur les bords. Dommage pour un soit-disant dernier film.

 


 

 

 

 

Petite parenthèse pour dire que j'ai également vu Pompéi de Paul W.S. Anderson, bien fait visuellement, avec vue plongeante sur la divine musculature de Kit Harington (Games of Throne), mais qui survole un peu l'Histoire pour se concentrer sur l'histoire d'amour impossible entre un esclave et la fille du chef de la ville, avec une fin « belle » et kitsch au possible, sur lequel je n'ai rien d'autre à vous dire : vous pouvez allègrement passer à côté.

J'ai également vu d'autres films (dont la très bonne comédie All about Albert en projection de presse) dont je parlerai, exceptionnellement, mi-mars dans Le cinéma de mars 1/2. d'ici-là, portez-vous bien et voyez de bons films !

 

all-about-albert-enough-said-15-01-2014-12-g.jpgAll about Albert, de Nicole Holofnecer

Par Sébastien Almira - Publié dans : Leçons de cinéma
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Lundi 3 février 2014 1 03 /02 /Fév /2014 16:16

nymphomaniac-1.jpgNymph()maniac 1/2, de Lars Von Trier, 2h **


Lars Von Trier n'est pas mon réalisateur préféré, je ne suis pas friand de ce genre de cinéma idolâtré par les parisiens et par les soit disant amateurs de grand cinéma qui aiment se masturber l'esprit avec des scènes inutilement longues pour peu que l'image soit belle. Si vous vous souvenez, j'avais été ébahi par la qualité visuelle de Tree of Life mais avais détesté cette branlette intello-philosophico-religieuse pompeuse à mort.

Bon, c'est pas autant sur le premier volet de Nymph()maniac mais, dis donc, qu'est-ce qu'on se fait chier ! Allez, j'exagère un peu, on ne s’ennuie pas tout le temps, mais c'est quand même un peu long pour rien. Et vas-y que je te filme la pluie sur un toit sous tous les plans possibles, et vas-y que je te cause de la pêche à la mouche pendant un quart du film.

La réussite du film, hormis l'esthétisme, c'est qu'on a quand même envie d'aller voir la suite...

 

 

don-jon.jpgDon Jon, de et avec Joseph Gordon Lewitt, 1h30 ****


Miam ! S'il ne fallait dire qu'un mot, ce serait celui-là. Si vous voulez voir Joseph Gordon Lewitt en petite tenue pendant trois quart d'heure, allez voir Don Jon. Si vous voulez aussi voir une comédie un brin originale sur le fonds et pas forcément destinée à un public hystérico-féminin, allez voir Don Jon.

Parce que Don Jon, c'est l'histoire, comme son nom l'indique, d'un Dom Juan qui peut se taper à peu près toutes les filles de la terre. Et c'est un peu un connard, parce qu'il les jette aussi rapidement qu'il les a mises dans son lit. Pourquoi ? Parce que ça ne vaut jamais ce qu'il ressent en se masturbant devant un bon porno. Il tente quand même une relation amoureuse avec une belle et bonne blonde (Scarlett Johansson) à l'attitude de salope mais finalement très prude avant de se faire brancher par une quadra un peu étrange (Julianne Moore).

Entre dix Notre Père et cinq Marie Je Vous Salue (parce qu'en plus d'être un gros macho, Monsieur est très croyant), il risque d'y avoir des étincelles ! Un très bon moment avec de bons acteurs.


 

Tel-Pere-Tel-Fils-Affiche-France.jpgTel père, tel fils, de Hirokazu Koreeda, 2h ****


Vous vous souvenez de La vie est un long fleuve tranquille ? Bon, et bien on va prendre le même incipit, à savoir : deux enfants ont été échangés à la maternité, l'un vit dans une famille modeste mais heureuse et l'autre est élevé dans un bel appartement par une mère soumise et un père dont la réussite professionnelle est un idéal de vie.

La comparaison s'arrête là. On se trouve au Japon, où les mentalités et les modes de vie sont complètement différents. Tous les repères des familles volent en éclat lorsque la maternité les met au courant de l'échange (les enfants ont six ans), Ryota (le père carriériste et aisé) n'a alors qu'une idée en tête : récupérer son vrai fils car, pour lui, les liens du sang ont plus d'importance que les six années passées à élever un enfant.

Le film posent pas mal de questions sur la parentalité, les lien du sans, la manière d'élever un enfant et les différences sociales. C'est quelque peu attendu sur le fonds, mais pas sans intérêt, d'autant que certains plans sont visuellement sublimes. Dommage que la fin traîne quelque peu en longueur.

 

 

La-Vie-revee-de-Walter-Mitty-Affiche-France-07.jpgLa vie rêvée de Walter Mitty, de et avec Ben Stiller, 1h55 ***


Walter Mitty est un homme ordinaire, enfermé dans son quotidien, qui n’ose s’évader qu’à travers des rêves à la fois drôles et extravagants. Mais confronté à une difficulté dans sa vie professionnelle, Walter doit trouver le courage de passer à l'action dans le monde réel. Il embarque alors dans un périple incroyable, pour vivre une aventure bien plus riche que tout ce qu'il aurait pu imaginer jusqu’ici. Et qui devrait changer sa vie à jamais.

C'est pas mal filmé, pas mal joué, il y a de belles séquences, d'autres assez drôles, d'autres surprenantes, etc. Ça se regarde avec plaisir, mais ça reste anecdotique.

 

 

 

pret--tout.jpg Prêt à tout, de Nicola Cuche, 1h35 ***


À vingt ans, Max (Max Boulbil) est un raté incapable de draguer la fille de ses rêves. À trente ans, il vit sur une île paradisiaque grâce au succès du site de rencontre pour mères célibataires créé avec ses deux potes de toujours. Mais il se lasse et n'a pas oublié Alice (la ravissante Aïssa Maïga). Pour se rapprocher d'elle, il rachète l'entreprise, en faillite, dans laquelle elle travaille, et se fait passer pour un employé.

Embourbé dans une multitude de mensonges et d'arrangements loufoques, il ne sait comment sortir de cette situation désespérée, d'autant qu'Alice enchaîne les rencontres grâce au site qu'il a créé !

Honnêtement, le film apporte son lot de scènes attendues, entendues et kitsch mais, franchement, on passe un bon moment, on rigole bien et c'est tout ce qui compte !

 

 

Lulu-femme-nue-affiche.jpgLulu, femme nue, de Solveig Anspach, 1h30 ****


À la suite d’un entretien d’embauche qui se passe mal, Lulu décide de ne pas rentrer chez elle et part en laissant son mari et ses trois enfants. Elle n’a rien prémédité, ça se passe très simplement.

Elle s’octroie quelques jours de liberté, seule, sur la côte, sans autre projet que d’en profiter pleinement et sans culpabilité. En chemin, elle va croiser des gens qui sont, eux aussi, au bord du monde : un drôle d’oiseau couvé par ses frères, une vieille qui s’ennuie à mourir et une employée harcelée par sa patronne… Trois rencontres décisives qui vont aider Lulu à retrouver une ancienne connaissance qu’elle a perdu de vue : elle-même.

C'est parce que j'avais aimé la bande-dessinée d’Étienne Davodeau que je suis allé voir ce film, sans quoi le sujet ne m'aurait pas forcément attirer. Et j'aurais raté quelque chose. D'abord, j'aurais raté l'extraordinaire performance de Karin Viard. Comment transposer le personnage de Lulu à l'écran, pas niaise, pas simplette, pas désintéressée de tout, pas empotée, mais un peu tout ça quand même à la fois ? Ça me faisait peur. C'était sans compter sur le talent de l'actrice. J'aurais aussi raté l'étonnante Claude Gensac qui joue également son rôle à la perfection. Jamais vu une vieille aussi réaliste et touchante au cinéma. J'aurais raté un joli film sur la liberté qui, sans prétention aucune, nous embarque tranquillement dans une histoire tout ce qu'il y a de plus banal, mais envoûtante.

 

 

affiche-jacky-au-royaume-des-filles.jpgJacky au royaume des filles, de Riad Sattouf, 1h30 **


En république démocratique et populaire de Bubunne, les femmes ont le pouvoir, commandent et font la guerre, et les hommes portent le voile et s’occupent de leur foyer. Parmi eux, Jacky, un garçon de vingt ans, a le même fantasme inaccessible que tous les célibataires de son pays : épouser la Colonelle, fille de la dictatrice, et avoir plein de petites filles avec elle. Mais quand la Générale décide enfin d’organiser un grand bal pour trouver un mari à sa fille, les choses empirent pour Jacky : maltraité par sa belle-famille, il voit son rêve peu à peu lui échapper...

Quelle excellente idée que ce film, le scénario promettait du lourd ! La bande-annonce, déjà, m'avait laissé comme une étrange sensation. Et bien, elle n'a pas menti sur le film. Le film d'un réalisateur qui avait envie de se faire plaisir avec une petite folie, mais qui ne va pas au bout de sa folie, ou pas de la bonne manière.

Survolant parfois trop le projet (beaucoup de bonnes scènes sur le principe de la dictature inversée, mais on ne peut qu'imaginer tout ce que Riad Sattouf aurait pu intégré à son film), à la fois trop grotesque et pas assez drôle, Jacky au royaume des filles n'a pas tenu les promesses qui m'avaient attiré. C'était sympa, mais assez décevant.

Par Sébastien Almira - Publié dans : Leçons de cinéma
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Mercredi 1 janvier 2014 3 01 /01 /Jan /2014 22:16

 

images.jpgReine des neiges, de Chris Buck et Jennifer Lee, 1h40 ***

Voilà le Disney de Noël. On est en droit de craindre le pire, mais cette année, c'est un bon cru. Sans être excellent et novateur, La Reine des neiges se laisse regarder avec plaisir par les petits et les grands. Un peu comme les bonbons Haribo, les calories en moins.

Anna, une jeune fille aussi audacieuse qu’optimiste, se lance dans un incroyable voyage en compagnie de Kristoff, un montagnard expérimenté, et de son fidèle renne, Sven à la recherche de sa sœur, Elsa, la Reine des Neiges qui a plongé le royaume d’Arendelle dans un hiver éterne

 

 

 

casse.jpgCasse-tête chinois, de Cédric Klapisch, 1h50 ***

Romain Duris, Cécile de France, Kelly Reilly et Audrey Tautou ont de retour après L'auberge espagnole et Les poupées russes. Nouvelles aventures, nouveaux liens, nouveaux couples, nouvelles galères, nouveaux quiproquos et, surtout, une ribambelle de gamins : Klapisch a mis les petits plats dans les grands pour ne laisser aucun temps mort à ce troisième épisode.

Audrey Tautou n'est pas très énervante, le comique de situation fonctionne bien et malgré un début ennuyeux au montage épileptique, on est vachement bien avec la bande aux États-Unis.

 

 

21030323_20130904135554038.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q.jpgLast Vegas, de Jon Turteltaub, 1h40 ***

Surfant à la fois sur la vague de Very Bad Trip (pour l'enterrement de vie de jeune garçon) et celle de RED (pour le plébiscite des « vieux acteurs » par un public de « jeunes »), Jon Turteltaub (Ninja Kids, Rasta Rocket, Benjamin Gates, etc.) propose une bonne comédie qui enchaîne les clichés avec savoir-faire. Michaël Douglas réunit Robert DeNiro, Morgan Freeman et Kévin Kline à Las Vegas et portent le film à la perfection. Comme quoi, on peut faire une comédie où on se bourre la gueule à Vegas sans pondre automatiquement de la daube bien lourde et bien grasse.

 

 

 

BAD-GRANDPA-Affiche-France.jpgJackass présente Bad Grandpa, de Jeff Tremaine, 1h20 **

Ce qui n'est pas forcément le cas de Bad Grandpa. Bon, d'accord, en sachant que Jackass est derrière ce film, on est prévenu. Mais je dois dire qu'au delà du forcément potache et lourdingue où les bandes de potes alentours explosaient de rire à s'en taper les cuisses quand je souriais à peine, Bad Grandpa m'a fait bien rire plus d'une fois. Par contre, ne voyez pas ce road trip d'un grand-père acariâtre et d'un petit-fils grimé en parfait américain (bien gras, mauvais caractère, pas très fut-fut, etc.) en français, les doublages sont à vous faire pleurer des oreilles.


 

 

100-cachemire-affiche-5242f813e497b.jpg100% cachemire, de Valérie Lemercier, 1h35 ***

Valérie Lemercier et Gilles Lelouche forment un couple parisien en vogue qui ne parviennent pas à avoir d'enfant. Ils adoptent un petit Russe qui se révèle être un véritable monstre. Vont-ils s'en sortir ou tenter de s'en débarrasser ?

C'est plein de bons sentiments et de clichés, mais on se fait quand même bien plaisir avec cette petite comédie française signée Valérie Lemercier !

 

 

 

 

 

reves-d-or.jpgRêves d'or, de Diego Quemada-Diez, 1h45 ***

Juan, Sara et Saluel, trois adolescents, tentent de fuir le Guatemala pour vivre le rêve américain. Pendant leur périple à travers le Mexique, ils rencontrent Chauk, un indien du Chiapas ne parlant pas l’espagnol et qui se joint à eux. Mais, lors de leur voyage dans des trains de marchandises ou le long des voies de chemin de fer, ils devront affronter une dure et violente réalité.

C'est bien filmé, l'image est belle, le propos est déjà vu, mais filmé de manière authentique et poétique à la fois, avec peu de dialogues mais beaucoup de sentiments. C'est toutefois dommage que la fin soit si longue (succession de scènes qui pourraient chacune être une fin possible, à la Tree of Life).

 

 

rencontres.jpgLes rencontres d'après minuit, de Yann Gonzales, 1h30 **

Je ne sais comment vous parler des Rencontres d'après minuit. Je ne saurais même pas comment qualifier ce film. Un huis clos intello et subversif ? Une démonstration de style ? Un film nourri d'une ambition folle ? Le renouveau du cinéma français ? Le plus mauvais film de l'année ? C'est un peu tout ce que je li sur la toile et j'avoue que je ne sais pas bien où me placer au milieu de ces avis à mille lieues les uns des autres.

Ce qui est certain, c'est qu'il n'est pas aisé de rentrer – et de prendre du plaisir à le faire – dans ce film à l'esthétique hyper travaillé, baroque et surréaliste (dans tous les sens du terme). On se croirait tantôt dans une pièce de théâtre, tantôt dans un clip d'Arielle Dombasle.

Voilà, c'est l'histoire d'une partouze baroque et surréaliste dont on ne sait si les protagonistes (un jeune couple et leur gouvernante travestie qui reçoivent La Chienne, La Star, L’Etalon et L’Adolescent) pourront mener à terme leur rencontre d'après minuit.

Par Sébastien Almira - Publié dans : Leçons de cinéma
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