Monde du livre

Mercredi 18 septembre 2013 3 18 /09 /Sep /2013 19:46

Mises à jour régulièrement, comme les années précédentes, voici les premières sélections des prix littéraires 2013.

Chaque mise à jour sera notifiée, les titres retenus pour les deuxième sélections seront mis en gras et ceux pour les sélections finales en rouge.

On notera le coup de maître de Pierre Lemaître, présent dans cinq sélections pour le moment (Goncourt, Fémina, Renaudot, Interallié et Jean Giono) avec Au revoir, là-haut chez Albin Michel, de Yann Moix dans quatre sélections (Goncourt, Médicis, Renaudot, Décembre) avec sa Naissance en 1,3 Kg chez Grasset et celui, incompréhensible, de Karine Tuil présente dans trois sélections (Goncourt, Fémina, Interallié) avec son Invention de la vie chez Grasset.

Pas beaucoup de livres lus dans ces sélections exceptés celui de Karine Tuil (article ici), La transcendante de Patricia Reznikov (article ici), Parce que tu me plais de Fabien Prade (article ici), Haute époque de Jean-Yves Lacroix (article ici) et l'excellent Pornographia de Jean-Baptiste Del Amo (article ici).

 

Première sélection

Deuxième sélection

Troisième sélection

Lauréat

 

MAJ 02/10/13 :

- Jean-Baptiste Del Amo remporte le Prix Sade avec Pornographia (Gallimard)

- 2e sélection du prix Goncourt (en gras)

- 2e sélection du prix Médicis

- 1e sélection du Grand prix du roman de l'Académie Française

- 1e sélection du prix du premier roman

MAJ 05/10/13 :

- 2e sélection du prix Fémina

MAJ 09/10/13 :

- 2e sélection du prix Renaudot

- 2e sélection du prix Jean Giono

- 2e sélection du prix de Flore

- 1e sélection du prix des Libraires 2014

MAJ 10/10/13 :

- Alice Munro remporte le prix Nobel de littérature

- Au revoir là-haut de Pierre Lemaître (Albin Michel) élu roman français de la rentrée préféré des libraires

- Canada de Richard Ford (L'Olivier) élu roman étranger de la rentrée préféré des libraires

MAJ 11/10/13 :

- 2e sélection de l'Académie française

MAJ 19/10/13 :

- Pierre Jourde remporte le Prix Jean Giono avec La première pierre (Gallimard)

MAJ 25/10/13 :

- Dernière sélection du prix Décembre

- 2e sélection du prix Interallié

- Christophe Ono-Dit-Biot remporte le Grand prix du roman de l'Académie Française avec Plonger chez Gallimard

MAJ 02/11/2013 :

- Dernière sélection du prix Goncourt

MAJ 04/11/2013 :

- Pierre Lemaître remporte le prix Goncourt avec Au-revoit là-haut chez Albin Michel

- Yann Moix remporte le prix Renaudot avec Naissance chez Grasset

MAJ 12/11/2013 :

- Maël Renouard remporte le prix Décembre avec La réforme de l'Opéra de Pékin chez Rivages

- Olivier Lebé remporte le prix du Premier Roman français avec Repule Bay chez La Grand Ourse

- Patric McGuiness remporte le prix du Premier Roman étranger avec Les cent derniers jours chez Gallimard

- Monica Sabolo remporte le prix de Flore avec Tout ça n'a rien à voir avec moi chez Lattès

- Marcel Cohen remporte le prix Wepler / Fondation La Poste avec Sur la scène intérieure. Faits chez Gallimard, tandis que Philippe Rahmy se voit attribuer la mention spéciale pour Béton armé à La Table Ronde

- 2e sélection du prix des Libraires

- Léonora Miano remporte le prix Fémina français avec La saison de l'ombre chez Grasset

- Richard Ford remporte le prix Fémina étranger avec Canada chez L'Olivier

Déjà cinq prix remportés par Gallimard et deux par Grasset...

MAJ 17/11/2013 :

- Marie Dariessecq remporte le prix Médicis français avec Il faut beaucoup aimer les hommes chez POL
- Toine Heijmans remporte le prix Médicis étranger avec En mer chez Christian Bourgois

- Christophe Ono-dit-Biot remporte le prix Renaudot des lycéens avec Plonger chez Gallimard

- Sorj Chalandon remporte le prix Goncourt des lycéens avec Le quatrième mur chez Grasset

MAJ 23/11/2013 :

- Nelly Alard remporte le prix Interallié avec Moment d'un couple chez Gallimard

MAJ 01/12/2013 :

- sélection du prix du Roman France Télévision


 

 

Prix Goncourt

Décerné à Pierre Lemaître pour Au revoir là-haut chez Albin Michel

Prix Goncourt des Lycéens : Sorj Chalandon pour Le quatrième mur chez Grasset

Jean-Daniel Baltassat, Le divan de Staline (Seuil)
David Bosc, La claire fontaine (Verdier)
Sorj Chalandon, Le quatrième mur (Grasset)
Marie Darrieussecq, Il faut beaucoup aimer les hommes (POL)
Sylvie Germain, Petites scènes capitales (Albin Michel)
Pierre Jourde, La première pierre (Gallimard)
Pierre Lemaître, Au revoir là-haut (Albin-Michel)
Yann Moix, Naissance (Grasset)
Boris Razon, Palladium (Stock)
Thomas B Reverdy, Les Evaporés (Flammarion)
Laurent Seksik, Le cas Eduard Einstein (Flammarion)
Chantal Thomas, L’échange des princesses (Seuil)
Jean-Philippe Toussaint, Nue (Minuit)
Karine Tuil, L’invention de nos vies (Grasset)
Frédéric Verger, Arden (Gallimard)

 

Grand Prix du Roman de l'Académie Française

décerné à Christophe Ono-Dit-Biot pour Plonger chez Gallimard

Moment d’un couple, de Nelly Alard (Gallimard)

Le Pavillon des écrivains, de Claude Durand (de Fallois)

Petites Scènes capitales, de Sylvie Germain (Albin Michel)

Au revoir là-haut, de Pierre Lemaitre (Albin Michel)

La Route du salut, d’Étienne de Montety (Gallimard)

Apollinaria, de Capucine Motte (Lattès)

Plonger, de Christophe Ono-dit-Biot (Gallimard)

Les Évaporés, de Thomas B. Reverdy (Flammarion)

Le Cas Eduard Einstein, de Laurent Seksik (Flammarion)

 

Prix Fémina français

Décerné à Léonora Miano pour La saison de l'ombre chez Grasset

Laura Alcoba, Le bleu des abeilles (Gallimard)
Tristan Garcia, Faber. Le Destructeur (Gallimard)
Brigitte Giraud, Avoir un corps (Stock)
Mikaël Hirsch, Avec les hommes (Intervalles)
Pierre Lemaitre, Au revoir là-haut (Albin Michel)
Charif Majdalani, Le dernier seigneur de Marsad (Seuil)
Leonora Miano, La saison de l'ombre (Grasset)
Céline Minard, Faillir être flingué (Rivages)
Véronique Ovaldé, La grâce des brigands (L'Olivier)

Eric Pessan, Muette (Albin Michel)
Olivier Poivre d'Arvor, Le jour où j'ai rencontré ma fille (Grasset)
Patricia Reznikov, La transcendante (Albin Michel)
Laurent Seksik, Le cas Eduard Einstein (Flammarion)
Jean-Philippe Toussaint, Nue (Minuit)
Karine Tuil, L'invention de nos vies (Grasset)

+ Boris Razon, Palladium (Stock)

+ Philippe Vasset, La conjuration (Fayard)

 

Prix Fémina étranger

Décerné à Richard Ford pour Canada (L'Olivier)

Martin Amis, Lionel Asbo (Gallimard) - Grande-Bretagne
Nadeem Aslam, Le jardin de l'aveugle (Seuil) - Grande-Bretagne/Pakistan
Jaume Cabré, Confiteor (Actes Sud) - Espagne
Junot Diaz, Guide du looser amoureux (Plon) - Etats-Unis
Louise Erdrich, Dans le silence du vent (Albin Michel) - Etats-Unis
Richard Ford, Canada (L'Olivier) - Etats-Unis
Alan Hollinghurst, L'enfant de l'étranger (Albin Michel) - Grande-Bretagne
Eun Ja Kang, L'étrangère (Seuil) - Corée du Sud
Laura Kasischke, Esprit d'hiver (Bourgois) - Etats-Unis
Colum McCann, Transatlantic (Belfond) - Irlande
Patrick McGuinness, Les cent derniers jours (Grasset) - Grande-Bretagne
Anouk Markovits, Je suis interdite (Lattès) - Etats-Unis
Melania Mazzucco, La longue attente de l'ange (Flammarion) - Italie
Sarah Quigley, La symphonie de Leningrad (Mercure de France) - Nouvelle-Zélande

 

Prix Médicis français

Décerné à Marie Darieussecq pour Il faut beaucoup aimer les hommes chez POL

Laura Alcoba, Le bleu des abeilles (Gallimard)
Metin Arditi, La Confrérie des moines volants (Grasset)
Roland Buti, Le milieu de l'horizon (Zoé)
Thomas Clerc, Intérieur (Gallimard)
Delphine Coulin, Voir du pays (Grasset)
Marie Darrieussecq, Il faut beaucoup aimer les hommes (POL)
Tristan Garcia, Faber. Le Destructeur (Gallimard)
Cloé Korman, Les saisons de Louveplaine (Seuil)
Charif Majdalani, Le dernier seigneur de Marsad (Seuil)
Céline Minard, Faillir être flinguée (Rivages)
Yann Moix, Naissance (Grasset)
Philippe Vasset, La conjuration (Fayard)
Frédéric Verger, Arden (Gallimard)

 

Prix Médicis étranger

Décerné à Toine Heijmans pour En mer chez Christian Bourgois

Jaume Cabré, Confiteor (Actes Sud, traduit du catalan par Edmond Raillard).
Joan Didion, Le Bleu de la nuit (Grasset, traduit de l'anglais (USA) par Pierre Demarty)
Toine Heijmans, En mer (Christian Bourgois, traduit du néerlandais par Danielle Losman)
Allan Hollingshurst, L'enfant de l'étranger (Albin Michel, traduit de l'anglais (GB) par Bernard Turle)
Laura Kasischke, Esprit d'hiver (Christian Bourgois, traduit de l'anglais (USA) par Aurélie Tronchet)
Rosa Liksom, Compartiment nº 6 (Gallimard, traduit du finnois par Anne Colin du Terrail)
Marco Lodoli, Les promesses (POL, traduit de l'italien par Louise Boudonnat)
Javier Marìas, Comme les amours (Gallimard, traduit de l'espagnol par Anne-Marie Geninet)
Patrick McGuinness, Les derniers cent jours (Grasset, traduit de l'anglais (GB) par Karine Lalechère)
Joyce Carol Oates, Mudwoman (Philippe Rey, traduit de l'anglais (USA) par Claude Seban)
Edna O'Brien, Fille de la campagne (Sabine Wespieser, traduit de l'anglais (Irlande) par Pierre-Emmanuel Dauzat)
Lance Weller, Wilderness (Gallmeister, traduit de l'anglais (USA) par François Happe)

 

Prix Renaudot

Décerné à Yann Moix pour Naissance chez Grasset

Prix Renaudot des Lycéens : Christophe Ono-dit-Biot pour Plonger chez Gallimard

Etienne de Montéty, La Route du salut (Gallimard)
Chistophe Ono-Dit-Biot, Plonger (Gallimard)
Yann Moix, Naissance (Grasset)
Patricia Reznikov, La Transcendante (Albin Michel)
Philippe Vasset, La Conjuration (Fayard)
Thomas Clerc, Intérieur (Gallimard, coll. "L'Arbalète")
Romain Puertolas, L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa (Le Dilettante)
Pierre Lemaitre, Au revoir là-haut (Albin Michel)
Philippe Jaenada, Sulak (Julliard)
Cloé Korman, Les Saisons de Louveplaine (Seuil)
Frédéric Verger, Arden (Gallimard)
Metin Arditi, La confrérie des moines volants (Grasset)

+ Claude Durand, Le pavillon des écrivains (De Fallois)

+ Chérif Majdalani, Le dernier seigneur de Marsad (Seuil)

+ Véronique Ovaldé, La grâce des brigands (L'Olivier)

 

Prix de Flore

Décerné à Monica Sabolo pour Tout ça n'a rien à voir avec moi chez Lattès

Nelly Alard, Moment d'un couple (Gallimard)
Xavier Boissel, Autopsie des ombres (Inculte)
David di Nota, Ta femme me trompe (Gallimard)
Olivier Lebé, Repulse Bay (La Grande Ourse)
Alizé Meurisse, Neverdays (Allia)
Fabien Prade, Parce que tu me plais (NiL)
Monica Sabolo, Tout cela n'a rien à voir avec moi (Lattès)
Sacha Sperling, J'ai perdu tout ce que j'aimais (Fayard)
Flore Vasseur, En bande organisée (Editions des Equateurs)
Marc Weitzmann, Une matière inflammable (Stock)

+ Emilie de Turckheim, Une Sainte (Héloïse d'Ormesson)

 

Prix Interallié

Décerné à Nelly Alard pour Moment d'un couple chez Gallimard

Nelly Alard, Moment d’un couple (Gallimard)
Olivier Bleys, Concerto pour la main morte (Albin Michel)
Alain Jaubert, Au bord de la mer violette (Gallimard)
Philippe Jaenada, Sulak (Julliard)
Pierre Lemaitre, Au revoir là-haut (Albin Michel)
Arthur Loustalot, La ruche (J.-C. Lattès)
Etienne de Montety, La route du salut (Gallimard)
Judith Perrignon, Les faibles et les forts (Stock)
Monica Sabolo, Tout cela n’a rien à voir avec moi (Lattès)
Karine Tuil, L’invention de nos vies (Grasset)
Philippe Vasset, La conjuration (Fayard)
Flore Vasseur, En bande organisée (Equateurs)

 

Prix Décembre

Décerné à Maël Renouard pour La réforme de l'Opéra de Pékin chez Rivages

Moment d’un couple, Nelly Alard (Gallimard)
La claire fontaine, David Bosc (Verdier)
Faber : le destructeur, Tristan Garcia (Gallimard)
Avoir un corps, Brigitte Giraud (Stock)
Haute époque, Jean-Yves Lacroix (Albin Michel)
Toute la noirceur du monde, Pierre Mérot (Flammarion)
Naissance, Yann Moix (Grasset)
La réforme de l’Opéra de Pékin, Maël Renouard (Rivages)
Les évaporés, Thomas B. Reverdy (Flammarion)
Ormuz, Jean Rolin (P.O.L)
Arden, Frédéric Verger (Gallimard)
Une matière inflammable, Marc Weitzmann (Stock)

 

Prix Wepler / Fondation La Poste

Décerné à Marcel Cohen pour Sur la scène intérieure. Faits chez Gallimard

Mention spéciale attribuée à Philippe Rahmy pour Béton armé à La Table Ronde

Sylvie Aymard, C’est une occupation sans fin que d’être vivant (Grasset)
Nicolas Bouyssi, Les rayons du soleil (P.O.L)
Marcel Cohen, Sur la scène intérieure. Faits (Gallimard)
Brigitte Giraud, Avoir un corps (Stock)
Emmanuelle Heidsieck, À l’aide ou Le rapport W (Inculte)
Thierry Laget, Provinces, Atlas des amours fugaces (Arbre vengeur)
Loïc Merle, L’esprit de l’ivresse (Actes Sud)
Céline Minard, Faillir être flingué (Rivages)
Philippe Rahmy, Béton armé (La Table ronde)
Tiphaine Samoyault, Bête de cirque (Seuil)
Marina de Van, Stéréoscopie (Allia)
Philippe Vasset, La conjuration (Fayard)

 

Prix Jean Giono

décerné à Pierre Jourde pour La première pierre chez Gallimard

Sorj Chalandon, Le quatrième mur (Grasset)
Pierre Jourde, La première pierre (Gallimard)
Pierre Lemaitre, Au revoir là-haut (Albin Michel)
Pierre Péju, L’état du ciel (Gallimard)
Charif Majdalani, Le dernier seigneur de Marsad (Seuil)
Laurent Seksik, Le cas Eduard Einstein (Flammarion)
Frédéric Verger, Arden (Gallimard)
Eugène Nicole, Les eaux territoriales (L’Olivier)
Nelly Alard, Moment d’un couple (Gallimard)
David Bosc, La Claire fontaine (Verdier)

 

Prix Sade

décerné à Jean-Baptiste Del Amo pour Pornographia chez Gallimard

Crâne chaud, de Nathalie Quintane (P.O.L.)
Le Paradis entre les jambes, de Nicole Caligaris (Verticales)
Pornographia, de Jean-Baptiste del Amo (Gallimard)
Eugénie Guillou, religieuse et putain, présenté par Daniel Grojnowski (Pauvert/Fayard)
La Nuit scoptophile, de Stephan Levy-Kuentz (Dumerchez)
Sade, scénario, d'Alain Fleischer (Le Cherche-Midi).
Mira, de Caroline Lamarche (Impressions Nouvelles)
Guillaume Dustan, réédition de son Oeuvre volume 1 (P.O.L)

 

Prix du Livre des Bloggeurs / PriceMinister

Nancy Huston, Danse noire (Actes Sud)
Claudie Gallay, Une part de ciel (Actes Sud)
Véronique Ovaldé, La grâce des Brigands (L'Olivier)
Hélène Frappat, Lady Hunt (Actes Sud)
Serge Bramly, Arrête, arrête (NiL)
Maria Pourchet, Rome en un jour (Gallimard)
Laura Kasischke, Esprit d'hiver (Christian Bourgois)   
Bergsveinn Birgisson, La lettre à Helga (Zulma)
Hélène Grémillon, La garçonnière (Flammarion)
Barbara Kingsolver, Dans la lumière (Rivages)
Sylvie Germain, Petites scènes capitales (Albin Michel)
Leonor de Récondo, Pietra Viva (Sabine Wespieser)

 

Prix du Premier Roman

Décerné à Olivier Lebé pour Repulse Bay chez La Grande Ourse

sélection française :
Julien Delmaire, Georgia, Grasset
Héloïse Guay de Bellissen, Le roman de Boddah, Fayard
Dominique Le Brun, Quai de la Douane, Editions du Télégraphe
Olivier Lebé, Repulse Bay, Editions de la Grande Ourse
Loïc Merle, L’esprit d’ivresse, Actes Sud
Boris Razon, Palladium, Stock
Sophie Van der Linden, La fabrique du monde, Buchet/Chastel
Agnès Vannouvong, Après l’amour, Mercure de France
Fédéric Verger, Arden, Gallimard

 

Décerné à Patrick McGuiness pour Les cent derniers jours chez Gallimard

sélection étrangère :
Patrick Flannery, Absolution, Laffont
Tim Gautreau, Le dernier arbre, Seuil
Patrick Mac Guiness, Les cents derniers jours, Gallimard
Joao Ricardo Pedro, La main de Joseph Castorp, Viviane Hamy

 

Prix des Libraires
Laure Alcoba, Le bleu des abeilles (Gallimard)
Jean-Daniel Baltassat, Le divan de Staline (Seuil)
Isabelle Condou, Un pays qui n’avait pas de port (Plon)
Chahdortt Djavann, La dernière séance (Fayard)
David Fauquemberg, Manuel El Negro (Fayard)
Tristan Garcia, Faber le destructeur (Gallimard)
Valentine Goby, Kinderzimmer (Actes Sud)
Hélène Grémillon, La garçonnière (Flammarion)
Sybille Grimbert, Le fils de Sam Green (Anne Carrière)
Pierre Lemaitre, Au revoir là-haut (Albin Michel)
Déborah Lévy-Bertherat, Les voyages de Daniel Ascher (Rivages)
Charif Majdalani, Le dernier seigneur de Marsad (Seuil)
Céline Minard, Faillir être flingué (Rivages)

Léonor de Récondo, Pietra viva (Sabine Wespieser)
Thomas B. Reverdy, Les évaporés (Flammarion)
Jean Rolin, Ormuz (POL)
Lionel Salaün, Bel-Air (Liana Levi)
Karine Tuil, L’invention de nos vies (Grasset)
Sophie Van der Linden, La fabrique du monde (Buchet Chastel)

+ Jocelyne Saucier, Il pleuvait des oiseaux (Denoël)

+ Emmanuel Venet, Rien (Verdier)

 

Prix du Roman France Télévision
Sylvie Germain, Petits scènes capitales (Albin Michel)
Brigitte Giraud, Avoir un corps (Stock)
Pierre Lemaitre, Au revoir là-haut (Albin Michel)
Léonora Miano, La saison de l'ombre (Grasset)
Jean-Philippe Toussaint, Nue (Minuit)
Philippe Vasset, La Conjuration (Fayard)

Par Sébastien Almira - Publié dans : Monde du livre
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Jeudi 21 juillet 2011 4 21 /07 /Juil /2011 12:26

fnac.jpg

Fnac de la Place des Ternes, Paris

 

La Fnac me fait doucement rire. Le PDG Alexandre Bompard a annoncé mardi son plan miracle pour remonter la pente.

 

Quoi ? La Fnac, en chute ? Ah d'accord, ils ont fait -5,2 % au premier semestre sur les produits culturels, et -5,4 % sur les produits techniques, ok ! Ce qui fait que, vu les millions qu'ils se font chaque année, ils ont perdu quelques malheureux milliers d'euros. Je comprends soudain mieux leurs motivations !

 

Voilà ce que j'écrivais dans l'article La librairie contre les machines (ici), en mai 2009 :

« Enfin, on ne peut pas vraiment dire que le marché du livre soit réellement en crise, il se vend sensiblement le même nombre de livres chaque année, les succès sont toujours au rendez-vous (Millénium, L'élégance du hérissonet Marc Lévy en tête, le prouvent), les auteurs de plus en plus productifs (chez Albin Michel, Schmitt, Chattam et Werber publient plusieurs livres par an), etc. Non, on ne peut pas vraiment dire qu'il y a crise. Le problème se trouve, comme pour le disque et la vidéo, du côté d'internet. Non pas avec le téléchargement, mais avec les pure player, tel Amazon, qui tuent la librairie française. Cependant, la Fnac tire toujours son épingle du jeu. Même si elle subit la concurrence d'Amazon et compagnie, elle a vite réagi en offrant sur son site les 5 % autorisés par la loi, ainsi que les frais de port. Face à ça et à l'effervescence de ses magasins, que peuvent les librairies indépendantes ? »

 

Le problème de la Fnac aujourd'hui est double. D'abord, il s'agit de celui-là même qui touche les librairies indépendantes depuis plusieurs années : internet. Les ventes sur le net bouffent les ventes en magasin et, cette fois, la Fnac ne s'en sort pas indemne. Les 5 % et les frais de port offerts sur son site ne renversent pas la tendance : la Fnac est désormais olgée à la même enseigne que les autres.

Le second réside en la Fnac elle-même. Il suffit de lire les commentaires qui font suite à l'article Yahoo (ici) pour se rendre compte que ce que je dis dans La librairie contre les machines n'est pas le fruit de l'imagination d'un anti-Fnac ayant travaillé chez Virgin. Le personnel n'est bien souvent pas à la hauteur (produits culturels) et quand il l'est, la direction les obligent à vendre de la merde (Pathoi en commentaire sur Yahoo : « J'ai travaille 1 an a la fnac, au début c'était sympa, ma motivation principale était de conseiller le mieux possible les clients et leur vendre des produits adaptés à leurs besoins. J'etais au rayon photo et connaissais bien mon rayon. Petit a petit, les objectifs devenaient plus axés sur le chiffre, vendre en priorité les produits en fins de vies (adieux les bons conseils aux clients), vendre des extensions de garanties très chères (elles rapportent largement plus que le produit lui même). Bref, j'avais perdu mes illusions de travailler dans un magasin cool au service du client et des évolutions des produits technologiques. J'ai quitté au bout d'un an. Dernières nouvelles du magasin ou je travaillais : 2 suicides d'anciens collègues... »).

Le servie au client est autant négligé que le turn-over est important, je n'ai pas eu à faire à un bon libraire une seule fois depuis que je connais le métier, excepté au magasin d'Avignon. Les stagiaires envahissent les rayons (pas cher, le stagiaire) et se trouvent bien souvent incapables de répondre à vos questions ou de vous délivrer un conseil.

 

bompard.jpg

Alexandre Bompard, PDG de la fnac, qui, visiblement, ne manque pas d'argent.

 

Et Aujourd'hui, je ris quand je lis qu'Alexandre Bompard souhaite doubler le nombre de magasins en France, développer des univers et faire de la relation client une priorité. Pour une chaîne qui existe depuis 1954, il serait peut-être enfin temps de prendre le client en compte. Chez Virgin sont affichés dans tous les locaux du personnels les 10 commandements du vendeur Virgin, dont plusieurs concernent la relation au client. Il y aurait beaucoup à dire sur la gestion et le management des magasins et d'une chaîne incapable d'améliorer son développement géographique (vient encore de perdre ses magasins dans les gares, au profit de la Fnac) et son chiffre d'affaires mais, ici, la direction a vite compris qu'il fallait faire du client une priorité absolue.

Quant aux univers, il s'agit de mélanger les produits dans les rayons pour tenter de les rendre plus attractifs. Il prévient également que ce plan nécessitera « la modification d'un certain nombre de métiers. À la rentrée, on va ouvrir un chantier d'adaptation des métiers, des compétences, des qualifications, dans le cadre d'une gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences avec les partenaires sociaux ». En somme, le PDG de la Fnac depuis novembre persiste dans une volonté de disposer de vendeurs polyvalents, prêts à l'emploi pour n'importe quel rayon. Plus de vendeurs spécialisés, plus de libraires, plus de disquaires donc, à la Fnac. Ce à quoi Christian Lecanu, délégué central CGT répond que « pour l'instant, ce plan est très flou et repose sur beaucoup de com. En plus, il prévoit des univers. Nous, nous sommes convaincus que le client qui vient en magasin ne cherche pas un univers, il vient chercher un livre ou un disque, c'est tout. Sur l'emploi, il nous parle en termes très voilés de flexibilité, d'employabilité... De toute façon, on n'est pas très confiants, les efforts jusqu'à présent sont plutôt surtout concentrés sur des diminutions d'effectifs. »

 

En somme, voilà un gros coup de bluff censé redorer l'image de l'enseigne et augmenter le chiffre d'affaires pour que PPR (Pinault-Printemps-La Redoute) puisse enfin la vendre. Depuis un an et demi, PPR tente de vendre la Fnac.

 

 

À lire :

L'article et les commentaires sur L'expansion/L'express

L'article et les commentaires sur Yahoo !

Par Sébastien Almira - Publié dans : Monde du livre
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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /Nov /2009 14:38

Ce week-end, se tenait, comme chaque année, la foire du livre de Brive-la-Gaillarde.

Laure Adler succédait à Frédéric Beigbeder, venu dédicacer sans grosse tête son Roman français couronné du Renaudot, à la présidence de la foire.

La grande absente de cette édition : Amélie Nothomb. La prêtresse des classements français est présente à Brive depuis Hygiène de l'assassin, son premier roman en 1992.

Sur le stand Albin Michel, on retrouvait toutefois Christian Signol, Didier Van Cauwelaert ou encore Eliette Abécassis et Stéphane Bern.

La star de cette édition ? Jacques Chirac, sans hésitation, dont les 1 500 exemplaires de ses mémoires chez Nil n'ont pas suffit. Etaient également de la partie François Hollande, Patrick Poivre d'Arvor et Mimi Mathy.

Nil n'est pas le seul éditeur à avoir mal évalué la foire de Brive et ses espérances de vente. François Hollande a dû s'arrêter à 500 exemplaires de Droit d'inventaires au Seuil , Lorent Deutsch a également dû partir avant l'heure car son Métronome surfe sur le succés de façon inattendue.

Mimi Mathy, seule personnalité sur le salon à tenir debout et entière dans son affiche, était protégée par cinq vigiles empêchant les photographe intempestifs de la prendre en photo.

Samuel Benchetrit, non content d'avoir quitté les éditions Julliard pour Grasset, a été on ne peut plus désagréable. Après tout, je suis un homme, il a peut-être souri à ses lectrices...

A l'inverse, Patrick Poivre d'Arvor a fait preuve de charisme, de gentillesse et de simplicité. N'est pas Grand qui veut. Le "p'tit bench" apprendra peut-être.

Les créateurs de la BD Pico Bogue, dont le troisième tome était présenté en exclusivité,  se sont montrés fort sympathiques avec leurs fans. La mère du dessinateur, la scénariste, n'hésitait pas à lâcher quelques blagues plus ou moins sages. Apparemment, c'est PPDA qui a la plus grande queue... Moi, je n'ai rien vu.

David Foenkinos, fidèle à lui-même, a dragué la gente féminine qui compose son public (90 % au bas mot).

Pascal Fioretto, dont le public grandit chaque année, est toujours heureux de discuter avec tout le monde. Il se murmure que Christian Signol n'aurait pas apprécié d'être pastiché... Pourtant, c'est drôle à en mourir !

Vincent Message, couronné du Prix Virgin-Lire Laurent Bonelli pour son premier (très gros) roman au Seuil, Les Veilleurs, n'a pas la grosse tête du tout.

Frédéric Beigbeder non plus. Il rajoute même son nom entre parenthèses après son prénom, au cas où on ne saurait plus qui a signé.

Alain Blottière, enfin, auteur du Tombeau de Tommy chez Gallimard, n'a pas eu de prix, alors qu'il le méritait. Lisez son livre, n'hésitez pas, même sans prix. (
lire la critique)

Brive, deuxième salon littéraire de France, tient toujours ses promesses, même sans Amélie Nothomb : la culture pour tous. Dans un coin pommé, un salon qui réunit de grands auteurs (populaires et/ou de qualité), gratuitement, je dis "chapeau !"

Par Sébastien Almira - Publié dans : Monde du livre
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Mardi 29 septembre 2009 2 29 /09 /Sep /2009 19:14

Après un article sur la librairie et un autre sur le renouveau du dessin animé, en voilà un troisième que l'on pourrait qualifier "de fond" si l'on n'a pas peur de l'éxagération.

Vous aurez remarqué une disparition progressive des articles littéraires ici (ne vous inquiétez pas, ils reviendront vite !) et l'augmentation de ceux musicaux et cinématographiques, en somme une inversion quantitative depuis la création de ce blog. Mais sur le marché culturel français, je ne m'aventurerai pas à parler de marché mondial car je n'en sais à vrai dire trop rien, c'est le livre qui gagne du terrain et le disque et  le DVD qui s'effondrent lamentablement. Dans les espaces culturels, la place laissée au livre ne diminue pas, elle augmente même parfois. En revanche, celle du disque et de la vidéo ne cesse de se retrécir. Au Virgin Megastore de Bordeaux, place Gambetta, le rayon musique a perdu, en deux ans, un tiers de sa surface au profit de produits dérivés (tee-shirt, mugs, papeterie et autres lampes design, voir photo). Le livre s'impose quant à lui, de plus en plus au rez-de-chaussée où l'on trouve les caisses, les offres promotionnelles et les nouveautés. Au niveau du chiffre d'affaires, c'est la même chose : le livre renfloue les caisses alors qu'il n'avait jamais été considéré auparavant comme le bien culturel principal.

On ne peut pas vraiment dire qu'il le soit aujourd'hui, le nombre de consommateurs restant sensiblement le même. Ce qui change, c'est le type de consommation. Internet a amené une démocratisation progressive du téléchargement, qu'il soit légal ou non. Le marché du disque en a fait les frais en premier, suivi de près par celui de la vidéo. Pourquoi acheter 18 € un CD ou 20 € un DVD que l'on peut télécharger gratuitement sur le net ? C'est en plus très facile (non, ce n'est pas l'expérience qui parle, j'achète les CD et DVD que j'ai envie d'avoir dans mes étagères). Mais du côté du livre, le support papier actuel ne permet pas le téléchargement. Pour le moment, du moins. Car si le livre électronique n'en est qu'à ses premières versions, qu'il est toujours proposé à un tarif excessif et pas démocratisé du tout, il arrivera bien un moment ou il sera comparable à un MP3. Et, à ce moment-là, il se créera sur le net un marché similaire. Puisque le principe du livre électronique est de lire un fichier informatique sur une tablette électronique, l'on pourra alors télécharger sur internet ces fichiers et, fatalement, on le pourra légalement et illégalement. Là, le livre sera également en danger, mais on n'y est pas encore.

Aujourd'hui, le livre porte le marché culturel sur ses épaules. Depuis la Loi Lang en 1981 qui oblige à un prix unique du livre et n'autorise qu'une remise de 5 % de la part des libraires, les fermetures intempestives de librairies indépendantes ont cessé. Les disquaires, eux, n'existent plus. Il n'y a plus que les grandes surfaces (Carrefour, Auchan, etc.) et les chaînes culturelles (Virgin, Fnac, etc.) pour en proposer, à de bien moindres quantités qu'auparavant, bien entendu.

On accuse en France une baisse des ventes audio de 14,2 % au premier semestre 2009 par rapport au premier semestre 2008 et de 56,7 % par rapport au premier semestre 2003. Du côté des CD albums, la baisse est de 11,9 % par rapport à l'année dernière et pour les CD single, la chute est bien plus rude : 40,8 % par rapport à 2008 et 91,5 % par rapport à 2003. Fini le temps où l'on faisait un classement des disques de diamant (plus d'un million d'exemplaires), fini le temps des singles aux ventes mirobolantes, fini le temps des albums qui restaient plus d'un an dans les cinquante meilleures ventes. Désormais, un succès peine à dépasser les 500 000 pour un album, les 50 000 pour un single et quitte le top au bout de quelques semaines. Si Mylène Farmer, Céline Dion Johnny Hallyday et autre Patrick Bruel dépassaient systématiquement le million d'exemplaires, atteignant parfois même les deux millions (L'autre de Mylène Farmer, Entre-Deux de Patrick Bruel, Sang pour sang de Johnny Hallyday, D'eux de Céline Dion ou encore Boucan d'Enfer de Renaud) désormais, ils se contentent de chiffres de ventes assez patauds, la Dion ne devant plus dépasser les 200 000 exemplaires pour un album et les 10 000 pour un single ou encore Mylène Farmer dont les deux derniers albums se sont vendus à peu près à 600 000 exemplaires et dont les singles du dernier album Point de Suture se sont tous imposés à la première place, en faisant la seule artiste française à avoir plus de cinq #1 en France (elle en a neuf), mais ne dépassent pas les 60 000
exemplaires.

En revanche, le livre fait face à la crise en augmentant de 1 à 4 % son volume de ventes chaque année. L'absence de téléchargement possible y est pour quelque chose. Mais si l'on prend en compte la crise économique française, on pourra certainement en tirer quelque chose du côté du public. Les acheteurs de livres sont , dans l'ensemble, en effet plus aisés que ceux de musique et de vidéo. Ils continuent donc à acheter, car ils sont moins ou pas du tout touchés par cette crise. De plus, je m'avance peut-être beaucoup en écrivant ceci, mais un consommateur de musiques ou de films aura moins de mal à baisser son budget CD ou DVD qu'un amateur de livres. Ce dernier préfèrera privilégier le livre à d'autres biens culturels ou baisser un budget comme celui des vêtements et de l'équipement ménager.

En somme, le livre n'est pas encore en danger, le disque et la vidéo sont en voie d'extinction, les grandes surfaces culturelles subsistent grâce au succès du livre, les consommateurs de livres seraient plus aisés (à voir tout de même), Mylène Farmer aligne les #1 mais vend deux fois moins d'albums et cinq à vingt fois moins de singles !

Par Sébastien Almira - Publié dans : Monde du livre
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Mardi 5 mai 2009 2 05 /05 /Mai /2009 12:39

Nouvel article après avoir, pour de multiples raisons, quelque peu délaissé le blog. cette fois, pas de critique littéraire, ni cinématographique, mais un coup de gueule, pourra-t-on dire, contre les fléaux qui s'attaquent à la librairie française et, de ce fait, à la littérature. Rien de prétentieux, seulement mon humble avis !


 

Comment commencer cet article ? Une multitude d'idées m'atteint sans que je sache vraiment par laquelle ouvrir le bal. Alors, une solution simple s'offre à moi : utiliser l'artifice de cette interrogation, qui me mènera forcément quelque part. D'ailleurs, ça y est, je sais comment poursuivre et entamer le sujet. Je disais que l'interrogation me mènera forcément quelque part et je pursuivrai avec une phrase, je le conçois, très bateau : de la même façon qu'on dit que tous les chemins mènent à Rome, j'affirme que, désormais en France, tous les chemins mènent à la Fnac. Il suffit de se promener dans les rues d'une ville de taille moyenne pour tomber sur l'enseigne commerciale se disant porteuse de toutes les cultures. Au lieu de toutes les cultures, on le sait bien, la Fnac développe les rayons qui font tourner le magasin (multimédia et électronique) et réduit petit à petit ceux touchés par la crise. La musique et la vidéo mises à mal par le téléchargement, surtout illégal, mais également légal, depuis plusieurs années et le livre, bien que toujours pas touché par le fléau électronique.


Enfin, on ne peut pas vraiment dire que le marché du livre soit réellement en crise, il se vend sensiblement le même nombre de livres chaque année, les succès sont toujours au rendez-vous (Millénium, L'élégance du hérisson et Marc Lévy en tête, le prouvent), les auteurs de plus en plus productifs (chez Albin Michel, Schmitt, Chattam et Werber publient plusieurs livres par an), etc. Non, on ne peut pas vraiment dire qu'il y a crise. Le problème se trouve, comme pour le disque et la vidéo, du côté d'internet. Non pas avec le téléchargement, mais avec les pure players, tel Amazon, qui tuent la librairie française. Cependant, la Fnac tire toujours son épingle du jeu. Même si elle subit la concurrence d'Amazon et compagnie, elle a vite réagi en offrant sur son site les 5 % autorisés par la loi, ainsi que les frais de port. Face à ça et à l'effervescence de magasins, que peuvent les librairies indépendantes ?

À Aix-en-Provence s'est implantée il y a deux ans une Fnac aux Allées Provençales. Un espace à l'orée du centre-ville, qui accueille depuis deux ans la Fnac, H&M, Jules, Bizzbee, Maisons du Monde, Sephora et autres bijouteries, restaurant italien et fast-food. Le parking construit pour l'occasion est gratuit les quarante-cinq premières minutes. Autant dire qu'une fois la voiture garée, on se complait dans ces allées à dépenser plus de sous que prévu en un temps record et qu'on n'ose même pas penser à s'aventurer plus avant dans Aix, repartant la queue entre les jambes à sa voiture. Le centre n'est pas pour autant déserté, il y a les Aixois, les étudiants et les tout aussi innombrables touristes. Mais il n'est reste pas moins que plusieurs magasins ont d'ores et déjà fermé leurs portes, comme Madison Nuggets, le dernier discaire aixois. Du côté de la librairie, celles spécialisées dans la BD sont au bord du gouffre et celles généralistes accusent plus de 10 % de pertes ch acune.

Elles sont trois à se partager la clientèle : Provence et Goulard sur le Cours Mirabeau, Vents du Sud à côté de la Marie. La première est une vraie machine, disposant d'une grande surface de vente et de gros fonds. Caissières à plein temps, vigils, tourniquets à l'entrée, une vraie grande suface. Goulard est l'archétype de la librairie dans laquelle on se sent mal : aucune personnalité, des libraires désagréables, aucune ambiance de fond, aucun plaisir à flâner dans les rayons, mais justement de gros fonds. Vents du Sud est plus petite, plus conviviale, plus attrayante, plus engagée et dispose de gros fonds en jeunesse (photo) et en sciences-humaines. Une vraie librairie de quartier, engagée dans la vie culturelle et aux idées politiques arrêtées qui est, comme ses deux concurrentes, une librairie de premier niveau. Mais contrairement à elles, elle compte beaucoup d'habitués dans sa clientèle. C'est donc celle qui perd le moins de clients. Cependant, elle ne fait pas non plus le poid face à la Fnac et aux ventes internet. Goulard est celle qui chute le plus, ne disposant pas vraiment d'attrait pour attirer le cilent. Ces trois librairies ne sont certes pas sur le point de fermer leurs portes, mais elles se portent moins beaucoup moins bien qu'auparavant.


Et il en va de même partout ailleurs. On ne peut pas dire que la situation est catastrophique, mais elle est tout de même préocuppante. Surtout quand tout se fait au profit d'entreprises telles qu'Amazon et la Fnac, véritables machines de destruction massive. Entrez dans une Fnac après être passé dans une librairie indépendante et comparez ce que vous voyez au rayon livre, l'offre proposée, la façon de ranger, le laisser-aller que l'on peut y trouver. Très bon exemple à Bordeaux, rue Ste-Catherine où le rayon livre est une véritable catastrophe, piles où il ne reste plus qu'un seule livre alors que plusieurs piles s'entassent en réserve, sous les tables, Marc Lévy rangé en nouveauté en février alors qu'on est en pleine rentrée littéraire, un triple panneau remplit de Philippe Sollers alors que la rentrée de janvier compte plus de 500 nouveaux romans et que pas plus d'une vingtaine sont présents sur table, des livres posés n'importe où par les clients et non rangés pas les libraires, des auteurs de langue et/ou de nationalité françaises rangés en littérature étrangère, des vendeurs au compte-goutte qui ne trouvent pas les livres que les clients leur demandent (plusieurs fois, j'ai tendu un exemplaire, qui se touvait pourtant à côté du libraire), etc. Vous l'aurez compris, à travers l'excellent exemple de Bordeaux, il y a vraiment mieux, et de beaucoup, que la Fnac. Alors, arrêtez d'acheter à la Fnac et rendez-vous dans une vraie librairie.


Je ne parle pas de Virgin car il ne faut pas faire l'amalgame. On pourra dire ce qu'on voudra, Virgin n'est pas la Fnac et n'en a pas le fonctionnement. Les rayons librairie de Virgin sont remplis de libraires professionnels et de quelques stagiaires en IUT Métiers du Livre. En plus de disposer de vrais libraires de formation, Virgin forme des étudiants au métier. Les fonds sont parfois légèrement moins importants car les magasins plus petits, mais l'essentiel, et même plus, est bien là, en rayon. L'ambiance y est chaleureuse, les libraires disponibles et informés de ce qui se passe (à la Fnac d'Aix, une libraire à qui j'ai demandé le nouveau roman de Laurent Gaudé, en septembre dernier, ne savait même pas de qui il s'agissait alors que La porte des Enfers était tout de même une des cinq plus grosses nouveautés de la rentrée), toujours là pour vous renseigner alors qu'à la Fnac, il faut faire le tour du magasin pour trouver quelqu'un caché au rayon manga... C'est d'ailleurs le point le plus important chez Virgin : être là, agréble et disponible pour le client. On y sait que c'est ce qui fait la différence, on ne se force pas pour autant, ce n'est pas si difficile de ne pas tirer une gueule de trois kilomètres sur son lieu de travail, mais ça, à la Fnac, on n'a pas encore appris. Chez Virgin, on a également lancé la mode des petits mots sur les livres que les libraires ont adoré. Carine Cavaillon, responsable littérature au Virgin, Place Gambetta à Bordeaux, est à l'origine de ce petit plus qui plait aux clients. Si certains, comme moi, n'aiment pas être conseillés et ne se fient qu'à eux, au risque de passer à côté de merveilles, beaucoup sont sensibles à ces mots et font confiance aux libraires qu'ils côtoient depuis plusieurs années, car les libraires participent à faire vivre l'âme du magasin. Vous aurez peut-être l'impression que j'ai des actions chez Virgin, que je m'emporte un peu trop. Et bien non ! Pour avoir travaillé chez Virgin, je peux vous affirmer que je ne mens nullement et que tout y est réfléchi pour que le client soit entièrement satisfait lorsqu'il repart.

Cela dit, je n'irai pas jusqu'à placer Virgin avec les librairies indépendantes. Même si le fonctionnement de certains des rayons librairies (car je pense que le travail effectué à Bordeaux n'est pas le même partout, Maud Pionica fait tenir les deux étages librairies de manière quasi exemplaire mais tous les Virgin n'ont peut-être pas la chance d'avoir une telle responsable à la tête du rayon librairie) est proche d'une librairie indépendante, Virgin reste une chaîne, le siège, à Paris, a un poids dans la vie de chacun des magasins, aucun ne peut donc faire complètement ce qu'il veut. Il n'y a donc pas à tortiller, Virgin reste une chaîne, mais une chaîne de qualité. Reste à voir si son récent rachat ne changera pas les choses dans le mauvais sens...



Pour conclure cet article, je dirai que si la librairie française a été sauvée de la Fnac par la Loi Lang en 1981, elle est de nouveau en danger, ce n'est un secret pour personne. Si rien n'est fait, elle court à sa perte. Je n'ai aucune idée du temps qui lui reste, je ne suis pas tel spécialiste pour affirmer ce genre de chose, je n'ai pas non plus la prétention de dire ce qu'il faut faire pour sauver une seconde fois la librairie indépendante mais malheureusement, on arrive à un moment de l'histoire que l'on a déjà vécu et il va falloir faire quelque chose d'autrement plus valable qu'un procés contre Amazon pour frais de port offerts afin de voir subsister le patrimoine littéraire français dans nos maisons. Je vais trop loin, pensez-vous ? Mais je l'ai dit tout à l'heure : allez voir ce qui se vend à la Fnac, vous verrez ce qui se vendra plus tard, lorsqu'il n'y aura plus de librairies dignes de ce nom.


Mardi 21 avril 2009

Par Sébastien Almira - Publié dans : Monde du livre
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