Thomas Gormet, Sept jours à l'envers, roman à partir de 12 ans, 65 pages, Rouergue, collection doado, septembre 2013, 8 € ***

Publié le par Sébastien Almira

 

7-jours-a-lenvers.jpg

 

Metteur en scène, comédien, auteur pour la jeunesse, Thomas Gormet publie son premier roman pour ados, et c'est pas mal réussi.

L'histoire est assez simple : un collégien de 13 ans perd quelqu'un d'important, il raconte la semaine entière, de l'accident à l'enterrement, sans larmoiement, sans apitoiement.

Le style aussi, est assez simple. À la hauteur d'un collégien de treize ans. Ça n'ennuie pas, ça ne déplaît pas.

 

Ce qui est en revanche très bien dans Sept jours à l'envers, c'est la construction, comme son titre l'indique, à l'envers. Le narrateur raconte sa semaine à partir de l'enterrement (samedi), jusqu'à l'accident lui-même (dimanche), sept jours plus tôt. Le principe est sympa, permet d'ajouter du suspense puisqu'on ne découvre qui est la victime qu'au dernier moment, après quelques indices parsemés ça et là, entre les sentiments et les réflexions de l'adolescent, ses souvenirs avec la personne dont il semblait très proche, et les propositions de réponses à la devinette que ce dernier lui avait posé avant l'accident.

 

Et je dois dire que même si je m'attendais à ressentir de la tristesse, je ne m'attendais pas à être touché au point de pleurer le plus sérieusement du monde. Ce court roman, s'il n'est pas « remarquable », est assez réussi pour nous accrocher jusqu'à la dernière page, et quelle dernière page...

 

 

    7-jours-a-lenvers 7-jours-a-lenvers 7-jours-a-lenvers 7-jours-a-lenvers 7-jours-a-lenvers 7-jours-a-lenvers 7-jours-a-lenvers

 

 

Samedi

« Et tous, tous (je le dis bien deux fois, il n’y a pas d’erreur d’impression), après avoir dit leurs condoléances, ils baissent la tête vers moi et affichent un regard de chien mouillé (une moitié de sourire sur un côté du visage, les yeux qui tombent en gouttes d’eau) et ils me frottent le haut du crâne comme si j’étais une sorte d’animal qu’on ébouriffe machinalement. Et moi je me laisse faire et je me dis qu’à la fin de la journée, je vais avoir la tête comme Michael Jackson. Quand il était petit, les cheveux en l’air et tout frisés.

Pour l’instant, c’est mon cœur qui est tout frisé, emmêlé et serré. Serré comme le col de ma chemise qui me démange de partout. »

 

Mercredi

« Alors je la suis, dans ses « formalités ». On va à la mairie, au commissariat et dans un cabinet d’assurances aussi, à cause de l’accident. Des endroits laids, aux couleurs pastel et aux moquettes usées, avec beaucoup de monde, où on attend très longtemps dans des salles d’attente. Ça fait bizarre de voir autant de gens d’un coup. On est tellement restés tous les trois enfermés à la maison depuis quelques jours. À maman aussi, ça doit lui faire bizarre. Elle reste assise silencieuse à côté de moi. Depuis dimanche, on n’a dû échanger que quelques mots. C’est comme si une fois qu’elle s’était assurée que j’allais bien, que j’étais bien en vie, moi, alors bizarrement je ne comptais plus. »

 

Dimanche

« 2 minutes 5 secondes. Assis sur le banc devant l’entrée de l’immeuble, j’ai les yeux rivés à ma montre. Il arrive toujours à se débrouiller pour être là pile à l’heure. Je le soupçonne d’arriver en avance et d’attendre au coin de la rue pour déboucher dix secondes avant la fin du chrono.

 

1 minute 12 secondes. Une veille dame avec un fichu en plastique passe devant moi. Bizarre. Il fait super beau.

 

55 secondes. Il ne va pas tarder. Dans l’immeuble en face, quelqu’un ouvre une fenêtre et ça me renvoie le reflet du soleil. Je ferme les yeux un moment.

 

13 secondes. Je sens qu’il va rater son pari. Je repense à sa devinette. Qu’est-ce qui est long, vert, et bête comme ses pieds ? Aucune idée. J’ai de toute façon perdu l’habitude d’essayer de trouver les bonnes réponses à ses devinettes.

 

0 seconde. Je regarde au bout de la rue. Rien. Il a perdu. Tiens, on n’avait jamais envisagé ça. Que se passerait-il le jour où il ne tiendrait pas le chrono ? »

 

 

 

Merci à Adèle Leproux des éditions du Rouergue pour ce livre !

Voir les commentaires

Jean-Yves Lacroix, Haute époque, roman, 150 pages, Albin Michel, août 2013, 15 € **

Publié le par Sébastien Almira

haute-epoque-1396587-616x0

 

 

« Je fais un beau métier, sans trop de contraintes, il est vrai, mais les femmes s'y montrent si rares qu'on finit par en croire l'espèce à jamais tarie, et par s'amouracher des mortes. » page 37

 

À vrai dire, c'est pour un mort que va se passionner le narrateur de Haute époque. À la suite d'une arrestation pour conduite en état d'ébriété, un libraire d'ancien croit se retrouver enfermé avec le célèbre et mystérieux philosophe Guy Debord, décédé la veille. Obsédé par le personnage, il se lance dans la folle quête de tout ce qui a trait au défunt. Famille, proches, manuscrits, photographies, témoignages, il ne recule devant aucun indice, aucun détail qui ôterait les mystères du philosophe. Reste pour le bouquiniste à ne pas se prendre pour quelqu'un d'autre.

 

« Les libraires savent toujours tout sur tout, n'est-ce pas, ils en deviennent agaçants, qu'appellent-ils au juste « savoir » ? Un mélange de ce qu'ils connaissent effectivement, de ce qu'ils croient savoir et du reste qu'ils ignorent. » page 46

 

Haute époque se lit rapidement et agréablement. C'est intelligent dans le propos comme dans la forme, c'est parfois drôle et cette biographie déguisée de Guy Debord n'a pas le temps d'ennuyer le lecteur, ponctuée en plus de petites phrases comme « ça doit être ça, au fond, faire l'artiste : commencer sa vie par des mémoires. » (page 52)

 

 

Merci à Carol Menville des éditions Albin Michel pour l'envoi de ce livre !

Voir les commentaires

Mylène Farmer, Timeless 2013 (14 septembre)

Publié le par Sébastien Almira

P1050694.JPG

Introduction sur A force de

 

Après la première, samedi 7 septembre à Bercy, et un article mitigé lancé au beau milieu d'un concert d'éloges (lire ici), je suis retourné voir Mylène Farmer hier soir.

 

Passée ma déception, si vous vous souvenez bien, je m'étais dit que ce n'était pas si mal que ça. Mais me restait toujours de l'amertume en pensant à ce qu'elle avait présenté sur scène auparavant.

Il ne faut pas oublier qu'elle accumule les records grâce à ses tournées pharaoniques : première femme à faire (et remplir) Bercy en 1989, tournée la plus chère en France (Mylènium Tour, Tour 2009, vingt millions d'euros), nombre de Bercy en une tournée (13 en 2006, 10 en 2013) et dans sa carrière (elle en sera à 35 samedi prochain), temps de vente de billets (100 000 en un jour pour les salles, deux Stades de France remplis en 1h30 chacun et le Stade de la Praille à Genève le plus rapidement rempli de l'histoire suisse en 2009 ; 156 000 billets en six heures pour Timeless 2013), etc.

Elle fait venir des musiciens et danseurs de l'étranger, elle travaille avec Yvan Cassar, considéré comme l'un des meilleurs pianistes français contemporains, elle débourse des milles et des cents pour avoir la pointe de la technologie sur scène (rideau d'eau, statues en tout genre, robots effectuant des chorégraphies, etc.) et derrière la scène (caméras, technicités, matériaux de pointe), elle travaille avec les plus grands couturiers (Thierry Mugler, Paco Rabanne, Franck Sorbier, Jean-Paul Gaultier), avec la crème des concepteurs de spectacle (Mark Fisher, décédé cette année, qui a notamment conçu les shows de U2, Janet Jackson ou encore des Stones).

 

P1050721-copie-1.JPG

Interlude Schubert / électro


Et voilà qu'on nous annonce une tournée encore plus impressionnante que les précédentes. Avec les prix qui vont avec...

Alors forcément, la déception est de mise quand le résultat n'est pas à la hauteur des attentes.

 

Cela dit, pour revenir sur tout ce que j'ai dit du premier concert, les problèmes de son ont été réglés, la chanteuse est beaucoup plus à l'aise sur scène et avec le public, elle rit, elle parle, elle fait des blagues ("Bon on fait quoi ? (rires) Ceux du premier rang savent déjà !" avant de chanter un peu plus longuement Maman a tort), sa voix est beaucoup plus audible et les fausses notes ont quasiment disparu. Un peu de mal sur Oui mais... non, mais c'est en revanche sur les chansons où elle pousse le plus et où la musique est moins présente qu'elle assure vocalement mieux.

Le chanteur Gary Jules se débrouille également mieux sur la chanson Les mots.

On prend son pied comme pas possible sur C'est une belle journée, Désenchantée (beaucoup mieux que la semaine dernière), Bleu noir, Diabolique mon ange, Sans contrefaçon, Je t'aime mélancolie et XXL (mention spéciale, pour moi, à ces quatre dernières ).

 

P1050741.JPG

Je te dis tout 

 

La setlist ne change pas d'un poil, donc toujours déçu de devoir supporter la présence d'Inséparables et l'absence de Tu ne le dis pas ou A-t'on jamais du dernier album. Et je regrette toujours le peu d'éléments de décor, même si moins d'artifices correspond à plus d'authenticité et de présence.

J'ai beaucoup plus apprécié ce deuxième concert, mais les deux points que je viens de souligner m'ennuient un peu quand même.

 

Pour terminer cet avenant au premier article (lire ici), juste trois détails qui m'ont fait rire hier soir. Mylène Farmer semble reprendre son habitude de faire monter quelqu'un sur scène quelques minutes (un petit garçon mercredi, si je ne me trompe pas sur la date) et demande hier soir "le p'tit bout d'chou là" avant que l'on se rende compte que, si la jeune fille n'est effectivement pas très grande, elle est en revanche bien plus âgée que ce que pensait Mylène. Sur le titre Monkey Me, quelqu'un lui donne un ballon en forme de tête de singe, avec lequel elle chante une partie de la chanson avant de le relancer. Enfin, bravo à Pierre Palmade qui n'a pas hésité à participer à plusieurs tours de ola, à refaire les chorégraphies de Sans contrefaçon et Désenchantée et à se lever à plusieurs reprises !

 

P1050795-copie-1.JPGXXL

 

 

 

 

 

LA SETLIST

 

1. Intro

2. À force de

3. Comme j'ai mal

4. C'est une belle journée

5. Monkey me

6. Slipping away (duo virtuel avec Moby)

7. Elle a dit

8. Oui mais... non

 

Interlude électro

 

9. Mad world (duo avec Gary Jules)

10. Les mots (duo avec Gary Jules)

11. Je te dis tout

12. Et pourtant

 

13. Désenchantée

14. Bleu noir

15. Diabolique mon ange

 

16. Sans contrefaçon

(Maman a tort)

17. Je t'aime mélancolie

 

18. XXL

19. À l'ombre

 

20. Inséparables (version française)

21. Rêver

 

 

affiche music-mylene-farmer-timeless JDM 320235

 

TIMELESS 2013 (de 65 à 140 €)

 

SEPTEMBRE

07 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

08 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

10 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

11 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

13 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

14 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

17 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

18 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

20 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

21 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

24 - LYON Halle Tony Garnier

25 - LYON Halle Tony Garnier

27 - LYON Halle Tony Garnier

28 - LYON Halle Tony Garnier

 

OCTOBRE

01 - MONTPELLIER Park & Suites Arena

02 - MONTPELLIER Park & Suites Arena

05 - MONTPELLIER Park & Suites Arena

08 - NANTES Zénith

09 - NANTES Zénith

11 - NANTES Zénith

12 - NANTES Zénith

15 - STRASBOURG Zénith

16 - STRASBOURG Zénith

18 - GENÈVE Palexpo Arena

19 - GENÈVE Palexpo Arena

27 - MINSK Minsk Arena

 

NOVEMBRE

01 - MOSCOU Olimpiyski

04 - SAINT PETERSBOURG SKK Arena

13 - BRUXELLES Palais 12

15 - BRUXELLES Palais 12

16 - BRUXELLES Palais 12

20 - DOUAI Gayant Expo

22 - DOUAI Gayant Expo

23 - DOUAI Gayant Expo

26 - TOULOUSE Zénith

27 - TOULOUSE Zénith

30 - TOULOUSE Zénith

 

DECEMBRE

03 - CLERMONT-FERRAND Zénith d'Auvergne

06 - NICE Palais Nikaïa

Voir les commentaires

Alex Cousseau, Un lézard amoureux, roman à partir de 15 ans, 80 pages, Rouergue, collection doado, septembre 2013, 8 € ***

Publié le par Sébastien Almira

lezard-amoureux.gif

 

L'auteur du remarqué Les trois vies d'Antoine Anacharsis publie en cette rentrée un nouveau roman pour ados composé de cinq nouvelles, plus court et plus léger. Roman ? Cinq nouvelles ? Oui, oui !

 

C'est l'histoire de Tobias qui découvre petit à petit l'amour. D'abord le sentiment d'être amoureux (de Zoé), puis la jalousie face à un meilleur ami (Karim) amoureux de la même fille, la déclaration (grâce à une jolie histoire), le premier baiser (dans un champs de coquelicots) et la première fois (attention au cheval !). Chaque palier de l'amour est raconté dans un chapitre qui a l'apparence d'une nouvelle, les cinq nouvelles se suivant chronologiquement, mais pas directement. L'intérêt n'est pas de raconter tout ce qui se passe dans la tête de cet adolescent de seize ans, ni dans sa vie, jour après jour. Ce qui compte, c'est sa découverte de l'amour et, pourrait-on dire, de la vie. D'où des ellipses indéfinies entre les différentes partie du livre.

 

Tout ça est conté par un merveilleux auteur que je découvre à peine, avec une plume travaillée, stylisée, mais très fluide pour autant : le vocabulaire et le style n'enlèvent rien au plaisir et à la facilité de lecture. Et le fait que la découverte du sentiment amoureux se fasse du point de vue du garçon (garçons qui ne devraient pas trop fanfaronner sur la première fois quand on voit comment s'en sort Tobias), est assez rare pour ajouter un intérêt supplémentaire à ce joli Lézard amoureux paru hier !

 

 

Merci à Adèle Leproux des éditions du Rouergue pour ce livre !

Voir les commentaires

Fabien Prade, Parce que tu me plais, roman, 120 pages, Nil, août 2013, 14 € ***

Publié le par Sébastien Almira

 

002286479

 

« Carlos n'était pas quelqu'un de contrariant. Il était même l'inverse de ça. Doté d'un intellect assez moyen mais d'un vrai sens de l'humour, il était le partenaire idéal pour s'adonner à une séance de glande de qualité. » page 9

 

Carlos est le meilleur ami de Théo. Une séance de glande consiste à s'asseoir à une terrasse dans le Marais au mois de mai, quand « Paris redevenait enfin un endroit agréable à vivre », pour boire un verre en matant les jolies filles qui viennent de sortir leurs robes légères des cartons.

Lors de la séance de glande qui inaugure ce court roman, Théo voit une fille, la fille. LA fille, si vous n'avez toujours pas compris. « Pas n'importe quelle fille. Une déesse. » page 13

Mais Théo est un vrai connard ; macho, misogyne et obsédé sexuel. Dans la vie, il glande, il sort, il boit, il fume, il se drogue, il deale, il mate, il baise et il ment. « En gros, à force de plus ou moins tirer mon épingle du jeu sans rien foutre, je comprenais de moins en moins ceux qui s'obstinaient à rester dans le circuit, alors qu'ils y échouaient. » page 20

Un vrai connard, je vous dis. Et, à vrai dire, on a la même impression sur l'auteur au début du livre. Un jeune branleur qui a bossé pour la presse branchée (Blast, Clark, Jalouse, L'Optimum, etc.) et qui se prend pour Beigbéder en parlant de cul, d'alcool et de drogue sur un ton désinvolte dans une histoire sans intérêt. Mais...

 

« Le coup de foudre au café. La meuf qui-te-rembarre-alors-ça-t'intrigue. Les magouilles pour la retrouver. La tentative de baiser. Son mec.

Tout ça était si cliché, si « écrit », si cinématographique, que j'avais du mal à croire que cela m'arrive à moi. » page 47

 

Mais rapidement on se passionne pour l'amour impossible d'un jeune branleur pour une fille bien, promise au gendre idéal (bien sapé, bien peigné, bien ciré, bien gentil, bien propre sur lui, avec boulot sérieux et intéressant).

Il ne parvient pas à emballer Diane (elle ressent quelque chose, accepte de le voir, de le revoir, mais en aucun cas ne trompera son homme idéal, Max) ? Pas de problème : quand il rencontre par hasard le fameux Max, il fait tout pour le détourner de Diane en le faisant sortir, boire, fumer, danser, flirter... Prêts pour une virée nocturne dans les soirées branchées parisiennes ? Pour les réveils difficiles où on ne se souvient de rien ?

 

Fabien-Prade.-Generationnel_article_landscape_pm_v8.jpg

 

Et je vous assure qu'on ne peut plus lâcher ce livre. La relation qui se noue entre Théo et Max arrive à point nommé. Le style alerte, rapide, cynique nous emporte dans le tourbillon de la vie mouvementée de ces personnages qu'on aimerait détester mais auxquels on finit par s'attacher. Attention, phrases kitshissimes à l'approche : entre amour et amitié, Théo devra faire un choix. À moins qu'il ne fasse tout foirer, une fois de plus, avec ses conneries...

Alors voilà, c'est pas très fin, c'est pas très intelligent, c'est pas de la grande littérature, mais c'est maîtrisé, parfaitement écrit (notre héros est également narrateur : attention, ça décoiffe !) et assez drôle. Parce que tu me plais a le mérite de faire passer un bon moment. Et, vous l'avez compris avec les précédentes critiques de romans adultes de la rentrée, j'en avais grand besoin. Merci donc à Fabien Prade pour ce très court premier roman (très cinématographique : j'avais vraiment l'impression de voir les scènes d'un film dans ma tête) qui se dévore avec un plaisir quasi coupable mais non dissimulé ! J'ai « kiffé » (expression favotite de Théo) !

 

« Le douzième, c'est un vrai choix de vie. C'est le plus grand arrondissement de la capitale parce qu'il comporte le bois de Vincennes. C'est un endroit curieux. Si on devait le comparer à quelque chose, ce serait à un quartier pas trop mal de Nancy, ou à Limoges. C'est assez propre, très familial, et complètement neutre. Ni populaire, ni bobo, ni bourge, ni rien. Dans le douzième, il n'y a pas d'endroits cool, pas de gens stylés, pas de cailleras, pas d'architecture, pas d'âme, pas d'emmerdes. Il y a juste des gens qui habitent là, c'est tout. » pages 58-59

 

 

Merci aux éditions Nil pour l'envoi de ce livre !

Voir les commentaires

Mylène Farmer, Timeless 2013 (7 septembre)

Publié le par Sébastien Almira

Un an après avoir ouvert la billetterie, Mylène Farmer a donné hier soir le coup d'envoi de sa tournée Timeless 2013 au Palais Omnisport de Paris Bercy. En habituée des records de ventes (100 000 billets vendus le premier jour et moins de 3 heures pour remplir deux Stade de France, soit 160 000 places pour la tournée 2009), ce sont plus de 500 000 spectateurs (156 000 billets vendus en à peine six heures) qui acclameront la star lors des 39 dates (France, Belgique, Suisse, Russie et Biélorussie) de cette sixième tournée en près de trente ans de carrière. J'ai assisté à la première pour vous (pour moi, ouais !) et je vais vous raconter !

 

 

ATTENTION SPOILERS !

SETLIST / INFOS / PHOTOS !

 

 

 

UN CONCERT RÉSOLUMENT FUTURISTE ET PLUTÔT DÉPOUILLÉ

 

P1050606

L'entrée en scène sur A force de

 

L'attente aura été longue (certains campaient depuis le 11 août) mais, pour une fois, le service de sécurité a été irréprochable (mise en place de barrières, bande de protection, présence continue et sympathique (assez rare pour être souligné) autour de la salle, filtrage, entrée de la fosse or par groupes de dix, en rang par deux, accompagnés par des vigiles car nous traversons une partie des coulisses pour rejoindre la salle). À 18h30, on commence à entrer dans la salle. On ne voit rien de la scène, dissimulée derrière une sorte de rideau de lianes.

Les lumières s'éteignent vers 21h10, le concert commence donc avec une quarantaine de minutes de retard. Pas de première partie, mais un remix de À l'ombre (par Tony Romera) a mis le feu dans la salle quelques minutes avant le début. Un rideau de lianes composées de diodes électroluminescentes nous plonge dans un espace étoilé en 3D (technique d'holographie) avant de s'ouvrir et nous laisser découvrir sur écran géant un parcours labyrinthique à l'intérieur d'un vaisseau spatial. L'écran s'ouvre à son tour sur une porte de vaisseau à la Alien et autre Star Trek, pendant que des plates-formes amovibles (dans tous les sens) composées d'écran à LED et de spots forment une sorte de Porte des Étoiles (Stargate). C'est de là que la star, grimée en princesse intergalactique dans une tenue blanc et chair signée Jean-Paul Gautier et coiffée de nouveau merveilleusement par Jean Nollet, fait son apparition et entonne le titre À force de.

 

P1050621

Monkey Me

 

Elle enchaîne ainsi sept titres qui mettent l'ambiance dans la salle (À force de, Comme j'ai mal, C'est une belle journée, Monkey me, Slipping away, Elle a dit et Oui mais non) sans changer de tenue. Seules C'est une belle journée et Oui mais non jouissent d'une chorégraphie, ce qui est fort dommage car ce premier tableau manque d'ampleur, il aurait mérité une mise en scène plus poussée et une meilleure coordination (trop de blancs, plutôt noirs d'ailleurs, entre les titres).

Sur C'est une belle journée, des robots blancs, style chaîne de production d'usine, achetés à la marque automobile Citroën, font leur apparition et accompagnent les danseurs en effectuant la même chorégraphie. Le duo virtuel avec Moby sur le tube Slipping away, inattendu, ravit les fans. L'ambiance monte et Mylène Farmer fait des efforts pour se montrer à l'aise, mais le stress de la première est plus fort. Quelques sourires, un mot par-ci par-là, mais surtout pas mal de fausses notes (s'il fallait encore prouver aux détracteurs qu'elle chante en live, et non en play-back, c'est chose faite), quelques écarts et quelques chorégraphies et refrains pas terminés.

 

           img_0942.jpg img_1026.jpg img_1028.jpg

Le robot acheté pour Timeless 2013, en représentation dans le Showroom Citroën des Champs Elysées

 

Après une interlude électro, c'est au tour du désormais indispensable tableau piano-voix. Grosse surprise du concert, le chanteur Gary Jules arrive sur scène et entonne sa reprise de Tear for Fears, Mad World. Ils chantent ensuite Les mots ensemble. Mylène Farmer est vêtue d'une longue robe rouge à paillettes fendue jusqu'en haut des cuisses dont la forme fait encore penser à une princesse tout droit venue de l'espace. Elle fait de la figuration sur le premier titre et Gary Jules n'arrive pas à la cheville d'Abraham Laboriel Jr sur le second (Mylène l'avait chantée en duo avec le batteur lors des concerts Avant que l'ombre... à Bercy en 2006). Mais la surprise est la bienvenue. Viennent ensuite Je te dis tout et Et pourtant, deux magnifiques balades chantées au piano et malheureusement écourtées (pas de ponts musicaux et de refrains finaux). L'émotion était forcément au rendez-vous. Tentant de réprimer un sanglot, elle peine sur Je te dis tout et parvient à dire que « c'est un plaisir de vous retrouver ». Un tableau émouvant.

 

P1050643

Les mots (avec Gary Jules)

 

Apparaissant dans une quasi-robe noire ressemblant à une tenue de guerre terriblement féminine, la star française des trois dernières décennies entonne son plus gros tube. Mais même sur Désenchantée, elle n'a toujours pas l'air tout à fait à l'aise. Elle se plante même, chantant le « désenchantéééée » final alors qu'un troisième refrain est joué par les musiciens et chanté par les choristes. J'ai trouvé le titre moins vivant que d'habitude. Pour Bleu noir, elle monte sur un promontoire qui se révèle être un bras métallique sortant de la scène pour monter à deux-trois mètres de hauteur et balader la chanteuse au dessus de la fosse. La chanson, signée Moby, est plus énergique que dans l'album du même nom et l'ambiance est électrique.

Enfin les premières notes de Diabolique mon ange, composée par le groupe Archive, se font entendre. Mauvaise langue que je suis, je n'espérais plus ce petit bijou, de peur que Mylène Farmer ne tienne pas les notes. Finalement, elle s'en sort très bien et c'est un très beau moment, lumières rougeoyantes tout azimut, robe noire, plates-formes amovibles descendues au milieu de la scène pour combler l'espace. Les musiciens poursuivent l'instrumental le temps que celle qui aura 52 ans le 12 septembre (et toujours aussi belle !) enfile une robe rouge simple et futuriste ainsi que des cuissardes (élément indispensable à son sex-appeal depuis quelques années ; il faut dire que...).


C'est l'heure de poursuivre avec les vieux tubes, ceux qui font toujours monter la température. Sans contrefaçon et Je t'aime mélancolie, chorés et compos revisitées, résolument plus modernes, entrecoupées d'un bout de Maman a tort acclamé par les fans, mettent le feu aux 15 000 spectateurs présents.

 

P1050676.JPG

Je t'aime mélancolie

 

Nouveau changement de tenue : elle entonne un XXL acoustique en costard-cravate noirs, chemise blanche avant de le terminer dans un rock punchy au possible. Veston à la main, dévoilant un corset noir sur sa chemise, elle chante le premier single de l'album Monkey Me : À l'ombre. Très beau tableau, sobre et classe comme la tenue, mais trop court. D'autant qu'elle annonce, une fois la chanson terminée : « Un immense plaisir. J'ai passé une magnifique soirée. C'était la première. C'est toujours perturbant. C'est toujours magique aussi. Merci beaucoup. » avant de sortir de scène en saluant le public, complètement fiévreux.

 

Non, pas déjà ! Quatre ans d'attente depuis la dernière tournée, un an depuis l'achat des places, des heures devant la salle, pour que ça finisse déjà ? Au bout d'une heure quarante-cinq à peu près ?

Après quelques minutes d'acclamations, elle refait son apparition avec la première tenue du show sur laquelle un jupon rigide qui se termine en traîne a été ajouté.

Le final se fera sur la version française d'Inséparables (chanson à l'origine anglaise que lui a écrite Moby) et sur le malheureusement inévitable Rêver. Entre les larmes, on entend quelques « merci » étouffés. Et sur une musique stressante et magnifique, entre batterie et piano, mais déjà entendue (final Avant que l'ombre... en 2006, Interlude Avant que l'ombre..., final Si j'avais au moins, final Désenchantée en 2009, Diabolique mon ange en 2013), la femme fatale excessivement timide s'en va plus rapidement qu'elle n'est apparue, dans un nuage de fumée vertical représentant le départ de son vaisseau spatial. Il faut avouer que, si je me lasse de Rêver, le final était d'une beauté renversante.

 

P1050688.JPG

Inséparables

 

 

 

ABSENCE, STRESS ET SURPRISE

 

Les trois mots qui me viennent instantanément en tête lorsque je repense à ce premier concert sont absence, stress et surprise.

 

Absence de décor d'abord. La scène est assez dépouillée, à la manière de celle du Tour 96. Peu d'éléments : une sorte de mur composé de cylindres en métal des deux côtés de la scène, des robots dansants apparaissant à trois reprises et un bras métallique sortant de la scène pour balader la chanteuse au dessus de la fosse pour Bleu Noir. Peut-être le décès du concepteur du spectacle, Mark Fisher au cours de la préparation, y est pour quelque chose. Peut-être certains problèmes techniques lors de la première ont empêché l'utilisation d'éléments prévus (voire spoilers sur les sites de fans : d'autres éléments ou effets étaient apparemment prévus).

Absence de certains titres (comme toujours), mais on pourra notamment s'étonner de ne pas avoir entendu Tu ne le dis pas, un des titres préférés des fans sur le dernier album en date, Monkey Me (critique ici).

Absence, dans une certaine mesure, de chorégraphies. Les six danseurs (sexy en diable, cela dit) n'apparaissent que sur six titres.

Absence de présentation des musiciens, des choristes et des danseurs.

Absence de la place habituellement laissée aux deux choristes. Pourtant, ce sont des habituées (Esther Dobon'Na Essiene rebaptisée Estha Divine pour l'occasion et Johanna Manchec).

 

P1050636

Oui mais... non

 

Stress de la première inévitable pour Mylène. Immense show woman, elle n'en reste pas moins excessivement timide et il lui faut sur chaque tournée prendre ses marques afin d'être à l'aise sur scène. Les fausses notes ont parsemé ce premier show, ce qui prouvera une fois de plus à ses détracteurs qu'elle chante en live, et non en play-back. Combien de fois se retourne-t-elle à la fin d'une chanson en faisant non de la tête après un rythme raté, une chorégraphie pas terminée, un refrain oublié ?

 

Surprise, pour l'exploitation de l'album Monkey Me. Véritable réservoir à tubes et à titres taillés pour la scène, il n'a vu naître que trois singles en presque un an (À l'ombre, Je te dis tout et Monkey me, tous mal exploités (une seule télé pour trois single), mal diffusés (même sur NRJ, sponsor de Mylène Farmer depuis plus de vingt ans), mal représentés (clip affreux pour Je te dis tout, pas de clip pour Monkey me) ) et seules cinq chansons sur douze sont finalement portées sur scène.

Surprise pour le retour de titres inattendus : Comme j'ai mal (pas chanté depuis 1996) et de Maman a tort (« j'ai une petite surprise pour vous ! » avant d'entonner deux couplets en musique avec le public).

Surprise pour la présence de titres jamais chantés sur scène : la magnifique balade Et pourtant en piano-voix avec Yvan Cassar et le duo virtuel avec Moby sur Slipping away !

Surprise enfin pour la présence du chanteur Gary Jules, connu depuis sa reprise de Mad World du groupe Tear for Fears.

 

P1050668.JPG

Diabolique mon ange

 

 

 

JE RÂLE, JE CRITIQUE, MAIS...

 

Je râle, et j'avoue que d'avoir payé 105 € une place en fosse or (prix totalement injustifié pour cette catégorie) et d'être arrivé tôt le matin m'a profondément déplu en sortant du concert. L'absence de décors pharaoniques comme nous en avions l'habitude et le final sur Inséparables et Rêver qui m'a achevé m'ont plongé dans un état de déception et d'amertume toute la soirée.

Le Tour 2009 (en salle, comme au Stade de France) m'avait tellement bluffé (critique ici pour les concerts en salle et ici pour le Stade de France) que je suis un peu tombé de haut avec ce nouveau concert qui ressemble plus au Tour 96, très lumineux, très américain. Mais avec un peu plus de recul, je me rends compte que c'est toujours quelque chose d'exceptionnel et que les aléas dus à une première y sont aussi pour quelque chose.

Outre ce qui manque, il faut tout de même avouer ce qu'il y a est déjà largement au dessus de ce qu'on peut voir ailleurs.

Alors c'est un bon concert, peut-être même un très bon concert (à voir samedi 14, ma prochaine date, une fois que le show et l'équipe seront rodés) qui semble ravir tout le monde (même la presse est unanime, ce qui avait, en trente ans de carrière, été le cas uniquement pour le Tour 2009), et Mylène Farmer a le mérite de surprendre à de nombreuses reprises (chose dont on n'a pas trop l'habitude). On prend son pied sur une majeure partie du concert, pour peu qu'on aime les chansons, et on est quand même impressionné par les effets de lumières, de lasers et les décors mis en place. En fait, on assiste plus à un concert de Mylène Farmer qu'à un spectacle de folie. C'est déstabilisant, il a fallu que je m'habitue à cette idée avant de revoir mon jugement. Et vous ?

 

 

Article (plus concis) sur le samedi 14 septembre 2013, avec nouvelles photos (de meilleure qualité) ICI


 

 

LA SETLIST

 

1. Intro

2. À force de

3. Comme j'ai mal

4. C'est une belle journée

5. Monkey me

6. Slipping away (duo virtuel avec Moby)

7. Elle a dit

8. Oui mais... non

 

Interlude électro

 

9. Mad world (duo avec Gary Jules)

10. Les mots (duo avec Gary Jules)

11. Je te dis tout

12. Et pourtant

 

13. Désenchantée

14. Bleu noir

15. Diabolique mon ange

 

16. Sans contrefaçon

(Maman a tort)

17. Je t'aime mélancolie

 

18. XXL

19. À l'ombre

 

20. Inséparables (version française)

21. Rêver

 

 

affiche music-mylene-farmer-timeless JDM 320235

 

TIMELESS 2013 (de 65 à 140 €)

 

SEPTEMBRE

07 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

08 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

10 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

11 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

13 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

14 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

17 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

18 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

20 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

21 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

24 - LYON Halle Tony Garnier

25 - LYON Halle Tony Garnier

27 - LYON Halle Tony Garnier

28 - LYON Halle Tony Garnier

 

OCTOBRE

01 - MONTPELLIER Park & Suites Arena

02 - MONTPELLIER Park & Suites Arena

05 - MONTPELLIER Park & Suites Arena

08 - NANTES Zénith

09 - NANTES Zénith

11 - NANTES Zénith

12 - NANTES Zénith

15 - STRASBOURG Zénith

16 - STRASBOURG Zénith

18 - GENÈVE Palexpo Arena

19 - GENÈVE Palexpo Arena

27 - MINSK Minsk Arena

 

NOVEMBRE

01 - MOSCOU Olimpiyski

04 - SAINT PETERSBOURG SKK Arena

13 - BRUXELLES Palais 12

15 - BRUXELLES Palais 12

16 - BRUXELLES Palais 12

20 - DOUAI Gayant Expo

22 - DOUAI Gayant Expo

23 - DOUAI Gayant Expo

26 - TOULOUSE Zénith

27 - TOULOUSE Zénith

30 - TOULOUSE Zénith

 

DECEMBRE

03 - CLERMONT-FERRAND Zénith d'Auvergne

06 - NICE Palais Nikaïa

Voir les commentaires

Manzel Mimi

Publié le par Sébastien Almira

Cela faisait longtemps qu'aucun attentat à la culture n'était passé par ici. Attention, aujourd'hui, je vous envois du lourd : Manzel Mimi fait sensation avec ses titres électro sur sa chaîne Youtube.


Le plus fort, c'est qu'elle écrit les paroles et compose la musique de ses chansons.


Elle fait preuve d'une maîtrise exceptionnelle du tempo et de la voix, les cris sur Parti trop tôt s'insèrent à merveille aux couplets, les choeurs de On va bouger dans un rythme endiablé sont d'une justesse délicieuse et niveau compréhension des mots Mylène Farmer n'a qu'à aller se rhabiller.

 

 

Je cesse immédiatement de vous faire saliver : place à la musique !

 

 

 

 


 

 


 

 


 

 

Voir les commentaires

Le cinéma de l'été (Moi, moche et méchant 2 / Insaisissables / The Lone Ranger / Les flingueuses / Kick Ass 2 / RED 2)

Publié le par Sébastien Almira

 

 

1008392_fr_moi__moche_et_mechant_2_1372149189192.jpgMoi, moche et méchant 2, de Chris Renaud et Pierre Coffin, 1h30 ***

L'été des suites et des blockbusters commence avec ce dessin animé dont le premier volet m'avait fait complètement craqué. C'était donc dans une joie quasi indescriptible que j'attendais ce deuxième film. Et franchement, ils ont mis le paquet. Personnages hauts en couleurs, mignons encore plus présents, nombre incalculables de gags, suspense, action et même deux amourettes potentielles qui raviront petits et grands. Oui, sur le papier, « c'est trooop géniaaaaal ! », mais ça ne prend pas aussi bien que le premier. Peut-être sur les enfants, oui. Mais le charme a un peu disparu et tous les moyens mis en place pour accrocher encore le public n'ont pas suffi à me refaire craquer. Ça reste très bien quand même. (sortie le 17/12/2014 de... Minions, un spi-off sur les minions!)

 

 

674366-insaisissable-affiche.jpgInsaisissables, de Louis Larretier, 1h50 ****

Casting de haute voltige (Jesse Eisenberg, Morgan Freeman, Mark Ruffalo, Michaël Caine, mélanie Laurent) pour les aventures de quatre magiciens de renom qui braquent des banques afin d'offrir de l'argent aux spectateurs. Le FBI et Interpol sont sur le coup, mais aucune preuve n'est valable et on ne sait à qui se fier de cet ancien magicien censé aider l'enquête ou de cette petite Française envoyée à la rescousse. Que sera le fameux troisième et dernier coup spectaculaire des Quatre Cavaliers et qui tire les ficelles de ce spectacle où magie, action, suspense et vengeance nous emportent dans une spirale infernale ? Juste un petit bémol sur la révélation finale qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, presque pas crédible... Sinon : spectaculaire !

 

 

lone_ranger_ver10.jpgThe Lone Ranger, de Gore Verbinski, 2h20 ****

Tonto, le guerrier indien, raconte comment John Reid, un ancien défenseur de la loi, est devenu un justicier légendaire. Ces deux héros à part vont devoir apprendre à faire équipe pour affronter le pire de la cupidité et de la corruption. Johnny Depp, grimé en anti-héros indien, est hilarant et décalé sans en faire des tonnes, la photographie est superbe, l'aventure spectaculaire, les rebondissements multiples et l'humour ravageur. Le message est un peu le même que dans le génial Rango mais ne prend pas trop de place dans ce qui reste clairement un divertissement grand public. Avec ses qualités comme ses défauts. Oui, des détails, voire des scènes entières, ne sont pas crédibles, mais c'est ce qui fait le charme loufoque de ce western jouissif ! Le tandem Johnny Depp - Armie Hammer fait des étincelles et entraîne le public dans un tourbillon de surprises et d’humour, qui peine injustement à trouver son public.

 

 

1009837_fr_les_flingueuses_1372320240536.jpgLes flingueuses, de Paul Feig, 1h50 ***

Ashburn (Sandra Bullock), agent spécial du FBI rigoureuse, méthodique et arrogante et Mullins (Mélissa McCarthy), simple agent de police au fort tempérament et au langage fleuri sont contraintes de travailler ensemble pour arrêter un baron de la drogue sans pitié. Elles doivent lutter contre une tripotée de criminels, contre leur hiérarchie et contre l'envie de s'entre-tuer !

Forcément, c'est le genre de film où on n'évite pas le sur-jeu, les situations peu crédibles et trop poussées mais, sérieusement, je me suis pas mal amusé, j'ai ri et j'ai bien pris mon pied avec ces deux flingueuses hors norme !

 

 

kick-ass-2-poster


Kick Ass 2, de Jeff Wadlow, 1h50 ****

Encore une suite ! Encore un blockbuster ! Oui mai quelle suite ! Et quel blockbuster ! Quel pied, putain ! Même pas besoin de raconter l'histoire, si vous avez aimé le premier, vous allez adorer le deuxième ! Bon, d'accord, je connais quelqu'un qui a été déçu... Mais c'est pas grave ! Allez vous éclater avec Kick Ass, Hit Girl, Mother Fucker (Red Mist plus mauvais que jamais, qui décide de s'en prendre à tous les super-héros avec une armée de gangsters plus violents les uns que les autres), le Colonel Stars (Jim Carrey, avec des dents qui valent le détour!), Stripes et tous les autres, vous allez rire et en prendre plein les yeux et les oreilles !

 

 

red-copie-1.jpg


RED 2, de Dean Parisot, 1h50 ***

Exit Robert Schwentke, Dean Parisot prend la tête de RED 2. Connais pas mais Robert avait fait du meilleur boulot. C'est un plaisir de retrouver les acteurs du premier volet, auxquels s'ajoutent Anthony Hopkins et l'inutile Catherine Zeta-Jones, mais c'est pas aussi kiffant. Et ouais, c'était mieux avant ! C'est quand même pas trop mal, mais peut-être serait-il temps de vraiment prendre la retraite.

 

 

 

Voir les commentaires

Benoît Minville, Je suis sa fille, roman à partir de 15 ans, 250 pages, Sarbacane, Xprim', septembre 2013, 14,90 € *****

Publié le par Sébastien Almira

 

couv-je-suis-sa-fille.jpg

 

Encore une fois en cette rentrée, les coups de coeur se trouvent du côté de la littérature jeunesse. Prêts à embarquer (passez outre la couverture, c'est pas ce qu'ils ont fait de meilleur) pour le meilleur roman ado de l'année ?!

 

 

Je suis sa fille est un coup de poing dans la mare autant qu'un morceau de rêve, un livre drôle autant qu'émouvant. Et... à vrai dire, ça fait un moment que je ne sais comment continuer cet article, que je ne sais comment trouver des mots assez forts pour vous parler de ce roman magnifique qui m'a tellement pris aux tripes pendant 250 pages qu'une fois terminé ma lecture en service de presse numérique, je me suis empressé d'aller l'acheter ; à la Fnac en plus – ceux qui me connaissent comprendront l'effort.

 

« Avant, mon père aimait son job. Sûr qu'il aurait préféré passer sa vie en tournée à tuer vingt-trois heures par jour sur les routes pour une heure de bonheur sur scène, mais la réalité et ma bouche à nourrir l'ont très vite ramené dans un chemin plus conventionnel, fait de gobelets court-sucré, de briefings deadlinés et d'allers-retours en mode vertical, RdC-7ᵉ. » page 12

 

C'est d'abord l'histoire d'une relation fusionnelle entre un père et sa fille. « Le monde se divise en deux catégories, poussinette : ceux qui rient et ceux qui font la tronche ; toi, tu ries. » Une vie faite de partage, de bonté, d'amour et de rock'n'roll. L'histoire d'un père qui s'est sacrifié et qui, poussé à bout par un système inhumain, commet l'irréparable. Joan ne peut supporter de voir son père en soins intensifs, entre la vie et la mort, et va chercher de l'aide et du réconfort auprès de son meilleur ami Hugo. « Hugo est un miraculé qui a décidé de ne plus jamais pleurer tant qu'il peut rire. » Depuis qu'il a miraculeusement survécu à deux cancers et perdu un poumon, Hugo n'en fait qu'à sa tête : il vit pour vivre et non pas pour survivre. Ce qui semble être sa devise lui vient de son frère, Vasco : « La liberté c'est comme le sexe, quand t'en abuses ça finit par ne plus rien avoir d'exceptionnel. » Armé d'un physique de mannequin, d'une gentillesse hors norme, d'un humour et d'un sens de la répartie à toute épreuve, il vit, profite, s'adapte pour aller toujours plus loin, plus haut, pour vivre plus fort. « Je m'adapte au monde qui m'entoure : je suis son plus fidèle enfant. »

 

« Il a ce visage parfait des acteurs américains de teen movies qui jouent toujours les ados à l'âge de 25 ans. En constante représentation, de ses sourcils taillés à sa coupe de cheveux hyper étudiée, de ses casquettes à visière plate jusqu'à ses fringues parfaitement tendance. Je ne peux même pas dire qu'il est mon meilleur ami gay : Hugo goûte tout, aime tout, en musique comme en amour. » page 22

 

benoit-mnville.jpg

Benoît Minville

 

C'est donc aussi l'histoire d'une amitié de haut niveau. Chacun ferait n'importe quoi pour l'autre. Même couper court à un grand moment : « Hey, Joanny, t'aurais dû m'appeler, y a le dernier clip de Mylène Farmer qui passe sur W9 et j'étais en train de me taper une énorme bran... » (page 22), même partir à l'aventure et prendre des risques immenses :

 

« OUI. Je veux un coupable ! Si Papa ne se réveille pas... Si ce monde n'a plus aucune putain de morale !... Si c'est son histoire qu'on matraque aujourd'hui et qu'on oubliera demain... Si tout ça vaut mieux qu'une vie à leurs yeux, alors oui, moi aussi je vais entrer dans leur folie, d'accord ? Je n'ai jamais souhaité la mort de personne, mon père m'a enseigné le contraire de ça, mais j'ai besoin de voir les yeux du maître de ce monde de merde me supplier de ne pas le tuer. Ces ignorants du malheur qui s'accommodent des cadavres qu'ils entassent. Je veux buter ce salaud. Ça te paraît débile, Hugo ? Tu crois que c'est un délire de gamine ? » pages 26-27

 

« Est-ce que tu vas te réveiller, Papa ? Je n'en sais rien ; mais s'il le fait, je veux qu'il sache que je ne l'ai trahi en allant à l'encontre de ses valeurs que pour une seule et unique raison : pour arrêter tout ça. Pour qu'après, plus aucun papa, plus aucune mère ne se retrouve à fixer un écran d'ordi éteint. Je ne demande rien, ni excuses ni pardon. J'ai trop pensé. Je voudrais juste que ce monde redevienne beau.

Juste arrêter tout ça. C'est illusoire ; et cependant, ça n'a jamais paru aussi réalisable que maintenant. » page 32

 

ECH19384022 1

la Nationale 7

 

C'est enfin l'histoire extraordinaire d'une traversée de la France par la mythique nationale 7 dans la toute autant mythique Ford Mercury (la même que James Dean) « empruntée » au frère d'Hugo, de Paris à Nice, à la recherche du grand patron, avec un flingue dans la boîte à gants. Une histoire de vengeance. Une histoire d'aventure aussi. Une histoire d'amitié et peut-être même une histoire d'amour.

Sans oublier Vasco et son pote Djib qui devaient se faire un super week-end avant l'entretien de Djib (futur requin des finances sans cesse moqué par Vasco qui, lui, trime sur les chantiers depuis des années pour se payer sa superbe caisse) et qui se retrouvent coincés sur une aire d'autoroute avec un routier un peu louche et la Fiat Panda de Djib qui vient de lâcher alors qu'ils partaient à la recherche d'Hugo, son connard de frère qu'il aime plus que tout mais à qui il a terriblement envie de casser la gueule pour avoir osé voler sa voiture de rêve.

C'est aussi bourré d'humour et ça fait du bien de souffler entre les crises de rage et les crises de larmes de Joanny. Non pas que ça pèse, mais c'est un peu dur quand même d'être dans la tête de cette ado pommée, véritable boule de haine et de larmes, qui, à mesure du voyage, ne sait toujours pas si elle sera capable de tirer sur son coupable. C'est dur de se poser aussi la question. C'est dur d'être Joan. Et il faut bien la tendresse, l'humour et la folie d'un Hugo pour ne pas sombrer.

 

« Nan ??? Râââh, le mec !

T'as trouvé des mouchoirs ?

Mieux : la confirmation ultime que mon frangin est un immensenaze.

Il ne se gausse pas : il se fout carrément de sa gueule. Avec un sourire de lézard borgne, il me tend le livre qu'il a dégoté au fond de la boîte à gants.

Tiens : 50 nuances de Grey. Tu sais, le « néo porno chic ». Je pense que tu en feras un parfait usage.

Ton frère lit ça ?!

Faut croire, entre Auto Plus et France Football... Ça flatte sa part de féminité peut-être, ou alors il espère piocher des conseils sur la sexualité des années 2000. Tu imagines, le malheureux, il pense toujours que le banana split n'est qu'une glace qu'on sert sur des patins à roulettes... Vas-y Joanny, fais-toi plaisir : c'est un pavé, en plus. » page 59

 

« Oh, vise la tronche de ce mec... On lui a pas dit que c'était dangereux de faire des trucs avec sa sœur.

Ma réponse :

Ça fait longtemps que t'as pas pris le RER en début d'après-midi, toi... » page 85

 

James-Dean-Mercbw.jpg

la Ford Mercury de James Dean

 

C'est une aventure envoûtante, entêtante, magnifique et violente dans laquelle on embarque pour le meilleur et pour le pire (la route réserve quelques surprises...). L'écriture est simple, directe et rythmée, le tout raconté par Joan, juste comme il faut : avec le langage d'une fille de 17 ans qui a été élevée dans le respect de l'autre, mais qui ne mâche pas ses mots, qui n'hésite pas à lâcher un « putain », mais qui n'en fait pas trop. Benoît Minville a trouvé le juste milieu au niveau de l'écriture et du rythme ; ni trop rapide et trop éprouvant qui nous ferait passer à côté de la beauté de l'histoire, ni trop lent et trop mièvre qui nous endormirait à tous les coups.

C'est un road-trip un peu magique dans lequel on pénètre, un roman d'initiation fort et fun qui se dévore avec un plaisir non dissimulé. Un peu comme Chapardeuse pour moi l'année dernière (article ici), on y entre et on ne veut pas en sortir, on s'attache aux personnages, on fait la route avec eux, on fait partie de l'aventure, et on en redemande.

Je n'ai pas aimé plus que ça L'écume des jours, je n'ai pas pu terminer L'attrape-cœur, mais j'ai l'impression qu'à la manière de ces deux romans cultes, Je suis sa fille est un roman générationnel. Ouh la ! S'emparer de mots qu'on ne maîtrise pas, c'est dangereux ! Mais je suis persuadé que si le premier roman de Benoît Minville parvient à sortir la tête de l'eau en cette période folle de rentrée littéraire, il peut rencontrer un large public qui saura l'apprécier à sa juste valeur et lui donner la place qu'il mérite dans la littérature, sans distinction d'âge. Comme L'attrape-cœur.

 

« Et nous voilà prêts à traverser la France pour la partie de Mille Bornes la plus rock'n'roll de l'histoire... » page 41

 

 

 

Merci à Tibo Bérard des éditions Sarbacane pour ce livre et bravo pour son talent de découvreur !

 

 

 

Découvrez deux autres articles sur Je suis sa fille :

Une souris et des livres

Des romans entre deux mondes

Et une interview très intéressante de Benoît Minville :

Une souris et des livres

Voir les commentaires

Walter Siti, Une douleur normale, roman traduit de l'italien par Martine Segonds-Bauer, 210 pages, Verdier, août 2013, 20 € *

Publié le par Sébastien Almira

douleur

 

Turin, 1994. Walter est écrivain, il écrit les Réparations d'amour pour Mimmo, son ami. Pour lui prouver son amour pour lui. Pour lui prouver que « l'amour homosexuel peut être durable et s'intégrer sans trop de peines au sein d'une vie consacrée à l'écriture. »

Mais le manuscrit est refusé par son éditeur (« Enfin, tu ne vois pas que ce sont des putes ? Ils ne publient que de la littérature de seconde zone, ne te mets pas dans cet état. » page 10). Mais son image d'homme fort est ternie par le refus d'un livre significatif, il devient faible, passe son temps à pleurnicher mais ne supporte pas que Mimmo gâche sa vie à ses côtés, à le soutenir, avec « son inaltérable tendresse ». Aussi, il décide qu'il est temps de le faire partir. Le quitter lui briserait le cœur, se suicider lui bousillerait les nerfs : le seul moyen que Walter trouve est de se rendre haïssable à ses yeux afin qu'il le quitte de lui-même.

Il décide de réécrire le livre, en l'arrangeant selon ses besoins, sans peur de mentir, d’exagérer, de passer sous silence ou d'inventer.

« Oui, j'ai ajouté un peu de mensonge, et j'en rendrai compte à tout tribunal qui en fera la requête : mais ce qui me surprend encore, c'est qu'on ait besoin de si peu de manipulations pour transformer un livre en un autre. Je veux dire : un livre pour se faire pardonner en un livre pour se faire abandonner. » page 12

 

La construction du roman est originale. En 1998, Walter nous parle de cette histoire, c'est le début du livre qu'il écrit, et dans lequel il intègre quelques pages plus tard le livre qu'il a écrit en 1994 à Mimmo, ainsi que, dans une police de caractères et un corps de texte différents, tous les ajouts qui en ont fait la deuxième version. Avant de revenir en 1998 dans les dernières pages d'Une douleur normale pour nous expliquer la réaction de son jeune ami.

 

Le procédé est intéressant, l'intrigue avait quelque chose de troublant, de psychologique et semblait faire appel aux émotions. Mais ce n'est pas ce qui s'est passé.

L'incipit est involontairement complexe, l'auteur semble ne pas s'en sortir avec ses phrases dans les trois premières pages. Un peu comme une dissertation qu'on écrit sans plan, ni relecture, au lycée. Dans d'autres passages, tout se mélange, les idées, les phrases, les significations, comme les signes de ponctuations (guillemets, parenthèses, tirets d'incise, italiques à n'en plus finir).

« Tu m'avais dit un soir « aujourd'hui j'ai lavé la voiture » et le monde soudain avait coulé de source, frais au point d'aller y faire un tour (« tu es l'un de ces pullmans qui ont la vie pour trousseau »). T'adressant à tes amies pour vanter la force de séduction du paréo : « Il m'a pratiquement violé », pour moi, au contraire, ç'avait été la première fois que je t'avais appelé « amour saint » ̶qui est le contraire de « sacré », l'adjectif que je réservais aux culturistes. L'intimité retentissait contre les murs de mes gestes et me laissait étourdi, agrippé à la queue visible du mode (italique dans le texte)sur lequel tout avait commencé. » page 40-41

 

Walter_Siti_foto.jpg

 

De plus, dès qu'il se met à décortiquer leur vie de couple, tout fout le camp. On ne se passionne ni pour l'un, ni pour l'autre, ni pour leur histoire dont l'intérêt est à peu près équivalent au sex-appeal de Walter, écrivain bedonnant d'une cinquantaine d'années. Aucune saveur ne se dégage de leur histoire d'amour, comme de l'histoire générale. On peine à poursuivre la lecture.

D'autant que le récit est bancal et le propos desservi par un illogisme ambiant (Walter écrit la première version pour se faire pardonner, pour se faire aimer, pour prouver que l'amour homosexuel existe, et la seconde version pour se faire haïr, abandonner. Alors pourquoi, dès la première version, écrit-il « Désormais tu sais à quel point je peux simuler : je ne voulais plus de toi, j'aurais donné un œil pour que ça se termine sur-le-champ » page 73, « Tu es tiède » page 79, « T'aimer est un labeur » page 80, « le rôle que je jouais : combien de fois, en faisant l'amour avec toi, ai-je espéré qu'à ta place il y ait quelqu'un d'autre ! » page 14).

Outre une complexité brouillonne, un problème de logique dans le propos et une cruelle perte d'intérêt, on peut regretter des passages à la limite du ridicule (« "Je voulais être au centre de la vie et avec toi j'y suis, mon raton", disais-tu : moi le rongeur sorti d'un conte pour faire le chauffeur. » page 35, « Mais le soir je te retrouvais nu, mon fiancé, sous les couvertures ; le panier rempli de pain, les yeux luisant d'une allégresse insensée. » page 61) et des tournures on ne peut plus familières (« Mon Dieu ne lui dis pas ça, qu'il va prendre la pose. », « Nous nous embrassions que l'omelette était encore chaude. » page 38).

 

Encore une grosse déception en cette rentrée 2013 avec ce roman qui finit par devenir brouillon et peu compréhensible dans le fond comme dans la forme, pourtant publié chez un éditeur de qualité. La fin (quelques dizaines de pages) tente de sauver les meubles, mais elle arrive un peu tard.

 

 

Merci toutefois à Colette Olive des éditions Verdier pour l'envoi de ce livre.

Voir les commentaires

<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 30 > >>

Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog