Sylvie Deshors, Douce nuit, Minus !, roman ado, 90 pages, novembre 2012, Doado noir, Rouergue, 9,70 € ***

Publié le par Sébastien Almira

douce-nuit.jpg

Dans la famille Romans courts chez Doado, je demande le conte de Noël. Bonne pioche, avec Douce nuit, Minus !

Parce qu'ils sont pauvres, parce que sa mère a tenté de voler un jeu vidéo pour lui offrir, parce que le vigile l'a coincée et court désormais après lui, un ado prend la fuite le soir de Noël.

Pour son premier réveillon sans sa mère, il se réfugie au creux des rochers, sur la plage qu'il imagine déserte, jusqu'à ce que Nasta, un étrange garçon, débarque. La vingtaine, Rangers défoncées, pantalon trop court, portant la cape et un bâton faisant office d'arme. Fan de jeu vidéo, notre héros voit en Nasta un super-héros qui va illuminer son soir de solitude, mais leurs aventures vont vite déraper et devenir un jeu grandeur nature, sans télécommande ni console, avec une seule vie et pas de pause possible.

 

« Dans un jeu de console, on suit un personnage et bientôt on connait les limites de l'univers, les paliers, les ouvertures, on maîtrise les effets des actions jusqu'à la montée crescendo et soudain on a fait le tour du jeu. Au bout d'une trentaine d'heures, le jeu redevient un objet, un boitier en plastique un peu ennuyeux. » page 94

 

Mais dans cette sombre réalité, Sylvie Deshors ne nous laisse pas le temps de nous ennuyer. Ni au lecteur, ni à son personnage. Sans temps mort, elle nous entraine dans un univers hyper réaliste où s'entrechoquent bastons et frissons sur fond de jeux vidéos.

Comme soir de Noël, on peut rêver mieux, me direz-vous, en pensant à celui qui se profile, mais quand on se fait enlever, on ne pense plus à ce genre de choses ; ce qu'on veut, c'est juste s'en sortir, rester en vie, sauvegarder son unique vie. Moins facile, comme jeu, que de profiter de son réveillon comme vous et moi nous apprêtons à le faire, hein ?!

Voir les commentaires

En retard pour Noël ? Voici les idées LIVRE de dernière minute !

Publié le par Sébastien Almira

cadeaux-noel.jpg

 

En cette dernière semaine avant Noël, vous n'avez toujours pas fini d'acheter vos cadeaux ?! Manque de temps ? Manque d'idées ? Ne vous inquiétez pas, j'ai ce qu'il vous faut : une mine de romans, de bandes dessinées et d'albums jeunesse à offrir et à s'offrir !

 

 

Des romans à offrir et lire sans modération !

chapardeuse-copie-1   orcel1   otsuka2   monenembo1-copie-1

D'abord, petite exclusivité sur mon imminent « le meilleur de 2012 », mon roman préféré de l'année, qui conviendra peut-être plus à une femme, mais qu'un homme un minimum sensible et/ou rêveur lira avec un plaisir évident aussi : Chapardeuse de Rebacca Makkai chez Gallimard (critique ici), une merveilleuse ode à la liberté et au bonheur, un des plus beaux romans que j'ai lus. Ensuite, un autre premier roman, Les Immortelles de Makenzy Orcel chez Zulma (critique ici), une poétique et magnifique vision de la prostitution à travers l'histoire de celles qui ont péri à Haïti, dans une édition créée avec beaucoup de soin, merci Zulma !

Il ne faudrait pas que j'oublie de vous conseiller Certaines n'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka chez Phébus (critique ici) et Le Terroriste Noir de Tierno Monénembo au Seuil (critique ici), deux romans puissants et vibrants qui vous tiennent en haleine entre dureté et tendresse, entre un sort malheureux et quelques éclaircies.

                           001324477  daphne-disparue-112524-250-400   ohl

Vous préférez offrir quelque chose de plus cynique, Les ficelles du pantin de Yak Rivais (critique ici) vous tend les bras. Fable grinçante que n'auraient pas renié Ionesco et Jarry, voilà l'histoire d'une nuit où un despote est prêt à tout pour ne pas céder le pouvoir au démocrate qui a remporté les élections !

Enfin, je vous donne deux idées de romans parus il y a quatre ans, différents, mais à la langue éblouissante, à l'imagination débordante et à la maitrise grandiose : Daphné disparue de José Carlos Somoza chez Actes Sud et Les Maîtres de Glenmarkie de Jean-Pierre Ohl chez Gallimard, le premier étant un labyrinthe littéraire en forme de thriller et le second dans la lignée des romans anglais du XIXe, un roman impressionnant que n'aurait pas renié le maître littéraire de l'auteur : Dickens.


 

Votre budget préfère les poches ?

    sans gurb   fournier   niais.jpg   porte des enfers

Commençons par rire un peu, voire beaucoup, avec Sans nouvelles de Gurb d'Edouardo Mendoza chez Points (lire ici), Satané Dieu ! de Jean-Louis Fournier au Livre de Poche (lire ici), Et si c'était niais de Pascal Fioretto chez Pocket et la pièce Le Père-Noël est une ordure chez Babel ou Pocket illustré. Ces livres ne manquent jamais de me faire littéralement exploser de rire !

                               del-amo-copie-1.jpg   magicien-lublin.jpg   millenium-copie-1.jpg

Vous préférez offrir des émotions ? Vous allez être servi avec La Porte des Enfers de Laurent Gaudé chez Babel, un roman aussi dur que magnifique, et je pèse mes mots, qui vous emplira de larmes comme d'espoir.

Vous êtes plutôt branché fresque historique, aventures ? Une éducation libertine de Jean-Baptiste Del Amo chez Folio est un roman scandaleusement impressionnant d'un auteur de 24 ans (à l'époque) qui se permet de jouer à Bel Amide Maupassant. Le magicien de Lublin de Isaac Bashevis Singer, prix Nobel de littérature en 1978 « pour son art de conteur enthousiaste qui, prenant racine dans la culture et les traditions judéo-polonaises, ramène à la vie l'universalité de la condition humaine », paru chez J'ai Lu il y a quelques semaines est une originale thèse sur la vie, la liberté, le sexe, les sentiments et la religion, à travers l'histoire d'un magicien gangrené par les femmes qui se demande s'il lui faudra en choisir une, et laquelle, sinon Dieu ?

Enfin, s'il vous faut un bon polar, je ne vais pas faire dans l'originalité, parce que j'en lis assez peu. C'est Millénium de Stieg Larsson chez Babel pour les deux premiers tomes que je vous conseille d'offrir (lire ici).

 

 

C'est plutôt des BD qu'il vous faut ?

               zombillenium.jpg   marche-du-crabe.jpg   survie.jpg

Je vous conseille vivement d'offrir Arthur De Pins. Que ce soit sa trilogie La Marche du crabe chez Soleil ou bien le coffret des deux premiers tomes de Zombillénium chez Dupuis. Un dessin simple mais efficace pour deux séries complètement différentes, qui montrent le talent, l'humour et l'imagination sans borne de l'homme !

Si vous souhaitez expliquer à quelqu'un le monde de la bourse et du capitalisme depuis les débuts de l'humanité, La survie de l'espèce de Paul Jorion et Grégory Maklès chez Futuropolis/Arte est pour vous. Non sans humour, avec des personnages humains et en Légo, un cadeau original et utile !

                 BD1   ernest-rebecca.jpg   BD4

Restons au pays des rires et du cynisme avec Peter et Sally par Bacaria et Lepithec chez Sarbacane, deux sacrés mioches prêts à tout pour expérimenter le plus grand nombre de bêtises. Humour ravageur à ne pas mettre entre toutes les mains malgré un dessin enfantin. Plus à destination de la jeunesse, succombez aux irrésistibles Ernest et Rebecca par Antonello Dalena et Guillaume Bianco au Lombard (déjà 4 tomes !), une petite fille aux cheveux roses, boudeuse et baroudeuse, dont le meilleur ami est un microbe !

Un peu d'histoire ? Batchalo de Michaël Le Galli et Arnaud Betend chez Delcourt vous attend pour vous emporter au beau milieu de la Seconde Guerre mondiale, où un camp de tsiganes et un flic s'associent pour retrouver leurs enfants disparus... Avec, en bonus, un mini-documentaire sur la véritable histoire des Tsiganes sous Hitler.

 

 

Pour vos ados, voici quelques romans :

                meto-integrale-copie-1.jpg   grevet   1

Puisque c'est à la mode depuis quelques années, commençons par l'anticipation et la dystopie. D'abord avec Yves Grevet. Vous pourrez offrir l'époustouflante trilogie Méto désormais disponible en un seul volume chez Syros (critique ici) ou bien le très court récit tout aussi impressionnant L'école est finie (critique ici), sorte de nouveau Matin Brun. Ensuite avec La Déclaration, La Résistance et La Révélation de Gemma Malley, publiés par Naïve (critique ici), gage de la qualité de cette trilogie. Si Métoplaira plus majoritairement aux garçons et La Déclaration aux filles, vous pouvez inverser sans problème pour les lecteurs qui aiment ce genre.

percin1  percin2  percin3  la-fugue-dalexandre-raimbaud-26-07-PLAT1-1 - copie

Encore une trilogie à vous proposer, celle d'Anne Percin : Comment (bien) rater ses vacances, Comment (bien) gérer sa love story et Comment devenir une rock star (ou pas) au Rouergue (critique ici). Hyper drôle, c'est l'histoire d'un ado qui n'a aucun problème d'intelligence et de cynisme, mais dont la vie sociale n'est pas très développée. Les événements ne vont pas tous en sa faveur, et les situations sont à mourir de rire. Jusqu'à la fin, on ne peut plus le lâcher ! Quel pied !

Un peu le même genre, La fugue d'Alexandre Raimbaud de Rose Philippon chez Hélium (critique ici) raconte l'histoire abracadabrantesque d'un ado pris dans une intrigue mafieuse qui ravira petits et grands ados.

                    matilda.jpg   charlie-chocolaterie.jpg   hugo2

Pour les plus jeunes, dirigez-vous vers le maître incontesté de la littérature jeunesse : Roald Dahl. Matilda (qui vient de reparaitre dans une jolie édition collector chez Gallimard Jeunesse) ou Charlie et la chocolaterie chez Folio continueront d'émerveiller vos enfants ! Ou bien vers un roman qui a fait parler de lui l'an dernier grâce à son adaptation cinématographique par Martin Scorsese : Hugo Cabret de Brian Selznick chez Bayard (critique ici), un merveilleux et enchanteur conte de Noël en texte et dessins de l'auteur lui-même.

 

 

Et pour les plus jeunes, quelques albums :

     taupe.jpg   anne-hiversaire.jpg   arbre-sans-fin.jpg

Dans les vieux de la vieille, je vous conseille le mythique De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête de Wolf Erlbruch chez Milan et les merveilleux Château d'Anne Hiversaire (très drôle, en plus) et L'arbre sans fin (mon album préféré de moi de quand j'étais petit !) de Claude Ponti à l'École des Loisirs.

       maison.jpg   JEROME-PAR-COEUR-THOMAS-SCOTTO   bus-rosa.jpg

Plus récents, La maison en petits cubes de Hirata Kenya et Katô Kunyo chez Nobi Nobi est un petit bijou venu du Japon dont le court-métrage a remporté l'Award Academy du court-métrage d'animation ; et Jérôme par cœur de Thomas Scotto et Olivier Tallec chez Actes Sud, premier album jeunesse à parler d'homosexualité, avec tendresse et intelligence ; Le bus de Rosa de Fabrizio Silei et Maurizio A.C. Quarello chez Sarbacane, ou l'histoire de Rosa Parks racontée par un vieil homme à son petit fils dans le musée où trône le bus où Rosa a osé dire non. Trois albums vraiment magnifiques !

aladdin théâtre-copie-1Et si vous voulez le plus beau pop-up du monde (Quoi j'exagère ? Je dis ce que je veux !), il faudra vous tourner vers Aladin traduit par Marie-Céline Cassanhol et merveilleusement illustré par Niroot Puttapipat chez Gründ, paru l'an dernier.

 

 

Alors ? Tentés ?

Si vous avez d'autres idées à partager, n'hésitez pas !

Voir les commentaires

Le cinéma de novembre (Argo, Skyfall, Frankenweenie, Looper)

Publié le par Sébastien Almira

 

argo.jpgArgo, de Ben Affleck, 2h ****

En pleine révolution iranienne en 1979, des centaines de militants envahissent l'ambassade américaine de Téhéran et prennent tous les employés en otage. Mais six sont parvenus à s'échapper et trouvent refuge chez l'ambassadeur du Canada. Un spécialiste de l'exfiltration de la CIA, joué par le réalisateur Ben Affleck, monte un scénario ahurissant pour les sortir de là. Tiré d'une histoire vraie, que je ne connaissais pas, j'ai trouvé que, ma foi, Ben Affleck s'en sortait très bien. Au niveau de la réalisation, du scénario, de la direction des acteurs et du suspense insoutenable du dénouement. Un très bon film.

 

 

 

skyfall.jpgSkyfall, de Sam Mendes, 2h20 ****

Dernière production de l'artillerie lourde James Bond, Skyfall est visiblement plus intellectuel et moins épique que d'accoutumée. Visiblement, parce que je ne me souviens quasiment pas des rares James Bond que j'ai vus. Aussi, je n'ai pas été déçu par la beauté des images qui primait sur l'action et par le manque de combats. J'ai été happé pendant 2h20 sans reprendre mon souffle une seconde, j'ai été surpris par les rebondissements, j'étais vraiment dans le film. Le seul point noir, c'est qu'une fois le film terminé, j'ai trouvé que le scénario manquait de consistance, qu'il tenait sur un post-it. Pourtant, ça ne m'a pas gêné pendant. Je vous redis quand j'aurais vu les autres, mais pour le moment c'est un super James Bond pour moi !

 

 

frankenweenie.jpgFrankenweenie, de Tim Burton, 1h30 ****

Deuxième réalisation de Tim Burton à sortir cette année, Frankenweenie version 2012 est un allongement du second court-métrage du réalisateur fou. À l'époque, en 1984, Disney n'y croyait pas et a refusé le projet. Cette fois-ci, ils reviennent le chercher, une fois devenu une véritable star. Victor Frankenstein est dévasté par la perte de son chien Sparky. Par chance, Victor est féru de sciences et va tenter par tous les moyens de redonner vie à celui qui est aussi son seul ami. Tourné en stop-motion avec un appareil photo numérique, Frankenweenie est une petite merveille d'animation, autant au niveau des images que du message. Un petit bijou d'humour noir, en noir et blanc, qui ravira petits et grands !

 

 

looper.jpegLooper, de Rian Johnson, 1h50 ***

En 2074, on a inventé la machine à remonter le temps, on l'a interdite, mais les plus puissantes mafias s'en servent pour envoyer ceux dont on souhaite se débarrasser trente ans plus tôt car il est impossible de le faire sans avoir les autorités sur le dos. En 2044, ce sont les loopers qui se chargent du sale boulot en échange de quatre lingots d'argent par tête, et huit d'or lorsque c'est leur propre futur qui leur est envoyé. Joseph Gordon-Lewitt en 2044 devient Bruce Willis en 2074 et lorsque ce dernier sera envoyé se faire descendre par son passé, il va y avoir du sport. Entre ce qu'on croit, ce qu'on ne voit pas, ce qui n'est pas expliqué, il est difficile de tout comprendre en voyant le film. J'ai dû lire des forums pour comprendre certaines choses, et je suis étonné de voir que les gens expliquent même des choses qui ne sont pas dans le film... Tout ce flou m'embête beaucoup parce que, sans ça, j'aurais adoré Looper. Je suis un peu mitigé, et il faudrait que je le revoie pour lui donner une vraie note. Et vous ? Vous l'avez vu ? Compris ? Aimé ? Avez-vous des explications à m'apporter ?

Voir les commentaires

Mylène Farmer, Monkey Me, 12 titres, Polydor, décembre 2012 ****

Publié le par Sébastien Almira

 

Mylene-Farmer-Monkey-Me.jpg

 

Deux ans après avoir réalisé l'inégal Bleu Noir (critique ici) avec Moby, Archive et Red One, Mylène Farmer retrouve son acolyte de toujours : Laurent Boutonnat. Pour l'occasion, elle accroche de nouveaux records à son tableau de chasse : un treizième single n°1 avec À l'ombre (elle détient le record de singles n°1 en France depuis son cinquième en 2008), une tournée marathon de 540 000 places sur 38 dates en France, Belgique, Suisse, Russie et Biélo-Russie dont une majorité sont entièrement ou quasi complètes, 155 911 billets vendus en six heures, 189 734 dans la journée (elle détenait le record depuis 2008 avec 100 000 billets pour la première journée), dix Bercy mis en vente dont six complets en quelques jours (elle est celle qui se produit le plus longtemps dans cette salle de 17 000 places : 13 fois en 2006 pour un concert qui ne sera transporté nulle part ailleurs, 10 fois l'année prochaine), meilleur démarrage de l'année pour la première journée et la première semaine avec 148 000 exemplaires, devançant ainsi Céline Dion, Les Enfoirés et Johnny Hallyday...

Bref, la star n'a pas raté son retour. Mais que valent vraiment ces retrouvailles avec l'homme qui a taillé certains des plus gros tubes français (Libertine, Sans Contrefaçon, Pourvu qu'elles soient douces, Ainsi soit je, Désenchantée, XXL, Rêver, Les mots, C'est une belle journée...) et qui semble s'essouffler un peu ces derniers temps ?

 

 

       l'ombre l-ombre3.jpg l-ombre4.jpg

Pour le clip d'À l'ombre, esthétiquement très réussi, Laurent Boutonnat revient derrière la caméra,

inspiré par la Transfiguration d'Olivier de Sagazan.

 

J'avoue avoir eu un peu peur avec les deux inédits du best of l'année dernière. Si Du temps était dans l'air du temps avec son effusion de synthés, Sois-moi/Be me reste la plus mauvaise chanson de sa carrière, ringarde à mort, au refrain taillé chez Britney Spears. Le premier extrait de l'album ne m'avait pas non plus convaincu comme auparavant (Sans contrefaçon, Désenchantée, XXL, L'âme-stram-gram, Fuck them all, Dégénération et Oui... mais non remplissaient infiniment mieux leur rôle de lead single). À l'ombre débute par une ligne de synthé affreusement daté, à la limite de l'inécoutable, qui court sur toute la chanson, le texte est une caricature des textes farmeriens et la mélodie ne casse pas des briques. À force d'écoutes, surtout au sein de l'album et avec casque, le titre prend plus d'ampleur et le synthé sait se faire oublier après ses premières secondes de solitude. Mais il faut un certain temps avant de s'habituer, un temps que le grand public ne prend pas la peine de prendre. À force, le titre devient même bon, voire très bon (toujours en éjectant le synthé du début).

Ne vous inquiétez pas : pour d'autres titres, c'est dès la première écoute que l'on accroche (ou pas). Laurent Boutonnat n'a pas pu s'empêcher de caser d'autres sonorités incompréhensiblement datées dans l'album (J'ai essayé de vivre et À force de notamment), et de foutre du synthé partout, jusque dans les deux seules vraies balades de l'album (Quand et Je te dis tout). Vraiment dommage qu'un compositeur qui a su faire preuve de tant de talent par le passé se mette aujourd'hui à suivre une mode qu'il ne maitrise pas tout à fait. Certains titres sont parfaitement réussis, mais d'autres semblent figés dans les années 80 et 90, comme si le tandem nous proposait des titres enregistrés pour les précédents albums et finalement écartés au moment de la production.

De plus, certains arrangements semblent tout droit repris d'autres morceaux de Mylène Farmer et d'Alizée lorsque cette dernière était produite par le tandem. Vous retrouverez les arrangements de Elle a dit et Ici-bas sur nombre de titres des deux chanteuses, les accords de J'ai essayé de vivre sur Paradis inanimé, la mélodie de certaines phrases du refrain de Monkey Me sur Youpidou d'Alizée, les choeurs de Nuit d'hiver basés sur la mélodie des refrains de Hey ! Amigo ! d'Alizée, l'intro de Tu ne le dis pas est la même que celle d'À contre-courant d'Alizée avec un instrument différent, les choeurs de Love Dance sont calqués sur ceux de Papa m'aime pas de Mélissa Mars, et je ne dois pas tout avoir remarqué...

Deuxième point négatif, et pas des moindres : les textes de Mylène. Connue autant pour son image sulfureuse que ses textes magnifiques, cette année, elle ne s'est pas foulée :

 

« La la la la la / If you say so / La la la la la / Won't let me go / La la la la la / Lupo lupo / Mon meli melo / Meli melo / La la la la la //

Do you love me / Love me do / Me do love you / Me too !/ You me love do / Love me do you / Dis... Love me ? //

Doux est le fou / Des fossettes / à genoux, ga... / ...lipettes / De la chance, l'en... / ...tre nous / Est immense »

dans Love Dance

« Délivrez-moi / Tap ta da / Je suis pas là / Suis pas de ce monde //

Si je suis sans guidon / Et j'y suis / Et ben... je me vautre //

Là / C'est un autre moi / C'est monkey me / C'est monkey me / L'animal là / Je manque ici / Je manque ici / De facéties... »

dans Monkey Me

 

C'est ce qui me déçoit le plus dans ce nouvel album. Des « dis », des « moi », des « toi », des « là », des phrases qui se répètent d'un titre à l'autre, en veux-tu, en voilà. La ringardise de certains arrangements peut être mise sur le compte d'une volonté de faire avec son temps, sans savoir le faire. Mais les textes de Mylène Farmer, vraiment, je ne vois aucune excuse recevable. C'est effarant tantôt de banalité, tantôt de médiocrité.

 

mf

Journal de 20h avec Claire Chazal, sur TF1, le dimanche 3 décembre 2012

(8,4 millions de téléspectateurs, pic d'audiance à 9,2 millions lors de son interview)

 

Après ces deux gros points noirs, passons au positif : la voix de Mylène est toujours juste, mieux mise en avant, même si elle utilise un peu souvent « l'étirage de voix » (cf. À l'ombre, Elle a dit, À force de, Tu ne le dis pas, J'ai essayé de vivre), quelques incartades dans les graves sont présentes. De ce côté, c'est réussi.

Les mélodies sont très souvent accrocheuses, là-dessus le tandem n'a pas perdu la main. Il n'y a à mon sens pas vraiment de tube à la Désenchantée, Sans Contrefaçon ou C'est dans l'air, mais l'album a du potentiel (Elle a dit, Tu ne le dis pas,À force de...). Du côté des balades, certains risquent de rester sur leur faim car l'album est, à l'image de Point de Suture  en 2008, indéniablement taillé pour la scène : seulement deux balades et demi pour douze titres. Mais celles-ci raviront les amateurs. Je ne suis pas particulièrement fan de Quand, mais il faut reconnaître qu'elle est jolie. Un peu trop épurée à mon goût. Je te dis toutest la merveille de l'album. Piano old school qui me fait penser à du Brel, du Barbara, ou du Aznavour, auquel s'ajoutera une batterie diaboliquement magnifique qui fait penser à Avant que l'ombre... et Si j'avais au moins... : ça sent le final à plein nez ! De même que Nuit d'hiver, sorte d'extended remix club de Chloé (assez réussi, même si les chœurs sont un copier-coller des refrains de Hey ! Amigo !, chanson créée pour Alizée en 2003) vingt-cinq ans après, sent l'intro de concert à plein nez ! La demi-balade qui reste, c'est A-t-on jamais, un titre qui ne ressemble guère au reste de la discographie de la chanteuse. Des envolées d' « alléluia » dans des refrains puissants, des chœurs de toute beauté que vient malheureusement gâcher une fin trop courte et frustrante.


mylene

photographie de Nathalie Delépine

 

Du bon et du mauvais, que je vais tenter de résumer plus clairement :

- Laurent Boutonnat tente de se renouveler musicalement mais a un peu de mal à entrer dans la modernité. Le résultat est parfois cruellement daté.

- Mylène Farmer a perdu sa plume renversante de beauté. Où sont passés les textes de Je t'aime mélancolie, Je te rends ton amour, Fuck them all, Avant que l'ombre...? Textes cheap sont au programme dans Monkey Me.

- Depuis l'album Bleu noir où sa voix a été mieux mise en avant par Moby et Archive, la chanteuse semble vouloir poursuivre l'expérience. On l'entend mieux, on la comprend mieux, ça ne fait pas de mal (même s'il y a toujours quelques passages où j'ai eu besoin des paroles pour la comprendre).

- Les mélodies sont accrocheuses, comme d'accoutumée, malgré l'absence de gros tubes. Et il y a de l'originalité au niveau des mélodies (A-t-on jamais,À force de, J'ai essayé de vivre...). Excepté le ridicule Love Dance et le banal Monkey Me.

- Un point qu'il ne me semble pas avoir évoqué : le cas Henry Neu. Le designer attitré de la star est toujours là, pour notre plus grand malheur. Qu'est-ce que c'est que cette pochette du single À l'ombre ? Ces textes pas dans l'ordre, ces fautes, ces doubles espaces, dans le livret ? Du travail d'amateur.

 

Au final, je pense que Monkey Me aurait pu être un excellent album, faisant la part belle à la dance et à la pop, mais il souffre de deux problèmes majeurs qui l'en empêchent : les arrangements et les textes. En tout cas, ça ne semble pas gêner la grande majorité des fans, qui adorent et placent même le banal Monkey Me en tête de leurs chansons préférées de ce neuvième album studio. Je pense qu'il prendra une ampleur plus importante sur scène, à condition que de bons choix soient faits pour la setlist. Quatre étoiles sur cinq parc que, quand même, ça fait du bien d'entendre de nouvelles chansons de Mylène Farmer et que les points positifs ont tendance à primer sur ceux négatifs chez quelqu'un qu'on aime.

Si vous voulez vous faire une idée et vérifier que Mylène Farmer est toujours au top (ou presque), écoutez en priorité Tu ne le dis pas, A-t-on jamais et Je te dis tout.

Et n'hésitez pas à partager votre opinion !


 

 

 

 

 

 

Si c'est sur scène que vous souhaitez vous faire une idée, voici les dates de la tournée Timeless 2013 :

 

SEPTEMBRE

07 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

08 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

10 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

11 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

13 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

14 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

17 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

18 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

20 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

21 - PARIS Palais Omnisports de Paris-Bercy

24 - LYON Halle Tony Garnier

25 - LYON Halle Tony Garnier

27 - LYON Halle Tony Garnier

28 - LYON Halle Tony Garnier

 

OCTOBRE

01 - MONTPELLIER Park & Suites Arena

02 - MONTPELLIER Park & Suites Arena

05 - MONTPELLIER Park & Suites Arena

08 - NANTES Zénith

09 - NANTES Zénith

11 - NANTES Zénith

12 - NANTES Zénith

15 - STRASBOURG Zénith

16 - STRASBOURG Zénith

18 - GENÈVE Palexpo Arena

19 - GENÈVE Palexpo Arena

27 - MINSK Minsk Arena

 

NOVEMBRE

01 - MOSCOU Olimpiyski

04 - SAINT PETERSBOURG SKK Arena

13 - BRUXELLES Palais 12

15 - BRUXELLES Palais 12

16 - BRUXELLES Palais 12

20 - DOUAI Gayant Expo

22 - DOUAI Gayant Expo

23 - DOUAI Gayant Expo

26 - TOULOUSE Zénith

27 - TOULOUSE Zénith

30 - TOULOUSE Zénith

 

DECEMBRE

03 - CLERMONT-FERRAND Zénith d'Auvergne

06 - NICE Palais Nikaïa

Voir les commentaires

Pascale Gautier, Les vieilles, Prix Renaudot Poche, roman, 210 pages, Joëlle Losfeld, janvier 2010, 18,80€, Folio, novembre 2011, 5,95€ **

Publié le par Sébastien Almira

 

vieilles.jpg

 

Sacré Prix Renaudot Poche le lendemain de mon achat, Les vieilles est un court roman humoristique sur les vieilles, comme son titre l'indique. Les ronchonnes, les acariâtres, les rigolotes, les dépressives. Bref, tout y passe. Des courses à la drague en passant par la peur de la solitude au repas dominical forcé, Pascale Gautier dépeint la vie des personnes âgées avec cynisme et tendresse. Dit comme ça, ça donne envie, hein ! En plus, Renaudot poche, quoi !

 

Mais bon, sincèrement, je ne me suis pas plu plus que ça. Ça m'a amusé quelques pages, le temps de me foutre de certaines d'entre elles, de rire de leur bêtise, de leurs peurs et de leurs manies, de m'attendrir pour l'une et d'avoir envie de tuer une autre. Mais ça devient vite répétitif et ennuyeux.

Voilà, je ne suis pas rentré dedans, mais certains y trouveront certainement leur compte, d'où les deux étoiles, parce que le roman n'est pas mauvais du tout, pas mal écrit. Juste que quand un roman ou un film est censé être drôle, je veux en avoir pour mon argent. Un peu le même pronostic, en somme que C'est Maman qui a tué le Père-Noël d'Alexandra Varrin.

Voir les commentaires

The Cranberries, Zénith de Paris, dimanche 25 novembre 212

Publié le par Sébastien Almira

 

 

12.JPG

 

Après un concert de Gossip assez génial et quelques nouveautés disques sans articles, je me remets à écrire sur la musique. Et c'est le concert des Cranberries avant-hier au Zénith de Paris qui en est l'occasion.

 

Le groupe mythique des années 90 s'était reformé en 2010 pour une tournée mondiale et cette année, les voilà de retour avec un sixième album, Roses (article ici), pas vraiment à la hauteur de leur réputation et de leurs précédentes productions. Nouvelle tournée, dont plusieurs passages en France pour le plus grand plaisir des anciens et plus récents fans du groupe irlandais.

 

Les tout aussi irlandais Kodaline se produisaient en première partie et je dois dire que c'était vraiment pas mal ! Du pop-rock qui m'a fait penser au groupe Ponderosa (article ici) dont j'ai fait l'éloge il n'y a pas longtemps sur le blog. À la différence que si les Irlandais se sont montrés super bons sur scène et très moyen en studio (un EP de quatre titres est dispo depuis septembre), Ponderosa m'a ébloui dès l'album (à voir sur scène) !

 

20h pile, les musiciens arrivent sur scène, têtes baissées, sans un regard et la chanteuse, Dolorès, fait son apparition, blonde platine, sur Analyse. Les bons titres s'enchainent vitesse grand V : Animal Instinct, Just my imagination, When you're gone, Linger, Free to decide. J'étais servi ! Le problème, c'est que l'ambiance n'était pas géniale. Aucun signe de vie des musiciens et voilà que la chanteuse marche sur scène, chantant un bras sur le ventre, sans un sourire, trouvant même le moyen de chanter, micro sur pied, les bras croisés. Le genre foutage de gueule, vous voyez ? « Ça me fait chier d'être là ce soir alors si vous croyez que je vais faire un effort, vous pouvez vous fourrer le doigt dans l'œil. »  Ça s'annonçait bien, surtout avec les quelques titres un peu plats qui ont suivi.

 

  4    6-copie-2.JPG

 

Heureusement qu'au milieu du concert, Dolorès commence à se déchainer et que ça repart avec Desperate Andy et I can't be with you. Puis la blonde s'éclipse un instant, histoire de se reposer après des gesticulations incompréhensibles et de revêtir une robe noire à froufrous ainsi qu'une veste à paillettes digne de Grand-Mère Yeta, le temps pour le reste de la bande de dénaturer le titre Shattered en le jouant en instru pop-rock sans les cordes qui faisaient toute sa beauté.

La fin du concert s'annonce électrique. Quelques jolis jeux de lumières sont à noter. Et lorsque résonnent les premières notes de Show me the way, mon titre préféré du dernier album Roses, je suis en transe, et je le reste car suivent Ridiculous thoughts, Salvation et Zombie qui met le public en délire. Tout le monde chante, tape des mains, saute, danse, c'est sur ces quelques titres que l'ambiance est à son comble dans la salle.

C'est là que le groupe quitte la scène pour un rappel de quatre morceaux. Dolorès en profite pour se changer une seconde fois, arborant une élégante robe de soirée noire qui laisse apparaître ses tatouages. Elle entonne Roses, en hommage à son père, You and me, Electric Blue et enfin, Dreams.

 

Après 1h45 de live, les membres du groupe quittent la scène presque comme ils sont arrivés. Dolorès a dit quelques mots de français pendant le concert et a rattrapé son attitude nonchalante sur la deuxième moitié. Sa voix est toujours aussi particulière et entrainante, mais manquait un peu de puissance. Histoire qu'on l'entende au moins autant que les instruments. Malgré ça et les quatre ou cinq morceaux qui m'ont un peu ennuyé, c'était un très bon concert. Si je dois comparer au dernier que j'ai fait, dans la même salle en plus, Gossip, je dirai que niveau ambiance, énergie de la chanteuse et présence sur scène, Dolorès O'Riordan peut aller prendre des cours chez Beth Ditto, mais les morceaux des Cranberries sont juste énormes !

Alors, voilà, quelques déceptions, mais quand même un super concert !

 

19.JPG

Voir les commentaires

Rose Philippon, La fugue d'Alexandre Raimbaud, roman, 270 pages, Hélium, octobre 2012, 14 € ****

Publié le par Sébastien Almira

 

la-fugue-dalexandre-raimbaud-26-07-PLAT1-1---copie.jpg

 

Hélium, c'est une maison pas encore bien remplie, mais qui remplit bien son catalogue. Côté romans pour adolescents, c'est par exemple le WorldShaker ou Dear Georges Clooney. Et malgré les deux tomes du WorldShaker dans ma bibliothèque, La fugue d'Alexandre Raimbaud est le premier de leurs romans que je lis. D'abord, c'est la couverture qui m'a attiré. Patchwork de personnages écrus en fuite sur fond rouge, elle se prête d'ailleurs infiniment bien aux couleurs du coup de cœur que j'y ai accroché à la librairie. Ensuite, c'est le résumé. Humour, mystères et aventures étaient au rendez-vous, je me suis lancé à leur poursuite.

 

Et pas bien longtemps, je dois dire, car c'est évident : ce roman est un pur concentré des trois ingrédients que je viens de vous citer.

Alexandre est un jeune de quatorze ans qui croule sous les problèmes en tout genre : année scolaire catastrophique, père inconnu, mère mystérieuse sur son passé, pas très présente à la maison, et hyper autoritaire depuis quatre mois, depuis ce fameux jeudi 5 avril, un surveillant général qui n'attend que le prendre sur le fait afin de lui faire payer toutes les conneries passées, une nouvelle voisine aussi jolie que curieuse et énervante et une baby-sitter sur le dos de la sortie du collège au retour de sa mère ainsi que pendant les vacances d'été.

Justement, ces vacances d'été, parlons-en ! Car le pauvre Alexandre n'est pas au bout de ses surprises : sa mère est à peine partie pour quelques jours de réunions professionnelles qu'il est poursuivi par des gangsters lui réclamant une clef dont il n'a jamais entendu parler.

Là commence une course poursuite dans un Paris devenu jeu de piste géant dont il s'efforcera de découvrir les indices et leur signification malgré le silence de sa mère.

 

Voilà donc un roman d'aventures moderne, enchanteur et haletant. Pas un seul moment je n'ai pu décrocher. Même après m'être couché à une heure du matin, j'ai rallumé pour continuer ma lecture. Rose Philippon, dont c'est le premier roman, a réussi son coup ! Véritable page-turner, La fugue d'Alexandre Raimbaud agit sur vous comme si vous y étiez, avec un suspense délectable. Vous vous mettez à traquer les indices, à décrypter un mot, un silence, une action, en vous demandant quoi faire.

Il vous faudra aller au bout des multiples rebondissements pour avoir le fin mot de l'affaire et vous ne serez pas déçu ! À lire de toute urgence et avec un plaisir non dissimulé (vous pouvez aussi attendre Noël pour l'offrir à vos ados) !

 

 

ps : je n'ai évidemment pas pris le temps de noter des extraits, vous devrez les découvrir par vous-même !

 

 

 

Un grand merci aux éditions Hélium pour l'envoi de ce livre !

Voir les commentaires

Le cinéma d'octobre (Savages, Les saveurs du palais, Dans la maison, Astérix et obélix au service de sa majesté, Bachelorette)

Publié le par Sébastien Almira

savages-copie-1.jpgSavages, de Olivier Stone ****

En voilà un super thriller ! Fidèle au roman de Don Winslow, ça, je n'en sais rien, je ne l'ai pas lu. Mais ça tient debout, c'est bien monté, bien filmé, bien joué. C'est original sur plusieurs points, en plus. Par exemple, c'est un trio de choc qui se bat contre la pègre : une fille et ses deux mecs. Mais tout va bien, les deux gars sont meilleurs potes, ils vivent tous les trois ensemble ! Puis, c'est malgré le genre de film, c'est hyper coloré, à l'image de l'affiche, que je trouve très belle. Il fait souvent beau, il fait jour, il fait chaud, ça pue le sexe, c'est jeune et dynamique...

Ça pulse dans tous les sens et on ne finit pas d'être surpris par les ressorts du scénario. Très bon !

 

 

saveurs-du-palais.jpgLes saveurs du palais, de Christian Vincent **

C'est pas mal.

Deux étoiles seulement parce que c'est un film qui se regarde une fois,

comme ça, quand on n'a rien d'autre à faire, et puis c'est tout.

L'histoire de la cuisinière de Mitterrand, interprétés par

une Catherine Frot et un Jean d'Ormesson parfaits.

Ça se regarde avec plaisir et, putain, qu'est-ce que ça donne faim !

 

 

 

dans-la-maison.jpgDans la maison, de François Ozon ****

Fabrice Lucchini est prof de français, corriger les devoirs de cancres ne l'amusent plus mais l'un d'eux retient son attention. Le garçon a un talent indéniable mais son propos est effrayant. Obsédé par la mère d'un camarade de classe à « l'odeur particulière de la femme de classe moyenne », il s'incruste dans la maison, jusqu'à regarder les parents dormir, ou faire l'amour ? On ne sait plus jusqu'ou va la réalité et si à un moment l'imagination prend le dessus.

Une jolie mise en scène avec quelques scènes assez originales, lorsque Lucchini, corrigeant la copie, s'incruste à son tour dans la maison, pour donner des conseils à son protégé.

Dérangeant, mystérieux, original et plus foisonnant que je ne laisse supposer, le film de François Ozon n'est pas pour tout le monde mais saura se faire apprécier à sa juste valeur : un petit chef d'œuvre français digne du réalisateur de 8 femmes.

 

 

asterix.jpgAstérix et Obélix, au service de sa Majesté, de Laurent Tirard ****

Le nouvel Astérix ne me faisait vraiment pas envie mais à force d'en entendre du bien (moi, influençable ?!), je me suis laissé tenter. Je dois dire que j'ai été beaucoup surpris. J'ai beaucoup lu de « très fidèle », « colle parfaitement à l'univers BD de la série », etc. Mais j'ai trouvé que c'en était plutôt loin. C'est très festif et coloré, l'humour et le second degrés sont presque les personnages principaux du film. Ça n'arrête pas ! Entre les blagues fines ou potaches, les allusions anachroniques et la théâtralisation du couple Astérix/Obélix, Laurent Tirard n'a pas lésiné sur le rire.

Au final, j'ai été plutôt convaincu par la prestation d'Edouard Baer et j'ai trouvé que c'était un très bon épisode d'Astérix, même si je le trouve un peu éloigné de l'univers originel.

 

 

bachelorette.jpgBachelorette, de Leslye Headland *

Après My Best Men, le Very Bad Trip pendant le mariage,

voilà Bachelorette le Very Bad Trip féminin.

Mais si les deux premiers peuvent se targuer d'un scénario

et d'un humour délectables, ce divertissement-là ne m'a

pas du tout convaincu. Scénario faiblard, humour lourd...

Même Kirsten Dunst ne parvient pas à redresser la barre.

Voir les commentaires

En vrac, la suite

Publié le par Sébastien Almira

Après une effervescence d'articles due à la rentrée littéraire, voilà que ça se tasse sur le blog. Ne m'en voulez pas, ce n'est pas la première fois que je soulève un certain problème de flemme qui me court après.

D'autant que je vous dois depuis une dizaine de jours Le cinéma d'octobre, que j'ai lu pas mal de BD dont je n'ai pas parlé (à part pour en descendre deux dans En vrac), que j'ai vu Gossip au Zénith de Paris mais que je n'en ai pas fait d'article, contrairement au concert des Scissor Sisters. Pourtant, c'était presque aussi bien. Vraiment ! beth Ditto a fait preuve d'une folle énergie, a pas mal parlé en français, ri, a eu l'air de s'amuser autant que nous. Elle a même dit qu'on était son ville préféré(e ?), qu'on était un grosse rêve et qu'elle nous aimait tous. Voilà ! Mon article sur le concert est fait ! Bon , manque plus qu'une photo ou deux, mais je ne les ai pas encore triées (encore la faute de cette flemme).

13/11/2012 : Voilà, c'est fait, c'est ajouté ! Et c'est les deux moins pires que j'aie...

 

5

 

6-copie-1

 

 

Alors, tout ça pour dire que j'ai la flemme, mais qu'il y aura bientpot d'autres articles ! par exemple, je suis en train de lire un roman ado gentiment envoyé par les éditions Hélium qui s'annonce plutôt très bien ! J'ai aussi La Vallée des masques de Tarun Tejpal qui m'attend, et j'espère bien lire le nouveau Daniel Pennac bientôt pour vous en parler.

 

BD1.jpg  BD3.jpg BD4.jpg benaquista.jpg

 

Alors, sinon, comme BD bien, je vous conseille Peter et Sally chez Sarbacane, hybride entre BD jeunesse et objet pour grands enfants en manque de cyniste enfantin très poussé. Franchement, ça dépote, mais ne l'offrez pas à un enfant en disant que c'est moi qui vous l'ai dit ! Sally est une sorte de Mafalda française : une vraie petite peste. Peter, le gars que j'ai pas compris si c'est juste son pote ou si c'est le nouveau demi-frère, il est un peu neuneu. Et tous les deux ensemble, vous allez les adorer !

Le neuvième tome (déjà) de Droit au but ! est fidèle aux précédents, bien fait, agréable et idéal pour les petits footeux marseillais. Puis, offrez toute la série aux gamins qui se prennent pour des dieux du foot, pour les maîtres de la maison, ça leur enseignera l'espoir, la modestie et la gentillesse.

Batchalo est une super BD, prenante, belle, dure et intéressante.

 

Ah oui ! J'oubliais ! J'ai lu Homo erectus de Tonino Benaquista, paru récemment chez Folio, pour lequel je ne ferai pas d'article puisqu'il s'agit d'une parution poche et que je ne parle habituellement que des nouveautés grand format. Je sais que ce n'est pas son meilleur et qu'on me conceille à tour de rôle Saga puis Malavita, mais voilà, c'est Homo erectus que j'ai lu en premier ! Et j'ai beaucoup aimé. Au moins, je me dis que si les deux autres sont vraiment géniaux, ce sera de mieux en mieux. En attendant, son dernier roman est délicieusement décalé et savoureusement addictif !

 

Voilà, c'est tout pour le moment, en attendant les prochains articles promis !

Voir les commentaires

En vrac

Publié le par Sébastien Almira

Aujourd'hui un article d'un genre nouveau : je vais parler de ce qui ne m'a pas plu dernièrement et sur quoi j'ai la flemme d'écrire plus que quelques lignes.


 

citoyen-park.jpg W.jpg loge.jpg titeuf13.jpg sans-attendre.jpg a-l-ombre.jpg

 

D'abord, dans la rentrée littéraire, au Seuil, j'attendais beaucoup de Citoyen Park de Charly Delwart que je gardais sous le coude depuis un moment, étant sûr de passer un bon moment avec. L'histoire ? Un gars hérite de son père d'une dictature, alors qu'il aurait voulu être une star de cinéma. Nouveau fan d'anticipation, je m'attendais à exulter à la lecture de ce pavé, et bien figurez-vous que j'ai arrêté au bout d'une vingtaine de pages. Oui, je sais, c'est pas beaucoup sur 500. Mais c'était tellement mal écrit qu'il m'était impossible de continuer. Les phrases commençant par un verbe, avec des problèmes de ponctuation, de syntaxe et de sens, je suis pas fan. Je veux bien que certains auteurs aiment expérimenter la langue française, mais il y a des limites : la compréhension et le plaisir de lecture.

 

Je passerai plus rapidement sur W ou le souvenir d'enfance de Georges Perec qui m'a profondément ennuyé et dont j'ai allègrement sauté des paragraphes entiers.

 

Côté BD, j'ai rien compris à la fin de La loge écarlate chez sarbacane dont l'intrigue avait éclipsé la laideur des dessins. Si quelqu'un peut m'éclairer, qu'il ou elle se fasse connaître !

 

Puis j'ai lu le nouveau Titeuf, qui grandit pas, qui est toujours aussi bête, mais qui fait quand même beaucoup moins rire. Parce que, moi, j'ai grandi ? Ou parce que Zep est fatigué ? Comme Céline Dion ?

 

Parce que j'ai écouté le nouvel album français de Céline Dion, proposé quasi intégralement (il manque le duo avec Johnny Hallyday) sur Deezer. Le Miracle est une jolie chanson, les autres n'arrivent pas à la cheville de ce qu'elle a déjà chanté. Goldman est bien loin et son absence de l'album est impressionnante : tout est kitsch, fade, maladroit, sans élégance, sans voix. Où sont passés Regarde-moi, Je sais pas, Destin, J'irai où tu iras, S'il suffisait d'aimer, Dans un autre monde, Sur le même bâteau, heu, en fait, toutes les chansons des albums D'eux et S'il suffisait d'aimer ?

Céline Dion est fatiguée, elle s'est pas foulée, mais c'est dans l'ère du temps.

 

Mylène Farmer non plus ne s'est pas foulée. Sa chanson A l'ombre... est à côté de la plaque. Texte réchauffé, mélodie qui casse pas des briques, visuel du single à chier (il faut euthanasier son designer Henry Neu qui s'efforce de faire de la merde depuis 2006, avec un pic de laideur pour l'album Bleu Noir en 2010) et, surtout, composition incompréhensible de médiocrité !

 

Voilà, sinon, hier soir, on a commandé des sushis, j'étais pas déçu.

Voir les commentaires

<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 30 > >>

Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog