Habemus Papam ou la Démission de Benoît XVI

Publié le par Sébastien Almira

habemus papam

 

Alors que Benoît XVI a annoncé sa démission lundi, il me semble impossible de ne pas en profiter pour vous reparler d'un superbe film de l'année dernière, désormais disponible en DVD, en plus proposé dans les offres XXL (5 DVD pour 30€) : Habemus Papam de Nanni Moretti.

 

« J'ai pris cette décision en toute liberté pour le bien de l'Eglise, après avoir longtemps prié et examiné ma conscience devant Dieu. » Benoît XVI

 

Conscient aussi bien de sa force physique et spirituelle déclinante que de la gravité de sa décision, Joseph Ratzinguer, 85 ans ne sera plus Pape le 28 février à partir de 20h. La dernière démission papale remonte au Moyen-Age !

 

Si j'en profite pour vous parler d'Habemus Papam, c'est que Nanni Moretti avait imaginé un Pape déçu et angoissé d'avoir été élu. Persuadé de ne pas être à la hauteur, apeuré d'être coincé dans un rôle qui l'empêche de vivre, le nouveau Pape, joué à la perfection par Michel Piccoli, fuit le Vatican, cité de l'isolement et de l'enfermement, après avoir été contraint de voir un psychologue (joué par Moretti lui-même) pour errer dans Rome, ville de la liberté et de la lumière.

 

Drôle, touchant, grave et mélancolique, Habemus Papam n'en est pas moins une ode à la liberté, magnifique et originale. Indéniablement un film à voir !

 

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                                     Michel Piccoli                                                                                   Benoît XVI

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Emmanuelle Bayamack-Tam, Mon père m'a donné un mari, théâtre, 160 pages, POL, janvier 2013, 16,80 € ****

Publié le par Sébastien Almira

 

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Ce qui est chic quand on est critique (oh, ça va, c'est surtout pour la rime !), c'est qu'en plus de donner son avis sur des livres chroniqués à la pelle sur le net et dans les médias, on parle parfois d'auteurs totalement ou quasiment inconnus. On fait découvrir des livres qui valent infiniment plus la peine d'être lus que les trois quarts des meilleures ventes annuelles. C'est comme ça que le buzz a commencé pour certains livres : le bouche à oreilles. Sans parler de qualité, disons pêle-mêle que L'élégance du hérisson n'aurait jamais marché sans ça, ni La liste de mes envies.

Alors je ne dis pas qu'en vous parlant sur ce blog d'une auteure inconnue, je vais lui apporter le succès, loin de moi cette idée, je suis totalement réaliste quant à la portée d'un blog, et du mien. Mais seulement, si je pouvais amener quelques personnes à découvrir Emmanuelle Bayamack-Tam, je serai encore plus fier que d'avoir 2000 visites en deux jours lorsque je publie une critique sur le nouvel album de Mylène Farmer. Alors commençons.

 

En cette rentrée 2013, ce sont deux livres d'elle que POL publie. Une pièce de théâtre, Mon père m'a donné un mari, dont je vais vous parler, et un roman, Si tout n'a pas péri avec mon innocence, dont je vous parlerai très bientôt.

Même si je n'ai pas tout lu d'elle, je peux me permettre d'avancer qu'elle construit au fil de ses livres une oeuvre singulière et originale, avec quelques thèmes, quelques détails, récurrents. Ses personnages vivent souvent en marge de la normalité, tantôt obèse, tantôt travesti, tantôt atteint d'Asperger, mais sont quasi toujours édifiants de beauté. L'origine, le rapport aux parents, la différence, le corps et la sexualité sont des thèmes omniprésents. Et cette truculente pièce de théâtre ne déroge pas à la règle.

 

Alexandrine, seize ans, n'a pas grandi comme les jeunes de son âge. Sans doute atteinte du syndrome d'Asperger, elle est habitée par des chansons qui lui pourrissent l'existence, ne supporte pas la saleté, ne sait pas qui elle est vraiment, se branle à s'en faire saigner sans jamais parvenir à jouir et, comble de son malheur, ses parents séparés ne peuvent s'adresser la parole sans se faire mille reproches. Elle assiste donc régulièrement aux insultes qui fusent envers un mari incapable de bander correctement, qui se prend pour un jeune premier à soixante-quinze ans, envers une mère qui déteste sa fille depuis quatorze ans et demi, jalouse de sa jeunesse et de sa beauté insolentes qui finissent par l'éclipser, etc.

Elle ne comprend pas grand chose à sa vie, à la vie en général et quand ses parents se sont mis en tête d'organiser son déflorage pour lui éviter de mauvaises surprises, ça se corse.

 

C'est précisément à ce moment que se passe la pièce, lors de la décision et lors de la perte d'innocence imminente.

Forcément, le sujet amène à nombre de scènes délicieusement drôles, car la force d'Emmanuelle Bayamack-Tam est de servir son propos par une écriture brillante, pleine de folie et d'un cynisme à toute épreuve. Politiquement incorrecte sans devenir graveleuse, elle se permet ce qu'elle veut dans des livres déjantés dont le réalisme a de quoi effrayer la ménagère. Mon père m'a donné un mari est une pièce curieuse, excentrique et succulente, qui part dans tous les sens, de la folie sexuelle des Kennedy aux choix de prénoms invraisemblables.

Laissez-vous embarquer dans l'imaginaire pas très fantastique, mais extravagant et carrément jouissif d'un monstre littéraire injustement méconnu.

 

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photo : Roberto Frankenberg

 

 

Extrait, page 21 et suivantes :

 

LA MÈRE

Pourquoi les parents se donnent-ils autant de mal pour prénommer leurs enfants ? C'est ridicule un prénom, ça se démode très vite, ou encore on se retrouve vingt mille à le porter en même temps, sans compter que ça nous suit toute la vie. Et pourtant, au départ les parents y mettent beaucoup d'eux-même.

 

LE PÈRE

C'est bien ça le problème. Les parents ne devraient pas s'investir aussi personnellement dans le choix d'un prénom qu'ils ne porteront pas.

 

LA MÈRE

Les parents ne devraient pas s'investir aussi personnellement dans un enfant qui finira par être un parfait étranger.

 

LE PÈRE

Tu dis ça parce que tu n'aimes pas ta fille. Tu ne l'as jamais aimée.

 

LA MÈRE

Je l'ai aimée de zéro à dix-huit mois, ce qui correspond à la période où les enfants ont absolument besoin des parents : après c'est moins vital. Sans le faire exprès, j'ai peut-être été la meilleure des mères, de celles qui maternent et s'effacent après, par un tour de passe-passe sublime d'abnégation.

 

LE PÈRE

Tu ne t'es pas effacée par abnégation, tu t'es effacée parce que tu étais saisie par la panique. D'ailleurs, tu ne t'es pas effacée. Qui dit que tu t'es effacée ?

 

LA MÈRE

Toi, à l'instant.

 

LE PÈRE

Je l'ai dit parce qu'à vivre avec toi, on finit par dire ce que tu dis. Tu es très forte pour couper les têtes et les réduire. Tu ne t'es pas effacée, au contraire : tu as été présente dans la vie d'Alexandrine comme un sorcier jivaro dans celle de ses ouailles.

 

LA MÈRE

Qu'allons-nous faire d'elle ? Elle n'a pas de frère pour l'épouser, pour la culbuter dans l'herbe verte et la froisser dans les froissements du tulle.

 

LE PÈRE

Notre fille est très belle. Les prétendants ne manqueront pas.

 

LA MÈRE

C'est bien ce qui m'inquiète. Dans son propre intérêt, je l'aurais préférée moins belle. J'ai eu un instant d'espoir quand elle a arrêté de se brosser les dents. Je me suis dit qu'elle allait avoir du tartre, des caries, qu'il faudrait lui arracher des molaires, ou même des incisives, que ça se verrait, que ça lui ferait un charme de moins. Tu parles !

 

LE PÈRE

Personne n'a un sourire plus sensationnel qu'Alexandrine.

 

LA MÈRE

Heureusement qu'elle ne sourit pour ainsi dire jamais.

 

LE PÈRE

Elle me sourit. Elle sourit à son papa.

 

LA MÈRE

Tu as passé l'âge qu'on t'appelle papa. Tu as même passé l'âge d'être père. Tu étais déjà trop vieux quand on a eu Alexandrine. Je suis sûre que c'est pour ça.

 

LE PÈRE

Que c'est pour quoi ?

 

LA MÈRE

Ces érections défaillantes, ces giclées chiches, ça ne pouvait rien donner de bon. J'aurais dû le savoir, le sentir jusque dans mes ovaires. Une procédure d'alerte aurait dû se mettre en route.

 

LE PÈRE

Une fausse couche ?

 

LA MÈRE

Pourquoi pas ?

 

LE PÈRE

Tu n'aimes pas ta fille. Tu ne l'as jamais aimée.

 

LA MÈRE

Je l'ai aimée.

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Francine Prose, Après, roman ado, 230 pages, Seuil / Métailié, janvier 2013, 13€ **

Publié le par Sébastien Almira

 

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Une fusillade au lycée de Pleasant Valley, ville au nom ironique, et le quotidien de Tom et de ses copains est chamboulé. C'est que le drame a eu lieu à 80 km de là. Le docteur Willner débarque et, du jour au lendemain, quelques nouvelles règles sont à respecter. Au fil des jours, c'est une avalanche d'interdictions qui s'abattent sur des élèves atterrés et apeurés. Plus le droit de porter du rouge, de mâcher du chewing-gum, de lire L’attrape-coeur de Salinger, jugé subversif. Des fouilles tous les matins, suivis de réunions moralisatrices, des sujets tabous, des documentaires historiques dans le bus, des mails hebdomadaires aux allures de propagande envoyés aux parents, des camps de redressement vendus comme des centres psychologiques, d'étranges disparitions, etc.

 

L'ambiance devient vite concentrationnaire. Tom et ses potes ne savent que faire lorsque le docteur Willner les oblige à perdre le prochain match de basket. C'est à ce moment qu'ils sont forcés de se poser la question qui les taraude depuis le début : faut-il plier, s'écraser, perdre la face ou se rebeller, se défendre, relever la tête ?

À la moitié du récit, il devient quasi impossible de s'arrêter. Que va-t-il advenir de Tom, Silas, Brian, Avery, Becca et les autres si je ferme la page ? Que veut réellement le docteur Willner ? Pour qui travaille-t-il ? Jusqu'où va le complot que les élèves commencent à imaginer ? Comment se sortir de cet état d'apitoiement qui empêche quiconque de broncher ?

 

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Très efficace, la prose de Francine Prose (oh ! oh!) nous entraîne dans les méandres du récit hyper contemporain qu'elle construit et déroule sous nos yeux ébahis. Un nœud au ventre accompagne un plaisir de lecture évident, la tension monte sans cesse, mais tout se casse la gueule dans les dernières pages. À la manière d'une Amélie Nothomb, l'auteure souffre visiblement d'un cruel problème de fin. Exactement comme dans Journal d'Hirondelle ou Le fait du Prince, l'auteure nous fait nous oser des tonnes de questions auxquelles elle n'apporte finalement pas de réponse. Je n'ai rien contre les fins ouvertes, mais dans ce type de romans, où un suspense est créé de toute pièce par l'auteur autour de questions fondamentales, c'est insupportable. Pourquoi faire preuve d'imagination si celle-ci est en fait tronquée ? Pourquoi ne pas aller au bout du propos ? Surtout lorsque celui-ci fait semblant d'être politique. Je dis « semblant » parce que, finalement, on ne sait pas.

Deux étoiles pour l'immense déception qui m'a envahi à la fin de ce roman pourtant très prometteur.

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Pia Petersen, Un écrivain, un vrai, roman, 210 pages, Actes Sud, janvier 2013, 20€ ****

Publié le par Sébastien Almira

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« Ce n'était plus possible pour la littérature de tourner le dos au monde afin de se préserver face aux nouveaux modes de communication et aux nouveaux supports, le monde changeait à une vitesse vertigineuse, devenait à chaque seconde de plus en plus incompréhensible et insaisissable. Il y avait un sacré boulot pour les écrivains. » page 22

 

Gary Montaigu est un auteur populaire qui rencontre autant de succès que de maîtresses. En plus de recevoir l'International Book Prize, il devient le héros d'une émission de télé-réalité. Pour « Un écrivain, un vrai », il est filmé du matin au soir, qu'il écrive, qu'il mange, qu'il se dispute avec sa femme ou qu'il aille se bourrer la gueule dans les bars. Les spectateurs donnent leur avis sur le roman que la star écrit sous leurs yeux, avis que ce dernier doit prendre en compte. Le premier roman participatif est né. Et l’événement est de taille puisque l'auteur principal est la star des lettres américaines, l'International Book Prize, l'homme à femmes.

 

Le spitch donne envie, c'est assez original, mais on n'est pas seulement dans le voyeurisme que suppose le concept de télé-réalité. Pia Petersen propose une véritable réflexion, à travers son héros malgré lui, sur le but de la littérature, sur les dérives de la télé-réalité, sur le rôle de l'écrivain et plus généralement de l'intellectuel.

 

« L'International Book Prize. Tiens donc. Il faisait désormais partie de l'élite intellectuelle et depuis il se compromettait dans une télé-réalité et il ne savait même plus pourquoi il faisait ça. » page 54

 

C'est que Gary finit par n'en plus pouvoir, il pense être devenu « la pute de la littérature », malgré de bonnes intentions. On ne sait pas comment s'est arrêtée l'émission, mais on sait dès le début, grâce à deux fils de narration qui s'entremêlent, qu'elle ne s'est pas terminée et qu'un malheureux événement est survenu. On avance dans l'émission en même temps qu'on avance, après, lorsque Ruth, sa femme tellement dévouée qu'elle clame à qui veut l'entendre que sans elle il n'est rien, tente de le convaincre par tous les moyens de reprendre le tournage.

 

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Pia Petersen ajoute ainsi au récit une dose de suspense. Tout est réuni pour que le lecteur ne lâche pas le livre : une intrigue intéressante et bien ficelée, du suspense, un rythme (étant dans l'incapacité de trouver l'adjectif qui me convient, je vous laisse choisir, mais sachez qu'il se trouve entre moyen et effréné), une profonde réflexion sur l'écriture, la littérature, les médias, les gens, l'époque, des personnages à haute teneur psychologique, une écriture fluide qui rend la lecture agréable.

Pourtant, j'ai mis du temps à entrer vraiment dans le roman. Je ne sais pas ce qui clochait au début, ni même si quelque chose clochait, mais j'ai mis quelques dizaines de pages avant de me retrouver quelque part entre moyen et effréné. Et finalement, ça valait le coup. Pour toutes les qualités citées quelques lignes plus haut, pour le plaisir de lecture, même tardif, et pour le dénouement : Un écrivain, un vrai vaut le coup. Une bonne surprise de la rentrée !

 

 

Merci aux éditions Actes Sud pour l'envoi de ce livre et à Pia Petersen pour me l'avoir dédicacé !

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François Saintonge, Dolfi et Marilyn, roman, 280 pages, Grasset, janvier 2013, 19 € *****

Publié le par Sébastien Almira

 

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François Saintonge est un pseudonyme. L'auteur a fait le choix de l'éloignement, nous dit la quatrième de couv'. La curiosité qui me traverse et me démange, de savoir qui il est, est la même que celle qui ronge notre anti-héros dans cet étonnant, haletant et sensationnel roman. Car, ne pesons pas nos mots, ne boudons pas notre plaisir : comme Gérard Collard, j'ai littéralement adoré Dolfi et Marilyn.

 

Dans cinquante, on aura démocratiser le clonage et, bien qu'assez chèrement, il sera néanmoins possible de commander le clone de son choix.

Tycho Mercier est professeur et historien. Récemment divorcé, il a la garde de son fils Bruno, aussi féru d'histoire que lui, qui passerait ses journées à lire des essais sur les relations entre états lors de la guerre Froide ou les mémoires d'Adolf Hitler et à battre ses records sur des jeux de simulation de grandes batailles. Homme aussi intègre que curieux, Tycho va se retrouver avec les clones d'Hitler et de Marilyn Monroe sur les bras. Comble de malchance, l'un est désormais interdit à la vente et l'autre est une contrefaçon.

Tiraillé entre la sérieuse entreprise de s'en débarrasser afin d'échapper au joug de la loi et la curiosité de l'homme d'Histoire qu'il est, Tycho Mercier va vivre bien malgré lui d'étonnantes aventures, pour ne pas vous en dire trop.

 

« Soudain inquiet de l'effet de ces mots sur l'intéressé, je jetai un coup d’œil dans sa direction. Mais A.H.6 ne bronchait pas. Les clones correctement conditionnés sont censés ne pas avoir d'égo ni d'amour-propre. Je ne m'en sentais pas moins gêné de parler ainsi de lui en sa présence. Devait-on faire preuve de respect humain devant un être dont l'humanité même était douteuse ? D'ailleurs il n'était pas certain que le clone sût au juste de qui il était le clone... Je me demandai malgré tout pourquoi une livre de chair de clone, même de ce clone-là, aurait pesé moins qu'une livre de la mienne. Renonçant pour le moment à tenter de répondre à cette question, je lui ordonnai de quitter la pièce : « Sortez... Fermez la porte derrière vous et attendez dan le couloir que je vous appelle... » Il obéit en silence. Je n'avais pu empêcher ma voix de chevroter légèrement. Je n'avais pas à l'Adolf Hitler des photos et des livres. Ce n'était pas l'homme qui avait ravagé son siècle, l'Adolf Hitler de ses contemporains ni même celui des historiens, juste un... un rejeton, une repousse de l'ADN du dictateur récupéré sur ses dents. » page 24

 

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dessin de Beb Deum pour Le Monde (critique de Florent Georgesco dans Monde ici)

 

Voilà, c'est l'histoire d'un homme d'Histoire dépassé par l'histoire de son temps. L'auteur rend à la perfection les pérégrinations intérieures de Tycho et nous emporte dans un tourbillon quasi infernal dont on ne peut nous non plus s'échapper, avec un style riche, soutenu et recherché qui rend le texte encore plus intéressant. Sans avoir l'âme d'un thriller américain, Dolfi et Marilyn se dévore sans temps mort, se déguste avec un plaisir coupable et se referme avec la sensation d'avoir lu quelque chose de dépaysant, d'intéressant, de captivant. Quelque chose qui a du goût, du tempérament et de l'ambition.

 

« L'existence des clones n'était pour moi qu'un aspect du monde moderne, le résultat des percées de la Science. Grâce à elle, l'homme accroît sans cesse son pouvoir, il prend de jour en jour plus de libertés avec la nature. C'est un jeu périlleux, il le sait à présent, mais c'est son jeu. Dès le premier jour il s'est dressé contre elle. Il a commencé par trouver le moyen de se débarrasser de ses ennemis, d'éliminer ou de domestiquer ses concurrents animaux. Puis il a continué à inventer des moyens de faire ceci ou cela, pour sa survie, pour son confort, pour occire son voisin ou pour le simple plaisir d'inventer. En vérité c'est plus fort que lui, rien ne pourra plus l'en empêcher et il n'arrêtera que mort. » page 115

 

 

Merci à Lucie Roblot des éditions Grasset pour l'envoi de ce livre sensationnel !

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Antoine Dole, À copier 100 fois, roman, 50 pages, Sarbacane, janvier 2012, 6€ ****

Publié le par Sébastien Almira

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« Papa m'a dit cent fois comment faudrait que je sois. Qu'un garçon, ça pleure pas, ça se laisse pas faire. Mais papa n'est pas là quand Vincent et ses potes viennent me chercher des crosses dans la cour. J'me prends des baffes, des coups de poing, et je dis rien, je serre les dents. J'en parle pas. Pour quoi faire ? Papa m'a dit cent fois qu'un garçon, ça règle ses comptes tout seul, que ça doit savoir se débrouiller, « comme un homme » il a dit. Quand je rentre du collège, papa n'est pas content, parce que ma chemise est déchirée ou qu'un bouton manque, que ma lèvre saigne et que j'sais pas quoi répondre quand il me demande si j'ai su me défendre. Non, papa, je me suis assis en boule, j'ai attendu que ça passe, j'ai mal aux côtes, j'veux pas y retourner demain, steuplé va leur demander d'arrêter. Mais ça, je peux pas lui dire. Je bredouille, je tremble, parce qu'à force, j'ai l'impression qu'il est de leur côté. Pas du mien. » pages 5-6


Avec une pudeur infinie et une sensibilité dosée à la perfection, il raconte le parcours chaotique (décidément, que de chaos autour d'Antoine Dole !) d'un adolescent de treize ans qui, comme tant d'autres, vit mal son homosexualité et manque d'amour.

On n'est pas là pour connaître sa vie amoureuse et encore moins sexuelle, il n'y a aucun voyeurisme, rien de malsain. Simplement un jeune perdu entre un groupe de gros bras dont le passe-temps favori est de le frapper en le traitant de tafiole et un père qui assure à tout-va que son fils ne sera pas pédé.

 

Voilà, c'est ça. Juste ça. Mais c'est touchant, c'est émouvant, et finalement c'est beau. Et on se dit, en refermant le livre, qu'il faudrait qu'il soit lu à l'école, qu'il faudrait que ce ne soit pas seulement les parents qui comprennent, mais aussi les autres. Les camarades, les amis, les gens dans la rue, le reste de la famille... Les autres. Tous les autres. C'est d'ailleurs le seul reproche que j'ai à faire à À copier 100 fois : que ça ne va pas plus loin, un petit peu plus loin. Vous me direz : mais non, grand fou ! Pas plus loin, c'est juste ce qu'il faut, c'est subtil. Et c'est vrai que l'amour d'un père qui n'acceptait pas, c'est important. Que sa force réside dans la taille du texte infiniment opposée à la taille du message.

Et c'est pour ça que c'est important, les livres ça. C'est très court et ça touche encore plus, ça va droit au but. Parce que ça a un but. Ça va chercher du côté de Matin brun de Pavloff, c'est voué à devenir le même genre de livre. Ça devrait, en tout cas. Le genre de livre qui devient une référence parce qu'il a un message et que, en très peu de pages, il le fait passer. Et ça, c'est fort.


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Lire les critiques de Stellabloggeuse et de Batifolire !

Lire ma plainte "liberté, égalité, fraternité" !

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liberté, égalité, fraternité

Publié le par Sébastien Almira

Ce n'était pas mon intention de parler de ça ici, mais après avoir vu sur facebook une vidéo avec une bande de connards qui parlent de "complémentarité" parce que "l'égalité est une invention de mathématiciens", d'une loi qui "ne respecte pas la dignité humaine" (je rêve !), que "l'état n'a pas a participer à la normalisation de l'homosexualité" (et la normalisation de face de rat, gros con ?), que nous allons avoir "quelque chose d'inesthétique, deux hommes ensemble, deux femmes ensemble..." (mais putain, t'as vu ta gueule ?), que c'est la porte ouverte à la légalisation de l'inceste, de la pédophilie, de la zoophilie, de la polygamie, parce que "les islamistes s'engouffreraient dans cette brèche" pour la demander...

 

Après avoir vu cette vieille peau dire "Je ne blâme pas. Mais ce n'est pas naturel (...) c'est une déviance" (et ton chapeau en poils de zboub, il est naturel ?), ce jeune black assurer que "dans la Bible, il est dit que c'est une abomination" (mais qu'est-ce que t'en sais, gros con ? Tu l'as lue la Bible, peut-être ?), et son pote de renchérir :  "on voit de plus en plus de gays à la télé, les gens se posent des questions, ça se propage en fait, c'est comme une maladie qui se propage" (je te dis pas l'état de la maladie dans ton cerveau, mon gars), puis après, ils viendront se plaindre parce qu'ils se font traiter de noirs dans la rue. Mais c'est pas pareil, parce que c'est pas une maladie...

Je crois que le plus con est quand même celui qui a l'air le plus normal, un blanc-bec de merde, tout droit sorti d'une grande école déblatérer que "c'est la porte ouverte à tout et n'importe quoi, même avec des hommes et des animaux. La plupart des civilisations auxquelles on a donné le même statut à deux hommes ou à deux femmes qu'a un homme et une femme mariés, j'veux dire dans la société, où on l'a reconnu, heuuu, ont décliné peu de temps après, alors est-ce que c'est lié ou pas... [sourire entendu] bon là, on a l'exemple des Grecs, qui est le plus connu." Mais putain, va te faire foutre en prison chez les Grecs !

 


 

 

Après avoir vu que dimanche il y avait entre 340 000 connards selon la police et 1 000 000 selon les organisateurs défiler contre une loi qui ne les concerne pas.

Après avoir entendu Marine Le Pen faire semblant de se battre contre seulement parce que ce n'est pas une urgence.

Après avoir entendu ce connard de Bernard Perrut dire à l'Assemblée que le projet de loi va "sous prétexte de modernité, détruire le mariage".

Après avoir vu, lu, entendu, d'autres aberrations sans nom, je me suis décidé à écrire cet article.

 

 


 

 

C'est aussi après avoir vu la vidéo où Christiane Taubira répond au suscité Bernard Perrut, où elle affirme ses positions, où elle assoit sa détermination. Son discours est à la hauteur de ce projet de loi, grand et humain.

C'est aussi après avoir lu le Grand Article du Pédé sur le blog C'est La Gêne que j'ai commencé à taper.

Si vous ne l'avez pas lu, il faut le lire. C'est percutant, bien écrit, puissant, tendre, logique, humain.

http://cestlagene.com/2013/01/16/au-nom-de-tous-les-miens/

 

 

En fait, je ne comprends pas. Je ne comprends pas comment des centaines de milliers de personnes peuvent se battre contre l'égalité. Comment ils peuvent se battre contre les libertés d'une partie de la population. Contre un projet de loi qui ne les concerne même pas !

Je ne comprends pas comment ils peuvent être à ce point égoïstes, haineux, malintentionnés et homophobes. Parce que, oui, mesdames et messieurs, se revendiquer contre les droits des homosexuels, c'est être homophobe. Il faut appeler un chat un chat. On n'appelle pas quelqu'un qui insulte et qui entrave les droits et les libertés d'un Arabe ou d'un noir autrement que par le mot raciste. Il en va donc de même pour ceux qui insultent et qui entravent les droits et les libertés des gays, des lesbiennes, des bisexuels et des transsexuels : ce sont des homophobes. Des putains d'homophobes

Je ne comprends pas comment ils peuvent se dresser devant une partie de la population en se drapant dans un fatras de bienséance et de moralité à la mords-moi-le-noeud pour leur dire qu'ils ne valent rien, qu'ils ne veulent pas entendre parler d'eux et de leurs prétendus droits. Comment peuvent-ils oser se prendre pour des citoyens de la france, pays des droits de l'homme, de la liberté, de l'égalité et de la fraternité, à qui ils font perdre au passage leurs majuscules autant que leur grandeur ?

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Ben Fountain, Fin de mi-temps pour le soldat Billy Lynn, traduit de l'américain par Michel Lederer, roman, 400 pages, Albin Michel, janvier 2013, 22€ ***

Publié le par Sébastien Almira

 

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Bon, histoire de passer rapidement sur le côté négatif de ma critique : j'ai mis du temps à apprécier ma lecture. J'ai trouvé ça un peu lent, un peu long, un peu trop américain. Ce n'est certainement pas pour rien qu'on l'a comparé à Jonathan Franzen (impossible de retrouver où, qui, mais je suis certain d'avoir lu ça). Fin de mi-temps pour le soldat Billy Lynn, c'est le récit de quelques jours sur 400 pages. Et moi j'aime pas trop les gros pavés qui s'éternisent sur les détails. Mais quand l'histoire a commencé à prendre de l'ampleur, quand on a arrêté de simplement savoir que tel Bravo était assis à la gauche d'untel, que celui-ci a bu une bière alors qu'il n'en avait pas le droit et que celui-là avait besoin d'un Advil pour la calmer sa murge de la veille, je suis rentré dans l'histoire, et j'ai continué pour savoir la suite, et non plus simplement pour pouvoir écrire quelque chose dessus.

 

Un accrochage avec des insurgés irakiens, trois minutes quarante-trois de pure violence filmées par Fox News, désormais en boucle sur YouTube, et les huit survivants de la compagnie Bravo deviennent du jour au lendemain les enfants chéris de l'Amérique. Conviés par l'administration Bush à effectuer une « Tournée de la Victoire » censée ranimer la flamme du soutien à la guerre, ils sont partout accueillis en héros, jusque dans le stade de Dallas où doit se clôturer leur tournée à l'occasion du grand match de football annuel de Thanksgiving.

En fait, ce qui fait que le roman n'est pas qu'une succession de scènes dans des stades, d'apéros et de pensées intérieures, c'est que tout ne va pas se passer comme prévu.

Il y a Albert, le producteur qui tente par tous les moyens de vendre leur histoire pour en faire un film. Les gens intéressés se bousculent sur son BlackBerry, mais il y a toujours quelque chose qui ne va pas. Il y a Dime, le commandant, qui veille sur ses hommes avec autant de sévérité et de tendresse que s'ils étaient ses gosses. Il y a Billy, le héros malgré lui, qui ne cesse de repenser à la mort de Shroom au front et de se demander s'il a envie d'y retourner, s'il peut y échapper, comme sa sœur le lui promet (elle a contacté un groupe qui...) depuis qu'il a passé deux jours dans sa famille, histoire d'éviter un nouveau massacre et d'éviter de perdre la première fille dont il vient de tomber amoureux. Parce que Billy n'est encore qu'un gamin, comme ses compagnons d'arme, ses amis, ils ont la vingtaine pour les plus vieux d'entre eux. Et certains commencent à se demander si on ne se fout pas un peu de leur gueule.

 

« Mais les Bravo peuvent se permettre de rire et de se sentir supérieurs, parce qu'ils savent qu'on les utilise. Bien sûr qu'on les utilise, ils baignent dans la manipulation, c'est leur élément, car quel est le boulot d'un soldat sinon d'être un pion qu'on avance ? » page 45

 

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Il y a d'autres morceaux d'histoires, d'autres considérations, j'en oublie certainement. Fin de mi-temps pour le soldat Billy Lynn est plus complexe qu'il n'y paraît. Ça s'affine au fil des pages, on avance, on découvre. Les questions, les réponses, le propos, les nons-dits.

Entre politique, football américain, souvenirs de guerre, discours alcoolisés, tentatives d'approche de Beyonce pendant la mi-temps (les Destiny's Child sont là pour faire le show et ils ne pensent qu'à les baiser), Ben Foutain navigue dans un flot de mots, de phrases, de sujets, afin de remonter le cours d'une satire de l'Amérique d'aujourd'hui, celle qui se croit la plus forte, la plus grande, la plus belle, celle qui manipule, celle qui calcule, et celle qui chute.

Finalement, c'est un très bon roman. Avec du foot, des soldats, de l'alcool, des pom-pom girl, des richissimes propriétaires, des questions sociales, politiques et personnelles, bref, un roman américain ! Exubérant autant qu'intérieur, drôle autant que satirique, festif autant que sombre, à l'image de la couverture, un très bon roman américain.

 

« "Il semblerait que cette bande d'insurgés avait choisi de mourir, a déclaré le colonel Travers au Time, et nos hommes étaient tout disposés à les y aider."C'était d'un côté comme de l'autre, mais ce n'est qu'à la fin qu'ils se sont décidés, huit ou dix kamikazes qui ont jailli des roseaux en courant, en hurlant et en tirant à l'arme automatique, un ultime rush orgasmique de martyrs vers les portes du paradis musulman. Pendant toute sa vie militaire, on rêve d'un moment pareil, et chaque soldat s'en est donné à cœur joie, déclenchant un feu d'enfer, et les hadjs ont explosé, cheveux, dents, yeux, mains, têtes éclatées, comme des melons, poitrines réduites en chair à pâtée, un spectacle auquel on ne pouvait pas croire, qu'on oublierait pas, qui ne laisserait jamais l'âme en paix. Oh ! Mon peuple ! La pitié n'était pas de mise, point final. » page 170

 

 

 

Merci à Carol Menville des éditions Albin Michel pour l'envoi de ce livre !

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Philippe Besson, De là, on voit la mer, roman, 200 pages, Julliard, janvier 2013, 19€ ****

Publié le par Sébastien Almira

 

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Dernièrement, j'ai un peu décroché de l'œuvre de Philippe Besson. La trahison de Thomas Spencer ne m'avait pas convaincu, le vrai Philippe Besson ne revenant que dans les dernières pages. Retour parmi les hommes, la suite d'En l'absence des hommes, m'avait laissé un goût de déjà vu et de lassitude. Enfin, je n'ai toujours pas lu Une bonne raison de se tuer, paru l'année dernière, par peur d'être de nouveau déçu.

Mais pour cette première lecture de la rentrée de janvier, voilà que je retrouve ce qui m'a fait apprécier d'autres romans de l'auteur.

 

« Quand l'histoire commence, on est dans la violence de l'été, l'extravagante violence des étés italiens. Le soleil frappe si fort qu'il rend insoutenable au regard le blanc des façades alentour. Il fait aussi la pierre brûlante : impossible d'aller pieds nus. La mer au loin est étale, striée de reflets, on dirait des diamants. Et puis il y a ce bleu, le bleu du ciel, partout, sans taches, électrique, tellement pur. Et pas un souffle d'air. » page 11

 

Louise, une auteure parisienne, la quarantaine, remporte un franc succès avec des livres qui dépeignent le quotidien de personnages recelant eux d'éclats de sa vie à elle, mais ne parvient plus à écrire et doute de son couple. Elle ne se demande pas si elle va quitter son mari, mais elle pense qu'à force l'amour s'en va, remplacé par les habitudes, et que c'est désormais cela qui fait tenir son microcosme. Une amie lui prête une maison avec vue sur la mer en Toscane, là-bas, elle va écrire et rencontrer un jeune homme de vingt ans qui pourrait bien faire voler sa vie en éclats. Quid des habitudes qui faisaient sa vie ? Quid de la liberté ?

Vous me direz que l'histoire n'a rien de transcendant, que vous en avez lus des romans avec des histoires d'écrivains qui ne parviennent plus à écrire, de couples déchirés par l'infidélité, voire d'auteurs qui ne parviennent plus à écrire et dont l'infidélité ronge le couple. Et je veux bien vous croire. Mais c'est sans compter sur la plume d'un Philippe Besson au meilleur de sa forme.

Besson 2 © Stéphane Gizard

 

Ses romans sont toujours empreints de nostalgie, de solitude et de tristesse, le tout savamment servi par une écriture maniérée, travaillée, esthétique. Les aficionados seront ravis de retrouver l'auteur des grands moments, celui d'En l'albsence des hommes, de Se résoudre aux adieux ou encore d'Un homme accidentel. De retrouver la force et la nervosité qui rendent sa prose si vivante, si belle et si violente, celle que je n'avais pas retrouvée dans La trahison de Thomas Spencer.

Ceux qui partagent mon avis seront également ravis de voir que s'il excellait surtout auparavant dans les histoires homosexuelles, qu'il raconte avec plus de force et de beauté, il réussit ici à raconter une histoire d'amour hétérosexuelle, double qui plus est, avec autant de passion. De là, on voit la mer paraît au premier abord un peu banal, mais s'y l'on s'y plonge, on est renversé par la plume de Philippe Besson, qui rend émouvant et bouleversant un quotidien morne, presque belle et chaleureuse une région pauvre et industrielle, magnifique une simple histoire.

En somme, voilà le magnifique portrait d'une femme qui apprend à prendre sa vie en mains, l'écrasant portrait d'une ville industrielle d'Italie (Livourne), le portrait sans concession des sentiments humains. Du grand Besson.

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Le meilleur de 2012 (rien que ça !)

Publié le par Sébastien Almira

Bonne-Annee-2013-Lapins-Cretins

 

Cette année, contrairement à l'année dernière, je ne m'y prends pas avec un mois de retard parce que j'ai toujours pas fini ma pile de livres de la rentrée de septembre !

Cette année, contrairement à l'année dernière, il n'y a qu'un  livre de la rentrée que je n'ai pas lu (La vallée des masques de Tarun Tejpal chez Albin Michel) et un livre ado que je n'ai pas fini, mais qui commence très bien (Brigades des crimes imaginaires et autres histoires fantastiques et déglinguées de Daniel Nayeri chez Hélium).

Cette année, contrairement à l'année dernière, j'ai aimé beaucoup de romans et le choix a été difficile non plus par manque de livres, mais par abondance de livres. J'ai également eu du mal à choisir les films et les romans ado qui remporteraient le graal. Pour ces derniers, je ne me suis pas embarassés, je les ai tous gardés ! Hé ho ! Je vous entends critiquer, mais je m'en fous, parce que cette année, contrairement à l'année dernière, je n'avais pas assez d'albums jeunesse à mettre, alors ça équilibre !

Cette année, comme l'année dernière, vous pouvez retrouver les articles écrits sur les livres, CD, films qui vous intéressent grâce au petit lien (ici) après chaque titre chroniqué.

Mes énormes coups de coeur, que je vous balance comme ça, sont Chapardeuse, Le faire ou mourir, L'école est finie, La maison en petits cubes, Ernest et Rebecca, Batchalo, Peter et Sally, Pool Party de Ponderosa et tous les films cités.

 

Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter, comme l'année dernière, une excellente année 2013, pleine de belles découvertes et d'énormes coups de coeur (n'hésitez pas à piocher dans les miens pour ça ^^) !

Merci d'être de plus en plus nombreux sur le blog et à très bientôt pour de nouveaux articles et de nouveaux échanges car, je le répète : le blog se nourrit de votre avis autant que du mien !

 

 

 

LITTÉRATURE

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1. Chapardeuse, Rebecca Makkai (ici)

2. Les Immortelles, Makenzy Orcel (ici)

3. Le Terroriste Noir, Tierno Monénembo (ici)

4. Les ficelles du pantin, Yack Rivais (ici)

5. Swamplandia, Karen Russell (ici)

la déception : Crépuscule, Michael Cunningham (ici) / Géographie de la bêtise, Max Monnehay (ici)

la bouse : Oh..., Philippe Djian (ici) / Une semaine de vacances, Christine Angot (ici)

 

LITTÉRATURE JEUNESSE

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1. Le faire ou mourir, Claire-Lise Marguier (ici)

2. L'école est finie, Yves Grevet (ici)

3. Max, Sarah Cohen-Scali (ici)

4. Comment devenir une rock star (ou pas), Anne Percin (ici)

5. La fugue d'Alexandre Raimbaud, Rose Philippon (ici)

6. Nox, Yves Grevet (ici)

 

ALBUMS JEUNESSE

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1. La maison des petits cubes, Hirata Kenya et Katô Kunyo

2. C'est l'histoire d'un éléphant, Agnès de Lestrade et Guillaume Plantevin

3. Feng, Thierry Dedieu

 

BANDES DESSINÉES

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1. Ernest et Rebecca, tome 4, Antonello Dalena et Guillaume Bianco

2. Batchalo, Michaël Le Galli et Arnaud Betend

3. Peter et Sally, tome 1, Bacaria et Lepithec

4. La marche du crabe, tome 3, Arthur de Pins

5. La survie de l'espèce, Paul Jorion et Grégory Maklès

la déception : La loge écarlate, Pierre Colin-Thibert et Stéphane Soularue

la bouse : Lou, tome 6, David Neel

 

CINÉMA

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1. Le prénom, Mathieu Delaporte et Alexandre de La Patellière (ici)

2. L'odyssée de Pi, Ang Lee (ici)

3. Millénium, David Fincher (ici)

4. Starbuck, Ken Scott (ici)

5. Les mondes de Ralph, Rich Moore

la déception : La dame de fer, Phyllida Lloyd (ici) / Main dans la main, Valérie Donzelli (ici)

la bouse : Cosmopolis, David Cronenberg (ici)

 

MUSIQUE

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1. Pool Party, Ponderosa (ici)

2. Our version of events, Emili Sandé

3. Abbey Road Cession, Kylie Minogue

4. Monkey Me, Mylène Farmer (ici)

5. Halcyon, Ellie Goulding

la déception : Roses, The cranberries / Cession Cubana, Zucchero

la bouse : Sans attendre, Céline Dion / les tacata, tacabro et compagnie

 

 

Et vous, qu'avez-vous adoré, detesté, cette année ?!

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