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Les charognards étaient à Virgin.

Publié le par Sébastien Almira

 

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Vous qui lisez au moins un blog culturel, vous devez connaître la situation de la chaîne Virgin Megastore : chute vertigineuse du chiffre d'affaires depuis quelques années, fermetures de magasins, dépôt de bilan en janvier après une année à -30%, période de redressement puis de cession, attente de repreneurs (seuls quatre se sont manifestés durant la première période de cession dont les charognards de Rougier & Plée qui proposent 1,2 millions d'euros pour récupérer 11 magasins, le mobilier, les caisses et 17 millions d'euros de marchandises, alors que pour le seul magasin de Lyon, le repreneur potentiel a mis 2 millions sur la table), soldes lundi-mardi-mercredi, et fermeture imminente de l'ensemble de la chaîne avant l'été.

Si j'écris cet article, c'est parce que je travaille à Virgin. Depuis trois ans et demi par intermittence à Bordeaux et Mérignac, depuis un an sur les Champs Élysées. J'ai vécu la lente agonie de l'entreprise et du vaisseau amiral, un magasin de plusieurs milliers de mètres carré qui a ouvert ses portes il y a 25 ans, en 1988, en même temps que moi. Un magasin connu dans le monde entier, celui où les artistes se pressent pour dédicacer, celui où les médias viennent filmer leurs reportages, celui où le public a toujours répondu présent, celui où les touristes se rendent lorsqu'ils viennent à Paris, celui qui représente le mieux la culture en France.
J'ai vécu, avec mes collègues, la lente agonie de ce magasin mythique, célèbre pour son immense porte de banque ronde, pour on bâtiment majestueux, pour son choix pléthorique, pour ses vendeurs passionnés et plus que calés. J'ai vécu la lente agonie de sa librairie puisque je suis libraire. J'ai vécu la désertion de la clientèle, les baisses de chiffres hallucinantes, j'ai vécu les connards de clients qui ne savent pas se tenir en société.


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Mais je ne pensais pas vivre ça. Les soldes pour vider le stock. -50% sur tout le magasin (hors librairie), et -60% pour les porteurs de la carte de fidélité. Forcément, ça attire. Nous ne sommes pas dupes, nous savions que ça attirerait du monde. Nous aurions certainement fait de même à leur place.

Mais ce que nous n'avions pas prévu, c'est l'attitude hallucinante de ces gens-là. De vrais charognards. Faisant la queue deux heures avant l'ouverture, poussant les portes pour rentrer avant, les défonçant parfois même, courant, se bousculant, montant les marches quatre à quatre dans le grand escalier de marbre pour atteindre le rayon multimédia au premier étage, cherchant, fouillant, presque arrachant des mains, revendant dans la file des caisses ou devant le magasin un Ipad à 700€ acheté 350, voir 280 avec la carte de fidélité, un ordinateur, une PS3, un casque pour MP3. Regardez la vidéo pour avoir une idée de l'entrée en fanfare des charognards, en nombre.




J'ai vu tout ça. J'ai vu aussi les gens saccageant les rayons à la recherche d'un produit, prenant par défaut ce qui leur tombait sous la main avant que quelqu'un ne leur passe encore devant.

J'ai vu les gens fouiller sauvagement les bacs de papeterie (que nous étions en train de trier après avoir fait le tour du magasin pour récupérer tout ce que les gens jetaient un eu partout) et mettre tout et n'importe quoi dans leurs paniers déjà remplis.

J'ai vu les gens hurler, insulter des vendeurs parce qu'ils ne trouvaient pas ce qu'ils voulaient, des caissières parce qu'elles n'allaient pas assez vite après des heures de caisse insupportables ou parce qu'elles allaient aux toilettes.

J'ai vu les gens faire la queue pendant deux heures, faire un scandale parce qu'on leur avait compter huit cahiers au lieu de six et refaire la queue pour se faire rembourser un ou deux euros.

J'ai vu des gens partir avec les bacs du magasin pour porter leur trésor.

J'ai vu les montagnes de ce que les gens avaient finalement laissé en caisse. Preuve qu'ils prenaient vraiment n'importe quoi avant de faire leur choix en caisse.

J'ai vu le carnage dans les rayons. La troisième guerre mondiale. Je râle quand les gens laissent mon rayon sens dessus dessous et que je dois tout ranger à minuit moins le quart, mais ce n'était rien. Une poussière à côté de ces trois jours d'enfer. Et encore, à part lorsque nous aidions les collègues d'autres rayons, nous étions relativement protégés du carnage au sous-sol du magasin, en librairie.

J'ai vu des collègues en larmes, exténués.


J'ai vu la nature humaine sous un autre jour, de l'intérieur. Et je peux vous dire qu'en plus de la peine ressentie pour l'état du magasin et sa fermeture, j'ai eu de la peine pour nous, pauvres humains. Après une semaine de vacances en Grèce, je me suis dit que les Français étaient vraiment des crevards. Et je ne parle même pas des commentaires que j'ai lus sur le net, comme quoi on l'a bien mérité.




Vous pouvez lire l'excellente chronique d'Antoine Michel sur Rue89.

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Annelise Heurtier, Sweet Sixteen, roman ado, 210 pages, Casterman, mars 2013, 12€ *****

Publié le par Sébastien Almira

 

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Quel livre ! Quelle histoire ! Et tout ça raconté par une Française. Une Française, Annelise Heurtier, qui s'approprie un pan de l'histoire des États-Unis, le début de la déségrégation, comme si elle y était. Dévoré en deux heures, le temps d'un aller-retour en RER pour aller voir le groupe Texas présenter dans l'émission Le Ring une partie, un peu molle, de son album à paraître, une reprise d'Elvis (le chanteur proscrit dans les beaux milieux, comme vous le lirez dans Sweet Sixteen. Vous voyez que ça a un rapport !), et quelques anciens titres qui ont enfin mis le feu à la salle. Dévoré en deux heures, donc trop court.
C'est le seul reproche que j'ai à faire à ce roman : on en veut encore. Non par voyeurisme, non par sadisme, mais parce que c'est intéressant, parce qu'on a bien compris l'enfer que vivent ces neuf Noirs autorisés pour la première fois à étudier dans une école pour Blancs, mais qu'on aimerait ne pas les quitter là, qu'on aimerait les suivre plus longtemps, pendant l'année et après, suivre leur chemin, les accompagner dans leur lutte contre le racisme et pour la liberté.


Qu'on se le dise, même si certains faits sont inventés par l'auteure, même si les noms ont été changé, il ne faut pas oublier que ces neuf étudiants de 14 à 17 ans ont vraiment vécu cette aventure hors du commun, pour laquelle il leur a fallu un courage inouï. Quelque fois, j'ai fait le rapprochement avec le mariage pour tous qui, en ce moment, déchaîne des flots de haine incompréhensibles alors qu'il s'agit simplement de la liberté d'une partie de la société. Dîtes-vous que lorsque la Cour suprême des États-Unis rend inconstitutionnelle la ségrégation raciale dans les écoles publiques, le principe fût le même, sauf que les antis étaient autrement plus nombreux (85% de la population) et surtout autrement plus violents. Et franchement, ça fait peur.

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                                                               Les 9 de Little Rock


« Elle avait beau avoir grandi dans ce quotidien-là, elle était tout à fait consciente de l'iniquité de la situation. La vie des Noirs semblait être faite d'un ingénieux assemblage d'injustices courantes, ne visant qu'à une chose : les maintenir à leur place, c'est-à-dire sous les semelles des Blancs.
« Séparés mais égaux », promettait glorieusement la loi depuis quatre-vingt ans. Quelle foutaise. Et pas seulement dans les écoles. Les exemples étaient légion. Les toilettes pour Noirs, dans les magasins ? Encore fallait-il les trouver, reléguées au fond d'un dédale de couloirs sombres et sales. Les fontaines d'eau qui leur étaient réservées ? Poussiéreuses et jamais nettoyées.
Pourquoi la justice avait-elle édictée une telle loi si c'était pour la laisser fouler aux pieds sans même lever le petit doigt ?
C'est peut-être pour cela, et aussi parce que sa grand-mère Shiri l'avait élevée dans l'idée que les Noirs méritaient les mêmes chances que les Blancs, que Molly s'était déclarée volontaire pour intégrer le Lycée central, trois ans auparavant. » pages 23-24

C'est Molly que nous allons suivre un chapitre sur deux dans Sweet Sixteen. Dans l'autre moitié, nous suivrons Grace, une jolie blonde dont les mères de ses amies sont les principales chefs de file de la Ligue des mères blanches, groupe de bitch prêtes à tout pour empêcher neuf adolescents noirs d'intégrer un lycée où ils seront de toute façon largement noyés au milieu de plus de deux-mille Blancs. Deux-mille Blancs dont la quasi totalité sont eux aussi prêts à tout pour pourrir la vie à ces neuf Noirs. Et au milieu d'eux, Grace qui se demande à quoi peut bien rimer toute cette haine et si elle ne met pas à mal ses propres idées en tombant amoureuse d'un beau garçon qu'elle soupçonne de participer à de violentes actions racistes.
 

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Manifestation contre leur intégration

Sur à peine plus de deux-cents pages, Annelise Heurtier nous raconte l'année scolaire avec une force étonnante et sans pathos. Le but n'est pas de faire pleurer dans les chaumières, mais de relater un épisode tragique mais salvateur, sans en enlever la violence et sans y rajouter de fioritures. Et je dois dire que le but est atteint à la perfection.
L'auteure demande avec humour dans son mot final si nous sommes prêts à recommencer, à la lire de nouveau. Si ses deux autres romans sont aussi impressionnants, je ne marche pas : je cours.

« Le cœur de Molly se mit à battre la chamade. Ils avaient beau faire partie de quelque chose de grand, de juste, quelque chose qui les dépassait, il n'en restait pas moins que, maintenant, c'était à eux seuls de se lancer. À eux de le vivre.
La porte de la voiture s'ouvrit sur des cris assourdissants.
Molly plaqua ses mains sur ses oreilles et suivit ses compagnons en direction de la porte, sous les huées de la foule contenue par les policiers. Elle s'engouffra à l'intérieur comme on se rue dans un abri pendant l'orage. La porte se referma dans un claquement métallique, et les hurlements devinrent plus lointains. Molly écarquilla les yeux. Ils avaient réussi. Ils étaient entrés. » page 109

À vous d'entrer.


Lisez l'article de Louise sur le blog Levons l'encre ici !

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Emmanuelle Bayamack-Tam, Si tout n'a pas péri avec mon innocence, roman, 430 pages, POL, janvier 2013, 19,50€ ****

Publié le par Sébastien Almira

 

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RENCONTRE A LA LIBRAIRIE LETTRE ET MERVEILLES A PONTOISE LE VENDREDI 20 MARS 2015 A PARTIR DE 20H30 !!

« Svetlana, Ludmilla, Lorenzo, Esteban, c'est pour vous que je prends la parole, mais rassurez-vous, je ne m'attends à rien, vu que vous êtes les uns comme les autres incapables du moindre sursaut de lucidité comme du moindre mouvement de gratitude. » page 26

Celle que je vous présentais il y a quelques semaines comme un monstre littéraire, dans la critique que j'écrivais sur sa truculente pièce, Mon père m'a donné un mari (critique ici), ne s'est pas contentée de publier en janvier du théâtre. Chez POL, est paru en même temps un gros roman au titre qui colle parfaitement à l’œuvre de l'injustement méconnue Emmanuelle Bayamack-Tam.

Si tout n'a pas péri avec mon innocence est un portrait de famille, un roman-fleuve qui court sur quelques années, mais attention, on n'est pas chez Danielle Steel ! Pas de secrets familiaux à la mords-moi le nœud en basse campagne avec, au mieux, une histoire d'adultère datant de Mathusalem.
D'abord, le roman familial chez Bayamack-Tam, il faut le prendre avec sa plume particulière, osée, parfois dérangeante, extravagante et cynique. Ensuite, il faut l'accepter avec des personnages complètement tordus, sinon quel intérêt ? Il faut y aller les yeux fermés, sans peur d'être bousculé, froissé, envahi par la haine comme les larmes, le désespoir comme le rire.


« Svetlana, Ludmilla, Kimberley, Lorenzo, Esteban : une telle bigarrure folklorique pourrait laisser penser que nous n'avons pas le même père, mais ce serait là aussi mal connaître Gladys, et notre géniteur commun s'appelle Patrick, comme tous les garçons de sa génération. Je tiens à signaler qu'il n'est pour rien dans le choix de nos prénoms. On peut même avancer qu'il n'est pour rien dans tout, ce qui ne l'empêche pas de se croire indispensable et de dépenser une énergie folle pour jouer les chefs de famille. À quelque heure qu'on le prenne, mon père a toujours l'air surmené et préoccupé. Notre éducation est sa grande affaire, même s'il n'y pense que par à-coups, par crises intermittentes au cours desquelles il nous prend à part pour des mises en garde solennelles, des sermons prononcés la voix tremblante et les yeux dans les yeux, qui m'ont toujours laissée très froide et dont je soupçonne mes frères et sœurs d'être aussi peu affectés que moi, bien que nous n'en ayons jamais parlé, vu que mon père n'est pas un sujet de conversation. Il faut croire qu'il est dans sa nature de ne pas oblitérer les esprits et de n'intéresser personne. Il y a des gens comme ça, dont la vie va être entièrement obscure, quelque énergie qu'ils mettent à exister. » pages 22-23

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Une fois qu'on accepte de pénétrer l'univers particulier de l'auteure, on s'immisce petit à petit dans cette famille décousue, extravagante, presque immonde. Entre une mère, Gladys, née difforme (l'auteure crée toujours des personnages hors du commun, qu'ils soient difformes, obèses et/ou magnifiques. Quel plaisir d'ailleurs de retrouver la Charonne d'Une fille du feu, Charonne la magnifique enchanteresse dont les formes énormes ne l'empêchent pas d'être d'une beauté à couper le souffle), un père inutile, une grand-mère tantôt exubérante, tantôt fantomatique, un grand-père vaniteux, des sœurs bêtes de concours à moitié demeurées et des frères jumeaux parvenant tant bien que mal à exister au milieu de ce joyeux bordel, la famille de Kimberley, la narratrice, a de quoi nous tenir en haleine au grès des repas frisant le crime contre l'humanité, des compétitions sportives des filles dont Gladys est complètement gaga, des moqueries perpétuelles auxquelles doivent faire face Kim et ses deux petits frères, des rencontres que Kim fera au cours d'un apprentissage de la vie pas comme les autres.

Entre baise avec le très endurant Sven, lecture de Baudelaire et cours de gymnastique rythmique, Kimberley s'est d'ailleurs donné pour mission de sauver ses deux petits agneaux de cette famille de tordus, « des adultes aussi enfantins que déraisonnables », et du destin terne et désespéré qui les attend. Y parviendra-t-elle alors qu'elle doit déjà tenter de se sauver elle-même ?

Le point de départ et le déroulement de l'histoire ont de quoi détonner et s'accordent à merveille avec le ton enlevé et cynique d'Emmanuelle Bayamack-Tam, dont la noirceur n'a d'égal que la folie. Malgré une petite baisse de régime vers le milieu et des inélégants « positivement affreux » et autres « positivement sensationnel », je me suis surpris à apprécier une saga familiale, ce qui est pourtant loin d'être ma tasse de thé.
L'auteure reçoit grâce à cette saga familiale ses premiers prix littéraires qui, espérons-le, lui donneront plus de visibilité auprès du public : le prix Ouest-France/Etonnants Voyageurs, décerné par un jury de dix lecteurs âgés de 15 à 20 ans et parrainé notamment par Alain Mabanckou, Sorj Chalandon, Carole Martinez et Jean-Marie Blas de Roblès, ainsi que le prix Alexandre Vialatte 2013. Le jury a trouvé le roman « remarquable pour ses qualités stylistiques, son humour, son audace stylistique, en écho à l'esprit de Vialatte. » Un roman sur l'enfance, l'adolescence, l'âge adulte, un roman sur la vie. Sur la vie d'êtres pas comme les autres peut-être parce qu'eux ne cachent pas les tares et les faiblesses qu'ils pensent être leurs forces. Un roman sur la vie d'êtres humains qui n'étaient peut-être pas faits pour exister.

« On n'est pas fait pour la vie et on nous y balance comme ça, sans prévenir. Il suffit d'avoir assisté une fois à un accouchement pour savoir qu'il n'y a rien de plus contre-nature que de naître : tout le monde souffre, tout le monde hurle, la mère, l'enfant, et même le père s'il a eu l'idée saugrenue de se pointer. » page 401

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Come Back

Publié le par Sébastien Almira

Voilà,

 

Après un mois d'absence, et un mois et demi sans vrai article (la dernière critique, celle du génial Western Girl d'Anne Percin, lire ici, date du premier avril, et non ce n'est pas une blague), me voilà de retour.

Comme je vous l'avais dit, un déménagement, et un gigantesque problème internet avaient eu raison de moi. Ce à quoi s'est ajoutée une semaine de rêve en Grèce (un article décalé sur le sujet est en préparation !).

Mais me voilà de retour sur le blog, en compagnie d'une connexion internet que j'éspère solide, régulière et immortelle.

 

Je vous remercie, que vous soyez lecteurs passagers, lecteurs réguliers ou carrément fanatiques de Culturez-Vous, d'avoir continué à visiter le blog malgré un manque cruel de contenu neuf.

Vous étiez entre 50 et 100 visiteurs uniques chaque jour à lire mes articles sur Jean-Baptiste Del Amo, Chuck Palahniuk, Anne Percin, Zazie, Libba Bray, Woodkid, Pascale Gautier, François Saintonge, Michel Houellebecq et Trenton Lee Stewart, pour ne citer que les dix plus visités !

Alors merci encore, et merci aux artistes qui ont suscité votre intérêt !

 

Je vous promets dans les jours qui viennent tout plein d'articles sur la littérature (Annelise Heurtier, Sweet Sixteen ; Emmanuelle Bayamack-Tam, Si tout n'a pas péri avec mon innocence ; Razvan Radulescu, La vie et les agissements d'Ilie Cazane ; Daniel Glattauer, A toi pour l'éternité), la musique (Hurts, Exile ; Willy Moon, Here's Willy Moon ; Ellie Goulding au Bataclan), le cinéma (20 ans d'écart ; Les Croods ; Les amants passagers ; Les Gamins ; Jurassik Park 3D) et sur la Grèce (les merveilles ; les surprises ; les frayeurs ; les déceptions).

 

Il ne me reste plus qu'à vous dire à très vite et à m'agiter pour publier les prochains articles !

 

Sébastien Almira

 

 

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l'arrivée à Athènes

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Houellebecq poète

Publié le par Sébastien Almira

ATTENTION ! NOUVEL ATTENTAT A LA CULTURE !

 

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"Dresser un bilan de la journée d'hier me demande un

réel courage, tant j'ai peur en écrivant de mettre au

jour des choses peut-être terribles qui feraient mieux

de rester au vague dans mon cerveau.

J'ai envie de faire n'importe quoi pour me sortir ne

serait-ce que quelques heures de ce trou où j'étouffe." page 18

 

"Je tenais des propos concernant les teckels,

A l'époque

Je voulais établir quelque chose d'univoque

(Un nouveau paradigme, un projet essentiel)." page 29

   

"Tu te cherches un sexfriend,

Vieille cougar fatiguée

You're approaching the end,

Vieil oiseau mazouté." page 44

 

"Tu te crois séduisante

Avec ta jupe en skaï

Et tu fais la méchante

Comme dans une pub Kookaï." page 45

 

"J'ai peur des autres. Je ne suis pas aimé." page 25

Ah ben au moins, il est lucide.

 

 

Finalement, Michel Houellebecq est à la poésie ce que les One Direction sont au rock et Marc Lévy à la littérature.

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Anne Percin, Western Girl, roman ado, 200 pages, Rouergue, collection DoAdo, mars 2013, 12,60€ ****

Publié le par Sébastien Almira

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Après sa géniale trilogie (Comment (bien) rater ses vacances, Comment (bien) gérer sa love story, Comment devenir une rock star (ou pas), article ici), qui racontait les aventures tragi-comiques d'un adolescent au cynisme redoutable et à la vie sociale assez spéciale, Anne Percin est de retour, pour notre plus grand plaisir !

 

Surfant sur le genre qui a fait le succès de la précédente trilogie, elle invente néanmoins un personnage complètement différent, mais tout aussi barré. Élise Bonnel, rousse, seize ans, originaire de Merdrignac (ouais...) en Bretagne, folle de cheval et de musique country qui nous raconte son histoire sous forme de journal de bord.

Son aventure à elle, c'est trois semaines d'équitation dans le Dakota du Sud. Trois semaines de rêve. Trois semaines d'appaloosa (les chevaux du ranch des Cooper où a lieu le stage), de rodéo, de pancakes, de visites, de paysages désertiques et époustouflants, de chemises à carreaux et de bottes à franges. Son american dream.

Sauf que la demoiselle n'est pas seule à faire le voyage. C'est une douzaine d'ado qui sont de la partie. Tout une tripotée de petits bourges parisiens et de belles garces. Élise, elle, vient d'un milieu très modeste (son stage a été payé avec les indemnités de licenciement de sa mère), n'a pas de cheval à elle, n'a jamais pris l'avion. En plus elle est rousse et joue la carte cow-boy au maximum avec son attirail de chemises à carreaux. Autant dire qu'au milieu de cette bande de péteux, elle fait plutôt tâche. Elle dispose même de la panoplie complète pour être la risée de cette bande de petits richous.

Si, en plus, un garçon au nom joliment ridicule (Louis Beauregard) est convoité par deux deux filles, dont une qui ne se l'avoue pas et une véritable peste qui a bien l'intention de faire passer la première pour une pestiférée, il y a de quoi s'amuser !

 

far west

 

Comme dans Comment (bien) rater ses vacances et ses deux suites, les situations (pêle-mêle) cocasses, désespérées, tendres, catastrophiques, hilarantes, s'enchaînent à vitesse Grand V.

Anne Percin a le chic pour tenir ses lecteurs avec des histoires qu'on ne peut, ni ne veut, lâcher une fois commencée. Véritable magicienne de la littérature jeunesse, elle m'a ravi une fois de plus, avec les aventures extraordinaires d' Élise, sorte de Calamity Jane qui peine, qui doute, mais qui n'a pas peur de chercher la bagarre pour sauver son honneur et qui n'a jamais dit son dernier mot !

Et si vous n'êtes pas fan de cheval, ne vous inquiétez pas : je suis du genre à m'en foutre complètement et même à en manger (non, je n'achète pas de lasagnes surgelées!), et pourtant j'ai aimé jusqu'aux scènes d'équitation et même de nettoyage de cheval. Et rien que pour la beauté des paysages que l'on parcourt avec elle, ça vaut le coup de se farcir les chevaux !

 

 

« Quand je pense à ce que j'avais cru avant de partir... Comme une idiote, je m'étais imaginé que des cavaliers western comprendraient ma passion, et je poussais le ridicule jusqu'à croire qu'ils la partageraient ! C'est pour ça que, sans hésiter, j'ai tout déballé à Georgia. Mes cours de danse country, les vendredis soirs après le lycée. Les posters dans ma chambre : Johnny Cash et Ricky Nelson, le Grand Canyon, le Colorado dans tous ses états. Comment je soûle mes parents depuis des années pour manger au Buffalo Grill à la moindre occasion, pour avoir le bonheur de m'asseoir sur des sièges que je m'imaginais être ceux d'une diligence... Tous mes Playmobil, quand j'étais gamine, c'était des cow-boys. Et mes poupées, même les Barbie, je les déguisais en country girls, le jean, les bottes à franges, le chapeau, les nattes et la chemise à carreaux ! J'ai grandi avec Pocahontaset Spirit, La petite maison dans la prairie, Blueberry etLucky Luck, les westerns anciens et modernes, de Sergio Leone aux frères Coen. Oui, tout ça, je l'ai raconté à Georgia. Quelle imbécile ! » pages 69-70

 

Voilà donc un nouveau roman, dans le genre qui va si bien à Anne Percin, mais qui n'utilise pas les mêmes ficelles, ni les mêmes gags. Pour les jalouses qui n'avaient pas voulu lire les aventures de Maxime Mainard, et pour ceux qui avaient déjà adoré : délectez-vous de celles d'une héroïne haute en couleurs, qui n'a pas sa langue dans sa poche, qui vous fera pleurer de rire et de rage tellement on se se met dans sa peau (même pour un garçon!).

Malgré un final un peu bateau, mais néanmoins très satisfaisant, Western Girl est à la hauteur des attentes, à la hauteur de Comment (bien) rater ses vacances, à la hauteur d'Anne Percin !

 

 

Merci à Pauline Parvan des éditions du Rouergue pour l'envoi de ce fabuleux livre !

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Woodkid, The Golden Age, album pop, 14 titres, Green United Music, mars 2013, 14€ (édition simple), 25€ (édition limitée incluant un récit original en anglais illustré) ****

Publié le par Sébastien Almira

 

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« J’ai toujours eu l’impression que j’allais mourir jeune

et qu’il fallait que je laisse une trace puissante et le plus rapidement possible »

Yoann Lemoine, alias Woodkid, 30 ans, au Parisien 

 

 

Deux ans après le single Iron, voilà que le phénomène Woodkid publie enfin son premier album. On ne le présente plus, jeune prodige de la vidéo, le Français a travaillé sur le jeu vidéo Arthur et les Minimoys et réalisé des clips pour Lana del Rey, Drake, Yelle, Katy Perry ou encore Moby.

Mais c'est avec le titre et le clip Iron qu'il fait sensation. Baroque, esthétique à mort, pop classieuse, émouvant et épique à la fois, son titre fait le tour du monde et dépasse aujourd'hui les dix-neuf millions de vue sur son seul compte Youtube. Run, boy, run vient combler l'attente l'année dernière. Moins fort musicalement, le single joui en revanche d'un clip au moins aussi prodigieux que le précédent.

Mais ce n'est que lundi 18 mars dernier que l'album, l'un des plus attendus de l'année, est sorti. avant une tournée qui passera par le Zénith de Paris le 5 novembre 2013 (à partir de 35€).

 

L'artiste, Yoann Lemoine de son vrai nom, avoue y avoir passé cinq ans, refusant des collaborations avec Madonna et les Rolling Stones afin de se concentrer sur un projet de longue haleine, émotionnellement difficile, qu'il voulait parfait. Après plusieurs écoutes, je vous livre mon verdict sur The Golden Age.

 


 

Les quatorze pistes qui forment cet album s'écoutent dans une unité parfaite. Mais tout se mêle et se ressemble tellement que peu de titres tirent leur épingle du jeu. Dans un univers baroque, sombre et lumineux, Yoann Lemoine signe douze chansons et deux instrumentaux hors du temps, hallucinants de classe. Beaucoup de morceaux pris au cas par cas sont de petites merveilles, d'autres sont plus anecdotiques. Mais là n'est pas le problème, on ne s'attend pas à ce que chaque morceau soit un summum de perfection. En revanche, on s'attend à reconnaître les titres qu'on écoute, à pouvoir les comparer.

Or, là, c'est plutôt une musique de film (un peu tristounette par moments, il faut le dire) qui semble se dérouler à nos oreilles. L'ensemble est aussi homogène qu'une bande originale, les sonorités, les orchestrations sont souvent très cinématographiques, ce qui donne un rendu très soigné, très esthétique, très grandiloquent. Et ce n'est pas étonnant puisque Yoann Lemoine rêve de cinéma depuis l'enfance. Depuis qu'il gagne de l'argent convenablement avec son travail, il s'est d'ailleurs installé à New York pour reprendre ses études de cinéma et préparer son premier long-métrage.

Exceptés Iron, Run boy run et peut-être deux autres titres, on entend plus que l'on écoute la petite musique de Woodkid caresser agréablement nos oreilles sans que l'on soit finalement aussi transcendés qu'à la découverte de Iron.

 

Voilà donc un album d'un esthétique et d'une classe sans nom dont on attendait peut-être trop. Le phénomène Woodkid avait mis la barre trop haut avec l'hallucinant Iron, si bien qu'il est difficile dans The Golden Age d'apprécier vraiment la qualité toutefois indéniable des autres titres, noyés dans un flot de similitudes atténuant un peu plus encore leur réalisation quasi impeccable. À deux doigts de la perfection.

 

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Jean-Baptiste Del Amo, Pornographia, roman, 140 pages, Gallimard, mars 2013, 14,50€ *****

Publié le par Sébastien Almira

 

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« Bien sûr, je me leurre, puisqu'il faudrait pour recouvrir la souveraineté de mon corps, quitter la ville et non m'y perdre, mais aveuglé par mon orgueil je crois l'asservir et m'obstine à arpenter ses rues engluées de crasse. » pages 14-15

 

L'auteur prodige d'Une éducation libertine et du Sel a encore frappé. Fidèle à son talent, il nous sert ses thèmes fétiches dans une ambiance chaude, glauque et désespérée dont lui seul a le secret.

 

Dans une ville tropicale, un homme que l'on imagine jeune déambule sans fin à travers la jungle urbaine que représentent gitons, prostituées, pauvreté, maladies et pourritures. Maître dans l'art de conter la misère la plus désarmante, les odeurs les plus insupportables, la pourriture la plus répugnante, Jean-Baptiste Del Amo s'en donne à cœur joie dans ce court récit halluciné.

 

Depuis qu'il a salement baisé avec un jeune giton, le narrateur n'a de cesse d'essayer de le retrouver. Cette scène de sexe (pages 22 à 26) d'ailleurs me fait penser à celle de la cave dans Une éducation libertine. Là encore, l'écrivain raconte une coucherie dépravée, crasseuse, puante avec de tels mots, de tels sentiments que j'ai rarement lu une scène aussi sensuelle. Avec pourtant peu de paroles, il instaure une atmosphère scandaleusement excitante. Cette capacité à vous faire passer quelque chose de crade en quelque chose de beau ou d'excitant est assez inquiétante pour nous, pauvres lecteurs pris au piège de la machinerie Del Amo, et à la fois preuve du génie de l'écrivain, aussi bien capable de nous plonger sur les bords des rues de Paris et de la Seine puantes et abjectes dans le premier, de la Méditerranée dont le sel appelait invariablement le héros du second, et enfin au bord d'une plage grouillante de gitons sales et seuls dans son troisième roman.

Le lien à l'eau, à la mer, à l'océan, est toujours présent, « l'odeur du port n'est jamais loin, chargée de sel et d'un parfum de pourriture. » page 129

Avec une maîtrise incroyable, il parvient à nous faire ressentir aussi bien la pourriture que l'excitation, les odeurs que les non-dits.

 

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                                                              Folio, mars 2010, 8,10€                 Folio, janvier 2012, 6,95€

 

« Le désir geint et lancine dans mon ventre, nourri par la pourriture de la chambre, odeur de sexe crasseux, de bois piqué, de fruit talé, d'urine rance, de sueur tropicale. J'éprouve le besoin de me vautrer dans cette souillure, d'en jouir impunément. Je ferai alors de moi un homme libre et dévasté. » pages 20-21

« Je dessine des cercles dans le dédale que le jour inonde enfin et l'agitation des rues dissipe l'énigme de la nuit. La ville continue de déverser en moi son flux. La faim me tenaille, des flots de bile remontent à ma bouche, brûlent ma gorge où subsiste encore l'impression de la queue du giton et des blessures qu'elle y a infligées. » page 31

 

Dans son errance, le narrateur rencontre d'autres gitons, qui le ramène sans cesse au premier (« La réalité du giton glisse vers l'idée du giton en une estampe glorieuse et sacrée qhe je ne peux plus percevoir et célèbre pourtant en pensée. » page 37), des vieilles putes, des enfants souillés (« Elle connaît ces petites femelles affamées dont le vagin semble être un puits sans fond où les hommes s'engouffrent jusqu'à la ruine et elle les jalouse en secret quand elle ne les maudit pas à voix haute. » page 57), des ouvriers peu scrupuleux des endroits où traîne leur sexe.

Dans son errance, il raconte tout e qu'il voit de ces quotidiens qui ne sont pas des vies, de ces espérances, des ces déceptions.

Dans son errance, il se lie avec deux jeunes miséreux dont il raconte l'histoire.

Dans son errance, il n'oublie rien de nous retranscrire. Et la lecture devient douloureuse. La sensualité laisse place à l'effroi.

 

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« Les habitants de cette ville y naissent dans l'ignorance de ce avait pu mener leurs ancêtres à s'y établir. Ils y grandissaient dans l'incompréhension de ce qui avait poussé leurs parents à y demeurer. Ils y mouraient enfin dans l'hébétude d'une existence dérisoire, laissant derrière eux une descendance repoussant toujours plus loin les limites de l'ignorance, de l'incompréhension, de l'hébétude, au point que la ville, pour qui la traversait à quelques décennies de distance et en aurait gardé un souvenir même vague, semblait franchir d'une époque à l'autre une étape nouvelle et improbable dans la barbarie et l'abjection. Des touristes en route vers quelque plage du Sud ou paysage qu'ils rêvaient pittoresque erraient dans les rues perpendiculaires, leur affliction tout juste contenue. Des gosses asthmatiques jouent au ballon dans la poussière rouge des rues. Des vieillards osseux fument sur le pas des maisons, toussent et crachent à leurs pieds des glaires sombres. Ici, dit Isabel, ne pose la question de comment il crèvera. Les fumées des camions, les fumées des sucreries, les fumées de la décharge à la sortie de la ville. Un jour ou l'autre, tu finis par cracher un bout de poumon. Reste juste à savoir quand. Pour tuer le temps, les touristes rejoignent aux tables des gargotes ou des petits hôtels les hommes et les femmes du coin et s'enivrent avec eux sous le soleil implacable. » pages 120-121

 

Je pourrais vous citer des passages à n'en plus finir, j'en ai notés tant d'autres, mais arrêtons-nous là et savourons ceux-ci. Vous la voyez, vous l'entendez, vous la sentez, vous la ressentez, la langue impressionnante de Jean-Baptiste Del Amo ?

Que vous ayez déjà dévoré Une éducation libertine (Goncourt du Premier Roman ô combien mérité) et Le Sel, que vous ne connaissiez pas encore cet écrivain, jetez-vous sur Pornographia, hallucinant de maîtrise, de sensualité, de pourriture et de génie.

Et ne me dîtes plus qu'en France on n'a plus d'écrivains depuis le dix-neuvième siècle.

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Jean-Luc Coatalem, Nouilles froides à Pyongyang, récit de voyage, 230 pages, Grasset, janvier 2013, 17,60€ **

Publié le par Sébastien Almira

 

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Écrivain-voyageur, journaliste, auteur du Dernier roi d'Angkor, Jean-Luc Coatalem s'est fait passé pour un promotteur de voyage afin de pouvoir pénétrer en Corée du Nord. Dans Nouilles froides à Pyongyang, il relate cette expérience unique, qu'il a vécu avec un ami en mal d'émotions et de voyage.

 

D'après Noémi du blog Pop-Corn et Marque-Page (article ici), on n'apprend rien avec ce livre si on a déjà lu des témoignages sur le sujet. Je n'en avais pas lus, j'avais seulement entendu par-ci par-là quelques infos saugrenue sur ce bout de pays qui l'est tout autant, si ce n'est plus.

Car ce que j'ai lu dans ce récit-roman de voyage est à la limite de l'absurde. Même en connaissant un peu le sujet, je n'ai pu m'empêcher d'être surpris par les anecdotes aberrantes de Jean-Luc Coatalem. Entre le programme officiel qui ne supporte aucun changement, les autoroutes à huit voies sur lesquelles aucun véhicule ne circule, les restaurants gastronomiques qui servent des quarts de champignons bouillis ou des algues et les agents du gouvernements se faisant passer pour des religieux afin d'arrêter les croyants qui se rendraient en catimini, il y a de quoi, au choix, rire ou s'offusquer de la politique et de la vie nord-coréennes.

L'écriture est agréable, sans lourdeur, elle accompagne comme il faut cet incongru voyage. Mais pour autant, je n'ai pas accroché autant que je l'espérais. Je pensais être emballé par un expérience de lecture à laquelle je ne suis pas habitué (les récits de voyage), qui plus est à la destination plus qu'intéressante. Mais j'ai même allègrement sauté quelques dizaines de pages, passée la première centaine, par désintérêt.

 

À lire si le sujet vous intéresse sans que vous en sachiez déjà beaucoup. Je ne le vous déconseille pas vraiment, mais je ne vous le conseille pas vivement non plus.

 

 

Merci toutefois à Lucie Roblot des éditions Grasset pour l'envoi de ce livre.

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Zazie, Cyclo, 11 titres, Mercury, mars 2013, 17€ (édition simple), 20€ (édition limitée CD + Blue-Ray Pure Audio) ***

Publié le par Sébastien Almira

 

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Après 20 ans de carrière, quelques millions de disques vendus et une pléiade de tubes (Zen, Larsen, Un point c'est toi, Tout le monde, Rue de la paix, À ma place, Rodéo, Je suis un homme...), Zazie est re retour avec un huitième album. C'est l'occasion pour moi de reprendre du service dans la catégorie musique de ce blog.

 

À l'image de l'affreuse pochette (sérieusement, où sont passées la créativité, l'originalité et la beauté d'un Rodéo, d'un Zest Of ou de 7 ?), Cyclo est un album aux attraits plutôt sobres et tristes. Dans la continuité de l'album Totem avec beaucoup de balades désespérées, de musiques dépouillées et quelques tires up tempo, ici électro mais qui n'ont pas la trempe et le potentiel d'un Rue de la paix ou d'un Larsen. C'est ce qui m'ennuie un peu avec ce nouvel album. Il se dégage habituellement une dose d'énergie que Zazie fait littéralement exploser en concert, car la dame est là pour s'amuser et donner la patate à tout le monde lorsqu'elle est sur scène. Mais cette fois, je me demande quel rendu va avoir ce Cyclo qui comporte trois titres dansant seulement sur onze lors de la tournée des Zénith en novembre-décembre (voir dates plus bas).

 

On dit pas “Madame”

On dit “Mademoiselle”

C'est comme ça qu'on appelle

Les danseuses, les poètes,

Les peintres, les modèles

Je suis un peu comme elles

Pas de bague à mon doigt

De plomb dans la cervelle

Mais si tu veux de moi

J'essaierai d'être celle

Qui fera ton bonheur

Les jolis papillons

Ne cherchent pas ailleurs

Ce qu'ils trouvent à la maison

Mademoiselle (Zazie / Phil Baron)

 

Malgré mon manque d'enthousiasme actuel, l'album recèle tout de même de quelques perles. Notamment la très jolie Mademoiselle qui me fait penser à de la variété chic à la Brel, Barbara et autre Aznavour, les puissantes et croissantes balades Si tu viens et Je ne sais pas (sorte de Homme sweet homme 2.0)   et l'entraînant 20 ans, qui m'enchantent à chaque écoute.

Certains s'endormiront sur Les contraires, un belle chanson mais un très mauvais choix de premier extrait, sur Cyclo, qui met trop de temps avant d'exister et d'intéresser, ou plus généralement sur la fin de l'album dont les titres lents n'ont pas la consistance de Sur toi, On éteint ou Si j'étais moi. Décidément, qu'est-ce que La Zizanie était un excellent album ! D'ailleurs, Cyclo tente d'y ressembler, mais malgré de beaux arrangements et de jolis textes, il n'en atteint pas la perfection.

À l'exception de Mademoiselle et des Contraires, Zazie signe les textes et les musiques de tout l'album, qui a été réalisé par Olivier Coursier du groupe AaRON et mixé par Tony Hoffer (qui a travaillé pour Phoenix, Air, The Kooks ou encore Foster the People).

 

Le rendu est particulièrement soigné (merci Olivier Coursier et Tony Hoffer), les textes sont dignes de Zazie (thèmes habituels : amour, jalousie, déceptions, société de consommation, etc.) et quelques titres sont excellents, mais ça ne suffit par pour que Cyclo soit à la hauteur de Made in love, La Zizanie ou Rodéo.

Vous pouvez découvrir une interview très intéressante de Zazie sur ChartsinFrance et écouter Cyclo sur son site officiel, ZazieOnline.

 

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Tournée Cyclo 2013

(places en vente lundi 18 mars, de 25 à 65€)


Novembre 2013

12 Zénith de Dijon

13 Zénith de Clermont-Ferrand

15 Zénith de Rouen

16 Zénith d'Orléans

20 Zénith de Toulouse

21 Zénith de Montpellier

22 Dôme de Marseille

23 Halle Tony Garnier à Lyon

27 Zénith de Paris

28 Zénith de Paris

29 Zénith de Paris

 

Décembre 2013

3 Zénith de Nantes

4 Patinoire Mériadeck à Bordeaux

6 Forest National de Bruxelles

10 Zénith de Lilles

13 Summum à Grenoble

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