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Myriam Gallot, Le pays à l'envers, roman à partir de 8-9 ans, 100 pages, Syros, avril 2013, 6€ ***

Publié le par Sébastien Almira

 

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Voilà un bien joli petit roman jeunesse. L'éditeur le conseille aux plus de dix ans, mai le personnage principal ayant sept ans, je le conseillerais dès 8 ans pour les bons lecteurs et 9 pour les autres.

 

C'est l'histoire de Pablo, sept ans, dont le père est uruguayen et la mère française. Il vit à Montévideo et n'a jamais voyagé. Sa mère décide qu'il est temps qu'il découvre ses origines et l'envoie en France pour deux semaines. Il arrive en avion à Paris, chez Tonton Fabrice qu'il n'a jamais vu, avant d'aller en train, puis en bateau sur l'île d'Ouessant chez Papilou et Mamina, ses grands-parents maternels qu'il n'a pas vus depuis des lustres et dont il n'a de souvenir que la voix au téléphone.

 

Ça fait un peu beaucoup pour le pauvre petit Pablo, qui va en plus devoir manger les plats antillais de Maina, des caramels et du beurre salés, faire face au vent, à la pluie et à la brise marine et supporter l'éloignement de ses parents et de son pays natal.

 

C'est une très jolie histoire, qui se lit presque d'une traite, sans prétention, avec un peu de pluie et de tristesse, mais aussi d'humour et d'espoir, sur l'éloignement et le chox des cultures à destinations des jeunes lecteurs !

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Răzvan Rădulescu, La vie et les agissements d'Ilie Cazane, roman traduit du roumain par Philippe Roublière, 260 pages, Zulma, mars 2013, 20,50€ ***

Publié le par Sébastien Almira

 

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Ilie Cazane sont deux personnages hors du commun. Le premier du nom n'a jamais travaillé, mais réussit pourtant à vivre comme il faut grâce à une gueule sympathique et un bagou qui ensorcelle les serveurs comme les policiers, les filles comme les beaux-parents. C'est ainsi que nait le second, son fils.

Sous le régime du Conducător Ceauşescu, on suit de manière décousue le chemin des deux héros, la vie et les agissements d'Ilie Cazane.

L'élément principal du roman réside en le génie du père qui parvient à faire pousser des tomates grosses comme des courges. Assez vite, tout le village est au courant et les autorités le somment de leur révéler son secret afin d'en produire industriellement. Mais le bonheur d'Ilie Cazane qui fera aussi son malheur est qu'il n'a pas de secret. Il se fait emprisonner, interroger, torturer, mais n'a rien à répondre, rien à dévoiler.

 

« Sur le visage du premier, auparavant grassouillet et jovial, de l'incertitude se lisait. Il était troublé. Il tenait dans les bras une tomate de cinquante centimètres de diamètre et on voyait, tant il transpirait, combien il lui avait été difficile de l'apporter jusque-là. L'officier posa la tomate dans un coin et dit :

- Cazane, Cazane, je t'ai donné de ma propre main des graines pourries. Avec le plus mauvais terreau possible. Tu as planté la graine, nu comme un ver. Nous t'avons surveillé, nous t'avons fouillé jusque dans l'arrière-train. Nous t'avons repris la caisse. Nous sommes au cœur de l'hiver. Et regarde quelle tomate a poussé !

Désespéré, le Colonel se mit à hurler :

- Donne-moi tes poudrettes, Cazane, sinon tu pourriras ici !

Cazane, assez faible, vieilli, répondit :

- Je vous les donnerais bien, mais je n'ai mis aucune poudre.

Le Colonel pleurait.

- Je sais bien, Cazane, je sais que tu n'en as pas mis. Mais je ne peux le croire. » page 19

 

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Avec cet élément de l'histoire, assez kafkaïen, je m'attendais, à tort, à un roman absurde, à une critique cynique et extravagante du régime de Ceauşescu. Que nenni ! Si certains passages soulèvent l'ahurissement et d'autres prêtent à sourire, aucun ne m'a tiré d'éclat de rire, et le côté kafkaïen ne va pas très loin.

Le roman n'en est pas pour autant mauvais, loin de là. Il y a même un point assez remarquable à préciser : la plume de Răzvan Rădulescu, décrit comme « l'un des auteurs les plus inventifs de sa génération ». Aussi fluide qu'élégante, elle procure un réel plaisir de lecture, en nous baladant au grès des envies de l'auteur, au fil de son récit décousu et de ses interminables passages narratifs et/ou descriptifs. C'est grâce à ses envolées littéraires que je ne me suis pas ennuyé des histoires secondaires comme la description d'un village ou la vie toute entière de celle qui a été il y a fort longtemps la logeuse du Colonel Chirită en charge de l'affaire Cazane. L'auteur n'a pas peur de noyer ses lecteurs dans de longues descriptions, ne lésinant jamais sur d'innombrables détails qui n'ont d'autre utilité que de rendre le récit le plus réaliste possible. Sinon, qui se soucierait de savoir que « Madame Sticlaru, malgré ses quatre-vingt-dix kilos (ainsi que le lui avait indiqué la balance de la polyclinique Sainte-Vendredi, à sa dernière consultation), se mouvait avec agilité », et qu'un jour, elle avait été vue« sur la selle d'une motocyclette, attendre que le feu passe au vert, au carrefour de la rue Moşilor et de la place Obor » (page 140) ?

Cependant, je ne cache pas ma déception quant à l'histoire. Je m'attendais à plus cynique, plus burlesque, plus extravagant, mais la vie et les agissements d'Ilie Cazane père et fils, entre la nature désinvolte et mystérieuse du premier et l'enfance solitaire et drôlatique du second, m'ont tout de même fait passer un bon moment, servi par l'écriture exquise de Răzvan Rădulescu.

 

 

Merci à Catherine Henry des éditions Zulma pour l'envoi de ce livre !

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Le cinéma de mars-avril 2013 (20 ans d'écart / Les Croods / Les amants passagers / Les galins / Jurassik Park 3D)

Publié le par Sébastien Almira

 

20 ans d'écart20 ans d'écart, de David Moreau, 1h30 **

Alice (Virginie Effira), 38 ans, belle, ambitieuse, est contrainte de faire semblant de sortir avec un petit jeunot (Pierre Niney) afin de battre sa jeune concurrente pour une promotion. Mais elle n'a pas dit la vérité au pauvre prétendant. Si en plus l'amour s'en mêle, situations cocasses sont au rendez-vous ! Mais le kitsh n'est jamais loin et le final est en plein dedans. Dommage pour cette comédie simple, un peu naïve, mais fraiche et agréable, avec des acteurs efficaces.

 

 

 

les-croods.jpgLes Croods, de Chris Sanders et Kirk DeMicco, 1h30 ****

Lorsque la caverne où ils vivent depuis toujours "en sécurité" (puisque, c'est bien connu "tout ce qui est nouveau est dangereux") est détruite et leur univers familier réduit en miettes, les Croods, famille préhistorique déjantée à mort, se retrouvent obligés d’entreprendre leur premier grand voyage en famille. Entre conflits générationnels et bouleversements sismiques, ils vont découvrir un nouveau monde fascinant, rempli de créatures fantastiques, et un futur au-delà de tout ce qu’ils avaient imaginé. Humour et images ébouriffantes sont au rendez-vous ! Un super film d'animation pour toute la famille !

 

les-amants-passagers.jpgLes amants passagers, de Pedro Almodovar, 1h30 *

Voilà un très décevant Almodovar. Le réalisateur culte joue la carte du kitsh à fond, mais la vulgarité et les clichés homosexuels n'ont d'égal qu'un scénario creux. Quelques micro-intrigues permettent de ne pas avoir l'impression d'être uniquement dans un avion qui va peut-être s'écraser, mis ça ne suffit pas : l'heure et demi que dure cette farce finalement peu comique semble s'allonger à l'infini, à cause d'un rythme assez mal maitrisé. Bref, restez fidèles à Talons aiguilles, Tout sur ma mère ou encore Volver.

 

 

les-gamins.jpgLes gamins, d'Anthony Marciano, 1h35 ***

Tout juste fiancé, Thomas (Max Boulbil) rencontre son futur beau-père (Alain Chabat), marié depuis 30 ans à Suzanne (Sandrine Kiberlain). Désabusé, convaincu d’être passé à côté de sa vie à cause de son couple, il dissuade Thomas d’épouser sa fille et le pousse à tout plaquer pour se lancer à deux dans une nouvelle vie de gamins pleine de péripéties, persuadés que la liberté est ailleurs. J'ai mis un peu de temps à accrocher et à rire, mais il faut dire que le duo Boulbil-Chabat fonctionne très bien, que Kiberlain est une grande actrice et que le scénarion ne manque pas de ressources. Une très bonne comédie, légère et drôle.

 

 

jurassik-park-3D.jpgJurassik Park, 3D, de Steven Spielberg, 2h, film *** / 3D *

Plus besoin de présenter Jurassik Park. Ce qui change cette année, c'est la 3D. C'était donc l'occasion de revoir ce film culte de Spielberg. Certains plans, déjà impressionnants sur grand écran, le sont encore plus avec la 3D mais ça ne suffit pas à la rendre nécessaire. Elle est très souvent inutile et fait plus mal aux yeux qu'elle n'impressionne vraiment.

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Les charognards étaient à Virgin.

Publié le par Sébastien Almira

 

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Vous qui lisez au moins un blog culturel, vous devez connaître la situation de la chaîne Virgin Megastore : chute vertigineuse du chiffre d'affaires depuis quelques années, fermetures de magasins, dépôt de bilan en janvier après une année à -30%, période de redressement puis de cession, attente de repreneurs (seuls quatre se sont manifestés durant la première période de cession dont les charognards de Rougier & Plée qui proposent 1,2 millions d'euros pour récupérer 11 magasins, le mobilier, les caisses et 17 millions d'euros de marchandises, alors que pour le seul magasin de Lyon, le repreneur potentiel a mis 2 millions sur la table), soldes lundi-mardi-mercredi, et fermeture imminente de l'ensemble de la chaîne avant l'été.

Si j'écris cet article, c'est parce que je travaille à Virgin. Depuis trois ans et demi par intermittence à Bordeaux et Mérignac, depuis un an sur les Champs Élysées. J'ai vécu la lente agonie de l'entreprise et du vaisseau amiral, un magasin de plusieurs milliers de mètres carré qui a ouvert ses portes il y a 25 ans, en 1988, en même temps que moi. Un magasin connu dans le monde entier, celui où les artistes se pressent pour dédicacer, celui où les médias viennent filmer leurs reportages, celui où le public a toujours répondu présent, celui où les touristes se rendent lorsqu'ils viennent à Paris, celui qui représente le mieux la culture en France.
J'ai vécu, avec mes collègues, la lente agonie de ce magasin mythique, célèbre pour son immense porte de banque ronde, pour on bâtiment majestueux, pour son choix pléthorique, pour ses vendeurs passionnés et plus que calés. J'ai vécu la lente agonie de sa librairie puisque je suis libraire. J'ai vécu la désertion de la clientèle, les baisses de chiffres hallucinantes, j'ai vécu les connards de clients qui ne savent pas se tenir en société.


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Mais je ne pensais pas vivre ça. Les soldes pour vider le stock. -50% sur tout le magasin (hors librairie), et -60% pour les porteurs de la carte de fidélité. Forcément, ça attire. Nous ne sommes pas dupes, nous savions que ça attirerait du monde. Nous aurions certainement fait de même à leur place.

Mais ce que nous n'avions pas prévu, c'est l'attitude hallucinante de ces gens-là. De vrais charognards. Faisant la queue deux heures avant l'ouverture, poussant les portes pour rentrer avant, les défonçant parfois même, courant, se bousculant, montant les marches quatre à quatre dans le grand escalier de marbre pour atteindre le rayon multimédia au premier étage, cherchant, fouillant, presque arrachant des mains, revendant dans la file des caisses ou devant le magasin un Ipad à 700€ acheté 350, voir 280 avec la carte de fidélité, un ordinateur, une PS3, un casque pour MP3. Regardez la vidéo pour avoir une idée de l'entrée en fanfare des charognards, en nombre.




J'ai vu tout ça. J'ai vu aussi les gens saccageant les rayons à la recherche d'un produit, prenant par défaut ce qui leur tombait sous la main avant que quelqu'un ne leur passe encore devant.

J'ai vu les gens fouiller sauvagement les bacs de papeterie (que nous étions en train de trier après avoir fait le tour du magasin pour récupérer tout ce que les gens jetaient un eu partout) et mettre tout et n'importe quoi dans leurs paniers déjà remplis.

J'ai vu les gens hurler, insulter des vendeurs parce qu'ils ne trouvaient pas ce qu'ils voulaient, des caissières parce qu'elles n'allaient pas assez vite après des heures de caisse insupportables ou parce qu'elles allaient aux toilettes.

J'ai vu les gens faire la queue pendant deux heures, faire un scandale parce qu'on leur avait compter huit cahiers au lieu de six et refaire la queue pour se faire rembourser un ou deux euros.

J'ai vu des gens partir avec les bacs du magasin pour porter leur trésor.

J'ai vu les montagnes de ce que les gens avaient finalement laissé en caisse. Preuve qu'ils prenaient vraiment n'importe quoi avant de faire leur choix en caisse.

J'ai vu le carnage dans les rayons. La troisième guerre mondiale. Je râle quand les gens laissent mon rayon sens dessus dessous et que je dois tout ranger à minuit moins le quart, mais ce n'était rien. Une poussière à côté de ces trois jours d'enfer. Et encore, à part lorsque nous aidions les collègues d'autres rayons, nous étions relativement protégés du carnage au sous-sol du magasin, en librairie.

J'ai vu des collègues en larmes, exténués.


J'ai vu la nature humaine sous un autre jour, de l'intérieur. Et je peux vous dire qu'en plus de la peine ressentie pour l'état du magasin et sa fermeture, j'ai eu de la peine pour nous, pauvres humains. Après une semaine de vacances en Grèce, je me suis dit que les Français étaient vraiment des crevards. Et je ne parle même pas des commentaires que j'ai lus sur le net, comme quoi on l'a bien mérité.




Vous pouvez lire l'excellente chronique d'Antoine Michel sur Rue89.

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Annelise Heurtier, Sweet Sixteen, roman ado, 210 pages, Casterman, mars 2013, 12€ *****

Publié le par Sébastien Almira

 

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Quel livre ! Quelle histoire ! Et tout ça raconté par une Française. Une Française, Annelise Heurtier, qui s'approprie un pan de l'histoire des États-Unis, le début de la déségrégation, comme si elle y était. Dévoré en deux heures, le temps d'un aller-retour en RER pour aller voir le groupe Texas présenter dans l'émission Le Ring une partie, un peu molle, de son album à paraître, une reprise d'Elvis (le chanteur proscrit dans les beaux milieux, comme vous le lirez dans Sweet Sixteen. Vous voyez que ça a un rapport !), et quelques anciens titres qui ont enfin mis le feu à la salle. Dévoré en deux heures, donc trop court.
C'est le seul reproche que j'ai à faire à ce roman : on en veut encore. Non par voyeurisme, non par sadisme, mais parce que c'est intéressant, parce qu'on a bien compris l'enfer que vivent ces neuf Noirs autorisés pour la première fois à étudier dans une école pour Blancs, mais qu'on aimerait ne pas les quitter là, qu'on aimerait les suivre plus longtemps, pendant l'année et après, suivre leur chemin, les accompagner dans leur lutte contre le racisme et pour la liberté.


Qu'on se le dise, même si certains faits sont inventés par l'auteure, même si les noms ont été changé, il ne faut pas oublier que ces neuf étudiants de 14 à 17 ans ont vraiment vécu cette aventure hors du commun, pour laquelle il leur a fallu un courage inouï. Quelque fois, j'ai fait le rapprochement avec le mariage pour tous qui, en ce moment, déchaîne des flots de haine incompréhensibles alors qu'il s'agit simplement de la liberté d'une partie de la société. Dîtes-vous que lorsque la Cour suprême des États-Unis rend inconstitutionnelle la ségrégation raciale dans les écoles publiques, le principe fût le même, sauf que les antis étaient autrement plus nombreux (85% de la population) et surtout autrement plus violents. Et franchement, ça fait peur.

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                                                               Les 9 de Little Rock


« Elle avait beau avoir grandi dans ce quotidien-là, elle était tout à fait consciente de l'iniquité de la situation. La vie des Noirs semblait être faite d'un ingénieux assemblage d'injustices courantes, ne visant qu'à une chose : les maintenir à leur place, c'est-à-dire sous les semelles des Blancs.
« Séparés mais égaux », promettait glorieusement la loi depuis quatre-vingt ans. Quelle foutaise. Et pas seulement dans les écoles. Les exemples étaient légion. Les toilettes pour Noirs, dans les magasins ? Encore fallait-il les trouver, reléguées au fond d'un dédale de couloirs sombres et sales. Les fontaines d'eau qui leur étaient réservées ? Poussiéreuses et jamais nettoyées.
Pourquoi la justice avait-elle édictée une telle loi si c'était pour la laisser fouler aux pieds sans même lever le petit doigt ?
C'est peut-être pour cela, et aussi parce que sa grand-mère Shiri l'avait élevée dans l'idée que les Noirs méritaient les mêmes chances que les Blancs, que Molly s'était déclarée volontaire pour intégrer le Lycée central, trois ans auparavant. » pages 23-24

C'est Molly que nous allons suivre un chapitre sur deux dans Sweet Sixteen. Dans l'autre moitié, nous suivrons Grace, une jolie blonde dont les mères de ses amies sont les principales chefs de file de la Ligue des mères blanches, groupe de bitch prêtes à tout pour empêcher neuf adolescents noirs d'intégrer un lycée où ils seront de toute façon largement noyés au milieu de plus de deux-mille Blancs. Deux-mille Blancs dont la quasi totalité sont eux aussi prêts à tout pour pourrir la vie à ces neuf Noirs. Et au milieu d'eux, Grace qui se demande à quoi peut bien rimer toute cette haine et si elle ne met pas à mal ses propres idées en tombant amoureuse d'un beau garçon qu'elle soupçonne de participer à de violentes actions racistes.
 

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Manifestation contre leur intégration

Sur à peine plus de deux-cents pages, Annelise Heurtier nous raconte l'année scolaire avec une force étonnante et sans pathos. Le but n'est pas de faire pleurer dans les chaumières, mais de relater un épisode tragique mais salvateur, sans en enlever la violence et sans y rajouter de fioritures. Et je dois dire que le but est atteint à la perfection.
L'auteure demande avec humour dans son mot final si nous sommes prêts à recommencer, à la lire de nouveau. Si ses deux autres romans sont aussi impressionnants, je ne marche pas : je cours.

« Le cœur de Molly se mit à battre la chamade. Ils avaient beau faire partie de quelque chose de grand, de juste, quelque chose qui les dépassait, il n'en restait pas moins que, maintenant, c'était à eux seuls de se lancer. À eux de le vivre.
La porte de la voiture s'ouvrit sur des cris assourdissants.
Molly plaqua ses mains sur ses oreilles et suivit ses compagnons en direction de la porte, sous les huées de la foule contenue par les policiers. Elle s'engouffra à l'intérieur comme on se rue dans un abri pendant l'orage. La porte se referma dans un claquement métallique, et les hurlements devinrent plus lointains. Molly écarquilla les yeux. Ils avaient réussi. Ils étaient entrés. » page 109

À vous d'entrer.


Lisez l'article de Louise sur le blog Levons l'encre ici !

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Emmanuelle Bayamack-Tam, Si tout n'a pas péri avec mon innocence, roman, 430 pages, POL, janvier 2013, 19,50€ ****

Publié le par Sébastien Almira

 

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RENCONTRE A LA LIBRAIRIE LETTRE ET MERVEILLES A PONTOISE LE VENDREDI 20 MARS 2015 A PARTIR DE 20H30 !!

« Svetlana, Ludmilla, Lorenzo, Esteban, c'est pour vous que je prends la parole, mais rassurez-vous, je ne m'attends à rien, vu que vous êtes les uns comme les autres incapables du moindre sursaut de lucidité comme du moindre mouvement de gratitude. » page 26

Celle que je vous présentais il y a quelques semaines comme un monstre littéraire, dans la critique que j'écrivais sur sa truculente pièce, Mon père m'a donné un mari (critique ici), ne s'est pas contentée de publier en janvier du théâtre. Chez POL, est paru en même temps un gros roman au titre qui colle parfaitement à l’œuvre de l'injustement méconnue Emmanuelle Bayamack-Tam.

Si tout n'a pas péri avec mon innocence est un portrait de famille, un roman-fleuve qui court sur quelques années, mais attention, on n'est pas chez Danielle Steel ! Pas de secrets familiaux à la mords-moi le nœud en basse campagne avec, au mieux, une histoire d'adultère datant de Mathusalem.
D'abord, le roman familial chez Bayamack-Tam, il faut le prendre avec sa plume particulière, osée, parfois dérangeante, extravagante et cynique. Ensuite, il faut l'accepter avec des personnages complètement tordus, sinon quel intérêt ? Il faut y aller les yeux fermés, sans peur d'être bousculé, froissé, envahi par la haine comme les larmes, le désespoir comme le rire.


« Svetlana, Ludmilla, Kimberley, Lorenzo, Esteban : une telle bigarrure folklorique pourrait laisser penser que nous n'avons pas le même père, mais ce serait là aussi mal connaître Gladys, et notre géniteur commun s'appelle Patrick, comme tous les garçons de sa génération. Je tiens à signaler qu'il n'est pour rien dans le choix de nos prénoms. On peut même avancer qu'il n'est pour rien dans tout, ce qui ne l'empêche pas de se croire indispensable et de dépenser une énergie folle pour jouer les chefs de famille. À quelque heure qu'on le prenne, mon père a toujours l'air surmené et préoccupé. Notre éducation est sa grande affaire, même s'il n'y pense que par à-coups, par crises intermittentes au cours desquelles il nous prend à part pour des mises en garde solennelles, des sermons prononcés la voix tremblante et les yeux dans les yeux, qui m'ont toujours laissée très froide et dont je soupçonne mes frères et sœurs d'être aussi peu affectés que moi, bien que nous n'en ayons jamais parlé, vu que mon père n'est pas un sujet de conversation. Il faut croire qu'il est dans sa nature de ne pas oblitérer les esprits et de n'intéresser personne. Il y a des gens comme ça, dont la vie va être entièrement obscure, quelque énergie qu'ils mettent à exister. » pages 22-23

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Une fois qu'on accepte de pénétrer l'univers particulier de l'auteure, on s'immisce petit à petit dans cette famille décousue, extravagante, presque immonde. Entre une mère, Gladys, née difforme (l'auteure crée toujours des personnages hors du commun, qu'ils soient difformes, obèses et/ou magnifiques. Quel plaisir d'ailleurs de retrouver la Charonne d'Une fille du feu, Charonne la magnifique enchanteresse dont les formes énormes ne l'empêchent pas d'être d'une beauté à couper le souffle), un père inutile, une grand-mère tantôt exubérante, tantôt fantomatique, un grand-père vaniteux, des sœurs bêtes de concours à moitié demeurées et des frères jumeaux parvenant tant bien que mal à exister au milieu de ce joyeux bordel, la famille de Kimberley, la narratrice, a de quoi nous tenir en haleine au grès des repas frisant le crime contre l'humanité, des compétitions sportives des filles dont Gladys est complètement gaga, des moqueries perpétuelles auxquelles doivent faire face Kim et ses deux petits frères, des rencontres que Kim fera au cours d'un apprentissage de la vie pas comme les autres.

Entre baise avec le très endurant Sven, lecture de Baudelaire et cours de gymnastique rythmique, Kimberley s'est d'ailleurs donné pour mission de sauver ses deux petits agneaux de cette famille de tordus, « des adultes aussi enfantins que déraisonnables », et du destin terne et désespéré qui les attend. Y parviendra-t-elle alors qu'elle doit déjà tenter de se sauver elle-même ?

Le point de départ et le déroulement de l'histoire ont de quoi détonner et s'accordent à merveille avec le ton enlevé et cynique d'Emmanuelle Bayamack-Tam, dont la noirceur n'a d'égal que la folie. Malgré une petite baisse de régime vers le milieu et des inélégants « positivement affreux » et autres « positivement sensationnel », je me suis surpris à apprécier une saga familiale, ce qui est pourtant loin d'être ma tasse de thé.
L'auteure reçoit grâce à cette saga familiale ses premiers prix littéraires qui, espérons-le, lui donneront plus de visibilité auprès du public : le prix Ouest-France/Etonnants Voyageurs, décerné par un jury de dix lecteurs âgés de 15 à 20 ans et parrainé notamment par Alain Mabanckou, Sorj Chalandon, Carole Martinez et Jean-Marie Blas de Roblès, ainsi que le prix Alexandre Vialatte 2013. Le jury a trouvé le roman « remarquable pour ses qualités stylistiques, son humour, son audace stylistique, en écho à l'esprit de Vialatte. » Un roman sur l'enfance, l'adolescence, l'âge adulte, un roman sur la vie. Sur la vie d'êtres pas comme les autres peut-être parce qu'eux ne cachent pas les tares et les faiblesses qu'ils pensent être leurs forces. Un roman sur la vie d'êtres humains qui n'étaient peut-être pas faits pour exister.

« On n'est pas fait pour la vie et on nous y balance comme ça, sans prévenir. Il suffit d'avoir assisté une fois à un accouchement pour savoir qu'il n'y a rien de plus contre-nature que de naître : tout le monde souffre, tout le monde hurle, la mère, l'enfant, et même le père s'il a eu l'idée saugrenue de se pointer. » page 401

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Come Back

Publié le par Sébastien Almira

Voilà,

 

Après un mois d'absence, et un mois et demi sans vrai article (la dernière critique, celle du génial Western Girl d'Anne Percin, lire ici, date du premier avril, et non ce n'est pas une blague), me voilà de retour.

Comme je vous l'avais dit, un déménagement, et un gigantesque problème internet avaient eu raison de moi. Ce à quoi s'est ajoutée une semaine de rêve en Grèce (un article décalé sur le sujet est en préparation !).

Mais me voilà de retour sur le blog, en compagnie d'une connexion internet que j'éspère solide, régulière et immortelle.

 

Je vous remercie, que vous soyez lecteurs passagers, lecteurs réguliers ou carrément fanatiques de Culturez-Vous, d'avoir continué à visiter le blog malgré un manque cruel de contenu neuf.

Vous étiez entre 50 et 100 visiteurs uniques chaque jour à lire mes articles sur Jean-Baptiste Del Amo, Chuck Palahniuk, Anne Percin, Zazie, Libba Bray, Woodkid, Pascale Gautier, François Saintonge, Michel Houellebecq et Trenton Lee Stewart, pour ne citer que les dix plus visités !

Alors merci encore, et merci aux artistes qui ont suscité votre intérêt !

 

Je vous promets dans les jours qui viennent tout plein d'articles sur la littérature (Annelise Heurtier, Sweet Sixteen ; Emmanuelle Bayamack-Tam, Si tout n'a pas péri avec mon innocence ; Razvan Radulescu, La vie et les agissements d'Ilie Cazane ; Daniel Glattauer, A toi pour l'éternité), la musique (Hurts, Exile ; Willy Moon, Here's Willy Moon ; Ellie Goulding au Bataclan), le cinéma (20 ans d'écart ; Les Croods ; Les amants passagers ; Les Gamins ; Jurassik Park 3D) et sur la Grèce (les merveilles ; les surprises ; les frayeurs ; les déceptions).

 

Il ne me reste plus qu'à vous dire à très vite et à m'agiter pour publier les prochains articles !

 

Sébastien Almira

 

 

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l'arrivée à Athènes

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Houellebecq poète

Publié le par Sébastien Almira

ATTENTION ! NOUVEL ATTENTAT A LA CULTURE !

 

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"Dresser un bilan de la journée d'hier me demande un

réel courage, tant j'ai peur en écrivant de mettre au

jour des choses peut-être terribles qui feraient mieux

de rester au vague dans mon cerveau.

J'ai envie de faire n'importe quoi pour me sortir ne

serait-ce que quelques heures de ce trou où j'étouffe." page 18

 

"Je tenais des propos concernant les teckels,

A l'époque

Je voulais établir quelque chose d'univoque

(Un nouveau paradigme, un projet essentiel)." page 29

   

"Tu te cherches un sexfriend,

Vieille cougar fatiguée

You're approaching the end,

Vieil oiseau mazouté." page 44

 

"Tu te crois séduisante

Avec ta jupe en skaï

Et tu fais la méchante

Comme dans une pub Kookaï." page 45

 

"J'ai peur des autres. Je ne suis pas aimé." page 25

Ah ben au moins, il est lucide.

 

 

Finalement, Michel Houellebecq est à la poésie ce que les One Direction sont au rock et Marc Lévy à la littérature.

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Anne Percin, Western Girl, roman ado, 200 pages, Rouergue, collection DoAdo, mars 2013, 12,60€ ****

Publié le par Sébastien Almira

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Après sa géniale trilogie (Comment (bien) rater ses vacances, Comment (bien) gérer sa love story, Comment devenir une rock star (ou pas), article ici), qui racontait les aventures tragi-comiques d'un adolescent au cynisme redoutable et à la vie sociale assez spéciale, Anne Percin est de retour, pour notre plus grand plaisir !

 

Surfant sur le genre qui a fait le succès de la précédente trilogie, elle invente néanmoins un personnage complètement différent, mais tout aussi barré. Élise Bonnel, rousse, seize ans, originaire de Merdrignac (ouais...) en Bretagne, folle de cheval et de musique country qui nous raconte son histoire sous forme de journal de bord.

Son aventure à elle, c'est trois semaines d'équitation dans le Dakota du Sud. Trois semaines de rêve. Trois semaines d'appaloosa (les chevaux du ranch des Cooper où a lieu le stage), de rodéo, de pancakes, de visites, de paysages désertiques et époustouflants, de chemises à carreaux et de bottes à franges. Son american dream.

Sauf que la demoiselle n'est pas seule à faire le voyage. C'est une douzaine d'ado qui sont de la partie. Tout une tripotée de petits bourges parisiens et de belles garces. Élise, elle, vient d'un milieu très modeste (son stage a été payé avec les indemnités de licenciement de sa mère), n'a pas de cheval à elle, n'a jamais pris l'avion. En plus elle est rousse et joue la carte cow-boy au maximum avec son attirail de chemises à carreaux. Autant dire qu'au milieu de cette bande de péteux, elle fait plutôt tâche. Elle dispose même de la panoplie complète pour être la risée de cette bande de petits richous.

Si, en plus, un garçon au nom joliment ridicule (Louis Beauregard) est convoité par deux deux filles, dont une qui ne se l'avoue pas et une véritable peste qui a bien l'intention de faire passer la première pour une pestiférée, il y a de quoi s'amuser !

 

far west

 

Comme dans Comment (bien) rater ses vacances et ses deux suites, les situations (pêle-mêle) cocasses, désespérées, tendres, catastrophiques, hilarantes, s'enchaînent à vitesse Grand V.

Anne Percin a le chic pour tenir ses lecteurs avec des histoires qu'on ne peut, ni ne veut, lâcher une fois commencée. Véritable magicienne de la littérature jeunesse, elle m'a ravi une fois de plus, avec les aventures extraordinaires d' Élise, sorte de Calamity Jane qui peine, qui doute, mais qui n'a pas peur de chercher la bagarre pour sauver son honneur et qui n'a jamais dit son dernier mot !

Et si vous n'êtes pas fan de cheval, ne vous inquiétez pas : je suis du genre à m'en foutre complètement et même à en manger (non, je n'achète pas de lasagnes surgelées!), et pourtant j'ai aimé jusqu'aux scènes d'équitation et même de nettoyage de cheval. Et rien que pour la beauté des paysages que l'on parcourt avec elle, ça vaut le coup de se farcir les chevaux !

 

 

« Quand je pense à ce que j'avais cru avant de partir... Comme une idiote, je m'étais imaginé que des cavaliers western comprendraient ma passion, et je poussais le ridicule jusqu'à croire qu'ils la partageraient ! C'est pour ça que, sans hésiter, j'ai tout déballé à Georgia. Mes cours de danse country, les vendredis soirs après le lycée. Les posters dans ma chambre : Johnny Cash et Ricky Nelson, le Grand Canyon, le Colorado dans tous ses états. Comment je soûle mes parents depuis des années pour manger au Buffalo Grill à la moindre occasion, pour avoir le bonheur de m'asseoir sur des sièges que je m'imaginais être ceux d'une diligence... Tous mes Playmobil, quand j'étais gamine, c'était des cow-boys. Et mes poupées, même les Barbie, je les déguisais en country girls, le jean, les bottes à franges, le chapeau, les nattes et la chemise à carreaux ! J'ai grandi avec Pocahontaset Spirit, La petite maison dans la prairie, Blueberry etLucky Luck, les westerns anciens et modernes, de Sergio Leone aux frères Coen. Oui, tout ça, je l'ai raconté à Georgia. Quelle imbécile ! » pages 69-70

 

Voilà donc un nouveau roman, dans le genre qui va si bien à Anne Percin, mais qui n'utilise pas les mêmes ficelles, ni les mêmes gags. Pour les jalouses qui n'avaient pas voulu lire les aventures de Maxime Mainard, et pour ceux qui avaient déjà adoré : délectez-vous de celles d'une héroïne haute en couleurs, qui n'a pas sa langue dans sa poche, qui vous fera pleurer de rire et de rage tellement on se se met dans sa peau (même pour un garçon!).

Malgré un final un peu bateau, mais néanmoins très satisfaisant, Western Girl est à la hauteur des attentes, à la hauteur de Comment (bien) rater ses vacances, à la hauteur d'Anne Percin !

 

 

Merci à Pauline Parvan des éditions du Rouergue pour l'envoi de ce fabuleux livre !

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Woodkid, The Golden Age, album pop, 14 titres, Green United Music, mars 2013, 14€ (édition simple), 25€ (édition limitée incluant un récit original en anglais illustré) ****

Publié le par Sébastien Almira

 

Woodkid-The-Golden-Age.png

 

« J’ai toujours eu l’impression que j’allais mourir jeune

et qu’il fallait que je laisse une trace puissante et le plus rapidement possible »

Yoann Lemoine, alias Woodkid, 30 ans, au Parisien 

 

 

Deux ans après le single Iron, voilà que le phénomène Woodkid publie enfin son premier album. On ne le présente plus, jeune prodige de la vidéo, le Français a travaillé sur le jeu vidéo Arthur et les Minimoys et réalisé des clips pour Lana del Rey, Drake, Yelle, Katy Perry ou encore Moby.

Mais c'est avec le titre et le clip Iron qu'il fait sensation. Baroque, esthétique à mort, pop classieuse, émouvant et épique à la fois, son titre fait le tour du monde et dépasse aujourd'hui les dix-neuf millions de vue sur son seul compte Youtube. Run, boy, run vient combler l'attente l'année dernière. Moins fort musicalement, le single joui en revanche d'un clip au moins aussi prodigieux que le précédent.

Mais ce n'est que lundi 18 mars dernier que l'album, l'un des plus attendus de l'année, est sorti. avant une tournée qui passera par le Zénith de Paris le 5 novembre 2013 (à partir de 35€).

 

L'artiste, Yoann Lemoine de son vrai nom, avoue y avoir passé cinq ans, refusant des collaborations avec Madonna et les Rolling Stones afin de se concentrer sur un projet de longue haleine, émotionnellement difficile, qu'il voulait parfait. Après plusieurs écoutes, je vous livre mon verdict sur The Golden Age.

 


 

Les quatorze pistes qui forment cet album s'écoutent dans une unité parfaite. Mais tout se mêle et se ressemble tellement que peu de titres tirent leur épingle du jeu. Dans un univers baroque, sombre et lumineux, Yoann Lemoine signe douze chansons et deux instrumentaux hors du temps, hallucinants de classe. Beaucoup de morceaux pris au cas par cas sont de petites merveilles, d'autres sont plus anecdotiques. Mais là n'est pas le problème, on ne s'attend pas à ce que chaque morceau soit un summum de perfection. En revanche, on s'attend à reconnaître les titres qu'on écoute, à pouvoir les comparer.

Or, là, c'est plutôt une musique de film (un peu tristounette par moments, il faut le dire) qui semble se dérouler à nos oreilles. L'ensemble est aussi homogène qu'une bande originale, les sonorités, les orchestrations sont souvent très cinématographiques, ce qui donne un rendu très soigné, très esthétique, très grandiloquent. Et ce n'est pas étonnant puisque Yoann Lemoine rêve de cinéma depuis l'enfance. Depuis qu'il gagne de l'argent convenablement avec son travail, il s'est d'ailleurs installé à New York pour reprendre ses études de cinéma et préparer son premier long-métrage.

Exceptés Iron, Run boy run et peut-être deux autres titres, on entend plus que l'on écoute la petite musique de Woodkid caresser agréablement nos oreilles sans que l'on soit finalement aussi transcendés qu'à la découverte de Iron.

 

Voilà donc un album d'un esthétique et d'une classe sans nom dont on attendait peut-être trop. Le phénomène Woodkid avait mis la barre trop haut avec l'hallucinant Iron, si bien qu'il est difficile dans The Golden Age d'apprécier vraiment la qualité toutefois indéniable des autres titres, noyés dans un flot de similitudes atténuant un peu plus encore leur réalisation quasi impeccable. À deux doigts de la perfection.

 

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