Pendant l'été...

Publié le par Sébastien Almira

Un petit article pour m'exuser du manque d'article ambiant sur le blog depuis quelques semaines.

Que je m'exlique : voilà deux mois et demi que je travaille de nouveau en librairie. Donc, déjà moins de temps pour écrire. Mais surtout nous avons des services de presse de la rentrée depuis mi-avril. J'ai commencé mon treizième roman de la rentrée hier et je ne lis quasiment rien d'autre depuis (si ce n'est certains romans de la sélection Prix des Lecteurs du Livre de Poche, dont je suis juré).

Je prépare donc activement la rentrée puisque fait rare, j'écris mes critiques de suite après avoir lu les livres, j'en ai plus d'une dizaine en boîte pour vous et je vous les présenterai dès le début du mois d'août., je pense, pour que vous puissiez commencer à faire le tri dans la masse qui s'apprête à innonder vos libraires préférés !

 

D'ici là, je vous prépare quelques articles :

- un compte-rendu du concert de Madonna au Stade de France !

- un mini "Cinéma de juin" (trois films vus seulement cette fois : The Dictator, Les femmes du bus 678 et L'âge de glace 4) !

- et si vous êtes sage un petit article sur vos lectures de l'été (j'avais même pas pensé à le faire avant) !

 

Voilà, je vous souhaite de bonnes vacances pour ceux qui le sont, du courage pour ceux qui bossent et de bonnes lectures bien entendu !

Enfin, n'oubliez pas que le blog se nourrit de vos commentaires, alors n'hésitez pas à donner votre avis !

 

Sébastien Almira

 

 

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Pis, si vous ne savez pas où partir, allez au Sud ! Le vrai été, c'est là-bas.

(Plage de Sainte-Croix, début juillet)

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Amélie Nothomb, Barbe Bleue, roman, 170 pages, Albin Michel, 23 août 2012, 16,50€ ***

Publié le par Sébastien Almira

 

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Amélie Nothomb et moi, c'est une grande histoire d'amour. Et comme dans toute histoire d'amour, à plus forte raison les grandes, il y a des hauts et des bas. Je ne vais pas vous la refaire chaque année mais, pour aller vite, il y a eu pas mal de bas dernièrement.

Cette année, ce que vous verrez en premier risque de vous éblouir, la première de couverture est magnifique. Le titre vous interpellera, Barbe Bleue, mais vous commencerez à vous demander si c'est un bon ou mauvais présage. Et enfin, la quatrième de couv achèvera de rendre votre appréciation mitigée : « La colocataire est la femme idéale. » Pour moi, c'est passer à côté du livre que de foutre cette citation en guise de résumé. On sait bien que les gens n'achètent plus Nothomb grâce au résumé, mais il y a toutefois eu plus frappant : « Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus. Il leur en fallut le spectacle. » ou « La faim, c'est moi. ».

 

Mais le plus important, c'est ce qu'il y a à l'intérieur. Un détournement de conte, comme son nom l'indique. Un Grand d'Espagne, qui a fait de la dignité son métier (« Quelle est votre occupation ? - Aucune. - À quoi passez-vous votre temps alors ? - Je suis Espagnol. - Ma question n'était pas de cet ordre. - C'est mon activité. - En quoi consiste-t-elle ? - Aucune dignité n'arrive à la cheville de la dignité espagnole. Je suis digne à plein temps. - Et ce soir par exemple, comment manifesterez-vous votre dignité ? - Je relirai le greffe de l'Inquisition. C'est admirable. Comment a-t-on pu médire de cette instance ? » pages 19-20), prêt à tout pour défendre le catholicisme et avide de lectures ancestrales, vit cloîtré dans son hôtel particulier en plein septième arrondissement de paris depuis la mort de ses parents par explosion il y a vingt ans. Pour combler son ennui et son besoin de femmes, il publie une annonce de colocation à laquelle Saturnine répond.

Mais ce qu'elle ne savait pas, c'est que les huit colocataires précédentes de don Elemirion Nibal y Milcar ont toutes disparues. Ont-elles succombé et bravé l'interdiction du maître des lieux ?

 

« Ceci est la porte d'entrée de la chambre noire, où je développe mes photos. Elle n'est pas fermée à clef, question de confiance. Si vous y pénétriez, je le saurais, et il vous en cuirait. » page 15

 

Après ce début prometteur, Amélie Nothomb fait ce qu'elle sait faire de mieux : un huis clos dont les fils se dénouent au fil de dialogues. Chez la Belge, nul besoin de descriptions extravagantes et poétiques, de parcours psychologiques de chaque personnage, de centaines de pages. Elle ne s'encombre pas d'inutile et va toujours au plus vite. Peut-être un peu trop si l'on pense au moment où la jeune femme tombe à son tour amoureuse de don Elemirio. Mais tout est réuni pour faire de Barbe Bleue un grand Nothomb : intrigue décalée, dialogues endiablés, questions métaphysiques, humour cynique, meurtres ou au moins disparitions inexpliquées, suspense, apologie du champagne (« L'inventeur du champagne rosé a réussi contraire de la quête des alchimistes : il a transformé l'or en grenadine » page 59), etc.

Et ce fut une très bonne lecture, je suis même resté éveillé jusqu'à 1h30 du matin pour le finir ! Mais comme l'an dernier, une fois le livre refermé, je me suis dit « ouais, ben c'était bien, mais c'est fini, quoi, et puis plus rien... ». À la différence que Tuer le père était un bon roman qui se lit facilement, agréablement, et qui n'en demandait pas plus alors que Barbe Bleue aurait pu être à la hauteur d'Hygiène de l'assassin, Les Catilinaires ou Cosmétique de l'ennemi s'il ne manquait pas tant de puissance. Car j'ai trouvé le problème de cette nouvelle création. Habituellement, c'est un problème de fin qui paralyse les romans d'Amélie Nothomb. Cette fois, c'est un manque cruel de puissance. Pour un roman qui se veut cruel, c'est ballot.

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Le cinéma de mai (De rouille et d'os, Moonrise Kingdom, Margin Call, Dark Shadows, Men in Black 3, Cosmopolis)

Publié le par Sébastien Almira

 

de-rouille.jpgDe rouille et d'os ***

Après être sorti de la salle, je me suis dit que ça sentait la Palme d'or à plein nez. Je me suis trompé, mais c'est le type de film fait pour remporter des prix. Très beau jeu d'acteurs entre un Matthias Schoenaerts mutique et, il faut le dire, complètement con, et une Marion Cotillard qui ne tire pas trop sur la corde sensible. Réalisateur traité de génie ou de ringard, au choix. Sujet social en vogue : les handicapés. Un peu d'action, des sentiments (bien que souvent à sens unique), un (petit) peu d'humour, etc. On mixe tout pour faire un grand film à prix et on obtient De rouille et d'os.

C'est loin d'être mauvais, mais c'est trop travaillé pour et trop attendu pour être un chef-d'œuvre.

 

moonrise-kingdom.jpgMoonrise Kingdom ***

Bruce Willis, Edward Norton, Bill Murray à contre-emploi dans la nouvelle ré-création de Wes Anderson (La vie aquatique, A bord du darjeeling Limited, Fantastic Mr Fox). Deux ado solitaires tombent amoureux dès qu'ils se voient et sont prêts à tout pour se retrouver. En 1965, sur une île au large de la Nouvelle-Angleterre, Sam est en camp de scouts, Suzy chez elle. Bourré d'humour, décalé au possible, ce film à la saveur de goûter d'anniversaire et à l'odeur de randonnée en forêt se savoure comme un pot de Nutella ou de lait concentré sucré à la cuillère !

 

 

margin-call.jpgMargin Call **

La déception d'un film qui partait pourtant avec de sérieux atouts : Kevin Spacey, Jeremy Irons, Demi Moore, Zachary Quinto et Simon Baker en tête. Une intrigue boursière. Une gigantesque entreprise de traders se rend compte qu'un mauvais calcul leur a fait perdre des milliards et que ça ne va pas en s'arrangeant. Pour le big boss, un Jéremy Irons pas bien calé dans rôle (Tommy Lee Jones, dans The Company Men, était parfait), il faut être le premier, le meilleur ou bien tricher pour survivre à Wall Street. Mais il est trop tard pour être le premier ou le meilleur, il ne reste plus qu'à ruiner les autres. Margin Call ou comment créer un crash boursier...

Déception à cause du manque de carrure de Jeremy Irons, à cause du rythme lancinant, à cause du manque d'explications sur les raisons et les rouages. Sinon, bonne réalisation et bons acteurs.

 

dark-shadows.jpgDark Shadows ****

Quand j'ai vu la bande-annonce, j'ai eu peur que Tim Burton ne s'en sorte pas, entre le film fantastico-gothique et la comédie. J'avais peur qu'une comédie potache et bancale voie le jour sous ses mains d'argent. Me voilà rassuré sur un point : nulle comédie potache en vue, l'humour est beaucoup moins important que ce que je pensais et espérais. Les acteurs sont géniaux (Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Michelle Pfeiffer, Chloé Moretz, Eva Green), la BO excellente, le scénario burtonien à souhait (enterré vivant et transformé en vampire par la sorcière qu'il a éconduit en 1752, Barnabas Collins refait surface en 1972. Malheureusement pour lui, sa sorcière mal aimée a pris son monopole dans l'industrie de la pêche et compte bien l'attirer dans ses filets. Avec l'aide de sa descendance, il tente de lutter), les images, les plans, les couleurs, les décors magnifiques. Mais c'est un peu long, et la fin se perd en surenchère de rebondissements. Dommage, j'aurais pu être dithyrambique. Pas de cinq étoiles ce mois-ci !

 

men.jpgMen in Black 3 ***

Boris, le monstre qui avait été emprisonné en 1969 par K (Tommy Lee Jones), s'échappe de prison en 2012 et retourne dans le passé mettre en place son projet d'envahir la terre avec son petit peuple ! Là, il tue K. C'est pour ça que J (Will Smith) retourne à son tour dans le passé pour sauver K et tuer Boris. Il se retrouve avec un K jeune joué par Josh Brolin, parfait.

Le début du film n'est pas terrible, les vannes sont nazes, et c'est du déjà-vu. Mais le réalisateur, épaulé par Etan Cohen pour le scénario, se réveille et la suite se révèle à la hauteur de la série ! À voir avec plaisir, comme les précédents, en sachant quel genre de film on va voir.

 

cosmopolis.jpgCosmopolis °

Sérieusement, qu'est-ce que c'est que cette merde ?! Une journée dans la peau d'un trader qui se la joue sex-symbol avec une moitié de nez, une peau glabre et trois poils sur le torse, qui veut absolument se faire couper les cheveux à l'autre bout de la ville alors que la visite du Président des USA paralyse Manhattan. Dans sa belle limousine, Eric Packer (Robert Pattinson), baise sa collaboratrice (Juliette Binoche), parle avec un geek de prochain crash boursier, rencontre à trois reprises sa femme comme par hasard toujours à l'heure de manger en plus, c'est vachement bien fait quand même ! Il se fait taguer son bolide en passant en plein milieu des émeutes, il va en boite (je rappelle qu'il était censé aller chez le coiffeur), il ressort et il refait jour ! Merveilleux. Il tue son garde du corps et va se faire couper les cheveux. Après, il rentre à pieds, et quelqu'un tente de le tuer. Le hasard étant un des personnages principaux, il trouve le bon bâtiment, la bonne entrée (pourtant bien cachée), le bon étage et la bonne porte. Tout ça du premier coup. Et s'en suit un discours incompréhensible avec le danger public qui sort des chiottes une serviette sur la tête. Eric se tire une balle dans la main et à la fin, on sait pas ce qui se passe. Ah oui, entre temps, il y a eu plein de dialogues avortés, de questions sans réponses (pourtant, « quel âge as-tu ? », c'est pas bien compliqué...). Cela dit, on ne pourra pas enlever à Cronemberg son sens de l'image.

Je prend le pari qu'aucune autre sortie cette année ne viendra éclipser Cosmopolis pour remporter ma palme de la bouse de l'année.

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Yak Rivais, Les ficelles du pantin, farce burlesque, 130 pages, Attila, avril 2012, 12 € *****

Publié le par Sébastien Almira

 

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À cause de cette flemme incurable dont je vous ai parlé hier, je n'ai pas écrit cette critique à temps pour la publier en pleine élection présidentielle. On peut dire que j'ai raté mon coup car Yak Rivais a commencé il y a trente ans à raconter l'histoire d'un despote qui ne veut pas quitter le pouvoir et l'a publié juste avant les élections. Bon, vous me direz, la flemme a été plus grande chez lui que chez moi. À moins qu'il ait attendu le bon Président...

 

Vitellius est un « président autocrate et corrompu dépassé par la chute des institutions, cynique, populiste et vulgaire, obsédé sexuel adulé puis haï ». Les élections présidentielles approchent et son adversaire, Vespasien, est donné gagnant par tous les sondages. La démocratie reviendrait enfin et Vitellius chuterait de son piédestal. Or, ça, il ne le veut pas.

Et pour garder le pouvoir, il est prêt à tout : tricherie, insurrection, tirer lui-même sur les passants et son armée pour déclencher une guerre civile. Cloitré dans son palais, il s'amuse comme un petit fou entre deux coups rapides avec la première fille ramassé par un de ses sbires. Avec son homme de main, Herr Doktor et son ministre de l'intérieur, Faux-Cul, il monte l'opération Coup de Jarnac, où des militants déposent des sacs de bulletins à son nom dans plusieurs bureaux de vote pour faire croire à un coup monté de son rival Vespasien.

Mais entre ceux qui se retournent contre lui, ceux qui tombent et ceux qui se rendent compte de son coup monté, rien ne va comme il veut.

 

« Je le sais que Vespasien a demandé une enquête ! Vous croyez que la République a le temps d'attendre ?!... Quoi « forfaiture » ? Quoi « élu légitime » ? Vous vous moquez du monde ? Un type qui a triché !... Comment ça il n'y est pour rien ! Comment ça la quantité de bulletins oubliés n'est pas importantes ! Vous rigolez ! C'est lui qui a tout manigancé, et moi, je me laisserais posséder ? Pas question ! Le pouvoir, c'est moi ! Le Président, c'est moi ! Le Conseil constitutionnel je m'assieds dessus et je les annule, vos élections truquées ! Et je reste où je suis ! À n'importe quel prix, entendez-vous ! À n'importe quel prix ! Je vous emmerde ! » (page 70)

 

Au cours d'une seule nuit, Yak Rivais nous entraine dans la folle course entre un despote qui veut garder sa place et le favori qui veut remettre la démocratie au pouvoir. Humour noir, répliques cinglantes, actions violentes, Yak Rivais n'y va pas de main morte pour monter une farce grand-guignolesque de haute voltige qui court sur 130 pages en surfant sur Jarry, Bretch ou encore Ionesco pour notre plus grand plaisir !

Le propos peut paraître effrayant, mais ne vous inquiétez pas, cela n'arrivera pas. En tout cas, cela n'est pas arrivé cette année. Alors ruez-vous en librairie une semaine après les isoloirs et délectez-vous de ce coup d'état de maître jubilatoire !

 

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« - C'est quoi ton boulot de Président, au juste ? Je veux dire : en quoi ça consiste ?

- Gagner beaucoup de fric pour arroser ceux qui m'aident à garder ma place.

- Tout le monde en profite ?

- Ceux qui me sont utiles. Parce qu'ils font voter les autres.

- Comment ça ?

- Par exemple, toi tu es une idiote, tu lis la presse gratuite. Bon. Dedans, c'est de la propagande pour moi tous les jours. Donc le propriétaire est un ami. Ou bien la télévision ! Tu la regardes. Elle me fait de la propagande. Les patrons sont mes amis : tous les patrons de quelque chose, et tous les responsables de n'importe quoi qui me rend service où ils sont casés. C'est donnant-donnant. Les très riches, par exemple, je baisse leurs impôts, et pour me remercier, ils me versent une partie de leurs économies à titre privé pour que je puisse mener mes campagnes. Tu piges ?

- Ça doit te prendre beaucoup de temps de t'occuper de tout ça ! s'extasie la pute.

- Pour le tout-venant, les affaires courantes, il y a les ministres. Moi j'ai pas de temps à perdre.

- Tes ministres alors, c'est des larbins ?

- Ouais. Ils se servent au passage mais ils répartissent les cadeaux par catégories ou groupes de pression.

- Et le peuple ?

- On s'en fout. Des fois, on s'en sert pour brusquer les choses. Après on l'oublie. Ce n'est qu'un grouillement d'asticots. »

(pages 72-73)

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Trois ans (doutes, coup de mou (de gueule ?), mercis, etc.)

Publié le par Sébastien Almira

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Voilà, j'ai oublié l'anniversaire de mon blog. Ce sont pas moins de 139 articles que j'ai publiés depuis le 23 février 2009. J'en ai supprimé quelques-uns après coup par souci de qualité. Trois ans que je publie toujours mes articles en retard (oui, oui, j'ai fini Les ficelles du Pantin de Yack Rivais il y a une dizaine de jours). Par flemme, par manque de temps (de retour en librairie depuis une semaine, ouf !), par manque d'envie parfois. Il est d'ailleurs déjà arrivé que je n'écrive finalement pas un article prévu ou même commencé.

 

Mais je continue. Trois ans que je continue. Trois ans qu'il y a des visiteurs. Pas des statistiques de fou, mais des visites régulières (entre 50 et 70 visiteurs uniques par jour).

Un an que je continue en me demandant combien de temps encore. Par flemme, je l'ai déjà dit. J'aime écrire des articles et (surtout, d'accord, je l'avoue) savoir qu'ils sont lus, mais je suis flemmard de nature, d'où les retards réguliers dans mes articles. Mais également parce que j'ai l'impression de ne servir à rien.

 

Je m'explique : savoir que les visites sont régulières et assez importantes (pas la peine de venir me narguer avec "moi j'ai 300 visiteurs par jour, nananère !", je me doute que beaucoup de blogs littéraires ont des statistiques bien meilleures que les miennes), ça fait forcément plaisir. Mais ce qui est le plus important, je trouve, ce sont les commentaires. "Ah ben je l'ai lu, mais j'ai pas du tout aimé, parce que..... ", "Tiens, je connaissais pas ce bouquin, tu m'as donné envie de le lire !", "Hey ! Je suis passé sur ton blog la semaine dernière, j'ai suivi tes conseils : j'ai vu tel film et j'ai adoré ! Merci !" ou encore, en début d'année "Pas mal tes coups de cœur, moi ce que j'ai préféré en 2011, c'est ça, ça et ça. Je te les conseille, ils sont géniaux !".

Pour un blogueur, je pense que ça, c'est un peu "la consécration". Des gens qui vous suivent mais qui, en plus, vous donne leur avis. La communication, à l'heure d'internet, de facebook, de tweeter et compagnie, c'est quand même pas compliqué.

Et bien non, je plafonne à un ou deux commentaires par articles quand ce n'est pas aucun (pardon, il arrive qu'un article reçoive quatre commentaires !). Alors, forcément, la flemme est encore plus grande et l'envie d'arrêter aussi. Du coup, je comprends Ismaël qui avait annoncé l'arrêt de son blog Hendiadyn (pourtant très bon) à cause de ça. Il a fini par reprendre le flambeau, heureusement. Mais je le comprends, c'est si tentant...

 

En attendant, ça fait trois ans et presque trois mois que ce blog existe, que je vous parle de littérature, de musique, de cinéma. Cela représente 139 articles encore en vie, 50 593 visiteurs uniques, 70 479 pages vues avec une journée record avec 2477 pages vues (merci Mylène Farmer !).

 

Alors merci de venir, régulièrement ou pas, visiter le blog Culturez-Vous. Et tant qu'il existe, venez encore (plus) nombreux et communiquez !

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Le cinéma d'avril (Le prénom, Target, Week-end, Blanche-Neige, Le fils de l'autre, Radiostars)

Publié le par Sébastien Almira

Un mois chargé, mais un très bon mois côté ciné ! C'est parti !

 

affiche-Le-Prenom-2011-1.jpgLe prénom *****

Franchement, j'hésite à mettre la cinquième étoile, le Graal. Il faudrait que je le revoie pour confirmer mon intention de mettre l'adaptation de la pièce à succès (que je n'ai pas vue) au même niveau que Le Dîner de Cons, Le Père-Noël est une ordure et Les Visiteurs. Tout part d'une idée de prénom lancée au cours d'un dîner en amis/famille et là, c'est le drame ! Le moindre détail, la moindre réplique amène à une nouvelle avalanche de situations et de révélations à mourir de rire. Les acteurs sont au top (Bruel, Berling et Benguigui en tête) et jamais on ne s'ennuie !

(Allez, soyons fous, je la mets cette cinquième étoile ! La première de l'année ciné)

 

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Target **

Loin d'être du grand art, ça se laisse regarder, on rigole un peu et ça se permet même de voler un peu plus haut que la moyenne des comédies américaines habituelles (un tout petit peu). Chris Pine et Tom Hardy sont amis, agents secrets et se disputent Reese Witherspoon entre filatures, micros et caméras cachés et coups bas. De son côté, la belle blonde ne sait pas quoi faire et suit quasi scrupuleusement les conseils de sa meilleure amie, légèrement tordue. Entre action, rires et sentiments, un bon compromis à voir en couple.

 

 

week-endWeek-end **

Premier film d'Andrew Haigh, Week-end se défend pas mal en tant que film gay ni niais, ni porno (pas même érotique), ni débile. Deux mecs se rencontrent en boite, passent la nuit ensemble mais ne veulent pas la même chose. Petit-ami, fucking friend ? C'est bateau, hein, comme scénario ? Ouais, et même qu'en plus, il y a des longueurs (1h30 pourtant). Mais c'est bien filmé, bien joué et les deux lignes de conduite qui s'affrontent sont bien menées (malgré un départ peu convaincant : aucun des deux ne voulant clairement d'une relation, les rôles semblant même s'échanger au cours du film). Je vais me la jouer vrai critique de ciné : disons que c'est un réalisateur à suivre et que son coup d'essai n'est ni raté, ni réussi.

 

blanche-neige.jpgBlanche-Neige ***

Je ne connaissais pas Tarsem Singh, mais son univers a quelque chose de fascinant : les images sont saisissantes de beauté. Il soigne chaque détail, les décors (l'autre côté du miroir est magnifique), les costumes (ceux de la Reine surtout). Toutefois, c'est quand même très pileux comme film : entre les sourcils et les bras de Blanche-Neige, la chevelure de la Reine et le torse du Prince... ^^ Plus sérieusement, ça se regarde avec plaisir, si vous n'attendez pas une copie Disney. Avant la version noire de chez noire avec Charliz Theron, place à l'humour. Julia Roberts, en Reine maléfique, accro au sexe, est parfaite. Les sept nains, devenus brigands, se font passer pour des géants. Et Blanche-Neige est tellement bête que c'en est drôle aussi... Un bon film familial, un univers et des images magnifiques et une Julia Roberts en forme !

 

le-fils-de-l-autre.jpgLe fils de l'autre ****

Très beau film de Lorraine Lévy avec Emmanuelle Devos, Pascal Elbé, Jules Sitruk (désormais grand, mué et poilu) et Mehdi Dehbi. Ces deux derniers, Israélien et Palestinien, ne se connaissent pas jusqu'à ce qu'on se rende compte de leur échange à la maternité. Ils ont dix-huit ans lorsqu'ils se rendent compte qu'au beau milieu du conflit politique qui les cernent, ils perdent tous leurs repères. Qui sont vraiment leurs parents ? Comment se sentir Israélien lorsque ceux-ci nous volent nos terres ? Comment se sentir Palestinien lorsqu'on vit richement du bon côté du barrage ? Chocs politiques, familiaux, sociaux, Lorraine Lévy évite l'écueil des bons sentiments tout en ne versant pas non plus dans un carnage familial auquel on aurait pu s'attendre. Vraiment un très beau film.

 

radiostars.jpgRadiostars ****

Très bonne surprise, puisque je n'étais pas tenté. Clovis Cornillac et Manu Payet sont les stars du premier morning de France. Mais à force d'être des connards (c'est eux qui le disent), ils passent deuxièmes. Le big boss les punit de vacances : tournée de la France en bus pour regagner les auditeurs perdus. Douglas Attal, dont c'est visiblement le premier rôle mais pas les premiers pas au cinéma (il a réalisé Santa Closed en 2006), rejoint la troupe de joyeux lurons après s'être fait passé pour uns star du rire outre-Atlantique. Mais rien ne va et le groupe est sur le point d'imploser à chaque instant. Pas lourd ni débile, plutôt bien fait, bien joué et assez drôle, de quoi faire taire les mauvaises langues qui dénigrent sans cesse le cinéma français !

 

Alors merci à Intouchables, The Artist, Polisse, Le prénom, Le fils de l'autre et Radiostars (notamment) de redresser la barre !

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Bruno Migdal, Petits bonheurs de l'édition, journal de stage, 140 petites pages, La Différence, janvier 2012, 10,15 € ***

Publié le par Sébastien Almira

 

migdal1.jpgVoilà un journal de stage pas comme les autres. Bruno Migdal n'est pas pas à Villetanneuse, il n'a pas 22 ans. Non, il travaille dans un établissement scientifique et a vingt ans de plus. Ce qui ne l'empêche pas de se passionner pour les lettres.

Après avoir bataillé, il est accepté pour un stage de trois mois chez Grasset, maison qui ne sera jamais cité mais qui se devine aisément grâce aux descriptions et aux périphrases employées pour ne pas la nommer.

 

« Arrivé pile à l'heure (c'est tout moi) devant l'humble vitrine, sertie dans un étranglement de la rue des Saints-Pères. L'enseigne qui la surplombe, d'un jaune fané, est d'une époque révolue, comme sortie d'un magasin d'accessoires.

M'y voici donc.

Ce matin, le ciel est gris, lourd, et la froidure engourdit tout : on m'invite assez fraichement à patienter dans l'un des fauteuils en cuir du hall, que de prestigieux fessiers ont patiné au fil des ans. Pour occuper les yeux une étagère est là, sévère, qui présentent les dernières publication de la Maison. » (page 7)

 

 

Voilà comment commence le récit de trois mois de découverte de l'édition. Pas le côté festif, mondain, voire luxurieux (quoi que l'inauguration du Salon du Livre de Paris, c'est pas très sérieux non plus !), mais l'édition vue de l'intérieur. On est chez Grasset, mais pas chez Beigbéder, on se calme. Bruno est le stagiaire de Trépignol, l'un des éditeurs. Il est chargé de lire des manuscrits et d'en faire une fiche de lecture. Pour 99% des manuscrits qu'il lira, il devra également rédiger une lettre de refus. Car : 1/ les premiers romans sont très rares de nos jours. Chez Grasset, par exemple, ils essaient de n'en publier qu'un par an. 2/ Grasset est l'un des seuls gros éditeurs à envoyer une lettre de refus personnalisée. Ce qui peut parfois leur retomber dessus puisque certains auteurs prennent en compte les remarques et renvoient leur manuscrit, alors que personnaliser le refus n'est pour la Maison qu'une marque de respect.

 

 

Non sans humour (« Elsa me remet un feuillet exposant les signes de correction en usage dans la profession ; cela tient de l'alphabet cunéiforme, des symboles d'une langue perdue, d'une civilisation engloutie : j'ai aussitôt le sentiment d'être adopté par une société occulte, initié à ses rites et à son langage secret », pages 21-22), en prenant le soin de détailler chaque action, chaque employé (« P. R., toujours ponctuel, qui fait partie du comité de lecture, vient y briser son attente [au magasin, local-stock de la maison] tous les mercredis après-midi. Lunaire, circonspect, excessivement discret, il déambule à pas silencieux, mains dans le dos, comme le petit personnage de Sempé. Lui, jette un œil méfiant sur les jaquettes, n'y porte jamais la main. Je me souviens de lui à l'époque d'Actuel, avec Bizot, Burnier, chevelures provocantes, loubards érudits, pamphlétaires en Perfecto, pourfendeurs des notables de la littérature. Ses derniers ouvrages, d'une élégante prose classique, évoquent les batailles napoléoniennes, il a gagné celle du Goncourt, quel étrange cheminement. Il m'adresse un salut furtif et me devient à jamais sympathique ; c'est, de plus, le premier Goncourt à venir me saluer. » page 44) et en causant littérature (« Jeudi 12 février : Ce manuscrit exonère tous les autres : soudain l'apparition d'un ressenti oublié, le plaisir. Enfin une lecture, c'est-à-dire la captation de toute pensée par le récit qui se déploie sous vos yeux. L'essentiel de l'action se déroule dans un univers champêtre, une grande surtout, dans laquelle un personnage enchevêtré à mi-corps dans le plancher [tiens, encore Beckett] attend une délivrance. Ce texte m'évoque l'onirisme pourtant un peu apprêté d'Alain-Fournier, mâtinée de la loufoquerie terriblement maîtrisée d'Éric Chevillard, et dans ce grand écart [ cette rencontre improbabledirait-on aujourd'hui] impose son propre univers. Je verrai plutôt cela pour Minuit. » pages 75-76), Bruno Migdal nous plonge dans le monde de l'édition, chez le plus parisien de tous les éditeurs, avec finesse, sans lourdeur, sans ennui, sans voyeurisme.

 

 

Il signe une petite perle avec l'élégante prose classique qu'il prête à Patrick Rambaud. Ses Petits bonheurs de l'édition se lisent aussi facilement qu'agréablement et ça fait du bien d'entendre parler de littérature et d'édition sans gros sous, sans à-valoir, sans dîners mondains, sans dossier urgent surchargeant les semaines.

Cela dit, je plains Bruno Migdal d'avoir touché pour son premier mois « 394,60 euros, contrepartie de 351,6 heures de boulot mensuel, soit 1 euro de l'heure » (page 62).

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Sabri Louatah, Les sauvages, tome 1, roman, 300 pages, Flammarion/Versilio, janvier 2012, 19€ **

Publié le par Sébastien Almira

sauvagesEn lisant en retard le premier des quatre tomes des Sauvages, il est d'autant plus d'actualité. Le roman se passe sur une seule journée, la veille du second tour des élections présidentielles. Le candidat socialiste qui fait face à Nicolas Sarkozy s'appelle Idder Chaouch. Pour la première fois, un candidat d'origine maghrébine est favori pour l'élection suprême. Vous allez vous dire « encore de la politique sur ce blog ! Pfiouu... », mais il ne s'agit pas que de ça. Pour l'instant, il ne s'agit d'ailleurs pas beaucoup de ça.

 

Le cœur de l'histoire, c'est le mariage de Slim. À Saint-Étienne, la turbulente famille Nerrouche est en effervescence. Entre Krim, le personnage principal, qui a l'air étrange depuis quelques semaines, sa mère, Rabia, qui s'est mise à Meetic pour tromper l'ennui, les rumeurs d'homosexualité qui courent sur le jeune marié, la cousine Kamelia et ses gros seins, Khalida ou la grand-mère arabe typique, le cousin acteur de la série à la mode avec laquelle M6 explose Plus belle la vie, ou encore Nazir, le mystérieux cousin qui n'est pas venu... les portraits sont saisissants de vérité, on a l'impression d'y être, de les connaître tous, leurs petites manies, leurs préférences, on vit les liens et les tensions au sein de la famille Nerrouche comme si on en faisait partie. Et si on s'y perd, un arbre généalogique nous aide page 7 !

 


Entre les préparatifs du mariage, les mystérieux messages que Krim reçoit, les tensions entre les deux familles (algérienne pour la mariée, kabyle pour le marié), le travesti qui se fait enlever par l'oncle de la mariée, Sabri Louatah ne s'y perd pas. Il raconte son histoire comme une série télévisée, entre rires et larmes, et à grand renfort de rebondissemen ts. Avec un style vif et incisif, il noue autant qu'il dénoue les fils de son intrigue afin de nous balader dans les mystères qu'il a parsemés tout au long du récit, et de la série entière on l'imagine.

 

Une lecture très agréable où cependant, je l'avoue, j'ai sauté quelques passages qui m'ennuyaient un peu. En vingt-quatre heures chrono, Sabri Louatah dresse un portrait de famille aussi vivant qu'inquiétant, un vif argumentaire pro et anti Chaouch jusqu'au dénouement pour le moins sanglant et surprenant qui vous fera peut-être attendre la suite avec impatiente ! Personnellement, j'ai de moins en moins envie de lire la suite. Ce premier tome m'a bien plu, même si j'ai sauté quelques passages, mais je ne ressens ni le besoin, ni une envie incommensurable de lire la suite. La connaître, oui. La lire, non.

 

 

 

Extraits :

 

« Il arriva chez la mémé au milieu du classique des classiques : une grande conversation de famille sur la différence entre les Kabyles et les Arabes. Les yeux de lynx de sa mère (qui était toujours en première ligne dans un débat) le singularisèrent tout de suite parmi la foule de ses cousins massés dans le couloir.

- Krim, Krim, viens, viens chéri. Le pauvre, il doit avoir faim.

Krim se faufila entre ses tantes et ses oncles pour rejoindre la toute petite place que sa mère lui avait faite sur le canapé. Il y avait des nouveaux venus : Rachida, la plus jeunes de ses tantes, se rongeait les ongles sur une chaise un peu à l'écart de l'agitation autour de la table basse, criant de temps à autres sur Myriam ou sur Mathieu. Il y avait d'autres cousins dans la pièce voisine ainsi que la troisième des « grandes » : Bekhi, dont le mari Ayoub avait pourtant récemment fait un infarctus.

- Dis bonjour, krim, dis bonjour à khalé.

Le tonton Ayoub se laissa faire la bise sans lever une fesse de son fauteuil. C'était un homme d'une envergure considérable, large d'épaules et de poitrine, qui mesurait pas loin d'un mètre quatre-vingt-dix et dont la vie ingrate passée sur les chantiers ne l'avait jamais empêché de se présenter en public dans des costumes gris bien taillés, mocassins cirés et ongles propres. Ses ongles étaient d'ailleurs ce par quoi on comprenait qu'il était sur le déclin : certains étaient cerclés de noir, la plupart n'étaient pas coupés et deux ou trois même étaient sales. Il prit la nuque de Krim dans son énorme paluche et s'adressa à quelqu'un d'invisible entre Rabia et son fils Toufik sur le canapé d'en face :

- Laïnalek. Il a grandi hein ?

Krim ne savait pas comment réagir : ça faisait au moins quatre ans qu'il avait sa taille actuelle, mais il comprit au doux regard mi-clos de tatan Bekhi que le vieux lion n'avait peut-être plus toute sa tête.

- Viens Krim, prends, prends ! Qu'est-ce que tu veux, un zlébia ? Un morkrout ? » pages 102-104

 

« - Et puis moi je le trouve courageux d'avoir parlé d'identité nationale et de sécurité. Il marque une vraie rupture avec la tradition du PS, je veux dire ces conneries d'il y a dix ans sur le sentiment d'insécurité, le sentiment d'insécurité ! Enfin merde, faut vraiment habiter entre Bastille et Oberkampf pou croire que l'insécurité c'est juste un sentiment. Voilà, Chaouch il a mis les pieds dans le plat, et d'ailleurs ça lui a réussi, il a coupé l'herbe sous le pied de Sarko, il l'a attaqué sur son bilan au lieu de discuter de ses intentions comme d'habitude...

- J'arrive pas à y croire, répondit Fouad exagérément scandalisé.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce que j'ai dit ?

- Incroyable ! Tu te rends même pas compte en plus ! Et non, tu fais même pas semblant ! Putain mon vieux, ça te réussit pas l'exil...

- Mais qu'est-ce que j'ai bien pu dire pour heurter tes chastes oreilles de bobo parisien ?

- L'air de rien, comme ça, s'étrangla Fouad, tu lies identité nationale et insécurité ! Mais en fait c'est pas ta faute, tu te contentes de répéter les éléments de langage que le gang de Sarko nous martèle depuis des mois, ça veut juste dire que ça marche, que plus c'est gros plus ça passe, ça me rend juste dingue ! » pages 187-188

 

 

 

Merci aux éditions Flammarion pour l'envoi de ce livre !

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Les Patates en Campagne

Publié le par Sébastien Almira

Il était une fois une contrée peuplée de patates. En fait, on nous prend un peu pour des cons parfois, alors les patates c'est parfaitement trouvé, et puis c'est un peu plus rigolo. Pour la seconde fois en presque trois ans de blog (oula, faut que je regarde exactement la date !), je vais déplacer mon propos de la culture à la politique. Mais il s'agit tout de même de création alors...

 

 

Patate-Land, nous sommes un petit groupe de Patates qui tente de survivre. Nous sommes six et avons toujours vécu ensemble. Je vous glisse une petite photo de nous !

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Moi, je suis le chef. Parce que je suis le plus vieux, le plus sage et surtout, parce que je suis double-face. Enfin, quand je dis que je suis le chef, c'est pas que je décide de tout, que les autres m'obéissent, ou quoi. C'est juste que je suis le plus ancien et qu'on me demande souvent mon avis. Même les autres familles. Je dois avouer que c'est assez agréable de se sentir important, utile. Mais c'est parfois pesant. Il m'arrive d'avoir envie d'îles désertes. Fuir, sans regret, sans responsabilité. La liberté. Mais bon, je me ferais chier au bout d'un moment...

Je suis le premier à gauche sur notre photo de famille. Et mon autre côté, c'est celui-ci :

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Il y a aussi Hey ! Hey, il est toujours content. Ne croyez pas que je le trouve bennet, mais il faut dire ce qui est. Son vocabulaire se limite à crier "hey !" à chaque fois qu'il croise quelqu'un et à sourire bêtement, gentiment. C'est d'ailleurs pour ça qu'on l'a surnommé Hey !

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Le petit dernier, c'est le fils de Hey et de la petite à côté de moi sur la photo de famille, Zulma. Ouais, elle s'appelle Zulma parce qu'elle aime bien lire et qu'elle adore les éditions Zulma. Vous trouvez certainement ça débile, mais c'est son choix. Et j'estime que nos choix doivent être nos droits. Quand on l'a adoptée, elle a dit "J'aime lire, je veux m'appeler Zulma, comme la maison d'édition. C'est celle que je préfère, et vous êtes ma nouvelle maison, alors." Et elle respire la bonté. Toujours prête à aider son prochain, avec le sourire en plus. Et ça, c'est rare de nos jours...

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Voilà Embryon, leur fils. Pour l'instant, il parle pas. On verra bien.

4.jpegEt puis, il y a aussi Pan et La Morte. La pauvre, elle a la bouche cousue, et elle a tout le temps l'air triste. Elle nous fait de la peine. Mais on l'aime bien. Et puis quand on l'a trouvée, tout le monde se moquait d'elle, on l'a recueillie, on la nourrit pas (la faute à sa bouche cousue...) mais on prend soin d'elle.7.jpeg

Pan, lui, on se demande si il va pas tourner mal. Il joue souvent avec des armes. Et quand on réussit à les lui confisquer, il terrorise les passants et les courgettes. Il court dans la rue et saute à côté d'eux en criant "Pan !" On se demande ce qu'on va en faire...

L'autre fois, il a même essayé de tuer La Morte. Devant des gosses...

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Bon faut dire que le gouvernement n'arrange pas les choses. On vit dans un climat assez particulier depuis quelques temps. On n'a presque plus d'aides, on est sans cesse stigmatisés, on nous parle de violence, de sécurité, d'insécurité, et ça créé des tensions partout. C'est sûr, à force de nous parler de haine, de nous en montrer partout (même là où y'en a pas...), ben ils nous dressent les uns contre les autres. On le ressent bien. Mais surtout à l'extérieur. Jusqu'au jour où ça vous explose à la figure, au sein même de votre famille...


Mais on commence à en avoir assez, nous. On a peur. Pas des gens, on sait qu'ils sont instrumentalisés par le gouvernement, que c'est pas leur fautes. C'est des victimes. Bon c'est sûr, du coup on sait pas trop de quoi ils sont capables mais le vrai problème, c'est quand même cette milice, cette dictature qui se dit "République" et dont il faut se débarrasser à tout prix. Sinon, c'est nous qui finiront nus comme des vers, cernés par les forces de l'ordre. Et là, j'vous le dit, ça va faire mal. Aïe !

11.jpegIls vont nous manger tout cru, et on finira aux cimetières des Patates. Comme tous les dissidents déjà pris. Franco, Hitler, Mussolini, Staline, Bush, c'est fini merde ! On veut pas finir comme ça, nous... On est en république, pas en prison.

12.jpegIls jettent même les leurs ! Si ! Regardez, on en voit des Aïe ! Ils jettent tout ce qui leur plait pas assez. Ils gardent que le meilleur, le gratin ! La vermine, ils en veulent pas. Alors, même si, nous, on vivait plutôt tranquille dans notre coin, sans rien demander à personne, ben il faut bien le dire : maintenant, on se réveille et on s'insurge. Et pour ça, on  n'a pas besoin de Stéphane Hessel et de son bouquin de dix pages qui sert à rien.

Nous, on veut juste être libre. Comme avant. Alors, prenons le pouvoir ! Parce que la liberté ne s'achète pas, mais se prend.

 

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Texte, mise en scène et photographies de Sébastien Almira.

Toute reproduction et/ou utilisation est formellement interdite.

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Madonna, M.D.N.A., éd. lim. 12 titres + 5, Interscope, mars 2012 ****

Publié le par Sébastien Almira

madonna-mdnaPresque trente ans que Madonna règne sur les charts avec toute une flopée de tubes : Holyday, Like a virgin, Papa don't preach, La isla bonita, Like a prayer, Express yourself, Vogue, Frozen, Music, Hung up, Sorry, Celebration et j'en passe, ça donne assez le vertige. Mais le phénomène s'essouffle. Si elle vendait plus de dix, voire vingt, millions de chacun de ses premiers albums, cela fait une dizaine d'année qu'elle est à la traine. Son dernier album, pop urbaine aux sonorités rap-R'n'B n'a d'ailleurs pas conquis grand monde.

Si on ajoute à cette baisse de régime le phénomène Lady Gaga (près de 90 millions de disques vendus en deux albums et une dizaine de tubes, shows impressionnants, costumes excentriques...) dont certains disent qu'elle est la nouvelle Madonna, le retour de la Madonne se devait d'être à la hauteur de sa carrière.

Et elle a mis le paquet. Publicités, radio, télés, concours, annonces, et surtout concert en pleine finale du Super Bowl. Mais beaucoup ne semblent pas satisfaits de sa prestation et son lead single, Give me all your luvin', ne convainc pas grand monde. Un mois plus tard est lancé Girl Gone Wild, plus dance et autant commercial.

Si aux États-Unis, Madonna a effectué son meilleur démarrage depuis Music avec 359 000 exemplaires vendus, ce ne sont que 56 000 Anglais et 41 000 Français qui ont acheté MDNA. Elle ne parvient même pas à décrocher la première place en France.

La sauce du grand retour n'a pas totalement prise mais qu'en est-il véritablement de l'album ?

 

 

L'album commence sur Girl Gone Wild. Pas trop de risque, mais Benny Benassi en a fait un titre terriblement efficace auquel on s'habitue vite. Aurait peut-être dû sortir en premier single.

 

Deuxième piste, grosse caisse de basse, mélodie répétitive et étouffante pour le Gang Bang. Les paroles ne sont pas très recherchées mais viennent du cœur (bang bang, shot you dead, shot my lover in the head / bang bang, shot you dead and I have no regrets). Ne fera pas un tube, faute de véritable refrain, mais aura certainement une place et une mise en scène de premier choix lors de la tournée. William Orbit a fait du titre le plus déroutant de l'album le préféré des fans (sondage ouvert sur le site Madonna-Electronica).

I'm addicted est un pur plaisir électro réalisé par Benny Benassi. Beaucoup moins commercial que Girl Gone Wild, mais autant efficace. Une bombe !

Premier titre du DJ français, Turn up the radio. Ça sent le single de l'été et ça veut tout dire.

Vient ensuite le premier extrait de l'album, également signé Martin Solveig. J'ai bien aimé Give me all your luvin' à sa sortie, mais je m'en vite lassé. Bonbon pop-dance entêtant et pas très recherché, avec MIA et Nicky Minaj, histoire de montrer que Madonna est encore dans le coup.

Deuxième apparition de Nicky Minaj sur Some Girls, pop-dance-R'n'B qui m'a paru ringarde aux premières écoutes. Ça se laisse finalement écouter.

Superstar, comme pas mal de titres de cet album, s'apprécie au fil des écoutes. Je le trouvais ridicule et finalement je l'aime bien. Pour une fois Madonna semble chanter pour le plaisir et ne pas se prendre la tête. Agréable.

Troisième et dernière apparition de Nicky Minaj (ouf !) sur I don't give a. Un titre pop-R'n'B pas mal mais qui lasse vite. Belle incursion de choeurs toutefois.

Avec I'm a sinner, William Orbit rappelle à ceux qui auraient oublié qu'il est l'homme de Ray of Light. Les références sont nombreuses (Ray of light, Shanti/Ashtangiet Beautiful Stranger, etc.) et le titre rappelle également, pour son côté original, certains morceaux d'American Life. Belles références puisqu'il s'agit de mes albums préférés. I'm a sinner me comble, d'autant plus qu'elle me cite (Saint Sebastian, don't you cry ?). Non, je ne pleure pas, je m'extasie !

Love Spent m'a paru très brouillon la première fois. Des sons pop, des synthés aux airs de violons sanglants, des claquages de mains sauce R'n'B, des guitares de cow-boy, etc. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression qu'il ne sera pas sur la set-list de la tournée. Dommage parce que c'est finalement un très bon titre, le pont et les refrains finaux sont extra !

Masterpiece, Golden Globe de la meilleure chanson pour le film W.E., se laisse écouter et finit par se faire très apprécier. Aussi classique que jolie mais, encore une fois, après plusieurs écoutes.

Deuxième ballade et dernier titre de l'album « standard », Falling Free commence comme Histoires naturelles de Nolwenn Leroy et montre que la Madonne n'est pas qu'une faiseuse de tubes et sait faire passer des émotions en posant simplement sa voix sur quelques cordes et touches de piano.

 

madonna.jpgTitres bonus

Beautiful Killer est, selon le classement dont j'ai parlé plus haut, le second titre préféré des fans sur l'album. Mouais, ça se laisse écouter, mais pour moi, c'est un des moins bons.

I Fucked up est une sorte de ballade pop qui s'accélère au fil des secondes. Pas mal...

B-Day Song sur laquelle MIA refait une apparition est le même genre de titre que Superstar. Je ne l'aimais pas trop, la trouvais presque ridicule au début. Mais force est de constater que c'est une bonne chanson, pas de celles qui vous fera danser, mais peut-être dandiner de la tête !

Après trois titres bonus signés Martin Solveig, voici un Benny Benassi : Best friend. Bof.

Enfin, le remix de Give me all your luvin' par LMFAO. Par fan du duo électro, j'avoue que je préfère leur remix à la chanson originale.

 

 

madonne-mdna-photo-photos-promo.jpgMoitié électro, moitié pop, M.D.N.A. est censée représenter l'A.D.N. de Madonna, et il s'en sort plutôt bien, voire très bien. Mais il faut plusieurs écoutes pour apprécier vraiment ce douzième album. Aux premières écoutes, j'étais assez réservé mais à force d'écoutes, certains titres jugés initialement moyens prennent de l'ampleur (Girl Gone Wild, Masterpiece, Love Spent, I don't give a), d'autres passés inaperçus ou trouvés mauvais se révèlent sympathiques par la suite (Superstar, Some Girls, B-day Song, I fucked up). Certains restent toutefois fades. C'est à l'appréciation de chacun mais, perso, Give me all your luvin', Some girls, Beautiful killer et Best friend, je m'en serais autant passé que des apparitions à répétition de Nicky Minaj.

En tout cas, Madonna est de retour avec un très bon album, loin du désastreux Hard Candy, qui compte nombre de pépites (I'm addicted, Gang Bang, Girl Gone Wild, Masterpiece, I'm a sinner), assoit son statut de Reine de la Pop et et laisse présager un beau show au Stade de France le 14 juillet prochain !

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