On bloggue pour les Restos du Coeur

Publié le par Sébastien Almira

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Puisqu'il est malheureusement encore nécessaire de le faire : je parle à mon tour des Restos du Coeur.

 

Pour quelle raison ? Non ce n'est pas parce que je suis un connard acerbe dans mes critiques et que j'ai besoin d'un échappatoire ! Non ce n'est pas pour vous faire culpabiliser en vous lançant à la gueule que, moi, je fais quelque chose : je ne suis certainement pas de ceux qui font le plus.

 

Je le fais pour la simple et bonne raison que Carrefour et Danone, en partenariat avec les Restos depuis trois ans, se sont engagés à offrir dix repas pour chaque billet publié sur un blog. Alors, même s'ils détruisent souvent (quasi systématiquement) les chansons de Mylène Farmer qu'ils reprennent lors de leurs concerts annuels, je veux participer. Parce que je n'ai pas assez d'argent pour donner régulièrement à plusieurs oeuvres de charité, même rarement. Et là, il nous suffit de mettre notre plume au service de la plus populaire, les Restos du Coeur, pour faire partie du combat. Pour offrir dix repas, grace à Carrefour et Danone, à des personnes dans le besoin.

 

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L'an dernier, ce sont pas moins de 16 675 repas qui ont été servis grâce aux bloggueurs, à Carrefour et Danone.

 

 

Comme disait Coluche :

C'est pas vraiment ma faute si y'en a qui ont faim, mais ça le deviendra si on y change rien.

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Sanctum ** VS 127 heures **

Publié le par Sébastien Almira

 

Prendre une carte illimitée à l'UGC (19,80 € / mois) ou à Gaumont/ Pathé (20,50 € / mois) (pas de jaloux, pas de publicité. Cela dit, la VO c'est à l'UGC) permet de voir beaucoup (infiniment) plus de films au cinéma qu'auparavant. C'est pourquoi je vais pouvoir me permettre de classer mes Leçons de Cinéma par genre. Tant que faire se peut, je vous proposerai non plus trois mini-critiques en même temps, mais deux (toujours mini) critiques de films de même genre en face à face. Si je ne suis pas friand pour un sou de films catastrophes, je m'en suis pourtant mangé deux en trois jours et c'est avec eux que j'inaugure ces nouvelles Leçons de Cinéma.

 

 

Sanctum-new-Poster.jpgLe premier fut Sanctum, banale série B vue et revue sur TF1 et M6, qu'on nous vend comme la nouvelle production de James Cameron plus que comme le film de Alister Grierson. Utilisant la 3D, le résultat est spectaculaire lorsqu'il s'agit de larges plans de la végétation extérieure ou de la galerie de grottes d'Esa'Ala dans le Pacifique Sud, dernier territoire inexploré au monde, du cyclone ou encore de cascades d'eau meurtrières. Un groupe d'explorateurs se retrouve prisonnier de la grotte principale à cause d'un cyclone et n'ont pas d'autre choix que d'en explorer les passages alentours afin d'en sortir vivant. Le scénario étant digne des pires films catastrophe, l'avancée est de plus en plus laborieuse, les grottes de plus en plus dangereuses, et l'équipée de plus en plus à cran. Nos joyeux lurons ne vont donc pas tarder à s'entre-tuer pour survivre. Pardon, je généralise : Dame Nature se charge de virer certains d'entre eux de l'aventure.

 

127-Heures-AfficheJe ne voulais pas voir le second, dont l'histoire ne m'intéressait pas le moins du monde. Mais Danny Boyle a quand même réalisé Slumdog Millionnaire, qui fait partie de mon panthéon cinématographique. Alors je me suis dit, ça doit valoir le coup, je veux voir comment il a réussi à filmer un mec sui s'est coincé le bras, pendant une heure et demi. Et il faut dire qu'il ne s'en sort pas si mal. N'en déplaise aux Inrocks qui considèrent que sa réalisation est épileptique, que Slumdog Millionnaire est une vaste hallucination collective plaquée or et oscars et que 127 heures est une boursoufflure interminable. Certes, je suis resté de marbre devant l'intrigue, me suis caché les yeux lors du charcutage de bras et n'ai pas apprécié plus que ça certains illogismes (je saute du haut d'une falaise dans l'eau et mon sac à dos se retrouve par miracle en bas avec ma caméra, mon appareil photo et mon MP3 intacts / on me voit enlever ma montre d'une seule main mais on ne montre pas lorsque je la remets, toujours d'une seule main / etc.), mais les images de Boyle invitent au voyage. À l'instar de Slumdog, les teintes sont chaudes, les paysages vastes et les décors (naturels ici) majestueux. Quant à la musique, toujours signée A. R. Rahman, toujours en adéquation parfaite avec les scènes, toujours extraordinaire.

 

Dans Sanctum, les ficelles sont grosses et l'intrigue peu évoluée, mais les images sont à couper le souffle et le suspense au rendez-vous du début à la fin. Dans 127 heures, les ficelles sont aussi mince que l'intrigue, mais Danny Boyle se débrouille assez bien pour tenir une heure et demi et les images sont également époustouflantes. Aucun grand gagnant de ce premier duel !

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Attentat à la Culture #3 : Pourquoi s'acharne-t-on sur les bloggueurs ?!

Publié le par Sébastien Almira

Puisque travailler m'empêche de garnir régulièrement ce blog, je vais profiter d'un message reçu pour revenir aux cours de français qui me faisaient peur et m'ont dissuadé de devenir professeur de français : le commentaire de texte.

Pourquoi ? Parce que sur un blog ami, je lisais il n'y a pas si longtemps un article un peu fâché à propos des auteurs et éditeurs qui envoient des mails pour promouvoir leurs livres. Le problème n'est pas qu'ils le fassent, mais la façon de procéder. Voici donc le dernier en date :

 

 

Ce message vous est envoyé par un visiteur grâce au formulaire de contact accessible en bas de page de votre blog: culturez-vous.over-blog.com

"Livre " les corps indécents "
Raybaut
Aimer à perdre la raison d'une jeune ballerine d'origine Russe, vivant en France, confrontée aux problèmes de notre société :

- Immigration-invasion et ses conséquences désastreuses pour la France et pour l'Europe (insécurité dans les villes et les transports, violences urbaines de plus en plus fréquentes, trafics de drogues, banlieues poudrières etc.)

- Moralisation indispensable de la vie publique (une vraie démocratie se doit d'écarter et de punir sans complaisance les édiles-voyous )

- Peine de mort à l'encontre des assassins-tortionnaires d'enfants et les terroristes.

Des milliers de consultations internet pour cet ouvrage !! - Coup de coeurs des lecteurs de la bibliothèque municipale de Chirens. Plusieurs articles de Presse élogieux !"

 

 

Livre " les corps indécents "
Raybaut

Aimer à perdre la raison...

D'abord, bonjour ! Qu'est-ce qui fait que, de moins en moins, l'expression "bonjour" soit utilisée ?

Ensuite, "Livre les corps indécents / Raybaut", sans majuscules, sans italique, qui est Raybaut ? quel est l'éditeur ?

 

Aimer à perdre la raison d'une jeune ballerine d'origine Russe

Les cours de français ont beau être loin désormais, je pense tout de même que cette phrase a un problème. Qui aime ? qui perd la raion ? la raison de qui (puisque "perdre la raison D'une jeune ballerine...") ?

 

- Immigration-invasion et ses conséquences désastreuses pour la France et pour l'Europe (insécurité dans les villes et les transports, violences urbaines de plus en plus fréquentes, trafics de drogues, banlieues poudrières etc.)

En quoi cette jeune ballerine mérite deux points avant cette phrase, ce qui signifie qu'elle en est la cause, ou que la phrase en question est la conséquence de la jeune ballerine (ce qui revient quasiment au même) ?

 

- Moralisation indispensable de la vie publique (une vraie démocratie se doit d'écarter et de punir sans complaisance les édiles-voyous )
- Peine de mort à l'encontre des assassins-tortionnaires d'enfants et les terroristes.

Sans vouloir rentrer dans des considérations sociales et politiques, si la peine de mort est authorisée pour les assassins et tortionnaires d'enfants, ainsi que pour les terroristes, pourquoi pas étendre la peine pour les violeurs, pour les tueurs en séries, etc. etc. J'avoue que la peine de mort peut avoir du bon, mais on ne peut pas choisir un domaine dont on parle dans un roman présenté tel un documentaire socio-politique et balancer la sauce ainsi...

 

La présentaion s'ouvre sur l'histoire d'une danseuse russe et devient vite un pamphlet politique visant à faire renaître la peine de mort. Ne peut-on pas se permettre, lorsqu'on publie un roman, de le résumer correctement avant d'en faire un argumentaire travaillé, et non pas balancé comme un vilgaire chiffon ?

 

Des milliers de consultations internet pour cet ouvrage !! - Coup de coeurs des lecteurs de la bibliothèque municipale de Chirens. Plusieurs articles de Presse élogieux !

Des milliers de consultations internet pour un coup de coeur de la bibliothèque de Chirens ? N'est-ce pas légèrement paradoxal ?! Quel ouvrage inconnu au bataillon dont on ne sait pas même s'il a un éditeur et coup de coeur de la bibliothèque d'une ville de 1966 habitants (chiffres 2007) perdue au fin fond du canton de Voiron peut se targuer d'avoir des milliers de consultations internet sur un site qui n'est même pas donné dans l'argumentaire ?? J'ai eu beau chercher sur le site de la bibliothèque de Chirens, sur le blog de leurs coups de coeur, je n'y ai pas trouvé Les Corps indécents.

Puis, lorsque j'ai recherché ces articles élogieux, je suis tombé sur celui-ci (ici) ; l'auteur du livre en fut tellement mécontent qu'il se pressa de pondre avec animosité une tirade de plusieurs pages.

 

Et puis, pas de merci de votre temps, pas d'au revoir, pas de mot personnalisé, pas de "si vous êtes intéressé, je peux vous envoyer un service de presse et vous pourrez en parler", rien.

 

 

Alors, à l'avenir, je n'aimerais recevoir de la pub que pour des bons livres publiés par des auteurs polis et respectueux du travail d'un bloggueur. Est-ce si compliqué ?!

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Harry Potter 7-1 * / RED **** / Potiche ***

Publié le par Sébastien Almira

harry-potter-reliques-de-la-mort-partie-1.jpgHarry Potter et les Reliques de la Mort (partie 1), de David Yates, 2010 *

 

La fin arrive enfin. Le premier tome, Harry Potter à l'école des sorciers, nous est parvenu à l'écrit en 1998, à l'écran en 2001. Il aura fallu attendre dix ans pour connaître la fin de la saga au cinéma puisque, comme le temps est à la mode de séparer les livres à succès en deux films, la seconde partie du septième tome d'Harry Potter débarquera en salles obscures en juillet 2011.

Ne vous fiez pas à l'affiche du film, la première partie suit le livre à la perfection : tout y est ennui, tout y est pathos. Hermione et Harry ne bénéficient toujours pas d'acteurs de qualité, les dialogues sont d'un pathétisme rare et les scènes d'un ennui mortel. Alors que David Yates avait adapté mon tome préféré (Harry Potter et l'Ordre du Phénix, 975 pages) en deux heures, il a choisi de transformer les 700 pages de cet ultime tome de la saga en deux films de plus de deux heures chacun.

C'est légèrement ennuyant quand on sait que nos trois héros, Harry, Hermione et Ron, passent les deux tiers du livre sous une tente à réfléchir à comment trouver les Horcruxes (sept parties de l'âme de Lord Voldemort qu'ils doivent détruire afin de le tuer une bonne fois pour toutes) avant de trouver miraculeusement la solution en quelques secondes...

 

red.jpgRED, de Robert Schwentke, 2010 ****

 

Casting impressionnant avec Bruce Willis, Morgan Freeman et John Malkovitch dans le rôle d'agents de la CIA à la retraite dont la vie ne tient plus qu'à un fil. En séducteur solitaire, Bruce Willis entraine avec lui une pauvre innocente dont il est tombé amoureux en passant des heures au téléphones avec (elle est sa conseillère retraite, si je ne m'abuse) dans la folle aventure de retraités de la CIA à abattre. John Malkovitch plus loufoque et déjanté que jamais, Morgan Freeman et Helen Mirren aux allures et à la doublure voix de Glenn Close sont également de cette comédie d'action bien calibrée qui ne se prend pas la tête, qui fait preuve d'un humour indéniable et de jeux d'acteurs éblouissants. On se dit même à la fin que le scénario n'était pas vraiment étoffé avant de se ressaisir devant tant de plaisir avec ces Retraités Extrêmement Dangereux et de scènes déjà cultes, comme celle, au ralenti, de Bruce Willis descendant d'une voiture en pleine course. Un vrai régal au casting de rêve !

 

potiche.jpgPotiche, de François Ozon, 2010 ***

 

Entre la comédie de mœurs, la comédie dramatique et la comédie comique, François Ozon réussit avec autant de brio que d'accoutumée à proposer une comédie française de qualité. Catherine Deneuve et Fabrice Luchini en couple bourgeois des années 70 doivent faire face aux soulèvements des employés de l'usine de parapluie que Monsieur a hérité de Beau-Papa. Madame est une femme au foyer modèle qui n'a pas son mot à dire, son fils (Jérémie Reinier) est un fils à Maman artiste et sa fille (Judith Godrèche), une vraie godiche qui croit tout savoir. Gérard Depardieu, en bon communiste, se bat contre le patronnat, donc contre Monsieur et, Karine Viard, plus bonne que jamais, l'amante secrétaire de Monsieur. Mais lorsque la santé de Monsieur l'empêche de venir à bout de ses fonctions, c'est Madame qui devient PDG et tout semble si bien aller jusqu'à ce que Monsieur ne soit remit sur pied. Tous se retrouvent confrontés à leurs limites et à leurs secrets pour notre plus grand plaisir !

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Ellen Willer, Le garçon qui ne pouvait pas voir les livres en peintures, roman ado, 90 pages, L'école des loisirs, collection Médium, septembre 2007, 8 €

Publié le par Sébastien Almira

ellen-willer.jpg

 

« Bonjour,

Je suis assez intimidé à l'idée de vous envoyer ces pages. Je n'ose pas dire roman. Optons pour manuscrit.

(...) Je ne connais personne dans l'édition. Il paraît que ce n'est pas facile de se faire publier. Mais je m'en fous, j'essaie.

(...) Parce qu'il n'y a pas si longtemps, les livres et moi, c'était plutôt la haine. Et voilà que je mets non seulement à lire, mais en plus à écrire.

Comment c'est venu ? Comme toutes les choses qui ont de l'importance dans une vie : par hasard. Je dis cela avec beaucoup d'aplomb, comme si j'avais une grande expérience de tout. En réalité, j'ai seize ans, et je ferais peut-être mieux d'un peu moins la ramener.

(...) Si vous ne le publiez pas, ce ne sera pas un drame : je serai déçu et je vous maudirai pendant quelques jours, peut-être même que je vous traiterai de tous les noms, mais, même si je dois renoncer à me dire écrivain, je m'en remettrai.

(...) Je pense que là il est temps de dire quelque chose à propos de salutations...

Étienne Hoffman. »

(pages 11 à 13)

 

ellen willer

 

J'ai lu quelque part que, pour un livre, tout se joue dès les premières phrases. Il paraît même que certains romanciers se creusent la tête des journées entières pour les écrire et que, ensuite, ils bâclent sans scrupule les deux-cent pages qui suivent, convaincus que personne ne les lirait. (page 15)

J'aurais pu commencer à écrire pour moi. (...) Mais, à mon âge, écrire un journal intime est une occupation pitoyable. Ou prétentieuse. (page 18)

Tout cela pour dire que pour moi, lire et écrire, c'est comme caresser et se faire caresser. Pour un début, je reconnaît que c'est assez poussif. Si vous avez lu jusque là, on peut dire que vous avez fait le plus pénible. Je commence à raconter. (page 19)

 

ellen willer

 

Le tout premier livre que j'ai lu, c'était il y a sept ou huit mois. Je veux dire, le tout premier sans que personne ne me le demande, ou ne me force, ou ne me dise qu'il fallait en faire un résumé qui serait noté. (...) Ce livre trainait sur le bureau de ma mère le soir où mes parents nous ont annoncé, à ma sœur et moi, qu'ils avaient décidé de divorcer. (page 21)

Le titre m'avait tiré un sourire. À la cinquième ligne, il y avait le mot sexe, c'est aussi une raison que je peux avancer pour tenter d'expliquer mon soudain intérêt.

Ce qui est sûr, c'est qu'à la sixième ligne je me suis rendu compte que les mots ajoutés aux mots faisaient des phrases. Que les phrases ensemble décrivaient des situations, ou des gens, ou des sentiments. Et que si j'additionnais les gens, les situations et les sentiments, j'avais exactement ce que je regarde à la télévision.

Un livre, c'est un téléviseur miniature qui marche sans pile ni batterie, pas besoin de brancher ni de recharger, qui ne gêne personne, que tout le monde considère avec respect parce que lire, c'est bien. Je peux l'ouvrir en classe, l'emporter partout, jusque dans le métro, où il n'y a pas de réseau. (page 29-30)

 

ellen willer

 

Dans l'escalier, je croise une fille, mon âge à peu près, qui montait, bien plus chargée que moi. Nous nous regardons. Un étage plus bas, je jette un coup d'œil et surprends de sa part un regard du même genre. (...)

- Et tu t'appelles comment ?

- Cindy, elle répond, et toi ?

- Étienne.

- Tiens, tu lis Da Vinci Code...

- Oui.

- Tu en es où ?

- ... Vers le milieu. (il ment, il est remonté prendre le premier livre qu'il trouverait dans l'espoir de recroiser la fille)

- Et tu aimes ?

- Oui, beaucoup.

- Ah...

- Pas toi ?

- Moyennement?

- Ah...

(pages 36 à 40)

C'est à elle, presque sans cesse, que j'ai pensé en lisant Da Vinci Code. À chaque page, je me demandais ce qu'elle avait aimé ou détesté. J'en étais à lui demander en pensée ce qu'elle en pensait. Je la faisais répondre. Et nous pensions pareil. (page 44)

 

ellen willer

 

Ma mère m'a toujours déconseillé de lire Jane Austen. Elle me l'aurait interdit qu'elle ne m'en aurait pas donné plus envie. Pour conduire un enfant à lire, s'il est récalcitrant, le meilleur des stratagèmes serait donc de l'en empêcher. Confisquer ses livres, les boucler sous clé. Ne pas lui en acheter. Organiser la pénuerie. Le priver de lecture après un mauvais bulletin.

Avec Jane Austen, je m'attaquais à du lourd, heureux à la seule idée de demander à Cindy ce qu'elle en pensait.

(...) Alors que je lui lisais les deux premiers chapitres, pour la première fois, j'ai eu envie d'écrire.

(...) Sur ces feuilles sacrifiées, il y avait les premiers mots que j'avais essayé d'organiser ensemble dans le but d'en faire une phrase. Une phrase lisible. Une phrase que d'autres pourraient lire. (pages 47 à 49)

 

 

Restent quarante pages de plaisir, d'étonnement, de cynisme, d'amour, de questionnements, de passage à l'âge adulte et de littérature à découvrir par vous-même !

 

ellen willer

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Stéphane Hessel, Indignez-vous !, Indigène Éditions, 3 € **

Publié le par Sébastien Almira

hessel2-copie-1.jpgÔ joie ! En rentrant chez moi et en trouvant Indignez-vous dans ma chaussette de Noël, que je persiste à laisser au bout de mon lit, alors qu'on me le demande entre dix et trente fois par jour et que nous ne l'avons plus car nous fermons fin février et que nous ne recevons plus rien, ni nouveauté, ni réassort, ni commande client.

Je m'enferme alors aux toilettes, par nostalgie du temps où j'y passais en moyenne une demi-heure accompagné de quelques livres et magazines, voire quelques photos cochonnes, et commence le petit livre tant convoité.

 

Trente pages pour trois euros auxquelles il convient de retirer les pages de garde, de titre, de publicité sur la nouveauté et sur les autres ouvrages de l'auteur.

Vingt pages pour trois euros auxquelles il convient de retirer également les notes et la postface de l'éditeur.

Finalement quatorze pages pour trois euros dans lesquelles je me plonge.

 

« 93 ans. C'est un peu la toute dernière étape. La fin n'est plus bien loin. Quelle chance de pouvoir en profiter pour rappeler ce qui a servi de socle à mon engagement politique : les années de résistance et le programme élaboré il y a soixante-six ans par le Conseil National de la Résistance ! »

 

Je m'attendais au petit livre choc dont je m'évertuais à vanter les qualités, mais il n'en est rien ! Stéphane Hessel a donc 93 ans et son cheval de Troie ressemble plus au discours hésitant, un peu niais et bourré de répétitions et autres redondances d'un ancien résistant dont on aurait coupé les extraits les plus intéressants.

 

« Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous, d'avoir un motif d'indignation. C'est précieux. Quand quelque chose vous indigne comme j'ai été indigné par le nazisme, alors on devient militant, fort et engagé. On rejoint ce courant de l'histoire, et le grand courant de l'histoire doit se poursuivre grâce à chacun. Et ce courant va vers plus de justice, plus de liberté mais pas cette liberté incontrôlée du renard dans le poulailler. Ces droits, dont la Déclaration universelle a rédigé le programme en 1948, sont universels. Si vous rencontrez quelqu'un qui n'en bénéficie pas, plaignez-le, aidez-le à les conquérir. »

 

Le reste du livre est partagé entre ce précédent paragraphe dont chaque phrase bénéficie d'un nombre incalculable de périphrases et son indignation pour la bande de Gaza, Israël et la Palestine. On en saura pas plus. Vous devez vous indigner, moi je me suis indigné contre le nazisme et aujourd'hui contre Israël parce que j'y suis allé en vacances avec ma femme grâce à nos laisser-passer et que j'y ai vu les souffrants, qu'on m'y a dit que les soldats israéliens sont vilains, etc.

C'est tout ce que vous apprendrez en lisant Indignez-vous. Ce n'est pas que le livre est mauvais mais la manière dont on nous le vend est totalement inadaptée au contenu de l'ouvrage. Il ne s'agit pas d'un pamphlet politique, il ne s'agit pas d'un bombe prête à exploser, il s'agit simplement d'un appel à l'indignation, sans pistes, ni réponses.

 

Reste toutefois cette phrase forte, la dernière de Stéphane Hessel dans Indignez-vous :

 

« CRÉER, C'EST RÉSISTER.

RÉSISTER, C'EST CRÉER»

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Le meilleur de l'année 2010

Publié le par Sébastien Almira

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Je ne vais pas me la jouer "Chers lecteurs bien aimés, je vous remercie du plus profond de mon coeur..." sur un ton pathétiquement important car ce ne serait pas moi. Vous avez découvert un ton toujours incisif mais plus délirant et excentrique. Et bien, ça, c'est moi. Non pas que je sois un vieil excentrique un peu folâtre sur les bords, loin de moi cette idée !

 

Alors laissez-moi vous remercier du plus profond de mon coeur d'avoir accroché ou simplement rendu visite à mon blog. J'espère que les articles qui arriveront tout au long de l'année vous intéresseront autant, voire plus que l'an passé, et toucheront un peu plus de monde (pourquoi ne pas rêver de doubler mes statistiques !).

Alors n'hésitez pas à me le faire savoir en commantant les articles qui vous auront plu comme ceux qui vous auront horripilé ! N'hésitez pas non à faire découvrir le blog Culturez-Vous à vos amis (notamment grâce à la page facebook), si tant est que vos amis aient des préoccupations aussi culturelles que vous !

 

 

2011, ce sera toujours beaucoup de critiques littéraires et quelques articles dits "de fond" (sur des sujets comme la librairie, l'écriture ou le marché du disque) et quelques attentats à la culture ; quelques critiques musicales même si ce n'est pas mon domaine parce que, quand même, j'aime ça, et quelques critiques de ciné, même si j'ai carrément du mal à en parler parce que, franchement, j'adore ça !

 

Mais 2011, ce sera aussi quelques interviews d'auteurs (ou autres). Et après avoir remodelé la colonne de droite en plusieurs catégories : Blogs littéraires, autres sites, sites éditeurs, sites librairies, articles à venir, derniers articles, catégories, archives et système de notation, j'ajouterai un nouvel encart. Chaque semaine, un ancien article sera mis en avant avec une photo et un lien pour ceux qui auraient raté des articles plus tout jeunes, mais quand même vachement bien !

 

 

Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une excellente année 2011, pleine de joies et de découvertes littéraires, musicales et cinématographiques ! Et à vous dévoiler mon TOP 2010. Je sais, vous êtes au bord de l'overdose après mes articles Coups de Coeur de novembre-décembre, mais il s'agit là du vrai TOP 2010, comme celui 2009 à lire ici !

 

 

 

Cinéma :

 

gru affiche1. Moi, moche et méchant, de Pierre Coffin (DVD en février 2011) (critique)

2. Kick Ass, de Matthew Vaughn (critique)

3. 8th Wonderland, de Nicolas Alberny et Jean Mach (double DVD en mars 2011)

4. Toy Story 3, de Lee Unkrich (critique)

5. Avatar, de James Cameron

 

Ma déception : Kaboom, de Gregg Araki

Mon coup de gueule : Harry Potter et les reliques de la mort (partie 1), de David Yates

 

 

Musique :

 

dvd11. Stade de France (double DVD) et N°5 on tour (double CD), de Mylène Farmer (double DVD) (critique)

2. Night Work, des Scissor Sisters (critique)

3. Recovery, d'Eminem

4. The Sellout, de Macy Gray

5. Za7ie, de Zazie (critique)

 

Ma déception : Comes around sundown, de Kings of Leon (critique)

Mon coup de gueule : Philippe Katerine, de Philippe Katerine (article)

 

 

 

Livres :

 

meto11. Méto, d'Yves Grevet (trilogie, Syros) (critique)

2. Le cimetière de St Eugène, de Nadiay Galy (Albin Michel) (critique)

3. La princesse qui n'aimait pas les princes, d'Alice Brière-Haquet (Actes Sud Junior) (article)

4. Une forme de vie, d'Amélie Nothomb (Albin Michel) (critique)

5. Le dernier crâne de M. de Sade, de Jacques Chessex (Grasset)

 

Mes déceptions : Les assoiffées, de Bernard Quiriny (Seuil) (critique) et Concerto à la mémoire d'un ange, d'Eric-Emmanuel Schmitt (Albin Michel) (critique)

Mon coup de gueule : L'écuyer mirobolant, de Jérôme Garcin (Gallimard) (critique)

 

 

 

Et vous ? Quels ont été vos découvertes, vos coups de coeur, vos déceptions et vos coups de gueule ? Partagez-les avec nous afin de nous éviter d'acheter de la m**** en nous jetant plutôt sur des merveilles !

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Jean-Baptiste Del Amo, Le Sel, roman, 300 pages, août 2010, Gallimard, 19,50 € **

Publié le par Sébastien Almira

« Jamais elle n'avait compris l'excitation de la mer, indéfiniment renouvelée. Les hommes y vont comme ils vont aux femmes, se lassent des femmes, mais jamais du large. Elle pensait à Armand sans y penser vraiment ; les disparus nous habitent sans cesse. Ils ne sont pas une image mais une empreinte indélébile, un voile entre soi et le monde, qui le colore à sa façon d'une âpre mélancolie. Désormais, rien ne lui parvenait, aucune image, aucun son, aucun sentiment, sans être pétri du souvenir d'Armand. » (page 17)

 

 

le selLe second roman de Jean-Baptiste Del Amo, c'est ça : la mer, les hommes, les disparus, la mémoire, l'ennui, le sel. Tout ramène à la mer comme tout ramenait à la Seine dans Une éducation libertine, premier roman remarqué autant que remarquable.

 

Ce roman qui pourrait être une pièce de théâtre classique se déroule en une journée ; celle du dîner où Louise a convié ses trois enfants, leurs conjoints et leurs enfants. Une journée comme une autre où la perspective d'un simple dîner voile doucement l'atmosphère d'apparence paisible qui régnait sur la famille. Mais rien ne se passe. Chacun leur tour, Louise et les trois enfants, Albin, Fanny et Jonas, se souviennent de leur enfance, de leur père, de la mer. En avançant pas à pas dans les trois actes mis en scène par une plume toujours divinement façonnée, Nona, Decima et Morta, on apprend d'abord à connaître les protagonistes, puis la vie d'une famille ravagée par un homme rustre dont l'existence entière était vouée à son amour inconditionnel de la mer.

 

Jonas, c'est le petit dernier, le chouchouté par sa maman, qui vit avec Hicham et qui hait son père. C'est cliché, certes. Depuis qu'il l'a entendu dire qu'il n'était qu'une pédale dont ils ne feraient rien, il ne souhaite rien plus que de se dissocier de lui. Il éloigne le plus possible son caractère, son physique, sa sexualité, son style de vie de ceux de son père. Rien d'autre que l'amour de l'eau, de l'étang, de la mer, ne leur est commun.

« Fanny n'ignorait rien des liaisons successives que Mathieu avait entretenues durant ces dernières années, mais elle n'était jamais parvenue à en éprouver ni peine, ni rancœur. Elle savait que Mathieu la fuyait et elle ne lui en tenait pas rigueur. La disparition de Léa (sa fille, ndlr) avait suspendu son existence ; elle était sur le bas-côté et regardait passer le train sans avoir la force d'essayer de monter à bord. » (page 33) « Il ne restait (d'elle) qu'une bourgeoise guindée et attentive, voire vouée toute entière à la superficialité de la vie. » (page 124)

Albin, en tant qu'aîné parfait, avait hérité de son père tout ce qu'il pouvait en prendre : un machisme certain, une supériorité à toute épreuve, un physique robuste, une vision particulière de la femme et un dégoût profond pour Jonas. « Son frère l'écœurait, lui faisait honte. Sa présence était comme un affront à sa virilité. Rien ne lui était plus difficile que de les voir réunis en toute impunité sous le toit de son père. » (page 46) Malgré sa condition de patriarche viril et puissant, son couple battait de l'aile depuis qu'ils avaient appris à faire l'amour en silence à l'arrivée des enfants.

 

Voilà donc ce que l'on apprend dans ce second roman tant attendu qui m'a légèrement ennuyé, le caractère de chacun des enfants, entre autres souvenirs maritimes sexuels (ballades à la plage où la mère se fait toucher par un étranger, sorties en vélo entre jumeaux à la plage où l'un finit par bander et toucher l'autre, sortie à la mer où Fanny, assise sur un marin ami du père, sent des mains sous sa jupe et une verge dressée contre elle, etc.). Car si les scènes sexuelles étaient peu présentes dans Une éducation libertine, elles étaient empreinte d'une sensualité torride. Dans Le sel, le vulgaire et le malsain prennent parfois le pas un peu trop facilement sur une écriture sensible et recherchée qui laisse penser à un auteur classique.

 

Au terme de cette journée comme les autres, le dîner. Rien d'autre.

Au terme de ce roman comme les autres, l'écriture. Rien d'autre.

 

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Mylène Farmer en Bleu Noir

Publié le par Sébastien Almira

mfjt_013.jpgAlors qu'elle avait l'habitude de faire couler trois à six ans entre chaque album, celle qui règne sans conteste sur le marché du disque français depuis plus de vingt-cinq ans frappe fort alors qu'on ne l'attendait pas. Son précédent opus, Point de Suture, datait d'août 2008, sa détonante tournée aux 550 000 spectateurs avait culminé par deux fois au Stade de France en septembre 2009 et le DVD retraçant ces deux concerts était la meilleure vente de DVD musicaux depuis plusieurs mois lorsque Mylène Farmer annonça un duo écrit pour le retour de Line Renaud, C'est pas l'heure, un duo événement avec Ben Harper sur l'album hommage au groupe INXS, Never tear us apart et, dans la foulée, que son nouvel album était fin prêt.

Et pas n'importe quel album puisqu'elle a travaillé avec Red One, notamment faiseur de tubes de Lady Gaga, Moby et le groupe anglais Archive. Laurent Boutonnat, planchant sur son nouveau film, n'est pas de la partie et il y a dans ce projet un besoin de renouveau, de création pour l'artiste, même si on peut supposer un but plus intéressé : profiter du buzz Line Renaud / INXS pour ne pas se faire oublier, en touchant par la même occasion un public jeune et avide de créations commerciales grâce à Red One ainsi que les fans de Moby et Archive.

 

Le résultat est pour le moins déroutant. En septembre, on découvre Oui... mais non, composée par Red One, chanson qui ne laisse personne indifférent. Quand bien même l'on sait que cette expression ne veut plus dire grand chose, elle prend ici toute son ampleur : j'ai adoré la chanson les deux premiers jours, persuadé qu'il s'agissait là d'une tuerie ; j'ai de moins en moins aimé par la suite, trouvant les arrangements pas vraiment originaux et déjà vieillots ; puis j'ai fini par m'y faire en espérant toutefois que Red One ne serait que très peu présent sur l'album et que la direction choisie par Mylène n'était pas cet électro, nasillard et déjà vu, de piètre qualité.

Un site éphémère est créé pour l'occasion. Le principe est simple : à chaque pallier (10 000 ou 20 000 visites uniques), un élément de l'album était dévoilé. Extrait d'une chanson, pochette de l'album, remix et clip de Oui... mais non entre autres, jusqu'au dernier pallier où, à 400 000 visites, était dévoilé la chanson et le clip de Leila. Pari réussi puisque jusqu'à la fermeture du premier site du genre, ce sont plus de 500 000 visiteurs uniques qui sont venus découvrir les surprises du retour de Mylène Farmer. Le succès était déjà au rendez-vous.

 

mylene-farmer-bleu-noir.jpgDébut décembre paraissait Bleu Noir, affublé d'une pochette et d'une mise en page de très mauvais goût créées par un Henry Neu qu'on avait connu plus inspiré, moins débutant, moins incapable.

À la première écoute, ne ressortent d'un ensemble pataud que les deux morceaux de Red One, Oui... mais non et Lonely Lisa, le reste se laissant écouter comme de la bonne musique d'ambiance. Ce n'est qu'après plusieurs écoutes que la qualité se révèle à nos oreilles. D'accord, il ne faut pas généraliser : je suis certain que d'autres n'ont pas attendu ce seuil de tolérance pour se rendre compte de la qualité du disque.

Le travail de Moby est le plus hétérogène de l'album, son électro planant sied bien à la pop de Farmer avec de nouveaux types de chansons malgré une certaine redondance sur quelques titres : un Bleu noir aux saveurs électro-rock servi dans un plat plus tendre qu'un Instant X, des Toi l'amour ou Moi je veux... mid tempo pas très recherchés, un M'effondre typiquement Moby qui débute tranquillement avant de finir en beauté et deux Inséparables (dont la version anglaise est écrite par Moby) pas vraiment indispensables. Quant à N'aie plus d'amertume, elle fait figure de ballade culte de l'album, bien qu'elle ne puisse rivaliser avec la classieuse Point de suture ou la mythique Ainsi soit je... Les compositions du New Yorkais sont unanimement celles qui collent le mieux à l'univers et aux sonorités Farmer/Boutonnat, entre renouvellement et continuité.

Archive, eux, ne signent que trois chansons, mais quelles merveilles ! Un Light me up prêt à nous transporter à Londres dans un piano bar jazzy et cosy, un somptueux hommage à la princesse Leila avec un morceau éponyme où Mylène pose sa voix tendrement plus qu'elle ne chante, ainsi qu'un vibrant Diabolique mon ange où les couplets ont des allures de refrains et inversement.

Quant à Red One, on préfère oublier ses « arrangements putassiers » (dixit l'excellente critique d'Arno Mothra à lire ici) en se disant que Oui... mais non signe enfin le retour de Mylène Farmer en radio et en télé, après avoir été injustement boudée pour ses deux précédents albums, notamment par son principal sponsor NRJ.

 

bleu-noir_affichage_02juvisy-parptitgeniemfiscalle-copie-1.jpgÀ la demande de la chanteuse, sa voix est plus mise en avant que d'accoutumée. Plus de nappes de synthés, de basses trop puissantes, de guitares trop agressives pour masquer les effets auxquels elle s'adonne (excepté sur le titre Bleu Noir où sa voix est quasi inaudible) ; ses mots sont tantôt graves et chauds, aigus et cristallins, scandés, soufflés ou encore longuement posés comme sur du velours (M'effondre, Leila). Paradoxalement, c'est lorsque ses textes sont plus dépouillés que jamais qu'elle donne une importance rarement vue dans ses chansons à sa voix. Les mots qu'elle porte sont moins recherchés, les phrasés moins travaillés, les sens cachés bien cachés , les jeux de mots quasi absents... Pas de texte à la hauteur d'un Je te rends ton amour ou d'un Paradis inanimé. C'est plutôt devant les musiques et les mélodies de Diabolique mon ange, Leila, Light me up ou encore M'effondre que l'on pourra s'enthousiasmer.

 

 

Il faudra bien plusieurs écoutes pour s'apercevoir que la banalité perçue au début cache un résultat empreint d'originalité et de qualité dans les compositions et les arrangements, même si l'on pourra regretter le punch de Point de Suture. Ce huitième album un brin mélancolique marque une révolution dans la carrière de Mylène Farmer puisque c'est la première fois qu'elle ne travaille pas avec Laurent Boutonnat et cet essai est, ma foi, plutôt réussi si tant est que l'on s'y plonge un minimum.

En tout cas, ce tournant n'a pas alarmé les acheteurs puisque, l'effet Noël aidant, l'album s'est arraché à plus de 139 000 exemplaires (record de l'année) et plus de 9 000 en téléchargement légal (record tout court) la première semaine, et plus de 81 000 la seconde !

 

 

 

Je vous propose deux petites merveilles à écouter jusqu'au bout (effet crescendo assuré !) pour vous convaincre, si ce n'est déjà fait. N'hésitez pas à donner votre avis !

 

M'effondre, composée par Moby, est la chanson « expérimentale » de l'album, au même titre que Psychiatric dans L'autre... (1991) ou Porno Graphique dans Avant que l'ombre...(2005) :

 


 

Diabolique mon ange est une merveilleuse composition de Darius Keeler (Archive) :

 

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Coups de cœur 2010

Publié le par Sébastien Almira

Voilà la fin ! Noël approche et vous n'avez pas encore trouvé tous vos cadeaux ? Je suis là pour vous aider avec cette dernière sélection ! Celle qui vous donnera peut-être les meilleures idées. Meilleures idées parce que plus récentes, donc plus facilement trouvables en magasin et plus de chance que la personne ne l'ait pas encore !

 

gru afficheNe bouleversons pas la donne, commençons encore par le cinéma. Cette année fut avare en dessins animés pour moi, mais ô combien excellente ! Toy Story 3  est une pure merveille qui surpasse les deux premiers volets, entre larmes, éclats de rires et émerveillement. Moi, moche et méchant est un bijou d'animation, un summum d'humour (n'en déplaise à Matthieu et Madagascar...) et une réussite visuelle au même titre que tout Pixar que vous pouvez toujours voir dans certains cinémas avant d'en acheter le DVD en février.

L'arnacœur est une comédie infiniment meilleure et plus agréable à regarder que la moyenne française. Romain Duris est chargé de brisé le couple de Vanessa Paradis, on sait ce qui va se passer : il va tomber amoureux. Jusque là, rien de bien nouveau. Après non plus, me direz-vous, mais quel plaisir ! Ne vous faites pas arnaquer, et regardez L'arnacœur. Je sais, elle était facile...

avatar.jpgAvatar... Ah ! Avatar ! Qui ne l'a pas vu ? Quoi ?! Avec tout ce battage médiatique, toutes ces critiques dithyrambiques, toutes ces prouesses techniques et visuelles, vous êtes passé à côté ?? Pourtant tout le monde disait de James Cameron qu'il réinventait le cinéma ! Pourtant les couleurs sont magnifiques, les images époustouflantes, l'univers créé ahurissant ! Pourtant... Sérieusement, qu'est-ce que vous faites encore là, qu'est-ce que vous attendez pour le voir ? Bon, d'accord, j'arrête. Même pour la dernière, même pour la fin d'année, j'ai pas envie de me la jouer relou, mais quand même, Avatar !

Deux films dont on pourra fantasmer la fin que l'on comprend et/ou que l'on désire. Mr Nobody  d'abord, ou les vies d'un homme selon ses choix. Jared Leto a joué pour ce film un rôle infini puisque chaque choix, même le plus minime qui soit, a influencé son existence. Autant de vies que de choix pour un film plus profond qu'il n'en a l'air. Inception, ensuite, bien entendu. Les avis ont beaucoup divergé sur le film : chef d'œuvre / excellent / très bon / bon / bof / mauvais / navet mais aussi explication comme ça / explication comme ci / explication par là, etc. Alors, le mieux, c'est quand même de le voir et de se faire sa propre idée !

kick assEnfin, je terminerai avec deux films d'actions. Le premier est un film d'action, une parodie des films de super-héros et met en scène un adolescent qui rêve d'en être mais qui n'a aucun super-pouvoir. Kick Ass est un film au torse bombé, à la force époustouflante, aux effets spéciaux sensationnels, aux bagarres éblouissantes et à l'humour ravageur. Kick Ass est un monument qui écrase tout sur son passage. Il m'arrive de peser mes mots, oui. Le second est un film d'actions, un constat politique, un appel au secours, un manifeste (anti ?) démocratique, une révolution sociétaire et cinématographique. 8th Wonderland ne sortira pas en DVD avant mars (double DVD dont les bonus sont en préparation), vous ne pourrez pas l'offrir à Noël, mais je ne pouvais pas en taire l'existence. Des millions de personnes de par le monde déçues de la manière dont il évolue s'unissent sur un site internet en créant le premier pays virtuel : 8th Wonderland. Les motions votées sont de plus en plus réactionnaires et violentes et le reste du monde dénonce le comportement terroriste d'un pays contre lequel il ne peuvent rien puisqu'il n'existe ni légalement, ni physiquement.

 

scissor-sisters-LST073841Après avoir parlé cinéma plus longuement que d'accoutumée, passons à la musique. Cette année, j'ai été terriblement emballé par la disco-pop diablement efficace des Scissor Sisters et leur Night Work ; par le retour du blanc-bec du rap américain, Eminem, dont l'album Recovery dévoile le travail d'un perfectionniste au meilleur de sa forme entre rap bien balancé, duo pop avec Rihanna et rock avec Pink. Daft Punk signe également un retour remarqué en composant la musique du film Tron : legacy, le nouveau film des studios Disney. Vous aimez les grandes musiques de films classiques ? Vous aimez l'électro ? Vous allez adorer le mélange des deux effectués par des génies des genres ! Un peu de pop pour se réchauffer l'hiver et se rafraîchir l'été : Kylie Minogue, Aphrodite, et sa nouvelle pléiade de tubes. Macy Gray est ma découverte musicale de l'année. Non pas que je ne la connaissais pas. Mais avec The Sellout, j'ai découvert une artiste et une musique mêlant jazz, R'n'B et pop étonnement chaude et agréable à écouter. À noter la remise en valeur des deux compilations (la bleue et la rouge) des quatre garçons dans le vent. Les Beatles sont toujours d'actualité !

mylene-farmer_tour-2009_claude-gassian_001.jpgEnfin, je ne pouvais pas ne pas en parler cette fois encore, mais elle est ici plus légitime que jamais. Mylène Farmer a réuni plus de 500 000 spectateurs lors de sa tournée l'année dernière. Depuis avril, ce sont plus de 250 000 exemplaires de son DVD Stade de France qui se sont écoulés. Décors époustouflants (troisième utilisation de l'adjectif dans l'article, je sais), costumes griffés Jean-Paul Gautier, danseurs, danseuses, musiciens géniaux, réorchéstrations magistrales de ses tubes (Libertine, Sans Contrefaçon, Pourvu qu'elles soient douces, Ainsi soit je..., XXL, L'âme-stram-gram), effets spéciaux, lumières et images à couper le souffle, et une show-woman plus présente et extravertie que jamais, qui n'hésite plus à se lâcher sur scène, même si elle pleure encore sur certaines chansons.

Je tiens à préciser que je sais être critique sur le travail de Mylène Farmer et que mon engouement pour l'album Point de Suture et la tournée qui a suivi est tout à fait objectif.

 

Comme pour le cinéma, beaucoup de choses à dire en littérature : énormément de bonnes lectures cette année. Alors choix drastique, restriction du temps de parole par livre et c'est parti !

ducosPuisqu'il faut que jeunesse se passe commençons par... la jeunesse ! (J'atteins avec cet article un seuil inédit de blagues potaches et d'expressions pas drôles du tout. Et en plus, je n'ai aucune excuse sérieuse à vous proposer pour ma défense.) Grâce à une ancienne collègue Virgin, je découvre cette année les albums de Max Ducos, auteur-illustrateur dont les trois merveilles L'ange disparu, Jeu de piste à Volubilis et Le carnaval des dragons, sont publiés chez Sarbacane. Au Salon de Montreuil, je découvre La princesse qui n'aimait pas les princes d'Alice Brière-Haquet, illustré par Lionel Larchevêque, une jolie manière de détourner les contes de princesses pour montrer l'existence de l'homosexualité aux enfants ; et Zone cinglée de Kaoutar Harchi, un roman pour ado complètement cinglé pour dénoncer les rêves de jeunes consumés par une société de consommation et de standardisation, qui m'a été conseillé par les éditeurs de Sarbacane (critique disponible la semaine prochaine). Enfin, mon coup de cœur jeunesse : la trilogie Méto d'Yves Grevet chez Syros, une saga d'anticipation époustouflante qu'on ne peut plus lâcher passées les trente premières pages !

sidaCôté BD, j'ai beaucoup aimé La nostalgie de Dieu de Marc Dubuisson (éditions Diantre !) dans lequel Dieu se farcit une discussion d'une centaine de pages avec un homme prêt à se suicider, et sa suite Le complexe de Dieu dans lequel il voit un psy à cause d'un certain homme qu'il a sauvé du suicide... Hilarants et tellement réalistes ! Happy Sex de Zep m'a beaucoup fait rire. C'est parfois macho, parfois le contraire, mais c'est souvent bête, et ça me fait rire à chaque page ! Dans un autre registre, je vous conseille Les artistes s'engagent contre le sida chez Glénat. Pour le geste, et pour le livre. Parce qu'au-delà du propos, les planches, réalisées par des illustrateurs de tout horizon, sont un véritable régal pour les yeux et les méninges !

chessex.jpgVous voulez offrir un roman à votre beau-père, votre grand-mère, un ami, mais vous ne savez pas lequel choisir. Alors surtout, ne faites pas comme la majorité des ménagères, surtout cette année : n'offrez pas le Goncourt ! Ne vous fiez pas aux Prix, sauf au Goncourt des Lycéens (Mathias Énard, Parle leur de batailles, de rois et d'éléphants, Actes Sud). Cette année, vous pouvez offrir Six mois, six jours de Karine Tuil chez Grasset, un formidable conte politico-historico-romanesque inspiré de l'affaire Suzanne Kletten, héritière de l'empire Varta et BMW dont la famille avait été solidaire du régime nazi. Vous pouvez rendre hommage à Jacques Chessex contant les derniers jours de Sade et les aventures de son crâne dans Le dernier crâne de M. de Sade (Grasset encore), aux allures de roman historique, d'aventures, noir et érotique. Vous préférez la légèreté à la rudesse des satyres historiques, alors offrez le troisième tome des Chroniques de l'asphalte de Samuel Benchetrit (non, je n'ai pas d'actions chez Grasset !). Terminons avec deux romans Albin Michel. À la rentrée de janvier, c'est Nadia Galy qui m'a ébloui avec son Cimetière de St Eugène, un roman d'apprentissage sur des terres algériennes ravagés par une politique excluant la liberté et la différence servi par une prose d'une élégance rare. C'est Amélie Nothomb qui a eu mes faveurs à la rentrée de septembre avec Une forme de vie, où elle renoue enfin avec sa veine romanesque décalée, agréable à lire et de qualité, contrairement à ce qu'elle avait proposé ces dernières années. Comme Hygiène de l'assassin et Stupeur et tremblements : à lire sans hésitation !

 

LE TOP DU TOP :

- Moi, moche et méchant, Kick Ass et 8th Wonderland en DVD

- Recovery d'Eminem, Night Work de Scissor Sisters et Stade de France (DVD) de Mylène Farmer en musique

- Méto d'Yves Grevet, La princesse qui n'aimait pas les princes d'Alice Brière-Haquet, Le cimetière de St Eugène de Nadia Galy et Une forme de vie d'Amélie Nothomb en livre

 

Il ne me reste désormais plus qu'à vous souhaiter de bonnes fêtes en espérant avoir pu vous aider ne serait-ce que pour un achat !

Merci d'avoir partagé la vie et l'avis de ce blog cette année, soyez là l'année prochaine pour plein de découvertes et de partages ensemble !

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