L'affaire DSK : avant, après ?

Publié le par Sébastien Almira

 

16 H / C'est un exercice difficile que je commence puisque pour la première fois je vais écrire sur quelque chose qui ne touche pas à la culture. Il s'agit de politique. Ce blog n'a aucune visée politique habituellement et, même si je m'y intéresse pas mal, je n'en avais jamais parlé jusque là.

Premièrement, parce que je ne voyais pas l'intérêt sur un blog culturel. Deuxièmement, parce que je ne veux pas soulever de débat houleux sur ce sujet « dangereux ». Dernièrement, parce que je ne le souhaite pas. J'en parle volontiers avec mon entourage, je ne cache pas mes opinions, mais je ne souhaitais pas les exposer ici.

Pourtant aujourd'hui, l'envie m'en est venue.

 

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Le 14 mai 2011, Dominique Strauss-Kahn est arrêté avant le décollage de l'avion qui devait le ramener en Europe où il avait rendez-vous avec Angela Merkel le lendemain. Il est accusé de tentative d'agression sexuelle sur une femme de ménage de l'hôtel Sofitel où il résidait à New York.

La scène aurait eu lieu à 13h, la plaignante serait entrée dans la chambre de DSK pour faire le ménage. Lorsque celui-ci serait sorti de salle de bain nu, elle se serait excusé et aurait tenté de sortir de la chambre. C'est alors que DSK aurait tenté d'introduire son sexe dans sa bouche avant de l'enfermer dans la salle de bain. Alors il serait parti précipitamment de l'hôtel, oubliant son téléphone portable. Et la jeune femme aurait été vue sortant en pleurs de la chambre par une caméra de vidéo-surveillance.

Mais ce que la victime ne savait pas, c'est que DSK n'était pas dans la chambre lors de l'agression. Ce dernier avait un alibi, il était en train de déjeuner avec sa fille. La victime change alors de version : un serveur présent dans la chambre lui aurait affirmé qu'il n'y avait personne, le directeur du FMI aurait introduit son sexe dans sa bouche et aurait tenté de la violer après l'avoir poussée sur le lit. De plus, la direction affirme n'avoir pas de caméra dans les chambres et les couloirs de l'hôtel et Dominique Strauss-Kahn a appelé l'hôtel pour demander qu'on lui apporte l'un de ses sept téléphones portables oublié dans sa chambre.

 

Sue le net, ce fût l'effervescence. Pourquoi la femme de ménage était-elle dans la chambre à cette heure-là ? Pourquoi ne s'était-elle pas assurée avant d'entrer qu'il n'y avait personne ? Pourquoi a-t-elle changé de discours ? On lui donne un nom, une origine ; on en change le lendemain.

Les médias ont répété et amplifié tout et n'importe quoi sur ce scandale. D'un côté se formaient les rangs pro-DSK criant à la machination, d'un autre les fervents défenseurs des droits des femmes et de la droite française. Je n'étais sûr de rien mais je voulais croire que cette affaire était un coup monté, que ce fût de l'Élysée ou de la victime présumée, que la vérité éclaterait et que l'éléphant du Parti Socialiste démissionnerait du FMI pour présenter sa candidature aux primaires du parti.

Car à cette époque, je croyais dur comme fer qu'il serait candidat et qu'il l'emporterait, comme une majorité de Français.

Malheureusement, on trouva des traces de sperme sur le chemisier de la victime présumée et sur le sol de la chambre. DSK fut incarcéré à la prison de Rikers Island et rendez-vous fût pris pour tirer l'affaire au clair le 6 juin au tribunal.

Je pensais bêtement que le 6 juin marquerait également la fin du procès (ne me demandez pas pourquoi !) et qu'on saurait si DSK serait reconnu coupable ou blanchi. Qu'il n'était pas trop tard pour la bataille qui s'annonçait en France.

 

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Dominique Strauss-Kahn se retrouva avec les sept chefs d'accusation suivants sur le dos :

Acte sexuel criminel au premier degrés

Acte sexuel criminel au premier degrés (son sexe étant entré en contact par deux fois avec la bouche de la victime présumée, cette charge est retenue deux fois, soit 2 fois 25 ans...)

Tentative de viol au premier degrés (pour tentative de pénétration vaginal. 15 ans)

Agression sexuelle au premier degrés (7 ans)

Emprisonnement illégal au second degrés

Attouchements non consentis (il lui aurait touché la poitrine. 1 an)

Agression sexuelle au troisième degrés (contact sexuel sans emploi de la force. 3 mois)

Pour n'avoir pas réussi à violer une femme, Dominique Strauss-Kahn risque donc plus de 74 ans de prison.

 

 

En quelques jours, l'affaire était devenue un véritable feuilleton télé à suspense. Et les faits étaient là : le procès devait durer des mois, DSK ne se présenterait pas aux élections présidentielles 2012 en France et sa carrière politique était morte.

Les socialistes doivent se débrouiller sans leur char d'assaut. François Hollande et Martine Aubry prennent de l'ampleur dans le champs médiatique. Même si cette dernière n'avait pas déclaré sa candidature, elle faisait tout pour écraser ses concurrents potentiels, n'hésitant pas à traiter Ségolène Royal de folle et François Hollande de nul.

 

Et en quelques jours, comme à ses débuts, le feuilleton s'emballa de nouveau. Dès l'ouverture officielle des dépôts de candidatures socialistes le 28 juin, Martine Aubry se déclare candidate. Et aujourd'hui, 1er juillet, le New York Times annonce (avec des sources provenant de l'enquête) un rebondissement de taille. Le témoignage de Nafitassu Diallo pourrait être réduit en cendres. Elle aurait téléphoner à celui qu'elle présente comme un ami, voire son fiancé quelques heures après l'arrestation de DSK et aurait parlé explicitement des avantages qu'elle pourrait tirer des poursuites contre le présumé coupable. L'homme avait été arrêté en possession de 180 Kg de marijuana et lui a versé à plusieurs reprises des sommes d'argent laissant soupçonner une implication de la jeune femme dans des activités criminelles (trafic de drogue et blanchiment d'argent). Depuis deux ans, ce sont 100 000 dollars versés par plusieurs personnes qui lui permettaient notamment de payer les factures de cinq lignes téléphoniques. Presque autant de lignes que DSK, c'est étrange pour une femme célibataire avec un enfant, censée être pauvre et sans problème.

 

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Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair à la sortie du tribunal

 

L'agence Reuters parle de « rebondissement spectaculaire avec la mise en cause de la crédibilité de la jeune femme ». le New York Times avance carrément que « les procureurs n'accordent plus beaucoup de crédibilité à ce que l'accusatrice leur a dit, ni sur les circonstances (de l'agression présumée), ni sur elle-même ».

Le New York Post va encore plus loin : « Les procureurs travaillent sur trois scénarios qui pourraient chacun détruire les accusations de viol contre DSK :
- Ils ont eu des rapports sexuels consentis
- Strauss-Kahn l'a payée pour avoir des rapports sexuels
- La femme de chambre l'a piégé dans un complot d'extorsion. »

Depuis le début de l'affaire, les avocats de Dominique Strauss-Kahn affirment qu'il s'agissait d'une relation sexuelle consentie et tentaient de démontrer que la plaignante était animée par des intentions cachées et tentait de profiter de la position d'influence de leur célèbre client.

 

18H30 / Dominique Strauss-Kahn a été libéré sur parole par le juge Michael Obus et la caution pour sa remise en liberté sous surveillance en mai lui a été remise.

Lors d'une audience destinée à examiner les conditions de la liberté conditionnelle de Dominique Strauss-Kahn, les procureurs ont déclaré que des doutes existaient désormais sur la crédibilité de la femme de chambre.

 

L'espoir revient parmi les sympathisants du Parti Socialiste et de la gauche. Le candidat présumé peut même ravir un paquet de voix au centre et à la droite. Alors reste à savoir, dans le cas où il serait blanchi, si l'ancien favori des sondages (pour les primaires socialistes et les élections présidentielles) présentera sa candidature ou non.

Tandis que Martine Aubry « espère de tout coeur que la justice américaine établira dès ce soir toute la vérité et permettra à Dominique de sortir de ce cauchemar », Jack Lang pense que la gauche ne peut se passer d'un candidat tel que lui et Julien Dray, ayant lui-même eu des démêlés avec la justice, affirme : « Moi, je crois connaître un peu son caractère, je pense que quand on sort de ça, on a envie de manger le monde ».

Et bien, je ne demande que ça.

 

« Les bons apôtres, j'les mange ! » (Mylène Farmer, C'est dans l'air)

 

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Yves Grevet, Seuls dans la ville entre 9h et 10h30, roman ado, 210 pages, Syros, avril 2011, 13,90 € ****

Publié le par Sébastien Almira

 

 

meto.gifYves Grevet m'avait enchanté avec son époustouflante trilogie Méto, que je n'ai cessé de vous conseiller et que j'ai remis en avant sur mon blog au mois de mai (« article à (re)découvrir », que je n'ose remplacer par un autre pour le moment). Par la suite, j'ai lu son court Jacquot et le grand-père indigne qui m'avait bien plu, mais c'était Seuls dans la ville que j'attendais depuis des mots et qui est enfin disponible ! Un mois après l'avoir lu, je prends mon courage à deux mains (le chômage me permettait au début d'écrire plus d'articles que d'habitude, mais le rythme a vite freiné et la flemme gagné du terrain) et vous en livre ma critique.

 

Écrire le bon livre après Méto pouvait s'avérer dangereux. Yves Grevet a pris le parti de changer complètement de genre. De la grande aventure d'anticipation matinée d'un brin inquiétant de sciences-fiction, il est passé au polar urbain. Attention ! On est loin du roman noir, du polar crade, de l'univers mafieux, de Chandler, Hammet et Ellroy. On est dans un roman pour adolescents, sans prétention, mais qui se dévore facilement, rapidement et avec beaucoup de plaisir.

 

 

Une professeur de français propose à sa classe de première littéraire de soufflet entre les dissertations et autres commentaires composés en se rendant seuls dans la ville, entre 9h et 10h30. Là, ils doivent écrire ce qu'ils voient et/ou ce que cela leur inspire, sous forme libre, description, fiction, poésie, etc.

Or, le jour même, maître Marideau, le notaire de la ville, est retrouvé assassiné dans sa voiture, sur l'île aux Chiens. Les jours passent, l'enquête de police piétine, le bac approche et malgré l'opposition de la prof, Erwan (adolescent plutôt commun) et Cassandre (fraîche et pétillante) tentent de rassembler toutes les copies afin de traquer le moindre indice qui leur permettrait de démêler le vrai du faux.

Pourquoi maître Marideau a cessé brusquement toute activité plusieurs fois avant de s'installer dans une nouvelle ville ? Laquelle des trois femmes rousses aperçues en ville est celle qui conduisait la Mercédes du notaire ? Que venait chercher ce jeune homme à l'air étrange dans une poubelle du square du Gros Tilleul ? Pourquoi la prof tentait de les dissuader de récupérer les copies ? Pourquoi l'oncle et la tante de Cléa (plus sûr que ce soit bien d'elle, depuis le temps) sont-ils suspectés par la police ?


 

seuls-dans-la-ville.jpgVous ferez face à encore plus d'indices, de fausses pistes et de questions lorsque vous lirez Seuls dans la ville. En prime, vous aurez droit à un plan de la ville, avec une photo de chaque élève à son poste et un index des vingt-cinq copies réparties tout au long du récit. L'instituteur qu'est Yves Grevet a dû bien s'amuser à rédiger les vingt-cinq textes originaux et de formes différentes (poésies, dialogues, descriptions, listes, récits, dessins, etc.). Sa plume fluide et agréable ne lasse jamais. Elle est comme une douce musique qui nous accompagne et ne nous donne pas envie de la quitter. Elle nous berce de découvertes en rebondissements, de rapprochements amoureux en séances de dégustation de pâtisseries jusqu'au dénouement  final sans que nous ne nous soyons ennuyés, ni rendu compte qu'il se faisait tard.


À déguster sans modération, sans limite d'âge (même s'il met en scène des jeunes de 16-17 ans, le roman peut se lire dès 11 ans) et sans regarder l'heure ! Dans le bus pour aller en cours de français, sur un banc en épiant les passants, vautré dans un hamac en dévorant un millefeuille, assis à son bureau en faisant semblant de réviser, en prenant le soleil en vacances, au bureau en surveillant l'arrivée du boss ou encore dans une voiture banalisée en planque devant la maison d'un tueur présumé !

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Coup de gueule : The Tree of Life *

Publié le par Sébastien Almira

 

 

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Je n'avais jamais vu de film de Terrence Malick, et je n'en verrai pas d'autre.

 

Ce mec est un génie, sérieusement. Un réalisateur de génie. Ses images sont à couper le souffle, sa scène de création du monde époustouflante, ses prises de vue et ses couleurs de toute beauté. Chaque plan est pensé comme une œuvre d'art à lui tout seul. Cela dit, ses mouvements de caméra précipités, ses tournoiements, c'est joli la première fois, c'est sympa la deuxième, mais après, ça donne envie de gerber. Excusez ma brutalité dans l'écriture de cet article, mais j'essaie simplement de retranscrire ce que j'ai pensé du film le plus vite possible et sans faire de chichis.

 

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Mais un film, ce n'est pas que ça. Un film, c'est aussi une intrigue, des personnages, des acteurs, une envie de regarder. Et sur ça, ben, le mec, il a beau être un génie, il s'est grave chier !

 

Les acteurs, ils ne jouent pas mal, loin de là. Mais on a quand même l'impression qu'ils sont là pour un cachet plus que pour un rôle. Sean Penn, il a la classe, mais son rôle ne rime à rien. Il ne fait que marcher, de dos, de face, d'en haut, d'en bas. Et les enfants, qu'ont-ils dû penser de ce qu'ils faisaient ? Je cours, je saute, je joue avec tout le monde, puis je fais mal à mon frère et à la fin, on marche dans une espèce de désert de sable et d'eau avec de la lumière blanche et tout le monde est content, ça veut dire quoi Papa ?

 

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Sur le scénario, Malick a vraiment eu un souci. D'abord, sa trame est pourrie. L'histoire d'un père autoritaire, d'un mère qui s'écrase et des enfants qui vivent plus ou moins bien cette situation, on connait, on a vu ça des centaines de fois. Cela dit, ça ne s'arrête pas là, on voit aussi la création du monde pendant presque une demi-heure (Big Bang, dinosaures et Cie), et on voit l'aîné, à l'âge adulte (Sean Penn), marcher sans cesse, dans sa grande demeure, dans la rue, dans sa grande entreprise.

 

Ensuite, son discours philisophico-religieux, on n'entend que ça dans le film. Quid des dialogues entre les personnages ? Pfiou, envolés ! À la place, on doit se contenter de cette voix qui se veut envoutante et nous bassine avec les trips mystiques d'un grand malade sur fond de musique religieuse soporifique.

 

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Enfin, la construction : il s'agit d'une succession de scènes sans queue ni tête. La moitié des scènes auraient pu être supprimées (ce qui aurait ramené le supplice à seulement 1h10 !). Pourquoi la scène de l'enfant qui s'introduit chez les voisins, touche les déshabillés de la femme, s'enfuit avec une nuisette pour la jeter dans la rivière ? Pourquoi la scène de la mère qui joue avec un papillon ? Pourquoi toutes ces scènes dont je voulais parler ici et que j'ai oubliées ?

D'accord, un enfant qui s'amuse, c'est sympa. D'accord, l'eau qui coule, c'est joli. D'accord, savoir bien faire pousser l'herbe du jardin, c'est intéressant. D'accord, les arbres vus du sol, c'est beau. Mais quel est l'intérêt de montrer entre cinq et vingt scènes pour chacun des exemples cités ?

 

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Et puis cette succession de scènes à la mords-moi le nœud à la fin, qu'est-ce que c'est ?! Sean Penn se promène dans un désert de roches, la mère marche dans le jardin, la rivière coule, tout le monde se retrouve dans l'au-delà, puis on revoit une scène normale, puis un arbre, puis un papillon, puis l'au-delà, puis une scène normale, puis une rivière, puis un arbre, puis une scène normale, puis le ciel, puis tout le monde s'embrasse dans l'au-delà, puis une arbre, etc etc etc etc etc etc. Ça ne s'arrête jamais !

 

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Non, sérieusement, ce n'est pas le chef d'œuvre que tout le monde attendait, ni même un grand film. C'est un documentaire sur les arbres, un mode d'emploi de jardinage, un film de propagande pour une secte, un documentaire philosophique raté, l'album photo "nature" d'une famille américaine typique., etc. C'est un grand n'importe quoi aux images saisissantes de beauté dont le réalisateur est très conscient de son génie et tente maladroitement de révolutionner le cinéma et de se faire remarquer au Festival de Cannes dont il espère certainement recevoir la Palme d'Or. C'est pompeux, c'est soporifique, c'est mal fichu, c'est fastidieux de bout en bout.

 

Oui, voilà, c'est ça. Et puis, finalement, ce n'est rien.

 

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Hamid Jemaï, 2 jours pour faire des thunes, roman, 190 pages, Sarbacane, Collection EXPRIM', mai 2011, 14 € ***

Publié le par Sébastien Almira


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Micklo a 23 ans. C'est un glandeur, un flambeur et un farceur de première. Et c'est lui qui l'dit ! Le problème c'est que, même si c'est agréable, ben ça peut être dangereux. Et Micklo, il s'rend pas bien compte du danger. Genre il va jouer au poker, comme ça, avec 200 €. Genre on lui offre du Jack Daniel's et il se saoule jusqu'à plus en pouvoir. Genre il sort de là avec une ardoise de 20 000 €.

Et là, c'est le drame. Mr Goulag, il est pas content. Mr Goulag, il envoie son meilleur gars, genre armoire à glace. Et l'armoire à glace, elle lâche pas Micklo jusqu'à ce qu'il trouve les 20 000. Et Micklo, il a deux jours.

 

Et là, on se fait embarquer dans un thriller gitano-russe aux allures de Pulp Fiction, Casino et Snatch avec 113, Massive Attack, les Pixies, Ennio Morricone et Nirvana en bande-son. De la grosse tuerie, quoi ! Des tontons gitans aux affaires louches pour aider le p'tit farceur, des russkoffs mafieux de grande envergure dont il convient de se défaire au plus vite. Des braquages, des courses-poursuites, des matchs de boxe. Et surtout, surtout, des rebondissements en tout genre, et à tout bout de champs !

 

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Hamid Jemaï, auteur de Dans la peau d'un youv (Exprim Sarbacane), ne s'arrête jamais ! D'abord, il écrit un roman urbain aux allures de scénario. Jeux de mots, verlan, langage familier, façon de parler (beh oui, c'était fait exprès d'écrire comme ça mon article !). Ensuite, il écrit un polar mafieux aux allures de série télé. Hyper visuel, avec flash-back, mouvements de caméra, anticipation, rebondissements et sans temps morts (bon, les mouvements de caméra, j'avoue, j'ai pas réussi à les faire...). Enfin, il écrit un roman d'aventures calibré pour plaire à ceux qui aiment les romans ados, à ceux qui aiment les histoires de mafieux, avec de la castagne à toutes les pages et aux ados qui n'aiment pas trop lire.

Parce qu'on se laisse entrainer comme dans une série policière (américaine) et jusqu'au bout, on n'a pas le choix, pas le temps de décrocher. Tout s'accélère et on ne voit pas venir la fin. Ni la première, ni la deuxième, ni la troisième !

Par contre, la couv', on la voit. Et ça, c'est dommage.

 

Je ne vous en dis pas plus, à vous de sauter dans le train, « qui mène à grande vitesse », et d'espérer ne pas vous écraser sous le poids de la vitesse et des révélations !

 

hamid

 

Voir les avis de :

- Aurélie sur Batifolire

- Laetitia

- Déborag sur 123Otium

- Estelle sur Romans entre deux Mondes

- Le Parisien (Val de Marne)

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Coup de cœur : De l'eau pour les éléphants ****

Publié le par Sébastien Almira

Depuis l'acquisition de la carte illimitée il y a presque trois mois, je vous parle un peu plus de cinéma. Toutefois, je passe pas mal de films sous silence. L'effervescence des débuts est retombée, je vais un peu moins au cinéma et j'en parle clairement moins.

Par exemple, vous ne saviez pas que j'ai récemment vu The Company Men *** (ou comment renverser le carcan habituel de petit employé face à la crise économique. Ici, ce sont les grands qui tombent, et quels grands ! Ben Affleck et Tommy Lee Jones, bluffants), La Proie ** avec Albert Dupontel (pas mal, malgré des allures de série policière française), Animal Kingdom ** (que Le Pédé sur C'est la Gêne voyait comme un premier film de premier plan, comme ceux d'Orson Wells, Terrence Malick, John Huston ou encore Truffaut. Et bien, je n'ai pas été aussi emballé que lui), Thor *** (block-buster américain typique, qui se révèle cependant une très bonne surprise), L'aigle de la 9e légion *** (pas spécialiste des péplums, mais celui-ci est à mon goût assez bon), Fast and Furious 5 *** (oui, oui, je sais, c'est n'importe quoi d'aller voir ça ! Mais, franchement, ça fait du bien, et j'aime les bagnoles, alors... à noter des similitudes plus que frappantes avec Ocean's Eleven), Tomboy ** (sympathique), Le chat du rabbin **** de Joan Sfar et Antoine Delesvaux (coup de cœur dont je vous parlerai à sa sortie, début juin), Source Code ** (film de SF mineur du fils Bowie) et, enfin, De l'eau pour lés éléphants **** qui bénéficie aujourd'hui d'un article pour lui tout seul.

 

 

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La bande-annonce qui nous est assénée depuis plusieurs semaines n'était pas faite pour laisser augurer le meilleur. Un titre improbable (ok, ça vient du livre, c'est pas leur faute, mais quand même !), des clichés à tout-va et Robert Pattinson. Mais en tant qu'amoureux des belles images, admirateur de Christoph Waltz dans Inglourious Basterds, et un peu niais sur les bords, me voilà embarqué dans la folle aventure de Jacob.

Il aurait pu être diplômé de Connel, grande école de vétérinariat, aurait vu sa vie toute tracée, si ses parents n'étaient pas morts dans un accident de voiture et si on n'était pas venu le chercher pendant son examen final pour le lui annoncer. Sans argent, sans diplôme, en plein Dépression américaine en 1931, il quitte sa bourgade et saute dans le premier train en pleine nuit. Là commence l'aventure de sa vie : le cirque. La découverte d'un monde qui se veut merveilleux mais qui cache de sombres dessous. Les sentiments pour la femme du boss (campée par la ravissante Reese Witherspoon). La féroce lutte des classes, la misère. Et surtout un directeur de cirque alcoolique et dangereux qui ne recule devant rien pour garantir prospérité et grandeur pour son cirque.

 

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Alors on se doute que ça va accumuler les clichés, les déjà-vu. Que malgré tout, il se fera accepter. Qu'il va tomber amoureux de la femme d'August. Que celle-ci ne saura que choisir entre sa vie d'étoile avec un mari tyrannique et la fuite sans avenir certain avec Jacob. On connait toute l'histoire, toutes les scènes, avant de l'avoir vu. Mais ça fonctionne quand même.

Les acteurs sont là pour : Christoph Waltz (August, le directeur du cirque), aussi grandiose que dans Inglourious Basterds, Reese Witherspoon (Marlène, sa femme), resplendissante à chaque apparition et même Robert Pattinson (Jacob) qui, passées les premières minutes où je refusais de le trouver bon et ne voyais en lui qu'un raté embauché pour attirer les demoiselles en chaleur, se révèle à la hauteur. L'intrigue est bateau, mais bien construite. L'univers du cirque est totalement maitrisé par Francis Lawrence, dont la réalisation va chercher du côté de Baz Luhrmann, que ce soit dans Australia ou Moulin Rouge. On retrouve la même beauté des images, très travaillées, qui rendent ici la plus purulente vérité (lutte des classes, pauvreté, maltraitance des animaux, etc.) presque « magnifique ».

Alors, oui, malgré ce qu'en dit la presse, malgré Robert Pattinson, malgré le titre à dormir debout (d'aucuns préfèreront « à coucher dehors »), malgré les cliché à tout va, je le clame : j'ai aimé. Pire, je vous le conseille !

 

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Littérature ado : Hunger Games, de Suzanne Collins ****

Publié le par Sébastien Almira

 

Hunger Games, 390 pages, Pocket Jeunesse, octobre 2009, 17,90 €

Hunger Games, L'Embrasement, 400 pages, Pocket Jeunesse, mai 2010, 17,90 €

Hunger Games, La Révolte, 410 pages, Pocket Jeunesse, mai 2011, 17,90 €

 

 

hunger-games0.jpgCe n'est pas par fainéantise que je vous parle, comme pour Méto il y a tout juste un an, de la trilogie complète, mais parce que c'est plus intéressant de vous dire que vous pouvez sans crainte lire une série entière, plutôt que de crier « wouah ! Le premier tome est absolument génial ! » et, un an après, « oh la la ! L'auteur s'est essoufflé et reposé sur ses lauriers, ne touchez pas au second tome ! ». Vous seriez bien avancés : un premier tome à couper le souffle, l'attente interminable du second tome, et moi qui vous dis alors, bien que mon avis ne soit pas une vérité générale, que la suite ne vaut même pas la peine d'être empruntée à la bibliothèque.

Voilà pourquoi je préfère parler d'une série quand j'en ai enfin terminé le dernier tome et pas avant. Et puisqu'il n'est pas trop tard pour commencer la trilogie Hunger Games, je vous l'annonce : vous ne serez pas déçu en cours de route !

 

 

Sur les ruines des États-Unis ont été créés douze districts qui alimentent le Capitole. Charbon, armement, agriculture, chaque district a sa spécialité et tout est bon pour être récupéré par le gouvernement, qui règne d'une main de fer. Depuis la rébellion, le 13 a été détruit par les Pacificateurs, l'armée du Capitole, et les douze autres sont contraints, par tirage au sort, d'offrir un garçon et une fille chaque année pour les Hunger Games. Ce jeu de télé-réalité a été monté de tout pièce par le président Snow et son équipe pour rappeler au peuple qui est le chef et qui doit se plier, sous peine de représailles. Après tout, les Hunger Games ne sont qu'un juste retour des choses après la rébellion qu'ils ont tentée...

 

hunger games1Dans ce contexte sombre et malsain, on découvre le district 12, celui des mines de charbon. Contrairement aux 1 et 2, plus proches du Capitole, la vie est chaque jour une épreuve. Et participer aux Hunger Games n'y est pas considéré comme le privilège de se battre pour son district mais comme un fardeau : personne n'en est sorti vainqueur depuis des décennies.

Depuis la mort de son père, Katniss Everdeen s'occupe comme elle peut de sa petite soeur Prim et de sa mère, qui noie son chagrin dans l'infirmerie qu'elle a improvisée dans sa cuisine. Elle chasse dans la forêt, en territoire interdit, avec son ami Gale, échange ce qu'elle tue contre ce qui pourrait leur être utile à la Plaque, le marché noir de la Veine. Et c'est sans hésitation qu'elle se propose à la place de Prim lorsque le nom de celle-ci est tiré au sort pour participer à la nouvelle édition des Hunger Games. Une vraie battante, mais solitaire et têtue comme une mule.

 

Le principe est simple : vingt-quatre candidats, douze filles, douze garçons, un seul survivant. Les vingt-quatre tributs évoluent dans une arène créée de toute pièce (forêt, lac, volcan, grottes, tout peut y passer). Leur but est tout simplement de s'entre-tuer, d'éviter les pièges du Capitole (singes hallucinogènes, explosions, etc.) et d'être le dernier survivant. Au fur et à mesure du jeu, districts, sponsors et personnalités peuvent miser sur les tributs en leur faisant parvenir toute sorte de cadeaux dont les plus utiles sont les plus chers. En somme, un véritable bain de sang humain perpétré par des ados pour que le Capitole consolide son pouvoir sur la population. Vous avez tenté de semer le trouble, de vous rebeller ? Cela n'a pas fonctionné et vous serez puni chaque année en perdant vos enfants, en ayant peur pour eux, en les voyant devenir de vrais monstres.

 

Voilà une dictature qui ne manque pas d'imagination !

 

 

Hunger-games-2.jpgEt Suzanne Collins n'en manque pas. Elle nous embarque dès les premières pages dans l'aventure : tirage au sort le jour de la moisson, voyage en train jusqu'au Capitole, passage télévisés, séance de maquillage et d'essayage, préparation physique et enfin l'arène. Au niveau de la trame, des détails, des descriptions de l'imaginaire créé, il n'y a rien à dire. Hunger Games captive de la première à la dernière page. De nouveaux personnages font leur apparition au fil de la saga. Certains auxquels on s'attache (Cinna, le styliste attitré de Katniss lors des Jeux ; Finnick, un ancien vainqueur solitaire ; Peeta, tribut masculin du 12, amoureux de Katniss ; Haymitch, ancien vainqueur du 12, coach de Katniss et Peeta, etc.), d'autres dont on se méfie.

Le talent de Suzanne Collins ne s'arrête pas à son l'imaginaire qu'elle crée, elle se débrouille pour toujours laisser planer du suspense, qu'il s'agisse d'un événement mineur ou majeur. À la fin de chaque chapitre, de chaque tome, on meurt d'envie de lire le suivant pour comprendre. Comme répété sur la quatrième de couverture des trois tomes, il est « impossible de lâcher ce livre, c'est comme si votre vie en dépendait » (Stephen King).

 

Il en va de même pour les deux tomes suivants. Si une baisse de tension au niveau de l'intrigue se fait sentir, le second tome est toujours aussi addictif. Alors que l'on s'attend, comme dans tout roman ado d'anticipation, à ce que les personnages principaux se rebellent et mène une nouvelle révolution, on vit nos seconds Hunger Games. Pour se venger de l'audace de certains candidats lors de l'édition contée dans le premier tome, le président Snow décide d'organiser une édition d'Expiation avec les gagnants des éditions précédentes encore vivants. On ne se lasse pas, mais on  se dit quand même que c'est un tome pour rien, si ce n'est pour le plaisir, et que l'auteure a voulu surfer sur la vague du su c cès avant hunger games3de terminer sa saga.

Le troisième tome promet enfin de répondre à nos attentes : la Révolte, comme son nom l'indique. Encore une fois, on n'a presque pas le temps de souffler. Après avoir trainé en longueur sur quelques dizaines de pages, le roman décolle et la vengeance pointe le bout de son nez ! Katniss devient alors le Geai Moqueur, oiseau chanteur redonnant force et courage aux plus démunis afin de mener à bien la grande bataille à venir. quant à la fin, elle m'a laissé quelque peu perplexe, je vous laisse juger et me donner votre avis !

Deuxième point négatif, le manque certain de style. Hunger Games ne fait pas un carton aux États-Unis pour l'écriture incomparable de l'auteure, non, ses livres ne sont pas mal écrits, ni bien écrits. Tout juste écrits. Avec ce qu'il faut de fautes de frappe et d'oubli de mots pour laisser penser que le manuscrit n'a pas été corrigé par Pocket Jeunesse.

 

 

Mais, honnêtement, le manque de style de l'auteure et le second tome moins imaginatif que les autres ne suffisent pas à entacher la réputation de cette sage. Plus de 100 000 exemplaires des deux premiers tomes vendus en France, un troisième tome tiré à 60 000 exemplaires, un casting qui vient d'être bouclé pour l'adaptation cinématographique et le nombre de lecteurs qui croit à travers le monde pour savoir si Katniss, la fille du feu, parviendra à rétablir la paix entre les districts afin de faire tomber Snow et son gouvernement, malgré les doutes et les pièges redoutables du Capitole. Non, franchement, il ne manque plus que vous dans l'aventure !

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Tom Rachman, Les Imperfectionnistes, roman, 390 pages, Grasset, janvier 2011, 20 € ****

Publié le par Sébastien Almira

 

Picture-42578008.jpgAutant commencer par là : je suis loin d'être friand des vastes étendues romancées, des grandes fresques historiques, de la vie d'un homme ou d'un entreprise qui court sur des décennies. Je ne suis pas friand des grands romans américains, si vous préférez, qu'ils viennent du nord ou du sud. À l'étranger, on dit que les écrivains français sont nombrilistes. Et bien je les préfère bien souvent aux donneurs de leçons outre-atlantique qui changent à chaque roman de personnages et de lieux pour finalement raconter la même histoire.

Pourtant, en janvier, j'ai été tenté par un de ces romans. Et voilà que je viens de lire Les Imperfectionnistes, premier roman d'un journaliste de trente-six ans, fresque d'un journal international basé à Rome qui court sur une cinquantaine d'années.

 

 

L'aventure commence en 1953 lorsque Cyrus Ott propose à Betty et Léo de s'embarquer avec lui dans la création d'un journal qu'il veut indépendant, international et de qualité, et s'étend jusqu'en 2006. La plus grande partie du livre se passe d'ailleurs de nos jours, où Tom Rachman centre chacun de ses onze chapitres sur un des collaborateurs du journal. Entre chaque fragment de vie, un fragment de l'histoire du journal, de sa naissance à nos jours. Aujourd'hui, la vie d'un journal en crise, comme n'importe quel journal, à cause de la télévision, d'internet, de la presse gratuite.

C'est alors l'occasion pour l'auteur de crayonner le portrait d'hommes et de femmes que tout oppose.


rachman.gifC'est un vieux correspondant parisien délaissé par ses enfants et par sa femme, de vingt ans sa cadette, qui couche ouvertement avec le voisin d'en face. Il a bien eu son heure de gloire, mais ne parvient plus à décrocher le moindre scoop.

C'est une rédactrice en chef qui décide de tout, au boulot comme à la maison, et qui vient de se faire tromper par un mari un peu bennêt. Alors lorsqu'elle rencontre son ancien petit ami, conseiller au bureau de Berlusconi, le dilemme s'empare d'elle.

C'est un jeune pigiste au Caire qui ne sait par où commencer un travail de journaliste et qui se fait bouffer par un grand reporter imbus de lui-même qui débarque chez lui à l'improviste « Il a le don étrange de me marcher dessus tout en m'obligeant à me sentir redevable. » (page 212)

C'est une secrétaire de direction là depuis un stage non rémunéré vingt ans auparavant, « avec un moins d'entrain et un peu plus de kilos, même si elle continue de s'habiller comme en 1987. » (page 230)

C'est le responsable de rubrique nécrologique, très certainement le titre le plus honorifique du journal, qui doit interviewer une vieille féministe sur le point de mourir en faisant croire à un simple portrait. « Son but ultime au journal est de ne rien faire, de publier le moins possible, et de partir en douce quand tout le monde a les yeux tournés. Ambitions professionnelles jusqu'ici réalisées de manière spectaculaire. » (page 45-46)

C'est une vieille lectrice dont la fidélité sans faille a failli coûter vingt ans de retard sur l'actualité.

Ou encore, c'est un héritier de l'empire Ott qui se retrouve à la tête du journal, comme un fonctionnaire au placard, et qui n'y connait strictement rien au journalisme, ni à rien d'autre qui touche de trop près au monde du travail.

 

 

rachman2.jpgEn somme, c'est la vie d'un journal indépendant, international et de qualité qui subit les affres de notre temps, ceux-là même racontés au sein de ses pages économie. Une grande épopée journalistique, une vibrante galerie de personnages aussi ternes que hauts en couleurs, une belle promenade à Rome, un extraordinaire roman-fleuve qui représente quasiment tout ce que je n'aime pas en littérature et que j'ai pourtant trouvé bien écrit, assemblé et titré. Et, de surcroit, avec un humeur subtilement cynique.

 

 

 

La première photo (paysage) est la création de Catherine Foyot, photographe dont vous pouvez accéder au site officiel en cliquant sur la photo ou dans la rubrique liens "Pour passer le temps".

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Tournée 2011/2012 : Zazie en concert à la Médoquine

Publié le par Sébastien Almira

 

ATTENTION SPOILERS

setlist / info / photos

 

En fin d'année, Zazie publiait son septième album (critique ici), projet incompris au succès incomplet. Ce fut l'occasion pour moi d'acheter ma place de concert, pour la troisième fois.

La première, c'était à Marseille pour le Rodéo Tour en 2005, au Dôme, 8500 places, 6000 vendues. L'ambiance y était électrique, le show envoutant ; le blanc prédominait et, avec l'intro, laissait voir une scénographie stylisée, bien qu'assez peu travaillée ; la setlist était parfaite bien qu'un peu courte.

La deuxième, c'était à Bordeaux pour le Totem Tour en 2007, à la Patinoire Mériadeck, 5500 places, pas toutes vendues non plus. L'ambiance était morne passé le premier mètre de fans devant la scène, Zazie faisait preuve d'une étonnante vitalité dans un concert qui évoluait entre tubes mettant le feu (dans le premier mètre) et certaines de ses plus belles ballades.

Deux concerts quasiment parfaits, qui me faisaient acheter ma place sans crainte, priant au passage une nouvellement fan et un non fan de m'accompagner.

 

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Pour cette tournée, Zazie a choisi de ne faire que des petites salles pour enlever de ses oreilles les petites machines à sons et se retrouver vraiment avec le public. Je rajouterai un argument commercial dévalorisant, Zazie ne remplit pas les grandes salles. Et c'est bien la preuve que le public ne lui donne pas la place qu'elle mérite. Mais passons ! D'une quarantaine de dates au départ, la tournée a pris l'ampleur d'un marathon : 92 dates pour le moment étalées sur un an, et dont une bonne partie sont complètes ! Et hier soir, c'était la troisième, la Médoquine à Bordeaux.

 

C'est là que je me suis encore retrouvé au premier rang.

La première surprise fut l'entrée sur scène. La musique commence sur Plus fort (instrumental électro ou les paroles tiennent en une phrase toutes les minutes : attention, ça va être plus fort) alors que les lumières sont toujours allumées, enchaine avec FM Air, et Zazie et ses musiciens entrent par la droite de la scène en marchant, tout simplement.

La deuxième surprise fut la tenue de Zazie. Non que je ne soit pas habitué à la voir chanter en jeans, mais cette fois elle portait des chaussures. Pour chanter Les pieds nus, avouez que ce n'est pas top.

Dès le début, la chanteuse met l'ambiance, plus qu'à la Patinoire, malgré deux fois moins de public. FM Air, chantée pour la première fois sur scène, est un pur délice ; Gomme et Des Rails suivent et le bonheur continue avec Les pieds nus. Mais après je ne comprends plus ce qui se passe.

C'est la troisième surprise, et de taille : la setlist. Exceptés les trois premiers titres, la moitié du concert n'a pas été travaillée pour mettre l'ambiance et, même étant fan, je me suis ennuyé. J'étais là, même version que dans la précédente tournée ; Aux armes citoyennes, magnifique ballade féministe qui semble avoir rendu l'âme ici ; Le Dimanche, monologue de Dieu créant le monde que Zazie n'arrive pas à faire décoller sur scène ; La La La, ballade tout simple de l'album Zen, dans une version aux vertus anesthésiantes ; Zen, d'un ennui à mourir, ambiance feu de camps, tout le monde assis en rond, guitare à la main, plus molle que jamais ; Le Jour J, en duo avec son guitariste de petit ami, comme Zen.

On pourra reprocher aux deux suivantes de ne pas mettre le feu non plus, mais Je vous aime et Pas que beau ont le mérite d'être brillamment jouées et interprétées.

 

zazie1.JPG

Et là commence ce qu'on appelle un concert de Zazie, c'est-à-dire un concert où Zazie est capable de mettre l'ambiance sur n'importe quel titre. S'enchainent Être et avoir, Chanson d'amour, À copier cent fois (pas vraiment indispensable), L'addition (avec d'excellents arrangements), Avant l'amour et le medley que j'attendais avec impatience, parait-il qu'on dit mash-up : Rodéo et son recyclage, Amazone. Dommage qu'Amazone n'ait pas été plus utilisée. À partir de là, Zazie met vraiment le feu à chaque chanson. D'autant que suivent les terriblement efficaces Poupées zarbies et Rue de la Paix qui s'enchainent grâce à leurs claviers entêtants. Zazie se la rejoue pianiste du Totem Tour en interprétant Sur toi avant de faire sa première et habituelle sortie de scène.

 

C'est alors l'occasion d'imaginer les quatre ou cinq titres qui manquent pour finir ce concert en beauté et oublier la passade mortelle à laquelle on a finalement survécu après s'être demandé si on achèterait le DVD ou non.

Il manquerait bien Larsen, Un point c'est toi, Tous des anges, Sucré salé, Je tu ils, Tout le monde, Adam et Yves, Danse avec loops, Un peu beaucoup, Oui, Si j'étais moi, On éteint, Yin Yang (que j'attends désespérément qu'elle fasse sur scène), Polygame, Electro libre et, bien entendu, L'amour dollar, véritable tube de son dernier album ! Ça laisse le choix de faire un final génial. Mais Zazie en a décidé autrement, elle revient sur Je suis un homme (ben oui, elle avait dit que si elle la faisait pas, les gens seraient pas contents), enchaine avec Oui, puis l'ambiance se détend pour s'affaisser avec la jolie Trois petits tours qui était, et aurait dû rester, l'inédit de la tournée Zazie sème la Zizanie (Ze Live), avant de finir son concert par une version à la guitare de Tout le monde chantée par le public qui l'ovationne quelques instants avant qu'elle ne disparaisse comme elle était apparue.

 

zazie2-copie-1.jpg

 

Alors, je suis perplexe.

Premièrement, le moins important : la scénographie est encore moins travaillée qu'auparavant, seuls quatre écrans en fond de scène projettent parfois quelques images (surtout des fleurs et des formes géométriques) souvent pompées sur Totem Tour. D'accord, c'est une tournée des petites salles, la scénographie est ramenée au minimum, l'artiste prime sur le reste... Mais quand même, avec la thématique de la maison sur l'album, il y avait de quoi faire !

Deuxièmement, pas très important pour vous : mais j'étais quand même coincé entre un mec de cinquante ans qui secouait la tête à s'en briser les cervicales même les titres les plus lents et un jeune dont l'ambition était certainement de devenir chanteuse de variété, qui me montrait l'étendue de son talent au gré des timbres de voix de Zazie. Et tout y passé.

Troisièmement, le dernier point, primordial : la 7list. Ne croyez pas que je râle seulement parce que mon titre préféré de l'album 7 n'y figure pas. Mais sérieusement, pourquoi six chansons d'affilée qui foutent une ambiance d'enterrement ? Pourquoi À copier cent fois, sans aucun intérêt sur scène ? Pourquoi un final en queue de poisson (qui nous a toutefois permis de voir sa fille, Lola !) ? Au moins quatre titres (J'étais là, Aux armes citoyennes, La la la, À copier cent fois) auraient pu être remplacés par des titres plus stimulants ou plus intéressants musicalement : L'amour Dollar, Electro libre, Danse avec les loops, etc. Et Zen aurait mérité une meilleure version. Il n'en a pas eu de bonne depuis Ze Live en 2002... Comme on dit, pour son plus grand tube, ça craint ! Et pour finir, quid de l'habituel bonus « 1 inédit + 1 reprise » ? D'accord, c'est un cadeau de Zazie, pas un dû, mais on s'y habitue et ça manque !

 

 

Voilà, tout ce long article pour dire que je suis perplexe, que Zazie est toujours en forme, qu'elle sait mettre l'ambiance, qu'elle est humaine et proche de son public, mais qu'elle s'est chiée sur la setlist et que la scénographie est tellement faible qu'elle en devient inutile, ce qui en fait un concert quelque peu bancal. Vivement le prochain.

 

La deuxième photo a été empruntée au site It's Pop ! (cliquez sur le site pour accéder à son article sur le concert à Colombes)

La troisième photo est extraite du Totem Tour. (pas trouvé d'autres photos ^^)

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Rio ***/ Rango ****

Publié le par Sébastien Almira

Deux films d'animation aujourd'hui, d'un genre différent, mais tout deux délicieux !

 

 

rio.jpgLe premier, "à partir de trois ans" selon le site Allociné, raconte l'histoire de Blue, un perroquet bleu originaire du Brésil, qui voit son quotidien bien réglé s'effondrer lorsque sa maitresse et lui apprennent qu'il peut sauver sa race d'une extinction imminente. En effet, il en est le dernier mâle. Exit Minnesota ! Hola Rio ! Le tout petit problème, c'est que Blue ne sait pas voler. Alors, forcément, côté humour, la partie s'annonce gagnée pour le créateur de L'Âge de Glace qui signe là une excursion remarquée dans la jungle tropicale. Le reste est également à la hauteur de sa célèbre trilogie, action (qui tient presque du thriller) et romances (en tout genre !) sont au rendez-vous, les personnages (humains, oiseaux, chien, singes) sont hauts en couleurs (qu'ils soient du côté des gentils ou des méchants), les décors époustouflants et les images très soignées.

On évite avec Rio ce qui arrive trop souvent avec l'animation actuelle : les clichés, les déjà-vu et l'ennui. Un très bon dessin animé à voir en famille, et même entre amis, il n'y a pas d'âge pour découvrir Rio !

 

 


 

 

rango.jpgLe second commence par une étrange scène, mi-philosophique, mi-film-d'auteur. Pendant cinq bonnes minutes, on se demande si on ne s'est pas trompé de salle, si la bande-annonce n'a pas menti, si on regarde bien un dessin animé pour enfants.

Finalement oui, il s'agit bien du dessin animé vendu par la bande-annonce (qui n'explique en rien la trame d'ailleurs, mais qui pose simplement les codes esthétiques et humoristiques du long-métrage), et c'est une réussite visuelle. Mais celle-ci est plus à destination de grands enfants et d'adolescents, comme en témoigne l'équipe de choc chapeautée par Johnny Depp. Ici, il faudra comprendre les questionnements philosophiques de Rango, lézard sorti par accident de sa vie en aquarium absolument palpitante, les relations "Nord"/"Sud" et l'évolution des pays émergents dont les populations sont laissées à l'abandon au profit d'une quête de modernité rêvée ainsi que les multiples clins d'œil aux films de l'idole des adolescentes et jeunes adultes, aux westerns de légende et à bien d'autres encore !

De plus, Rango le justicier œuvre dans un western à la bande originale qui fait des ravages : grands classiques de western, grandes musiques classiques (tout court) et même les Black Eyed Peas, sont conviés à la nouvelle tuerie de Hans Zimmer !

 

 

Quasiment impossible de départager ces deux films tant ils sont de qualité. Cependant, Rio ravira plus les petits et Rango, malgré des débuts déstabilisants, voire décourageants, ravira les grands petits et les petits grands.

 

 


 

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Daniel Glattauer, La septième vague, roman épistolaire, 350 pages, Grasset, avril 2011, 18€ ***

Publié le par Sébastien Almira

 

Emmi Rothner et Leo Leike sont de retour ! Un an après la traduction de Quand souffle le vent du nord, Grasset nous offre la suite tant attendue des amourettes épistolaires du couple mystère !

 

glattauer-7e-vague-204x300.jpgCar Emmie et Leo ne se sont jamais vus ! Ils ont passé des mois entiers à converser par mail suite à une erreur de destinataire pour la clôture d'un abonnement à un magazine féminin. Ils se sont découverts l'un l'autre, ont appris à s'apprivoiser, à se rejeter aussi, avant de tomber amoureux. Mais Leo sort d'une relation difficile et Emmi est mariée.

Cela peut vous sembler niais à souhait, et c'est totalement normal, mais je l'ai dit dans ma critique du premier (ici), je le redis haut et fort pour ce second roman traduit en français : il ne s'agit pas de sous-littérature affreusement plate et niaisement mielleuse, il ne s'agit pas d'un copier-coller de Marc Lévy. Je suis un homme, je n'aime pas le romantisme à deux balles, je n'aime pas les romans de gare pour jeunes femmes en quête d'une culture incertaine ou pour grands-mères recluses à la campagne. Et pourtant, j'ai aimé, et même beaucoup, Quand souffle le vent du nord et La septième vague. Ce n'est donc pas qu'une affaire de filles, et pas assez mièvre pour dissuader des lecteurs avertis !

 

On pourra reprocher à l'intrigue de ne pas bousculer les codes instaurés dans le premier volet des aventures mailesques d'Emmi et Leo. Et on pourra le faire non sans raison : l'originalité n'est pas le point fort de ce second volet. Considérons plutôt qu'il s'agit plutôt d'un gros roman de 700 pages qui aurait été indigeste et que l'auteur a bien voulu, pour notre santé, couper en deux. Ici, l'histoire continue comme si l'on avait pas refermé Quand souffle le vent du nord, comme si l'on avait pas quitté Emmi et Leo pendant un an. Sauf qu'on a justement eu un an pour se reposer et attendre la suite. Et la pilule passe mieux, elle passe même très bien !

 

glattauer2.jpgJe ne savais d'ailleurs pas qu'une suite était prévue en France, ni même qu'elle existait. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je l'ai découverte en librairie la semaine dernière :! Et je n'ai pas été déçu. J'avais certes l'impression de m'empêtrer dans la même histoire, mais j'ai su si Emmi quitterait son mari, qu'elle n'aime plus que pour sauver l'équilibre familial de ses enfants, si les deux tourtereaux s'avoueraient leur amour, s'ils se rencontreraient enfin et ce qu'il adviendrait de leur relation. Et la fin ! Quelle fin ! On pouvait s'attendre à pas mal de scénarios mais aucun ne prend le dessus sur un autre jusqu'aux derniers mails, pour notre plus grand plaisir !

Comme l'an dernier en pleines vacances à Londres, j'ai de nouveau passé trois jours de lecture parfaitement agréables (pas parce que je lis lentement, mais parce que j'ai d'autres choses à faire et que je veux faire durer le plaisir autant que possible !). Et je vous les souhaite !

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