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Coups de Cœur 2005

Publié le par Sébastien Almira

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Deuxième volet de mes grandes aventures culturelles : l'année 2005 !

Cliquez sur les titres, une critique sera peut-être disponible ailleurs sur le blog !


 

charlie.jpgCommençons encore par le cinéma, avec les films d'action, de sciences-fictions et les thrillers. Cette année, j'ai beaucoup aimé Dragon Rouge, premier volet de la trilogie Hannibal Lecter (Hannibal, les origines du mal étant loin d'être indispensable, je me restreins à la trilogie initiale), Hannibal et Le silence des agneaux, justement. Pas friand pour un sou de films d'épouvante, je reconnais néanmoins que cette trilogie avec Anthony Hopkins en cannibale exquis et époustoufflant (bien qu'elle ne soit pas vraiment à classer parmi les films d'épouvante) reste impressionnante et de très bonne qualité. Il y a eu une autre saga : Star Wars, regardée en quelques semaines, époustouflante. Et enfin Charlie et la chocolaterie de Tim Burton, tout en couleur et en gourmandises !

doubtfire.jpgEn vrac, les comédies de l'année ont été, pour moi, Closer, entre adultes consentants (Julia Roberts, Jude Law, Nathalie portman, Clive Owen), chassé-croisé de couples en mal d'amour ; Les poupées russes ; une autre suite, La Coccinelle revient, certes moins enthousiaste que les vieux et excellents films ; Palais Royal de Valérie Lemercier et le revisionnage de Mrs Doubtfire et du Dîner de cons, drôlissimes et cultissimes !

 

 

AQLEn 2005, la musique prend plus de place, même si elle n'est pas forcément meilleure : Madonna nous faisait danser avec ses Confessions on a Dance floor, pas très recherché mais néanmoins assez bon (Hung up, Sorry, Get together, How high) suivies d'une tournée à records. Mariah Carey proposait enfin quelque chose de bon sous un titre paradoxalement pathétique : The emmancipation of Mimi (We belong together, Mine again,, One and only, Circles). La Femme Chocolat (Olivia Ruiz) débarquait sur les ondes pour ne plus nous quitter. Depeche Mode revenait au meilleur de sa forme (Playing the Angel) et Mylène Farmer sortait Avant que l'ombre..., son album passé le plus inaperçu et pourtant pas mauvais du tout (Avant que l'ombre..., Fuck them all, Porno Graphique, Et pourtant, Nobody knows) qui préfigurait 13 Bercy gigantesques à partir du 13 janvier 2006 comptant 13000 spectateurs chaque soir.


 

Enfin, côté livres, l'année fut moins pleine mais ô combien excellente ! Seulement quatre roman qu'il vous faudra dévorer sans hésiter :

souffleurs.gifÔ Verlaine ! de Jean Teulé chez Julliard (ou la biographie romancée écorchée vive, comme le poète), La joueuse de Go de Shan Sa chez Grasset (Prix Goncourt des Lycéens), Les souffleurs de Cécile Ladjali chez Actes Sud (ou l'histoire de frère et sœur qui se sont aimés passionnément jusqu'à la haine et qui se retrouvent à Venise, se faisant concurrence avec leur propre troupe de théâtre, l'un jouant Shakespeare, l'autre Racine. Une écriture renversante pour un roman fantastique et hors du commun ! Gros, gros, gros... Gros coup de cœur !) et mon summum nothombien Acide Sulfurique chez Albin Michel, pamphlet contre la télé-réalité où celle-ci se retrouve poussée à son paroxysme puisque l'auteure invente une émission se passant dans un camp de concentration...


 

TOP DU TOP :

- Mrs Doubtfire et Le dîner de cons en DVD

- Avant que l'ombre... de Mylène Farmer et La Femme Chocolat d'Olivia Ruiz

- Acide Sulfurique d'Amélie Nothomb et Les souffleurs de Cécile Ladjali

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Brève de comptoir : Les prix littéraires, cette année, me font de la peine.

Publié le par Sébastien Almira

 À chaque rentrée littéraire sa flopée de prix littéraires. L'an dernier Gallimard, qui obtenait son énième Goncourt, donnait une fois de plus raison au célèbre « GalliGrasSeuil » qu'on entend souvent dans le métier.

 

GalliGrasSeuil, qu'est-ce que c'est ?

 

D'abord, une réalité littéraire. Gallimard, Grasset, Le Seuil et leurs rejetons raflent à eux trois la majorité des prix littéraires, toutes saisons confondues.

 

Ensuite, un fléau pour les auteurs publiant hors de l'équipée en or. Certains tentent d'y remédier par tous les moyens en rejoignant l'un des trois apôtres éditoriaux (cf Samuel Benchetrit de Julliard à Grasset, Christine Angot rebutée chez Gallimard essaie Le Seuil, etc.).

 

La-Carte-et-le-territoire-copie-2.jpgEnfin, une terrible machination. Tout le monde sait bien que les prix n'ont plus aucune valeur depuis que les éditeurs ont placé leurs pions dans les jury. Leurs petits soldats votent alors selon les consignes des Rois. Consignes rédigées après ententes et mésententes frauduleuses entre éditeurs. « - Trois pions pour Gallimard, et on t'en file deux pour toi au Médicis ! - Ah non ! Deux contre deux. - Bon alors, deux POL au Fémina contre deux Grasset au Médicis, c'est bien ça ?! - Ouais ça marche. » Mais Gallimard se débrouille avec une autre maison pour avoir trois voix au Médicis. Et Grasset n'est pas très content parce que c'est Verticales qui remporte le Médicis. Gallimard, maison mère de POL et Verticales, a donc bien roulé Grasset cette année. « Tes deux pions votent Flammarion ici, et je t'offre trois pions pour Grasset là-bas ! Succès garanti pour toi alors qu'ici t'as aucune chance ! » Et voilà comment Virginie Despentes a dû se contenter du Renaudot pour que Houellebecq ait enfin son Goncourt, aussi peu mérité soit-il. C'est un bien contre un mal.

 

Le Seuil décroche quant à lui le prix de Flore pour Abdellah Taïa et son Jour du Roi. Deuxième prix cette année pour Flammarion grâce à Frédéric Schiffter (prix Décembre). L'Académie française a quant à elle décerné son Grand prix du Roman à Eric Faye, l'histoire d'un homme qui se rend compte qu'une clocharde s'est fait un double des clefs et vit chez lui. Sensationnel...

 

Heureusement, les lycéens sont là qui, eux ne votent pas pour une maison d'édition, mais pour leur plaisir de lecture. Ils offrent à Mathias Énard, déjà couronné du prix Inter pour Zone il y a deux ans, son Goncourt. Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants (Actes Sud) l'a emporté au deuxième tour de scrutin par six vois contre trois à Fouad Laroui (Une année chez les Français, Julliard) et deux à Virginie Despentes (Apocalypse bébé, Grasset, dont le bandeau RENAUDOT sera ridicule une fois affublée de la couverture du livre).

 

 

MAJ 13/11/2010 :

Je viens de tomber sur cet article de Pierre Jourde que je ne peux m'empêcher de partager avec vous :

http://bibliobs.nouvelobs.com/blog/pierre-jourde/20101110/22348/des-prix-litteraires-habilement-peints-en-livres

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Coups de cœur 2004

Publié le par Sébastien Almira

 

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Pour la première édition, penchons-nous sur l'année 2004. Je vais tâcher de ne choisir que le meilleur du meilleur, si vraiment meilleur il y a. Mais soyez tout de même indulgent sur cette première année certainement bourrée d'embûches littéraires et cinématographiques !

 

 

almodovar-copie-1.jpgFans de grand périples, d'aventures, de péplums même ? J'ai aimé pour vous Retour à Cold Mountain avec Nikole Kidman et Renée Zellwegger, Troie et sa ribambelle de soldats prêts à faire tomber les demoiselles (Eric Bana, Brad Pitt et Orlando Bloom) sans oublier Diane Kruger pour leurs amants !

Autres grosses productions, Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban, le troisième volet de la saga ou Harry fait connaissance avec son parrain, jugé à tort comme l'un des pires meurtriers de l'histoire de la sorcellerie ; Pirates des Caraïbes dont le premier volume amenait quelque chose de nouveau au cinéma, qu'on ne retrouvait pas par la suite (encore un remake du premier : le quatrième est en préparation...) et enfin, tout aussi bon que le premier, bien qu'un peu plus alambiqué : Ocean's Twelve avec sa belle brochette de stars (George Clooney, Brad Pitt, Matt Damon, Catherine Zeta-Jones et Julia Roberts en tête).

moore.jpgQu'elles soient romantiques, dramatiques, comiques ou musicales, les comédies de l'année ont été, pour moi : Un monde meilleur (avec Kevin Spacey, Helen Hunt et Haley Joel Osment), Lady Killers (des frères Cohen, avec Tom Hanks), 8 femmes (de François Ozon avec sa ribambelle d'actrices plus connues les unes que les autres), Embrassez qui vous voudrez (de et avec Michel Blanc, et Carole Bouquet, Charlotte Rampling, Jacques Dutronc, Karine Viard, Lou Doillon, Vincent Elbaz, Gaspard Ulliel, etc.) et Tatie Danielle (d'Etienne Chatillez).

Mention spéciale à Farheneit 9/11 de Michaël Moore et la complexe et troublante Mauvaise éducation de Pedro Almodovar.

 

 

bond.jpgBilan un peu maigre pour la musique puisque je me souviens seulement avoir adoré le cinquième et meilleur album de Zazie, Rodéo, le troisième album de Bond, Classified (quatre filles revisitant au violon, au violoncelle, à la contrebasse, à la batterie, aux basses, aux claviers et aux synthés certains airs classiques ainsi que leurs propres créations : un régal !) et le double CD live de Tryo, De bouches à oreilles, incluant tous leurs tubes (La main verte, La révolution, L'hymne de nos campagnes, Paris, G8, Sortez-les, Serre-moi, Désolé pour hier soir, etc.).

 

 

bondoux1.jpgCôté littérature, passons rapidement sur la jeunesse avec le Harry Potter m'ayant procuré le plus de sensations. Du haut de ses 975 pages, le cinquième volume (Harry Potter et l'Ordre du Phénix) nous faisait découvrir le personnage le plus énervant de la saga : le professeur Ombrage qui prenait la place de Dumbledore à la tête de Poudlard, elle m'a éreinté tout autant que McGonagall me soulageait et me faisait rire en s'interposant à cette dernière. Je découvrais Anne-Laure Bondoux avec Le destin de Linus Hoppe et La seconde vie de Linus Hoppe (Bayard Jeunesse), l'un des premiers personnages de romans de sciences-fiction pour ados. Un pur régal en deux volumes que je conseille vivement à tout amateur du genre !

32004 fut également l'année de ma découverte d'Amélie Nothomb. De cette année, je ne saurais vous empêcher de lire Hygiène de l'assassin, son premier roman, ainsi que Mercure, deux pépites déjantées à souhait qui marqueront l'œuvre de la romancière, taxée de « la plus douée de sa génération ».

Je terminerai par trois romans totalement différents : L'ami retrouvé de Fred Ulhman, véritable chef d'œuvre sur la Seconde guerre mondiale que je ne cesse de conseiller aussi bien aux petits (à partir de neuf ans sans soucis) qu'aux grands ; Un garçon d'Italie de Philippe Besson, roman à triple narration (un homme décédé il y a peu, sa femme, son amant) dont l'écriture, la trame et les sentiments ressentis par le lecteur représentent parfaitement son œuvre à la fois sensible, sensuelle et nerveuse ; enfin Globalia de Jean-Christophe Ruffin, épopée d'anticipation publiée à la Blanche chez Gallimard mais convenant également aux ados.

 

 

En espérant que vous trouverez votre bonheur (au moins un !), je vous retrouve l'année prochaine ! Heu... La semaine prochaine !

(elle était certes facile, mais je n'ai pas pu m'en empêcher)

 

 

TOP DU TOP :

- Farheneit 9/11 et La mauvaise éducation en DVD

- Rodéo de Zazie et Classified de Bond en CD

- Linus Hoppe d'Anne-Laure Bondoux et L'ami retrouvé de Fred Uhlman

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Kings of Leon comes to boring us down

Publié le par Sébastien Almira

Kings of Leon, Come around sundown, 13 titres, Sony / RCA, octobre 2010, 16 € ***

 

kol1.jpgAprès deux premiers albums que je ne connais pas plus que ça, Because of the time en 2007 devant lequel je me pavane, et Only by night, son digne successeur paru l'an dernier, le groupe aux douze millions de disques vendus sort son cinquième album.

Découvert grâce à Karen (correctrice-relectrice-amie dont vous avez déjà eu vent) (ne faites pas comme elle : le titre de l'article est un jeu de mots avec le titre de l'album, même s'il est grammaticalement incorrect) il y a un an, j'étais loin de soupçonner le groupe d'avoir vendu tant de disques et d'être considéré comme « un des plus grands groupes américains de tous les temps » par le magazine NME. J'étais loin de me douter de l'ampleur planétaire d'un groupe que je pensais confidentiel. Et je me rends compte de tout ça en achetant Come around sundown : la packaging a bien été pensé chez Sony, les arguments de ventes sont là (citation NME, nombre d'exemplaires vendus, comme c'est souvent le cas sur les romans de Marc Lévy).

 

Mais qu'en est-il à l'intérieur ? Le packaging cache-t-il une bonne ou une mauvaise surprise ? Pour Les Inrocks, qui se sont arrêtés au premier extrait, Radioactive, elle est toxique.

« Pour sûr : Radioactive va créer de l'activité sur les ondes radios. Cela dit, la toxicité de cette chanson forte en gueule plus que forte en thème reste à démontrer : festival pyrotechnique scrupuleusement contrôlé plus qu'explosion électrique, ce single confirme le divorce entre ces jeunes Américains hagards et leur réalité, leur passé. Bêtes de foires condamnées au gigantisme, ils écrivent désormais en fonction de ce statut des chansons communautaires, inaudibles à la maison mais taillées pour les chorales viriles de dix mille personnes en nage. » *(JD Beauvallet)

 

Abonné aux Inrocks depuis deux mois, j'ai résilié mon abonnement par mésentente éditoriale et idéologique il y a un mois : chez eux, le cynisme devient rapidement méchanceté et Houellebecq apparaît dans tous les numéros, et ça, vraiment, je ne pouvais plus. Cependant, je continue toujours à recevoir, chaque mercredi, un exemplaire d'un magazine dont je lis de moins en moins d'articles. Le blog C'est la gêne propose un excellent article anti-Inrocks que je ne peux m'empêcher de vous livrer !

 

kol2.jpgTrêve de bavardage, moi aussi, je suis déçu par cet album. Au point d'aller aussi loin que JD Beauvallet ? Non. Le disque n'est pas mauvais, il est tout simplement moins bon, et justement moins gigantesque qu'auparavant. Guitares, basses, batterie, voix, tout dans Because of the time animait une force extraordinaire qui emmenait l'album en des recoins du rock que je ne connaissais pas et que j'ai idolâtrés en les écoutant. Only by night, plus commercial, avec Sex on fire sur toutes les radios, m'avait tout de même ravi. Quelle ravissement devant Closer ou Crawl, quelle puissance, quelle extravagance, quelles voix ! Kings of leon prenait de plus en plus de place dans mes playlist, devançant Muse. Mais là, avec ce cinquième album planplan, je n'ai que des impressions de déjà vu et d'ennui. Tout est plus calme, plus cool, plus « j'me détends en fumant un tarpé et en enregistrant un p'tit morceau sympatoche ». Ça s'écoute, bien entendu, mais sans entrain, sans folie, sans excitation. Où sont passés les sons crus et rauque des débuts, parvenant avec force à nos oreilles ? Où est l'excitation qui m'animait à l'écoute de la seule voix du chanteur et m'emportait dans un autre monde grâce à un rock puissant ?

 En plus de ces treize titres de pop qui pourraient n'en former qu'un seul, le groupe propose un CD bonus avec un titre inédit, Celebration, sans grand intérêt, et deux remixes, Radioactive, où sont simplement ajoutés des chœurs, et l'horripilant Charmer avec ses sons d'otaries.

 

Sinon, l'édition limitée et cartonnée est jolie. Mais elle ne se plie pas dans le bon sens et elle ne sent pas bon. Rabattez-vous sur les anciens, dont je ne saurais que vous conseiller et reconseiller Because of the time et Only by night, des valeurs sûres.

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Présentation "Projet Coups de Coeur"

Publié le par Sébastien Almira

 

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Même si cela fait bien longtemps que j'ai appris, j'ai commencé à lire il y a peu. Je suis devenu lecteur de livres, regardeur de films et écouteur de musiques il y a quasiment sept ans.

 

Ça fait un peu peur, ça donne le vertige de se dire que ça ne fait que six ans et que j'ai pourtant l'impression d'avoir lu, regardé et écouté la Terre entière. Ne voyez pas là l'outrageuse prétention d'un bloggeur souhaitant se donner un genre, non. Je sais bien qu'il me manque encore plusieurs terres à découvrir avant de pouvoir affirmer tout connaître. Pourtant, j'ai l'impression, en me penchant sur d'autres personnes de mon âge, voire plus âgées, d'être un érudit du feu de dieu. Malgré les autres, je ne le suis pas ! Je n'arrive pas même à la cheville des plus érudits au monde !

 

Mais pour fêter mes sept ans d'érudition et de cultures (de plus en plus savantes, il faut le dire : en commençant par Lévy et Musso, il ne pouvait pas en être autrement !), je vous proposerai dès lundi prochain, à raison d'une fois par semaine, mes coups de cœur, année par année. Le calendrier de ce projet débute le lundi 6 novembre et s'achève le lundi 20 décembre. Sept semaines d'idées cadeaux à n'en plus finir ! Cette année, les sapins de Noël seront carrément recouverts de cadeaux !

 

 

lundi 8 novembre : 2004

lundi 15 novembre : 2005

lundi 22 novembre : 2006

lundi 29 novembre : 2007

lundi 6 décembre : 2008

lundi 13 décembre : 2009

lundi 20 décembre : 2010

 

 

Pendant toute cette période, n'hésitez pas à donner votre avis sur les livres, films et disques que j'aurais conseillés aux lecteurs afin de leur donner plus d'avis !

L'an passé, l'opération n'avait rencontré aucun succès, mais je réitère : début janvier, je publierai "Le meilleur de l'année 2010" sous forme de liste de 5 à 10 livres, films, disques. Vous aurez l'occasion de commenter mes choix, et de proposer les vôtres. Et vos coups de coeur seront publiés par la suite dans un nouvel article !

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Le tenancier contre les connards

Publié le par Sébastien Almira

Il y a quelques semaines, je répondais à un libraire-blogueur qu'il devait être aigri pour écrire de telles choses (ici). S'en suivit un échange des plus virulents où j'étais accusé de l'insulter sans argument (pas d'accord), en me faisant insulter (sans argument).

C'est une véritable fatwa qui repose sur ma tête depuis. Après m'être fait lyncher par ses commentateurs, voilà que je fais l'objet d'un BD postée aujourd'hui-même et que le tenancier s'est empressé d'en publier le lien sur ma critique d'Une forme de vie d'Amélie Nothomb.

 

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Première remarque, le blog (Culturez-Vous) et son auteur (moi-même) peuvent se targuer qu'une bande dessinée leur soit quasiment consacré.

Deuxième remarque, le tenancier pense qu'on est de la merde si l'on prend le risque de défendre une auteure comme Amélie Nothomb. Il est certain qu'elle n'est pas l'écrivaine qui apportera le plus à la littérature française, mais ce n'est pas une raison pour la descendre systématiquement. Tenancier, on peut aimer lire Jacques Abeille et Amélie Nothomb sans rougir, et je ne rougis pas.

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Christine Angot récidive !

Publié le par Sébastien Almira

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Alors qu'elle pollue la littérature française et le catalogue de multiples éditeurs de qualité depuis beaucoup trop d'années, Christine Angot n'est pas prête de s'arrêter.

 

Après avoir changé d'éditeur (s'être fait virer ?) x fois (l'Arpenteur, Stock, Fayard, Flammarion et le Seuil), elle revient chez Flammarion pour la publication des Petits le 5 janvier 2011, un roman sur un couple en crise.

 

Rappelons qu'en 2008, elle publiait Le marché des amants narrant sa relation amoureuse avec Doc Gyneco au Seuil, refusé par Jean-Marie Laclavetine pour Gallimard (quelle idée a eu la Grande Prêtresse du Navet Autofictionnel d'envoyer à l'éditeur de Jean-Baptiste Del Amo et Jean-Pierre Ohl, infiniment plus indispensables à la littérature qu'elle, un manuscrit ne réunissant pas même le minimum syndical de qualité nécessaire aux lecteurs de Marc Lévy), après un transfert houleux qui n'a finalement rien rapporté au monde des lettres, sinon une place éjectable à son éditeur du Seuil, Bernard Comment, qui n'a pas vendu la moitié du tirage initial de 50 000 exemplaires.

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Arthur et les Minimoys *** / Toy Story *** / Moi, moche et méchant ****

Publié le par Sébastien Almira

Voilà, je l'avais promis, je m'y mets. Je vous reparle, après cinq mois sans leçons, de cinéma. Recommençons doucement, au premier stade : celui de l'enfance !

 

Arthur et les Minimoys, Luc Besson, quatre livres chez Intervista ***/***/**/**, trois films (dont deux en DVD) ****/***/***

arthur1Luc Besson, qui devait arrêter le cinéma avec Angel-A, et a finalement adapté Les aventures d'Adèle Blanc-Sec de Tardi, poursuit sa route avec la saga Arthur et les Minimoys et son casting de luxe (Freddy Highmore et Mia Farrow en acteurs, Madonna, David Bowie, Snoop Dog pour les voix anglaises, Mylène Farmer, Marc Lavoine, Alain Bashung, Rohff et Stomy Bugsy pour les voix françaises). D'abord publiés par sa maison d'édition créée pour l'occasion, il écrit quatre livres que j'ai lus avec plaisir pour les deux premiers, et desquels je me suis ensuite lassés. Le ton, enfantin, n'apporte que peu de choses par rapport aux films, alors autant se contenter des images, ô combien magiques. Si le premier volet (Arthur et les Minimoys, qui mixe les deux premiers livres) émerveille (découverte d'un univers justement merveilleux, plein de petites bêtes devenues géantes au pays des Minimoys, plein de couleurs, de gags, d'aventures et d'émotions), le second lasse un peu. Non pas qu'il soit mauvais, au contraire, mais l'intrigue est moins folichonne que dans le premier. En revanche, le troisième, présenté en avant-première dans 200 salles le 22 août, et sorti ce mois-ci nationalement, reprend les ficelles des débuts : aventures intrépides, vengeance, humour, magie, amitié, amour pour sauver le monde des Minimoys et celui des humains, car le grand Maltazar envahit ce dernier avec son armée de Séïdes afin de le mettre à ses pieds et d'anéantir le peuple des Minimoys. Arthur a du travail devant lui mais Bétamèche, Sélénia, son grand-père Archibald et son fidèle chien sont là pour l'aider !

 

Toy Story, de John Lasseter, trois films aux studios Pixar (dont deux en DVD) ***/**/****

toys story 3L'aventure commence en 1995, et devant la qualité et le succès du premier volet, un accord est signé entre les studios Disney et Pixar pour cinq productions. Pixar fait depuis joie et bonheur chez les enfants et même chez les grands comme en témoignent les véritables plébiscites du Monde de Némo, des Indestructibles, de Ratatouille ou plus récemment de Là-haut. Comme souvent très en retard, je regarde Toy Story 1 il y a deux mois, le second volet (1999) dans la foulée et enfin, le troisième au cinéma qui est devenu le premier film d'animation à dépasser le milliard de dollars de bénéfices, parmi six autres longs métrages. J'ai bien aimé les deux premiers, trouvé originals le concept, l'humour, les images et les intrigues. Des jouets vivants, c'était une très bonne idée et ça a marché du tonnerre. Mais je n'avais pas été plus emballé que ça. En revanche, quand je suis allé voir le dernier, j'ai été totalement conquis ! L'intrigue me semblait plus développée et plus sympa que les deux premières, les images et les couleurs m'en ont mis plein les yeux, j'ai ri, j'ai pleuré (oui, oui, et alors ?), j'ai explosé de rire (oui, c'était moi à l'UGC à Bordeaux...), j'ai encore pleuré, et j'ai eu envie d'y retourner. Très émouvant, très drôle, avec des personnages hauts en couleur, un ours délaissé devenu tyrannique, Barbie (blonde à souhait) et Ken (Ken à mort) et les indispensables Buzz l'Eclair et Woody, le premier jouet d'Andy, qui quitte la maison pour rentrer à l'université. Débutent alors les forcément exceptionnelles aventures de la bande à Woody qui se retrouve dans une école maternelle où certains jouets font la loi ! Extrêmement bon !

 

Moi, moche et méchant, de Pierre Coffin et Chris Renaud, Universal Pictures ****

 

gru-affiche.jpgMargo, Edith et Agnès, orphelines, se retrouvent par malheur entre les mains du méchant Gru, qui les adopte afin de pénétrer la forteresse high-tech du concurrent qui veut lui aussi voler la lune ! Il lui faut récupérer le pisto-rétracteur qui lui permettra d'aller sur la lune, de rapetisser la lune, de poser la lune sur les toilettes (qui a fait ça ?!), et de s'emparer de la lune. Gags à gogo dans le dessin animé de cette fin d'année. Exit Disney et sa princesse Réponse, exit Samy la tortue, exit Alpha et Omega... Bref, vous l'aurez compris, s'il y a un héros à voir en cette fin d'année, c'est bien Gru, le grand méchant doublé par Gad Elmaleh, que j'irai voir une seconde fois la semaine prochaine pour son humour intarissable, tout au long du film.

Ce n'est pas le dessin animé du siècle (Le Roi Lion reste encore indétrônable) mais c'est en tout cas le plus drôle qu'il m'ait été donné de voir. J'ai ri avec les fillettes, j'ai ri avec Gru, j'ai ri avec son mentor, j'ai ri avec son concurrent, j'ai ri avec le chien-piranha, et enfin j'ai plus que ri avec les Minions, ces petites bestioles jaunes qui m'ont sans cesse fait penser à ma relectrice-correctrice (et accessoirement amie) Karen, qui fait sensiblement la même taille et que j'imaginais donner les mêmes coups de poing ridicules, rire comme une idiote pour les mêmes bêtises, faire ces mêmes bêtises, raconter les mêmes âneries. Plus sérieusement, je prends le pari pour ce film, de la même façon que je l'aurais fait pour Gran Torino, que vous allez l'adorer ! Alors faites-moi confiance ! Coup de coeur de l'année avec Kick-Ass et 8th Wonderland.

 

Bande-annonce de Moi, moche et méchant :

 

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Karine Tuil, Six mois, six jours, roman, 250 pages, Grasset, août 2010, 18 € ***

Publié le par Sébastien Almira

 « Vous échouerez à dire l'indicible, la littérature est un aveu d'échec, vous écrivez pour dire ce qui vous échappe, ce qui est irreprésentable, ce qui est perdu. Écrivez ! Et soyez infidèle aux faits ‒ les reconstitutions sont l'affaire de la police, pas des écrivains. » (page 225)

 

Karl Fritz, soixante-dix huit ans, donne le ton. Conseiller, homme de main, ami, père de substitution, sont ses fonctions auprès de Juliana Kant qui, elle, est le personnage fictif de Suzanne Klatten.

Suzanne Klatten, héritière de l'empire Varta et BMW, s'est fait extorquer sept millions d'euros par un maître-chanteur qui avait déclaré, avant d'être condamné à six ans de prison, avoir voulu venger sa famille, victime de la guerre de 39-45, car les Klatten avaient été solidaire du régime nazi. Ce fait divers avait défrayé la chronique il y a deux ans, Karine Tuil s'en est servi pour écrit son huitième roman, après La Domination (Grasset, 2008).

Karl Fritz, après son renvoi, décide de tout dire. À une écrivaine. Alors fiction ou réalité ? Deux niveaux superposés où l'on se pose la question : Karl Fritz raconte-t-il vraiment l'histoire à Karine Tuil ? L'histoire est-elle réelle ? Où finit la réalité et où commence la fiction ici ?

 

tuil.jpgKarine Tuil mêle habilement les deux en racontant l'histoire de Juliana Kant, riche héritière à la vie conjugale étouffante, à l'existence morne, à la sexualité morte, qui rencontre Herb Braun, le bellâtre, l'artiste (il dit être photographe de guerre), l'Homme.

« Dans le lit de cet homme, elle n'était plus la décisionnaire, la femme puissante et dominatrice, c'était une proie, une victime, qu'on comblait et plaignait. Le désir la sauvait de son quotidien morne, la sexualité la préservait des tourments de l'âge. (...) Dans son lit, elle était cette femme libre et affranchie des conventions sociales, des obligations familiales (...). Mais quand elle le quittait, quand elle sortait de la chambre d'hôtel où elle s'était laissée manipuler, elle sentait monter en elle l'effroi et la honte, une honte puissante... » (page 126)

Voici donc l'histoire d'une femme mariée qui s'éprend d'un autre homme, une histoire qui « commence comme une banale comédie de mœurs » (Karine Tuil à Philippe Vallet, journaliste à France Culture et France Info) mais qui devient tout autre quand ledit amant fait chanter Juliana. Karl Fritz se met alors autant à raconter la suite que l'histoire des Kant.

On apprend que le grand-père de Juliana, puissant industriel allemand, épousa Magda Friedländer, la contraignant à renier son père adoptif parce que juif, que celle-ci divorcera puis se mariera quelques temps plus tard avec Joseph Goebbels, ministre de la Propagande nazie. Elle enrôle son fils et son ex-mari, Günther Kant, avide de nouvelles perspectives financières. Goebbels, Hitler et Kant s'associent d'abord pour un commerce d'uniformes et de matériel militaire. Puis Kant construit sur ses terrains le camp de Stöcken et bénéficie de déportés pour travailler jour et nuit dans ses usines. Il devient alors « un homme dont la puissance économique est sans égale » (page 160) et les Britanniques, au sortir de la guerre, dissimulent les preuves de sa collaboration pour bénéficier de ses usines, contrairement à d'autres industriels qui seront condamnés lors des procès de Nuremberg.

 

Karine Tuil mêle la grande histoire des Kant et la petite histoire de Juliana afin de démêler des fils qui n'apparaissent qu'à la fin. Le personnage de Fritz, narrateur, lui permet d'user d'un style résolument incisif. À la fois cynique et haché, celui-ci me ramène à celui d'Amélie Nothomb : Six mois, six jours est très bien écrit, mais ce n'est pas ce que certains appellent « Grande Littérature » en essayant, plus que de mettre des majuscules aux mots, de carrément tout écrire en lettres capitales, pour bien montrer qu'à côté, le reste n'est que broutille, cacophonie et finalement vide absolu.

Je regrette néanmoins une chose dans ce roman : page 226, il se termine. Page 228 débute un journal (une lettre ?) du père adoptif de Magda, en juin 1938, qui raconte comment il a vécu la séparation avec sa femme, le rapprochement de sa fille avec les nazis, le reniement total qu'elle lui a infligé, son ascension. L'histoire était terminée, je n'en voulais plus, il n'en fallait plus. Mais il y a ça, là. Et je ne peux m'empêcher d'en trouver le livre gâché.

Cela dit, que je ne passe pas pour un râleur professionnel ! Six mois, six jours marque ma réconciliation avec la rentrée littéraire 2010 : enfin un livre qui me réjouit, deux mois après Une forme de vie d'Amélie Nothomb !

 

« Ma version des faits vous choque ? Je vous l'ai dit : j'invente. Qui pourrait démêler le vrai du faux, la fiction du réel. J'écris, j'invente, je suis infidèle aux faits, je fabule. » (Karl Fritz, page 133)

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Attentat à la Culture #2

Publié le par Sébastien Almira

Après avoir inauguré cette nouvelle catégorie avec la somptueuse déclaration d'amour que Philippe Katerine a déclaré à la musique, je vous parlerai cette seconde fois... encore de musique. Avec... encore Philippe Katerine.

 

Car le Michel Houellebecq de la musique (= on ne saura jamais se mettre d'accord sur la question : génie incompris ou summum de médiocrité le plus pathétique et éreintant du monde), avant d'offrir à nos douillettes oreilles son éponyme horreur (ici), avait concocté le dernier album de Madame BHL, Arielle Dombasle.

 

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En sort Glamour à mort  en avril 2009, réalisé par Katerine, Gonzales et Renaud Letang. Le résultat est stupéfiant de ridicule malgré l'autodérision voulue par le quatuor pathético-comique.

 

Ecoutez et regardez, dans l'ordre, Extra-terrestre, Poney Rose et Saint-Sébastien.

 

 

 

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