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Antoine Dole, Laisse brûler, roman, 190 pages, Sarbacane, collection Exprim', mars 2010, 15 € **

Publié le par Sébastien Almira

antoine-dole.jpgLa collection EXPRIM', vous connaissez ? Les romans « nouvelle génération » comme romans sonores, nourris de slam, de hip-hop, de rock, de chanson, avec de jeunes auteurs qui dynamitent la langue pour lui donner de nouvelles couleurs, et qui imaginent de vraies fictions tout en gardant un œil sur le réel. Les romans « nouvelle génération » comme romans visuels, puisants dans le cinéma et les séries TV, avec des phrases taillées comme des travellings, des flash-back supersoniques et des cuts cinglants ! Les romans « nouvelle génération » comme romans poétiques, portés par des langues sculptées, malaxées, truffées d'idées et de trouvailles, qu'elles chantent.

Voilà, vous comprenez ce que c'est, maintenant, un roman EXPRIM' ? Alors passons à Laisse brûler, qui m'a fait prendre la réalité EXPRIM' en pleine face !

 

Du haut de ses vingt-neuf ans, Antoine Dole a publié toute sorte de textes (nouvelles, essais, BD, comics et romans) chez des petits éditeurs d'abord : aux éditions du Cygne ou dans des revues, avant de voir éditer son mode d'emploi de la masturbation masculine à La Musardine (dans la collection « Osez... »), et ses récits chez Sarbacane et Au Diable Vauvert.

 

 

Noah ne pense qu'à Julien. Depuis six ans, ça le ronge, ça le détruit. Rien n'a plus d'importance que de se remplir l'esprit de Julien.

Maxime tombe amoureux de Noah mais ne s'en rend compte que lorsque celui-ci le quitte. Avec ces mots : « Il s'appelle Julien ». Dès lors, il ne vit que pour savoir qui est ce Julien, cause de sa rupture.

Julien, animateur-vedette d'une chaîne câblée, ne vit que pour lui-même. Tout ce qui l'intéresse, c'est se taper des beaux gosses qu'il aura sitôt fait d'oublier. Lui aussi ne pense qu'à lui.

Tout converge autour de lui : Noah, Maxime, lui. Et pourtant il ne les connait pas, pas plus qu'il ne se connait lui-même.

 

Construit sous trois narrations distinctes, consacrées à chacun des trois personnages principaux, le récit offre une première partie assez mystérieuse et une seconde, malgré les éclaircissements, sombre. Mystérieuse dans les faits, sombre dans le propos. L'importance primordiale de Julien construite au début du roman se ternit à mesure que celui-ci avance car, dans les chapitres qui lui sont consacrés, on le découvre nu, ligoté à une chaise dans une cave sans lumière. Il perd de sa splendeur et devient aussi vulnérable que les personnages de Noah et de Maxime, voués à broyer du noir à cause de Julien. L'auteur parvient avec justesse à définir l'importance croissante du personnage de Julien et sa chute morale interminable : posé sur un piédestal, il est par la suite négligé, bafoué, brisé par l'intrigue.

 

laisse-bruler.jpgAvec cette écriture revendiquée par les jeunes éditeurs de Sarbacane, hachée, violente, poétique et familière, Antoine Dole tisse un récit à suspense sans ménager nos esprits, que ce soit avec la violence de certains phrasés ou de scènes sexuelles crues. Qui est réellement Julien ? Que s'est-il passé il y a six ans, qui empêche Noah d'avancer ? Qui en veut assez à Julien pour le séquestrer ? Les fils se dénouent pour nous en même temps que pour les protagonistes. Ils découvrent avec nous les secrets de ceux qu'ils côtoient ainsi que leur vraie nature.

 

Se pose après la lecture une toute autre question : qu'est-ce que fait ce roman dans une collection pour ados ? Dès la première page, où du sperme coulait sur la joue de Noah, si je ne m'abuse, la question m'a taraudé. Il a fallut que j'en discute avec deux des éditeurs, dont le directeur de la collection EXPRIM' pour comprendre ce qu'ils désiraient faire de cette collection : des livres qui ne cachent rien aux jeunes. Parce que la vie est ainsi faite, de joies, de bonheurs, de science-fiction, mais surtout de peines, de violences et de réalités, leur but n'est pas de forcer à la lecture des jeunes qui ne sont pas prêts, mais de montrer à ceux qui le sont ce qu'on leur cache bien trop souvent dans la vie comme dans la littérature. Alors, je n'ai plus rien à dire...

 

Blog d'Antoine Dole

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Coups de cœur 2009

Publié le par Sébastien Almira

sapin2009-copie-1.jpg

 

 

Avant de passer à l'année en cours, terminons cette rétrospective avec quelques idées cadeaux supplémentaires. Cliquez sur les titres pour lire d'éventuelles critiques sur le blog.

  

 

zest-of-zazie.jpgEn 2009, côté musique, l'heure est à la compilation. La reine de la pop Madonna sort Celebration, un choix de 34 de ses plus grands tubes auxquels s'ajoutent Celebration et Revolver, ses deux nouvelles bombes electro. Manquent toutefois certains titres, comme American Life, Get together, Deeper and deeper ou encore Don't cry for me, Argentina.

Côté français, c'est Zazie qui propose son premier best of. Intitulé Zest Of, il compile tous ses singles de Sucré salé en 1992 à Flower power en 2007 en passant par Zen, Larsen, Tous des anges, À ma place (avec Axel Bauer), Rue de la paix, Rodéo ou encore Je suis un homme. Il n'y a que Danse avec les loops et Excuse-moi qui manquent à l'appel. Deux inédits les remplacent : Un peu beaucoup et FM Air (chanson best of originale), et des versions live inédites du Totem Tour (voué à ne jamais sortir en CD/DVD), dont le single J'étais là chanté en live avec Diam's.

Mylène Farmer présente son Tour 2009 en CD (il faudra attendre avril 2010 pour le DVD), y figurent notamment ses plus grands tubes : Libertine, Sans Contrefaçon, Pourvu qu'elles soient douces, Ainsi soit je, Désenchantée, XXL, Rêver, L'âme-stram-gram, Je te rends ton amour, Dégénération, Appelle mon numéro et C'est dans l'air.

 

the-xx.jpg2009 marquait également le retour des Black Eyed Peas (The E.N.D. : The Energy Never Die) avec une flopée de tubes (Boom Boom Pow, Rock that body, Missing you, Meet me halfway, I gotta feeling) ; de Diam's avec S.O.S., un album mêlant rap moyen et rap et variet' de haute voltige (Les enfants du désert, I am somebody, Peter Pan, Dans le noir, Rose du bitume, Sur la tête de ma mère) ; de Muse avec The Resistance, un album pop-rock-opéra magistral et une tournée triomphale à travers le monde entier ; de David Guetta avec One love où il convie Kelly Rowland, Chris Willis, Akon, Kid Cudi, Ne-Yo, les Black Eyed Peas et Estelle à partager l'affiche sur les tubes de l'année (When love takes over, Gettin'Over, Sexy Bitch, I gotta feeling, One love) ; et de Whitney Houston avec I look to you, album merveilleux sortant la diva de la disgrâce dans laquelle elle se vautrait depuis quelques années avant d'y retomber amèrement en entamant sa série de concerts hors de prix où elle fut incapable d'aligner deux mots sans fausse note.

 

Enfin, 2009 c'est la découverte d'un groupe magique, The XX. Entre pop, musique d'ambiance et rock, ils nous embarque dans un voyage hors des sens et du temps. S'il y a un album à acheter cette année, c'est celui-ci. Il est d'ailleurs disponible dans une nouvelle édition à 9,99 € chez tout disquaire ne se contentant pas d'avoir en stock les grosses machines !

 

 

Mary-et-Max-affiche.jpg2009, c'est énormément de films vus au cinéma. Je dresserai la liste de certains et je ne parlerai que des excellents.

Pour se distraire, Ponyo sur la falaise (le dernier Miyazaki), L'âge de glace 3, Coraline (par le réalisateur de L'étrange Noël de M. Jack), Les beaux gosses (de Ryad Sattouff), Neuilly sa mère (très drôle !), Arthur et la vengeance de Maltazar.

Il ne faudra en revanche surtout pas rater Inglourious Basterds de Quentin Tarantino, pimpante parodie des films de guerre avec Christoph Waltz, Diane Kruger et Mélanie Laurent, où un groupuscule de soldats juifs américains viennent semer la zizanie en Europe en tuant sauvagement du nazi. Culte !

Il ne faudra pas non plus rater Mary et Max, « un petit bijou d'animation » (Le Figaro), « une merveille » (Télérama). Déroutant, tendre, dépressif et drôle, c'est tout en contradiction que les deux héros, une Australienne de 8 ans et un Américain de 44 ans entretiennent une correspondance sur plus de vingt ans, pour le meilleur et pour le pire. Un chef d'œuvre d'animation pour adultes disponible dans un joli coffret DVD à double face.

Enfin, il ne faudra pas passer à côté de Gran Torino de Clint Eastwood, une grande claque de cinéma à se prendre en pleine face avec un plaisir déraisonnable.

 

 

la-fabrique.jpgAprès avoir plus longuement épilogué que d'accoutumée sur la musique et le cinéma, offrons la même place à la littérature !

En janvier, j'ai découvert Maurice G. Dantec. J'avais essayé Artefact il y a quelques années, sans succès, mais Comme le fantôme d'un jazzman dans la station Mir en déroute (Albin Michel) m'a permis de lire enfin un Dantec, et de l'apprécier. Entre polar et science-fiction, ce roman, contrairement à son titre, très court, est agréablement bien écrit, nous tient en haleine pour une course poursuite originale et une scène quasi incompréhensible dans l'espace qu'on pardonnera à l'auteur, tant le reste du roman est bon.

Muriel Spark me rappelait Jean-Pierre Ohl, pourtant plus récent, dans Complices et Comparses (Gallimard), excellent roman d'aventure et de suspense typiquement anglais. Stieg Larsson m'embarquait à mon tour dans l'aventure Millénium (Actes Sud), moi qui ne suis pourtant pas friand de polars.

Peb et Fex publiaient La fabrique, tome 1, une bande dessinée cynique sur le monde l'entreprise avec l'originalité que celle-ci se passe... chez les souris !

letrange-vie-de-nobody-owens.jpgCôté ado, je dévorais le premier tome de Scott Westerfield, Uglies, le second, Pretties, avant de me lasser du troisième, Specials, et de ne pas finir le quatrième, Extras. Je m'extasiais en revanche devant la prose et l'imagination de Neil Gaiman dans L'étrange vie de Nobody Owens (Albin Michel), l'un des meilleurs romans ados depuis des lustres.

Lors de la rentrée de septembre, c'est devant Alain Blottière (Le Tombeau de Tommy, Gallimard), Samuel Benchetrit (Le cœur en dehors, Grasset), David Foenkinos (La délicatesse, Gallimard), Pascal Fioretto (L'élégance du maigrichon, Chiflet et Cie), Stéphane Velut (Cadence, Christian Bourgois) et Sylvie Germain (Hors Champs, Albin Michel) que je m'inclinais.

 

 

TOP DU TOP :

- N°5 On Tour de Mylène Farmer et The XX en CD

- Mary et Max, Inglourious Basterds et Gran Torino en DVD

- L'étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman, Le Tombeau de Tommy d'Alain Blottière

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26e Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil : du 30 novembre au 6 décembre 2010

Publié le par Sébastien Almira

Site du salon :

http://www.salon-livre-presse-jeunesse.net/accueil.html

 

 

salon.jpgAucun article la semaine dernière à cause du vingt-sixième salon du livre et de la presse jeunesse à Montreuil qui avait pour thème en 2010 "Princes et Princesses". Salon menacé d'extinction après une baisse de l'aide accordée par le Conseil Général. Qu'on se le dise : la culture, c'est bien beau de s'en occuper, d'y investir, mais ça ne rapporte pas grand chose. Alors pourquoi ne pas baisser le financement de 2,6 à 1,6 millions d'euros ? On passera sur la leçon politique et les multiples solutions pour gagner de l'argent sans détruire la culture, pour s'intéresser à ce salon.

 

 

Comme tout libraire, payé au lance-pierre, on passera également sur le demi-SMIC touché pour une semaine de soixante-dix heures. Il ne faut pas se leurrer, ça nous ennuie beaucoup d'être sous-payé. Mais bon, travailler sur un salon, c'est quand même sympa. On y fait des rencontres en tout genre : anciens camarades (comme quoi, le monde du livre n'est pas si grand que ça !), libraires, éditeurs, auteurs, illustrateurs. On se rend compte que sur le stand Actes Sud Junior où on travaille, le « libraire-responsable-de-tout a fait le même IUT que vous quelques années plus tôt, que la représentante d'Actes Sud sur le stand (responsable promotion et salons), elle aussi, a fait le même IUT ! Mais qu'à l'époque (désolé, Cathy, pour l'expression !), on parvenait bien plus vite à ses fins. Stage chez Bayard, embauchée huit ans chez eux au sortir de l'IUT, et depuis quinze ans dans une de plus importantes maisons d'éditions françaises, alors que pour atteindre un tel poste aujourd'hui, il faut un DUT, une licence pro, un master, de la chance, des contacts et beaucoup de patience.

 

 

Quand l'heure n'est pas aux cars d'enfants déversés sans ménagement sur le stand (attention aux distributions de bracelets, amis libraires !), c'est l'occasion de feuilleter, voire lire, quelques livres du stand et de ceux alentours.

 

oups.jpgC'est ainsi que j'ai pu découvrir chez Hélium l'album Oups de jean-Luc Fromental et Joëlle Jolivet ou l'histoire rocambolesque d'un départ en vacances et chez Sarbacane des éditeurs passionnés et passionnants qui m'ont conseillé Zone Cinglée dont vous pourrez lire ma chronique d'ici quelques jours.

 

Bon, je l'avoue, mes découvertes n'ont pas été très éclectiques puisqu'elles ont été majoritairement faites sur le stand d'Actes Sud Junior. Du côté des ados, ce sera Blog de jean-Philippe Blondel, coups de cœur général des libraires, dans lequel un garçon découvre que son père lit son blog. Il se referme alors sur lui-même jusqu'au jour où son père lui donne à lire le journal intime qu'il tenait à l'âge de son fils. Le second est La piscine était vide de Gilles Abier, ou l'histoire d'un amour inconditionnel qui finit en comédie shakespearienne.

 

Dans la collection Benjamin, ce fut J'ai peur du monsieur, Gabriel s'inquiète pour le Père-Noël et La princesse qui n'aimait pas les princes. Tous basés sur un sujet de société, plus ou moins bien traité, les trois ont des vertus pédagogiques sous couvert d'une histoire assez fun pour ne pas rebuter les enfants. Le premier, de Virginie Dumont, traite de l'exhibitionnisme et autres petits désagréments auxquels les enfants peuvent malheureusement avoir à faire face. Je regrette que la fin soit un peu trop aseptisée de sorte qu'on croirait qu'il n'y a finalement pas de problème. Le second, de Jo Hoestlandt, raconte comme beaucoup d'autres l'histoire d'un garçon amené à douter de l'existence du gros bonhomme rouge dans un court roman illustré assez plaisant.

princesse.jpgEnfin, le troisième, écrit par Alice Brière-Haquet et illustré par Lionel Larchevêque, est un conte à mettre entre toutes les mains ! La collection Benjamin dans laquelle il paraît s'adresse aux enfants de six à huit ans et là, Actes Sud prend des risques car les auteurs nous présentent une princesse qui ne veut aucun prince de ceux que son père lui présente. Personne ne l'intéresse. Jusqu'au jour où le roi fait appel à la fée. Là, c'est une fée métisse qui apparaît sur son cheval blanc, une fée d'une pure beauté. Et la princesse « la vit, rougit, pâlit à sa vue. » Dans une phrase très racinienne, voilà que l'auteur (qui préfère paradoxalement ne pas avoir de e) apprend à nos petits bouts que cette princesse tombe amoureuse d'une fille, que ça existe et que ce n'est pas « caca ». Alors moi je dis : Chapeau ! Aux auteurs d'avoir proposé un tel livre, attrayant et agréable à lire pour des tout petits, et à Actes Sud d'avoir osé publié un bijou, choquant pour certains, dans cette collection. Voilà une belle manière d'amener les enfants à comprendre que l'homosexualité existe et que ce n'est pas sale, avec beaucoup d'humour. (blog d'Alice Brière-Haquet : http://le-wonderblog.blogspot.com/)

 

Restons dans l'enfance en passant par les albums. La sœur du Soleil de Bahiyyih Nakhjvani et Sandrine Thommel est la très jolie histoire de la Lune qui tombe amoureuse d'un prince et se laisse faire un enfant. Lorsque le Roi Soleil l'apprend ça, il entre dans une colère noire et refuse que la Lune soit enfanté par un mortel. Un très beau conte sur les forces de l'amour et la culpabilité.

chant.jpgRecommandé par l'éducation nationale pour le cycle 2, le conte traditionnel du Sahel Le chant des génies est repris par Nacer Khémir pour le texte et Emre Orhun pour des dessins glaçants. Un pauvre paysan désespéré de ne pas trouver de travail décide de cultiver le champs des génies, pour son bonheur, puis son malheur. Mais ça, il ne s'y attendait pas ! Terriblement beau, terriblement moral et terriblement terrible !

Enfin, Thomas Scotto et Olivier Tallec proposent depuis l'an dernier Jérôme par cœur, un album sur l'amour et l'amitié chez les enfants. Les très beaux dessins de Tallec mêlés au texte innocemment mignon de Scotto rendent humaine l'histoire d'un petit garçon qui en aime un autre, à un âge où l' « on aime une personne et non pas le sexe de cette personne » (Thomas Scotto, sur le salon).

 

« En fait,

il me tient toujours la main.

Très accroché.

 

Les jours de sortie au musée des tableaux,

c'est moi qu'il choisit pour être bien en rang.

 

C'est pour ça que je l'aime, Jérôme.

 

Ça ne me dérange pas.

Raphaël aime Jérôme,

je le dis. Très facile. »

 

 

JEROME-PAR-COEUR-THOMAS-SCOTTO.jpg

 

Alors oui, nous avons été sous-payés ; oui, nous avons eu mal aux jambes, des bourdonnements dans la tête (ah ? Les enfants, ça fait du bruit ?) des heures durant, des rhumes à cause des portes ouvertes à dix mètres de notre stand ; oui, nous avons fait plus de surveillance que de conseils. Oui...

 

Mais ce fut une belle aventure humaine !

Ça ne me dérange pas, je le dis. Très facile.

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Coups de Cœur 2008

Publié le par Sébastien Almira

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On se rapproche, les compte-rendus « Coups de Cœur » sont presque terminés, j'espère que vous avez déjà quelques idées en tête mais attention ! Ça n'est pas fini : l'année 2008 regorge de bonnes surprises !

 

19026767_w434_h_q80.jpgCette année, je ne me suis pas rendu souvent au cinéma mais ce que j'y ai vu était très bon. Le seul film à laisser tomber fut Yes Man, comédie potache pour adolescents américains sortant du McDo et toujours prêts à rire grassement devant des gags à la limite du ridicule.

En Vicky Christina Barcelona, un Woody Allen aux allures chaudes d'un Almodovar, réside un très bon moment de cinéma, entouré de deux bombes : Scarlett Johansson et dans son meilleur rôle la pulpeuse Penelope Cruz. La guerre selon Charlie Wilson marque le retour aux côtés de Tom Hanks et Philipp Seymour Hoffman, de Julia Roberts, au meilleur de sa forme, dans un drame politique basé sur une histoire vraie. Viennent ensuite Sweeney Todd, conte sanglant repris par Tim Burton et emmené par l'extravagant couple Johnny Depp et Helena Bonham Carter, et mon coup de cœur de l'année, Slumdog Millionnaire. Injustement critiqué, Danny Boyle s'inspire des Fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire de Vikram Swarup pour réaliser un chef d'œuvre d'humanité, de voyage, d'aventure et de mise en scène.

 

ringer.jpgCôté musique, la parole est donnée au pop-rock Mais enchaînons correctement puisqu'après le film, c'est la bande originale de Slumdog Millionnaire, mêlant rap, pop et musique indienne traditionnelle, que j'ai adorée. Elle est, avec celles du Roi Lion et de Jacquou le Croquant, la seule musique de film que je ne me lasse pas d'écouter. 2008 marque le retour de Coldplay avec ses tubes Violet Hill et Viva la vida, qui est également le nom de l'album pop de l'année, relaxant et énergique à la fois. The Ting Tings déboulent sur les ondes avec Shut up and let me go, Great DJ et That's no my name, l'album We started nothing est une réussite, agréable et entêtant. En 2008, Catherine Ringer chante les Rita Mitsouko and more à la Cigale. C'est le nom de CD/DVD live hommage à Fred Chichin, décédé il y a peu. Incontournable pour les fans, mais aussi les autres, les Rita Mitsouko ont enchanté et inventé les années 80 avec leurs tubes Andy, Marcia Baila, C'est comme ça et Les histoires d'A. Mythique. Enfin, Mylène Farmer propose son septième album, Point de suture, branché pop et électro même si elle n'oublie pas ses racines avec un peu de noirceur (l'élégant rock de Paradis Inanimé et le troublant duo avec Moby, Looking for my name) et de mélancolie (deux balades seulement, mais quelles balades ! Point de suture et Si j'avais au moins...). Certes il y a Appelle mon numéro sur cet album, mais avec cette chanson et le tube électro C'est dans l'air, la chanteuse a conquis un public plus large et plus jeune.

 

magie.jpgEnfin, en littérature, tenez-vous bien. Parce que face à l'excellente rentrée de septembre, le reste de l'année a affiché sa fierté et sa qualité.

Philippe besson encore avec Un homme accidentel (Julliard), puissant et touchant ; Eric-Emmanuel Schmitt encore avec sa pièce La tectonique des sentiments (Albin Michel),jouée par Clémentine Célarié au théâtre ; Pascal Fioretto et sa turbulente parodie du Da Vinci Code version gay (Gay Vinci Code, Chiflet et Cie), livre le plus drôle de l'année ; l'album jeunesse Il suffit d'y croire : Place à la magie, véritablement magique et enchanteur ; et la très belle bande dessinée de Casanave et Tuot, Beaudelaire (à lire également Verlaine et Flaubert, au Temps des Rêveurs).

La rentrée littéraire a été source surtout de découverte cette année : Emmanuelle Bayamack-Tam avec Une fille du feu (POL), conte moderne et cynique impossible à raconter en deux lignes à l'écriture esthétique et glaciale ; Jean-Pierre Ohl, Les maîtres de Glenmarkie (Gallimard), digne des plus grands romans d'aventure anglais du dix-huitième et dix-neuvième siècles, à l'humour ravageur ; Laurent Gaudé, dont La Porte des Enfers (Actes Sud) m'a époustouflé comme rarement, terriblement beau, somptueusement dur, je ne cesse de le conseiller depuis deux ans ; Jean-Baptiste Del Amo et son Éducation libertine qui aurait dû rafler le Goncourt à Atik Rahimi sans hésitation, la plume est recherchée, l'intrigue digne des plus grands romans libertains, l'auteur promis à une belle carrière ; et enfin José Carlos Somoza avec Daphné disparue (Actes Sud), roman vertigineux aux récits inlassablement enchassés, sur la mémoire, l'écriture, les femmes, l'inspiration et les tourments intérieurs et extérieurs.

 

TOP DU TOP :

- Slumdog Millionnaire et Sweeney Todd en DVD

- Catherine Ringer chante les Rita Mitsouko... et Point de Suture de Mylène Farmer en CD

- La Porte des Enfers de Laurent Gaudé, Gay Vinci Code de Pascal Fioretto et Daphné disparue de José Carlos Somoza

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Brève de Comptoir : Quand Beigbeder raconte l'année littéraire qui s'annonce...

Publié le par Sébastien Almira

Article posté sur L'express, drôle et (peut-être) intéressant :

 

 

beigbeder-bebeNB.jpg 

 

Moi, je fais beaucoup plus fort que Lire (qui élit les 20 meilleurs livres de 2010) : voici en exclusivité la liste des dix meilleurs livres de l'an prochain.

1) Le nouveau Sollers chez Gallimard. Sans trop se tromper, on peut prédire que ce sera un roman d'amour dont l'héroïne sera une sorte d'agent secret sexuellement incorrect, et le narrateur un écrivain incompris mais fier de l'être. Il y aura des phrases courtes, des suites de mots en rafales comme des notes de musique. Ça se passera soit à Venise, soit à l'île de Ré, soit à New York. Le titre sera : Trésor d'amour. Une chose est sûre : le roman se fera assassiner par les ennemis de Sollers et encenser par ses amis.

2) Jean-Luc à la street de Jean-Luc Delarue (Grasset). A la rentrée de septembre, on devrait enfin découvrir la confession littéraire du célèbre animateur trash. Dans une prose fluide et digressive inspirée de son colocataire François Weyergans, il racontera son ascension, son désir avide de reconnaissance, les conséquences de la gloire sur sa vie sexuelle, son insatisfaction chronique liée à des frustrations d'enfance, puis sa désintoxication en Suisse. Un grand texte de réhabilitation impudique.

3) Le nouvel Angot. Publié en janvier chez Flammarion, il s'intitulera Les petits. Le communiqué précise : "Les petits les réunissent et les divisent." C'est l'histoire d'un couple (Hélène et Billy) qui se déchire pour ses enfants et/ou à cause d'eux. Angot y affronte un nouveau tabou (après celui de l'inceste) : nos enfants ne sont-ils pas la cause de tous nos problèmes ? Un roman au rythme scandé, plus durassien que jamais, qui se fera assassiner par les amis de Christine Angot et encenser par ses ennemis.

4) Le Nothomb de la mi-août 2011 sera un excellent cru : Transcendance des champignons (Albin Michel) réunira douze récits dictés à son magnétophone par la sorcière belge sous trip psychédélique (LSD, ecstasy, peyotl, psilocybes, mescaline, etc.). Le résultat évoquera Castaneda et Burroughs, dans un style plus humoristique et accessible à un public de bourgeois non toxicomanes. Favorite du Goncourt, Amélie se le verra chiper en novembre par...

5) La disparue de Tombouctou d'Olivier Adam (L'Olivier), un road-book où un technicien de surface breton part sur les traces de sa femme ayant fichu le camp en Afrique après une fausse couche sur son lieu de travail. Il proposera "un regard poétiquement engagé sur la destruction de l'humanité par la mondialisation entrepreneuriale" (dixit le futur dossier de presse). Eric Naulleau et Philippe Besson en raffoleront.

6) Le nouveau récit familial d'Alexandre Jardin, Des gens très bien (Grasset) sera cette fois focalisé sur la figure de son grand-père Jean (directeur de cabinet de Pierre Laval sous le régime de Vichy), et fera scandale dans sa famille. On se souvient que son père Pascal avait déjà brossé un portrait intime du "Nain Jaune" en 1978. Ce sera le récit d'un fardeau, d'une honte et d'un silence, en plus naïf toutefois (et plus grosse police de caractères) que Ramon de Dominique Fernandez.

7) Du pur amour et du saut à l'élastique de Frédéric Pagès (Libella-Maren Sell) est le nouveau roman du célèbre Botul, devenu récemment un penseur très en vogue. Burlesque et métaphysique, il narre les amours d'un olibrius qui devient violent dès qu'il entend une chanson de Julio Iglesias. Entre Marcel Aymé et Shining, ce texte original sera probablement snobé par Bernard-Henri Lévy.

8) La vie très privée de Mr Sim de Jonathan Coe (Gallimard) sortira aussi début 2011. Comme tous les romans de Coe, il mérite (avant même lecture) sa place dans tout classement annuel.

9) La vie c'est tout de même quelque chose de Jean d'Ormesson (Robert Laffont) tentera une fois de plus de comprendre les mystères de l'univers et de vaincre la mort, tout en racontant les baignades de l'auteur en Grèce.

10) Premier bilan après l'apocalypse de Frédéric Beigbeder (Grasset) : mon prochain livre sortira peut-être en avril, si je parviens à le terminer. Comme vous le constatez, mon immense humilité me conduit à ne lui donner que la dixième place.

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Coups de Cœur 2007

Publié le par Sébastien Almira

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Quatrième semaine, quatrième rétrospective : l'année 2007.

 

jacquou.jpgMaigre année pour le cinéma puisque je n'y ai mis les pieds que douze fois, dont trois pour revoir des films (trois Harry Potter et l'Ordre du Phénix et deux Jacquou le Croquant).

J'ai beaucoup ri cette année avec Les vacances de Mr Bean, La nuit au Musée et Boulevard de la mort. J'ai adoré mon Harry Potter préféré, le 5. Mes deux coups de coeur : Jacquou le Croquant, film de Laurent Boutonnat, après le livre d'Eugène Le Roy et la série télévisée qui fit un carton en terme d'audiences dans les années 60. On sent que l'homme est également réalisateur des clips de Mylène Farmer, beaucoup de neige, de ralentis, de plans fixes sur des détails à la manière d'un clip. Mais le résultat est beau et 99fgrandiose, à la hauteur des plus grandes fresques épiques. Enfin, 99 francs. Ce film m'a d'abord rendu perplexe. À ma sortie de la salle de cinéma, je n'ai pu avoir un avis véritable pendant une semaine. Et finalement, je me suis rendu compte que, soit on n'aimait pas ce spectacle de bizzareries tragi-comiques servies par un Dujardin et un Quivrin en grande forme, soit on était au bord de la crise devant tant de génie, et que je faisais plutôt partie de cette deuxième catégorie. En tout cas, Jocelyn Quivrin, décédé il y a peu, fut de mes deux coups de coeur ! Une pensée pour un acteur capable de passer du Comte de Nansac, cinquantenaire qui fait régner la terreur sur ses terres au dix-neuvième siècle, à un publicitaire de 25 ans complètement déjanté.

 

2007_kylie_x_limited_edition_cover.jpgCôté musique, pas mal de R'n'B, moi qui n'en suis d'habitude pas très friand. Rihanna et son avalanche de tubes (pas moins de huit singles à l'album Good girl gone bad : Umbrella, Don't stop the music, Hate that I love you, Take a bow, Shut up and drive, Disturbia, Good girl gone bad et If I never see your face again), Kanye West et son Graduation, Alicia Keys et l'album As I am, avec son tube No One. Il y eut aussi le troisième album de Kings of Leon, Because of the time, le premier album de Mika, un ouragan avec les tubes Relax, Lollipop, Grace Kelly, Love today. La Bande Originale de Jacquou le Croquant, grande musique de film composée par Laurent Boutonnat et jouée par l'orchestre philarmonique de Prague. Enfin, tournons-nous vers la dance avec Alive du groupe Daft Punk enregistré à Paris Bercy et X de Kylie Minogue aux sons parfois expérimentaux qui en font son meilleur album avec Fever.

 

king-kong.jpgUne fois n'est pas coutume, terminons avec la littérature. Plus riche que l'année précédente, 2007 m'a fait découvrir En l'absence des hommes de Philippe Besson (Julliard), son premier roman où il met en scène un jeune homme vivant sa première amitié (et pas des moindres, puisqu'il s'agit de Marcel proust) et son premier amour avec le fils de la bonne, sur fond de Première guerre mondiale, 99 francs de Frédéric Beigbéder (Grasset), Inconnu à cette adresse de Kressman Taylor (autre classique sur la Seconde guerre mondiale avec L'ami retrouvé de Fred Uhlman), le perturbant mais ô combien jouissif King Kong Théorie de Virginie Despentes (Grasset), les pièces de théâtre Adultères de Woody Allen, le dur et beau Palestine d'Hubert Haddad (Zulma) et en summum d'humour : Et si c'était niais (Chiflet et Cie) où Pascal Fioretto s'amuse à pasticher (merveilleusement) les auteurs les plus lus en France (Nothomb, Lévy, Vargas, Grangé, Beigbéder, etc.).

 

TOP DU TOP :

- Jacquou le Croquant et 99 francs en DVD

- X de Kylie Minogue et Because of the time de Kings of Leon en CD

- King Kong Théorie de Virginie Despentes, Palestine de hubert Haddad et Et si c'était niais de Pascal Fioretto

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Samuel Benchetrit, Chroniques de l'asphalte

Publié le par Sébastien Almira

Le temps des tours, 1/5, Julliard, octobre 2005, 18 € ****

L'arrivée à Paris , 2/5, Julliard, août 2007, 18 € ****

L'amour, 3/5, Grasset, octobre 2010, 18 € ***

 

 

 

benchetrit.jpgTaxé de bogosse de la littérature, Samuel Benchetrit s'est également essayé au théâtre (Comédie sur un quai de gare, Julliard, 2001, et Moins 2, L'avant-scène, 2005) et au cinéma (J'ai toujours rêvé d'être un gangster). Son côté romanesque est désinvolte à souhait, comme en témoigne le titre de son premier roman, Récit d'un branleur (Julliard, 2000) et le langage des suivants. N'ayant pas lu ce premier roman, je ne peux que supposer que le niveau de langage est aussi outrancier que dans les Chroniques de l'asphalte et Le cœur en dehors (chronique ici).

 

bench1.jpgAlors en quoi consistent ces chroniques ? Et bien, notre auteur en herbe s'est mis en tête d'écrire ses mémoires. Ah ! La belle affaire ! Mais qu'a-t-on à raconter de sa vie lorsqu'on a trente ans et qu'on ne sait pas vraiment écrire ? Parce que, ne mentons pas, Samuel Benchetrit n'a rien d'un grand écrivain, il écrit comme un ado de quinze ans venant de réussir correctement son brevet. Mais cela tombe bien, puisqu'il raconte son enfance et son adolescence. Le ton est donc le bienvenue ici. Je me dois de redresser la barre avant que vous ne pensiez que je vais encore « casser de l'écrivain ». Au contraire, j'adore Samuel Benchetrit ! Ses livres, j'entends bien, car le personnage n'est pas aussi sympathique. Pour l'avoir rencontré à Brive l'année dernière, je peux vous dire qu'il s'agit d'un homme dont la nonchalance n'a d'égale que l'antipathie qu'il dégage. Ses livres, en revanche, sont une réelle partie de plaisir. Aucune contrainte intellectuelle, aucune prise de tête, aucun stress possible : lire Benchetrit, c'est ne plus penser à rien, se détendre et se mettre à rire peu.

 

bench2.gifLe premier tome retrace son enfance en banlieue parisienne sous forme de chapitres-souvenir indépendants les uns des autres. On découvre la vie du petit Bench' à travers les habitants de la tour, de la grosse Nathalie du 5° qui veut se venger de son ex au petit Touré du 11° qui insulte tout le monde de sa fenêtre en passant par les correspondants italiens chamboulés par le manque certain de bourgeoisie de l'endroit. Ses potes, les filles, les cours, les grands frères, les dealers, tous y passent, pour notre plus grand plaisir.

Dans le second tome, Samuel a quitté sa cité pour la capitale où il espère vivre de sa passion : la photo. D'espoirs en déceptions, de rencontres en engueulades, Benchetrit en remet une couche. Le principe est exactement le même que dans le premier tome, mais son personnage a grandi, les filles gagnent en importance, même Mme Foutin (chapitre culte) !

Si les deux premiers tomes m'avaient enchanté, j'étais on ne peut plus heureux d'apprendre que le troisième était enfin paru ! Adieu Julliard, bonjour Grasset ! Mais là encore, on ne change pas une formule qui a fait ses preuves. Couverture, dessin, charte graphique, construction du récit, langage restent les mêmes. Petit retour en arrière cependant avec L'amour dans tous ses états. L'amour, tout le monde y a droit, aussi Samuel Benchetrit raconte celui de chacun, son meilleur pote, sa voisine, mais aussi « l'élève le plus moche depuis l'invention de l'éducation nationale ». Le propos amène quelques situations cocasses, le rire ne vient plus aussi souvent qu'auparavant, mais l'ensemble reste satisfaisants pour les inconditionnels.

 

bench33.jpgAmateurs d'humour peu tarabiscoté, à la recherche de moments de détente, accompagné d'un bon sirop (ne grandissons pas trop vite, suivons le petit Bench'), ouvrez n'importe lequel des trois volumes, lisez un chapitre au hasard (pas plus de vingt pages écrites en gros caractères, promis !), vous verrez bien que je n'ai d'actions ni chez Julliard, ni chez Grasset, que tout est vrai, que trois heures de plaisir coûtent seulement 18 € (5 € en poche).

Amateurs de grande littérature, à la recherche du prochain Céline, du prochain Vargas Llosa ou du prochain Dostoïevski, ne souhaitant pas vous embourber dans quoi que ce soit de trop peu sérieux, passez votre chemin... ou profitez-en pour enfin vous accorder un instant de répit et de rigolade intense !

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Coups de Cœur 2006

Publié le par Sébastien Almira

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Cette troisième édition sera placée sous le signe de la comédie. Vous pouvez toujours cliquer sur les titres, vous y trouverez peut-être une critique !

 

meryl.jpgMa star de l'année : Meryl Streep, magistrale dans Le Diable s'habille en Prada (avec Anne Hataway) et Petites confidences à ma psy (avec Uma Thurman). La Doublure, énième apparition de François Pignon, avec Gad Elmaleh et Dany Boon m'a également beaucoup fait rire. Pedro Almodovar et Sofia Coppola, chouchous du public à Cannes repartent sans Palme d'Or mais la tête haute avec Volver et Marie-Antoinette. Enfin, Luc Besson frappe double avec Angel-A en début d'année, en noir et blanc pour des images somptueuses dans Paris avec Jamel Debbouze à contre-emploi et Rie Rasmussen pour un conte taxé de ridicule par la critique, et en fin d'année avec le premier volet d'Arthur et les Minimoys, qui ravira les enfants et même les adultes !

 

 

muse.jpgQuelques disques très différents ont fait mon année musicale. Tout d'abord la découverte des Scissor Sisters avec Ta-Dah et d'Emilie Simon avec Végétal, magiques ! La surprise d'aimer Diam's, dont j'avais détesté DJ. L'album Dans ma bulle reste, pour le non-amateur de rap que je suis, un de mes coups de cœur rap, tout en subtilité, en violence des phrasés et en frissons (Ma France à moi, Feuille blanche, Car tu portes mon nom, TS, etc.). Le mouton noir de Placebo, Meds, m'enchante apparemment plus que le monde entier ne le voudrait : je lis avec stupéfaction ça et là que même Placebo regrette cet album. Enfin, mes deux coups de coeur de l'année : avec Black Holes and Revelations, entre rock et electro, Muse atteint la consécration ; avec Back to basics, Christina Aguilera continue de se démarquer de sa rivale de toujours, Britney Spears et propose un double disque hommage au jazz et à la soul des années trente fascinant. Une voix hors du commun dont elle fait ce qu'elle veut plane sur des sons jazzy-electro prêts à vous ensorceler !

 

 

claudel.jpgAnnée faste pour la littérature. Je me délecte d'un deuxième Shan Sa, Les Conspirateurs (Albin Michel) ; d'un premier Muriel Spark, À bonne école (Gallimard) ; d'un premier Tahar Ben Jelloun, Partir (Gallimard) ; du Monde sans les enfants de Philippe Claudel (Stock) et du Visiteur d'Eric-Emmanuel Schmitt (Albin Michel).

 

 

 

 

TOP DU TOP :

- Angel-A et Petites confidences à ma psy en DVD

- Black Holes and revelations de Muse et Back to basics de Christina Aguilera en CD

- Le Visiteur d'Eric-Emmanuel Schmitt et Le Monde sans les enfants de Philippe Claudel

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Coups de Cœur 2005

Publié le par Sébastien Almira

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Deuxième volet de mes grandes aventures culturelles : l'année 2005 !

Cliquez sur les titres, une critique sera peut-être disponible ailleurs sur le blog !


 

charlie.jpgCommençons encore par le cinéma, avec les films d'action, de sciences-fictions et les thrillers. Cette année, j'ai beaucoup aimé Dragon Rouge, premier volet de la trilogie Hannibal Lecter (Hannibal, les origines du mal étant loin d'être indispensable, je me restreins à la trilogie initiale), Hannibal et Le silence des agneaux, justement. Pas friand pour un sou de films d'épouvante, je reconnais néanmoins que cette trilogie avec Anthony Hopkins en cannibale exquis et époustoufflant (bien qu'elle ne soit pas vraiment à classer parmi les films d'épouvante) reste impressionnante et de très bonne qualité. Il y a eu une autre saga : Star Wars, regardée en quelques semaines, époustouflante. Et enfin Charlie et la chocolaterie de Tim Burton, tout en couleur et en gourmandises !

doubtfire.jpgEn vrac, les comédies de l'année ont été, pour moi, Closer, entre adultes consentants (Julia Roberts, Jude Law, Nathalie portman, Clive Owen), chassé-croisé de couples en mal d'amour ; Les poupées russes ; une autre suite, La Coccinelle revient, certes moins enthousiaste que les vieux et excellents films ; Palais Royal de Valérie Lemercier et le revisionnage de Mrs Doubtfire et du Dîner de cons, drôlissimes et cultissimes !

 

 

AQLEn 2005, la musique prend plus de place, même si elle n'est pas forcément meilleure : Madonna nous faisait danser avec ses Confessions on a Dance floor, pas très recherché mais néanmoins assez bon (Hung up, Sorry, Get together, How high) suivies d'une tournée à records. Mariah Carey proposait enfin quelque chose de bon sous un titre paradoxalement pathétique : The emmancipation of Mimi (We belong together, Mine again,, One and only, Circles). La Femme Chocolat (Olivia Ruiz) débarquait sur les ondes pour ne plus nous quitter. Depeche Mode revenait au meilleur de sa forme (Playing the Angel) et Mylène Farmer sortait Avant que l'ombre..., son album passé le plus inaperçu et pourtant pas mauvais du tout (Avant que l'ombre..., Fuck them all, Porno Graphique, Et pourtant, Nobody knows) qui préfigurait 13 Bercy gigantesques à partir du 13 janvier 2006 comptant 13000 spectateurs chaque soir.


 

Enfin, côté livres, l'année fut moins pleine mais ô combien excellente ! Seulement quatre roman qu'il vous faudra dévorer sans hésiter :

souffleurs.gifÔ Verlaine ! de Jean Teulé chez Julliard (ou la biographie romancée écorchée vive, comme le poète), La joueuse de Go de Shan Sa chez Grasset (Prix Goncourt des Lycéens), Les souffleurs de Cécile Ladjali chez Actes Sud (ou l'histoire de frère et sœur qui se sont aimés passionnément jusqu'à la haine et qui se retrouvent à Venise, se faisant concurrence avec leur propre troupe de théâtre, l'un jouant Shakespeare, l'autre Racine. Une écriture renversante pour un roman fantastique et hors du commun ! Gros, gros, gros... Gros coup de cœur !) et mon summum nothombien Acide Sulfurique chez Albin Michel, pamphlet contre la télé-réalité où celle-ci se retrouve poussée à son paroxysme puisque l'auteure invente une émission se passant dans un camp de concentration...


 

TOP DU TOP :

- Mrs Doubtfire et Le dîner de cons en DVD

- Avant que l'ombre... de Mylène Farmer et La Femme Chocolat d'Olivia Ruiz

- Acide Sulfurique d'Amélie Nothomb et Les souffleurs de Cécile Ladjali

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Brève de comptoir : Les prix littéraires, cette année, me font de la peine.

Publié le par Sébastien Almira

 À chaque rentrée littéraire sa flopée de prix littéraires. L'an dernier Gallimard, qui obtenait son énième Goncourt, donnait une fois de plus raison au célèbre « GalliGrasSeuil » qu'on entend souvent dans le métier.

 

GalliGrasSeuil, qu'est-ce que c'est ?

 

D'abord, une réalité littéraire. Gallimard, Grasset, Le Seuil et leurs rejetons raflent à eux trois la majorité des prix littéraires, toutes saisons confondues.

 

Ensuite, un fléau pour les auteurs publiant hors de l'équipée en or. Certains tentent d'y remédier par tous les moyens en rejoignant l'un des trois apôtres éditoriaux (cf Samuel Benchetrit de Julliard à Grasset, Christine Angot rebutée chez Gallimard essaie Le Seuil, etc.).

 

La-Carte-et-le-territoire-copie-2.jpgEnfin, une terrible machination. Tout le monde sait bien que les prix n'ont plus aucune valeur depuis que les éditeurs ont placé leurs pions dans les jury. Leurs petits soldats votent alors selon les consignes des Rois. Consignes rédigées après ententes et mésententes frauduleuses entre éditeurs. « - Trois pions pour Gallimard, et on t'en file deux pour toi au Médicis ! - Ah non ! Deux contre deux. - Bon alors, deux POL au Fémina contre deux Grasset au Médicis, c'est bien ça ?! - Ouais ça marche. » Mais Gallimard se débrouille avec une autre maison pour avoir trois voix au Médicis. Et Grasset n'est pas très content parce que c'est Verticales qui remporte le Médicis. Gallimard, maison mère de POL et Verticales, a donc bien roulé Grasset cette année. « Tes deux pions votent Flammarion ici, et je t'offre trois pions pour Grasset là-bas ! Succès garanti pour toi alors qu'ici t'as aucune chance ! » Et voilà comment Virginie Despentes a dû se contenter du Renaudot pour que Houellebecq ait enfin son Goncourt, aussi peu mérité soit-il. C'est un bien contre un mal.

 

Le Seuil décroche quant à lui le prix de Flore pour Abdellah Taïa et son Jour du Roi. Deuxième prix cette année pour Flammarion grâce à Frédéric Schiffter (prix Décembre). L'Académie française a quant à elle décerné son Grand prix du Roman à Eric Faye, l'histoire d'un homme qui se rend compte qu'une clocharde s'est fait un double des clefs et vit chez lui. Sensationnel...

 

Heureusement, les lycéens sont là qui, eux ne votent pas pour une maison d'édition, mais pour leur plaisir de lecture. Ils offrent à Mathias Énard, déjà couronné du prix Inter pour Zone il y a deux ans, son Goncourt. Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants (Actes Sud) l'a emporté au deuxième tour de scrutin par six vois contre trois à Fouad Laroui (Une année chez les Français, Julliard) et deux à Virginie Despentes (Apocalypse bébé, Grasset, dont le bandeau RENAUDOT sera ridicule une fois affublée de la couverture du livre).

 

 

MAJ 13/11/2010 :

Je viens de tomber sur cet article de Pierre Jourde que je ne peux m'empêcher de partager avec vous :

http://bibliobs.nouvelobs.com/blog/pierre-jourde/20101110/22348/des-prix-litteraires-habilement-peints-en-livres

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