Jérôme Garcin, L'écuyer mirobolant, roman, 170 pages, Gallimard, janvier 2010, 15,90 € *

Publié le par Sébastien Almira

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Le titre déjà prête à sourire. L'écuyer mirobolant, un brin moyen-âgeux, un brin campagnard, un brin de paille dans la rentrée littéraire de janvier qui, cette année, se décale sur le mois de mars. En effet, ce n'est pas en janvier qu'on trouve le plus gros de la rentrée, mais ce mois-ci avec Eric-Emmanuel Schmitt, Patrick Modiano, Paul auster et le mois prochain Katherine Pancol et Guillaume Musso, qui ne font pas partie à proprement parler de la rentrée, mais qui préparent plutôt le terrain à l'été avant le raz-de-marée prochainement provoqué par Marc Lévy...

En tournant le livre, on rit carrément.

"En équitation comme dans l'armée, Etienne savait combien c'eut été vain de vouloir casser les rebelles, soumettre les acariâtres, et qu'il était impossible d'atteindre la légèreté par la force, le brillant par la colère. Même les étalons les plus impérieux, il ne les avait pas combattus. Au contraire, il n'avait eu de cesse de vouloir les comprendre pour mieux s'en faire des alliés. Quel que fut le cheval, il n'aspirait qu'à se passer des aides. Il rêvait en effet de régner sans poids ni appuis, par le seul souffle de la botte, la caresse du cuir, la profondeur de l'assiette. Monter n'était plus alors une activité physique, c'était une pensée pure, un acte de foi."

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On ne peut que rire de cet extrait justement si campagnard, dans lequel on apprend qu'Etienne ne combat pas, "même les étalons les plus impérieux". Non, Etienne préfère s'en faire des alliés. Mais des alliés pour quoi ? Pour combattre qui ? Quoi ? Monter est un acte de foi, une activité psychique plus que physique pour le héros de Garcin, on se rend alors compte de l'ampleur de la tâche. On tient là, entre nos doigts, une apologie de l'équitation, un ode à la balade champêtre, une prière, une déification du cheval ! On se rend compte de ce que l'on s'apprête à lire.
On se rend également compte du style de l'auteur, certes pas mauvais, certes même assez bon. Mais peut-être aussi trop bon et, par là-même, plus si bon que ça. En effet, à force d'aligner les tournures de phrases alambiquées, les termes techniques de l'équitation et les mots de liaison ("et", "même", "au contraire", "en effet", "alors"), le style élégant et soutenu de l'auteur devient vide lourd et approximatif. Et ça nous fait peur aussi.

On se dit que c'est Gallimard, on se dit que c'est Jérôme Garcin, on se dit qu'il a quand même reçu plusieurs prix. Mais on finit la quatrième de couverture et on se dit qu'il a quand même aussi écrit La chute de cheval, Bartabas et Cavalier seul...

Mais on ne peut croire que Gallimard chasse sur les terres des Presses de la cité et de De Borée, on ne parvient pas à imaginer Gallimard publier des romans du terroir, non on ne peut pas. Alors on fait confiance à l'image de l'éditeur, et on se décide à ouvrir le livre.

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L'épigraphe n'encourage pas la lecture ("Toujours le cheval ! Tout ce qui m'est arrivé de bon m'est venu par le cheval."). On tourne la page quand même. on y apprend que l'histoire commence à Dax en janvier 1949, on n'est même pas au Moyen-Âge...  Et là commence la succession d'innombrables phrases à la Christian Signol pastiché par un Pascal Fioretto en forme (donc, en pire), toutefois servies par plus de style et de bagou. comme en témoigne la première, page 13 ("On aurait dit que, venu pour l'occasion du désert africain, un dromadaire blatérait derrière le mur et faisait l'intéressant mais ce n'était que l'ébrouement rauque d'un cheval de trait sonné par l'hiver gascon.") ou encore, à la page 170, "La journée avait été harassante. Elle avait commencé très tôt. une de ses meilleures juments avait pouliné au petit matin. La tête, d'un joli gris cendré, était apparue, suivie des antérieurs et enfin des postérieurs. Précis, rapide, Philippe avait désinfecté e cordon à la teinture d'iode et l'avait ligaturé avec du gros fil."

On se croirait plus dans un documentaire animalerie sur Arte que dans un roman publié en une rentrée de janvier chez Gallimard.

On assiste également à l'avalanche d' "on aurait dit que" et d' "on eut dit que", comme si Garcin ne savait pas formuler ses comparaisons par un autre moyen que celui, lourd à souhait, utilisé à tort et à travers par des enfants en bas âge, certes remodelés dans les temps du passé. Alors, le style et le vocabulaire ont beau être un minimum recherchés (quelques fois), mais le résultat ne se fait sentir qu'à moitié pour qui se plait à aimer le beau style en littérature, et pas seulement chez les classiques. Nombre de contemporains usent d'un vocable recherché sans pour autant paraitre involontairement pompeux et approximatif, comme en témoignent Jean-Pierre Ohl (chez Gallimard) ou encore Cécile Ladjali (Actes Sud), liste loin d'être exhaustive.

Avec tout ça, je n'ai même pas causé synopsis. L'histoire ne commence pas, comme je l'ai cru à la première page en 1949 car Jérôme Garcin sait se servir d'analepses dans son récit pour rendre hommage au Capitaine Etienne Beudant (1863-1949) dans un roman qui n'en a le nom que par sa fin imaginaire. Il conte son histoire, de ses vingt-quatre ans à sa mort, de son entrée à la prestigieuse école de cavalerie de Saumur créée en 1825 par Charles X au 16 janvier 1949, jour de son enterrement et, treize ans plus tard, dans un épilogue où évolue Philippe Meurdrac, l'homme qui a découvert à ses dix-sept ans la jument de Beudant dans son pré, qui l'a  sauvée des griffes des Allemands et l'a prise sous son aile.

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Voilà donc ce qu'on trouve dans ce livre qui nous a fait sourire, puis rire avant de l'ouvrir. Un hommage à un passionné de chevaux écrit dans une langue parfois élégante, souvent désespérante, publié par un Gallimard qui nous avait habitué à beaucoup mieux ces dernières rentrées (septembre 2008 : Jean-Baptiste Del Amo, Une éducation libertine ; Tristan Garcia, La meilleure part des hommes ; Jean-Pierre Ohl, Les maîtres de Glenmarkie ; septembre 2009 : Alain Blottière, Le Tombeau de Tommy ; Marie NDiaye, Trois femmes puissantes, etc.). A laisser aux passionnés d'équitation et d'Etienne Beudant.

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Julie Grelley, Anges, roman, 180 pages, Albin Michel, janvier 2010 **

Publié le par Sébastien Almira

Depuis le succès d'Amélie Nothomb et de ses vrais romans romanesques (pas ses autobiographies déguisées qui ravissent tant le grand public), il parait chaque année son lot de premiers romans, plus ou moins prometteurs, de la même veine. Une écriture incisive, un zeste de cynisme pour porter un petit roman déjanté, et beaucoup de dérision (ou pas). La sauce ne prend pas toujours, mais la recette reste la même et, Albin Michel et P.O.L. en tête, les éditeurs cherchent de nouvelles pouliches assez dérangeantes pour se faire remarquer dès leur premier roman.

grelley2.jpgP.O.L. enchante avec Truismes de Darrieussecq, qui ne propose malheureusement plus que des maigres récits blancs dignes de l'école Gallimard, et plus récemment avec Une fille du feu d'Emmanuelle Bayamack-Tam.
Quant à la maison Albin Michel, elle est toujours en quête de nouvelles Nothomb prêtes à faire subsister leur économie pour les années à venir. La rentrée de septembre 2006 a vu naître la divine Max Monnehay qui publiait alors Corpus Christine (où un homme victime d'un accident travail se fait séquestrer par la femme qu'il aime) et dont j'attends toujours aussi impatiemment une nouvelle merveille. En celle de 2010, il y a Julie Grelley, de quinze ans l'aînée de Max, qui la remercie à la fin de ses Anges. J'attendais d'ores et déjà beaucoup de cette nouvelle recrue.


"Seigneur, permets-moi de trouver un ange. Un ange qui serait à moi pour toujours. Et à qui Colline appartiendrait. Un ange qui n'aurait d'yeux que pour mon âme. Et caresserait mes cicatrices du bout de ses ailes. Un ange sans pêché. Un ange sans désir. Un ange sans sexe."

"Dans son corps. Dans son esprit. Dans mon âme." Il y a cette narration un temps presque incompréhensible, à laquelle on finit par s'habituer, menée par l'âme de Colline, celle-là même qui utilise la troisième personne pour parler de celle qui agit, de celle qu'elle est devenue, de son corps. Il y a du Catilinaires et de l'Attentat de Nothomb dans ce roman, comme dans Une fille du feu. Il y a ce travail sur l'obsession de la beauté. Des personnages qui la vénèrent ou l'exècrent. À l'instar de l'héroïne de Bayamack-Tam, celle de Grelley s'aime détestable, jusqu'à s'enlaidir, s'abîmer, se détruire elle-même. On trouve dans ces romans autant de belles femmes au sens universel du terme que d'autres, laides, obèses, voire difformes. Il y a cette dimension quasi mystique du beau et du laid, allant jusqu'au culte. L'apparence, qu'elle soit délectable ou détestable, est un personnage de premier plan pour les trois auteures.

Alors qu'elle n'était qu'adolescente, Colline est rapidement devenue la coqueluche des plus grands couturiers et photographes degrelley1 mode, acquérant le statut de model et de modèle de toute une génération. On la demande de tout côté, la planète est à ses pieds, prêt à la déifier. Mais ce monde, pas plus que le culte qui est dévolu, ne l'attire, ni ne la touche. Du jour au lendemain, sans autre raison, elle arrête tout. Elle arrête tout, se mure dans le silence, brûle l'argent amassé grâce au mannequinat (8,5 millions de francs, tout de même) dans la porcherie de la ferme familiale.
Elle pousse plus loin encore, s'enlaidissant jour après jour. Lynn, le mannequin, n'est plus. Place à Colline ! Les cheveux blonds sont teints en noir, les yeux bleus cachés sous des lentilles marrons, les doigts volontairement cassés, le visage déchiré... Il n'est rien que Colline ne refuse de s'affliger afin de ne plus être Lynn.
Elle n'a alors plus qu'une raison de vivre : posséder un ange. Nulle pédophilie dans sa quête. Saint Michel et le Christ sont là, qui l'aident et la conseillent. Elle sera une Enfant de Dieu grâce à son ange. On ne peut ne pas saisir le but mystique de la mission dont elle se croit investie, mais le fait est là, elle veut un ange, et compte assouvir ce besoin par tous les moyens.
Mais les essais ont tous un goût de défaite, la menant jusqu'à la prison. Après quoi elle refait sa vie, embauchée dans une quincaillerie à trois rues de la pension Saint-Joseph où étudie David, blondinet à la voix de pucelle que Colline choisit instantanément en le voyant et l'entendant chanter.
Elle l'approche en se faisant passer, par téléphone, pour une pensionnaire et apprend ainsi qu'il souhaite devenir chanteur d'opéra. La purification ne devrait donc pas le gêner : pour devenir son ange, le garçon doit être amputé de tout attribut masculin...


Des allures de polar pénètrent alors le récit qui nous tient en haleine, non par voyeurisme ou perversité. Le propos est dérangeant, le style aussi. Mais on n'atteint pas la barre placée haute par Nothomb et Bayamack-Tam. Julie Grelley crée un monstre malgré lui, évoluant dans un premier roman aux qualités littéraires notables, mais pas des plus remarquables. On se laisse tout de même happer par cette histoire de Belle devenant Bête qui ne hantera pas nos cauchemars bien longtemps.

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Boris Bergmann, 1000 mensonges, roman, 110 pages, Denoël, janvier 2010, 13 € *

Publié le par Sébastien Almira

Pour la rentrée littéraire de janvier 2010, c'est le jeune Boris Bergmann qui ouvre le bal. Pour le meilleur... et pour le pire.


bergmann1.jpgMytho est un menteur. Il fuit la maitresse qui le délaisse et, sous prétexte de vouloir repartir à zéro, il s'invente une vie, mille vies, par le biais de ces mille mensonges, à LadyLongSolo, la ville de la deuxième chance. Mais il rencontre Sophie, qui bouleversera forcément tous ses plans.

 

Voici le synopsis plutôt banal du troisième roman de Boris Bergmann, remarqué en 2007 par Scali avec Viens là que je te tue ma belle. Il était alors le plus jeune auteur de la rentrée de septembre. Pour celle de janvier 2010, ce sont les éditions Denoël qui misent sur lui, plutôt à tort qu'à raison, avec le troisième roman d'un jeune écriteur de livre adolescent qui se prend pour un vieil écrivain de grande littérature.

"Etait-il, ce grand amour, comme ce premier baiser, trop rapide, baveux, bruyant, dégoûtant mais beau, terriblement beau ? Elle s'appelait... je ne sais plus. Ma mémoire me joue des tours.
Lorsque j'ai plongé mon esprit dans l'eau noire de cette question, un souvenir m'a permis de remonter à la surface : le souvenir de ma vie
."

Construit entre phrases grammaticalement correctes mais pas évoluées pour un sou (c'est là que l'on se souvient son âge et que l'on se demande si sa famille ne connait untel ou un autre dans le milieu de l'édition parisienne) et d'autres trop travaillées (c'est là qu'il joue au grand écrivain) pour être vraies, le récit en devient dépitant, à la limite du ridicule.

"Les souvenirs s'accrochent facilement à la peau et le meilleur des savons n'arrive pas à les faire partir", une phrase simple qui mêle si bien les deux écritures du jeune Boris. Hésitant entre un "Les souvenirs collent facilement à la peau mais le meilleur des savons n'arrive pas à les faire partir" et un "Les souvenirs s'accrochent aisément à la peau et le meilleur des savons ne parvient pas à les en détacher", il nous prouve son manque de culture et d'expèrience littéraires.
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La quatrième de couverture vante le "récit d'une fuite en avant initiatique, réflexion sur la traversée du fantasme et de l'assomption à soi-même (qui) revisite de manière très singulière certains mythes fondateurs de la littérature, l'amour, l'inceste, le suicide, avec une tonalité fiévreuse et hallucinatoire qui n'est pas sans faire échos aux grands textes de la tradition surréaliste."

Rien que ça ! Argumentaire à la hauteur du livre, aussi pompeux, singulier et manquant de finesse. On peut également remarquer l'excellente orthographe de Boris Bergmann, des lecteurs, des correcteurs et des éditeurs des éditions Denoël : "peu importe leur nom, ceux sont tous des vampires assoifés de talent."
Pardonnez Boris, il n'a pas terminé ses études.

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Le meilleur de 2009 en musique, cinéma et littérature !

Publié le par Sébastien Almira

C'est parti ! Le début d'une nouvelle année signifie la fin d'une autre. C'est donc l'occasion de se souvenir et de faire partager ce qu'on a adoré ces douze derniers mois !

Pour la première fois, je vous demanderai de participer d'une nouvelle façon. Comme d'habitude, vous pouvez bien entendu donner votre avis sur mes coups de coeur mais, là, vous pourrez également donner les vôtres par commentaire.
Merci de votre participation, nombreuse je l'espère !

 

 

 Cinéma :

mary-et-max.jpg- Gran Torino, de Clint Eastwood (critique) *****

- Slumdog Millionaire, de Danny Boyle (
critique) *****

- Coraline, de Henry Sellik (
critique) ***

- Neuilly, sa mère !, de Gabriel Julien-Laferrière (
critique) ***

- Inglourious Basterds, de Quentin Tarantino (
critique) *****

- Ponyo sur la falaise, de Hayao Miyazaki ***

- Mary et Max, de Adam Elliot (DVD le 09 février) *****

- Arthur et la vengeance de Maltazar, de Luc Besson (DVD mi-2010) ****



Musique :
farmer.jpg- N°5 On Tour, de Mylène Farmer (
tournée et Stade de France) *****

- I look to you, de Whitney Houston (
critique) ***

- Celebration, de Madonna (Best Of) (
critique) ***

- SOS, de Diam's (
article) ****

- One Love, de David Guetta ***

- The Fame Monster, de Lady Gaga ***

- Music For Men, de Gossip ****


Littérature :
gaiman.jpg- Complices et comparses, de Muriel Sparks (Gallimard) ****

- L'étrange vie de Nobody Owens, de Neil Gaiman (Albin Michel Wizz) ****

- Le Tombeau de Tommy, d'Alain Blottière (Gallimard) (
critique) ****

- Le coeur en dehors, de Samuel Benchetrit (Grasset) (
critique) ****

- Hors Champs, de Sylvie Germain (Albin Michel) (
critique) ****

- La délicatesse, de David Foenkinos (Gallimard) (
critique) ****

- La Fabrique (BD, tome 1), de Peb et Feb (
critique) ****

- Cadence, de Stéphane Velut (Christian Bourgois) (
critique) ****


A vous !

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Pêle-mêle d'informations et de vérités aussi intéressantes que rigolotes

Publié le par Sébastien Almira

Pour cette fin d'année, je vous fait partager le meilleur de ces petites phrases, entre perles d'histoire et de droit ou drôleries sexuelles, que vous trouverez en intégralité dans le groupe facebook (ici) ou sur le site original (ici). En attendant un nouvel article critique, riez bien et passez de bonnes fêtes !




- En Indonésie, la masturbation est punie par la décapitation.

- Le chapitre 14, Section 1211 du Code Pénal Américain rend illégal pour les citoyens américains d'avoir tout contact avec des extraterrestres.

- Une personne passe en moyenne 6 mois de sa vie assis devant un feu rouge.

- Chaque année, 11.000 Américains se blessent en essayant des positions sexuelles bizarres.

- 10% des revenus du gouvernement russe vient de la vente de vodka.

- 50% des ours polaires femelles ont aussi un pénis.

- A Hongkong, une femme peut tuer son mari adultère, la loi l'y autorise, mais elle peut le faire seulement à mains nues.

- Jusqu'en 1929, il y avait de la cocaïne dans le Coca cola.

- Couché sur le dos et en élevant doucement les jambes, vous ne pouvez pas vous enfoncer dans des sables mouvants.

- Vous avez plus de chance d'être frappé par la foudre que de gagner au loto.

- En moyenne 650 parisiens par an sont hospitalisés car ils ont glissé sur une crotte de chien.

- Dans une ville du Wisconsin, une loi dispose qu'un homme ne doit jamais tirer un coup de feu en l'air lorsque sa femme a un orgasme.

- Vous marcherez au cours de votre vie l'équivalent de 3 fois le tour du monde.

- La hauteur de la tour Eiffel peut varier de 15 cm selon la température.

- En moyenne l'homme va manger environ 50 kilos de poussière dans sa vie.

- Si vous mangez un chewing-gum en épluchant des oignons, cela vous empêchera de pleurer.

- Une loi dans le Massachusetts interdit d'avoir un gorille sur le siège arrière de sa voiture.

- Les dessins animés de Donald Duck ont été interdits en Finlande, car il ne portait pas de pantalon.

- Dans le Kentucky, une personne est considérée comme sobre tant qu'elle n'est pas à terre.

- En moyenne, chaque année 100 personnes s'étouffent avec un stylo.

- D'après la loi en Floride, on ne peut pas faire l'amour à un porc-épic.

- Plus de personnes sont tuées par des ânes chaque année que dans des crash aériens.

- On considère qu'un livre a bien été corrigé lorsqu'il contient moins de sept fautes.

- A Natoma (Kansas), il est illégal de lancer un couteau sur les personnes portant un tee-shirt à rayures.

- La vitesse moyenne, d'un escargot adulte est d'un millimètre par seconde, soit six centimètres par minute.

- Le céleri est si peu calorique qu'il va vous couter plus de calories en faisant l'effort d'en manger que ce qu'il va vous rapporter.

- D'après la loi en Georgie, un poulet a interdiction de traverser la route.

- Nous dormons environ 1/3 de notre vie. (soit 202 300 heures ou un peu plus de 23 ans).

- Le feu le plus long du monde (sur la durée) brula durant 437 ans dans une houillere chinoise de la province du Sichuan. Il consuma plus de 127 millions de tonnes de charbon, et fut eteint le 25 novembre 1997.

- Pour échapper à l'emprise des mâchoires d'un crocodile, poussez vos pouces dans ses yeux - il vous laissera partir immédiatement.

- Si l'on met une petite quantité d'alcool sur un scorpion, il deviendra instantanément fou jusqu'a se piquer lui-même et se donner la mort.

- Dans les textes de loi en Indiana, les singes n'ont pas le droit de fumer.

- En une vie une femme avalera en moyenne 3kg de Rouge à lèvres.

- D'après la loi en Californie, il est proscrit de monter un piège à souris sans permis de chasse.

- Il y a plus de personnes tuées chaque année par des noix de coco qui tombent de l'arbre que par des attaques de requins

- Dans l'Utah, il est interdit de faire l'amour en pleine lumière.

- A Washington, dans la ville d'Auburn, déflorer une femme vierge est passible de 5 ans d'incarcération.

- Entre le Japon et la Russie, la 2eme guerre mondiale n'est officiellement pas finie, ils n'ont pas fait de traité de paix.

- En moyenne, 12 nouveau-nés sont donnés aux mauvais parents tous les jours.

- En Alabama, il est interdit de conduire les yeux bandés et de mettre du sel sur les voies ferrées sous risque de peine de mort.

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Stéphane Velut, Cadence, roman, 190 pages, Christian Bourgois Editeur, août 2009, 15 € ****

Publié le par Sébastien Almira

Non, non, je n'ai pas fui ce blog ! Même si je l'ai "délaissé" pendant un mois, il est toujours là, et moi avec. Avec en prime un nouvel article littérature. Un roman de la rentrée publié chez Bourgois, que j'aurais plutôt vu chez un Albin Michel en forme, un Gallimard version rentrée 2008 (de belles prises de risque en ces mois d'août et septembre) ou encore un POL.


cadence2Tout commence en février 1933 à Munich lorsque le narrateur est investi d'une mission de la plus haute importance : peindre la toile qui donnera espoir au peuple allemand, faire d'une fille aux boucles blondes l'icône d'un pays en chute libre, dorer le blason d'un homme qui monte pendant la crise à coup de propagande.
Mais le peintre ne croit pas en Hitler, pas plus qu'en les hommes "ordinaires". Il ne le fait pas non plus pour l'argent qu'il touchera à la fin des sept mois prévus pour la création et la livraison de l'oeuvre. Non, il nourrit de bien plus grandes ambitions.


"Elle avait des émotions (et) ses émotions avaient un petit effet sur moi. Et cela m'était insupportable, je n'avais rien prévu de tel. Avant de la voir, je l'avais imaginée finie toute à moi, sage et asservie. Mais la petite s'avérait encore loin d'être à moi totalement, elle était encore pétrie de ses souvenirs et de ses peurs, incapable de devnir pleinement mon jouet. Elle arrivait parasitée par la vie. Il fallait que je la vide. (...) Elle n'avait besoin d'aucun passé pour ce qu'elle allait devenir."

Le ton est donné, la trame lancée. On découvre au fil du récit ce que le peintre désire faire de la fille qui lui est offerte en modèle et non pas en objet, comme il le désire et comme il l'entend.

"Le silence serait le seul moyen de parvenir à mes fins. Que je la laisse ainsi dans l'ignorance de mon projet, inquiète, attentive à tous mes gestes, et elle finirait bien par ne plus penser qu'à cela, comme moi."

Comme nous. Ce silence dosé nous emprisonne dans la Cadence de Stéphane Velut, attentifs à tous ses mots. Et on finit par ne plus penser qu'à ça, comme lui, comme elle.

Avant, il peignait des vieillards, des fous. Debout, nus, grandeur nature. Mais "ce n'était plus convenable". Plus personne ne s'intéressait à lui, à son travail, il n'était plus exposé nulle part. "Car la variante, ce qui vous fait quelque peu singilier, a vite fait de vous rendre abject aux yeux des gens quelconques." Alors, il avait sauté sur l'occasion. Il pourrait peindre, mais ça l'intéressait peu désormais. Ce qui lui importait, c'était son projet, qu'il pourrait enfin réaliser.

"Je pensais que deux mois pour façonner mûrement l'ensemble et le réaliser nous suffiraient. Un temps qui s'annonçait de pur délice. Ensuite je la peindrai, Hitler pouvait attendre."

Avec la complicité de Wermer Troost, "le plus grand prothésiste de l'Allemagne", il mène à bien son projet, dont il nous dévoile cadence1les pendants à petites doses.

"Nous nous accordâmes sur les cuirs, les fixations diverses et les aciers polis qui offraient tout à la fois confort, esthétique et rigidité. Je laissai, en revanche, toute liberté dans les choix mécaniques. Les subtilités de fabrication de l'ensemble m'échappaient totalement."

Dans un style aussi poétique et soutenu qu'horrible et tranché, Stéphane Velut signe là un récit puissant, dont on ne connait la teneur que petit à petit. Inquiétant lorsqu'il commente à demi-mots l'oeuvre dont il est si fier au début de ce carnet qu'il écrit au moins de septembre. Suffoquant lorsque l'on comprend ce qui se trame au dernier étage du 18, à Betrachtungstrasse. Le premier roman du neurochirurgien et professeur d'anatomie de cinquante-deux ans est une des merveilles de la rentrée qui passent inaperçues, un conte cruel, un petit bijou d'horreur et de sensiblerie, à mi-chemin entre un Kafka et un Burton, sur fond de traque allemande que l'on connait, contée ici d'une manière assez particulière. Tout comme ce roman, très particulier, de ceux qui ne plairont pas à tout le monde, mais qui ont la carure d'un chef-d'oeuvre.


Après que le jury du Prix Virilo (blog) a jugé qu'il "ferait peur même en banlieue", Cadence a reçu le Prix Sade 2009.

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Pascal Fioretto, Et si c'était niais ? Pastiches, 210 pages, Chiflet&Cie, septembre 2007, 15€, Pocket, septembre 2008, 5,70€ ****

Publié le par Sébastien Almira

Avant de vous parler du livre en lui-même, sachez que les éditions Chiflet&Cie se rendent chaque année à la Foire du Livre de Brive. Il y a quatre ans, Pascal Fioretto y présentait Gay Vinci Code (merveilleuse parodie du Da Vinci Code, haute en couleurs et en éclats de rire !) et il était malheureux de voir que les visiteurs faisaient un écart à la vue de ce livre rose et gay. L'année suivante, il publiait Et si c'était niais, qui nous intéresse ici. Dès lors, plus de chichis, Fioretto gagnait en visibilité médiatique et en reconnaissance publique. Désormais, avec pas moins de six livres à son actif, plus personne n'a peur de s'approcher de son stand, et l'homme est toujours aussi sympathique avec ses lecteurs. Pocket a même repris à son catalogue Gay Vinci Code et Et si c'était niais, leur permettant une meilleure mise en place en librairie ainsi qu'un plus grand succès grâce au format poche (les offices ont même été centralisés chez Virgin ! C'est-à-dire que chaque librairie Virgin recevait systématiquement plusieurs exemplaires du livre lors de la première commande).



LA RENTRÉE LITTÉRAIRE ASSASSINÉE


Printemps 2007, la rentrée littéraire approche et Jean-Claude Chiflon s'inquiète. Les fax de sécrétions de Christine Anxiot, il les reçoit bien. En revanche, son manuscrit, il l'attend toujours. Que serait le mois de septembre sans sa nouvelle autobiographie ? Puis les fax cessent, les appels en pleine nuit également. Il déclenche alors une enquête mais l'affaire prend des proportions plus importantes lorsque d'autres auteurs à succès se mettent à disparaître à leur tour. Le commissaire Seberg et Glandard, son assistant mènent une enquête délicate qui, à travers de nombreuses épreuves, les amènera à découvrir le terrible secret qui risque à tout moment de faire exploser le monde littéraire.

 


Pascal Fioretto s'en prend à onze auteurs à succès français pour notre plus grand plaisir. La captivante intrigue policière suit son cours sous la plume de ses personnages principaux : une introduction philosophique de Denis-Henry Lévi, des descriptions de sécrétions de et par Christine Anxiot, une rencontre pour le moins étrange mais néanmoins drôlissime avec Mélanie Notlong, la niaiserie incarnée avec Marc Lévis, la rudesse et la vulgarité du langage français à travers la plume de Jean-Christophe Rangé, du sexe et des chiffres avec Frédéric Beisbéger, une bonne sieste avec Jean d'Ormissemon et un dénouement forçément larmoyant par Anna Galvauda donnent à ce chef-d'oeuvre (non, je n'ai pas peur des mots !) une dimension particulièrement drôle et jouissive. Un bel exercice de styles !

 

 

 

 

 


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Brèves de Brive

Publié le par Sébastien Almira

Ce week-end, se tenait, comme chaque année, la foire du livre de Brive-la-Gaillarde.

Laure Adler succédait à Frédéric Beigbeder, venu dédicacer sans grosse tête son Roman français couronné du Renaudot, à la présidence de la foire.

La grande absente de cette édition : Amélie Nothomb. La prêtresse des classements français est présente à Brive depuis Hygiène de l'assassin, son premier roman en 1992.

Sur le stand Albin Michel, on retrouvait toutefois Christian Signol, Didier Van Cauwelaert ou encore Eliette Abécassis et Stéphane Bern.

La star de cette édition ? Jacques Chirac, sans hésitation, dont les 1 500 exemplaires de ses mémoires chez Nil n'ont pas suffit. Etaient également de la partie François Hollande, Patrick Poivre d'Arvor et Mimi Mathy.

Nil n'est pas le seul éditeur à avoir mal évalué la foire de Brive et ses espérances de vente. François Hollande a dû s'arrêter à 500 exemplaires de Droit d'inventaires au Seuil , Lorent Deutsch a également dû partir avant l'heure car son Métronome surfe sur le succés de façon inattendue.

Mimi Mathy, seule personnalité sur le salon à tenir debout et entière dans son affiche, était protégée par cinq vigiles empêchant les photographe intempestifs de la prendre en photo.

Samuel Benchetrit, non content d'avoir quitté les éditions Julliard pour Grasset, a été on ne peut plus désagréable. Après tout, je suis un homme, il a peut-être souri à ses lectrices...

A l'inverse, Patrick Poivre d'Arvor a fait preuve de charisme, de gentillesse et de simplicité. N'est pas Grand qui veut. Le "p'tit bench" apprendra peut-être.

Les créateurs de la BD Pico Bogue, dont le troisième tome était présenté en exclusivité,  se sont montrés fort sympathiques avec leurs fans. La mère du dessinateur, la scénariste, n'hésitait pas à lâcher quelques blagues plus ou moins sages. Apparemment, c'est PPDA qui a la plus grande queue... Moi, je n'ai rien vu.

David Foenkinos, fidèle à lui-même, a dragué la gente féminine qui compose son public (90 % au bas mot).

Pascal Fioretto, dont le public grandit chaque année, est toujours heureux de discuter avec tout le monde. Il se murmure que Christian Signol n'aurait pas apprécié d'être pastiché... Pourtant, c'est drôle à en mourir !

Vincent Message, couronné du Prix Virgin-Lire Laurent Bonelli pour son premier (très gros) roman au Seuil, Les Veilleurs, n'a pas la grosse tête du tout.

Frédéric Beigbeder non plus. Il rajoute même son nom entre parenthèses après son prénom, au cas où on ne saurait plus qui a signé.

Alain Blottière, enfin, auteur du Tombeau de Tommy chez Gallimard, n'a pas eu de prix, alors qu'il le méritait. Lisez son livre, n'hésitez pas, même sans prix. (
lire la critique)

Brive, deuxième salon littéraire de France, tient toujours ses promesses, même sans Amélie Nothomb : la culture pour tous. Dans un coin pommé, un salon qui réunit de grands auteurs (populaires et/ou de qualité), gratuitement, je dis "chapeau !"

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Frédéric Huet, Ma vie ratée d'Amélie Nothomb, roman, 210 pages, Anabet, septembre 2009, 16 € **/***

Publié le par Sébastien Almira

"Si pour certains auteurs, c'est d'arriver à faire vrai, moi c'est d'arriver à faire complètement faux. Puisque tout est vrai à la virgule près."
"Je ne sais pas pourquoi, je ne parle que d'Amélie Nothomb. C'est parce que je suis jaloux en fait. Voilà, je le dis. Je suis jaloux de sa notoriété. De toute la thune qu'elle se fait. Elle doit être pleine aux as la gueuse."

Ces phrases marquent mon retour à la littérature, donc à ce qui était censé faire l'essence même de ce blog et que j'avais quelque peu délaissé ces derniers temps. Je me suis fait avoir en beauté à la rentrée de janvier en achetant J'ai tué Anémie Lothomb (
voir critique) qui s'annonçait très drôle mais n'était finalement qu'un ramassis de haine sans un brin de véritable humour. J'avais d'ailleurs rendu la chose à son auteur, ma critique écrite sur les premières pages. Cette fois-ci, j'ai encore pris le risque d'acheter un roman sur Amélie Nothomb, mais cette fois, j'ai parcouru le livre avant et j'ai pas mal ri, alors je me suis lancé.

Frédéric vit à Nantes, il est RMIste, homosexuel et célibataire. Frédéric Huet aussi. Pléonasme, pardon, puisque ce roman est en fait le journal intime de l'auteur. Un journal où il s'en prend au monde des lettres. Auteurs et éditeurs s'en prennent plein la tête car Frédéric ne parvient pas à publier ses romans. Plusieurs manuscrits traînent pourtant chez divers éditeurs, mais rien depuis son premier roman Papa a tort publié aux éditions Balland en 1999.  Il a été depuis refusé chez Stock, L'Olivier, Le Dilettante, Flammarion, POL, Albin Michel, Gallimard, Minuit, Le Rouergue, Naïve, tant d'autres et même Cylibris, petite maison d'édition gay.

Bien entendu, ces éditeurs sont ses premières cibles ("Les éditions Denoël, parlons-en. On ne remarque chez eux aucun grand auteur, aucun gros succès commercial. A se demander quelle est la ligne éditoriale de cette maison", "Faut qu'ils arrêtent chez Minuit. Ils vont finir par devenir vieux jeu. Avec leurs écrivains sous-Duras", etc.), mais les auteurs ne sont pas en reste : Amélie Nothomb en tête, suivie d'Anna Gavalda ("C'est elle qui a dessiné la couverture de son livre La Consolante. Elle aurait mieux fait de s'abstenir, je pense, quans je vois la catastrophe. C'est affreux, si elle veut mon avis franchement. Ca ne ressemble à rien du tout. On dirait qu'elle n'a même pas fini le dessin. Elle s'est oubliée dans une coupe de champagne, c'est pas possible."), Marc Lévy, Nathalie Rheims (" Faut qu'elle arrête avec sa coupe de cheveux de trois mètres de hauteur"), Frédéric Beigbéder (" "Ma définition de la sciences-fiction, c'est une recherche prospective du possible." Il avait 13 ans. Un petit génie, je vous le dis, promu à une grande carrière littéraire. Seulement voilà, ça a dérapé. Vers la vingtaine, je crois. L'âge des possibles soudain révélés. Il a glissé sur une ligne de coke. Il a jamais pu se relever depuis."), Marguerite Duras, Marcel Proust ("Proust, je déteste. Je n'arrive pas à le lire. Ses phrases sont trop longues. Il faudrait lui apprendre la littérature à celui-là. Longtemps je me suis branlé de bonne heure, tiens. C'est déjà beaucoup mieux.") ou encore Yasmina Reza dont il détruit l'ouvrage sur Sarkozy.
Concernant Nothomb, puisque c'est d'elle qu'il parle le plus et qu'il place dans son titre, on est dans le sucré-salé, il met à plat tout au long du livre ce qu'il considère comme ses défauts et qualités, mais sombre parfois dans la subjectivité en devenant même injurieux.

On peut alors se demander si l'on n'est pas tombé, comme chez Jean-Pierre Gattégno et son J'ai tué Anémie Lothomb, dans un vulgaire torchon insultant les auteurs à succès par un auteur sans talent mais plein de jalousie et de ressentiment. Mais il y a quelque chose. Je ne sais pas si on peut aller jusqu'à parler de talent, mais il y a réellement quelque chose de bon dans ce livre. Peut-être justement cette propension à l'insulte sans qu'on sache vraiment s'il faut s'en offusquer ou non et desquelles on finit toujours par rire. Frédéric Huet impose un rythme soutenu dans la connerie. Pas n'importe quelle connerie. La bonne. Celle qui fait rire. Celle qui ne sert pas à grand chose, voire à rien, mais la même que j'ingurgite et que je déballe sans modération. Celle de blagues à moitié drôles qui me font pourtant littéralement exploser de rire. Celle de chapitre aussi courts que percutants ("Florence Foresti, la comique, elle a le même âge que moi. Elle a percé, pas moi.").

On apprend pas mal de choses sur les auteurs, les éditeurs, la vie en général et Frédéric Huet lui-même :
- Amélie Nothomb est lesbienne.
- "Modiano. C'est vide. C'est l'art du vide." Enfin quelqu'un qui pense comme moi !
- "Le sexe, c'est comme boire et manger."
- "Un grand écrivain, c'est quelqu'un de très limité, qui a des faiblesses très grandes, qui ne pousse son génie que dans une voie. Finalement, c'est quelqu'un qui ne sait pas écrire grand chose."
- A 20 ans, on choisit. A 30, on est choisi. A 40, on n'a plus le choix de rien.
- "Un roman de L'Olivier, c'est comme 80 % de la production actuelle : c'est flou, ça effleure, ça ne tranche pas."
- Chez Gallimard, on n'a lu que les 100 premières pages des Bienveillantes avant de l'accepter, "sans même savoir si le livre se cassait la gueule à un moment".
- "François Hollande se teint les cheveux."
- "Le pape est un débil mental qui délire". Car, comme on n'a aucune preuve de l'existence de Dieu, on ne peut la prouver, donc le pape et l'église se ridiculisent en affirmant des faits douteux.
- L'aube, le soir ou la nuit de Yasmina Reza est mal écrit. Et incompréhensible, comme L'amant de Duras, qui est pourtant son livre préféré.
- "Des hétérosexuels sur une piste de danse homosexuelle, ça se voit tout de suite. Ils ne savent pas se tenir les hétérosexuels qui se biturent la gueule le samedi soir en boîte de nuit. Ils poussent des cris de corbeaux et ils poussent tout le monde et ils gémissent, ça gueule, la baston manque presque d'éclater à chaque fois."
etc., etc.

On se retrouve face à un livre qui nous fait rire du début à la fin, mais on ne sait que penser une fois terminé. On commence même à avoir des doutes à quelques pages de la fin, sachant qu'il faudra avoir un avis, que c'est bien beau de rire, mais que ça ne fait pas tout, surtout lorsque les blagues sont gratuites et méchantes. Ce qui est sûr, c'est qu'on n'est pas dans ces livres léchés et aseptisés qu'il dénonce ("Quand je sors du sauna, toujours ça me pique. C'est le chlore du sauna. Des douches. Ils aseptisent tout. Comme dans les livres."), le langage y est cru, très cru, les blagues détonnantes mais gratuites et parfois violentes, l'histoire n'a rien pour plaire au grand public (un homo de 34 ans qui dénonce le monde de l'édition et raconte ses coups au sauna...), le style n'a rien de conventionnel (phrases sèches et hachées, moins ridicules et désagréables que Christine Angot, fort heureusement) et finalement, en terminant cette chronique, je me rends compte que la première de couverture est parfaitement adaptée au livre : la pomme est pourrie, comme le livre. Livre qui n'est pas "pourri" au sens de "nul", mais c'est un livre qui tâche, qui reste, qui dénote, qui fait réfléchir autant à l'édition, je l'aurais assez répété, qu'à nos propres agissements et réactions face à la "méchanceté".

"Cet ouvrage sera peut-être un livre qu'on trouvera au rayon développement personnel des jeunes auteurs prometteurs (s'il est publié)", Frédéric Huet.

Quoi qu'il en soit, il s'agit d'un livre qui mériterait une lecture publique et une étude approfondie en IUT Métiers du Livre.

Lire son interview par les éditions Anabet

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Le disparition du disque contre le succès du livre

Publié le par Sébastien Almira

Après un article sur la librairie et un autre sur le renouveau du dessin animé, en voilà un troisième que l'on pourrait qualifier "de fond" si l'on n'a pas peur de l'éxagération.

Vous aurez remarqué une disparition progressive des articles littéraires ici (ne vous inquiétez pas, ils reviendront vite !) et l'augmentation de ceux musicaux et cinématographiques, en somme une inversion quantitative depuis la création de ce blog. Mais sur le marché culturel français, je ne m'aventurerai pas à parler de marché mondial car je n'en sais à vrai dire trop rien, c'est le livre qui gagne du terrain et le disque et  le DVD qui s'effondrent lamentablement. Dans les espaces culturels, la place laissée au livre ne diminue pas, elle augmente même parfois. En revanche, celle du disque et de la vidéo ne cesse de se retrécir. Au Virgin Megastore de Bordeaux, place Gambetta, le rayon musique a perdu, en deux ans, un tiers de sa surface au profit de produits dérivés (tee-shirt, mugs, papeterie et autres lampes design, voir photo). Le livre s'impose quant à lui, de plus en plus au rez-de-chaussée où l'on trouve les caisses, les offres promotionnelles et les nouveautés. Au niveau du chiffre d'affaires, c'est la même chose : le livre renfloue les caisses alors qu'il n'avait jamais été considéré auparavant comme le bien culturel principal.

On ne peut pas vraiment dire qu'il le soit aujourd'hui, le nombre de consommateurs restant sensiblement le même. Ce qui change, c'est le type de consommation. Internet a amené une démocratisation progressive du téléchargement, qu'il soit légal ou non. Le marché du disque en a fait les frais en premier, suivi de près par celui de la vidéo. Pourquoi acheter 18 € un CD ou 20 € un DVD que l'on peut télécharger gratuitement sur le net ? C'est en plus très facile (non, ce n'est pas l'expérience qui parle, j'achète les CD et DVD que j'ai envie d'avoir dans mes étagères). Mais du côté du livre, le support papier actuel ne permet pas le téléchargement. Pour le moment, du moins. Car si le livre électronique n'en est qu'à ses premières versions, qu'il est toujours proposé à un tarif excessif et pas démocratisé du tout, il arrivera bien un moment ou il sera comparable à un MP3. Et, à ce moment-là, il se créera sur le net un marché similaire. Puisque le principe du livre électronique est de lire un fichier informatique sur une tablette électronique, l'on pourra alors télécharger sur internet ces fichiers et, fatalement, on le pourra légalement et illégalement. Là, le livre sera également en danger, mais on n'y est pas encore.

Aujourd'hui, le livre porte le marché culturel sur ses épaules. Depuis la Loi Lang en 1981 qui oblige à un prix unique du livre et n'autorise qu'une remise de 5 % de la part des libraires, les fermetures intempestives de librairies indépendantes ont cessé. Les disquaires, eux, n'existent plus. Il n'y a plus que les grandes surfaces (Carrefour, Auchan, etc.) et les chaînes culturelles (Virgin, Fnac, etc.) pour en proposer, à de bien moindres quantités qu'auparavant, bien entendu.

On accuse en France une baisse des ventes audio de 14,2 % au premier semestre 2009 par rapport au premier semestre 2008 et de 56,7 % par rapport au premier semestre 2003. Du côté des CD albums, la baisse est de 11,9 % par rapport à l'année dernière et pour les CD single, la chute est bien plus rude : 40,8 % par rapport à 2008 et 91,5 % par rapport à 2003. Fini le temps où l'on faisait un classement des disques de diamant (plus d'un million d'exemplaires), fini le temps des singles aux ventes mirobolantes, fini le temps des albums qui restaient plus d'un an dans les cinquante meilleures ventes. Désormais, un succès peine à dépasser les 500 000 pour un album, les 50 000 pour un single et quitte le top au bout de quelques semaines. Si Mylène Farmer, Céline Dion Johnny Hallyday et autre Patrick Bruel dépassaient systématiquement le million d'exemplaires, atteignant parfois même les deux millions (L'autre de Mylène Farmer, Entre-Deux de Patrick Bruel, Sang pour sang de Johnny Hallyday, D'eux de Céline Dion ou encore Boucan d'Enfer de Renaud) désormais, ils se contentent de chiffres de ventes assez patauds, la Dion ne devant plus dépasser les 200 000 exemplaires pour un album et les 10 000 pour un single ou encore Mylène Farmer dont les deux derniers albums se sont vendus à peu près à 600 000 exemplaires et dont les singles du dernier album Point de Suture se sont tous imposés à la première place, en faisant la seule artiste française à avoir plus de cinq #1 en France (elle en a neuf), mais ne dépassent pas les 60 000
exemplaires.

En revanche, le livre fait face à la crise en augmentant de 1 à 4 % son volume de ventes chaque année. L'absence de téléchargement possible y est pour quelque chose. Mais si l'on prend en compte la crise économique française, on pourra certainement en tirer quelque chose du côté du public. Les acheteurs de livres sont , dans l'ensemble, en effet plus aisés que ceux de musique et de vidéo. Ils continuent donc à acheter, car ils sont moins ou pas du tout touchés par cette crise. De plus, je m'avance peut-être beaucoup en écrivant ceci, mais un consommateur de musiques ou de films aura moins de mal à baisser son budget CD ou DVD qu'un amateur de livres. Ce dernier préfèrera privilégier le livre à d'autres biens culturels ou baisser un budget comme celui des vêtements et de l'équipement ménager.

En somme, le livre n'est pas encore en danger, le disque et la vidéo sont en voie d'extinction, les grandes surfaces culturelles subsistent grâce au succès du livre, les consommateurs de livres seraient plus aisés (à voir tout de même), Mylène Farmer aligne les #1 mais vend deux fois moins d'albums et cinq à vingt fois moins de singles !

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