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Moi vivant, vous n'aurez jamais de pauses, ou comment j'ai cru devenir libraire, Leslie Plée, BD, 90 planches, Jean-Claude Gawsewitch éditeur, mars 2009, 15 € ****

Publié le par Sébastien Almira

Après une première bande dessinée sur le monde de l'entreprise, dans une version « souris » on ne peut plus cynique, voici la deuxième que je vous présente, encore une fois sur le monde de l'entreprise, mais ciblée sur... la librairie ! Un régal !


 

Mai 2005, Leslie Plée quitte Paris pour rejoindre son copain à Rennes. Elle décroche un CDI dans une « grande surface culturelle du livre », Cultura, si vous préférez. L'enfer commence.

Avec ses collègues, elle passe l'été à réceptionner tous les livres nécessaires à l'ouverture du magasin, prévue pour la rentrée scolaire. De doutes en déceptions, elle nous conte sous forme de bande dessinée l'histoire du Cultura de Rennes, de ses employés soumis, de ses patrons incompétents, arrivés en librairie comme un cheveu sur la soupe, des bons clients comme des mauvais (majoritaires), de sa vie de libraire à tout faire, en somme.

Elle écrit, elle dessine, et c'est cruel parce qu'on sait que c'est vraiment ainsi que ça se passe, mais c'est drôle aussi parce que, cette fois, ce n'est pas à nous que ça arrive.

Pour tous ceux qui en ont assez de ranger des mauvais livres, pour tous ceux qui en sont heureux aussi, pour tous ceux, surtout, qui sont clients et qui ne connaissent pas l'envers du décor, jetez-vous sur ce livre. Ça ne coûte pas cher, ça fait marcher l'industrie du livre et un petit éditeur. Mais surtout, n'allez pas l'acheter chez Cultura, déplacez-vous dans une vraie librairie, demandez à de vrais librairies de vous le trouver ou de le commander (attention : un librairie a obligation de commander tout livre non encore épuisé ! Et sans frais pour vous sauf s'il le fait venir de l'étranger. Alors n'hésitez plus à demander aux librairies les livres que vous ne trouvez pas en rayon !) et découvrez l'envers du décor !

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Madonna's Celebration

Publié le par Sébastien Almira

Actualité chargée pour Culturez-vous avec un rythme plus soutenu que d'accoutumée ! Et un deuxième disque à l'honneur : le troisième Best Of de Madonna.


Madonna, Celebration, Warner, 21 septembre 2009, 1 CD, 16 €, 2 CD 19 € ****

La Reine de le Pop a su, au fil des années, nous enchanter comme nous décevoir. Énorme vendeuse de disque dans les années 80 grâce à toute une pléïade de tubes inoubliables (Holyday, Like a virgin, Like a prayer, La isla bonita, Into the groove, Vogue, Papa don't preach ou encore Lucky star), elle a, comme Indochine, eu son désert avec l'échec d'Erotica et de Bedtime Stories, deux albums comptant pourtant certaines de ses meilleures chansons (Erotica, Deeper and deeper, Take a bow, Secret, Bedtime story, etc.). Il a fallut une chanson quelque peu surprenante pour une faiseuse de tubes, puisque c'est la ballade Frozen qui lui fera retrouver le chemin du succés. L'album qui suit, Ray Of Light, est d'ailleurs considéré par certains comme le plus abouti et le meilleur de ses productions. Depuis, Madonna ne lance plus de mode, elle est devenue une suiveuse. Peur peut-être de reperdre le support du public avec des albums trop conceptuels comme le furent Erotica et Bedtime Stories. Ou bien, manque d'imagination... Désormais, la Madone fait ce qui marche. Après le retour de la dance amorcé par Kylie Minogue avec Light Years et le tube Spinning around, qui retrouve elle aussi le succès aprés une longue traversée du désert et quelques albums conceptuels, Madonna revient avec le tube et l'album Music. Succès indéniable. Trois ans plus tard, le rock, qu'il soit pop ou hard, est au plus haut dans les charts, American Life suit cette voix, mêlant rock et electro. Le résultat a beau être excellent, il n'en manque pas moins d'originalité. En 2005, la scène dance et electro envahit le monde, les DJ français sont connus tout autour du globe, le Top 50 (si tant est qu'il en reste un...) est plein de bombes électro, de David Guetta, de Bob Sinclar, de Martin Solveig et de Madonna avec ses confessions sur le dancefloor : Hung up, Sorry, Get together et Jump font danser les foules. Enfin, l'année dernière, la dance a toujours la côte, mais le rap et le R'n'B ont également retrouvé leur succès d'antan. L'occasion pour Madonna de s'y adonner, travaillant sur Hard Candy avec Timbaland et Justin Timberlake. Mais si suivre les tendances avaient jusque là plutôt réussi à la Madone, cette fois, le résultat n'enchante plus grand monde. L'abum est une pure merveille de ratés, la tournée qui s'en suit aussi, les salles et les stades français ne sont pas pleins alors qu'auparavant, il lui suffisait de deux heures pour remplir quatre Bercy.

Je sais bien que je n'ai pas encore parlé du Best Of, mais il s'agit des meilleurs morceaux de Madonna, retracer sa carrière, aussi succintement que je l'ai fait, s'inscrit finalement bien dans le vif du sujet. Nous voici alors avec les trente-six chansons considérées par les fans comme étant les meilleures (il y a eu vote). Trente-six chansons sur deux CD, dont les deux bombes électro inédites (elle a bien compris que le R'n'B ne lui allait pas...) Celebration et Revolver, ou dix-huit titres sur un seul disque. Rien de bien nouveau, donc, mais une superbe pochette et le plaisir de retrouver les tubes de diverses époque sur un même disque. Manquent toutefois à l'appel Don't cry for me Argentina, Deeper and deeper, Bedtime Story, What it feels like for a girl, Nothing fails et Get together.

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Là-haut ** / inglourious Basterds ***** / Neuilly, sa mère ! ***

Publié le par Sébastien Almira

Pour cette quatrième leçon de cinéma, retour aux sorties récentes. Je ne dis pas "nouveautés" car ces trois films sont sortis cet été, mais il est encore temps pour vous de vous rendre dans les salles obscures pour voir celui (ceux) qui vous intéresse(nt).


Là-haut, de Pete Docter et Bob Peterson, studios Disney, 1h35 **
Je vous parlais il n'y a pas si longtemps de ça du renouveau du film d'animation, où j'évoquais la sortie prochaine de Là-haut, qui s'annonçait comme le nouveau chef-d'oeuvre de Walt Disney.
L'histoire, rapidement : Carl Fredericsen est à la retraite, il se bat contre un entrepreneur qui détruit toute habitation dans le quartier, mais sa résistance le mènera devant les tribunaux. Contraint de laisser sa maison et à s'installer en maison de retraite, il décide de prendre son courage à deux mains et de réaliser le rêve de sa défunte épouse. Il lui avait promis qu'ils iraient s'installer aux chutes du paradis. Armé de milliers de ballons, il s'envole pour les chutes avant de se rendre compte que le jeune scout qui tenait tant à l'aider pour gagner son dernier badge est également du voyage !
Le film débute comme le promet la bande-annonce : c'est mignon, c'est drôle, c'est nostalgique, ça promet effectivement d'être un chef-d'oeuvre emprunt d'anciennes couleurs Disney. Mais lorsque la maison se pose sur l'île et que nos deux joyeux lurons rencontrent l'explorateur dont Carl et sa femme étaient les admirateurs les plus fervents, tout bascule. On se retrouve dans un dessin animé de bas-étage qui ne se suffit plus à lui-même, où ont été placés l'abominable gentil devenu méchant et ses innombrables chiens qui parlent grâce aux colliers qu'il leur a confectionnés. On touche alors le ridicule des productions contemporaines desquelles Walt Disney parvenait à ne pas s'approcher de trop près. Le gadget électronique a pris le pas sur la tendresse, l'humour, la joliesse et l'aspect ancien de la première partie. Décevant.

Inglourious Basterds, de Quentin Tarantino, Universal Pictures, 2h33 *****
Brad Pitt joue Aldo Raine, un Juif américain qui monte un groupe de soldats juifs, "les Bâtards", pour aller "casser du nazi" de manière particulièrement violente. Ils organisent, avec une actrice allemande, une petite tuerie dans un cinéma où tous les hauts dignitaires de l'armée allemande se sont rendus pour assister à la première diffusion du nouveau film du ministre de la Propagande. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que la propriétaire du cinéma, Shosanna Dreyfus (magnifiquement jouée par Mélanie Laurent), a décidé de mettre le feu pendant la projection pour venger sa famille, tuée par le colonel Hans Landa (prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes pour Christophe Waltz) et ses hommes.
Tarantino excelle une fois encore dans cette pure fiction sur la Seconde Guerre mondiale, où il mêle cynisme, humour, violence et Histoire. On s'y croierait, on se croierait dans la réalité et non dans une fiction. A la différence qu'ici l'on peut rire sans avoir honte, car c'est bien le but de Tarantino : renverser les faits et les rôles, et nous faire rire de cette terrible guerre. On peut dire qu'il signe là un véritable chef-d'oeuvre sur la guerre, qui ne sera peut-être pas du goût de tous, mais qui a le mérite d'apporter quelque chose de nouveau au genre.

Neuilly, sa mère !, de Gabriel Julien-Laferrière, TFM Distribution, 1h30 ***
Sami Benboudaoud a quatorze ans, mais en fait moins, il vit dans une cité à Châlon avec sa mère où tout va pour le mieux. Jusqu'au jour où sa mère est employée sur un bâteau de croisière et est contrainte de le laisser à sa soeur Djamila qu'elle n'a pas vue depuis longtemps et que Sami n'a encore jamais vu. Finie la cité, les potes et les 12/20 à l'école. Direction Neuilly-sur-Seine où Djamila est mariée avec Stanislas de Chazelle, très à cheval sur les bonnes manières à la française. Il devra partager la chambre et la classe de son cousin Charles, admirateur sans borne de Nicolas Sarkozy et tombera amoureux de Marie, celle que tous les garçons veulent avant de se prendre un joli vent par la jolie violoniste. Il devra alors lui prouver qu'il n'est pas une racaille de banlieue, mais quand des fausses frappes payées par des camarades jaloux s'en mêlent, tout tourne au vinaigre, tout.
Cette comédie se laisse regarder non sans plaisir, une fois, deux fois, sans problème. Elle nous fait rire, réfléchir (sur la question des banlieues, sur les rapports entre les enfants, sur le vide à palier entre centre et banlieue, sur les opinions politiques et ce qui en découle, etc.) tout en légèreté et a le mérite de nous faire garder le sourire en "temps de crise" !

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Mylène Farmer en Tournée : l'électro-choc *****

Publié le par Sébastien Almira

Acte II : vendredi 4 et samedi 5 septembre au Stade de la Praille à Genève, vendredi 11 et samedi 12 septembre au Stade de France à Paris.


Voilà, après vous avoir fait part de  mes impressions sur le concert du 9 mai au Dôme de Marseille, exceptionnel, je le fais avec les concerts de la deuxième partie de cette tournée de tous les records : les stades.
Tournée de tous les records pour Mylène car si elle vend moins d'albums qu'auparavant, elle n'a jamais eu autant de spectateurs. Ce sont en effet pas moins de 550 000 personnes, fans ou non fans, qui l'auront vue sur scène en 2009, pour cette tournée que j'annonçais comme la meilleure à mon goût. Plus de 250 000 spectateurs en stades (les quatre précités ainsi que celui du Roi Baudoin à Bruxelles ce samedi 19), et près de 300 000 en salles au cours des mois de mai et juin.
Tournée de tous les records car, petit détail certes mais pas si futile que ça, je vous le disais dans mon premier article, cette tournée enchante autant les spectateurs que les médias. Grande première pour Mylène. Sur plusieurs dizaines de papiers, seuls trois à ce jour font part de mauvaises impressions sur le concert. Le premier faisait suite au concert de Douai, il ne faisait que reprendre les habituelles critiques faites à la chanteuse (pas de voix, toujours les mêmes chansons, trop d'effets, pas de présence, pas d'émotion, fausses larmes, calcul extrême de tous ses faits et gestes, etc.) sans argumenter. Le deuxième faisait suite au premier stade de Genève, et ne présentait rien de nouveau, sinon des fautes d'orthographe, de syntaxe et des erreurs concernant des titres ou autres, et se permettant de taxer le piano d'Yvan Cassar de "médiocre", la sono d'"abominable" 
(lire). Enfin, le troisième peut au moins se targuer d'argumenter, même si je ne suis pas d'accord avec lui (lire). Exceptés ces trois résistants, tous ont rendu les armes face à cette nouvelle Mylène Farmer, plus forte, plus présente, plus electro, plus à l'aise.
Tournée de tous les records car ce sont pas moins de 90 semi-remorques qui transportent 200 tonnes de matériel, 750m² d'écrans géants, plus de 1 500m² de scènes et de toiture, une dizaine de danseurs, ainsi que de musiciens et choristes, etc.

Vous pourrez me dire : à quoi bon refaire un article sur cette tournée ? Parce que, bien que les changements effectués ne soient pas fort nombreux, il y en a eu entre les concerts en salles et ceux en stade. Parce que les stades étaient une nouvelle épreuve pour la chanteuse, qui n'avait jamais chanté devant plus de 20 000 personnes (Palais Omnisport de Paris Bercy). Parce que l'ambiance n'était pas la même. Parce que le 12 septembre marquait son anniversaire. Parce qu'il y avait une première partie (Bale de Rua, une troupe de musiciens/danseurs Africains géniale). Parce que le remix signé Tomer G de Sextonik diffusé avant le concert a mis le feu. Parce que c'est un plaisir que d'en reparler.
Voici donc le deuxième et avant-dernier acte de cette tournée (le troisième sera la sortie des supports vidéo et audio prévus à partir de cette fin d'année).


Si la tournée met en scène l'album Point de Suture, seuls sept des onze titres étaient chantés en salles. Désormais, les statistiques tombent à six. En effet, dans les changements opérés dans la setlist, figure la disparition du final sur Si j'avais au moins. Si d'aucuns ont pu être déçus, j'ai été satisfait de la suppression de ce final que j'évoquais comme un simulacre attendu et bâclé d'Avant que l'ombre. A quoi je sers est remplacée par une énième et identique version de California dont on se serait volontiers passé, Laisse le vent emporter tout est rajoutée lors de la séquence ballades et enfin, Je te rends ton amour laisse la place à L'instant x et Fuck them all. Ces trois ajouts sont les bienvenus, mais qu'en est-il de Je te rends ton amour, une des trois chansons préférées de quasiment tous les fans ? Ces perturbations dans la setlist augmentent la durée du concert de deux heures à deux heures un quart. Des effets spéciaux sont ajoutés (dont certains l'ont été aux concerts de Douai, comme le laser rouge à la fin de l'interlude Avant que l'ombre), des images modifiées, d'autres rajoutées, mais dans l'ensemble, le décor et les projections restent les mêmes. On assiste à d'affreux rouge, jaune et vert qui remplissent l'écran géant pendant California alors que le reste du décor est joliment recouvert d'un marron orangé aux mêmes effets de Bretzel que le diadème orné de croix et d'une tête de mort que porte Mylène...

Pour paraître aussi proche de la pelouse or que des gradins et de la pelouse dite "normale", une avancée de plusieurs dizaines de mètres a été rajoutée, qui amène à une scène en forme d'étoile plongée au fin fond de la fosse. Les spectateurs du fond ont enfin un peu de Mylène pour eux, une Mylène qui sera ainsi plongée au milieu de l'arène (30 000 personnes à Genève, 80 000 à Paris) le temps de quatre chansons émouvantes (Nous souviendrons-nous, Rêver, Laisse le vent emporter tout et Ainsi soit je). Pour l'occasion, sa robe passe du bleu (en salles, voir ici) au blanc, pour un bien plus bel effet.

Côté son, les arrangements sont les mêmes qu'en salles, c'est-à-dire toujours aussi bons. L'effet électro de L'âme-stram-gram, Libertine, Sans Contrefaçon, Dégénération, C'est dans l'air et Désenchantée mettent la foule en transe et donne de furieuses envie de bouger !
La voix n'est pas toujours maîtrisée. Sur Ainsi soit je, catastrophique en salles, elle a changé la mélodie des derniers vers du refrain qui la faisaient trop monter dans des aigus qu'elle n'arrive plus à atteindre sans fêlure. Sur Paradis inanimé le premier soir au Stade de France, le stress se faisait largement sentir, puisqu'elle multipliaient les fausses notes. Sur C'est dans l'air, Mylène ne connaissait toujours pas les paroles et chantait toujours n'importe quoi ! Enfin, vous l'aurez compris, il y a eu des failles, des failles qui prouvent bien qu'elle est humaine, qu'elle a le droit à l'erreur, qu'elle ne calcule pas tout au millimètre près (ou qu'elle n'y parvient plus...) et, surtout, qu'elle ne chante PAS en play-back.
Il y a également eu quelques problèmes de sons lors de la première date de chaque stade. Sur Désenchantée (et Sans contrefaçon à Paris), une coupure de deux minutes s'est faufilée dans les stades. Le public a alors applaudi et chanté plus fort pour combler le vide. Le temps que l'équipe se rende compte que les baffles (?) avaient été coupées, ils ont continué à jouer, danser, chanter. Plus aucun son ne filtrait. Puis Mylène a ri. A Paris néanmoins, car à Genève, pour son premier stade, pour sa première coupure, ça ne l'a pas fait rire, ça l'a plutôt énervée. Les trois fois, elle a remercié le public de ne pas l'avoir huée, d'avoir continué à chanter et l'a même félicité ! Puis tout est rentré dans l'ordre.
Apparemment, le son était moins bon au fond des stades, apparemment, il y avait même un décalage d'une demi-seconde entre les images et le son qui leur parvenait, apparemment, ce fut pour eux une catastrophe, apparemment, les mauvaises langues bâtissent leur argumentation sur ce seul fait. En somme, apparemment, on n'a pas grand chose à reprocher à ce spectacle...


L'ambiance était infiniment meilleure qu'en salles, que ce soit à Genève ou à Paris. Mylène était, dans l'ensemble, beaucoup plus à l'aise lors de cette tournée que lors des précédentes, plus "chaude" aussi. Elle parlait plus, riait si elle se trompait dans la chorégraphie de C'est dans l'air, chantait un peu moins sur les ballades (^^), sautait plus, etc.
Le 12, l'ambiance était forcément à son paroxysme, anniversaire et dernière date en France obligent. Après un "Joyeux Anniversaire" repris au piano par Yvan Cassar, Mylène s'extasie d'avoir autant d'invités : "J'ai 80 000 invités pour mon anniversaire, c'est absurde !", lors de la reprise de C'est dans l'air, tubesque à souhait, s'exclame "je n'vous oublierai jamais, jamaiiis, JAMAIIIIS !!" avant de sauter sur l'avancée comme une enfant.
Mylène est toujours là, Mylène nous a fait attendre longtemps, mais Mylène nous a fait pleurer (le magnifique Nous souviendrons-nous, le doux Laisse le vent emporter tout, l'habituel Rêver, etc.), sauter (Désenchantée, Fuck them all, C'est dans l'air, Sans contrefaçon, etc.), chanter (tout le temps), hurler (souvent), nous déhancher (Pourvu qu'elles soient douces, Libertine, etc.), danser (souvent aussi), suer (non ! l'avantage principal des stades est l'absence de transpiration ! Excepté pour ceux qui l'ont ramenée de l'extérieur...), Mylène nous a offert sa meilleure tournée et, pour certains, son meilleur concert le 12 septembre 2009 au Stade de France. N'en déplaise à ses détracteurs, Mylène Farmer est la seule en France à déchaîner de telles passions, à vendre toujours autant de disques, à proposer des shows dignes d'une superproduction hollywoodienne et sera là encore longtemps (un peu, au moins...). En attendant le DVD, les CD, le deuxième Arthur, le prochain film, le prochain album, la prochaine tournée, etc. : Fuck Them All.


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Susie Morgenstern et Alain Grousset, Tout amour est extraterrestre, roman ado, Ecole des Loisirs, collection Medium, mai 2009, 130 pages, 9 € **

Publié le par Sébastien Almira

Ce n'est pas le premier que je lis, mais c'est le premier que je chronique ici. Et oui, le roman ado fait apparition dans ce blog grâce à Susie Morgenstern et Alain Grousset, auteure de La première fois que j'ai eu seize ans.


Ce court roman, c'est l'histoire de Pauline qui, du haut de ses quinze ans, fait face à tous les problèmes des filles de son âge : vêtements choisis par sa mère, garçons, cours, liberté, etc. Mais elle n'est pas au bout de ses surprises, car si elle vit avec sa mère, sa grand-mère et son arrière-grand-mère, sans trop savoir ce qu'il en est des hommes depuis tant d'années, elle découvre dès le début du roman que son père est en fait un extraterrestre qui a offert à sa mère la plus passionnelle des histoires d'amour avant de rejoindre sa planète, laissant à la pauvre femme un bébé qui naîtra fille et deviendra garçon à l'adolescence.

Vous trouvez que je vous ai révélé trop vite l'histoire du roman ? C'est ainsi qu'il en va à la lecture ! Tout est jeté sur le papier comme à la "va-vite", pas de répit. Mais attention, ce "pas de répit"-là n'est pas celui des films d'actions qui vous tiennent en haleine deux heures durant. Non, celui-ci manque de consistance. On va vite, mais tout est facile, tout est survolé, la transformation, les problèmes à l'école, la raison de ce changement, les manoeuvres du mystérieux Norman Master qui parque cinquante-six filles affublées de pénis et de pectoraux dans un hôtel grand luxe où tout coule à flôt, etc. Je ne continue pas l'énumération de ce qui est survolé par l'auteur, car il s'agit tout de même d'un bon livre, et je ne voudrais vous en révéler la fin.

Mais pour un roman ado que l'on pourra qualifier d'anticipation, il faut dire que c'est léger. Très léger, même, quand on voit des séries à n'en plus finir, dont chaque tome comporte plus de quatre-cent pages. Ici, tout est plié en cent-trente. De  plus en plus prisé, le roman d'anticipation pour ado scrute les méandres de l'âme et de l'inconscient des personnages, invente des mondes, des personnages, des secrets toujours plus acerbes, critiquent la société comme il se doit. C'est ce qui fait la force d'un bon roman d'anticipation pour adolescent. Ici, rien de tout cela. Le plaisir est tout de même présent, l'écriture agréable, l'histoire se laisse boire sans ménage, le langage est celui d'une fille, puis d'un garçon de quinze ans, sans pour autant être vulgaire, on se laisse prendre par les descriptions sexuelles de Pauline qui deviendra Paul (aucun rapport avec Mylène Farmer : "qu'on soit Paul en Pauline" dans XXL), mais l'heure et demi passée on est bien triste d'avoir lu ce long résumé de texte.

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Le retour en force de Whitney Houston

Publié le par Sébastien Almira

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Whitney Houston, I look to you, septembre 2009, Sony, 11 titres ****
Pour son grand retour après pléthore de problèmes (anorexie, drogue, violence de la part de son mari, santé, etc.), la diva a pris son temps pour éviter de réitérer l'échec du précédent ablbum. Le single Whatchoulookinat aux sons R'n'B n'avait pas suffit à lancer l'album de la chanteuse qui sombrait déjà à l'époque dans des eaux étrangements troubles...
Elle a attendu sept ans avant de retrouver la force de chanter et une maison de disque pour la chaperonner. Le résultat est là : entourée de R. Kelly, Aicia Keys ou encore Akon, Whitney s'encre dans son époque. Finis les mélancoliques pianos-voix qui ont fait son succès, il faut faire avec son temps pour reconquérir ne serait-ce qu'un semblant de public. Alors, non ce n'est pas du Grand Whitney Houston, non il n'y a pas de ballade vouée à rester dans les mémoires comme I will always love you, non il n'y a pas de tube comme It's not right but it's ok. Mais il n'en reste pas moins que le travail effectué avec ces nouvelles recrues a abouti à un résultat étonnamment bon.
Entre des zestes de R'n'B agréablement distillés dans une soul bien balancée (Million Dollar Bill, Call You Tonight, etc.) par les trois stars précitées, une voix maîtrisée, quelques jolies envolées lyriques (I look to you), ballades et titres plus rythmés aux accents dance (A song for you), la diva prend des airs de Tina Turner. Il suffit de regarder les photos de l'album pour se rendre compte que la jeune première de Bodyguard a vieilli et ressemble à son tour à une lionne.
Reste qu'à quarante-six ans, elle n'a pas la pêche de la vétérante qui met encore le feu sur scène à 70 ans. Lors de sa prestation scénique du 1er septembre enregistrée à Central Park devant 4 000 fans, elle a étalé ses faiblesses : fausses notes, trous de mémoire, bégaiements, souffle court, etc. Elle s'est excusée, prétextant que l'interview pour Oprah Winfrey de la veille l'avait fatiguée. Le résultat studio est bon, mais le live ne suit pas. En attendant, la star retrouve le succès et se classe troisième des ventes pour la première semaine de commercialisation de ce très bon disque.


 

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Peb et Fox, La Fabrique, tome 1, BD, 45 planches, Paquet, avril 2009, 10 € ****

Publié le par Sébastien Almira

Avant de vous laisser lire ce premier article consacré à la bande dessinée, je dois vous prévenir que ne serai pas capable d'écrire une critique construite et argumentée en appuyant sur le choix  des couleurs ou autres procédés de dessin auxquels je n'y connais rien. Aussi, elle sera courte, mais l'important est qu'elle vous donne envie de lire cette fantastique bande dessinée !

Nous avons nos patrons tyranniques, nos employés bêtes et/ou soumis, notre infecte repas du midi, nos blagues désuettes, nos tâches inutiles et tout ce qui fait que la vie d'entreprise est ce qu'elle est. Et bien, les souris aussi.
C'est ce que Peb et Fox, armés d'un cynisme à toute épreuve, nous ont concocté avec ce joyeux petit remus-ménage : des situations, entre bugs informatiques, soumission forcée, discours patronal et autres discussions entre collègues, tour à tour désespérantes et à se tordre de rire, mais en tout cas véridiques ! Vous pourrez vérifier !
Ne passez pas à côté de cet ouvrage culte ! Non, je n'y vais pas de main morte. Et j'assume.

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Pierre Stasse, Les restes de Jean-Jacques, roman, 260 pages, Flammarion, août 2009, 17 € *

Publié le par Sébastien Almira

Pierre Stasse a vingt-trois ans, il publie son premier roman chez Flammarion en cette rentrée. Ce roman me faisait terriblement envie, il promettait d'être très drôle, assez cynique et fort sympathique à lire.
Les premiers chapitres tiennent leur promesse et m'ont fait littéralement exploser de rire (j'ai parfois le rire facile, d'accord...). Après, j'ai décroché et Les restes de Jean-Jacques (le teckel) sont devenus ma première mauvaise surprise de la rentrée.

Reste cet extrait, les premières phrases :
"J'espionnais les voisins depuis le salon lorsque Manon entra. Son air nerveux me fit migrer vers la cuisine où elle fut accueillie par son connard de teckel convaincu d'être un berger allemand. L'animal salissait l'appartement de manière ininterrompue et attendrissait Manon. Un teckel."

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Sébastien Lapaque, Les identités remarquables, roman, 160 pages, Actes Sud, août 2009, 18 € ***

Publié le par Sébastien Almira

Les identités remarquables ou comment un résumé sur le net m'a emballé, une quatrième de couverture m'a fatigué, un roman m'a transporté et une une fin m'a perturbé.

"Tu vas mourir aujourd'hui, et tu ne le sais pas encore. Le sauras-tu jamais, même à l'ultime moment ? L'idée d'un terme irrévocable s'éloigne de toi à mesure que tu t'en approches. A trente-deux ans, tu n'es pourtant pas un garçon insensible."
"Dans la vie, c'est souvent ce qui t'a manqué, l'armement, le mouvement, le moral."
"Il y avait beaucoup de filles dans ta vie, tu t'es efforcé de ramener cette multitude à l'unité même quand cela t'es apparu un sacrifice."
"Tu es heureux de vivre ici. Tu habites cette ville depuis presque cinq ans. Une cité ceinte de remparts et baignée de soleil du mois d'avril au mois d'octobre, à six kilomètres de l'océan."
"Tu n'as pas d'idées politiques, aucun jugement sur la ligne éditoriale des journaux. Laroque, qui est peut-être entré dans le monde par hasard mais qui n'y est pas ersté à la légère, se moque de toi." C'est ton meilleur ami, celui qui a un avis éclairé sur toute chose et qui a tout fait pour que tu sortes avec la fille la plus merveilleuse qu'il ait rencontrée.
"Caroline. Deux ans que tu l'aimes, que tu vides dans ses bras le côté obscur de tes matins d'angoisse. Tu ne mourras pas tout de suite, tu vas jouir une dernière fois."
"Tu ignores que tu as fait ta toilette de condamné."

Tu commences à t'intéresser à ce roman. Ca te tracasse ce résumé fait de citations, ça te travaille cette histoire de mort imminente. Et tu as raison. Le résumé donné par Actes Sud (sur la quatrième de couverture) m'a rudement donné envie, même si j'avoue n'avoir pas tout compris, le catalogue de la consommation courante, les arpèges, les harmoniques, les andantes et les mirages des satisfactions éphémères. Je ne vois d'ailleurs toujours pas ce que tout ça a en rapport avec le roman... Je me suis demandé quel genre de livre j'allais pénétrer. J'ai eu peur.
Et puis j'ai commencé. J'ai tout de suite été pris. Nul besoin ici de parler de l'écriture, tu en as plein le résumé pour t'en faire une idée. Nul besoin non plus de te parler de la fin, tu verras toi-même si elle te surprend, si elle te déçoit, ou si elle te laisse, comme à moi, une boule au ventre.

"Ils sont venus chez toi vendredi matin, un peu après dix heures. Sans effraction. Ils s'étaient procuré les clefs. C'est elle qui les a demandées au concierge. Il les lui a données sans poser de questions, les yeux baissés, le corps tremblant."
"Dans ton petit appartement du cinquième étage, ils ont pris leur temps. Ils savaient ce qu'ils cherchaient. Ni bijoux, ni valeurs. Elle répétait qu'il lui fallait des preuves. En inspectant attentivement le fauteuil aux pieds cannelés, elle s'est dit qu'elle avait vu le même quelque part."
"Pour rester concentrée, elle a besoin de faire du sport. Dans cette ville où elle t'a retrouvé, elle a repéré en arrivant un club de sport où l'on peut payer à l'heure."
"Elle n'aime pas les hommes, elle ne les a jamais aimés..."

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Sylvie Germain, Hors Champ, roman, 200 pages, Albin Michel, août 2009, 15 € ****

Publié le par Sébastien Almira

Avec plusieurs jours de retard, voici une nouvelle critique de la rentrée, celle du nouveau Sylvie Germain, toujours chez Albin Michel, après des débuts chez Gallimard. C'est le deuxième dans lequel je me lance, après Magnus, que je n'étais pas parvenu à terminer. Cette fois, je suis allé au bout et ce, merveilleusement !



"A quel point sommes-nous de notre présence
lorsque nous devenons absents ?
A quel point somme-nous de notre absence
lorsque nous nous savons présents ?
"

C'est sur cette citation d'Edmond Jacob que s'ouvre Hors Champ. Dès la deuxième phrase, on rencontre cette fois Kafka, le maître dont le roman est sous la protection. Car Hors Champ est une sorte de réécriture de La Métamorphose. D'aucuns diront que je vais trop loin en parlant de réécriture, j'en conviens, ça n'en est pas une. Disons alors que c'est une variation du roman de Kafka, une variation dans laquelle Sylvie Germain se plait à glisser comme d'accoutumée des personnages et autres sujets qui lui tiennent à coeur, comme "un enfant hors d'âge, hors toute norme", ou encore la Seconde Guerre mondiale, même s'ils ne font que de succinctes apparitions.

Aurélien est un homme qui se réveille non pas au thé ou au café, mais au fromage tartiné sur du pain de seigle et aux cornichons. Depuis que ses voisins du dessus ont pendu leur "crémaillère du vide" (ils se sont débarassé de nombreux objets, dont leur bibliothèque puisqu'ils se sont procuré un e-book), il ne lui arrive que des malheurs (ampoules grillées, penderies pendantes, porte cassée, plus d'encre pour imprimer un travail de titan finalement anéanti par la mort du disque dur, etc.).

Il avait successivement voulu être vétérinaire, archéologue, explorateur, astrophysicien, astronaute, ou encore océanographe, mais "il ne s'est jamais spécialisé et est resté un amateur aux intérêts multiples". Après plusieurs boulots dans un théâtre, puis dans une librairie, il a finalement échoué dans une entreprise commerciale "fonctionnant sept jours sur sept, soumettant ses employés à un emploi du temps plus variable qu'un ciel de mars." Il sort avec une jolie fille nommée Clotilde, avec qui il envisage d'avoir des enfants. Autant dire que tout va bien. Tout n'est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, comme dirait l'autre, mais la vie suivait tranquillement son cours comme tout un chacun.

Jusqu'au jour où les problèmes ont commencé. Car, bien entendu, ça ne s'est pas arrêté à une ampoule grillée et une bousculade dans la rue, non. Notre homme souffre de disparition progressive. Comme Gregor Samsa disparaissait de la société en se découvrant cafard au réveil, Aurélien  disparait à son tour aux yeux de tous : passants dans la rue, collègues de bureau, parents et même Clotilde.

La plume de Sylvie Germain, tantôt légère, drôle et poétique (extrait 1), tantôt grave et inquiétante (extrait 2), se marie à la perfection avec la trame du roman, voguant entre réflexion philosophique et récréation fantasque. Elle signe le meilleur roman de la rentrée pour l'instant. Rendez-vous bientôt avec Sébastien Lapaque et Les identités remarquables  publiées chez Actes Sud.

"Dans l'eau de décrassage et de lavage, tout se fait informe et flasque, nappes et torchons s'entortillent, frappent contre le hublot comme de grosses méduses compulsives et furieusement baveuses. Au rinçage, le linge se transforme en brassées d'algues blanches, épaisses, qui ondoient pesamment. Au cours de l'essorage, il s'aplatit, s'allège, pour prendre des allures d'oiseaux lors du séchage. Des albatros de toile, au vol circulaire, emprisonné." (1)

"Lui aussi est prisonnier, de partout, de nulle part, de rien. Séquestré dans l'invisible, dans l'oubli, il pense avec effroi qu'il aurait pu être jeté vif dans l'une de ces machines. Aurait-il enfin repris forme et consistance ? Il en doute. Il n'espère même pas que la mort lui rendra sa visibilité, l'absurdité toucherait à son comble, et au cynisme. Mais il n'a aucune envie de mourir." (2)

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