Maurice G. Dantec, Comme le fantôme d'un jazzman dans la station Mir en déroute, roman, 200 pages, Albin Michel, janvier 2009, 16€ ***

Publié le par Sébastien Almira

J'ai quelque peu hésité sur mon premier article. Non pas sur le thème : je voulais commencer par un livre, c'était une certitude. Mais lequel ? Une nouveauté ? Peu importe ? Un livre que j'ai aimé ? Ou détesté ?
J'ai finalement opté pour une nouveauté de la rentrée de janvier que j'ai bien aimé : mon premier Dantec.
Je dénigrerai des livres plus tard... ^^



« Je suis entré dans le bureau de poste et j'ai dit :

- Bonjour m'sieurs dames ça sera pas long c'est un hold-up vous vous allongez par terre et vous comptez les grains de poussière. »


Karen et son acolyte sont atteints du neurovirus de Schiron-Aldiss et se sont rencontrés dans le centre de regroupement chargé d'examiner et de ficher la population selon des caractéristiques médicales et génétiques avant d'envoyer les malades dans un Foyer médico-sécuritaire. Il n'existe ni remède, ni vaccin au neurovirus. Il provoque des rêves « où c'est les ténèbres, la destruction, le feu, la douleur, la terreur », mais ce que les autorités (médicales et gouvernementales) ignorent, c'est qu'un don est entretenu par le virus : les malades sont capables de voir toute sorte de choses (codes, fonctionnements électroniques, etc.) qui leur permettent de déjouer n'importe quel système informatisé ou de sécurité.
Le nouveau couple décide de fuir le Foyer où ils sont retenus prisonniers pour vivre, même si c'est pour quelques mois, la vie qu'ils entendent. Ils réalisent quelques braquages sans grand risque afin de finir leurs jours tranquillement à l'étranger. Mais un matin, alors qu'ils ont franchi la frontière espagnole, ils apprennent par la télévision qu'ils sont recherchés pour un braquage ayant coûté la mort de deux personnes dont un policier.

À cette intrigue s'ajoute celle de la station Mir vouée à une imminente destruction, que Karen et son compagnon pénètrent lors de rêves mouvementés que seule la drogue semble calmer. Là, ils rencontrent, tour à tour, les trois membres de l'équipage et le fantôme du jazzman Albert Ayler qui se dit Intercesseur (comprenez là l'avenir de nos Anges actuels) et tente de sauver la station Mir de sa déroute.


C'est la deuxième fois qu'un livre de Dantec m'intéresse. Le premier était Artefact, machine à écrire (Albin Michel, 23€) qui était composé de trois nouvelles de 300 pages chacune, excusez du peu, et j'ai décroché à cinquante pages de la première. Dantec est un personnage assez détestable, prêt à dire les pires horreurs dans ses livres ou en interview ,et ses romans ne me tentaient pas plus que ça, semblant souvent incompréhensibles. Mais celui-ci ressemble à un essai de se rapprocher du grand public. Ça a en tout cas fonctionné avec moi : je l'ai voulu avant même de le voir en librairie, je l'ai eu, je l'ai lu et, pire, je l'ai aimé ! Entre un course poursuite maîtrisée, une intrigue mêlant polar, médecine et fantastique, un jazzman revenu d'entre les morts au but incertain et un style drôle, concis et travaillé, le nouveau Dantec ne fait face qu'à une seule tâche : une dizaine de pages vers la fin quasi incompréhensibles qui enlève une étoile à sa note finale.

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