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Pierre Stasse, Les restes de Jean-Jacques, roman, 260 pages, Flammarion, août 2009, 17 € *

Publié le par Sébastien Almira

Pierre Stasse a vingt-trois ans, il publie son premier roman chez Flammarion en cette rentrée. Ce roman me faisait terriblement envie, il promettait d'être très drôle, assez cynique et fort sympathique à lire.
Les premiers chapitres tiennent leur promesse et m'ont fait littéralement exploser de rire (j'ai parfois le rire facile, d'accord...). Après, j'ai décroché et Les restes de Jean-Jacques (le teckel) sont devenus ma première mauvaise surprise de la rentrée.

Reste cet extrait, les premières phrases :
"J'espionnais les voisins depuis le salon lorsque Manon entra. Son air nerveux me fit migrer vers la cuisine où elle fut accueillie par son connard de teckel convaincu d'être un berger allemand. L'animal salissait l'appartement de manière ininterrompue et attendrissait Manon. Un teckel."

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Sébastien Lapaque, Les identités remarquables, roman, 160 pages, Actes Sud, août 2009, 18 € ***

Publié le par Sébastien Almira

Les identités remarquables ou comment un résumé sur le net m'a emballé, une quatrième de couverture m'a fatigué, un roman m'a transporté et une une fin m'a perturbé.

"Tu vas mourir aujourd'hui, et tu ne le sais pas encore. Le sauras-tu jamais, même à l'ultime moment ? L'idée d'un terme irrévocable s'éloigne de toi à mesure que tu t'en approches. A trente-deux ans, tu n'es pourtant pas un garçon insensible."
"Dans la vie, c'est souvent ce qui t'a manqué, l'armement, le mouvement, le moral."
"Il y avait beaucoup de filles dans ta vie, tu t'es efforcé de ramener cette multitude à l'unité même quand cela t'es apparu un sacrifice."
"Tu es heureux de vivre ici. Tu habites cette ville depuis presque cinq ans. Une cité ceinte de remparts et baignée de soleil du mois d'avril au mois d'octobre, à six kilomètres de l'océan."
"Tu n'as pas d'idées politiques, aucun jugement sur la ligne éditoriale des journaux. Laroque, qui est peut-être entré dans le monde par hasard mais qui n'y est pas ersté à la légère, se moque de toi." C'est ton meilleur ami, celui qui a un avis éclairé sur toute chose et qui a tout fait pour que tu sortes avec la fille la plus merveilleuse qu'il ait rencontrée.
"Caroline. Deux ans que tu l'aimes, que tu vides dans ses bras le côté obscur de tes matins d'angoisse. Tu ne mourras pas tout de suite, tu vas jouir une dernière fois."
"Tu ignores que tu as fait ta toilette de condamné."

Tu commences à t'intéresser à ce roman. Ca te tracasse ce résumé fait de citations, ça te travaille cette histoire de mort imminente. Et tu as raison. Le résumé donné par Actes Sud (sur la quatrième de couverture) m'a rudement donné envie, même si j'avoue n'avoir pas tout compris, le catalogue de la consommation courante, les arpèges, les harmoniques, les andantes et les mirages des satisfactions éphémères. Je ne vois d'ailleurs toujours pas ce que tout ça a en rapport avec le roman... Je me suis demandé quel genre de livre j'allais pénétrer. J'ai eu peur.
Et puis j'ai commencé. J'ai tout de suite été pris. Nul besoin ici de parler de l'écriture, tu en as plein le résumé pour t'en faire une idée. Nul besoin non plus de te parler de la fin, tu verras toi-même si elle te surprend, si elle te déçoit, ou si elle te laisse, comme à moi, une boule au ventre.

"Ils sont venus chez toi vendredi matin, un peu après dix heures. Sans effraction. Ils s'étaient procuré les clefs. C'est elle qui les a demandées au concierge. Il les lui a données sans poser de questions, les yeux baissés, le corps tremblant."
"Dans ton petit appartement du cinquième étage, ils ont pris leur temps. Ils savaient ce qu'ils cherchaient. Ni bijoux, ni valeurs. Elle répétait qu'il lui fallait des preuves. En inspectant attentivement le fauteuil aux pieds cannelés, elle s'est dit qu'elle avait vu le même quelque part."
"Pour rester concentrée, elle a besoin de faire du sport. Dans cette ville où elle t'a retrouvé, elle a repéré en arrivant un club de sport où l'on peut payer à l'heure."
"Elle n'aime pas les hommes, elle ne les a jamais aimés..."

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Sylvie Germain, Hors Champ, roman, 200 pages, Albin Michel, août 2009, 15 € ****

Publié le par Sébastien Almira

Avec plusieurs jours de retard, voici une nouvelle critique de la rentrée, celle du nouveau Sylvie Germain, toujours chez Albin Michel, après des débuts chez Gallimard. C'est le deuxième dans lequel je me lance, après Magnus, que je n'étais pas parvenu à terminer. Cette fois, je suis allé au bout et ce, merveilleusement !



"A quel point sommes-nous de notre présence
lorsque nous devenons absents ?
A quel point somme-nous de notre absence
lorsque nous nous savons présents ?
"

C'est sur cette citation d'Edmond Jacob que s'ouvre Hors Champ. Dès la deuxième phrase, on rencontre cette fois Kafka, le maître dont le roman est sous la protection. Car Hors Champ est une sorte de réécriture de La Métamorphose. D'aucuns diront que je vais trop loin en parlant de réécriture, j'en conviens, ça n'en est pas une. Disons alors que c'est une variation du roman de Kafka, une variation dans laquelle Sylvie Germain se plait à glisser comme d'accoutumée des personnages et autres sujets qui lui tiennent à coeur, comme "un enfant hors d'âge, hors toute norme", ou encore la Seconde Guerre mondiale, même s'ils ne font que de succinctes apparitions.

Aurélien est un homme qui se réveille non pas au thé ou au café, mais au fromage tartiné sur du pain de seigle et aux cornichons. Depuis que ses voisins du dessus ont pendu leur "crémaillère du vide" (ils se sont débarassé de nombreux objets, dont leur bibliothèque puisqu'ils se sont procuré un e-book), il ne lui arrive que des malheurs (ampoules grillées, penderies pendantes, porte cassée, plus d'encre pour imprimer un travail de titan finalement anéanti par la mort du disque dur, etc.).

Il avait successivement voulu être vétérinaire, archéologue, explorateur, astrophysicien, astronaute, ou encore océanographe, mais "il ne s'est jamais spécialisé et est resté un amateur aux intérêts multiples". Après plusieurs boulots dans un théâtre, puis dans une librairie, il a finalement échoué dans une entreprise commerciale "fonctionnant sept jours sur sept, soumettant ses employés à un emploi du temps plus variable qu'un ciel de mars." Il sort avec une jolie fille nommée Clotilde, avec qui il envisage d'avoir des enfants. Autant dire que tout va bien. Tout n'est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, comme dirait l'autre, mais la vie suivait tranquillement son cours comme tout un chacun.

Jusqu'au jour où les problèmes ont commencé. Car, bien entendu, ça ne s'est pas arrêté à une ampoule grillée et une bousculade dans la rue, non. Notre homme souffre de disparition progressive. Comme Gregor Samsa disparaissait de la société en se découvrant cafard au réveil, Aurélien  disparait à son tour aux yeux de tous : passants dans la rue, collègues de bureau, parents et même Clotilde.

La plume de Sylvie Germain, tantôt légère, drôle et poétique (extrait 1), tantôt grave et inquiétante (extrait 2), se marie à la perfection avec la trame du roman, voguant entre réflexion philosophique et récréation fantasque. Elle signe le meilleur roman de la rentrée pour l'instant. Rendez-vous bientôt avec Sébastien Lapaque et Les identités remarquables  publiées chez Actes Sud.

"Dans l'eau de décrassage et de lavage, tout se fait informe et flasque, nappes et torchons s'entortillent, frappent contre le hublot comme de grosses méduses compulsives et furieusement baveuses. Au rinçage, le linge se transforme en brassées d'algues blanches, épaisses, qui ondoient pesamment. Au cours de l'essorage, il s'aplatit, s'allège, pour prendre des allures d'oiseaux lors du séchage. Des albatros de toile, au vol circulaire, emprisonné." (1)

"Lui aussi est prisonnier, de partout, de nulle part, de rien. Séquestré dans l'invisible, dans l'oubli, il pense avec effroi qu'il aurait pu être jeté vif dans l'une de ces machines. Aurait-il enfin repris forme et consistance ? Il en doute. Il n'espère même pas que la mort lui rendra sa visibilité, l'absurdité toucherait à son comble, et au cynisme. Mais il n'a aucune envie de mourir." (2)

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David Foenkinos, La Délicatesse,roman, 200 pages, Gallimard, août 2009, 16 € ****

Publié le par Sébastien Almira

Pour la quatrième critique de la rentrée publiée sur ce blog, je vous parlerai du nouveau Foenkinos, le premier que je lis. Et je ne suis pas déçu, voilà un nouvel auteur que je devrais suivre et pour lequel il me faudra rattraper mon retard !


Il commence par citer Cioran : "Un moine et un boucher se bagarrent à l'intérieur de chaque désir." C'est ce qui se passe pour Nathalie.
Elle rencontre son mari par hasard, si le hasard existe. Il l'aborde dans la rue, elle accepte sans trop savoir pourquoi d'aller boire un verre avec lui et c'est finalement le coup de foudre. Sept ans plus tard, il ne la quitte pas. Non, il s'en va seulement courir. Et il ne revient pas, c'est elle qui le rejoint à l'hôpital avant de pleurer sa mort et de s'emmurer dans le silence et la solitude, tel le moine de Cioran.
Elle met plusieurs années à s'en remettre et un matin, elle se met à marcher sur la moquette pour se rendre compte que, du haut de ses talons aiguille, elle est encore une femme, une vraie, et des plus féminines. C'est alors l'occasion pour Foenkinos de s'emporter contre l'inventeur de la moquette dans l'un des chapitres consacrés à des sujets très divers mais sans rapport direct avec la trame de l'histoire. Et c'est à ce moment-là qu'il fait entrer Markus dans l'histoire, lorsque Nathalie renait. Il n'est pas beau, il n'a apparemment rien de spécial, elle ne l'avait même pas remarqué auparavant, mais il est là. Au bon moment.  Alors, elle se met à marcher et l'embrasse. Ce n'est rien, juste le baiser de la renaissance, le premier. Une fois terminé, elle n'en a plus rien à faire. Markus n'est pas de cet avis.
Cioran définissait l'art d'aimer comme le mélange d'un tempérament de vampire et de la discrétion d'une anémone. C'est l'histoire du moine et du boucher. C'est ce qui se passe dans le coeur et dans le corps de Nathalie. Mais elle ne sait pas ce qui se passe en elle, elle ne parvient, jusqu'à l'avant-dernier chapitre, pas à mettre des mots sur ce qu'elle ressent. Et vous ne le saurez qu'en lisant ce roman écrit d'une plume légère, drôle, piquante et savoureuse dès sa sortie fin août !

"Sais-tu d'où nous vient notre puissance ? Du baiser, du seul baiser ! (...) Le baiser n'est qu'une préface, pourtant." (Le Baiser, Maupassant)

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Samuel Benchetrit, Le coeur en dehors, roman, 290 pages, Grasset, août 2009, 18 € ****

Publié le par Sébastien Almira

Comme promis, voici une troisième critique de la rentrée. Après un livre au sujet que l'on pourrait qualifier de "dur", et le nouveau Nothomb, plus léger, je continue dans cette légèreté, toutefois de qualité, avec le nouveau Benchetrit.


Comme l'an dernier, Nicolas Fargues fait partie de la rentrée P.O.L. Mais ce mois d'août, il ne sera pas le seul beau gosse à s'offrir sur les tables de vos libraires. Car après Récit d'un branleur, les deux premiers tomes de ses "mémoires" (les excellentes Chroniques de l'asphalte), deux pièces de théâtre et des débuts en tant que réalisateur, Samuel Benchetrit passe chez Grasset pour publier son nouveau roman, Le coeur en dehors.

Il se met dans la peau de Charles Traoré, jeune malien de dix ans qui vit en banlieu parisienne. Son père "s'est tiré un mois après (sa) naissance en laissant (sa) mère et (son) frère aussi seuls que deux avants-centres du P.S.G.", son frère Henry détruit sa vie à coups de seringues et sa mère, Joséphine,  femme digne et respectable, fait tout pour l'élever du mieux qu'elle peut, jusqu'au jour où elle se fait embarquer par la police.

C'est le prétexte que prend l'écrivain pour nous raconter la vie de Charly, car c'est comme ça qu'il se fait appeler. Tout y passe, car Benchetrit est comme moi : une chose lui faisant penser à une autre et en entrainant forcément d'autres, on se retrouve avec plusieurs pages sans aucun rapport avec le sujet initial. Tout y passe donc : ses manies, ses rêves,  ses peurs, ses potes Yéyé et Karim avec qui il passe son temps, les autres ("Freddy Tanquin est ce genre de type. Un débile qui se prend pour un génie, ou un génie qu'a l'air d'un débile profond."), Mélanie Renoir, qui est en sixième aussi mais "qui a cinquante ans" tellement elle est parfaite (la femme de sa vie, si vous n'aviez pas compris , celle qui rend on ne peut plus timide ce petit rigolo nerveux), sa mère qu'il adore, son frère qu'il déteste et vénère en même temps, sa passion pour les rédactions et plus généralement les mots ("Vous avez remarqué, il y a un mot pour chaque chose. J'aimerais connaître tous les mots, mais je suis loin du compte. Ca doit être super de rencontrer un type qui connait tous les mots. Il doit avoir une drôle de gueule."), etc.

Samuel Benchetrit n'a pas son pareil pour se mettre dans la peau d'un enfant de la sorte. Avec son style oral et familier, il nous embarque dans la cité d'un enfant qui rêve de travailler "rapport aux rédactions" et de la beauté de Paris où il ne s'est rendu qu'une seule fois, en nous émouvant autant qu'il nous fait rire, dans ce nouveau roman touchant et bourré d'humour.

"Pour que ta vie soit belle, aime le plus possible. Et n'aie jamais peur de souffrir.. Et méprise ceux qui te mettront en garde. Ceux qui redoutent la souffrance ne croient pas en la vie." publie son nouveau roman, chez Grasset cette fois.

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Amélie Nothomb, Le Voyage d'hiver, roman, 120 pages, Albin Michel, août 2009, 15 € ***

Publié le par Sébastien Almira

Voilà comme promis ma deuxième critique de la rentrée : le nouveau Nothomb, comme chaque année, le plus attendu. A venir, le nouveau Samuel Benchetrit qui passe chez Grasset pour Un coeur ouvert.



Chaque année, la rentrée littéraire est lancée par Albin Michel, Amélie Nothomb en tête, imperturbablement présente. Chaque année, les critiques sont partagés. L’an dernier, beaucoup avaient adoré Le fait du Prince que je n’avais que modérément apprécié. Il y a quatre ans, ils avaient détruit Acide sulfurique (à l’exception de Frédéric Beigbeder) qui était et reste pour moi son plus grand livre. Cette année, elle revient avec un roman à mi-chemin entre Cosmétique de l’ennemi et Le Fait du Prince, au niveau de l’histoire, de l’ambiance, de la couleur et de la qualité. Cette année, je prends les devants pour vous en parler avant tout le monde !


Dans ce très court roman, elle met en scène Zoïle (dont l’origine du prénom remonte à l’antiquité où un critique « a été lapidé par une foule de braves gens écoeurés par ses propos sur l’Odyssée. Epoque héroïque où les amateurs d’une oeuvre littéraire n’hésitaient pas à zigouiller le critique imbuvable ») dont le métier consiste à « apporter à ceux qui viennent d’aménager des solutions énergétiques qu’ils n’ont pas demandées ». Jusqu’au jour où il se rend chez une romancière, Aliénor Malèze, qui souffre de la maladie de Preux (ou « autisme gentil »). Il tombe amoureux de son agent, Astrolabe, qui l’a tirée des griffes de ses éditeurs (ils la séquestraient dans un minuscule studio où chaque soir une employée passait écouter la bande enregistrée par Aliénor, qui est incapable d’écrire, et lui donnait à manger en fonction de la qualité de son travail) et s’occupe désormais d’elle jour et nuit. Ce qui pose quelques légers problèmes au nouveau couple, vous l’imaginez. Zoïle cherche alors à se débarrasser d’elle, ne serait-ce qu’une heure, allant jusqu’à lui donner des champignons hallucinogènes (scène mémorable et hilarante).


Jusqu’à l’avant-dernière page, je pensais que le titre et la photo de couverture, sans aucun rapport avec le texte, avaient été mal choisis. Mais Zoïle le dit : il écoutera « le voyage d’hiver » de Schubert parce qu’il n’y a aucun rapport entre cet acte (il a l’intention de détourner un avion avec un tesson de bouteille et de l’écraser sur la Tour Eiffel pour venger son histoire d’amour ratée…Ah! Pardon! « Il n’y a pas d’échec amoureux. C’est une contradiction dans les termes. Éprouver l’amour est déjà un tel triomphe que l’on pourrait se demander pourquoi l’on veut davantage »), parce qu’il n’y a donc aucun rapport entre cet acte et cette musique ». J’accepte donc le titre et la couverture du Voyage d’hiver de Nothomb, et non de Schubert, qui a le mérite de nous faire passer un très bon moment, sans aucune prétention (comme c’est de plus en plus rare dans la littérature française), et avec beaucoup d’humour.

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Alain Blottière, Le Tombeau de Tommy, roman, 210 p., Gallimard, septembre 2009, 16,50 € ****

Publié le par Sébastien Almira

Comme promis, voilà que je commence, même plus tôt que prévu, à vous livrer mes critiques des romans de la rentrée. L'an dernier c'était plus de 650 romans qu'il avait fallut faire rentrer en librairie, imaginez alors la tâche insurmontable à laquelle doivent faire face tout librairie qui se respecte ! Puisque les services de presse nous sont envoyés deux mois avant leur mise en vente, c'est 600 livres qu'il nous faut lire en 60 jours, soit dix par jour ou encore un toutes les deux heures. A condition de ne rien faire d'autre, ni manger, ni dormir, ni même aller aux toilettes... Qui a dit que la vie des libraires était facile ??
En attendant, voici ma première critique, première lecture de la rentrée très bien choisie :


blottiere.jpgIl est juif, il s’appelle Thomas Elek mais accepte seulement qu’on le nomme Tommy. Il a quinze ans lorsque la Seconde Guerre mondiale commence et s’engage dans la Résistance un an plus tard. Au sein des F.T.P.-M.O.I., il participe à plusieurs attentats et déraillements de trains transportant soldats allemands et ravitaillement à leur destination. Mais quelques mois avant que ne soit signée l’Armistice, le groupe est démantelé petit à petit par les Brigades Spéciales jusqu’à ce que tous ses membres soient arrêtés et fusillés.

Elle s’appelle Hélène Elek, elle est sa mère et la seule femme qu’il aime. Elle lui donne tout jusqu’à sa mort, et même après puisqu’elle lui rend hommage en racontant son histoire qu’elle publie chez François Maspéro (Hélène Elek, La Mémoire d’Hélène, 1977, épuisé), éditeur issu d’une famille de résistants.


On ne sait pas son nom, il est réalisateur et prépare un film sur Tommy. Le sujet l’intéresse beaucoup et finit par l’obséder, comme sa quête de l’acteur parfait, qu’il trouvera un an après avoir abandonné le projet.


Il s’appelle Gabriel, il est grand, beau, blond, les cheveux en bataille, comme Tommy. Il fait du roller dans Paris quand le narrateur/réalisateur du Tombeau de Tommy tombe sur lui, pour ne plus le lâcher. Il n’avait rien demandé et se retrouve happé par un film meurtrier.


De ces quatre personnages, Alain Blottière (Prix Littéraire de la Vocation en 1981 pour Saad chez Gallimard) tisse une toile qui plane dangereusement sur chacun. On s’y retrouve, nous aussi, rapidement pris, telles les proies de la mygale. Pour Tommy, la mygale s’apparente aux soldats allemands et aux Brigades Spéciales qui trahissent la France en pactisant avec l’ennemi. Pour Hélène, il s’agit de la peur de perdre ce fils qu’elle aime plus que tout. Enfin, pour le réalisateur et Gabriel, la mygale réside en Tommy. Car si Gabriel n’est pas acteur, il joue Tommy à merveille, ne sachant plus lequel des deux il est. Il fait même changer des scènes et attitudes du personnage, persuadé de réfléchir

comme lui mieux que le réalisateur. Il se perd dans son rôle, jusqu’à sombrer en Tommy, en son tombeau.

Le réalisateur, lui, ne peut plus se passer de Gabriel. Même les jours où il n’a pas de scènes à lui faire jouer, il le veut à ses côtés. C’est à se demander lequel protège l’autre. Il devient un père pour lui : “J’avais déjà discerné, bien avant ce jour, sa propension à me considérer comme un père, puisque j’avais écrit son propre rôle et qu’il le contestait.”


tommy.jpgCommencer ce roman, c’est plonger sans aucune sortie de secours dans un récit puissant, oppressant et émouvant, mélange de souvenirs d’Hélène Elek, de pensées du réalisateur et de scènes du film qui relate aussi bien l’histoire de Tommy que l’Histoire. Mais attention, ne vous méprenez pas sur cette dernière phrase : il ne s’agit pas d’un livre sur la Seconde Guerre mondiale, ni même sur la Résistance, comme on en trouve pléthore. C’est bien plus que ça. C’est une histoire magnifique qui traite de la guerre sous un angle tout à fait inhabituel et qui rend un bouleversant hommage à Tommy.

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Mylène Farmer en Tournée : l'électro-choc *****

Publié le par Sébastien Almira

Pour le premier article sur la musique, je ne vous présenterai pas un nouveau disque, mais un concert, même plus que ça : un spectacle, un show. Un des plus attendus de l'année. En l'attendant au Stade de France les 11 et 12 septembre 2009.

Acte I : samedi 9 mai, Dôme de Marseille

Mylène Farmer est de ces artistes qui marquent. Elle fait exploser sa carrière avec Libertine, comprenant après deux singles au succès moyen que la provocation est la meilleure arme contre l'oubli. Voilà donc 25 ans, date de sortie de son premier 45 tours, Maman a tort,  qu'elle est la reine incontestée du paysage musical français. Ne nous risquons pas à la nommer "reine de la variété française", non, elles sont des dizaines à se disputer la palme. Mylène, c'est plus que ça. Elle nous l'a encore prouvé avec son sixième album, Point de suture, qui mêle bombes électro (C'est dans l'air, Dégénération), ballades mélancoliques (Point de suture, Si j'avais au moins...), pop new wave (Looking for my name, duo initialement prévu avec le mythe David Bowie, remplacé par Moby pour raisons de santé), rock efficace (Paradis inanimé) et variet' pop et fraîche (Appelle mon numéro). Si le marché du disque en France est en chute libre et que l'album peine à dépasser les 600 000 exemplaires alors que les précédents étaient tous certifiés disque de diamant (1 000 000), la tournée, elle, bat des records. Deux Stades de France remplis en une heure chacun, les stades de Genève et Bruxelles, ainsi qu'une tournée d'une trentaine de dates complètes à 98 %. Résultat des courses : 550 000 places vendues en quelques semaines à peine.

La première avait lieu à Nice le 2 mai, Nice Matin a titré "Marseille l'attend, Nice en redemande". J'ai donc testé Marseille pour vous. Non, ce n'est pas la conséquence de la critique élogieuse : j'ai mon billet depuis un an. Je l'avais déjà vue, à Bercy, en 2006. La presse avait parlé de grand messe, c'était ma première fois, j'en était resorti pétrifié de bonheur et d'admiration. Le spectacle avait été spectaculaire et à part quelques bonnes critiques, la presse avait été, fidèle à elle-même, assez assassine. Cette fois, je me suis calmé, mais j'ai encore plus apprécié.

Car Mylène sait prendre soin de son public ! En 2006, elle avait commencé à rentabiliser son show avec le DVD, cette fois
encore, elle a mis les moyens de son ambition. Le spectacle est certes moins spectaculaire que le dernier, où Avant que l'ombre..., le final, était plus intense, plus beau et plus pharaonique que n'importe quel concert, mais à 48 ans, la chanteuse nous prouve une fois de plus l'étendue de ses capacité dans un show plus beau, plus intense, plus émouvant que le précédent. En cela, il se rapproche du Mylénium Tour (1999-2000), une autre merveille. Entre décors et effets spéciaix hallucinants conçus par Mylène et Laurent Boutonnat, son complice de toujours, et créés par Mark Fisher, tubes imparables scandés à l'unisson,  arrangements sidérants, réussis et très entrainants (alors que d'habitude, la musique est la même que sur les albums studio), moment intimiste en milieu de concert où la belle ne peut s'empêcher de verser quelques larmes sous les "on t'aime !" avant de réussir à bredouiller "moi aussi" dans le sourire énygmatique qui lui est propre, tableaux époustouflants (Libertine, Paradis inanimé, Ainsi soit je...), costumes merveilleux créés par Jean-Paul Gauthier, une atmosphère de folie régne dans le public marseillais, qui ne trahit pas sa réputation !


Mylène Farmer est une show woman, on pourra encore lui reprocher d'avoir tout calculer à la seconde près, d'être froide et distante, de chanter en play-back, de cacher son manque de talent derrière des nappes d'effets spéciaux et des tenues griffées. Mais allez la voir ! Allez, le temps de deux heures, à l'un des concerts restant (voir plus bas), et vous verrez combien les médias sont mauvaises langues. Allez-y ! Je vous le souhaite !
D'ailleurs, cette fois, peut-être la première depuis l'album Ainsi soit je... (1988), tous les médias à ma connaissance ont encensé ce concert. Après son passage dans chaque ville, ce sont plusieurs articles hautement élogieux qui lui sont consacrés. Nord Eclair écrit même avant sa venue que "l'icône a offert un show puissant et visuellement époustoufflant", que "comme les Rolling Stones, (elle) n'a plus rien à prouver" et qu' "elle revient donc uniquement pour montrer qu'elle reste la maitresse de son genre", que "la diva, insolente de vitalité à 48 ans, assure et enchaîne tel un rouleau compresseur" ... "pour entrer définitivement dans la légende."
Enfin la reconnaissance ? Unanime, de surcroit.


Dates :
samedi 02 mai 2009 Palais Nikaia NICE
dimanche 03 mai 2009 Palais Nikaia NICE
mardi 05 mai 2009 Zénith de CLERMONT-FERRAND
mercredi 06 mai 2009 Zénith de CLERMONT-FERRAND
samedi 09 mai 2009 Le Dôme MARSEIILE
dimanche 10 mai 2009 Le Dôme MARSEIILE
mardi 12 mai 2009 Le Dôme MARSEILLE
vendredi 15 mai 2009 Zénith de TOULOUSE
samedi 16 mai 2009 Zénith de TOULOUSE
lundi 18 mai 2009 Zénith de TOULOUSE
mardi 19 mai 2009 Zénith de TOULOUSE
samedi 23 mai 2009 Zénith de NANTES
dimanche 24 mai 2009 Zénith de NANTES
mardi 26 mai 2009 Zénith de NANTES
mercredi 27 mai 2009 Zénith de NANTES
samedi 30 mai 2009 Zénith de ROUEN
dimanche 31 mai 2009 Zénith de ROUEN
mardi 02 juin 2009 Zénith de ROUEN
vendredi 05 juin 2009 Zénith de STRASBOURG
samedi 06 juin 2009 Zénith de STRASBOURG
lundi 08 juin 2009 Zénith de DIJON
mardi 09 juin 2009 Zénith de DIJON
vendredi 12 juin 2009 Halle Tony Garnier LYON
samedi 13 juin 2009 Halle Tony Garnier LYON
lundi 15 juin 2009 Halle Tony Garnier LYON
vendredi 19 juin 2009 Gayant Expo DOUAI
samedi 20 juin 2009 Gayant Expo DOUAI
lundi 22 juin 2009 Gayant Expo DOUAI

vendredi 04 septembre 2009 Stade de la Praille GENEVE
samedi 05 septembre 2009 Stade de la Praille GENEVE
vendredi 11 septembre 2009 Stade de France PARIS
samedi 12 septembre 2009 Stade de France PARIS
samedi 19 septembre 2009 Stade Roi Baudouin BRUXELLES

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La librairie contre les machines

Publié le par Sébastien Almira

Nouvel article après avoir, pour de multiples raisons, quelque peu délaissé le blog. cette fois, pas de critique littéraire, ni cinématographique, mais un coup de gueule, pourra-t-on dire, contre les fléaux qui s'attaquent à la librairie française et, de ce fait, à la littérature. Rien de prétentieux, seulement mon humble avis !


 

Comment commencer cet article ? Une multitude d'idées m'atteint sans que je sache vraiment par laquelle ouvrir le bal. Alors, une solution simple s'offre à moi : utiliser l'artifice de cette interrogation, qui me mènera forcément quelque part. D'ailleurs, ça y est, je sais comment poursuivre et entamer le sujet. Je disais que l'interrogation me mènera forcément quelque part et je pursuivrai avec une phrase, je le conçois, très bateau : de la même façon qu'on dit que tous les chemins mènent à Rome, j'affirme que, désormais en France, tous les chemins mènent à la Fnac. Il suffit de se promener dans les rues d'une ville de taille moyenne pour tomber sur l'enseigne commerciale se disant porteuse de toutes les cultures. Au lieu de toutes les cultures, on le sait bien, la Fnac développe les rayons qui font tourner le magasin (multimédia et électronique) et réduit petit à petit ceux touchés par la crise. La musique et la vidéo mises à mal par le téléchargement, surtout illégal, mais également légal, depuis plusieurs années et le livre, bien que toujours pas touché par le fléau électronique.


Enfin, on ne peut pas vraiment dire que le marché du livre soit réellement en crise, il se vend sensiblement le même nombre de livres chaque année, les succès sont toujours au rendez-vous (Millénium, L'élégance du hérisson et Marc Lévy en tête, le prouvent), les auteurs de plus en plus productifs (chez Albin Michel, Schmitt, Chattam et Werber publient plusieurs livres par an), etc. Non, on ne peut pas vraiment dire qu'il y a crise. Le problème se trouve, comme pour le disque et la vidéo, du côté d'internet. Non pas avec le téléchargement, mais avec les pure players, tel Amazon, qui tuent la librairie française. Cependant, la Fnac tire toujours son épingle du jeu. Même si elle subit la concurrence d'Amazon et compagnie, elle a vite réagi en offrant sur son site les 5 % autorisés par la loi, ainsi que les frais de port. Face à ça et à l'effervescence de magasins, que peuvent les librairies indépendantes ?

À Aix-en-Provence s'est implantée il y a deux ans une Fnac aux Allées Provençales. Un espace à l'orée du centre-ville, qui accueille depuis deux ans la Fnac, H&M, Jules, Bizzbee, Maisons du Monde, Sephora et autres bijouteries, restaurant italien et fast-food. Le parking construit pour l'occasion est gratuit les quarante-cinq premières minutes. Autant dire qu'une fois la voiture garée, on se complait dans ces allées à dépenser plus de sous que prévu en un temps record et qu'on n'ose même pas penser à s'aventurer plus avant dans Aix, repartant la queue entre les jambes à sa voiture. Le centre n'est pas pour autant déserté, il y a les Aixois, les étudiants et les tout aussi innombrables touristes. Mais il n'est reste pas moins que plusieurs magasins ont d'ores et déjà fermé leurs portes, comme Madison Nuggets, le dernier discaire aixois. Du côté de la librairie, celles spécialisées dans la BD sont au bord du gouffre et celles généralistes accusent plus de 10 % de pertes chacune.

Elles sont trois à se partager la clientèle : Provence et Goulard sur le Cours Mirabeau, Vents du Sud à côté de la Marie. La première est une vraie machine, disposant d'une grande surface de vente et de gros fonds. Caissières à plein temps, vigils, tourniquets à l'entrée, une vraie grande suface. Goulard est l'archétype de la librairie dans laquelle on se sent mal : aucune personnalité, des libraires désagréables, aucune ambiance de fond, aucun plaisir à flâner dans les rayons, mais justement de gros fonds. Vents du Sud est plus petite, plus conviviale, plus attrayante, plus engagée et dispose de gros fonds en jeunesse (photo) et en sciences-humaines. Une vraie librairie de quartier, engagée dans la vie culturelle et aux idées politiques arrêtées qui est, comme ses deux concurrentes, une librairie de premier niveau. Mais contrairement à elles, elle compte beaucoup d'habitués dans sa clientèle. C'est donc celle qui perd le moins de clients. Cependant, elle ne fait pas non plus le poid face à la Fnac et aux ventes internet. Goulard est celle qui chute le plus, ne disposant pas vraiment d'attrait pour attirer le cilent. Ces trois librairies ne sont certes pas sur le point de fermer leurs portes, mais elles se portent moins beaucoup moins bien qu'auparavant.


Et il en va de même partout ailleurs. On ne peut pas dire que la situation est catastrophique, mais elle est tout de même préocuppante. Surtout quand tout se fait au profit d'entreprises telles qu'Amazon et la Fnac, véritables machines de destruction massive. Entrez dans une Fnac après être passé dans une librairie indépendante et comparez ce que vous voyez au rayon livre, l'offre proposée, la façon de ranger, le laisser-aller que l'on peut y trouver. Très bon exemple à Bordeaux, rue Ste-Catherine où le rayon livre est une véritable catastrophe, piles où il ne reste plus qu'un seule livre alors que plusieurs piles s'entassent en réserve, sous les tables, Marc Lévy rangé en nouveauté en février alors qu'on est en pleine rentrée littéraire, un triple panneau remplit de Philippe Sollers alors que la rentrée de janvier compte plus de 500 nouveaux romans et que pas plus d'une vingtaine sont présents sur table, des livres posés n'importe où par les clients et non rangés pas les libraires, des auteurs de langue et/ou de nationalité françaises rangés en littérature étrangère, des vendeurs au compte-goutte qui ne trouvent pas les livres que les clients leur demandent (plusieurs fois, j'ai tendu un exemplaire, qui se touvait pourtant à côté du libraire), etc. Vous l'aurez compris, à travers l'excellent exemple de Bordeaux, il y a vraiment mieux, et de beaucoup, que la Fnac. Alors, arrêtez d'acheter à la Fnac et rendez-vous dans une vraie librairie.


Je ne parle pas de Virgin car il ne faut pas faire l'amalgame. On pourra dire ce qu'on voudra, Virgin n'est pas la Fnac et n'en a pas le fonctionnement. Les rayons librairie de Virgin sont remplis de libraires professionnels et de quelques stagiaires en IUT Métiers du Livre. En plus de disposer de vrais libraires de formation, Virgin forme des étudiants au métier. Les fonds sont parfois légèrement moins importants car les magasins plus petits, mais l'essentiel, et même plus, est bien là, en rayon. L'ambiance y est chaleureuse, les libraires disponibles et informés de ce qui se passe (à la Fnac d'Aix, une libraire à qui j'ai demandé le nouveau roman de Laurent Gaudé, en septembre dernier, ne savait même pas de qui il s'agissait alors que La porte des Enfers était tout de même une des cinq plus grosses nouveautés de la rentrée), toujours là pour vous renseigner alors qu'à la Fnac, il faut faire le tour du magasin pour trouver quelqu'un caché au rayon manga... C'est d'ailleurs le point le plus important chez Virgin : être là, agréble et disponible pour le client. On y sait que c'est ce qui fait la différence, on ne se force pas pour autant, ce n'est pas si difficile de ne pas tirer une gueule de trois kilomètres sur son lieu de travail, mais ça, à la Fnac, on n'a pas encore appris. Chez Virgin, on a également lancé la mode des petits mots sur les livres que les libraires ont adoré. Carine Cavaillon, responsable littérature au Virgin, Place Gambetta à Bordeaux, est à l'origine de ce petit plus qui plait aux clients. Si certains, comme moi, n'aiment pas être conseillés et ne se fient qu'à eux, au risque de passer à côté de merveilles, beaucoup sont sensibles à ces mots et font confiance aux libraires qu'ils côtoient depuis plusieurs années, car les libraires participent à faire vivre l'âme du magasin. Vous aurez peut-être l'impression que j'ai des actions chez Virgin, que je m'emporte un peu trop. Et bien non ! Pour avoir travaillé chez Virgin, je peux vous affirmer que je ne mens nullement et que tout y est réfléchi pour que le client soit entièrement satisfait lorsqu'il repart.

Cela dit, je n'irai pas jusqu'à placer Virgin avec les librairies indépendantes. Même si le fonctionnement de certains des rayons librairies (car je pense que le travail effectué à Bordeaux n'est pas le même partout, Maud Pionica fait tenir les deux étages librairies de manière quasi exemplaire mais tous les Virgin n'ont peut-être pas la chance d'avoir une telle responsable à la tête du rayon librairie) est proche d'une librairie indépendante, Virgin reste une chaîne, le siège, à Paris, a un poids dans la vie de chacun des magasins, aucun ne peut donc faire complètement ce qu'il veut. Il n'y a donc pas à tortiller, Virgin reste une chaîne, mais une chaîne de qualité. Reste à voir si son récent rachat ne changera pas les choses dans le mauvais sens...



Pour conclure cet article, je dirai que si la librairie française a été sauvée de la Fnac par la Loi Lang en 1981, elle est de nouveau en danger, ce n'est un secret pour personne. Si rien n'est fait, elle court à sa perte. Je n'ai aucune idée du temps qui lui reste, je ne suis pas tel spécialiste pour affirmer ce genre de chose, je n'ai pas non plus la prétention de dire ce qu'il faut faire pour sauver une seconde fois la librairie indépendante mais malheureusement, on arrive à un moment de l'histoire que l'on a déjà vécu et il va falloir faire quelque chose d'autrement plus valable qu'un procés contre Amazon pour frais de port offerts afin de voir subsister le patrimoine littéraire français dans nos maisons. Je vais trop loin, pensez-vous ? Mais je l'ai dit tout à l'heure : allez voir ce qui se vend à la Fnac, vous verrez ce qui se vendra plus tard, lorsqu'il n'y aura plus de librairies dignes de ce nom.


Mardi 21 avril 2009

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Vers un renouveau du film d'animation

Publié le par Sébastien Almira

Entre suites à n'en plus finir et dessins animés japonais, on ne sait plus où donner de la tête. Voilà de trop longues années qu'on nous en fait ingurgiter de tout côté, de trop longues années où la qualité baissait de plus en plus, de trop longues années que Disney nous servait des petits dessins animés gentillets mais sans intérêt. Mais depuis l'apparition de Pixar dans l'animation de synthèse, le paysage du film d'animation a changé.

L'aventure commence lentement mais sûrement en 1995 avec le premier volet de Toy Story. Face à la qualité et au succès du long-métrage, un accord est signé en 1997 avec Walt Disney pour cinq films d'animation en co-production. Suivent 1001 pattes, Toy Story 2, Monstres et Cie, Le monde de Némo et Les Indestructibles (respectivement Oscars du meilleur film d'animation 2003 et 2004.
En janvier 2004, Pixar rompt les négociations avec Disney sur une éventuelle prolongation du contrat et se met à la recherche d'un autre partenaire. Mais, digne d'un thriller, l'affaire connait deux ans plus tard un retournement de situation, et pas des moindres : Walt Disney rachète les studios Pixar pour 7,4 milliards de dollars. L'alliance définit clairement le positionnement des deux maisons : chacun reste sur son terrain de prédilection, Walt Disney dans le dessin traditionnel et Pixar dans l'animation de synthèse.
Du côté de Pixar, le succès s'accroit de façon exponentielle avec Cars en 2006 (Golden Globe du meilleur film d'animation), Ratatouille l'année suivante (Oscar du meilleur film d'animation) et enfin Wall-E également Oscar du meilleur film d'animation ! Sont prochainement prévus le troisième volet de Toy Story (2010), le second de Cars (2011) ainsi que Là-haut  qui fera l'ouverture du festival de Cannes le 13 mai 2009 et 1906 cette année.
Les films Pixar sont toujours d'excellente qualité, souvent récompensés par les Oscars ou les Golden Globes, et très appréciés par le public, qu'il soit en bas âge ou bien majeur ! Chez eux, on ne se presse pas, un ou deux films par an, pas la peine d'être présent toute l'année en proposant de la basse qualité. De plus en plus, un fond que les enfants ne comprennent pas forcément est présent dans leurs productions comme l'attitude du peuple face à l'écologie et à la survie de la planète dans Wall-E ou encore, comme dans beaucoup de dessins animés, l'acceptation des personnes différentes comme c'est le cas dans Ratatouille. En somme, un film Pixar, c'est une qualité, un message, du second degrés, tout public et, surtout, un très bon moment en perspective, que ce soit en famille ou entre amis.


Quant à Walt Disney, la machine à chef-d'oeuvre, elle nous pond depuis 1937 avec Blanche-Neige et les sept nains, de pures merveilles devenues des classiques : Pinocchio et Fantasia en 1940, Bambi en 1942, Cendrillon en 1950, Alice au pays des merveilles en 1951, Peter Pan en 1953, Mary Poppins en 1964, Le livre de la jungle en 1967, Les aristochats en 1970, La petite sirène en 1989 ou encore Aladdin en 1992 jusqu'au Le Roi Lion en 1994.
Et là, tout s'écroule. Déjà le début des années 1980 laissait entrevoir une fuite de l'imagination des créateurs de Disney. La majorité des films produits depuis a été oubliée, presque plus de grosse production que tout le monde veut voir. Les années 1990 prouvent encore mieux le déclin de Disney. La pathétique aventure des suites commence : Aladdin, Winny l'ourson, La Belle et la Bête, Pocahontas, Le Roi Lion et Fantasia sont touchés. Les années 2000 ne font qu'accentuer le chemin pris par Disney les quinze années précédentes : des suites à n'en plus finir (Dingo et Max, La petite sirène, La Belle et le clochard, Peter Pan, Cendrillon, Le Bossu de Nôtre-Dame, Les 101 dalmatiens, Le livre de la jungle, Le Roi Lion, Mulan, Tarzan, Lilo et Stitch, Kuzko, Bambi, Frère des ours, Rox et Rouquy, Cendrillon et La Fée Clochette), des films de moins en moins connus, des sorties quasi mensuelles (entre quatre et dix sorties par an !), etc.
Pour les prochaines années, sont d'ores et déjà prévus un troisième et un quatrième volets de La Fée Clochette ainsi qu'un Fantasia 3... Est-ce que le règne de Walt Disney est en train de s'écrouler, laissant la place à une réel renouveau dans l'animation avec les studios Pixar ?

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