Jean-Paul Didierlaurent, Le liseur du 6h27, roman, 210 pages, Au Diable Vauvert, mai 2014, 16 € **

Publié le par Sébastien Almira

 

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Sorti de nulle part il y a quelques jours, quelques semaine à peine, le premier roman de Jean-Paul Didierlaurent est devenu un phénomène avant même sa sortie. Les droits de traduction ont été vendus à plus de vingt-cinq pays, parfois aux enchères, et ce sont désormais les producteurs de cinéma américains qui se l'arrachent. Face au buzz savamment orchestré par Au Diable Vauvert, la petite maison du sud de la France a avancé la sortie française de deux semaines.

 

Mais quelles sont donc les qualités extraordinaires du Liseur de 6h27 pour déchaîner ainsi les passions, me direz-vous ?

Un énorme coup marketing a visiblement suffit car, si le roman n'est pas mauvais, l'histoire n'est ni des plus originales ni extraordinairement plaisante ou jouissive, les personnages ne sont pas des héros ou anti-héros qui marquent à vie, le style n'a rien d'exceptionnel, l'auteur ne nous emmène pas dans une aventure tellement efficace qu'on ne peut pas la lâcher, ni tellement magnifique qu'on souhaite s'y perdre à jamais. Rien de tout ça.

 

Les personnages et l'histoire sont plutôt banals : Guylain Vignolles, 36 ans, est né sous le signe d'une malheureuse contrepèterie qui a pourri son enfance. Adulte « ni beau, ni laid, ni gros, ni maigre. Juste une vague silhouette entraperçue en bordure du champ de vision. », il est employé d'une usine de pilonnage de livres et vit seul dans un studio avec son poisson rouge, Rouget de Lisle, quatrième du nom, et ment à sa mère sur sa vie. Tous les matins, il croise Yvon, le gardien qui ne parle qu'en alexandrins ; Brunner, un connard de vingt-cinq ans qui a un avis sur tout, est « expert en l'art de se foutre royalement de votre gueule tout en vous faisant des courbettes » ; puis Kowalski, le chef, un autre connard, incapable de communiquer normalement, « comme si la méchanceté accumulée en lui pendant la nuit devait sortir de sa bouche à tout prix avant qu'elle ne l'étouffe. »

Il actionne ensuite La Chose, la machine qu'il ne parvient pas à appeler autrement, qui détruit des livres invendus par centaines, par milliers. Le soir, il nettoie la machine et récupère discrètement les quelques pages qui ne sont pas passés à travers les « cinq cents marteaux gros comme des poings d'hommes disposés en quinconce sur les deux cylindres horizontaux qui couvraient toute la largeur de la fosse (…), les six cents couteaux en acier inoxydable répartis sur trois axes en tournant à la vitesse de huit cent tous minutes (…), la vingtaine de buses (qui) formaient une haie d'honneur qui envoyait sans discontinuer une eau à cent vingt degrés sous trois cent bars de pression (…) et les quatre bras puissants du malaxeur. » Comme disait Giuseppe, le seul autre ami de Guylain avec Yvon, qui a eu un accident de travail : la machine, « ça génocide ».

Ces pages récupérées, il les lit le lendemain matin, assis sur le même strapontin, dans le RER de 6h27 en se rendant à l'usine. L'auteur reste vague sur les raisons, ou bien il a oublié de développer. On devra se contenter d'un « seul l'acte de lire revêtait de l'importance à ses yeux. » (page 13)

Un jour (à plus de la moitié du livre), il trouve une clef USB sur son strapontin, remplie de textes écrits par une dame pipi de 28 ans. Il tombe sous le charme de ses écrits et de sa personne, sans savoir si la clef a été oubliée ou déposée là exprès.

 

Le style on ne peut plus normal sert bien cette histoire de personnes qui passent à côté de leur vie. Rien de transcendant, ça se lit avec fluidité. On suit le roman avec facilité mais sans grand intérêt. La fin fera sourire, certains (certaines surtout, oh le vilain préjugé) trouveront que c'est « une très belle histoire », une « belle leçon de vie » ou encore « un livre passionnant qui donne envie de sourire et de vivre ! ». J'entends les gloussements de satisfaction d'ici. On m'a comparé ce roman à Ensemble, c'est tout d'Anna Gavalda dans le genre personnages amochés par la vie qui réapprennent à vivre. L'avantage, c'est qu'il est plus court.

C'est sympa à lire, même s'il existe des « livres qui donnent le sourire » mieux écrits, plus efficaces et aboutis. Ne vous attendez donc pas à un chef d’œuvre à la hauteur du phénomène.

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BANDES DESSINÉES (Peter et Sally T2 / Mauvais Genre / Ma Révérence / Max Winson T1)

Publié le par Sébastien Almira

 

Voilà bien longtemps que je n'avais pas parlé de BD (d'ailleurs, je viens de vérifier, je n'ai fait que trois articles spécifiquement sur le septième art). Et pourtant, j'en lis beaucoup. Parce que ça me plaît de plus en plus, même si je ne suis pas l'ombre d'un débutant spécialiste. Et aussi parce que ça se lit plus facilement pendant les pauses repas qu'un roman (plus pratique physiquement et plus rapide). Alors je vais tâcher de rattraper un peu le début d'année.

 

 

peter-et-sally-2.jpgPeter et Sally en rajoutent une couche (tome 2), Lépithec et Clément Bacaria, Le Lombard, novembre 2013, 12,50 € ***

Les deux garnements sont de retour pour de nouvelles aventures. C'est toujours aussi cynique, mais on commence à bien cerner les personnages, leurs tares et leur humour. Le résultat est un petit peu moins drôle, l'effet de surprise quant au caractère de Sally n'est plus là, mais c'est toujours sympa à lire ! Et j'ai enfin compris clairement le lien qui unit les deux gamins (faut dire que les indices disséminés dans le premier tome étaient quelque peu contradictoires et pas clairs du tout).

 

 

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Mauvais Genre, Chloé Cruchaudet, Delcourt, septembre 2013, 18,95 € ****

Primé à Angoulême (Fauve d'Angoulême Prix du Public Cultura 2014), Mauvais Genre raconte l'histoire d'un déserteur pendant la Première Guerre mondiale qui se fait passer pour une femme afin de ne pas être arrêté. Paul devient Suzanne, Louise est heureuse de le savoir « en sécurité » mais petit à petit leur couple bat de l'aile. C'est qu'être une femme à plein temps dans le Paris des années folles change beaucoup de choses... Le fait divers est raconté et dessiné par Chloé Cruchaudet de manière réaliste, crue et brillante, entre la noirceur et la désinvolture qui constituent cette histoire.

 

 

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Ma Révérence, Rodguen et Wilfrid Lupano, Delcourt, septembre 2013, 17,95 € ***

Également primé à Angoulême (Fauve Polar SNCF 2014), Ma révérence est une BD policière de bonne facture, qui m'a parfois surpris. Pas fana du dessin, il n'est toutefois pas désagréable et sert bien le scénario : Vincent, trentenaire un poil dépressif estimant être redevable de la société, décide de se servir lui-même, en braquant un fourgon avant de retrouver la petite amie qu'il a lâchement abandonnée avec un fils à l'autre bout de la terre. Mais il n'a peut-être pas choisi le bon complice...

 


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Max Winson, tome 1, La Tyrannie, Jérémie Moreau, Delcourt, janvier 2014, 15,95 € *****

Non, je n'ai pas d'actions chez Delcourt. J'ai juste fait l'impasse sur One Model Nation chez Naïve parce que je ne me souviens pas de tout et que je ne sais pas trop quoi dire dessus.

Bref, passons à ce merveilleux premier tome qui aurait d'ailleurs pu s'appeler Les Tyrannies. Max Winson est numéro 1 mondial de tennis depuis sept ans, il n'a jamais perdu un match, il écrase avec une facilité déconcertante tout adversaire, il ne connaît ni la joie, ni l'envie, ni l'amour, ni l'amitié, ni la culpabilité. Seulement la victoire. Aussi, lorsqu'une jeune et jolie journaliste parvient à passer à travers les mailles du système Winson, dirigé d'une main de fer par son entraîneur tyrannique de père, celle-ci perturbe le robot que Max est devenu. Qui est-il ? Quel est le but de sa vie ? Faut-il perdre un match qui pourrait coûter la vie au champion d'une (autre) tyrannie ?

Sous des apparences sobres et simples, le scénario, la narration, les personnages et le graphisme de la BD sont assez complexes et recherchés. Le premier tome de Max Winson est un véritable tour de force, tant graphiquement (un dégradé de gris éblouissant) qu'au niveau du scénario. C'est drôle, poétique, intelligent, inventif, percutant et ça va bien au-delà du tennis : ne passez pas à côté de chef d’œuvre.

 

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MUSIQUES : Foster the people / Kylie Minogue / Émilie Simon / Sarah W Papsun

Publié le par Sébastien Almira

foster.jpgFoster the people, Supermodel, 11 titres, Sony Music, Colombia *

Après un truculent premier album (Torches, 2011), le groupe phénomène Foster The People n'ont pas vraiment réussi à transformer l'essai avec ce second album mou du gland. L'écoute n'est pas forcément désagréable, les musiciens ne sont pas mauvais, les sons sont sympas, mais qu'est-ce que c'est chiant, pas un mot, pas un son plus haut qu'un autre. Il faut plusieurs écoutes avant que quelque chose pointe le bout de son nez : deux titres finalement très bons, dans la veine pop-rock joueur, punchy et ensoleillé qui a fait la qualité et le succès de Torches.

<3 Are you what you want to be ? / Coming of age

 

 


 

 

Kylie-Minogue-Kiss-me-Once.jpeg Kylie Minogue, Kiss me once, 11 titres (èd. lim. 13 titres + DVD), Warner, Parlophone ***

Le douzième album original du sex-symbol Kylie Minogue est dans la lignée des précédents : estival, agréable, dansant, kitsch, niais, sexy et bourré de tubes potentiels qui ne marcheront pas. Soyons réalistes, les icônes des années 80, 90, voire 2000 comme Madonna, Mylène Farmer, Cher ou Kylie ont beau s'entourer de la crème de la crème, se démener pour créer des tubes, ils passent quasi systématiquement inaperçus. Navigant entre pop, electro et ballades, l'Australienne réussit tout (sauf que j'aime pas Sexercize) mais ne chamboule rien de ce qu'elle sait faire et qui a fait son succès. Dommage que ça ne prenne plus avec le grand public.

<3 I was gonna cancel (tube electro funky signé Pharell Williams) / Sexy Love (tube dans la veine de Wow, In my arms / Love at first sight / Get outta my way) / Feels so good (magnifique ballade rythmée signée Sia) / If only / Fine (2 titres super fun, j'adooooore!) / Sleeping with the enemy (magnifique)

 

 

 

 

 

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Émilie Simon, Mue, 11 titres, Universal, Barclay *

J'aimais autant quand elle mettait de l'elecro dans ses jolies chansons que quand elle faisait un espèce d'opéra electro en anglais (The Big Machine, 2009) que quand elle allait dans une veine intimiste avec l'album hommage à son défunt producteur et compagnon (Franky Knight, 2011). Avec Mue, elle s'enfonce un peu plus dans la variété française, sauf que ce n'est plus aussi agréable et que c'est très répétitif. Les instruments semblent ne jamais changer : vas-y que je te fous notamment des maracas brésiliennes (je suis pas spécialiste, alors c'est certainement pas ça, et je viens de regarder sur le livret, je ne vois pas ce que ça peut être) dans toutes les chansons, même les lentes histoire de les rendre joyeuses. Les chœurs sont toujours les mêmes : et vas-y que je te pousse des ah ah ah et des oh oh oh partout (ah, pardon, on me dit que ce sont aussi des refrains). À part quelques titres (quatre), album vraiment sans intérêt.

<3 Paris j'ai pris perpete (superbe exemple de ce qu'elle peut faire de génial et qui énerveront autant de gens) / Menteur (frais et sympathique) / Perdue dans tes bras (jolie chanson aux influences asiatiques) / Wicked Game (reprise de Chris Isaac à la sauce Emilie Simon, comprendre avec des cris aussi jolis qu'irritants)

 

 

 

 

 

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Sarah W Papsun, Péplum, 10 titres, Diskolandia ****

Bon, au départ, on m'avait un peu forcé la main pour aller voir Von Paryahs à l'EMB à Sannois. On avait gagné les places, alors ma foi... Bon, à écouter deux ou trois titres comme ça, avant, ça m'avait pas trop branché. Mais alors en concert, j'ai carrément détesté (à part un ou deux titres, pour la musique, parce que la voix du chanteur, bonjour les maux de têtes et autres pertes d'audition).

Bon, après eux, il y avait Sarah W Papsun. Et là, la magie opère. D'abord, sur six mecs, y'en a bien la moitié qui sont pas désagréables à regarder. Ensuite, dès les premières secondes (les chœurs de leur hymne, Kids of Guerilla, accapella), tu restes bouche bée et t'attends la suite avec impatience. Tout est génial, les musiques, les mélodies (du genre bon pop-rock qui te rentre dans la tête pour ne plus en sortir), la voix particulière du chanteur principal, le guitariste qui a l'air d'être plusieurs dans sa tête, qui te regarde comme un psychopathe, qui se jette dans le public mais qui tombe au sol parce qu'il n'y a pas beaucoup de monde qui continue de jouer l'air de rien, etc. Et quand tu sors de là, des étoiles plein les yeux, des sons pleins les oreilles, tu les attends devant la table où tu vas leur acheter leur disque, le leur faire dédicacer, l'acheter pour l'offrir et discuter avec eux. Parce qu'en plus, ils sont super sympas et tu te rends compte que le guitariste est un gars normal en fait. Bon, l'écoute du CD est quand même moins épique que le concert, mais ça reste un vraiment très bon disque. Dommage que certains titres soient restés sur l'EP.

Ils font pas mal de concerts, alors foncez, c'est pas cher, c'est pas pris d'assaut, c'est extra et vous pourrez acheter leurs album, vinyle, EPs et tee-shirts en sortant !

<3 At the disco / Lucky Lines Stars / 5'' / Kids of Guerilla (4 pop-rock electro à faire sauter le Stade de France) / Brighton Piers (ballade aux sonorités un peu étranges, mais d'une superbe et d'un intensité folle en concert, et la voix du chanteur, pfiouuu...)

 

 

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Marine Carteron, Les Autodafeurs, tome 1, Mon frère est un gardien, 330 pages, Le Rouergue, doado, 7 mai 2014, 14 € *****

Publié le par Sébastien Almira

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Pour son entrée dans le monde des livres, Marine Carteron signe un premier tome rocambolesque et à mourir de rire où il est question du livre et du savoir. De toute époque, de toute civilisation. Une trilogie pour ados (et pour plus grands) qui s'annonce démentielle !

 

 

Auguste Mars, quatorze ans, aime « Paris, l'appart, les potes, les musées, les rives de la Seine, (ses) bouquinistes et (ses) restaurants indiens préférés ». Lorsque son père meurt, c'est donc le cœur lourd qu'il part vivre à la campagne à la Commanderie, où vivent ses grands-parents paternels, qu'il décrit comme des imitations du Père-Noël Coca-Cola et de Mamie Nova. Aussi intelligent que cynique, il n'en reste pas moins un ado de son temps qui peut passer des heures dans la salle de bain à se coiffer et s'habiller à la perfection pour être le bogosse du collège.

Césarine, sa petite sœur de sept ans, est atteinte du syndrome d'Asperger. Pragmatique à mort, obnubilée par les maths et la logique, elle utilise des Monsieur-Madame pour apprendre à comprendre les sentiments des gens.

Vous imaginez le potentiel comique de nos deux narrateurs ?!

 

« Pour ceux qui n'ont pas vu Rain Man et qui ont la flemme d'aller chercher sur Wiki, disons pour faire court que ma sœur est un ordinateur en socquettes qui calcule, mesure et retient tout ce qui a un rapport aux chiffres. Par contre, elle est « légèrement » asociale et elle a l'imagination d'une huître (ce qui fait que je peux lui refiler mes devoirs de maths mais qu'il vaut mieux que j'évite de lui demander de faire mon français lorsqu'il s'agit de poésie). » Auguste, page 35

 

Auguste comprend assez vite que son père n'est pas vraiment mort dans un accident ; que Le Négrier, directeur de son nouveau collège, n'est pas tout blanc ; que De Vergy, son prof de français (motard, anarchiste, féru de lectures en tout genre, chouchou des élèves) cache bien son jeu ; qu'il va falloir fuir les frères Montagues comme la peste.

Ce qu'il ne sait pas encore, c'est qu'il est le descendant d'une vieille famille de La Confrérie qui a pour mission de protéger, pour vous la faire courte, les livres et le savoir. Et que les Autodafeurs sont plus décidés que jamais à leur mener la vie dure.

L'adolescent se retrouve embarqué, et nous avec, dans une guerre secrète qui se joue depuis Alexandre le Grand.

 

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« – Quel trésor représente le livre ! Et quelle indépendance il autorise ! Quel compagnon à l’heure de la solitude ! Quelles munitions il fournit ! Quel éventail d’informations et quel prodigieux spectacle ! Quel compagnon en terre d’exil ! Le livre est un vase plein de savoir, un récipient imprégné de raffinement, une coupe remplie de sérieux et de plaisanterie… Qui donc – mieux que le livre – est à la fois médecin et nomade, byzantin et hindou, persan et grec, mortel et immortel ? Allons plus loin, quand donc as-tu vu un jardin transportable dans une manche, un être qui parle à la place des morts et qui est l’interprète des vivants ? Le livre ne te flatte pas outrageusement, c’est un compagnon qui ne t’ennuie pas. Plus tu te plonges dans la lecture d’un livre, plus ton plaisir augmente, plus ta nature s’affine, plus ta langue se délie, plus ton vocabulaire s’enrichit, plus ton âme est gagnée par l’enthousiasme, plus ton cœur est comblé. Le livre peut se lire partout, son contenu est accessible dans toutes les langues ; malgré les intervalles chronologiques qui séparent les époques, malgré les distances entre les métropoles, il garde sa pérennité. (...)

– Notre rapport au savoir est fragile. Si nous devions compter uniquement sur nos propres forces et sur le nombre d’idées se présentant à notre esprit, nous aboutirions au résultat suivant : nos connaissances seraient maigres, les projets s’écrouleraient, l’esprit de décision s’évanouirait, l’opinion personnelle deviendrait stérile, les idées perdraient toute valeur, l’énergie intellectuelle s’émousserait et les esprits se scléroseraient. (…)

 

À ce moment de sa lecture, le prof, qui n’avait jamais cessé de se déplacer, avait fini par arriver à côté de moi.

– Monsieur Mars, je suis certain que vous pouvez expliquer le sens de ce message à vos camarades, me dit-il alors en me fixant de toute la force de son regard hypnotique.

J’aurais dû être déstabilisé, j’aurais dû bafouiller ou répondre par une pirouette ; pourtant je me rendis compte que je connaissais la réponse, comme si les mots avaient dormi dans mon esprit dans l’attente de ce jour ; comme si chaque événement de ma vie avait été calculé pour m’emmener ici, dans cette école, dans cette salle, avec ce prof, pour que je puisse prononcer les mots qui allaient bouleverser le reste de mon existence :

– La fin des livres signerait la fin de l’humanité. »

De Vergy et Auguste, pages 73 à 76

 

À chaque page, vous serez pris aux tripes par des aventures pleine de mystères et de suspense, au milieu desquelles la petite Césarine, qui se considère comme une artiste plutôt qu'une autiste, apporte une touche nécessaire de fraîcheur et de tendresse. Avec sa manière de voir les choses, de ne pas en comprendre d'autres, cette dernière fait preuve sans le vouloir d'un humour délicieux auquel Auguste, aussi intelligent que superficiel, répond avec un cynisme et une nonchalance ravageurs !

Les Autodafeurs évolue à mi-chemin entre Harry Potter (mais sans magie), le roman d'anticipation pour les enjeux et le traitement (mais complètement encré dans notre réalité) et Comment (bien) rater ses vacances d'Anne Percin. Tout se dévore, tout se savoure, rien n'est à jeter dans ce premier tome bourré d'adrénaline et, vous l'aurez compris, d'humour. Le genre de livre qu'on ne peut pas lâcher. Pour lequel on est tellement soulagé de savoir qu'il reste encore deux tomes à dévorer, mais dont on déteste l'auteure de nous faire attendre plusieurs mois avant le prochain.

Amis lecteurs, amis blogueurs, amis libraires, amis éditeurs, amis amis, n'hésitez pas plus longtemps : lancez-vous, vous aussi, dans une bataille qui nous importe et nous lie tous : la survie des livres.

 

 

 

Voir la bande-annonce du livre, à paraître mercredi 7 mai :



 

 

 

Article également publié dans le magazine PAGE des Libraires (n°166, juin-juillet)


Vous pouvez liker la page facebook des Autodafeurs ici (extraits, jeu concours, interviews, photos, presse, etc.) et demander Césarine Mars en ami !

 

Merci à Adèle des éditions du Rouergue pour cette extraordinaire lecture !

 

 

 

Long extrait à ne pas rater (pages 12 à 21) :

 

« là où tout a commencé

 

Je m’appelle Auguste Mars, j’ai quatorze ans et je suis un dangereux délinquant.

Enfin, ça, c’est ce qu’ont l’air de penser la police, le juge pour mineur et la quasi-totalité des habitants de la ville.

Aujourd’hui, je purge une peine d’assignation à résidence, et le bracelet électronique qui m’enserre la cheville droite m’empêche de m’éloigner de plus de cent mètres de mon lieu de résidence.

Évidemment, je suis totalement innocent des charges de « violences aggravées, vol, effraction et incendie criminel » qui pèsent contre moi, mais pour le prouver, il faudrait que je révèle au monde l’existence de la Confrérie et du complot mené par les Autodafeurs… et j’ai juré sur ma vie de garder le secret.

C’est probablement un bon exemple de ce que mon prof de français appellerait « un drame cornélien », mais moi j’appelle ça « une situation de merde ». Soit je trahis ma parole et je dévoile un secret vieux de vingt-cinq siècles (pas cool), soit je me tais… et je passe pour un dangereux délinquant (pas cool non plus).

 

Mais bon, pour que vous compreniez mieux comment j’en suis arrivé là, il faut que je reprenne depuis le début, c’est-à-dire là où tout a commencé.

 

Début février, par un petit matin froid et brumeux (non, en fait il faisait doux et soleil, mais j’en garde un souvenir froid et brumeux), deux gendarmes sont venus à la maison pour nous annoncer que papa n’était plus là.

Voilà.

Comme ça.

D’un coup.

Le soir tu es tranquille dans ta petite vie parisienne, avec comme préoccupations principales de savoir comment te coiffer pour être un BG, si la prof de maths va se rendre compte que tu as pompé la moitié de ton devoir sur ton voisin, ou à quelle date tes parents vont ENFIN se décider à te laisser appartenir au monde réel (eh oui, à quatorze ans je n’ai toujours pas de portable…) et, le lendemain matin, deux types sonnent à ta porte et toute ta vie vole en éclats.

 

Ça s’est passé comme dans un mauvais film.

La sonnette a retenti.

Césarine a crié : « Laaa pooorte ! »

Maman, encore en pyjama, s’est précipitée pour ouvrir.

Les gendarmes se tenaient bien droits, leur képi à la

main et, devant leur air gêné, maman a tout de suite compris qu’il était arrivé quelque chose à papa. Non pas parce qu’il est militaire ou flic ou agent secret, là on aurait été préparé (au contraire, il fait le métier le plus pépère du monde, c’est un spécialiste de la conservation des manuscrits médiévaux à la Bibliothèque nationale), mais parce qu’il est souvent perdu dans ses pensées et que ce n’est pas franchement conseillé quand on est au volant…

… Bref, vous avez deviné la suite : un matin brumeux, une route étroite et boum, plus de papa.

Mais ça, bien sûr, je ne l’ai su que plus tard.

Sur le moment, j’ai juste vu maman devenir toute blanche et se mettre les mains devant la bouche avant de tomber dans les pommes aux pieds des gendarmes.

 

Bizarrement, le premier truc qui m’est venu à l’esprit fut « Mais qu’est-ce qu’elle fabrique encore ? », car maman a la fâcheuse habitude de me coller la honte à longueur de temps.

D’abord elle est prof.

Quand les mères de mes copains sont avocates, médecins, journalistes, ben moi la mienne elle est PROF, et d’histoire-géo en plus, la matière qui gonfle tout le monde ; et bien sûr, comme si ça ne suffisait pas, elle est prof dans MON collège, ce qui m’oblige à me planquer pour éviter ses petits coucous et ses bisous. J’ai bien envisagé un temps de changer d’établissement, ou de nom, ou de faire croire que j’étais un enfant adopté, mais rien à faire, tout ce que j’ai obtenu c’est qu’elle me laisse à cinquante mètres du bahut et ne m’appelle plus par mon surnom devant mes potes.

Quand je pense qu’avant ma naissance elle était archéologue comme Lara Croft ou Indiana Jones, ça, c’était la classe. Soi-disant qu’elle a arrêté pour s’occuper de nous mais ça ne l’a pas empêchée de nous affubler de prénoms d’empereurs. Heureusement qu’elle était spécialisée en histoire romaine, si elle avait été égyptologue… au lieu d’Auguste et Césarine, elle nous aurait peut-être appelés Ramsès et Cléopâtre !

 

Bref, tout ça pour dire que sur le coup, quand maman, pas coiffée et en pyjama, s’est évanouie sur les gendarmes, comme un gros con j’ai juste eu trop la honte ; et puis Césarine s’est mise à donner des coups de pied avec ses pantoufles « Monsieur-Madame » au pauvre flic en lui hurlant de lâcher sa maman et j’ai compris qu’ils n’étaient pas là pour vendre des calendriers, surtout qu’on était début février et que, malgré mon allergie aux uniformes, je sais tout de même faire la différence entre un pompier et un gendarme !

Quand le deuxième képi s’est approché de moi pour savoir qui il pouvait prévenir pour s’occuper de nous, je lui ai tout de suite répondu « papa », et j’ai débité d’un trait son numéro de portable, avant de lire dans ses yeux que ce n’était pas la bonne réponse.

Le gendarme s’est alors mis à me parler avec la même voix que celle que j’utilise avec Césarine pour lui faire comprendre les concepts importants, comme ne pas entrer dans ma chambre, ne pas dessiner sur mes cahiers, ni dire à mes potes que je joue parfois, très rarement, pour ainsi dire jamais, à la poupée avec elle (et le premier que je vois sourire, je l’éclate) ; bref, la voix des choses importantes pour demeuré, et j’ai compris, même si les mots buguaient et arrivaient mélangés dans mon cerveau, que le problème était réel.

Je me rappelle avoir vu les lèvres du gendarme bouger et avoir entendu des mots comme : voiture, désolé, papa, rapide, pas souffert, mort ; mais j’avais du mal à reconstituer une phrase sensée. Mon hémisphère gauche m’envoyait des trucs surréalistes du type : « La voiture rapide de ton papa n’est pas désolée d’avoir souffert la mort » ou « La mort est désolée de ne pas avoir de papa voiture en souffrance rapide » ou encore « N’a pas souffert qui n’est pas rapidement désolé pour sa voiture »,

et j’en passe.

Quand je me concentrais, je voyais bien une phrase qui pouvait avoir du sens mais, même si cette phrase pouvait expliquer à elle seule les gendarmes, les hurlements de Césarine et l’évanouissement de maman, je n’étais pas prêt à l’accepter.

Du coup, j’ai fait la seule chose qui m’a semblé logique sur le moment : j’ai pris mon sac à dos et je suis parti au collège… pieds nus et en pyjama.

 

Le trottoir était froid mais c’était plutôt agréable et je pensais à… je ne sais pas à quoi je pensais en fait. Tout me semblait plus dense ; l’air que je respirais, la lumière, le bruit des voitures, le contact des sangles de mon sac à dos sur mes épaules et la chaleur des larmes sur mes joues.

Je voyais tout flou, rapport aux larmes, et j’ai ri en pensant que j’étais peut-être devenu myope d’un coup, comme papa qui ne voyait rien sans ses lunettes et faisait semblant de confondre Césarine avec maman pour les faire rire.

Et alors, de penser à papa, là, en pyjama au milieu de la rue, j’ai enfin accepté les mots prononcés par le grand gendarme à l’air gêné :

« Désolé mon garçon, mais ton papa a eu un accident de voiture. Les secours n’ont rien pu faire, il est mort sur le coup, il n’a pas souffert. »

 

Et comme maman, je me suis évanoui.

 

 

journal de Césarine

 

Papa est mort.

 

Les adultes disent qu’il est « parti », mais c’est idiot. Je sais bien ce que veut dire « mort » ; c’est que son cœur a cessé de servir de pompe à son corps et que, du coup, il n’y a plus d’oxygène dans son cerveau et que ses fonctions s’arrêtent.

Si papa était un grille-pain, on dirait qu’il est cassé, mais comme c’est un humain, on dit qu’il est mort.

On dit parfois que le grille-pain est « mort » mais c’est « une image », c’est-à-dire qu’on parle du grille-pain « comme si » c’était un être vivant.

C’est idiot parce qu’un grille-pain est un objet et que quand il est cassé, soit on le jette et on en achète un autre, soit on le fait réparer et papi dit que c’est mieux pour la planète.

Mais papa n’est pas un grille-pain, donc il est mort, ça veut dire qu’il ne reviendra pas (alors que s’il était parti il pourrait revenir). On ne peut pas le réparer ni en acheter un autre.

 

C’est mamie qui m’a dit d’écrire ce journal. Mamie est psychologue, ça veut dire qu’elle soigne l’âme malade des gens en leur parlant et en les écoutant.

Mamie c’est la maman de papa, donc elle est triste, mais elle ne m’a pas dit qu’il était parti parce qu’elle sait que c’est idiot. Moi je ne suis pas triste, mais je sais que maman et Auguste le sont.

Maman parce qu’elle pleure et mon frère parce qu’il fait n’importe quoi.

Parfois les gens pleurent car ils ont mal, maman pleure car elle est triste.

D’habitude, j’ai du mal à faire la différence entre la tristesse et la souffrance physique, mais là j’en suis sûre parce qu’il y a d’autres signes : ils ne sourient plus, ils se traînent dans l’appartement et sont sans réaction.

S’ils s’étaient fait mal, ils sauteraient partout en criant et en disant des gros mots comme le jour où papa s’est cassé un orteil en se cognant le pied dans la table basse.

Mamie dit qu’ils sont « apathiques », mais c’est bizarre car dans le dictionnaire j’ai lu : « L’apathie est un état d’indifférence à l’émotion, la motivation ou la passion. Un individu apathique manque d’intérêt émotionnel. »

Mais mes éducateurs classent la tristesse dans les sentiments. Donc c’est plutôt moi qui suis « apathique » vu que je ne suis pas triste… Les adultes manquent souvent de logique.

Papi et mamie sont arrivés après que des policiers ont ramené Gus qui était parti à l’école en pyjama. Papi s’est occupé de maman et de mon frère, mais mamie est venue s’asseoir avec moi dans le bureau de papa.

Je ne voulais plus en sortir parce que, pendant que maman parlait avec la police, j’ai vu un monsieur qui fouillait dans les affaires de papa. Je pense qu’il cherchait le livre que papa m’a confié. Sauf qu’il n’avait aucune chance de le trouver là, vu qu’il était dans ma chambre.

Le monsieur m’a dit qu’il était de la police, mais je sais bien que c’est faux parce qu’il n’a pas parlé aux autres et qu’en plus il a volé les plans et les cartes sur lesquels papa travaillait hier soir.

Je l’ai dit à maman mais elle ne m’a pas crue. Pourtant je ne peux pas me tromper car j’ai une mémoire photographique, même que Gus m’appelle « sa photocopieuse sur

pattes » (là aussi c’est une image parce que je suis une personne).

 

J’aime bien parler avec mamie parce qu’elle est patiente et m’explique tout très bien, autant de fois que je veux.

Là, elle a attendu longtemps parce que j’avais besoin de tout remettre en place dans ma tête. Il se passait trop de choses pas normales, ça me faisait peur, et quand j’ai peur je m’enferme dans ma tête et je compte parce que les chiffres c’est clair, c’est toujours pareil, et ça me rassure.

Quand j’ai eu fini de compter tous les livres de la bibliothèque de papa, j’ai regardé mamie pour qu’elle sache que j’étais prête à l’écouter, et elle m’a tendu ce cahier. Mamie a dit qu’il fallait que j’écrive ce que j’avais envie dedans pour éviter de trop encombrer ma tête, car quand les gens perdent un proche, ils se mettent à penser à plein de choses difficiles.

Je lui ai demandé si « perdu » c’était aussi une image pour dire que papa était mort et mamie m’a dit que oui.

 

Je n’ai pas très bien compris pourquoi il fallait que j’écrive dans ce cahier, mais j’ai bien aimé le principe : écrire dans un cahier c’est concret, et moi j’aime quand c’est concret. Et puis j’ai vu que ça faisait plaisir à mamie, donc j’ai dit oui.

Mamie a dit qu’il fallait toujours que je termine en résumant les choses importantes.

 

Donc :

 

1 : Papa est mort.

2 : Un faux policier a volé les plans et les cartes de papa dans son bureau.

3 : Cacher le livre de papa comme il me l’a demandé. »

 

 

mms_img1132475872.jpg:-)

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Le cinéma d'avril 2014 (Divergente 1 / I am Divine / Her / Rio 2)

Publié le par Sébastien Almira

DIVERGENTE.jpgDivergente, de Neil Burger, 2h20 ****


Je n'attendais pas grand chose de Divergente, ça avait l'air pas mal, c'est un phénomène en littérature adolescente, je n'ai pas lu le livre (trois tomes de Veronica Roth chez Nathan), je voulais me faire une idée. D'aucuns diront sûrement que le film ne vaut rien par rapport au livre, mais ce que je peux vous dire c'est que ça déménage !

Dans cette dystopie, la ville de Chicago vit en autarcie complète, la société est divisée en cinq factions et, comme dans Hunger Games, chacun doit rester à sa place. Les Audacieux protègent et défendent, les Érudits possèdent le savoir et créent, les Sincères possèdent la sagesse et la vérité, les Altruistes aident et les Fraternels cultivent. Il est extrêmement rare que le test passé à seize ans ne soit pas décisif. Tris n'a pas de chance, elle est Audacieuse, Altruiste et Érudite à la fois : c'est une Divergente et, comme tout ce qui n'est pas dans la norme fait peur au pouvoir, elle doit se cacher. Mais vous vous doutez bien que ça va se découvrir...

Beau casting, super scènes d'actions (avec le moins d'effets spéciaux et de doublures possibles), scénario en béton, film plus réussi et plus original que Hunger Games, BO originale et géniale (par Junky XL, avec Ellie Goulding, Woodkid, Skrillex, etc.), quelques dialogues d'une niaiserie à mourir (dus au doublage français?) : le nouveau phénomène littéraire et cinématographique pour adolescents et jeunes adultes vaut le détour sur le fond comme sur la forme !

 

 

divine.jpgI am Divine, documentaire de Jeffrey Schwarz, 1h25 ***


Je ne suis pas branché documentaire. Je n'avais pas vu la bande-annonce de I am Divine. Je ne savais pas que I am Divine était un documentaire. J'ai failli sortir de la salle au bout de cinq minutes, mais je ne savais pas quoi faire en attendant le film suivant. Je suis donc resté.

Et j'ai bien fait, parce que l'histoire atypique de Divine, alias Harris Glenn Milstead, un jeune homme en surpoids de Baltimore devenu drag queen de renommée internationale (grâce à sa collaboration avec John Waters), est super intéressant. Faisant fi des idées préconçues à propos des convenances en matière d’apparence physique, d’identité sexuelle et de sexualité, Divine est le symbole absolu du marginal devenu égérie underground.

Montage parfois irritant et souvent répétitif mais documentaire intéressant et pertinent.

 

 

her.jpgHer, de Spike Jonze, 2h *****


Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly (Joachin Phoenix), un homme sensible au caractère complexe, est inconsolable suite à une rupture difficile. Il fait alors l'acquisition d'un programme informatique ultramoderne, capable de s'adapter à la personnalité de chaque utilisateur. En lançant le système, il fait la connaissance de 'Samantha' (voix sexy en diable de Scarlett Johansson), une voix féminine intelligente, intuitive et étonnamment drôle. Les besoins et les désirs de Samantha grandissent et évoluent, tout comme ceux de Theodore, et peu à peu, ils tombent amoureux.

Original, surprenant, merveilleux, émouvant, intelligent, joué et filmé à la perfection. Le mot « beau » a rarement été aussi juste que là : c'est beau, vraiment.

 

 

rio2.jpgRio 2, de Carlos Saldanha, 1h40 ****


Blu et Perla, le célèbre couple de Hara bleus (les derniers de l'espèce) ont désormais trois enfants tout bleu ! Quand Tulio et Linda partent en Amazonie à la recherche d'autres spécimens rares, la famille de perroquet décide de les rejoindre afin de montrer à leurs enfants d'où ils viennent. Ils ne sont pas prêts d'imaginer quelle aventure ils vont vivre et les conséquences qu'elle aura sur leur vie.

Vraiment pas mal, toujours drôle et rocambolesque, ça se regarde avec beaucoup de plaisir, même si c'est légèrement en dessous du premier volet.

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MUSIQUES : Arctic Monkeys / Hollysiz / Eminem / London Grammar

Publié le par Sébastien Almira

Comme prévu dans mes nouvelles bonnes résolutions de milieu d'année, voilà que je vais vous parler un peu de musique. Alors, ce ne sera pas quelque chose d'aussi formel que mes articles sur le cinéma à la fin de chaque mois (parfois avec retard en début de mois, je l'admets), mais je parlerai de plusieurs disques à chaque fois, en quelques mots, voire quelques lignes, histoire de vous dire que j'ai adoré tel truc, détesté tel autre.


 

09-Arctic-Monkeys-AM.jpgAM, Arctic Monkeys, 12 titres, Domino Recording ****

On commence par rattraper un peu le retard avec un disque sorti il y a plusieurs mois. Je n'avais jamais vraiment écouté le groupe de rock indépendant Arctic Monkeys auparavant, même si ma meilleure amie en est fan. Je n'avais pas accroché au peu que j'avais entendu. Mais leur dernier disque, le cinquième, sobrement intitulé AM (un brin mégalo?) m'a convaincu du début à la fin. Et je ne suis visiblement pas le seul puisqu'il a été élu Album de l'année 2013 par le magazine NME et aux Brit Awards 2014.

<3 Do I wanna know ? / R U mine ? / I want it all / Knee Socks (4 rock'n'roll géniaux)/ No 1 party anthem (trop la classe, quoi...)

pour écouter : http://www.songpeek.com/album/654/am

 

 

hollysiz.jpgMy name is, Hollysiz, 12 titres, Hamburger Records ****

Encore un album de rock vieux de déjà plusieurs mois. La fille de Jean-Pierre Cassel, la demi-sœur de Vincent (si, si), publie un premier album de titres pop-rock, enregistré en anglais, hyper efficaces. Les mélodies sont entêtantes au possible, les guitares endiablées et vous pourrez vous détendre lors de quelques pistes planantes. Me faisant parfois penser au groupe The Ting Tings, c'est de la bonne pop-rock qui donne le sourire et l'envie de bouger ses fesses. Elle se produit un peu partout (Vieilles Charrues, Solidays, Les Déferlantes, Olympia, Transbordeur, etc.) et ça a l'air de bien tenir la route sur scène.

<3 Better than yesterday / Tricky Games (tubesque à souhait) / The fall (magnifique) / Hangover (bouge ton boul!)

 

 

 

 

 

 

eminem.jpgThe Marshall Matters LP 2, Eminem, 16 titres, AfterMath Records ****

Vous devez vous dire « et bah dis donc, si c'est pour donner quatre étoiles à tout ce qu'il écoute, ça sert à rien... », mais je ne parle fort heureusement pas de tout ce que j'écoute, sinon je pourrais ouvrir un blog spécifique. Et comme je n'achète pas ce qui m'a déplu, je n'ai souvent pas écouté tout l'album et je m'en souviens peu : ce serait donc déplacé de vous en parler.

Passons donc à Eminem, rappeur de génie revenu en force avec l'album Recovery après une traversée du désert composée de flops et de dépression. Son duo avec Rihanna, Love the way you lie, a tellement marché qu'il semble s'être reconverti dans le duo avec jeunettes. Il fat dire que les titres partagés avec des femmes figurent parmi les meilleurs de cet album clin d'oeil au premier (même titre, vol. 2), histoire de dire que le Slim Shady est de retour aux sources comme dans le haut des classements. Cependant, le rappeur n'hésite pas à prendre des risques musicaux, chantant avec Sia, intégrant des guitares électriques, etc.

Je n'aime pas tout dans le disque, contrairement à The Eminem Show ou Recovery, mais ce que j'aime c'est du haut niveau. Et pour les vrais amateurs de rap, ce que je ne suis pas, je ne doute pas que les autres morceaux sont également considérés comme des chefs d’œuvre.

<3 Survival (duo parfait, choc des voix et des sons) / Legacy (un nouveau Stan, magnifique) / Berzek (entre rap et rock, démentiel)/ The Monster ( voix sexy et irréprochable de Rihanna) / So far (titre typique du génie qui se prend pas au sérieux et fait quand même un truc de dingue) / Love Game (avec son clin d'oeil à Summer nights de Grease)

 

 

 

 

 

 

london_grammar_if_you_wait-fr.jpgIf you wait, London Grammar, 11 titres, Metal & Dust Recordings Ltd ***

Ah ! Vous voyez : je n'ai mis que trois étoiles. Le groupe britannique qui fait sensation ont publié ce premier album, subtil et mélancolique, où la voix de la chanteuse Hannah Reid, « limpide mais avec un léger vibrato, proche et pourtant lointaine, impérieuse mais vulnérable » (merci wikipédia) plane sur une musique minimaliste, entre variété, pop classique et soul, aidée de guitares, piano et percussions.

C'est mélancolique, planant, sobre, très beau (cela dit, il ne faut pas avoir envie de se pendre avant d'écouter les jeunes Anglais), un peu répétitif toutefois.

<3 Hey now / Shyer / Wasting my young years (divin) / Nightcall (magnifique reprise du tube de Kavinsky)

 

 

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Encore des doutes + quelques bonnes résolutions + plan d'action

Publié le par Sébastien Almira

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Une fois n'est pas coutume, je me suis encore demandé, ces jours-ci, si je n'allais pas arrêter d'écrire sur le blog. Les vieux lecteurs doivent déjà penser « ça y est, c'est reparti ! Il nous fait sa petite crise annuelle, quel relou celui-là ! » tandis que les petits nouveaux doivent bien entendu se lamenter, ne sachant pas encore que je continue à écrire après chaque période de doute sur l'avenir du blog Culturez-Vous.

 

 

Ces derniers doivent aussi se demander pourquoi.

 

Et bien parce qu'un blog, ça prend du temps. Beaucoup de temps, lorsque les publications sont régulières, qui pourrait être utilisé pour autre chose. Autre chose comme lire les livres qui hantent mes étagères depuis des lustres, comme aller voir au cinéma les films que je regrette de n'avoir pas vus, que j'hésite à acheter en DVD (parce que je ne télécharge pas) et que, pour une bonne partie, je ne vois jamais. Comme recommencer à faire un kilomètre à la nage chaque semaine ou comme m'améliorer au tennis. Comme tondre la pelouse puisqu'il recommence à faire beau et que, vu la hauteur, je vais grave galérer avec ma tondeuse mécanique (qui veut venir avec sa tondeuse électrique ?). Comme trier les piles de paperasse que j'éparpille partout chez moi et qui viennent de se retrouver dans un sac dans le placard parce que quelqu'un n'aimait pas ça. Et je ne parle que des activités solitaires.

 

Parce que pour écrire il ne faut pas seulement du temps, mais aussi de l'envie, et que je suis un gros flemmard et que si je n'écris pas un article aussitôt le livre terminé, je laisse courir, je laisse courir et puis je n'ai plus envie de le faire. Et c'est comme ça que récemment vous n'avez rien lu sur deux romans ado sympas (Cavalcades chez Thierry Magnier et Casseurs de solitude au Rouergue, que j'ai pourtant lus en février mais que, comme ils ne sortaient qu'en avril, j'ai attendu, attendu, attendu).

 

Parce que je ne me sens pas capable de parler de BD et d'albums jeunesse, et dieu sait si j'en lis et si j'en ai plein à vous faire découvrir. Idem pour la musique, je ne parle que de ce que je connais bien, et on se retrouve, sauf rares exceptions, avec du Mylène Farmer, du Zazie, du Kylie Minogue et du Madonna. Bonjour l'image de blogueur indépendant !

 

Enfin parce que, je vous le rabâche souvent, même si vous êtes nombreux à visiter le blog chaque jour (entre 100 et 150 visiteurs uniques par jour en période du début de la rentrée de septembre à la fin de la rentrée de janvier et entre 50 et 100 le reste de l'année), le fait de n'avoir que peu de commentaires est quelque chose de très frustrant pour un blogueur. Quelque chose qui donne l'impression d'être seul dans le néant.

 

 

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Alors, je voulais vous dire que je n'arrête pas encore le blog. Et j'ai pris quelques résolutions de milieu d'année.

 

Comme pour les articles sur le cinéma que je fais depuis un an presque et demi une fois par mois avec (presque) tous les films que j'ai vu dans le mois, je compte faire sensiblement la même chose pour les albums jeunesse, les bandes dessinées et les disques.

Je ne me sens pas capable de parler de ça dans un long article alors ce seront quelques lignes histoire de partager quand même mes découvertes, surtout si elles sont bonnes.

 

Je cesserai de parler de tout ce que je lis comme romans ou vois comme films. Je ne veux plus me forcer à écrire juste pour alimenter le blog. Si je ne publie rien pendant deux semaines, j'essaierai de ne pas m'auto-flageller. C'est par exemple pour ça que je ne vous parlerai finalement pas de L'ange de charbon de Dominique Batraville chez Zulma, dont je venais de commencer l'article, quand j'ai décidé d'écrire celui-ci. Parce qu'ayant été émerveillé par Les Immortelles de Makenzy Orcel chez le même éditeur (article ici), je m'étais dit de cette nouvelle parution que ça allait être encore merveilleux, mais j'ai eu beau sauté les pages par dix, j'avais l'impression de lire toujours les mêmes phrase et le style me bluffait autant qu'il m'énervait. Passez donc à côté et si vous n'avez pas lu Les Immortelles, ne ratez pas ce magnifique livre plus longtemps !

 

 

Voilà, je peux désormais cesser de vous importuner avec mes états d'âmes et m'en aller rattraper (un peu) le retard sur mes découvertes musicales car, détrompez-vous, je n'écoute pas que Mylène Farmer !

Et si, vous aussi, pris de remords, vous voudriez prendre une bonne résolution : n'hésitez plus, laissez un commentaire pour dire que vous avez adorer tel roman, que vous mourez d'envie de lire telle BD dont j'ai parlée, que vous avez détestez tel film que j'encense. Ça fait plaisir et ça peut être constructif ! ;-)

 

Merci de continuer à me lire, à bientôt !

 

Sébastien Almira

 

 

 

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Arnaud Cathrine, Je suis l'idole de mon père, roman à partir de 13 ans, 150 pages, mars 2014, 9,20 € **

Publié le par Sébastien Almira

 

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Doriand est le fils d'un auteur de romans ado en mal d'inspiration qui étale la vie de son fils dans ses livres. Ce qui provoque honte et fureur chez le principal intéressé.

Cet été, le joyeux tandem part en vacances dans une station balnéaire en Normandie. Au programme : hôtel étoilé à deux pas de la plage, resto gastronomique, soleil, bronzette et farniente.

Mais il se trouve que c'est dans la même ville que vivent les grands-parents de Doriand, ceux-là même qu'il n'a jamais rencontrés parce que son père ne les voit plus depuis belle lurette et n'en parle jamais.

 

C'est un sacré gros hasard, mais on passe, puisque le gros de l'histoire est basé sur ça : pourquoi les relations entre le père de Doriand et sa famille se sont-elles détériorées ? Que va faire l'adolescent pour sortir des griffes et du carnet de notes de son père ? Concernant son irrésistible envie de rencontrer ses grand-parents paternels ? Pour se dépêtrer d'une histoire d'amour fantasmée et impossible ?

 

Le roman aurait pu être délicieux si tout n'était pas survolé et si Arnaud Cathrine ne cherchait pas à tenir avec Doriand Salveig son Maxime Mainard. Je sais qu'Anne Percin n'aime pas les comparaisons avec son héros, mais il faut bien avouer qu'un ado narrateur, intelligent, drôle (beaucoup moins que Maxime), cynique, à qui il n'arrive (presque) que des catastrophes (familiales, amoureuses, « vacancières ») au milieu d'une tripotée de situations cocasses et périlleuses, fait inévitablement penser à Comment (bien) rater ses vacances (article ici).

Sauf que n'est pas Anne Percin, ni Maxime Mainard, qui veut.

Ça se lit, avec plaisir même. Mais, malgré l'histoire du père écrivain qui pompe la vie de son fils pour ses livres, cela reste du déjà vu. Qui plus est, pas assez développé. Ça manque de consistance, la fin est précipitée et le suspense voulu avec l'idée balancée à demi-mots par le narrateur sur une éventuelle suite n'est pas très efficace.

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Kenneth Bernard, Extraits des archives du district, traduit de l'anglais par Sholby, roman, 150 pages, janvier 2014, 10 € *

Publié le par Sébastien Almira

 

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Nées en 2009, suite à la rencontre entre Benoît Virot (créateurde la revue Le Nouvel Attila) et Frédéric Martin (qui travaillait aux éditions Viviane Hamy), les éditions Attila ont publié un catalogue d'une cinquantaine de titres dont l'originalité n'avait d'égal que la qualité graphique de l'objet. Textes rares, subversifs, décalés, drôles, enivrants, qui ont séduit pas mal de lecteurs exigeants.

Mais en 2013, l'aventure s'arrête et les deux hommes créent chacun leur maison d'édition après que leurs auteurs se soient vus proposer de récupérer leurs droits ou de rejoindre la nouvelle structure de leur choix. Benoît Virot crée le Nouvel Attila et Frédéric Martin Tripode.

 

Les Extraits des archives du district n'est pas une nouveauté en soi puisqu'elle faisait partie du catalogue Attila. La quatrième de couv fait indéniablement penser aux textes cultes d'anticipation et de science-fiction, à 1984 en particulier.

C'est l'histoire d'un homme qui tient un journal où il décrit sa vie dans le district, entre faits étranges voire effrayants et banalités. C'est d'ailleurs plus souvent les banalités du quotidien qu'il prend la peine d'écrire. Plusieurs pages pour décrire le fonctionnement des files d'attente à la banque, tout autant pour raconter que la caissière du supermarché n'est pas aimable et range n'importe comment ses courses dans les sacs ou encore que Grodeck est un gros connard qui bat une pauvre vieille das le hall du bâtiment et touche le cul de Sylvia, genre de bombe sexuelle que le narrateur aimerait bien se taper.

 

" Ce nouveau système présente d'indéniables bénéfices et quelques inconvénients. Puisque les avantages paraîtront évidents à toute personne moderne, je veux mentionner un ou deux problèmes. Normalement, la banque assigne un nombre égal de caissiers de chaque côté. Mais si leur nombre ou leurs compétences ne sont pas équivalents, il devient difficile de déterminer combien de personnes en plus dans la file la plus efficace la rendront moins rapide que l'autre. Autrement dit, à un certain point, on ira plus vite dans la plus mauvaise file. Mais où se situe ce point ? Et puis, on peut commencer dans l'une ou l'autre de deux files tout aussi efficaces et s'appercevoir à mi-chemin qu'on a perdu un caissier, ou qu'un débutant commence son service. Si on a déjà attendu une demi-heure, il est peu probable qu'on change de file. Et en fait, même avec un service dégradé, cette file pourrait quand même, à cause d'autres facteurs, avancer plus rapidement. On ne peut pas savoir. Par exemple, une fois (c'était au milieu du mois), mon côté de banque a perdu tous ses caissiers sauf un, alors qu'il en restait trois de l'autre côté. J'ai dévisagé les gardiens et les responsables qui travaillaient dans les bureaux en retrait pour protester contre cette injustice flagrante. L'un d'entre eux, ai-je pensé,  devait forcément avoir pour mission de maintenir une équité raisonnable entre les deux comptoirs. Je n'ai reçu en retour que des regards absents. Personne ne semblait s'appercevoir de la situation ou s'en préoccuper. A une ou deux reprises, j'ai presque dit quelque chose. Ce qui est sûr, c'est que j'ai gigoté. Et toussé. Mais en vain. " pages 32-33

 

Bon, on comprend rapidement que le district fait partie d'un système dictatorial où les habitants ont peu de libertés et sont contraints de tenir un journal qui sera à leur mort récupéré par les autorités. D'ailleurs, les habitants doivent adhérer à un club d'enterrement. Si vous voulez en savoir plus, il y en a des tartines sur plus de vingt pages qui ne m'ont que très peu intéressé. Un peu comme le reste du livre. Le narrateur, surnommé La Taupe, décrit son quotidien avec une froideur et un sens du détail qui frôlent l'autisme sans que rien n'accroche vraiment le lecteur. Ce n'est pas mauvais, mais l'ennui est plutôt envahissant et l'intérêt très limité.

De plus, on pourra s'étonner que dans ce genre de maison d'édition, ni le nom de Marc-Antoine Mathieu, qui a signé le dessin de couverture, ni la première publication chez Attila ne soit pas mentionné, ou que la dernière page avant l'élégant noir ne soit pas centrée comme il faut.

 

 

L'avis du Cafard Cosmique, très élogieux : ICI

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Le cinéma de mars 2/2 (Monuments Men / Free Fall / Patema et le monde inversé / Gerontophilia / How I live now)

Publié le par Sébastien Almira

 

the-monuments-men-poster02.jpgMonuments Men, de George Clooney, 2h ***


Sept Américains sont prêts à aller envers et contre tous, à braver les interdits et les dangers, pour sauver les milliers d’œuvres d'art volées par les nazis en France. Ce sont les Monuments Men. Malgré leur nom, ils n'ont pas de supers pouvoirs, juste un besoin et une envie inaltérables de se battre au nom de l'art et des Français.

J'aimerais bien connaître un peu la véritable histoire parce que je ne peux m'empêcher de voir des livres d'histoires pour collégiens américains crédules à qui on fait croire que les États-Unis règnent en maître pacifiste et altruiste sur le monde entier. Si on pouvait arr^ter de voir Matt Damon à l'écran, ce serait sympa aussi. Sinon, c'était pas mal, quoiqu'un peu longuet au milieu.

 

 

affiche-Free-Fall-Freier-Fall-2013-1.jpgFree Fall, de Stéphane Lacant, 1h40 ****


On en parle comme de « la réponse allemande au Secret de Brokeback Mountain » simplement pare que c'est l'histoire d'un hétéro macho qui tombe amoureux d'un beau gay après avoir tenté de le repousser, voire de le frapper. Le tout dans un milieu hostile (cow-boy VS flics).

Mais la comparaison s'arrête là. Plus court, moins chiant, plus étouffant (pas de grands espaces), plus moderne dans le traitement de l'histoire comme de l'image, plus sensuel peut-être, Free Fall m'a plus passionné que le film multi-primé d'Ang Lee. Il donne envie de vivre sans se barricader derrière des images, des limites, des interdictions, tant qu'il n'est pas trop tard...

 

 

 

patema-et-le-monde-inverse-affiche.jpgPatema et le monde inversé, de Yasuhiro Yoshiura, 1h40 **


Après une catastrophe écologique, la terre se trouve séparée en deux mondes à la gravité inversée ignorant tout l'un de l'autre. Dans le monde souterrain, Patéma, quatorze ans, adolescente espiègle et aventurière rêve d'ailleurs. Sur la terre ferme, Age, lycéen mélancolique, a du mal à s'adapter à son monde totalitaire. Le hasard va provoquer la rencontre des 2 adolescents en défiant les lois de la gravité.

Partant d'une super idée, le manga m'a déçu sur certains aspects. D'abord, ces Japonais (surtout Patéma) qui hurlent dès qu'ils ouvrent la bouche (ils peuvent pas parler normalement?). Ensuite, si certaines images pourraient passer pour du Miyazaki, d'autres paraissent datées, et le mouvement (des personnages, surtout) n'est pas toujours au point (trop saccadé par moments). Enfin, parlons justement de la fin, cette succession de rebondissements qui affolent le rythme alors que certains moments précédents tentaient d'endormir le spectateur : le rythme du film n'est pas tout à fait maîtrisé. Dommage.

 

 

gerontophilia.jpgGerontophilia, de Bruce LaBruce, 1h20 ****


Lake, 18 ans, un garçon plutôt ordinaire mais hyper bogosse, vit avec une mère névrosée et sort avec une fille de son âge excentrique. Embauché dans une maison de retraite pour l’été, il est troublé par une attirance nouvelle et pour le moins particulière : les vieux messieurs. Il tombe sous le charme de l'un des pensionnaires, Mr Peabody, 82 ans.

Voilà, vous êtes prévenus, si vous rentrez, vous savez ce que vous trouverez. C'est très étrange comme histoire mais finalement pas plus que ces films sur des jeunes garçons intéressés par des vieilles dames riches (cf Hors de Prix, par exemple). Là où le réalisateur habitué aux films chocs frôle la perfection, c'est que tout dans Gerontophilia est toujours subtil, quasi délicieux. Les acteurs sont magiques, on n'est jamais dans le voyeurisme, et ça c'est fort.

 

 

How-I-Live-Now-Maintenant-cest-ma-vie-affiche.jpgHow I live now (Maintenant, c'est ma vie), de Kévin Macdonald, 1h45 *****


Adapté du roman du même titre de Meg Rosoff chez Albin Michel Wiz.

Daisy, une adolescente new-yorkaise un peu connasse sur les bords, passe ses premières vacances dans la campagne anglaise chez ses cousins, qu'elle considère comme des bouseux. Les choses ont le temps d'évoluer entre Daisy et ses cousins avant qu'une éventuelle troisième guerre mondiale n'éclate et ne laisse s'envoler les rires, les sorties et les émois naissants. À partir de là, il n'est question que de survie.

L'incroyable force de film réside en le fait qu'on soit toujours exclusivement avec les adolescents. De la guerre, n'entendra que quelques explosions, on ne verra que quelques secondes d'images à la télévision avant que l'électricité ne soit coupée, on ne vivra que leur survie dans un camp de travail et leur fuite afin de tous se retrouver.

Époustouflant, éprouvant, sensationnel à tout égard, accompagné d'une BO tout aussi explosive, How I live now est un film dont on parle trop peu et indéniablement un des films qu'il ne faut pas rater en ce début d'année.

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