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Yves Grevet, Seuls dans la ville entre 9h et 10h30, roman ado, 210 pages, Syros, avril 2011, 13,90 € ****

Publié le par Sébastien Almira

 

 

meto.gifYves Grevet m'avait enchanté avec son époustouflante trilogie Méto, que je n'ai cessé de vous conseiller et que j'ai remis en avant sur mon blog au mois de mai (« article à (re)découvrir », que je n'ose remplacer par un autre pour le moment). Par la suite, j'ai lu son court Jacquot et le grand-père indigne qui m'avait bien plu, mais c'était Seuls dans la ville que j'attendais depuis des mots et qui est enfin disponible ! Un mois après l'avoir lu, je prends mon courage à deux mains (le chômage me permettait au début d'écrire plus d'articles que d'habitude, mais le rythme a vite freiné et la flemme gagné du terrain) et vous en livre ma critique.

 

Écrire le bon livre après Méto pouvait s'avérer dangereux. Yves Grevet a pris le parti de changer complètement de genre. De la grande aventure d'anticipation matinée d'un brin inquiétant de sciences-fiction, il est passé au polar urbain. Attention ! On est loin du roman noir, du polar crade, de l'univers mafieux, de Chandler, Hammet et Ellroy. On est dans un roman pour adolescents, sans prétention, mais qui se dévore facilement, rapidement et avec beaucoup de plaisir.

 

 

Une professeur de français propose à sa classe de première littéraire de soufflet entre les dissertations et autres commentaires composés en se rendant seuls dans la ville, entre 9h et 10h30. Là, ils doivent écrire ce qu'ils voient et/ou ce que cela leur inspire, sous forme libre, description, fiction, poésie, etc.

Or, le jour même, maître Marideau, le notaire de la ville, est retrouvé assassiné dans sa voiture, sur l'île aux Chiens. Les jours passent, l'enquête de police piétine, le bac approche et malgré l'opposition de la prof, Erwan (adolescent plutôt commun) et Cassandre (fraîche et pétillante) tentent de rassembler toutes les copies afin de traquer le moindre indice qui leur permettrait de démêler le vrai du faux.

Pourquoi maître Marideau a cessé brusquement toute activité plusieurs fois avant de s'installer dans une nouvelle ville ? Laquelle des trois femmes rousses aperçues en ville est celle qui conduisait la Mercédes du notaire ? Que venait chercher ce jeune homme à l'air étrange dans une poubelle du square du Gros Tilleul ? Pourquoi la prof tentait de les dissuader de récupérer les copies ? Pourquoi l'oncle et la tante de Cléa (plus sûr que ce soit bien d'elle, depuis le temps) sont-ils suspectés par la police ?


 

seuls-dans-la-ville.jpgVous ferez face à encore plus d'indices, de fausses pistes et de questions lorsque vous lirez Seuls dans la ville. En prime, vous aurez droit à un plan de la ville, avec une photo de chaque élève à son poste et un index des vingt-cinq copies réparties tout au long du récit. L'instituteur qu'est Yves Grevet a dû bien s'amuser à rédiger les vingt-cinq textes originaux et de formes différentes (poésies, dialogues, descriptions, listes, récits, dessins, etc.). Sa plume fluide et agréable ne lasse jamais. Elle est comme une douce musique qui nous accompagne et ne nous donne pas envie de la quitter. Elle nous berce de découvertes en rebondissements, de rapprochements amoureux en séances de dégustation de pâtisseries jusqu'au dénouement  final sans que nous ne nous soyons ennuyés, ni rendu compte qu'il se faisait tard.


À déguster sans modération, sans limite d'âge (même s'il met en scène des jeunes de 16-17 ans, le roman peut se lire dès 11 ans) et sans regarder l'heure ! Dans le bus pour aller en cours de français, sur un banc en épiant les passants, vautré dans un hamac en dévorant un millefeuille, assis à son bureau en faisant semblant de réviser, en prenant le soleil en vacances, au bureau en surveillant l'arrivée du boss ou encore dans une voiture banalisée en planque devant la maison d'un tueur présumé !

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