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Anne-Laure Bondoux, Tant que nous sommes vivants, roman à partir de 14 ans, 290 pages, Gallimard Jeunesse, septembre 2014, 15 € ****

Publié le par Sébastien Almira

                   

« Nous avions connu des siècles de grandeur, de fortune et de pouvoir. Des temps héroïques où nos usines produisaient à plein régime, où nos villes se déployaient jusqu'aux pieds des montagnes et jetaient leurs pont par-dessus les fleuves. Nos richesses débordaient autour de nos maisons, gonflaient nos yeux, nos ventres, nos poches, tandis que nos enfants, à peine nés, étaient déjà rassasiés.
À ce moment sublime de notre histoire, nous n'avions peur de rien. Autour de nous, des plaines fertiles s'étendaient à perte de vue. Nos drapeaux flottaient, conquérants, aux sommets des hautes tours que nous avions bâties et, aveuglés par l'éclat de notre propre triomphe, nous avions la certitude que chaque pierre posée demeurerait là pour l'éternité.
Mais un jour, les vents tournèrent, emportant avec eux nos anciennes gloires.
Des sommes colossales se mirent à changer de main, mille fois par seconde. Des empires que nous avions crus immuables s’effondrèrent, tandis que d'autres s'engendrèrent, loin de nos frontières. Dans une accélération imprévue, la fortune que nous pensions acquise nous échappa.
Nos villes, autrefois si grasses, devinrent sèches et laides.
Les unes après les autres, nos usines cessèrent de produire, précipitant sur les routes des armées d'ouvriers aux mains vides.
Dans les ports, dans les gares, nos cargaisons et nos trains restèrent à quai.
Nos banques fermèrent, puis ce furent nos petits commerces, nos grands hôtels, nos stades, nos théâtres.
Bientôt nos enfants eurent faim et, comme chacun redoutait de perdre le peu qui lui restait, la peur nous enveloppa de son haleine glaciale. Plus de drapeaux, plus de désirs, plus de rêves : le feu qui nous avait habités s'était éteint, et notre communauté se replia sur elle-même. » pages 9 et 10

Anne-Laure Bondoux a été mon intrusion dans la littérature ado lorsque j'avais 13 ans avec Le destin de Linus Hope, apparemment un des premiers romans de sciences-fiction / anticipation pour adolescents. J'étais en 4ème, il était dans la sélection des Incorruptibles et j'avais tellement aimé que j'ai acheté la suite. Ça peut paraître anodin comme remarque mais acheter un livre avec que du texte, pour moi qui ne lisait et relisait qu'Astérix et Tom-Tom et Nana à l'époque, ça ne l'était pas.

Anne-Laure Bondoux a donc été mon premier pas vers la littérature lorsque j'étais adolescent. Et j'ai encore attendu 13 ans pour lire de nouveaux cette auteure que je dis pourtant adorer. Visiblement ça paye : Tant que nous sommes vivants est une merveille.

C'est un roman pas facile à raconter, un roman d'aventures, d'amours, d'amitiés, de magies, de guerre, de haines, de rêves, de fuites, de survies, de quêtes, de théâtre, d'ombres et de lumières.
Et un première de couverture qui retranscrit à merveille les ambiances et les thèmes du livre.
C'est un roman initiatique qui prend la forme d'un périple fourmillant d'idées, de scènes, de détails, de symboles.
C'est un voyage auquel on prend part sur plusieurs années, dans différents lieux, où l'on rencontre des personnes différentes qui ont toutes quelque chose à faire partager, quelque chose à prendre ou à donner.
C'est d'ailleurs une question qui revient souvent « Faut-il toujours perdre une part de soi pour que la vie continue ? »

C'est un roman complexe, débordant d'imagination et de significations, une roman ébouriffant, un roman avec quelques passages et phrases magnifiques, une manière d'assembler les mots et les idées bouleversante (« Quand ma mère ouvrit les yeux le lendemain, Bo était déjà descendu à la forge. Seules quelques traces de poussière noire restaient sur le tapis. Les contours de sa solitude. » page 162, ou encore la préface : voir extrait plus haut), avec quelques descriptions superbes, d'autres terribles, un roman que j'aurais dû lire plus tôt, que j'aurais pu conseiller pour Noël, car Tant que nous sommes vivants est un roman épique et poétique, captivant et magnifique qui s'offre, qui se dévore et se savoure, qui rend justice à la vie et à ceux qui qui se battent pour leur survie.

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Frédéric Beigbeder, Oona & Salinger, roman, 330 pages, Grasset, août 2014, 19 € ****

Publié le par Sébastien Almira

Frédéric Beigbeder, Oona & Salinger, roman, 330 pages, Grasset, août 2014, 19 € ****

« Et c'était très agréable de recommencer. Ils recommencèrent beaucoup. À chaque fois qu'il l'embrassait, elle avait l'impression de s'envoler et lui de tomber par terre. C'était un miracle qu'ils tinssent encore debout. Une prouesse aussi exceptionnelle que ce subjonctif imparfait. » pages 90-91

De Beigbeder, je n'ai pas tout lu et je n'ai pas tout aimé. C'est comme ça que je commence à parler d'Oona & Salinger à mes clients. Et c'est comme ci que je continue : mais j'ai beaucoup aimé son dernier, il n'est pas trop présent, son humour et sa présence servent bien le récit et ne le vampirisent pas comme c'est parfois le cas.
Parfois, il faut savoir prendre des gants quand on est libraire. Oui bien sûr, j'ai aaadooooré !!!
Je déconne mais vous avez compris l'idée. Et bien pour vendre du Beigbeder en librairie indépendante, c'est comme pour Nothomb, il faut faire sauter les préjugés pour parler d'un livre et non d'un personnage qu'ils ne peuvent plus voir en peinture.
Parfois, ça ne vaut pas le coup. Pour le dernier Nothomb, je ne prends pas de gants, oui, cette fois, il est bien, pas inoubliable, mais bien. Mais pour Oona & Salinger, ça vaut le coup de dire aux gens qu'il faut s'ouvrir un peu et arrêter de ne jurer que par la Pléiade et le Goncourt.

 
                                   Jerry David Salinger, Oona O'Neill et Charlie Chaplin

Jerry D. Salinger, « l'écrivain qui a dégoûté les humains de vieillir » (page 23) est l'auteur préféré de Frédéric Beigbeder. Son Catcher in the Rye (L'attrape-cœur) s'est vendu à plus de 120 millions d'exemplaires dans le monde si j'en crois son plus grand fan.

Oona O'Neill, dont Truman Capote dira « Elle n'avait qu'un seul défaut : elle était parfaite. À part ça, elle était parfaite. » a été sa petite amie avant de se marier à Charlie Chaplin.
Après une interview de Salinger qu'il ne mènera finalement pas, l'auteur de 99 fr décide d'écrire sur ce qui changera à jamais la vie de Salinger : l'histoire d'amour improbable entre Oona et Jerry, le départ de ce dernier pour aller casser de l'Allemand en France, et le mariage d'Oona avec Chaplin.

Dans un art particulièrement incisif du dialogue, Beigbeder s'amuse à recréer les plausibles instants partagés entre Oona et Jerry, comme bas de page 93 et suivantes, scène d'une perfection étonnante. Il raconte les soirées hype & drugs au Stork Club, l'endroit le plus fermé de New York, avec la bande de Truman Capote et des trois premières it-girls de l'histoire : Gloria Vanderbilt (vamp fatale et sophistiquée), Carol Marcus (l'animal sensuel et hystérique) et Oona O'Neill (l'autiste, la timide, l'angélique).
Il imagine les lettres désespérées que Jerry envoie du front à sa bien-aimée un peu trop volage.
Il décrit à travers les yeux de ce dernier l'horreur de la guerre (extrait ci-dessous, pages 206-207).
Il part parfois dans tous les sens, comme avec le chapitre « Ce qu'on ne dit pas aux Français sur le débarquement (ni au collège, ni au lycée, ni dans Le jour le plus long, ni dans Il fat sauver le soldat Ryan) » pages 208 et suivantes, comme le chapitre sur les ados contemporains pages 250 à 252, saisissants.




On retrouve l'humour particulier et corrosif de Beigbeder :
« À ce moment-là, le jeune serveur apporta les verres. J'ai oublié de dire qu'au même instant, la France était occupée par l'Allemagne. À Paris, avec le décalage horaire, les troupes allemandes défilaient sur les Champs-Élysées. » page 41

« Ici, quelqu'un comme Sylvia Plath ajouterait une phrase photosensible du genre « Le soelil matinal, tout simple, brillait à travers les feuilles vertes des plantes de la petite verrière et les motifs de fleurs sur le divan recouvert de chintz étaient naïfs et roses dans la lumière du matin. » J'aime ces temps d'arrêt qui laissent au lecteur le temps de respirer, de boire ou d'aller pisser. Ah, si seulement je savais écrire ainsi. Mais je dirais seulement que le premier rayon de soleil était parme, et que c'était vachement joli. » page 104

Enfin bref, je vais pas en faire trop. Sylvia Plath trouverait peut-être beaucoup à dire, mais je dirais seulement qu'Oona & Salinger est un roman étonnant et complet. Tout y est, tous les genres, histoire sentimentale, critique de la société, roman de guerre, roman à la Bret Easton Ellis sur les soirées américaines, voyages, document historique et biographique, et j'en passe.
Je ne sais pas si le Renaudot était mérité pour Un roman français, mais ce nouveau roman de Beigbeder aurait mérité plus d'attention et de reconnaissance.


Une surper critique d'Onna & Salinger à lire ICI.


                         

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Lupano et Panaccione, Un océan d'amour, BD sans texte, 220 pages, Delcourt / Mirages, octobre 2014, 24,95 € *****

Publié le par Sébastien Almira

Lupano et Panaccione, Un océan d'amour, BD sans texte, 220 pages, Delcourt / Mirages, octobre 2014, 24,95 € *****

Surpris par le principe d'une bande dessinée sans texte, j'ai « lu » Un océan d'amour et je n'ai toujours pas fini d'être surpris.

D'abord par la facilité de lecture et de compréhension.
Ensuite par le merveilleux scénario de Wilfried Lupano, qui avait déjà officié avec Jérémie Moreau pour Le Singe de Hartlepool et avec Cauuet pour Les vieux fourneaux : jetez-vous dessus, c'est extraordinaire. Ce gars a des idées en or et sait s'entourer.
Aussi par les superbes dessins, tendres et expressifs, de Grégory Panaccione, à l'origine d'un certain Match qu'on m'a vivement recommandé.
Finalement par le résultat étonnant et hautement merveilleux d'une telle entreprise.
Également par la présentation de l'ouvrage et la quatrième de couv' particulièrement réussie.
Enfin par l'intérêt et le succès à la librairie.

Pas besoin de dire grand chose sur l'histoire de ce petit pêcheur breton dont le petit bateau se coince dans les filets d'un autre bien plus énorme et de son imposante, revêche mais réconfortante femme élevée à la cuisine au beurre, complètement paumée quand elle ne le voit pas rentrer le soir même.

S'en suivent leurs extraordinaires et invraisemblables aventures croisées qui vous emporteront et vous émerveilleront aussi sûrement que moi. Cette BD est un vrai bijou sur tous les plans et ce serait vraiment bête de s'en priver ou d'en priver vos amis fans de septième art alors que Noël est si proche.


 
 

Visitez le blog du Monde pour découvrir les trente-quatre premières planches ici.

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Whitney Houston, Live, Her Greatest Performances, CD et CD/DVD, Sony Music, novembre 2014 *****

Publié le par Sébastien Almira

Whitney Houston, Live, Her Greatest Performances, CD et CD/DVD, Sony Music, novembre 2014 *****

Si Whitney Houston avait encore besoin de prouver qu'elle est une des, sinon la, plus grandes divas au monde, c'est désormais chose faite avec cette compilation de ses meilleures performances live.
On passera outre des dernières années catastrophiques côté vie personnelle qui ont gravement entaché sa voix et sa carrière, on se souviendra que malgré ça, elle est revenu sur le devant de la scène en 2009 avec un superbe album, I look to you.
Et en écoutant ce disque live, les frissons, la bouche bée et l'émerveillement nous rappelleront pourquoi on l'appelle THE VOICE.

Tirés d'émission de télévision (Brit Awards, Grammy Awards, The Oprah Winfrey Show, etc.) d'événements (Super Bowl, Welcome Home Heroes) ou de concert caritatif (The Concert for a New South Africa), les seize titres qui composent cet album sont étourdissants tant le talent vocal de Whitney est plus sensationnel sur scène qu'en studio. Surtout quand de plus en plus d'artistes ont de nos jours recours au play-back sur scène.

Pour rappel aux mauvaises langues qui pensent, disent, écrivent des choses tellement sales que je ne préfère pas m'en souvenir (qu'est-ce qu'on a pu lire sur le net après sa mort, dis donc...), Whitney c'est 100% classe, 0% vulgarité, c'est un premier album vendu à 25 millions d'exemplaires, c'est Bodyguard, soit 410 millions de dollars de recette, soit la deuxième bande originale la plus vendue au monde (40 millions d'exemplaires) et la reprise de Dolly Parton, I will always love you, vendue à 12 millions d'exemplaires. C'est au final 180 millions de disques vendus, une voix impressionnante dont vous pourrez trouver une description complexe sur wikipedia, une classe sans nom, un film et quelques chansons cultes.


         

Et c'est aussi quelques prestations live époustouflantes réunies pour a première fois sur un CD et un DVD. Il suffit d'écouter One moment in time, Greatest love of all, l'hymne américain, le medley avec I have nothing ou encore A song for you pour être bluffé par sa puissance vocale, I will always love pour se rendre compte de la pureté de sa voix dans les graves, les aigus, les bas, les hauts, les touts, How will I know, I wanna dance with somebody ou I'm every woman pour avoir envie de bouger son cul.
Et putain, mais qu'est-ce que c'est que cette merveille qui ouvre l'album ?! Home, reprise de la comédie musicale The Wiz, première apparition de Whitney à la télévision en 1983 au Merv Griffin Show à tout juste dix-neuf ans. Sensationnel.


Voilà, si vous êtes fan, si vous avez été fan, si vous savez apprécier la voix d'une interprète qui ne se vautre pas dans de l'électro ou du R'n'B de bas étage, cet album est pour vous.
Si vous connaissez quelqu'un comme ça et que vous êtes prêt à faire sauter vos préjugés sur les chanteuses à voix qui auraient dû, selon vous, rester dans les années 80 et 90, vous devez lui offrir cet album pour Noël.
J'ai l'air de verser dans le kitsch avec cet article, mais putain, à fond dans les écouteurs, j'ai juste envie de chialer tellement c'est beau et tellement ça n'existe plus.



         

 

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Bertrand Guillot, Sous les couvertures, roman, 170 pages, rue fromentin, septembre 2014, 16 € ***

Publié le par Sébastien Almira

Bertrand Guillot, Sous les couvertures, roman, 170 pages, rue fromentin, septembre 2014, 16 € ***

« Ainsi avaient passé les années, au rythme immuable de la nouveauté littéraire : en septembre la rentrée et son cortège, en novembre les prix et leurs bandeaux rouges, les beaux livres pour Noël, puis d'autres romans en janvier pour passer l'hiver, l'émission de télévision du vendredi soir, et les bluettes de printemps pour préparer les vacances d'été. » page 31

Un samedi soir, une librairie de quartier un peu vieillotte. Comme tous les soirs, sitôt le rideau tombé, les livres s'éveillent et se mettent à vivre, se parlent, se chamaillent, se promènent. Mais ce soir, l'heure est grave : un carton de nouveauté vient d'arriver et chacun a peur de passer à la casserole lundi, autrement dit d'être mis au retour puis au pilon. Mais quelqu'un a une idée.

page 28

page 28

Sous les couvertures est un roman d'aventure pas comme les autres. Les livres nous font voyager depuis notre enfance, que ce soit avec un récit de voyage, une magnifique histoire d'amour, un bon polar, un livre drôle et léger et j'en passe. Cette fois-ci, c'est un livre de livres, un livre chez les livres, avec les livres, quels qu'ils soient. Ainsi, nos personnages seront des classiques, des premiers romans, des romans primés, surestimés, oubliés, etc. qui répondent aux noms de Junior, l'Académicien, le Grand, Rouge, etc. Et de temps en temps, nous aurons également le libraire, son fils prônant le tout-technologique, la petite nouvelle qui aimerait tant changer les choses (comme les livres dans leur boudoir, tiens...) et sa colocataire journaliste qui ne pense qu'à draguer ce bel auteur rencontré sur un salon.
Parfois, les aventures humaines et livresques se ressemblent à s'y méprendre et si de prime abord le principe du roman peut paraître niais, Bertrand Guillot est parvenu à concocter, non sans intelligence, une jolie aventure qui ne manque pas d'originalité, de rebondissements et d'humour. Elle permettra également aux petits curieux de voir l'envers du décor d'un métier qu'on pourrait trouver banal, inutile, facile.

page 31

page 31

page 118 (début de la phrase page 117 "Etablir un contact direct avec les Etrangers...")

page 118 (début de la phrase page 117 "Etablir un contact direct avec les Etrangers...")

Livre reçu et lu dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire 2014 PriceMinister !

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Le cinéma de novembre 2014 (Magic in moonlight, The Giver, Gone Girl, Hunger Games, Astérix)

Publié le par Sébastien Almira

                                     
Magic in moonlight, de Woody Allen, 1h40 ****
Déguisé en chinois, Stanley Crawford devient le grand Wei Ling Soo, magicien de renommé internationale. Dépêché par un ami de longue date pour démasquer une prétendue médium, il se rend dans la somptueuse propriété des Catledge sur la Côte d'Azur, mais la jeune et ravissante Sophie Baker (Emma Stone, parfaite) usera de ses charmes et de ses prétendus dons sur le grand homme de raison qu'il est.
Magie ou mensonge, drague ou intérêt, Stanley, divinement interprété par Colin Firth, ne sait plus ou donner de la tête. Un très bon Woody Allen, fin, subtil, ingénieux, ensoleillé et magique !


                                     
Gone Girl, de David Fincher, 2h30 ****
A l’occasion de son cinquième anniversaire de mariage, Nick Dunne signale la disparition de sa femme, Amy. Sous la pression de la police et l’affolement des médias, l’image du couple modèle commence à s’effriter. Très vite, les mensonges de Nick et son étrange comportement amènent tout le monde à se poser la même question : a-t-il tué sa femme ?
Mais tout n'est pas aussi simple et vous ne serez pas au bout de vos surprises dans cette glaçante adaptation du thriller de Gillian Flynn, Les Apparences. Fincher a réussi à saisir tout ce qui imprègne et entoure les personnages pour un rendu quasi parfait, sublimé par l'interprétation de Ben Affleck et Rosamund Pike.


                                    
The Giver, de Philip Noyce, 1h35 ****
Adapté du célèbre Passeur de Lois Lowry, The Giver surfe avec moins de succès sur la vague des blockbuster pour adolescents. Dans cet état totalitaire, les sentiments, les couleurs, les différences, ont été gommées pour le bien et la sécurité de tous. Lors de la cérémonie annuelle qui donne à chaque jeune adulte un rôle dans la société, Jonas est nommé nouveau Gardien de la Mémoire. Il sera formé par le Passeur (Jeff Bridges). Un nouveau monde s'ouvre à lui, puisqu'il découvre au fil de sa formation tout ce qui a fait et défait les sociétés passées. Qu'est-ce qui est bon, finalement, pour l'homme ? L'amour et la haine ou bien l'aseptisation et la paix ?
Dommage que le film manque de profondeur et soit un peu court, car il y a quelques bonnes trouvailles scénaristiques, l'idée est intéressante, la photographie splendide et le rendu réussi, émouvant (si, si !) et saisissant.


                                    
Hunger Games, La révolte, partie 1, de Francis Lawrence, 2h ***
Cette mode de découpage des derniers tomes de romans ados en deux films m'avait fait craindre le pire mais, finalement, cette première partie de Hunger Games, La révolte est tout à fait convenable sur le contenu, on ne se fait pas chier comme dans Harry Potter et les reliques de la mort, partie 1. La réalisation aussi est réussie, le spectacle est assuré, quelques scènes sont particulièrement fortes. Ce qui pêche toujours, c'est le jeu de certains acteurs, surtout quand on est en tête d'affiche. Jennifer Lawrence ne sait toujours pas jouer la peur, la tristesse, les remords ou encore les cauchemars. Pour une actrice oscarisée, c'est pas terrible.
Cet avant-dernier film remplit toutefois correctement son rôle et ravira les fans.


                                  
Astérix, Le Domaine des Dieux, de Louis Clichy et Alexandre Astier, 1h25 **
Bon, on ne présente plus Astérix, ni Le Domaine des Dieux. Ce qui est à noter ici, c'est la présence d'Alexandre Astier à peu près partout, et le plébiscite du public (notes dithyrambiques sur le net, avis emballés, médias à genoux). Alors, j'y suis allé, l'adaptation est de bonne facture en ce qui concerne l'animation et le scénario, mais je dois dire que je me suis senti un peu seul les deux fois où j'ai ri. Oui, je n'ai ri que deux fois. Non, personne d'autre que moi n'a ri. Ou très bas. Et, sérieux, les gars, qu'est-ce que c'est que ces doublages ? Y'a rien qui va ! C'est pas les bonnes voix du tout, et ça manque de forme, toutes les voix se ressemblent, ou presque, et c'est d'une platitude sans nom.
Cette version d'Astérix ne m'a guère convaincu.

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