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Régis Délicata, Rhapsodie pour une dent creuse, roman, 350 pages, Grasset, janvier 2012, 19€ **

Publié le par Sébastien Almira

 

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Alors que je commence ma critique, je ne sais pas encore quelle note je vais donner à ce premier roman dont les qualités m'ont sauté aux yeux tout le long de la lecture mais dont les défauts se font plus persistants depuis.

 

Il est tellement bien écrit que c'en devient perturbant. Les surdoués, les journalistes bobos et autres afficionados de Frédéric Dard et Michel Audiard (puisque l'auteur les a visiblement pastichés) me traiteront de bouffon, mais rarement je n'ai autant buté dans un roman sur un mot, une expression, une phrase, un dialogue, un paragraphe entier. Certains passages restent pour moi encore un mystère. Il faut dire que Régis Délicata est féru de cinéma et a truffé son récit de références littéraires et cinématographiques. Lui qui se dit « le David Bowie de la littérature » dresse en fait un catalogue de tout ce qui se fait de plus pointu en langue française.

 

Giuseppe Gavotti est trouveur d'objets introuvables pour collectionneurs extravagants. « En résumé, c'est très simple : collectionner est une activité de crétin. Mon activité consiste à collectionner l'argent des crétins », explique-t-il à Lucien. Lucien, c'est moi, c'est vous, c'est une « personne pourvue d'une intelligence minimum ». C'est à lui qu'il s'adresse tout au long du livre pour raconter l'une de ses aventures. Il nous prévient, d'ailleurs, qu'on ne pourra pas démêler le vrai du faux, mais ça importe peu. Ce qu'il faut retenir de l'histoire, c'est que :

« Ceci étant dit, et bien dit, j'entamerai sans plus attendre le récit honnête, méthodique et dénué de tout agrément superflu de ce qui m'est arrivé l'année dernière lorsque Mr. John T. Garner s'attacha mes services, ainsi que l'assurance de se voir remettre, pour une somme modique, le dentier de Robert Mitchum. » page 19

 

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Vous imaginez bien qu'en exposant la situation dix pages après avoir commencé à parler à Lucien, le narrateur passera par bien d'autres détails superflus. À vrai dire, il ne raconte quasiment que des détails superflus. Vous souhaitez connaître les grandes lignes ? Savoir comment ? Savoir quand ? Et bien vous ne le saurez pas. Ce que vous apprendrez en revanche, c'est que son voisin est un connard, son neveu un profiteur ; ce sont ses descriptions, de Los Angeles (en une phrase d'une page ! pp 95-96), des gens qui l'entourent (dont certaines à mourir de rire, le valet de John T. Garner devient sous sa plume une « allégorie de la constipation, queue de pie et gueule de plâtre (…) glabre, édouardien, glissant et expressif comme un bouton de porte (…), les yeux sous un front blême semblaient deux olivettes dans un bloc de saindoux » page 34). Ce que vous découvrirez, c'est l'épopée rocambolesque et absurde tout en ellipses de Giuseppe Gavotti. Tout en ellipses à cause d'un manque cruel d'explications logiques. Mais pendant la lecture, ce n'est pas vraiment gênant. J'ai plutôt ressenti du plaisir à suivre cet anti-héro au fil des pages.

 

L'ennui, c'est que les digressions et ellipses en tout genre, les références à répétition et l'érudition loufoque de Régis Délicata parasitent le récit. Un récit baroque, original, extravagant et exigeant qui se lit avec délectation mais laisse un goût amer d'inachevé et d'incompréhension.

 

Je devrais instaurer une nouvelle note, le deux étoiles et demi...

 

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Le cinéma de mars (Infidèles, Cloclo, 30° couleur, Comme un chef, Extrêmement fort et incroyabement près, Hunger Games 1)

Publié le par Sébastien Almira

 

infidèlesInfidèles ***

On ne présente plus le film et le sujet. Certains sketches sont à mourir de rire (la réunion des sex-addict anonymes animée par Sandrine Kimberlain et les deux plus courts, celui de Manu Payet et Isabelle Nanty et celui de Guillaume Canet), d'autres vraiment sympa (ouverture et fermeture par les deux infidèles) et un particulièrement bien tourné et joué (La Question, par Emmanuelle Bercot, avec Jean Dujardin et Alexandra Lamy). Dans l'ensemble, ça se tient, c'est sympa à voir, ça bouscule. Mais quelques sketches viennent gâcher le tableau. Dommage.


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Cloclo ***

Ouais, c'est sympa à voir, les images sont belles, Jérémy Reinier s'est tellement imprégné du personnage qu'on y croit dur comme fer. Faut dire qu'il s'est entrainé (physiquement, vocalement, sur les attitudes et le caractère) plusieurs heures par jour pendant des mois ! Mais Claude François, c'est pas ma tasse de thé. Et voir comment c'est un connard, ben quand on n'est pas fan, ça aide pas. Mais objectivement, c'est un bon film.

 

 

30-Couleur-film30° couleur ***

Historien connu et reconnu, Patrick retourne en Martinique avec sa fille parce que sa mère est mourante, après trente ans d'absence. Et là, c'est le drame ! Les retrouvailles sont empreintes de rancœur, le choc des cultures est trop important pour le parisien guindé et borné qu'il est devenu, et le cadavre de sa mère disparaît mystérieusement. J'ai eu peur plusieurs fois de l'allure que prenait le film, du contraste entre le deuil à la maison et le carnaval dans la rue où son ami d'enfance, Zamba, se dandine en talons aiguille. On est ému, on rigole pas mal dans ce second film de Lucien Jean-Baptiste (Ma première étoile), on réfléchit aussi et on se dit en sortant de la salle qu'il faut profiter de la vie.

 

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Comme un chef **

Petite comédie bien française aux allures de téléfilm avec Jean Reno en chef étoilé (en manque d'imagination qui risque de perdre son boulot à cause d'un rachat par un homme d'affaires un peu trop bête et un peu trop porté sur l'argent) et Michaël Youn en cuisto de luxe qui ne parvient pas à trouver de boulot. Alors, oui, tout est prévisible, tout est cliché mais, franchement, ça fait du bien de rire grassement devant tant de bonne bouffe !

 

 

extremement-fort-et-incroyablement-pres-extremely-loud-and-Extrêmement fort et incroyablement près ****

Quand on lit les avis sur Allociné ou Sens Critique, on pourrait penser que les gens parlent d'un livre de Marc Lévy... Mais non, je vous assure, cette histoire est touchante (voire bouleversante, mais je ne voudrais pas non plus passer pour une fillette [j'ai pleuré quatre fois, chhuut ! ]) sans tomber dans un mièvre dégoulinant de bons sentiments. Je comprends cela dit qu'on puisse être énervé par l'acteur et/ou le personnage de l'enfant. C'est l'aventure dans tout New York d'Oskar, 9 ans, dont le père, friand d'énigmes en tout genre, est mort dans le World Trade Center. Un an après, il découvre une clef dont il est certain qu'elle lui délivrera un message. La magnifique et nécessaire quête d'un gamin paumé. Un coup de cœur !

 

hunger gamesHunger Games **

Adaptation plus que moyenne du best-seller de Suzanne Collins. Il y a du bon, et du mauvais. En fait, il y a pas mal de bon, mais le problème c'est que tout est survolé, donc le bon devient mauvais. Je m'explique : la retranscription de la vie dans le District 12 est très bien. Mais dans ceux qui n'ont pas lu le livre, qui a compris les 42 inscriptions de Gayle ? le marché de La Plaque ? le rôle du District 13 ? Les acteurs sont pas mal, les images non plus, mais au lieu de montrer des gens courir dans la forêt la moitié du film, on aurait mieux fait de nous expliquer les raisons, les enjeux, les détails des Hunger Games. J'irai voir la suite, parce que quand même c'est cool de voir une série qu'on a aimé lire sur grand écran, mais bon... (critique des livres ici)

 

 

 

Et vous, qu'avez-vous vu, aimé, détesté ce mois-ci au ciné ?!

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The Cranberries, Roses édition limitée (Roses + Live 2010), 13,99€ **

Publié le par Sébastien Almira

 

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Voilà un moment que je n'avais pas causé musique. Je me rattrape aujourd'hui avec le nouvel album des Cranberries.

 

Qu'est-ce que j'ai kiffé quand j'ai appris que les Cranberries, groupe phare des années 90, allaient enfin sortir un nouvel album ! Comment j'ai cherché à fond dans mon entourage qui voudrait venir les voir en concert avec moi !

Je n'ai jamais été fan, mais en apprenant leur retour, je me suis rendu compte que, plus qu'aimer, j'adorais pas mal de leurs morceaux. Une pléiade de tubes à leur actif (Dreams, Linger, Can't be with you, Animal instinct, Ode to my family, Promises, Zombie, Ridiculous toughts, Hollywood, Loud and clear, Salvation, Just my imagination, Analyse, Free to decide, et je suis sûr d'en oublier...) qui se sont jetés à ma figure. Putain, les Cranberries, quoi !

 

Avant l'album, j'écoute Show me the way, je me dis « Waouhh ! 'Tain, ça en jette, ça va donner ! » Puis je découvre le premier single de l'album : Tomorrow. Mouais. C'est pas mal, c'est même bon, mais c'est un peu mou du gland. Mais bon, je ne perds pas espoir.

En week-end à Rennes, il me faut une aide féminine pour que le vendeur accepte de me le vendre samedi. Merci Fillotte ! Une édition limitée avec le CD du concert "retrouvailles" deux ans auparavant, quelle bonne idée ! C'est le premier que j'écoute dans la voiture, histoire de revoir un peu leur carrière ! Tout y est, ou presque. Mais le son est pas terrible (mon poste est très bon, je précise avant que les mauvaises langues...), le concert est un immense brouhaha ou les chansons se suivent et se ressemblent. De la guitare, de la batterie, hop, le tour est joué ! Mais ça me laisse un peu sur ma faim.

 

Puis l'album, enfin ! Conduct : bonne première piste ; Tomorrow : pas mal non plus. Ça commence assez bien. C'est après que ça se gâte. Exceptés le toujours aussi jouissif Show me the way (devenu Show me sur l'album), le bon Losing my mind et le pathétique Schizophrenic playboys qui reprend tellement tout ce qui a fait le groupe qu'il n'en devient qu'une mauvaise copie assourdissante, tout est mou. Tout est mou, et pas ce qu'il y a de meilleur. Si seulement c'était beau, ou agréable (ou les deux, mais là j'en demande trop...). Mais non ! Même pas.

 

Dolores, la chanteuse, avait prévenu : l'idée n'était pas de faire un album à tubes, mais de se faire plaisir en faisant de la musique. Je ne sais pas s'ils ont réussi leur second objectif, mais en tout cas, le premier est rempli à merveille.

 

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Claire Checcaglini, Bienvenue au Front, Journal d'une infiltrée, témoignage politique, 300 pages, février 2012, Jacob-Duvernet, 19,95 € ***

Publié le par Sébastien Almira

En mai, Claire Checcaglini prend le nom de sa grand-mère et appelle le Front National. Elle veut assister à une réunion avant de prendre sa carte. « Il vaudrait mieux que vous adhériez d'abord. Ensuite, c'est monsieur Blanchard qui prendra la décision. » Pas le choix, on n'a pas le droit d'assister à une réunion du FN si on n'est pas sûr d'être un vrai partisan. Devenue Gabrielle Picard, la journaliste adhère au Front. Elle veut gravir les échelons, découvrir de l'intérieur qui sont les militants, quelles sont les raisons qui les poussent à voter et s'investir pour le parti d'extrême-droite. Elle souhaite vivre le Front pour le dire haut et fort. Bienvenue au Front, journal d'une infiltrée a été tiré à 7000 exemplaires, depuis sa sortie il y a quelques jours il s'en est vendu plus de 2500.

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« Puisque le Front avance masqué, j'avancerai masquée, moi aussi. Je ne fais, au fond, qu'appliquer les méthodes qui sont les leurs. (…) Je ne souhaite réhabiliter personne, ne rien édulcorer, ne rien excuser, ne rien justifier, seulement donner à voir comment, qu'ils soient anciens militants ou nouvelles recrues, ils vivent leur adhésion au Front. (…) Durant huit mois, je vais donc aller à la rencontre de personnes qui ne font nullement partie de mon entourage et dont j'ai toujours profondément méprisé, rejeté l'engagement, des personnes que je n'ai pu voir qu'en tant que potentiels dangers pour la démocratie, qu'ils en soient ou non conscients.(...)

Comment peut-on être membre d'un parti dont on sait par l'Histoire ce que son idéologie peut engendrer ? « Je vais au pays des salauds », avais-je dit au début de ma plongée frontiste à mon éditeur. De ce pays, je ne reviendrai pas indemne, je le pressens. » (pages d'introduction)

 

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Pendant huit mois, elle a donc fait son trou, infiltré le Front, de la simple militante au statut de « sauveur » du Front voulue comme candidate aux législatives. Elle a rencontré des militants, des secrétaires départementaux, des cadres haut placés. Et elle raconte tout. Si tant est qu'on peut parfois se demander, devant l'étendue inouïe de sa mémoire lorsqu'elle relate un discours ou une discussion, si elle n'invente rien. Toutefois, j'ai cru à tout. D'abord parce qu'il me semble que le but de la journaliste n'était pas d'infiltrer un parti pour mentir (elle aurait pu mentir sans infiltrer le Front). Ensuite parce que ce qui est relaté dans Bienvenue au Front, journal d'une infiltrée me paraît parfaitement envisageable.

Après le doute possible sur la véracité des propos relatés se pose la question d'avancer cachée. C'est ce que Marine Le Pen a avancé comme argument pour dénoncer Claire Checcaglini. D'après elle, son travail fait honte à la profession. Elle a d'ailleurs décidé de porter plainte pour « violation des règles premières de la déontologie des journalistes » et pour avoir tenu des propos diffamatoires à son encontre. Je vois ça et là des commentaires, des articles, des vidéos malmenant la journaliste, dénigrant le travail effectué sur ce livre, l'insultant même (voir la vidéo et les commentaires chez Robert Ménard, c'est affolant http://www.nationspresse.info/?p=161960 ). Alors, oui, c'est pas beau de mentir, encore moins à des gens qui vous accueillent convenablement et vous font très vite confiance (car Claire Checcaglini ne s'en cache pas, elle a été très bien reçue au Front). Mais, comme elle le dit à un lecteur du 20 minutes, croyez-vous que le maire de Plessis-Robinson et vice-préseident du conseil général des hauts de Seine, Philippe Pemezec, se serait vanté de « faire très gaffe » quant à l’attribution des logements sociaux aux Arabes dans sa ville ?

Croyez-vous que Rémi Carillon, son directeur départemental (Sylvain, dans le livre) lui aurait révélé ses projets pour purifier la France (en gros, monter une armée pour faire face aux musulmans qui attaqueront la France lorsqu'il dévoilera son référendum : « 1. La France cède à l'Islam en échange d'une paix durable, quitte à ce que la France devienne une république islamique. 2. L'Islam cède à la France (expulsion pure et simple des musulmans de France vers leurs pays d'origine), quitte à provoquer une guerre civile. », pages 33-34) ?

Croyez-vous qu'elle aurait assisté aux réunions privées du FN où Vincent Reynouard (créateur du site "PHDNM" (Pour une Histoire Débarrassée des Nombreux Mensonges) clamait que l'Holocauste est un mythe et demandait pourquoi on laissait néodevant nazi lorsqu'on parle de lui ? Croyez-vous qu'elle aurait pu apporté autant de matière à son livre ?

 

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Non, et c'est bien cela qui rend le travail de journaliste intéressant : Claire Checcaglini nous rapporte des faits que personne ne peut rapporter. Le trait peut paraître grossier, Robert Ménard attaquait dans son interview la journaliste sur son but : enquêter sur un parti ou bien confirmer ses pensées ? Il est vrai qu'elle part avec des a priori qu'elle exploite en profondeur. Elle ne s'en cache pas. Mais ce qu'elle voulait faire, c'est vérifier si la dédiabolisation effectuée de main de maitre par Marine Le Pen était de façade ou réelle. Et force est de constater que non :

 


« Voilà la stratégie. Nous n'aurons jamais les voix des musulmans, c'est une cible que je n'ai pas. Si je caresse l'Islam dans le sens du poil de temps en temps, ce n'est pas pour eux, c'est pour les Français qui croient encore, ces cons-là, que l'Islam est une religion.Ces gens-là, je ne vais pas perdre leur électorat. Si je dis que l'Islam n'est pas fréquentable, que c'est la pire des choses, ils me traiteront de raciste et ne voteront pas pour moi. De sorte que, pour le moment, c'est eux que je caresse dans le sens du poil. Alors, je flatte la laïcité, parce que les Français sont très laïcs, ils sont même laïcards, ils estiment que toutes les religions ont le droit de vivre. C'est leur credo, ils ont appris ça depuis qu'ils sont tout petits, le principe de laïcité, ils le trouvent formidable. Donc je fais en sorte de les flatter. En attendant, le Front ne rentre pas dans le lard de l'Islam, et moi ça m'emmerde. »

Marine Le Pen à Rémi Carillon, pages 199-200

 

D'ailleurs, « la dédiabolisation du Front avait à ce point fonctionné que des remarques ouvertement racistes n'étaient plus considérées comme telles. Marcel paraît tout aussi sincère en nous expliquant qu'il n'aime pas les noirs que lorsqu'il se défend de tout racisme. (…) Ainsi, le mouvement étant soit-disant devenu un parti comme un autre, ne pas aimer les noirs, les étrangers ou les musulmans est-il aussi devenu une opinion comme les autres. » (page 220)

 

D'une, le FN n'a pas changé. De deux, comme il est considéré comme un parti normal, leurs idées deviennent normales pour eux. En des mots polis, certains des militants et cadres FN sont des racistes dangereux. D'autres sont presque des idiots. C'est le cas de Rémi Carillon, dont trois membres de la famille sont morts dans les camps de concentration, « lui qui semble n'avoir rien compris à une logique passée qui avait pourtant décimé sa propre famille ! Celui qui préconisait un nettoyage ethnique de la France a dans son entourage des victimes de la haine des autres. » (page 92). C'est également le cas de Guillaume ou encore Sébastien, qui croient aveuglément tout ce qu'on leur dit. Le premier se délecte notamment du discours de Maitre Collard sur le procès Barbie où il parle des larmes d'un enfant qui n'existe même pas ! Il y a chez les manifestants et militants un manque d'information ambiant qui les conduit à s'abreuver des paroles des plus grands racistes contemporains sans s'en rendre compte.

 

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C'est assez inquiétant et c'est pour cette raison que le livre de Claire Checcaglini est intéressant, pour ne pas dire salutaire (on passera toutefois sur un style journalistique frisant l'amateurisme). D'abord pour les Français qui ont cru au changement du Front National. Ensuite à ceux qui hésitent à voter pour eux (que ce soit par mécontentement ou par dépit). Enfin pour les militants qui ne se rendent pas compte de tout.

À ceux qui sont racistes, révisionnistes, extrémistes, ce livre ne plaira pas. Espérons que les autres s'y penchent autant qu'ils se sont penché sur Indignez-vous, qui n'avait pourtant rien de remarquable, ni même d'intéressant.

Espérons également que le succès du livre donnera l'occasion aux éditions Jacob-Duvernet de payer un correcteur. Le livre est en effet truffé de coquilles et de fautes en tout genre : lettres inversées, virgule avant la dernière lettre d'un mot, fautes d'orthographe, fautes d'accord, oublie d'un guillemet, plusieurs double-espaces par page, etc. C'est simple, je n'ai jamais vu autant de fautes dans un livre, même dans des épreuves non corrigées ! (Le second tirage vient de bénéficier d'une correction)

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Le cinéma de février (La Dame de Fer, La colline aux coquelicots, Sécurité rapprochée, Star Wars 1 - 3D, La Taupe)

Publié le par Sébastien Almira

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- Pour ce deuxième volet cinéma de l'année, encore cinq films vus pendant le mois. Premièrement, La Dame de fer. Meryl Streep n'a pas volé son oscar. Elle est épatante, comme souvent. J'ai en revanche été déçu par ce que Phyllida Lloyd a fait du film. Pas de véritable biopic sur Margaret Thatcher, mais un espèce de fourre-tout poussif. Dès qu'une scène montre la dame de fer dans une position inconfortable (manifestations, mesures drastiques, trahison, etc.), la réalisatrice enchaine aussitôt avec une scène où on la voit vieille : une pauvre femme sujette a des hallucinations, seule, folle et malheureuse. Elle écrase systématiquement les mauvais traits de Margaret Thatcher par des scènes censées nous tirer compassion et tendresse. À trop vouloir jouer la carte du tragique, elle finit par minimiser le rôle de la femme politique la plus controversée au monde et le film souffre d'un cruel manque de conviction et de caractère. Dommage...

- Avec un père qu'on ne présente plus Goro Miyazaki se lance lui aussi dans le cinéma d'animation. Après Les Contes de Terremer en 2007, voici La colline aux coquelicots, jolie histoire d'amitié, d'amour et d'espoir ancrée dans le monde moderne et réel entre deux étudiants prêts à tout pour sauver le Quartier Latin de la destruction. À voir !

- Denzel Washington et Ryan Reynolds partagent l'affiche d'un thriller musclé. Le premier est un ancien agent de la CIA traqué pour la vente d'informations top secret. Le second est chargé d'assurer sa Sécurité Rapprochée. Mais le bleu n'a pas idée du danger de se frotter à Tobin Frost et des révélations qu'il détient. Un très bon thriller, au dénouement attendu, mais aux scènes d'action souvent époustouflantes et au rythme haletant.

- Quand j'ai vu Star Wars (épisode 1) en 3D, j'ai été plus impressionné de voir le chef d'œuvre sur grand écran qu'en 3D. Si celle-ci est assez bonne, il n'y a aucun moment où je m'en suis pris plein la gueule. (film ***** / 3D ***)

- Enfin, j'ai vu La Taupe, le film intelligent de ce début d'année, encensé par les critiques de tout bord (seuls La Croix, Studio Ciné Live, Ecran Large, Télérama etLes Cahiers du Cinéma ont moyennement ou pas aimé). Objectivement, c'est loin d'être un mauvais film. Je pense même qu'on peut le qualifier de très bon film. Seulement, c'est long. Très long. Et c'est parfois peu compréhensible. Alors je ne suis pas surdoué, mais je ne suis pas non plus tout à fait idiot non plus... D'ailleurs, voici quelques commentaires pris sur allociné :

« Bof ! C'est ce qu'on appelle un film intimiste où tout est dit dans les non dits et les expressions de visage. Bon d'accord mais il y a une limite... là on frise le ridicule . Ex : on frappe à la porte, smiley mets une minute pour tourner le visage vers la porte de quelques centimètres, c'est soit génial, soit ridicule, moi j'ai choisi. C'est vrai qu'à ce rythme on remplit de la pellicule pour pas cher. En plus si on n'a pas lu le bouquin autant dire que c'est incompréhensible. » (Snoopy Snoopy)

« Je suis désolée mais on n'y comprend rien à ce film, le scénario est simple: qui est la taupe? Tout ce qu'il y a autour est futile, difficile même d'apprécier le jeu des acteurs dans ces conditions! » (lapichacha9)

« A force de nous laisser dans les suspens le plus longtemps possible, ce film est d'une longueur effroyable » (Claudine G)

Bref, vous avez compris, je n'en fais pas plus.

 

 

Et vous, qu'avez-vous vu, adoré, détesté ce mois-ci ?!

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