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Mylène Farmer en Tournée : l'électro-choc *****

Publié le par Sébastien Almira

Pour le premier article sur la musique, je ne vous présenterai pas un nouveau disque, mais un concert, même plus que ça : un spectacle, un show. Un des plus attendus de l'année. En l'attendant au Stade de France les 11 et 12 septembre 2009.

Acte I : samedi 9 mai, Dôme de Marseille

Mylène Farmer est de ces artistes qui marquent. Elle fait exploser sa carrière avec Libertine, comprenant après deux singles au succès moyen que la provocation est la meilleure arme contre l'oubli. Voilà donc 25 ans, date de sortie de son premier 45 tours, Maman a tort,  qu'elle est la reine incontestée du paysage musical français. Ne nous risquons pas à la nommer "reine de la variété française", non, elles sont des dizaines à se disputer la palme. Mylène, c'est plus que ça. Elle nous l'a encore prouvé avec son sixième album, Point de suture, qui mêle bombes électro (C'est dans l'air, Dégénération), ballades mélancoliques (Point de suture, Si j'avais au moins...), pop new wave (Looking for my name, duo initialement prévu avec le mythe David Bowie, remplacé par Moby pour raisons de santé), rock efficace (Paradis inanimé) et variet' pop et fraîche (Appelle mon numéro). Si le marché du disque en France est en chute libre et que l'album peine à dépasser les 600 000 exemplaires alors que les précédents étaient tous certifiés disque de diamant (1 000 000), la tournée, elle, bat des records. Deux Stades de France remplis en une heure chacun, les stades de Genève et Bruxelles, ainsi qu'une tournée d'une trentaine de dates complètes à 98 %. Résultat des courses : 550 000 places vendues en quelques semaines à peine.

La première avait lieu à Nice le 2 mai, Nice Matin a titré "Marseille l'attend, Nice en redemande". J'ai donc testé Marseille pour vous. Non, ce n'est pas la conséquence de la critique élogieuse : j'ai mon billet depuis un an. Je l'avais déjà vue, à Bercy, en 2006. La presse avait parlé de grand messe, c'était ma première fois, j'en était resorti pétrifié de bonheur et d'admiration. Le spectacle avait été spectaculaire et à part quelques bonnes critiques, la presse avait été, fidèle à elle-même, assez assassine. Cette fois, je me suis calmé, mais j'ai encore plus apprécié.

Car Mylène sait prendre soin de son public ! En 2006, elle avait commencé à rentabiliser son show avec le DVD, cette fois
encore, elle a mis les moyens de son ambition. Le spectacle est certes moins spectaculaire que le dernier, où Avant que l'ombre..., le final, était plus intense, plus beau et plus pharaonique que n'importe quel concert, mais à 48 ans, la chanteuse nous prouve une fois de plus l'étendue de ses capacité dans un show plus beau, plus intense, plus émouvant que le précédent. En cela, il se rapproche du Mylénium Tour (1999-2000), une autre merveille. Entre décors et effets spéciaix hallucinants conçus par Mylène et Laurent Boutonnat, son complice de toujours, et créés par Mark Fisher, tubes imparables scandés à l'unisson,  arrangements sidérants, réussis et très entrainants (alors que d'habitude, la musique est la même que sur les albums studio), moment intimiste en milieu de concert où la belle ne peut s'empêcher de verser quelques larmes sous les "on t'aime !" avant de réussir à bredouiller "moi aussi" dans le sourire énygmatique qui lui est propre, tableaux époustouflants (Libertine, Paradis inanimé, Ainsi soit je...), costumes merveilleux créés par Jean-Paul Gauthier, une atmosphère de folie régne dans le public marseillais, qui ne trahit pas sa réputation !


Mylène Farmer est une show woman, on pourra encore lui reprocher d'avoir tout calculer à la seconde près, d'être froide et distante, de chanter en play-back, de cacher son manque de talent derrière des nappes d'effets spéciaux et des tenues griffées. Mais allez la voir ! Allez, le temps de deux heures, à l'un des concerts restant (voir plus bas), et vous verrez combien les médias sont mauvaises langues. Allez-y ! Je vous le souhaite !
D'ailleurs, cette fois, peut-être la première depuis l'album Ainsi soit je... (1988), tous les médias à ma connaissance ont encensé ce concert. Après son passage dans chaque ville, ce sont plusieurs articles hautement élogieux qui lui sont consacrés. Nord Eclair écrit même avant sa venue que "l'icône a offert un show puissant et visuellement époustoufflant", que "comme les Rolling Stones, (elle) n'a plus rien à prouver" et qu' "elle revient donc uniquement pour montrer qu'elle reste la maitresse de son genre", que "la diva, insolente de vitalité à 48 ans, assure et enchaîne tel un rouleau compresseur" ... "pour entrer définitivement dans la légende."
Enfin la reconnaissance ? Unanime, de surcroit.


Dates :
samedi 02 mai 2009 Palais Nikaia NICE
dimanche 03 mai 2009 Palais Nikaia NICE
mardi 05 mai 2009 Zénith de CLERMONT-FERRAND
mercredi 06 mai 2009 Zénith de CLERMONT-FERRAND
samedi 09 mai 2009 Le Dôme MARSEIILE
dimanche 10 mai 2009 Le Dôme MARSEIILE
mardi 12 mai 2009 Le Dôme MARSEILLE
vendredi 15 mai 2009 Zénith de TOULOUSE
samedi 16 mai 2009 Zénith de TOULOUSE
lundi 18 mai 2009 Zénith de TOULOUSE
mardi 19 mai 2009 Zénith de TOULOUSE
samedi 23 mai 2009 Zénith de NANTES
dimanche 24 mai 2009 Zénith de NANTES
mardi 26 mai 2009 Zénith de NANTES
mercredi 27 mai 2009 Zénith de NANTES
samedi 30 mai 2009 Zénith de ROUEN
dimanche 31 mai 2009 Zénith de ROUEN
mardi 02 juin 2009 Zénith de ROUEN
vendredi 05 juin 2009 Zénith de STRASBOURG
samedi 06 juin 2009 Zénith de STRASBOURG
lundi 08 juin 2009 Zénith de DIJON
mardi 09 juin 2009 Zénith de DIJON
vendredi 12 juin 2009 Halle Tony Garnier LYON
samedi 13 juin 2009 Halle Tony Garnier LYON
lundi 15 juin 2009 Halle Tony Garnier LYON
vendredi 19 juin 2009 Gayant Expo DOUAI
samedi 20 juin 2009 Gayant Expo DOUAI
lundi 22 juin 2009 Gayant Expo DOUAI

vendredi 04 septembre 2009 Stade de la Praille GENEVE
samedi 05 septembre 2009 Stade de la Praille GENEVE
vendredi 11 septembre 2009 Stade de France PARIS
samedi 12 septembre 2009 Stade de France PARIS
samedi 19 septembre 2009 Stade Roi Baudouin BRUXELLES

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La librairie contre les machines

Publié le par Sébastien Almira

Nouvel article après avoir, pour de multiples raisons, quelque peu délaissé le blog. cette fois, pas de critique littéraire, ni cinématographique, mais un coup de gueule, pourra-t-on dire, contre les fléaux qui s'attaquent à la librairie française et, de ce fait, à la littérature. Rien de prétentieux, seulement mon humble avis !


 

Comment commencer cet article ? Une multitude d'idées m'atteint sans que je sache vraiment par laquelle ouvrir le bal. Alors, une solution simple s'offre à moi : utiliser l'artifice de cette interrogation, qui me mènera forcément quelque part. D'ailleurs, ça y est, je sais comment poursuivre et entamer le sujet. Je disais que l'interrogation me mènera forcément quelque part et je pursuivrai avec une phrase, je le conçois, très bateau : de la même façon qu'on dit que tous les chemins mènent à Rome, j'affirme que, désormais en France, tous les chemins mènent à la Fnac. Il suffit de se promener dans les rues d'une ville de taille moyenne pour tomber sur l'enseigne commerciale se disant porteuse de toutes les cultures. Au lieu de toutes les cultures, on le sait bien, la Fnac développe les rayons qui font tourner le magasin (multimédia et électronique) et réduit petit à petit ceux touchés par la crise. La musique et la vidéo mises à mal par le téléchargement, surtout illégal, mais également légal, depuis plusieurs années et le livre, bien que toujours pas touché par le fléau électronique.


Enfin, on ne peut pas vraiment dire que le marché du livre soit réellement en crise, il se vend sensiblement le même nombre de livres chaque année, les succès sont toujours au rendez-vous (Millénium, L'élégance du hérisson et Marc Lévy en tête, le prouvent), les auteurs de plus en plus productifs (chez Albin Michel, Schmitt, Chattam et Werber publient plusieurs livres par an), etc. Non, on ne peut pas vraiment dire qu'il y a crise. Le problème se trouve, comme pour le disque et la vidéo, du côté d'internet. Non pas avec le téléchargement, mais avec les pure players, tel Amazon, qui tuent la librairie française. Cependant, la Fnac tire toujours son épingle du jeu. Même si elle subit la concurrence d'Amazon et compagnie, elle a vite réagi en offrant sur son site les 5 % autorisés par la loi, ainsi que les frais de port. Face à ça et à l'effervescence de magasins, que peuvent les librairies indépendantes ?

À Aix-en-Provence s'est implantée il y a deux ans une Fnac aux Allées Provençales. Un espace à l'orée du centre-ville, qui accueille depuis deux ans la Fnac, H&M, Jules, Bizzbee, Maisons du Monde, Sephora et autres bijouteries, restaurant italien et fast-food. Le parking construit pour l'occasion est gratuit les quarante-cinq premières minutes. Autant dire qu'une fois la voiture garée, on se complait dans ces allées à dépenser plus de sous que prévu en un temps record et qu'on n'ose même pas penser à s'aventurer plus avant dans Aix, repartant la queue entre les jambes à sa voiture. Le centre n'est pas pour autant déserté, il y a les Aixois, les étudiants et les tout aussi innombrables touristes. Mais il n'est reste pas moins que plusieurs magasins ont d'ores et déjà fermé leurs portes, comme Madison Nuggets, le dernier discaire aixois. Du côté de la librairie, celles spécialisées dans la BD sont au bord du gouffre et celles généralistes accusent plus de 10 % de pertes chacune.

Elles sont trois à se partager la clientèle : Provence et Goulard sur le Cours Mirabeau, Vents du Sud à côté de la Marie. La première est une vraie machine, disposant d'une grande surface de vente et de gros fonds. Caissières à plein temps, vigils, tourniquets à l'entrée, une vraie grande suface. Goulard est l'archétype de la librairie dans laquelle on se sent mal : aucune personnalité, des libraires désagréables, aucune ambiance de fond, aucun plaisir à flâner dans les rayons, mais justement de gros fonds. Vents du Sud est plus petite, plus conviviale, plus attrayante, plus engagée et dispose de gros fonds en jeunesse (photo) et en sciences-humaines. Une vraie librairie de quartier, engagée dans la vie culturelle et aux idées politiques arrêtées qui est, comme ses deux concurrentes, une librairie de premier niveau. Mais contrairement à elles, elle compte beaucoup d'habitués dans sa clientèle. C'est donc celle qui perd le moins de clients. Cependant, elle ne fait pas non plus le poid face à la Fnac et aux ventes internet. Goulard est celle qui chute le plus, ne disposant pas vraiment d'attrait pour attirer le cilent. Ces trois librairies ne sont certes pas sur le point de fermer leurs portes, mais elles se portent moins beaucoup moins bien qu'auparavant.


Et il en va de même partout ailleurs. On ne peut pas dire que la situation est catastrophique, mais elle est tout de même préocuppante. Surtout quand tout se fait au profit d'entreprises telles qu'Amazon et la Fnac, véritables machines de destruction massive. Entrez dans une Fnac après être passé dans une librairie indépendante et comparez ce que vous voyez au rayon livre, l'offre proposée, la façon de ranger, le laisser-aller que l'on peut y trouver. Très bon exemple à Bordeaux, rue Ste-Catherine où le rayon livre est une véritable catastrophe, piles où il ne reste plus qu'un seule livre alors que plusieurs piles s'entassent en réserve, sous les tables, Marc Lévy rangé en nouveauté en février alors qu'on est en pleine rentrée littéraire, un triple panneau remplit de Philippe Sollers alors que la rentrée de janvier compte plus de 500 nouveaux romans et que pas plus d'une vingtaine sont présents sur table, des livres posés n'importe où par les clients et non rangés pas les libraires, des auteurs de langue et/ou de nationalité françaises rangés en littérature étrangère, des vendeurs au compte-goutte qui ne trouvent pas les livres que les clients leur demandent (plusieurs fois, j'ai tendu un exemplaire, qui se touvait pourtant à côté du libraire), etc. Vous l'aurez compris, à travers l'excellent exemple de Bordeaux, il y a vraiment mieux, et de beaucoup, que la Fnac. Alors, arrêtez d'acheter à la Fnac et rendez-vous dans une vraie librairie.


Je ne parle pas de Virgin car il ne faut pas faire l'amalgame. On pourra dire ce qu'on voudra, Virgin n'est pas la Fnac et n'en a pas le fonctionnement. Les rayons librairie de Virgin sont remplis de libraires professionnels et de quelques stagiaires en IUT Métiers du Livre. En plus de disposer de vrais libraires de formation, Virgin forme des étudiants au métier. Les fonds sont parfois légèrement moins importants car les magasins plus petits, mais l'essentiel, et même plus, est bien là, en rayon. L'ambiance y est chaleureuse, les libraires disponibles et informés de ce qui se passe (à la Fnac d'Aix, une libraire à qui j'ai demandé le nouveau roman de Laurent Gaudé, en septembre dernier, ne savait même pas de qui il s'agissait alors que La porte des Enfers était tout de même une des cinq plus grosses nouveautés de la rentrée), toujours là pour vous renseigner alors qu'à la Fnac, il faut faire le tour du magasin pour trouver quelqu'un caché au rayon manga... C'est d'ailleurs le point le plus important chez Virgin : être là, agréble et disponible pour le client. On y sait que c'est ce qui fait la différence, on ne se force pas pour autant, ce n'est pas si difficile de ne pas tirer une gueule de trois kilomètres sur son lieu de travail, mais ça, à la Fnac, on n'a pas encore appris. Chez Virgin, on a également lancé la mode des petits mots sur les livres que les libraires ont adoré. Carine Cavaillon, responsable littérature au Virgin, Place Gambetta à Bordeaux, est à l'origine de ce petit plus qui plait aux clients. Si certains, comme moi, n'aiment pas être conseillés et ne se fient qu'à eux, au risque de passer à côté de merveilles, beaucoup sont sensibles à ces mots et font confiance aux libraires qu'ils côtoient depuis plusieurs années, car les libraires participent à faire vivre l'âme du magasin. Vous aurez peut-être l'impression que j'ai des actions chez Virgin, que je m'emporte un peu trop. Et bien non ! Pour avoir travaillé chez Virgin, je peux vous affirmer que je ne mens nullement et que tout y est réfléchi pour que le client soit entièrement satisfait lorsqu'il repart.

Cela dit, je n'irai pas jusqu'à placer Virgin avec les librairies indépendantes. Même si le fonctionnement de certains des rayons librairies (car je pense que le travail effectué à Bordeaux n'est pas le même partout, Maud Pionica fait tenir les deux étages librairies de manière quasi exemplaire mais tous les Virgin n'ont peut-être pas la chance d'avoir une telle responsable à la tête du rayon librairie) est proche d'une librairie indépendante, Virgin reste une chaîne, le siège, à Paris, a un poids dans la vie de chacun des magasins, aucun ne peut donc faire complètement ce qu'il veut. Il n'y a donc pas à tortiller, Virgin reste une chaîne, mais une chaîne de qualité. Reste à voir si son récent rachat ne changera pas les choses dans le mauvais sens...



Pour conclure cet article, je dirai que si la librairie française a été sauvée de la Fnac par la Loi Lang en 1981, elle est de nouveau en danger, ce n'est un secret pour personne. Si rien n'est fait, elle court à sa perte. Je n'ai aucune idée du temps qui lui reste, je ne suis pas tel spécialiste pour affirmer ce genre de chose, je n'ai pas non plus la prétention de dire ce qu'il faut faire pour sauver une seconde fois la librairie indépendante mais malheureusement, on arrive à un moment de l'histoire que l'on a déjà vécu et il va falloir faire quelque chose d'autrement plus valable qu'un procés contre Amazon pour frais de port offerts afin de voir subsister le patrimoine littéraire français dans nos maisons. Je vais trop loin, pensez-vous ? Mais je l'ai dit tout à l'heure : allez voir ce qui se vend à la Fnac, vous verrez ce qui se vendra plus tard, lorsqu'il n'y aura plus de librairies dignes de ce nom.


Mardi 21 avril 2009

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