Vers un renouveau du film d'animation

Publié le par Sébastien Almira

Entre suites à n'en plus finir et dessins animés japonais, on ne sait plus où donner de la tête. Voilà de trop longues années qu'on nous en fait ingurgiter de tout côté, de trop longues années où la qualité baissait de plus en plus, de trop longues années que Disney nous servait des petits dessins animés gentillets mais sans intérêt. Mais depuis l'apparition de Pixar dans l'animation de synthèse, le paysage du film d'animation a changé.

L'aventure commence lentement mais sûrement en 1995 avec le premier volet de Toy Story. Face à la qualité et au succès du long-métrage, un accord est signé en 1997 avec Walt Disney pour cinq films d'animation en co-production. Suivent 1001 pattes, Toy Story 2, Monstres et Cie, Le monde de Némo et Les Indestructibles (respectivement Oscars du meilleur film d'animation 2003 et 2004.
En janvier 2004, Pixar rompt les négociations avec Disney sur une éventuelle prolongation du contrat et se met à la recherche d'un autre partenaire. Mais, digne d'un thriller, l'affaire connait deux ans plus tard un retournement de situation, et pas des moindres : Walt Disney rachète les studios Pixar pour 7,4 milliards de dollars. L'alliance définit clairement le positionnement des deux maisons : chacun reste sur son terrain de prédilection, Walt Disney dans le dessin traditionnel et Pixar dans l'animation de synthèse.
Du côté de Pixar, le succès s'accroit de façon exponentielle avec Cars en 2006 (Golden Globe du meilleur film d'animation), Ratatouille l'année suivante (Oscar du meilleur film d'animation) et enfin Wall-E également Oscar du meilleur film d'animation ! Sont prochainement prévus le troisième volet de Toy Story (2010), le second de Cars (2011) ainsi que Là-haut  qui fera l'ouverture du festival de Cannes le 13 mai 2009 et 1906 cette année.
Les films Pixar sont toujours d'excellente qualité, souvent récompensés par les Oscars ou les Golden Globes, et très appréciés par le public, qu'il soit en bas âge ou bien majeur ! Chez eux, on ne se presse pas, un ou deux films par an, pas la peine d'être présent toute l'année en proposant de la basse qualité. De plus en plus, un fond que les enfants ne comprennent pas forcément est présent dans leurs productions comme l'attitude du peuple face à l'écologie et à la survie de la planète dans Wall-E ou encore, comme dans beaucoup de dessins animés, l'acceptation des personnes différentes comme c'est le cas dans Ratatouille. En somme, un film Pixar, c'est une qualité, un message, du second degrés, tout public et, surtout, un très bon moment en perspective, que ce soit en famille ou entre amis.


Quant à Walt Disney, la machine à chef-d'oeuvre, elle nous pond depuis 1937 avec Blanche-Neige et les sept nains, de pures merveilles devenues des classiques : Pinocchio et Fantasia en 1940, Bambi en 1942, Cendrillon en 1950, Alice au pays des merveilles en 1951, Peter Pan en 1953, Mary Poppins en 1964, Le livre de la jungle en 1967, Les aristochats en 1970, La petite sirène en 1989 ou encore Aladdin en 1992 jusqu'au Le Roi Lion en 1994.
Et là, tout s'écroule. Déjà le début des années 1980 laissait entrevoir une fuite de l'imagination des créateurs de Disney. La majorité des films produits depuis a été oubliée, presque plus de grosse production que tout le monde veut voir. Les années 1990 prouvent encore mieux le déclin de Disney. La pathétique aventure des suites commence : Aladdin, Winny l'ourson, La Belle et la Bête, Pocahontas, Le Roi Lion et Fantasia sont touchés. Les années 2000 ne font qu'accentuer le chemin pris par Disney les quinze années précédentes : des suites à n'en plus finir (Dingo et Max, La petite sirène, La Belle et le clochard, Peter Pan, Cendrillon, Le Bossu de Nôtre-Dame, Les 101 dalmatiens, Le livre de la jungle, Le Roi Lion, Mulan, Tarzan, Lilo et Stitch, Kuzko, Bambi, Frère des ours, Rox et Rouquy, Cendrillon et La Fée Clochette), des films de moins en moins connus, des sorties quasi mensuelles (entre quatre et dix sorties par an !), etc.
Pour les prochaines années, sont d'ores et déjà prévus un troisième et un quatrième volets de La Fée Clochette ainsi qu'un Fantasia 3... Est-ce que le règne de Walt Disney est en train de s'écrouler, laissant la place à une réel renouveau dans l'animation avec les studios Pixar ?

Voir les commentaires

Bienvenue chez les Ch'tis ** / Team America **** / Gran torino *****

Publié le par Sébastien Almira

Chaque semaine s'ajoutaient des centaines de milliers de spectateurs. Chaque semaine, les Ch'tis s'approchaient des dix millions d'entrées en France. Puis, chaque semaine, c'était le Titanic qui prenait peur... Puis La grande vadrouille. Mais celle-ci a survécu ! Au final, le film de Dany Boon a attité plus de vingt millions de français dans les salles obscures. Pas mal, pas mal pour un film sur une région pas très appréciée par les touristes et même les français. Reste qu'on a voulu nous faire passer une comédie sympathique et drôle sur les Ch'tis pour la plus grosse poilade de toute l'histoire du cinéma français... Certes, les entrées disent ce qu'elles disent, mais pour ce qui est du contenu, il ne faut pas se leurrer : on est bien loin des chefs d'oeuvre du genre. Sur ceux-là, tout le monde ne sera pas d'accord, mais les Bronzés (que je n'affectionne pas particulièrement), Les Visiteurs, Le dîner de cons ou encore Le Père-Noël est une ordure atteignent des sommets qui semblent aujourd'hui difficiles à égaler. En France, le dernier date de 1998 avec le deuxième volet des aventures des Visiteurs, puisque le troisième (en Amérique) est totalement dénué de tout intérêt. A quand une réelle comédie à se rouler par terre ?? **


N'allons même pas chercher d'équivalent de ce côté, au risque de ne trouver que de grosses et grasses comédies à la American Pie et plus réçemment Yes Man. A moins de se tourner vers l'animation avec le poilant Team America, Polices du monde qui met en scènes des marionnettes pour se moquer des productions américaines, presque toutes basées sur les mêmes codes et les mêmes scènes. Scène après scène, tout est parodié, d'une réplique à une scène entière, en passant par les attitudes des personnages, les ficelles du film (qui tiennent ici les protagonistes au sens propre comme au figuré). Frappé, hilarant, vulgaire, drôlement violent : une petite perle à mettre entre de nombreux yeux ! ****





Le dernier film pour aujourd'hui s'inscrit parfaitement dans la lignée des autres puisqu'il ne manque pas d'humour ! Le nouveau film de Clint Eastwood, Gran Torino, derrière son affiche sombre à souhait, n'en a peut-être pas l'air, mais il fait beaucoup rire. A vrai dire, il ne fait pas que ça, il nous fait réfléchir avant tout, rire, pleurer, attendre et peut-être même changer, espérons-le. Puisque c'est le sujet du film : un homme d'un certain âge qui vient de perdre sa femme et n'a jamais été proche de sa famille se retrouve seul en plein quartier infesté de hmong. Infesté, oui, puisque notre homme les hait, toutes ces "faces de citron" et autres "têtes de nem". Mais le destin les mettra sur sa route plus qu'il ne l'imaginait et, surtout, plus qu'il ne le souhaitait. C'est alors un tourbillon de cynisme, de haine, de rires, de larmes, d'amour et d'amitié qui nous prend jusqu'au dénouement fragile mais on ne peut plus puissant que nous a concocté Maître Eastwood. Pour une rubrique "leçon de cinéma", Gran Torino y a largement sa place. Ce film est même une grande claque qui vous bouscule et vous perturbe même hors de la salle. *****

Voir les commentaires

Philippe Besson, La trahison de Thomas Spencer, roman, 255 pages, Julliard, janvier 2009, 19€ **

Publié le par Sébastien Almira

Voilà ma toute première critique littéraire toute neuve ! Et ça tombe sur Philippe Besson, un auteur que j'apprécie beaucoup et dont j'attends par conséquent beaucoup. C'est peut-être pour cela que j'ai été déçu par son nouveau roman...

Son premier roman a été publié chez Julliard en 2001. Depuis, il n'a fait qu'une seule infidélité à sa maison pour publier L'enfant d'octobre chez Grasset en 2006. Et depuis, chaque année, parait un nouveau Besson. La trahison de Thomas Spencer est son dixième, j'en ai lu sept et abandonné un (Les jours fragiles, journal intime de la soeur de Rimbaud pendant les derniers mois du poète). Le premier, En l'absence des hommes, est une pure merveille, une narration binaire où Vincent, le personnage principal, alterne les rencontres avec Arthur, fils de la servante, dont il tombe amoureux, et Marcel, célèbre écrivain, avec qui il se lie d'amitié avant de découvrir quel secret se cache derrière l'homme. L'avant-dernier, Un homme accidentel, l'est aussi, l'histoire d'un amour quasi impossible, poignante à souhait, horriblement belle et magnifiquement torride. Les autres oscillent entre le moyen et le très bon. Le nouveau les rejoint.

Paul et Thomas, nés le même jour, sont amis depuis toujours. Ils partagent tout, jusqu'au moment où le narrateur (Thomas) veut en venir. Car c'est pour ça qu'il écrit ce livre, qu'il raconte cette histoire : parce qu'il est coupable, qu'il s'en veut et qu'il a besoin de le dire. Il ne veut pas se faire pardonner ou oublier quoi que ce soit, ce faisant, non. Il veut simplement que ça sorte.
Et pour nous raconter cette histoire, il nous raconte TOUTE l'histoire, et toute l'Histoire aussi, celle des Etats-Unis, du 6 août 1945 au 30 avril 1975. Mais "l'élément déclencheur" annoncé dans la quatrième de couverture, à savoir l'arrivée de Claire dans la vie des deux amis, n'apparait que brièvement à la page 100 avant de prendre réellement part au récit à la page 200. C'est là que le roman décolle vraiment, afin de gagner le rythme de croisière d'un vrai Besson, avec son écriture belle et nerveuse. Le problème c'est qu'à ce moment du roman, il ne reste que 65 pages... L'histoire de l'Amérique (élections, guerres, assassinats politiques, mort de Marilyn Monroe, etc.) est, jusqu'au seuil fatidique des 200 pages, trop légèrement traitée. Elle est survolée, comme par la suite, mais son impact est bien moindre, dû au manque de nerf dans l'écriture de l'auteur.
Peut-être tout cela était-il voulu, pour souligner l'importance de Claire dans la vie de Paul et Thomas, dans ce qui s'est passé. Alors, de ce point de vue, l'importance de Claire est beaucoup trop soulignée. Les 200 premières pages ne font que cataloguer les histoires sentimentales des deux protagonistes ainsi que leur amitié sur un fond historique léger. Quel besoin de connaître toutes les conquêtes d'une nuit, les unes après les autres, quand cela n'a aucun impact sur l'histoire que le narrateur veut partager ? Peut-être était-ce une excuse pour Philippe Besson afin de nous dresser une fresque des Etats-Unis. Mais cela n'a pas réussi à cette très longue première partie du roman.

Voir les commentaires


Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog