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lecons de musique

Jain, Souldier, 10 titres, août 2018 ****

Publié le par Sébastien Almira

Jain, Souldier, 10 titres, août 2018 ****

Baladée un peu partout dans le monde par son père et sa carrière de pétrolier, Jain découvre les percussions arabes à Dubaï, la batterie synthétique au Congo-Brazzaville. Des influences que l'on retrouve dans le superbe premier album, Zanaka, sorti en 2015 et vendu à plus de 650 000 exemplaires dont 200 000 à l'étranger. Après  la Victoire de l'artiste féminine et les tubes Come et Makeba, Jain est attendue au tournant. "Là où la pression me rattrape aussi, c'est quand les gens me demandent : 'Alors c'est quand le prochain Makeba ?' Je sais que c'est inévitable, mais ce n'est pas ce qui m'intéresse. Moi je voulais vraiment faire d'autres choses."

Plus électronique, le successeur de Zanaka est toujours empreint de pop et d'influences étrangères dont elle parsème ses chansons.  Les mélodies sont accrocheuses, l'ensemble peut-être moins mélancolique, plus fun.
Si le premier extrait, Alright, ne vous a pas emballé ou, pire, vous a agacé à cause de son air répétitif, découvrez tout de même le reste de l'album, vous ne serez pas déçu du voyage ! Clin d’œil à l'Inspecteur Gadget sur Inspecta ou encore à Mario sur Star, l'auteure-compositrice-interprète s'amuse à n'en pas douter sur ce second opus, ça se ressent et c'est très agréable à écouter.

Véritable révélation scène, Jain repart en tournée en mars 2019. Après 200 représentations pour Zanaka, elle affirme "Ce qui est sûr c'est qu'à un moment je m'éclipserai de la scène. Je ne compte pas chanter jusqu'à 50 ans. Les tournées sont longues, c'est fatigant. Moi ce qui m'intéresse, c'est de produire et réaliser pour les autres. C'est passionnant de prendre un artiste sous son aile. Et il y a tellement peu de femmes qui le font. Ce serait une trajectoire rêvée."

En attendant, plongez dans l'univers unique de Jain et découvrez l'essai réussi du deuxième album !

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Muse, Simulation Theory, novembre 2018 *

Publié le par Sébastien Almira

Muse, Simulation Theory, novembre 2018 *

Nul besoin de présenter Muse dont le neuvième album studio est sorti hier. Le groupe a conquis depuis 1999 toute une génération de jeunes rock addict avec un savant mélange de pop et de rock saupoudré d'un soupçon de musique électronique.
Depuis quelques albums (The Resistance en 2010), le trio tourne en rond et propose sempiternellement les mêmes envolées lyriques sur du rock de plus en plus électronique. J'ai fini par lâcher, comme pas mal de monde. Qu'en est-il de ce nouvel album à la pochette commandée à l'homme derrière celle de la série Stranger Things, revival futuriste des années 80 ?

Pas de nouveauté à l'horizon, Matthew Bellamy, Christopher Wolstenholme et Dominic Howard n'entendent pas se renouveler. Si quelques titres, comme Thought Contagion ou The Void, sont sympathiques, tout est caricature. Something Human, The Dark Side et Blockades en tête. Avec ça, facile de faire un medley sans en avoir l'air sur scène !
Si l'on rajoute Get up and fight que n'importe quel groupe de pop-rock adolescent des années 2000 aurait pu chanter, quelques cris en prime, et les insupportables Propaganda et Break it to me, la soupe servie par Muse n'a rien pour reconquérir les anciens fans.

Le groupe semble se faire plaisir dans un délire musical qui les projette de plus en plus loin dans la galaxie, de plus en plus loin de Origin of Simmetry (2001) ou Black Holes and Revelations (2006), de plus en plus loin de nous. Simulation Theory est un album éminemment caricatural, composé d'une avalanche de surenchères, dont la critique dans les Inrocks (ici) m'a bien fait rire.
Muse est trop occupé à se regarder le nombril pour devenir ce qu'il était en passe de devenir : un groupe légendaire.

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Mylène Farmer, Désobéissance, 12 titres, septembre 2018, Stuffed Monkey, #NP, Sony, CD 16€, digipack 20€, double vinyles 25€, coffret collector 60€ *****

Publié le par Sébastien Almira

Mylène Farmer, Désobéissance, 12 titres, septembre 2018, Stuffed Monkey, #NP, Sony, CD 16€, digipack 20€, double vinyles 25€, coffret collector 60€ *****

Je suis fan de Mylène Farmer depuis qu'elle a chanté Optimistique-moi aux premiers NRJ Music Awards en janvier 2000. Il y a plusieurs « périodes artistiques », plusieurs virages, dans sa carrière :
1984-1992 : les trois premiers albums, assez sombres, on parle à l'époque de variété chic et choc. C'est la période qui met tout le monde d'accord, quasiment tous ses tubes en font partie (Libertine, Sans contrefaçon, Ainsi soit-je, Pourvu qu'elles soient douces, Désenchantée, Je t'aime mélancolie)
1995-1997 : premier virage, Mylène s'américanise, le son est plus rock, l'univers plus solaire, presque niais, le personnage résolument féminin et sexy (XXL, L'instant X, California, Rêver)
1999-2016 : deuxième virage, elle se lance à corps et âme dans les années 2000 avec le fameux mélange de pop, d'eurodance et de variété qu'on lui connaît. Qu'elle retrouve ses démons ou qu'elle les fuit, elle est femme fatale et s'enferme dans un univers qui perd le grand public sans trop se renouveler malgré l'infructueux essai avec l'album Bleu noir. (L'âme-stram-gram, Je te rends ton amour, Les mots, C'est une belle journée, Appelle mon numéro, C'est dans l'air, Oui mais non, etc.)
2018 : troisième virage, « dark et sexy » comme elle aime le dire.

Je la découvre donc pendant le virage qui amorce la plus longue partie de sa carrière, c'est la première fois cette année que je « vis » un virage dans sa carrière (je ne compte pas la surprise du cheap Oui mais non, qui a cependant le mérite d'être devenu un tube).
C'est la première fois que je suis réellement surpris par ce qu'elle propose musicalement. Bien entendu, comme tous les fans, j'étais tout émoustillé en entendant les premiers accords de C'est pas moi en 2015 qui nous rappelaient les riffs de guitare des Daft Punk alors qu'il s'agissait seulement, soyons réalistes, du premier son moderne dans son répertoire depuis 1999, surtout après la soupe euro-dance servie par Laurent Boutonnat dans l'album Monkey Me (critique ici).

Désobéissance, c'est l'album que j'attendais depuis des années. J'ai (plus ou moins et pour des raisons différentes) aimé les albums précédents mais, à part Point de suture en 2008, Mylène Farmer ne m'a jamais entièrement comblé en studio. Je voulais du Mylène Farmer, comme avant, mais plus moderne, je voulais du changement, du risque, des escapades, des mélodies diaboliques et des balades somptueuses. Il y a bien eu quelques titres depuis 99 (Porno Graphique en 2006, M'effondre, Leila, Diabolique mon ange en 2010 en tête) qui m'ont ébloui, mais pas d'album.


Après neuf mois d'attente fébrile depuis Rolling Stone (on n'a jamais langui aussi longtemps entre un lead single et un album...), je vous livre mon compte-rendu de ce onzième disque, composé avec Feder (7 titres), LP et Mike Del Rio (2 titres) et le jeune et mystérieux Léon Deutschmann qu'une majorité pense être un pseudonyme de Laurent Boutonnat (3 titres).

Annonce de la sortie de l'album en dévoilant la pochette sur 228m2 visibles depuis le périph' parisien

Annonce de la sortie de l'album en dévoilant la pochette sur 228m2 visibles depuis le périph' parisien

ROLLING STONE (Feder)
Contrairement à beaucoup de fans, j'ai adoré découvrir ce titre, à minuit, sous la couette, perplexe et ébahi à la fois. Étonné de ses graves, de la manière étrange de poser sa voix, de cette compo electro aux influences musique du monde, ce mélange de français et d'anglais parfois incompréhensible, de ces chœurs qui pourraient faire tâche à son âge. Mais wow, je me dis qu'elle a enfin trouvé la bonne personne pour un son résolument moderne, « dark et sexy » comme elle le souhaitait, qui reste du Farmer tout en étant radicalement différent et qui soit percutant. Merci Feder, j'adore !

SENTIMENTALE (Feder)
Troisième titre dévoilé une semaine avant la sortie de l'album comme un cadeau et qui fédère (sans mauvais jeu de mots) finalement plus les fans que les deux premiers singles. Une ritournelle pop-dance entraînante et entêtante, c'est sympathique, c'est du Mylène, mais c'est facile et en l'écoutant la première fois, j'espérais que l'album ne ressemblerait finalement pas à ça. J'aime beaucoup les couplets le côté positif et enjoué. « Yes l'âme en vrac où que j'aille, détail fatal, je crois en la vie »

DÉSOBÉISSANCE (Léon Deutschmann)
Énervé à chaque nouveau commentaire de fan ayant écouté l'album avant sa sortie officielle, je ne peux m'empêcher de parcourir Mylène.net à la recherche des différents avis. Cette chanson est sur toutes les lèvres. Je m'attends, fébrile, au tube de l'album, celui que tout le monde espérait. Pour un fan, effectivement, tout y est mais c'est justement une chanson pour les fans. Les aigus des refrains pas assez énergiques vont énerver le grand public. C'est un mélange de Consentement, Devant soi et Réveiller le monde servi sur une compo hyper efficace qui me fait penser à Benassi Bross sur I'm addicted de Madonna. Je ne pense malheureusement pas que Laurent Boutonat serait capable de ça. Malgré une économie de vocabulaire depuis quelques années, le texte est pas mal, parfois surprenant. « J'ai connu des putains de ténèbres, et des retenues, des enfers qui brûlent lèvres »

N'OUBLIE PAS (avec LP) (LP et Mike Del Rio)
À l'annonce d'un duo en deuxième single, j'espérais très très très fort que ce soit avec LP. Cette chanteuse me bouleverse, ses voix me rendent fous (écoutez sa reprise de Halo de Beyonce en live...), ses mélodies m'enchantent et les compos de son dernier album me transcendent. Certain que le titre et le succès seront énormes, je suis tout excité quand Pascal Nègre confirme. J'aime beaucoup ce titre dont le clip signe le retour de Boutonnat derrière la caméra, mai la compo est des plus banales et le grand public s'en fout...

HISTOIRES DE FESSES (Feder)
WTF ce titre ?
WTF comment peut-on avoir écrit Je t'aime mélancolie, Sans logique ou Point de suture et écrire « les pâtes au sel, les pâtes au sel, j'aime ! » ?!
WTF une minute cinquante-sept ?
WTF ce rire qui sonne faux à la fin ?!
WTF cette voix si grave sur les couplets qu'une amie me dit « mais qui chante avec elle ? J'entends une voix d'homme »
Tout simplement parce qu'avec 57 ans au compteur et une des plus impressionnantes carrières de la chanson française, Mylène Farmer fait ce qu'elle veut et elle s'amuse ! Moi qui espérais qu'elle bosse aussi avec Stromaë, je suis servi avec ce titre déroutant qui lui ressemble tant ! À chaque écoute, je me dis « elle est folle, cette fille ! » le sourire jusqu'aux oreilles.

GET UP GIRL (Feder)
Beaucoup semblent aimer, voire adorer. J'aime le son, qui me rappelle pourquoi American Life est mon album préféré de Madonna, mais je ne suis pas fan de la mélodie et du niveau des paroles.

PRIÈRE (Feder)
Je change de vinyle, on se regarde, se demande si la vitesse de lecture est la bonne, s'ils ne se sont pas trompé de disque mais, au bout de trente secondes d'un mélange d'électro-blues avec d'étranges chœurs qui me font penser à certains titres du génial Burning Spider de Parov Stelar (avec qui j'adorerais que Mylène travaille), elle se met à chanter « comment te dire ma réalité ».
Je regarde la plaine les yeux grand ouverts, interloqué, répétant en boucle dans ma tête « oh putain, ça y est, elle l'a fait ! Exactement ce que j'attendais d'elle ! » mais quand arrive le refrain, tout retombe comme un soufflé. Il me faudra l'écouter à fond dans la voiture pour me rendre compte que si, si, cette chanson est une tuerie, que Feder a tout compris, que Mylène n'a plus peur de décevoir et de faire ce qu'elle veut. Ce morceau me transcende, je n'ose imaginer le potentiel scénique et ne comprends pas que Moby n'ait pas composé ça à la place de la soupe de Bleu noir (critique ici).

AU LECTEUR (Feder)
Deuxième mise en musique de Baudelaire, trente ans après la magistrale Horloge (Boutonnat était alors un génie). J'avais peur de ce que pouvait faire un DJ là-dessus, mais après les précédents morceaux, il faut se rendre à l'évidence : Feder n'est pas un DJ, mais un compositeur et musicien de talent. Je m'attendais à ce que la musique monte progressivement pour finir en électro expérimental mais il accompagne sobrement la voie grave de Mylène qui lit divinement ce sombre texte.
« Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie,
N'ont pas encor brodé de leurs plaisants dessins
Le canevas banal de nos piteux destins,
C'est que notre âme, hélas !, n'est pas assez hardie. »

DES LARMES (LP et Mike Del Rio)
La musique commence et mes yeux s'ouvrent un peu plus, le regard fixé sur la platine. Le couplet commence et ma bouche s'entrouvre devant la mélodie et le phrasé. Le pont commence et ma mâchoire se décroche, on dirait Janet Jackson période All for you. Le refrain commence et je me fige. Je m'attendais à quelque chose d'un peu rock avec des cordes et une touche d'électro et, là, je suis parcouru par quelque chose d'indéfinissable. Mylène n'a jamais chanté comme ça, j'ai l'impression de découvrir quelque chose d'aussi surprenant que l'ont sans doute été à l'époque Je t'aime mélancolie, California ou L'instant X. Le vocabulaire n'est toujours pas au niveau d'avant, mais le texte est beau et l'ensemble extrêmement bien produit. Ce titre, je ne m'y attendais pas du tout et c'est une tuerie. S'il ne reste qu'un single à sortir, c'est indéniablement celui-ci.

PARLER D'AVENIR (Léon Deutschmann et Mylène Farmer)
Autre titre qui revenait souvent parmi les préférés des fans, la prétendue deuxième tuerie de l'album est aussi loin d'être un mauvais titre qu'un tube. Arrivé au refrain, j'ai cru que c'était le pont et quand le deuxième couplet a commencé j'ai compris que le tempo resterait au même niveau pendant trois minutes. Semblable à Appelle mon numéro, en plus sympa, du Boutonnat moderne quoi, avec un texte assez pauvre. Le phrasé et la mélodie des couplets me font aussi penser aux couplets de La première fois de Tryo et les Ogres de Barback.

ON A BESOIN D'Y CROIRE (Feder et Mylène Farmer)
Pour sa dernière composition de l'album, feder nous a concocté un XXL 2.0 à la mélodie RnB-sante et à la production bien léchée. C'est agréable, entraînant, positif, ça ressemble à Des larmes pour le côté moderne et addictif et la manière de chanter.

RETENIR L'EAU (Léon Deutschmann)
Il fallait bien clôturer l'album par l'habituelle balade lacrymale et c'est le jeune Léon qui s'y colle. Il se rapproche là encore des productions de Boutonnat, musique minimaliste pour accompagner des aigus au bord de la fêlure dans une tension mélancolique mais l’ensemble manque de puissance et n'égale pas Point de suture, Ainsi soit je ou même Un jour ou l'autre sur le précédent album. Il ne s'est pas foulé.

Mylène Farmer, Désobéissance, 12 titres, septembre 2018, Stuffed Monkey, #NP, Sony, CD 16€, digipack 20€, double vinyles 25€, coffret collector 60€ *****

Après ce long compte-rendu, vous aurez compris que, même en restant critique et réaliste, je suis très agréablement surpris par, que dis-je ! complètement fan de ce onzième album, premier des ventes sur Itunes en un quart d'heure et douzième mondiale en une journée.
Après avoir tourné en rond pendant quelques années, Mylène Farmer a su s'entourer pour proposer du Farmer ancré dans le vingt-et-unième siècle. C'est déroutant, c'est parfois osé, un peu convenu d'autres fois mais subjectivement et objectivement, je crois que ça faisait bien longtemps que la star n'avait pas proposé un vrai bon album, sur lequel elle semble en plus s'être amusée. La voix est plus posée, plus maîtrisée, tant dans les graves que les aigus (hormis les traditionnelles fêlures sur la balade Retenir l'eau), les chœurs sont addictifs, les compositions modernes et entêtantes. L'ensemble est original et, malgré des ambiances et des sons différents, je trouve l'album homogène. Dans les écouteurs ou fort en voiture, c'est un bonheur. Sur la scène de l'U-Arena de Paris La Défense en juin prochain (mise en vente de la billeterie le samedi 13 octobre à 10h ici et le lundi 15 dans les circuits habituels), ça promet d'être exceptionnel !
Mylène Farmer a enfin désobéi et Dieu que c'est bon !


Et vous, que pensez-vous de ce retour ?!

Critique en plein chantier, et setlist rêvée pour 2019 !

Critique en plein chantier, et setlist rêvée pour 2019 !

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Brit Awards 2015

Publié le par Sébastien Almira

Brit Awards 2015

Brit Awards 2015, 25/02/2015
Rediffusion sur Virgin Radio TV ce soir, 27/02/2015 et sur MCM vendredi 13/03/2015



Pour la première fois, avant-hier soir, j'ai regardé la cérémonie des Brit Awards, la trente-cinquième, à l'O2 Arena de Londres. Force est de constater que la France fait pale figure, avec ses NRJ Music Awards remplis de pseudo stars commerciales qui gagnent des prix face aux trop rares vrais artistes nominés et avec ses Victoires de la Musique dont tout le monde se fout tant l'ennui guette.

Le show est au rendez-vous. Même si ils en font un peu trop, à l'américaine, les présentateurs sont présents et présentent bien. L'O2 fait passer le Midem de Cannes pour une vulgaire salle des fêtes, la configuration et la déco faisant penser à un grand gala, les moyens et effets mis en place pour les prestations semblant sortis d'une super-production américaine.

Les nominations prouvent encore une fois que l'Angleterre surclasse la France en matière de musique. Leurs artistes commerciaux font figure de grands artistes à côté de nos habituels nominés aux NRJ Music Awards (qui a parlé de Jennifer, M Pokora, Shy'm, tal ou encore Keen'V ?).
En France, jamais un groupe comme Royal Blood n'aurait remporté le prix de meilleur groupe (britannique, en l’occurrence) face à One Direction, Coldplay et Clean Bandit, ni Paloma Faith celui de meilleure artiste féminine (britannique encore) face à des artistes qui, après un bien trop court extrait, peuvent paraître comme plus commerciales.
Sam Smith, après sont triomphe aux Grammy il y a peu, a été sacré révélation britannique et récompensé comme l'artiste au plus gros succès de 2014, mais s'est incliné face à Ed Sheeran pour les prix de l'artiste masculin et l'album britanniques de l'année.
Le Prix des Critiques est allé à James Bay, au détriment de Years & Years et George the Poet tandis que Paul Epworth a été sacré meilleur producteur britannique. Il a travaillé en 2014 avec Coldplay, U2, Foster the People, FKA Twigs, Glass Animals, Lana del Rey et Lorde.
Dans la catégorie meilleur single britannique, face à pas mal de sérieux concurrents, c'est Mark Ronson pour son featuring avec Bruno Mars, le tubesque Upton Funk, qui a été sacré. Enfin le clip britannique de l'année est You & I des One Direction.
Côté international, Pharell Williams, Taylor Swift (face à Beyoncé, Sia, St Vincent et Lana del Rey) et les Foo Fighters ont été couronnés artiste masculin, féminine et groupe de l'année.

Côté prestations, c'est Taylor Swift qui a ouvert les hostilités avant que Sam Smith, Kanye West, George Ezra ou encore Royal Blood ne se presséent sur la scène. Ce sont les deux artistes britanniques de l'année Ed Sheeran et Paloma Faith qui ont livré, pour moi, les meilleurs prestations de la soirée. Le premier en interprétant, seul sur scène, une version haute en couleur de son titre Bloodstream, la seconde en livrant une prestation de toute beauté sur la ballade Only love can hurt like this. On peut toutefois regretter une faible proportion de musique sur scène. Beaucoup de parlotte comme dans les talk-show à l'américaine, beaucoup de stars, et plus de remise de prix que de titres chantés. Dommage pour une soirée célébrant la musique.

Madonna, elle, était annoncée comme le morceau de bravoure de la soirée. Elle n'avait pas chanté aux Brit Awards depuis vingt ans et faisait la promo de son nouvel album Rebel Heart (critique ici) en interprétant le scénarisé et chorégraphié Living for love. Si l'esthétique et la scénographie étaient intéressants, surtout dans une émission de remise de prix, elle n'était pas du tout à la hauteur vocalement. La faute à sa lourde chute (du bas de l'escalier, dans son dos, les danseurs tirent la cape que Madonna ne parvenait pas à décrocher, elle est tombée avec) qui l'aura certainement déstabilisée. On peut lui reconnaître qu'elle a poursuivi sa prestation (presque) comme si de rien était, mais la magie n'était pas vraiment au rendez-vous, entre une choré souvent ridicule (malgré la scénographie), les sourires botoxés et la voix bien trop essoufflée et maladroite.
Drôle de clôture pour une soirée pareille.

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MADONNA, REBEL HEART, sortie 6 mars 2015, 25 titres ***

Publié le par Sébastien Almira

MADONNA, REBEL HEART, sortie 6 mars 2015, 25 titres ***

Pour son retour après les flops de Hard Candy et MDNA, Madonna a voulu faire les choses en grand en invitant toute une tripotée de stars en studio. Ainsi vous croiserez sur ce nouvel album Avicii (Tim Berling dans les crédits), Alicia Keys, Diplo (Thomas Wesley Pentz), MNEK (Uzo Emenik), Kanye West, Natalia Kills, Mike Tyson, MoZella (Maureen McDonald, présente sur au moins huit morceaux de l'album et qui avait notamment bossé pour Kelly Clarkson et Miley Cyrus), Ariel Rechtstail (meilleur producteur aux Grammy Awards en 2014 pour l'album Modern Vampire of the City de Vampire Weekend, qui a aussi bossé avec Diplo, Beyoncé, Kylie Minogue ou Charlie XCX), Rami Yacoub, Savan Kotecha (deux auteurs-producteurs pour une ribambelle de star plus ou moins talentueuses), Nicky Minaj ou encore Toby Gad à qui l'on doit All of me de John Legend ou If I were a boy de Beyoncé, mais aussi et surtout les daubes des One Direction, de Kelly Clarkson et Selena Gomez.

Mais depuis plusieurs semaines, rien ne va. Quatre mois avant la sortie de l'album, la majorité des titres ont pris le chemin de la toile, contraignant la star à publier son premier single deux mois avant la date prévue (Living for love devait sortir pour la Saint-Valentin), puis à dévoiler six autres titres en guise d'amuse-bouches. Et il y a quelques jours, c'est l'intégralité des 25 titres (14 pour le CD classique, 19 pour l'édition limitée, 21 pour l'édition Fnac dont deux remixes, 27 pour l'édition deluxe dont deux remixes, no comment) qui a fuité.

En dehors d'une promotion forcément détruite par ces fuites, l'inconvénient est l'obligatoire comparaison des versions définitives par rapport aux démos. Et force est de constater que le résultat n'est pas toujours à la hauteur des espoirs créés il y a quelques semaines.

Je vous livre ma critique titre par titre, en quasi avant-première donc !

Living for Love *****
(Madonna Ciccone, Thomas Wesley Pentz, Uzo Emenike, Annie Brewster, Alicia Keys, Maureen McDonald, Ariel Rechtstaid, Toby Gad, Nick Rowe)

Retour en force de la Madonne avec ce titre electro 90's plutôt puissant. Comme sur le reste de l'album, on remarque une voix plus mise en avant, les beats soulignent le piano d'Alicia Keys. Grosse surprise à la première écoute, je suis super emballé par ce titre ni vulgaire, ni bourrin, bien produit et efficace. Merci Diplo et la dizaine de personnes qui ont été nécessaires pour un seul titre.


Devil pray ****
(Madonna Ciccone, Tim Bergling, Carl Falk, Rami Yacoub, Savan Kotecha, Dacoury Natche, Blood Diamonds)
Deuxième gros coup de cœur pour ce morceau hybride, entre country et electro. La version démo, sans electro était plus agréable à écouter, l'electro finalement introduit sied pas mal au titre mais il manque une envolée finale : musicalement ça ne décolle jamais.

Ghosttown *****
(Madonna Ciccone, Jason Evigan, Sean Douglas, Evan Bogart, Mathieu Jomphe)
À mi-chemin entre la ballade (ce à quoi on s'attend avec le premier couplet) et le titre pop dansant (refrains efficaces et entêtants), Ghosttown est une belle surprise, sans réelle prise de risque, mais réussie, qui plaira aux fans.


Unapologetic bitch **
(Madonna Ciccone, Thomas Wesley Pentz, Ariel Rechtstaid, Maureen McDonald, Toby Gad )
Un soupçon d'electro et de R&B sur un reggae aux allures de pop pour un titre plutôt plaisant, sans pour autant être exceptionnel, mais qui a le mérite de sortir des rangs.

Illuminati *
(Madonna Ciccone, Toby Gad, Maureen McDonald, Larry Griffin Jr., Mike Dean, Kanye West)
La démo R&B-electro était franchement pas mal. Le résultat final montre un son plus sourd, plus expérimental où tout ne va pas ensemble et frôle finalement l'amateurisme. Madonna ou l'art de chier une démo réussie, acte 1.

Bitch, I'm Madonna (feat. Nicky Minaj) *
(Madonna Ciccone, Thomas Wesley Pentz, Ariel Rechtstaid, Maureen McDonald, Toby Gad, Onika Maraj )
Je déteste profondément la musique, le son, le chant, les tenues, l'attitude, de Nicky Minaj mais j'avais pour autant beaucoup aimé leur précédent duo I don't give A sur l'album MDNA. Ici son pont rappé me donne autant mal aux oreilles que le son affreux qui tient lieu de « refrain ».

Hold Tight **
(Madonna Ciccone, Thomas Wesley Pentz)
Je ne sais pas trop quoi dire sur cette chanson à vrai dire pas mauvaise, mais certainement pas indispensable sur l'édition principale d'un album de Madonna, même signée par le producteur à la mode Diplo.

Joan of Arc **
(Madonna Ciccone, Toby Gad, Maureen McDonald)
Si la version démo m'avait paru jolie à défaut d'être magnifique, Madonna a dû s'entourer de deux personnes pour la dénaturer en y ajoutant des basses pas en rythme sur le refrain. Madonna ou l'art de chier une démo réussie, acte 2. Et que dire des paroles... Je ne suis pas capable de comprendre les paroles à l'oreille et je ne me suis pas amusé à lire celles de chaque titre de l'album, mais bonjour le vocabulaire utilisé...

Iconic (feat. Chance the Rapper & Mike Tyson) ***
(Madonna Ciccone, Toby Gad, Maureen McDonald, Chancelor Bennett, Mike Tyson)
J'aime beaucoup les couplets de ce titre, même les ponts, mais les refrains musicaux (décidément, cette mode...) rap qui lorgnent du côté de I don't give A déjà cité sont d'un prétentieux assez désagréable à l'oreille. Dommage, le titre est plutôt bon sinon.

HeartBreakCity *****
(Madonna Ciccone, Thomas Wesley Pentz)
Jolie mélodie, jolie compo, voix mise en avant : très belle chanson signée Diplo.

Body Shop ***
(Madonna Ciccone, S1, Toby Gad, Maureen McDonald)
Les sonorités indiennes font évidemment penser à Shanti / Ashtangi sur l'album de référence Ray of Light, mais je trouve que ce morceau mineur aurait plus eu sa place dans les titres bonus. A néanmoins le mérite de montrer une autre facette de la Madonne et de sa musique.

Holy Water **
(Madonna Ciccone, Natalia Kills, Martin Kierszenbaum)
Sorte de Gang Bang R&B qui surfe sur Vogue pour se donner un genre, qui aurait plus sa place sur la BO d'un thriller que sur un album original de Madonna.

Inside out *
Une ballade mid-tempo qu'on a l'impression d'avoir entendue deux-cent fois auparavant, doté d'un final qui se la joue I don't give A (décidément...).

Wash all over me ****
(Madonna Ciccone, Maureen McDonald, Miley Cyrus, Tim Bergling)
Nouveau morceau d'Avicii, choisi ici dans une version plus calme et acoustique que la première mouture super efficace, qui manque sur cet album. Madonna ou l'art de chier une démo réussie, acte 3.

MADONNA, REBEL HEART, sortie 6 mars 2015, 25 titres ***

+
Best night **
Encore des influences R'n'B pour ce premier titre bonus pas trop dégueu.

Veni Vidi Vici (feat. Nas) *
Titre urbain complètement foireux.

S.E.X **
Titre urbain intéressant mais moyen, entre Human Nature et Candy Shop.

Messiah *****
Madonna Ciccone, Tim Bergling
À l'écoute de cette somptueuse ballade, on se demande sérieusement qui a choisi les titres de l'édition principale et ceux des éditions limitées. Il est incompréhensible que Messiah soit reléguée dans les bonus après trois morceaux urbains plus ou moins douteux.

Rebel Heart ****
Madonna Ciccone, Tim Bergling, Magnus Lidehäll
Morceau pop réussi qui aurait pu paraître sur l'album Ray of Light. Ravira probablement les fans.


+
Beautiful Scars **
Des sons disco ont été insérés dans ce morceau mid tempo plus ringard que rétro ou moderne. Je ne comprends pas comment ce genre de titre somme toute assez banal ne reste pas au stade de démo dans un carton quand l'excellent Revolution est écarté de l'album.

Queen ***
C'est pas mal, mais il faut se tartiner le reste de l'album avant d'y arriver et, une fois là, ça ne suffit pas pour qu'on apprécie Queen à sa juste valeur. Mauvais placement.

Borrowed Time **
Madonna Ciccone, Tim Bergling
Belle chanson, mais le résultat est moins convainquant que la démo, plus classique. Trop de petits instruments rajoutés par-ci, par-là. Madonna ou l'art de chier une démo réussie, acte 4.

Graffiti Heart ***
Titre electro sympathique. La version démo était toutefois plus aboutie et plus équilibrée.

Autotune Baby *
Commence comme un mauvais titre de Mariah Carey avec la voix d'un bébé claire puis autotunée, puis Madonna fait un semblant de rap sur les « hun-wuah » du-dit bébé. Les yeux sont grand ouverts, ceux du bébé qui ne parvient visiblement pas à dormir, et les nôtres plein d'effroi devant ce titre étrange. On trouvera, au choix, que c'est un titre surprise et fun qui ne se prend pas au sérieux ou une petite bouse qui porte bien son nom.

Addicted *****
Madonna Ciccone, Tim Bergling
LE raté de l'album. Addicted est une putain de bombe electro signée Avicii qui défonce sa race. C'est addictif à mort et ça ferait un sacré carton mais le titre est relégué à la fin de l'édition super limitée... Incompréhensible.

MADONNA, REBEL HEART, sortie 6 mars 2015, 25 titres ***

70 étoiles sur 125, ce qui ramène la note à 5,6/10 pour ce treizième de la reine de la pop. Elle a enchaîné les tubes pendant vingt ans et voilà que depuis trois albums elle court après les producteurs à la mode qui pourront lui faire renouer avec le succès. Elle y réussit parfois (4 minutes, Girl gone wild, Celebration) mais le grand public semble désormais se foutre éperdument de ses nouveaux albums.
L'année dernière, Madonna annonçait ses collaborations pour Rebel Heart sur les réseaux sociaux, gageant que l'on serait surpris par son travail. Je dois dire après plusieurs écoutes que si la surprise n'est pas vraiment au rendez-vous puisque les sons, les genres et les collaborateurs sont sensiblement les mêmes depuis quelques années, il y a toutefois quelques morceaux de bravoure.
Ballade, electro, pop pure, sons hindies, R'n'B : la palette est large et elle prouve qu'elle peut toujours exceller dans ce a quoi elle nous a habitué. Mais on trouve dans cet album beaucoup trop de titres et, surtout, beaucoup trop de mauvais titres. Quand on voit certains morceaux enregistrés puis écartés, on se demande comment une setlist aussi maladroite a pu être validée alors que la Madonne joue gros.
Pour moi, c'était un come-back réussi lorsque l'on a découvert les premières démos, qui m'ont laissé croire le temps de quelques semaines à un successeur d'American Life (pas mal de guitares et d'electro au départ) et lorsque le premier single, Living for Love, a été dévoilé en version définitive. Je m'attendais à un grand album.
Maintenant que tout est là, je pense que Madonna est en passe de rater son retour. Trop de titres, trop de R&B, trop de collaborations, trop de mauvais choix de setlist (pourquoi faut-il notamment attendre les bonus pour entendre les bons titres d'Avicii ?) et certainement bientôt des mauvais choix de singles, malgré le nombre de singles potentiels, comme pour MDNA. Pour le grand public, ce sera « Trop de Madonna ! ».


Album parfait, et là, 4 ou 5 étoiles, je me serais tâté :
Livng for love / Devil pray / Ghosttown / Unapologetic bitch / Joan of Arc (version démo) / Iconic / Heartbreak City / Wash all over me (version démo electro) / Messiah / Rebel Heart / Queen / Borrowed time (version démo) / Addicted / Revolution
bonus : Body shop / Wash all over me (version acoustique) / Graffiti Heart (version démo) / Two step behind me

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Whitney Houston, Live, Her Greatest Performances, CD et CD/DVD, Sony Music, novembre 2014 *****

Publié le par Sébastien Almira

Whitney Houston, Live, Her Greatest Performances, CD et CD/DVD, Sony Music, novembre 2014 *****

Si Whitney Houston avait encore besoin de prouver qu'elle est une des, sinon la, plus grandes divas au monde, c'est désormais chose faite avec cette compilation de ses meilleures performances live.
On passera outre des dernières années catastrophiques côté vie personnelle qui ont gravement entaché sa voix et sa carrière, on se souviendra que malgré ça, elle est revenu sur le devant de la scène en 2009 avec un superbe album, I look to you.
Et en écoutant ce disque live, les frissons, la bouche bée et l'émerveillement nous rappelleront pourquoi on l'appelle THE VOICE.

Tirés d'émission de télévision (Brit Awards, Grammy Awards, The Oprah Winfrey Show, etc.) d'événements (Super Bowl, Welcome Home Heroes) ou de concert caritatif (The Concert for a New South Africa), les seize titres qui composent cet album sont étourdissants tant le talent vocal de Whitney est plus sensationnel sur scène qu'en studio. Surtout quand de plus en plus d'artistes ont de nos jours recours au play-back sur scène.

Pour rappel aux mauvaises langues qui pensent, disent, écrivent des choses tellement sales que je ne préfère pas m'en souvenir (qu'est-ce qu'on a pu lire sur le net après sa mort, dis donc...), Whitney c'est 100% classe, 0% vulgarité, c'est un premier album vendu à 25 millions d'exemplaires, c'est Bodyguard, soit 410 millions de dollars de recette, soit la deuxième bande originale la plus vendue au monde (40 millions d'exemplaires) et la reprise de Dolly Parton, I will always love you, vendue à 12 millions d'exemplaires. C'est au final 180 millions de disques vendus, une voix impressionnante dont vous pourrez trouver une description complexe sur wikipedia, une classe sans nom, un film et quelques chansons cultes.


         

Et c'est aussi quelques prestations live époustouflantes réunies pour a première fois sur un CD et un DVD. Il suffit d'écouter One moment in time, Greatest love of all, l'hymne américain, le medley avec I have nothing ou encore A song for you pour être bluffé par sa puissance vocale, I will always love pour se rendre compte de la pureté de sa voix dans les graves, les aigus, les bas, les hauts, les touts, How will I know, I wanna dance with somebody ou I'm every woman pour avoir envie de bouger son cul.
Et putain, mais qu'est-ce que c'est que cette merveille qui ouvre l'album ?! Home, reprise de la comédie musicale The Wiz, première apparition de Whitney à la télévision en 1983 au Merv Griffin Show à tout juste dix-neuf ans. Sensationnel.


Voilà, si vous êtes fan, si vous avez été fan, si vous savez apprécier la voix d'une interprète qui ne se vautre pas dans de l'électro ou du R'n'B de bas étage, cet album est pour vous.
Si vous connaissez quelqu'un comme ça et que vous êtes prêt à faire sauter vos préjugés sur les chanteuses à voix qui auraient dû, selon vous, rester dans les années 80 et 90, vous devez lui offrir cet album pour Noël.
J'ai l'air de verser dans le kitsch avec cet article, mais putain, à fond dans les écouteurs, j'ai juste envie de chialer tellement c'est beau et tellement ça n'existe plus.



         

 

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Kiesza, Sound of a woman, 13 titres, Island Records, octobre 2014 ****

Publié le par Sébastien Almira



Alors que la génération ayant grandi dans les années 90 voit se monter autour d'eux toute une tripotée de produits et de projets, que les DJs ne cessent de s'inspirer des tubes dance de cette décennie kitsch à mort (chez quel DJ n'entend-on aucun sample 90s, aucune ressemblance troublante, aucune reprise?), ne voilà-t-il pas qu'une petite rousse née à Calgary en 1989 nous pond un album tout droit sorti de la décennie culte ?

Après avoir pris des cours de claquettes, de musique jazz et d'art dramatique, avoir passé quelques années dans la Marine au point d'être recrutée par l'armée comme sniper, Kiesza Rae Ellestad préfère enregistrer un album de démo multi-genres pour candidater à l'école musicale Selkirk College au Canada. Elle y étudie pendant un an le chant, la guitare et le clavier avant d'obtenir une bourse pour le Berklee College of Music de Boston.

Un professeur lui fait rencontrer un ancien élève devenu producteur, il s'agit de Rami Samir Afuni. Elle joue devant 30 000 personnes au Trafalgar Square pour le Canada Day, prête sa voix au groupe norvégien Donkeyboy pour la tuerie Triggerfinger et propose des compositions à Rihanna, Kylie Minogue, Icona Pop et Jennifer Hudson.

En janvier 2014, elle sort enfin son premier single, HideAway, coécrit, produit, mixé et enregistré par le fameux Rami Samir Afuni. Plusieurs millions de vues sont rapidement atteints sur Youtube, l'électro délicieusement nineties de Kiesza fait sensation dans le monde entier. Elle reprend le tube de Haddaway, What is love, au piano dans une version renversante, le superbe Take me to church de Hozier à la guitare encore une fois de façon sublime et propose son second single « officiel » et seconde pépite electro, Giant in my heart.

       

Et c'est il y a quelques semaines que son premier album, Sound of a woman, quasi entièrement écrit, compoé, produit et mixé par Kiesza et Rami, véritable plaidoyer pour les années 90, a paru. Que ce soit de l'electro, de la pop ou du R'n'B lounge à la Janet Jackson, on n'a jamais besoin de sa date de naissance pour savoir dans quelle décennie a grandi cette fille. Je sais, je me répète, mais je suis tellement enthousiaste devant cette fille, son album, ses titres et sa voix, devant ces années 90 dans lesquelles j'ai grandi aussi. Non mais sérieux, une soirée sans Rhythm of the night de Corona ??? Les années 90 ont été un gros vivier de daubes et de kitsch, mais sérieusement, combien de groupes de rock cultes ? Combien de courants musicaux ? Combien de tubes inoxydables ? Et puis, c'est aussi les dernières années quasiment de l'industrie musicale, mais c'est une autre histoire.
Quel pied d'écouter les tueries electro HideAway, No Enemiesz, The Love ou encore Giant in my Heart, la pop défrisante de Sound of a woman, le titre Over Myself, deep house délicieusement badante, le son de Losin' my Mind (feat. Mick Jenkins) ou encore Vietnam que j'appelle « R'n'B lounge » parce que je ne sais pas ce que c'est vraiment, la puissance émotionnelle de l'impressionnante reprise de What is Love au piano et du final Cut me Loose.


Kiesza m'a renversé avec ce retour en arrière délicieusement orchestré et produit, avec cette voix extraordinaire toute droit sortie des mêmes années que ses codes esthétiques, son look et ses rythmes endiablés et lancinants. Après Corona, Haddaway, Scatman, La Bouche, Capella ou encore M People, les années 90 sont bien parties pour hanter vos nuits grâce à Kiesza !

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Fink, Hardbeliever, 10 titres (+4), Ninja Tune, juillet 2014 *****

Publié le par Sébastien Almira

Fink, Hardbeliever, 10 titres (+4), Ninja Tune, juillet 2014 *****


Nouveau disque découvert un peu par hasard, Hardbeliever du groupe Fink est une petite merveille, crépusculaire et sublime.

Entre folk, blues et rock, l'ancien DJ (dékà chez Ninja Tune) signe dix titres en clair-obscur, c'est doux et mélancolique, sombre et lumineux, épuré et envoutant, la voix est limpide et suave, l'objet-disque est beau et agrémenté de quatre versions alternatives sur un deuxième disque.
Parait-il que leur cinquième et avant-dernier album, Perfect Darkness, est également de toute beauté et que le premier, Fresh Produce, était plutôt electro. Je vous laisse pour aller combler mes lacunes !


02/11 au Grand Mix à Tourcoing
04/11 au Transbordeur à Villeurbanne
05/11 à l'Espace Julien à Marseille
26/11 au Trianon à Paris


Et pour terminer, voici un lien vers un article bien plus constructif que le mien !

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Découvertes de juillet (Lilly Wood & The Prick / Lykke Li / Cleo T)

Publié le par Sébastien Almira

                   

Lilly Wood & The Prick, The fight, 17 titres, Choke industry, 2014 (réèd.) ****
Groupe français de pop-rock-folk-electro utilisant l'anglais, Lilly Wood & The Prick a été sacré révélation du public aux Victoires de la Musique 2011 suite à leur premier album, Invicible friend. Porté le remix de Prayer C par Robin Schulz matraqué en radios et par la réédition de leur second album (11 titres + 1 titre bonus + 5 remixes), The Fight, le groupe est devenu un phénomène. Il faut dire que leur petite pop sans prétention et entièrement maison est parfaite pour l'été : agréable, de qualité, et universelle.
<3 Where I want to be (California) / Let's not pretend (malgré l'extrême ressemblance avec la précédente ; la liaison entre dernier refrain et premier couplet, c'est parfait hein...) / Middle of the night / Le Mas / Mistakes / Briquet

   

                   

Cleo T, Songs of Gold & Shadow, 13 titres, Modulor, Grand Palais, 2014 ****
Découverte plus obscure, Cleo T est un hybride. Entre Émilie Simon, Björk et Olivia Ruiz, elle se joue des codes en montant un cabaret baroque et sauvage, principalement en anglais, mais aussi en français et en italien. Accompagnée de piano, contrebasse, violoncelle, percussions, guitares, banjos, mandolines, trompette et même de loups hurlant à la lune, Cleo T nous emporte dans ses chansons loufoques qui sont tout autant d'histoires. Enregistré et produit par John Parish, producteur de PJ Harvey, ce cabaret rock, lyrique et folklorique a de quoi en surprendre plus d'un !
<3 I love me I love me not / We all / Song to the moon / Whistles in the night / Me & the ghost / Someday my prince will come (délicieusement rétro)

 

                   

Lykke Li, I never learn, 9 titres, Warner, 2014 ****
Lykke Li, pour tout le monde, c'est le remix de I follow river (Magician mix) qui passait en boucle sur toutes les radios et télés il y a deux ans. Quand, par hasard, j'ai écouté le troisième album de la Suédoise, j'ai découvert qu'il y avait bien plus intéressant derrière ce remix entêtant.
Fille d'artistes (mère photographe, père musicien), elle pose sa voix envoutante sur un mélange de pop, de soul et d'électro (léger) sourd et mélancolique. Elle qui pense qu'« à 26-27 ans, on n'est pas encore une femme mûre, plus du tout une enfant, on est tiraillée entre un avenir incertain et des blessures d'enfance loin d'être réglées » a « voulu retrouver, sans les excès, la puissance des slows des années 80 qui magnifiaient l'amour et faisaient pleurer des ados prêts à être transcendés par leurs sentiments. » (interview pour Télérama à lire ici). Il se dégage une force de ses chansons, grâce à l'intensité de sa voix, la rugosité du rock et le dépouillement du folk. Grâce à ses compositions sombres incluant basses lourdes, synthés, mais aussi cordes, tambourines, trompettes et saxophones.
Si Lykke Li ne parvient pas à s'imposer dans les charts, ses chansons sont régulièrement présentes dans des films ou séries (De rouille et d'os, La vie d'Adèle, Pretty Little Liars, Vampire Diaries, The Good Wife, Glee, etc.), elle écrit pour d'autres et chante sur le deuxième album de David Lynch. Découvrez sans attendre cette artiste hors du commun, c'est une drogue.
<3 I have learn / No rest for the wicked / Just like a dream / Silver line / Gunshot / Love me like I'm not made of stone

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Musique juillet (Christine and the Queens / La Roux / Mariah Carey)

Publié le par Sébastien Almira

                   

Christine and the Queens, Chaleur humaine, 11 titres, Because Music, 2014 ****
En devenant Christine and the Queens suite à une longue histoire que vous pourrez découvrir ici (long article très intéressant des Inrocks qui vous expliquera la genèse et bien d'autres choses encore), Héloïse Letissier est également devenue la révélation pop française de l'année. Mêlant français et anglais, pop et R'n'B, Christophe et Kanye West (Paradis Perdus), elle a entièrement écrit, composé, arrangé, interprété et réalisé l'album, à l'exception de la reprise sus-citée. Ash Workman, à qui l'on doit le dernier Metronomy, est à la production.
Le résultat est détonnant, mélancolique, puissant, torturé, élégant, inventif, émouvant. Pop, R'n'B, variété, électro, tout se bouscule. Ses influences vont de Mickaël Jackson à Gainsbourg en passant par Drake, Kanye West, Bashung, Beyoncé et Virginia Woolf. Car la musique subtile et mature, la voix forte et hypnotique, les mélodies sombres et enivrantes, ne sont pas les seules qualités de ce premier album. C'est souvent à ça que s'arrêtent les artistes qui émergent, mais Christine travaille également ses textes ; mêlant habilement français et anglais, elle livre des textes poétiques et littéraires. Rien n'est à jeter, mais quelques titres sont un peu en deçà des autres.
Magnifique premier album, peut-être un peu trop homogène, d'une artiste qui n'hésite pas à chanter des textes littéraires sur de la pop branchée avec un phrasé très influencé par la musique R'nB.
<3 It / Saint Claude / Christine / Science fiction / Paradis perdus / Ugly-Pretty / Nuit 17 à 52 / Here

             

 

                   

La Roux, Trouble in Paradise, 9 titres, Polydor, 2014 **
Je ne connaissais La Roux que de nom lorsque le premier extrait du deuxième album du groupe désormais décomposé, Let me down gently, est arrivé sur le net. Je suis tombé sous le charme de ce morceau mid-tempo électro-rétro mélancolique. Puis est arrivé Uptight Downtown, très bon titre, un peu plus énergique que le premier extrait mais très ressemblant. Cependant, je me disais que c'était superbe et j'attendais l'album avec impatience.
Le problème, c'est que la ressemblance entre les morceaux court sur tout le disque, des compos et des mélodies très similaires, une ambiance électro-pop rétro, groovy et mollassonne qui finit par être pesante (du genre qui vous donne une boule au ventre). C'est sympathique une fois, deux fois, mais à force, Trouble in Paradise ne m'a pas du tout convaincu.
<3 Uptight Downtown / Silent Partner / Let me down gently

 

 

 

                   

Mariah Carey, Me. I am Mariah... The elusive chanteuse, 17 titres, Def Jam, 2014 ***
Si depuis quelques années Mariah Carey n'est plus considérée que comme une diva has been qui fait de la daube, il y avait toujours quelques bons morceaux dans ses albums. Il en est de même dans ce pot pourri à l'esthétique et aux sonorités léchés. On passe rapidement sur les affreuses photos retouchées qui jalonnent le livret et la promo de Me. I am Mariah... The elusive chanteuse. On passera aussi sur ce titre prétentieux et ridicule.
Là où je suis le plus agréablement surpris, c'est du côté des titres dansants et/ou collaborations avec des rappeurs. Habituellement, je trouve les siennes bling-bling, ridicules et bourrins à mort, mais je dois avouer que je trouve Thirsty (R'n'B), Make it look good (soul, gospel), You don't know what to do avec Wale (véritable tuerie R'n'B funky qui donne furieusement envie de claquer des doigts et /ou taper dans les mains et/ou remuer son cul), Meteorite ou encore Money avec Fabolous très réussies. Le duo avec Miguel, Beautiful, seul single de l'album qui a marché (passons sur la promo catastrophique qui consistait à attendre un tube pour sortir l'album depuis plus d'un an), est un très bon titre, un mid tempo R'n'B classe où la chanteuse n'en fait jamais trop, où les voix se marient bien.
En revanche, c'est du côté des ballades que ça pêche un peu. Cry, le titre d'ouverture, et Camouflage, sont soul et sobres, mais peu dispensables et pas inoubliables. La classique You're mine (eternal) et le gospel Heavenly sont pas mal, comme la sobre reprise One more try de George Michaël et The art of letting go mais où sont les fabuleux Without you, My all, Whenever you call ou plus récemment We belong together ? Pourquoi la fabuleuse Almost Home, titre du film Le monde fantastique de Oz, a été écartée de l'album ?!
Quelques autres titres comme Faded, Dedicated, Supernatural, It's a wrap avec Mary J Blige ou Betcha Gon' Know avec R Kelly sont fades, voire soporifiques à souhait.
Voilà donc un album où se mêlent de très bons titres à d'autres clairement mauvais, entre soul et R'n'B, un album qui vaut le coup pour les fans, ou pour les quelques titres suivants, qui ne mérite pas d'être le pire démarrage de sa carrière mais on est quand même bien loin de Music Box et Butterfly.
<3 Beautiful (ft. Miguel) / Thirsty / Make it look good / You're mine (eternal) / You don't know what to do (ft. Wale) / Meteorite / Money (ft. Fabolous) / Heavenly

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