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Adèle Blanc-Sec *** / Alice au pays des merveilles *** / Kick Ass ****

Publié le par Sébastien Almira

Enfin une nouvelle leçon de cinéma, après huit mois d'absence ! Et quatorze films vus au cinéma...

Bien entendu, je ne parlerai aujourd'hui pas de tous, pas non plus des plus anciens, plus d'actualité (j'en aurais le temps lors de leur sortie en DVD). Alors penchons-nous sur les derniers vus : aujourd'hui Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec, Alice au Pays des Merveilles et Kick Ass, tout en action, tout en fantastique (ou presque).

 

 

adele.jpgLes aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec, de Luc Besson, 1h47 ***

Neuf ans après le magnifique Angel-A, Luc besson revient à la réalisation de films purs et durs. Pour son grand retour, il a pioché dans l'oeuvre de Tardi et en a fait un mélange explosif d'aventures, de fantastique, d'humour et d'histoire. Adèle Blanc-Sec, interprétée par la divine Louise Bourgoin (n'en déplaise aux détracteurs du film, je la trouve trés convaincante dans le rôle) est journaliste. Elle voyage beaucoup et couche ses périples dans tout autant de best-sellers. Cette fois-ci, en 1912, elle se rend en Egypte pour y ramener la momie d'un médecin qui sera capable de ramener sa soeur à la vie. Mais au même moment, à Paris, un oeuf de ptérodactyle vieux de 136 millions d'années éclot et l'oiseau sème la zizanie dans le ciel, la police et la politique parisiens.

On aura tout dit dans la presse sur ce film, du bon, du très bon, comme du mavais et du très mauvais. Je me passerai de répéter la bave crachée sur Luc Besson par certains. J'ai trouvé ce film très bien réalisé, les images du cinéaste sont toujours d'une exquise beauté, comme ses jeux de caméra. Les dialogues et le personnage d'Adèle font sans cesse mouche. Et même si je suis sceptique quant à l'apparition de ce dinosaure vieux de 136 millions d'années, j'ai passé un très bon moment en compagnie d'une Indiana Jones féminine, française et convaincante.

 

alice.jpgAlice au Pays des Merveilles, de Tim Burton, 1h49 ***

Tout le monde connait l'histoire d'Alice. Ici, l'histoire, c'est qu'Alice revient au Pays des Merveilles. En effet, alors qu'on la demande en mariage devant un par terre de dizaines d'invités, elle suit un lapin blanc qui lui parait familier et... Les effets spéciaux, très bien maîtrisés, commencent. Alice doit aider la reine Blanche (Anne Hataway) à battre la Reine de Coeur (Helena Bonham Carter).

La commande de Disney à Tim Burton empêche le farfelu génie du cinéma d'inventer une oeuvre magique, noire, éblouissante toutefois, merveilleuse et terrifiante comme il sait le faire. On se retrouve à mi-chemin entre Disney et Burton. Le résultat n'est pas décevant mais ne tient pas non plus lieu de merveille. A la hauteur de la commande, à la hauteur d'un film Disney, mais en-dessous d'un grand Tim Burton. A noter le nouveau rôle fou de Johnny Depp en chapelier... fou ! Divertissant, haut en couleur, à voir tout de même !

 

kick-ass.jpgKick-Ass, de Matthew Vaughn, 1h57 ****

Et troisième film pour aujourd'hui, le dernier, le meilleur. Il est difficile de rester de marbre et distant en parlant de Kick-Ass. Dave Lizewski est un ado des plus normaux gavé de comics. Il ne comprend pas pourquoi, dans une société où tout le monde adore les super-héros, personne n'a encore essayé d'en être. Pourquoi tout le monde regarde des Batman, des Spider Man et des Iron Man sauver des innocents, mais personne ne fait rien ? Dave, lui, décide d'agir, il achète son costume et entreprend de jouer au super-héros. Le problème, c'est qu'il n'a aucun super pouvoir.

Kick-Ass se moque des films habituels, aux grosses ficelles hollywoodiennes, bourrés aux amphétamines, et dont le succés au box-office est systématiquement garanti. Kick-Ass botte le cul aux méchants sans se soucier de la morale et de la violence des images. Et alors ? Kick-Ass est un film au torse bombé, à la force époustouflante, aux effets spéciaux sensationnels, aux bagarres ébouissantes et à l'humour ravageur. Kick-Ass est un monument qui écrase tout sur son passage, alors ruez-vous sur lui en salles obscures !

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Littérature ado : Méto de Yves Grevet *****

Publié le par Sébastien Almira

Méto, La Maison (Tome 1), 240 pages, Syros, avril 2008, 14,90 €
Méto, L'île (Tome 2), 250 pages, Syros, mars 2009, 14,90 €
Méto, Le Monde (Tome 3), 370 pages, Syros, mars 2010, 15,90 €



Bordeaux, le 22 mai 2010


Cher Yves Grevet,

                                       
Avant de commencer à proprement parler, je dois revenir sur mon adolescence. Promis, ce ne sera pas long !
Je baigne dans les livres depuis mon plus jeune âge mais à la différence d'une Amélie Nothomb qui avait lu tous les classiques à onze ans, je me suis longtemps cantonné aux albums jeunesse, aux BD d'Astérix et aux albums de Tom-Tom et Nana. Au collège j'ai rapidement laissé tomber la littérature ado (Le destin de Linus Hoppe d'Anne-Laure Bondoux chez Bayard Jeunesse et les quatre tomes de Mon prof est un extraterrestre de Bruce Coville chez Pocket, oui, oui, c'est tout... Mais ils étaient très bons !) pour me tourner enfin vers la « vraie littérature », celle des « grands », en commençant par Nothomb mais aussi, malheureusement, par Lévy et Musso. Personne n'est parfait. Pour ma défense, je me suis rattrapé depuis.
Pénétrant toujours plus le monde des livres, je passe deux ans en IUT Librairie-Édition pour devenir libraire. En première année, je dois expliquer le choix de cinquante livres pour un fonds idéal de littérature ado. Je commence à m'y intéresser. Suivant les conseils de Magali, responsable BD/Manga au Virgin Gambetta de Bordeaux et véritable dévoreuse de romans ados, je me découvre une passion pour le genre, débuté il y a bien longtemps avec Linus Hoppe, le roman d'anticipation et/ou de sciences-fiction, mais quasi exclusivement en littérature pour adolescents.
Voilà comment j'en suis arrivé à lire Méto. Je peux donc commencer.

                                       
J'ai accroché dès le début, bien entendu. Impossible de ne pas se laisser embarquer par l'histoire, de ne pas se laisser amadouer par Méto et la bande d'enfants enfermés dans la Maison, surveillés par les César. À la Maison, sous la coupe du mystérieux Jove, la sécurité et l'obéissance sont toutes deux déclinées en diverses règles sacrées, ceux se risquant à les enfreindre étant directement enfermés au Frigo à moins d'avoir à supporter une claque tournante...
Très vite, on se demande où sont cloîtrés les soixante-quatre enfants, qui se cache derrière cet horrible manège, pourquoi les enfants disparaissent lorsqu'ils grandissent trop, pourquoi leurs professeurs ont peur de parler et semblent tous atteints du même handicap, à quoi riment les cours, activités sportives, repas et traitements en tout genre imposés à la Maison.
À la fin du premier tome, les réponses obtenues nous assènent bien d'autres questions. Le voile se lève progressivement à mesure que l'on découvre d'autres personnages, d'autres recoins de l'île1, entre haine et amitié, amour et trahison, feintes et alliés clandestins, aventure et réflexion. Mais le suspense reste entier.

                                       
À force de rebondissements en tout genre et d'une histoire passionnante, vous tenez en haleine enfants de dix ans et adultes supposés être plus sérieux, tout en sensibilisant les plus jeunes (et même les plus âgés) à la sauvegarde de l'environnement, la lutte contre les discriminations et la solidarité.
Vous avancez une trilogie haute en couleurs, en personnages et en retournements de situation que l'on ne peut décemment pas lâcher. Méto a besoin de nous pour poursuivre sa quête de la vérité et ses projets, comme nous avons besoin de lui pour ensoleiller nos journées. Méto nous manque une fois le livre fermé pour aller bosser, pour préparer le dîner, pour dormir. Méto nous manque tout le temps ; on l'emmène partout, en cours, au boulot, à la Poste (absolument nécessaire, un livre, à la Poste !), à la plage, etc. Méto nous devient, au fil de l'histoire, indispensable. Comme, à l'époque, Harry Potter. S'il avait d'ailleurs été publié chez un autre éditeur, plus gros, plus riche, Méto aurait, en plus du bouche à oreilles et de l'engouement de certains libraires, bénéficié d'une publicité plus importante et aurait été victime d'un succès à la hauteur de ses ambitions et de ses capacités.


Méto est une trilogie « époustouflante »2, Méto est un exploit, une merveille, une découverte éblouissante. Et Méto n'est pas finie.
Pitié, Yves Grevet, je vous implore au nom de tous ! Poursuivez l'aventure ! Aidez Méto à changer le Monde, aidez les enfants à lire encore, aidez-nous en nous offrant encore plus de plaisir


 

Sébastien Almira 




Merci à Aude et Charlotte pour m'avoir offert les trois tomes pour mes anniversaires !

 

1 « î » ou « Î » ? Car, si les premier et dernier tomes bénéficient tout au long du titre de capitales, le second doit se contenter de minuscules. Les maquettistes de Syros ne sauraient-ils pas comment agrémenter leurs majuscules d'accent ?

2 Pour une fois, la quatrième de couverture n'a pas menti !

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Pierre Chavagné, Auteur Academy, roman, 350 pages, Grasset, janvier 2010, 19,50 € *

Publié le par Sébastien Almira

 

chavagne1.jpg« 13 PETITS NEGRES » : le bandeau est accrocheur. Le synopsis aussi : treize auteurs en herbe sont enfermés dans l'ancien monastère d'une île grecque transformé en loft, avec chambres espacées les unes des autres (pour un travail d'écriture plus sérieux), confessionnal (pour parler sur le dos des autres), plateau (pour passer à la télé) et caméras à gogo (pour le plaisir du public). À la fin, il n'en restera qu'un, qui touchera un à-valoir de 150 000 euros et verra publier son premier roman dans une grande maison parisienne.

 

 

On ne s'attend certes pas à de la grande littérature, mais à passer un agréable moment. On se demande comment évoluera le conflit entre littérature et télévision, entre culture et vulgarisation. On s'attend à de l'humour, du cynisme, de l'ambition, de l'aventure (en tout genre), de l'amour des mots, de la compétition, de la littérature, et même à un bon roman dans un bon roman.

 

 

Finalement, ni nos idées, ni la quatrième de couverture, ni l'auteur (qui pourtant laissait croire en nos espoirs dans son avant-propos) ne tiennent leurs promesses. À peine le premier chapitre entamé, on regrette presque les vingt euros dépensés. Après quatre-vingt autres, il n'y a pas d'échappatoire : on s'est fait roulé.

 

 

Le style n'est ni décevant, ni convaincant, l'histoire ne prend pas d'ampleur, ni de caractère et on se lasse vite de tourner les pages d'un premier roman plus ennuyeux qu'intéressant, plus lourd que critique et dont les protagonistes (qu'ils soient réels ou non) sont plus creux que charismatiques.

On s'ennuie. Il n'y a rien à faire, on s'ennuie ferme.

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Daniel Glattauer, Quand souffle le vent du nord, roman épistolaire, 340 pages, Grasset, mars 2010, 18 € ***

Publié le par Sébastien Almira

Roman traduit de l'allemand par Anne-Sophie Anglaret.

Gut Gegen Nordwind, publié par Deutick en 2006.

 

 

Glattauer webLorsque je l'ai vu envahir le panneau "nouveautés" habituellement consacré aux évènements littéraires au Virgin de Bordeaux, je me suis demandé d'où sortait ce roman bleu traduit de l'allemand, laissant apparaître une jeune femme en culotte et débardeur assise sur un lit encore défait. Daniel Glattauer ? Connaissais pas. Quand souffle le vent du nord ? Jamais entendu parler. Cette couverture ? Jamais vue. Etrange pour un livre aussi bien mis en avant.

Puis la semaine dernière j'ai lu, comme toujours, avec retard, le dernier Lire et le début de l'extrait proposé (les premières pages du roman). J'ai été conquis et quelques heures avant mon départ pour Londres, je suis retourné à Virgin pour l'acheter.

J'avoue avoir eu peur de tomber sur une nouvelle Pancol. Je ne voulais pas réitérer ma perte de temps adolescente passée à lire du Musso et du Lévy (entre autres, je vous rassure ; si le reste peut effacer ces deux-là...). Je l'ai lu et je confirme : Glattauer est tout de même d'une autre trempe.

 

L'histoire ? Assez simple : une certaine E. Rothner se trompe d'adresse mail en voulant résilier son abonnement au magazine Like. C'est alors qu'avec une parfaite innocence commencent les liaisons dangereuses du net. Si Jacqueline Harpman, avec Le passage des éphémères, avait déjà réinventé l'oeuvre par le mail (en beaucoup moins bien), là n'est pas le but de l'écrivain allemand. Ici pas d'échange de partenaires, pas de tactique désabusée pour corrompre l'autre, seulement une amitié naissante dont les contours deviennent flous peu à peu et dont les règles changent chaque jour.

Emmi file le parfait amour avec Bernhard (et les enfants, la maison, le chat qui vont avec) tandis que Léo, professeur et spécialiste du langage, comprend que Marlene ne répondra pas à ses mails lorsqu'il reçoit, plein d'espoir, un message de résiliation au magazine Like.

"Elle s'appelait Marlene. Il y a trois mois, j'aurais écrit : elle s'appelle Marlene. A présent, elle s'appelait. Après cinq ans de présent sans futur, j'ai enfin trouvé l'imparfait."

 

Ensemble, ils sortent du cadre, tissent une vie imaginaire sur la toile et nourissent une relation exclusive qui prend de plus en plus d'ampleur dans leur vie. Très vite, ils ne peuvent plus se passer l'un de l'autre, se jetant sur leur ordinateur une fois la porte franchie, attendant fièvreusement une réponse de l'autre comme un drogué sa marchandise. Sans presque rien savoir de l'autre, leur échange de mails est devenu un moyen de survivre dans un univers qui, même semblant parfait, n'est fait que de faux-semblants.

"Chère Emmi, avez-vous remarqué que nous ne savons absolument rien l'un de l'autre ? Nous créons des personnages virtuels, imaginaires, nous dessinons de l'autre des portraits-robots, illusoires. Nous posons des questions dont le charme est de ne pas obtenir de réponses. Oui, nous nous amusons à éveiller la curiosité de l'autre, et à l'attiser en refusant de la satisfaire."

 

9782246765011.jpgTout en douceur et tout en violence, en toute logique et contre toute attente, les mois passent et les liens, qui se défont par moment, ne se refont que plus solidement. Avec un humour savamment distillé, Daniel Glattauer, dont c'est le premier roman traduit en français, parvient à créer deux personnages que tout oppose : Emmi la redoutable, la sanguinaire, la classe incarnée ; Léo, au charme désabusé, à l'humour incertain. On se laisse avoir par l'auteur, par les protagonistes, si attachants, et par le plaisir de tomber dans la légèreté sans sombrer dans la médiocrité, ni même dans la facilité (pourtant très facile avec le roman sentimental, comme en témoignent les stars du genre).

Quant à savoir si les deux tourteraux virtuels se rencontreront ailleurs que dans ce bar bondé où ils n'avaient que le droit d'essayer de se reconnaître, si cette meilleure amie qu'Emmi pousse dans bras de SON LEO n'attisera pas sa jalousie, si ce mari dont elle ne partage plus la chambre se doutera de quelque chose et, enfin, si l'amour naissant de cette idylle a une chance de subsister dans la vraie vie... Gageons que le bouche-à-oreilles vous donnera plus l'envie de lire le livre que des réponses concrètes.

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