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Articles avec #lecons de cinema tag

Le cinéma de janvier 2015 2/2 (Wild / Charlie Mortdecai / The Foxcatcher / Les nouveaux sauvages / L'interview qui tue)

Publié le par Sébastien Almira


                      
Wild, de Jean-Marc Vallée, 1h55 ***
Reese Witherspoon, 1m57 campe Cheryl Strayed, addict au sexe et aux drogues, dont le couple a détruit son équilibre. L'histoire vraie de cette Américaine qui tourne le dos à son passé en se lançant sur le Pacidic Crest Trail, 1700 kilomètres de désert seule, à pied, de Mexico à l'Oregon. Avec pour seule compagnie le souvenir de sa mère disparue (jouée par la merveilleuse Laura Dern), Cheryl va affronter ses peurs, approcher ses limites, frôler la folie et découvrir sa force.

Dès le début, l'ennui et mon incompréhension face au choix du film guettaient. Ensuite, ç'a été l'agacement avec la construction hésitante des souvenirs de Cheryl. J'ai trouvé ça longuet, j'ai détesté pleurer à quasi chacun des horribles souvenirs (il faut vraiment que j’arrête de voir des films où un parent meurt après une déchéance sur un lit d’hôpital), et j'ai finalement trouvé assez bon cet Into the Wild féminin qui permettra peut-être à Reese Witherspoon de renaître, comme le personnage qu'elle incarne.


                     
Charlie Mortdecai, de David Koepp, 1h45 ***
Beaucoup de monde est à la poursuite de Charlie Mortdecai, aristocrate so british : des Russes fous furieux, les services secrets britanniques très remontés, un terroriste international, même son épouse, etc. Pour se tirer des situations impossibles qui le guettent, l’élégant marchand d’art et escroc occasionnel n’a que son charme. Il va lui en falloir beaucoup s’il veut s’en sortir vivant et être le premier à retrouver le tableau volé qui conduit au trésor caché des nazis.

Raffiné, drôle, entraînant, héros évidemment (assez bien, il faut le reconnaître) campé par Johnny Depp, bien construit, bien mené, blablabla, ce film permettra certainement au réalisateur de films d'action un peu beauf de montrer autre chose. Mais arrivé à la fin, reste toutefois l'impression qu'il manque quelque chose. Vous me voyez bien incapable de dire pourquoi mais le fait est que je suis resté sur ma faim.


                      
Foxcatcher, de Bennett Miller, 2h10 **
Channing Tatum campe un lutteur médaillé d'or qui se fait remarquer par un milliardaire de l'armement avide de devenir coach de sportifs qui feraient rêver la nation, histoire de raviver la flamme d'américains qui sombrent dans la morosité. Sous les traits de Steve Carrell, il n'aura en fait de cesse de vouloir instaurer un jeu de dominant-dominé avec son poulain.

Le jeu du duo d'acteurs, le scénario, le réalisateur (celui de Truman Capote et du Stratège) la psychologie des personnages, l'apparente réalité des entrainements et combats (après tout, je n'y connais rien en lutte), etc.,  tout sur le papier semble parfait, pris un par un. Mais une fois assemblé, il manque quelque chose. De l'âme, du plaisir, de la passion, même les personnages ne semblent pas passionnés lorsqu'ils le clament. Bref je me suis fait chier.


                      
Les nouveaux sauvages, de Damian Szifron, 2h *****
Vulnérables face à une réalité qui soudain change et devient imprévisible, les héros des Nouveau sauvages franchissent l'étroite frontière qui sépare la civilisation de la barbarie. Une trahison en amour, le retour d'un passé refoulé, la violence enfermée dans un détail quotidien, sont autant de prétextes qui les entraînent dans un vertige où ils perdent les pédales et éprouve l'indéniable plaisir du pétage de plombs.

C'est ce que racontent les six « courts » qui composent ce film argentin produit par les frères Almodovar. Et putain (parce que c'est le moment d'être grossier dans cet article), ça dépote ! C'est vivifiant, drôle, osé, sauvage, décapant, social, captivant, sociopathe, percutant, terrible, agaçant et toujours jouissif.
Ça réveille vos instincts, c'est bien joué et visuellement y'a rien à dire, l'image est belle, les plans bien choisis, la teneur des dialogues bien dosée, tout semble calculé au millimètre près et tout est parfaitement réussi. Les nouveaux sauvages est diaboliquement génial !


                      
L'interview qui tue, de Seth Rogen et Evan Goldberg, 1h45 ****
Au départ, il y a Dave Skylark, un animateur un peu idiot qui interview des people sur des sujets intimes et embarrassants dans le show qui porte son nom, le Skylark Tonight. Aaron, son producteur en a marre de se faire traiter de merde et veut donner une nouvelle impulsion au show. C'est alors qu'ils apprennent que Kim Jong-Un est fan de leur émission. Ni une, ni deux, ils envoient une demande d'interview et la CIA s'en mêle en leur demandant d'assassiner le dictateur une fois en Corée.
Bien entendu, rien ne devra se passer comme prévu dans ce film un peu potache, drôlement efficace et bien ficelé. Le scénario ne s'embarrasse pas de fils trop compliqués mais n'a pas à rougir de la tâche qui lui incombe. James Franco s'amuse et excelle dans son rôle de présentateur beau gosse un peu excentrique sur les bords, tandis que Seth Rogen, co-réalisateur, joue le producteur du Skylark Tonight bien mieux qu'il ne jouait dans Nos pires voisins.
Franchement, vu les notes sur allociné, je m'attendais à une grosse daube et ce n'est pas le cas. C'est pas LE film qui tue, mais il ne manque pas d'humour et se bat plutôt bien !

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Le cinéma de janvier 2015 part. ½ (Cold in July / The Riot Club / Cops / The Smell of Us / Whiplash)

Publié le par Sébastien Almira

L'année commence bien, et c'est pas fini : deuxième partie de janvier bientôt avec Wild, Charlie Mortdecai, Les nouveaux sauvages et The Foxcatcher. Je fais une pause de ciné, demain je vais voir Interpol à l'Olympia.

                        
Cold in July, de Jim Mickle, 1h45 ***
Non, non, ce n'est pas l'affiche de Gang de Requins.
1989, un petit bled au Texas, Richard Dane abat un home qui vient de pénétrer chez lui. Certains le regardent de travers, d'autres le prennent pour un héros. Lui vit très mal ce qu'il considère comme un acte barbare. Mais lorsque le père du défunt récemment sorti de prison entreprend de venger son fils et qu'il se rend compte que la police a peut-être menti sur l'identité du cambrioleur, Richard se retrouve malgré lui entraîné dans une dangereuse aventure.

Cold in July, c'est un final décevant quant à ce qui se passe dans la tête du personnage principal (je suis prêt à en parer avec ceux qui l'ont vu, parce que ça me travaille un peu), une intrigue pas très compliqué mais convenable et, finalement, un polar de bonne facture mené tambours battants par un duo d'acteurs parfaits (Michael C Hall et Sam Shepard) sur une bande originale magnétique, avec en prime une scène de tuerie impeccable des acteurs à la photographie, des jeux de caméra et de mouvements aux lumières.

                        
The Riot Club, de Lone Scherfig, 1h45 ****
Le Riot Club est réservé à l’élite de la nation. Ce cercle très secret d’Oxford fait de la débauche et de l’excès son modèle depuis trois siècles. Miles et Alistair, deux étudiants en première année, ne reculeront devant rien pour avoir l’honneur d’en faire partie.

Si au départ j'ai regretté de ne pas être étudiant anglais dans une université prestigieuse afin de faire partie d'un club fermé, je suis rapidement descendu de mon nuage. Il m'est toutefois resté l'envie de boire du vin. Loin de moi l'idée de clichés, mais j'ai été surpris de découvrir que The Riot Club est l’œuvre d'une femme. Il s'agit d'un film sombre, glaçant, cynique, truculent et sulfureux sur la grandeur et la décadence de la jeunesse dorée britannique.
Servi par une bande de jeunes acteurs quasiment tous aussi bons les uns que les autres, par une bande originale sensationnelle, des dialogues implacables (cette scène sur le rapport pauvres-riches au restaurant...) et des images de toute beauté, The Riot Club va assez loin sur le propos, à défaut d'y aller dans le temps (l'impression qu'il manque quelque chose lorsque tombe le noir du générique), pour prendre le spectateur par les tripes (peut-être dans tous les sens du terme d'ailleurs...) et rester à la fin quelque part à l'intérieur, entre la tête et le cœur, entre l'effroi et le haut-le-cœur. Pas loin du chef d’œuvre.

                        
Cops, de Luke Greenfield, 1h45 ***
Si vous allez voir Cops en connaissance de cause, tout ira pour le mieux. C'est bête, c'est gras, c'est attendu et entendu, mais c'est drôle et bon.

Deux copains un peu blaireau (Damon Wayans Jr., créateur et acteur de la série Ma famille d'abord ; Jake Johnson, un des acteurs principaux de la série New Girl) se déguisent en flics pour un bal masqué, fuient de honte mais se rendent compte une fois dehors qu'ils impressionnent les mecs et attirent les filles. Ils décident alors de se faire passer pour des flics un peu plus souvent, jusqu'au jour où ils vont trop loin et se retrouvent dans le collimateur de mafieux bourrins.

                        
The smell of us, de Larry Clarck, 1h30 ****
Le réalisateur de Bully, Kids, Ken Park ou plus récemment Wassup Rockers présente, à 72 ans, un film trash sur un groupe de jeunes skaters parisiens. Sex, drugs & skate au Trocadéro, sur les quais de Seine comme chez Papa Maman et chez les vieux riches avides de sensations.

Violent, glauque, sexuel, graveleux, parfois sensuel, transpirant de toute part, The Smell of Us se veut réaliste sur cette jeunesse décadente chez qui tous les moyens sont bons pour profite de la vie. Le malaise n'est jamais loin. Certaines scènes sont extrêmement fortes (notamment la fête chez le vieux, la scène entre Matt et sa mère, joué par la pétrifiante Dominique Frot ou encore la dernière scène avec JP), d'autres salement repoussantes. Le moins que l'on puisse dire sur nouveau Larry Clarck, c'est qu'il est osé, scandaleux et scandaleusement réussi : les instants saisis par sa caméra sont souvent sublimes de réalisme, même si tout semble à la fois irréel.
Une bien meilleure critique par Zarathoustra93 ICI.

                 
Whiplash, de Damien Chazelle, 1h45 *****
Pour Andrew, 19 ans, la batterie est bien plus qu'une passion : il entend bien devenir le meilleur batteur de jazz de sa génération. Lorsqu'il se fait repérer par Terence Fletcher, sorte de professeur mythique, il croit que sa voie est toute tracée, mais c'est sans compter sur le caractère et la férocité de son mentor.

L'intrigue paraît d'un conformisme et d'un ennui mortel et, si vous n'avez pas déjà été convaincu par la moitié de votre entourage bienveillant, je ne peux rien faire de plus. Je suis loin d'être un spécialiste ciné, mais grands dieux, Whiplash n'est pas un film, Whiplash c'est une claque monumentale, et jouissive, une leçon de cinéma (et de musique) à chaque instant, deux acteurs incroyables (Miles Teller, qui a une vraie gueule, et J. K. Simmons, qui a déjà le Golden Globes du meilleur second rôle et qui attend les résultats pour les Oscars, les BAFTA et l'Independant Spirit Awards), des plans sublimes, des scènes bouleversantes, un face à face saisissant, un rythme effréné, des applaudissements dans la salle, un des plus beaux, des plus exaltants, des plus extraordinaires, de plus jouissifs trucs que j'ai vus : j'en ai chialé à la fin, j'ai eu du mal à m'en remettre, et pas parce que c'était triste. Parce que c'est un putain de chef d’œuvre. J'en suis chamboulé et époustouflé rien que d'en reparler.

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Le cinéma de décembre 2014 (Une nouvelle amie / God help the girl / Timbuktu / La famille Bélier / Paddington)

Publié le par Sébastien Almira

Casting quatre étoiles pour cette dernière sélection de films de l'année, espérons que 2015 commence aussi bien !

                                  
Une nouvelle amie, de François Ozon, 1h45 ****
À la suite du décès de sa meilleure amie, Claire fait une profonde dépression, mais elle reprend goût à la vie (après le choc, le bonheur) en découvrant que le veuf aime se travestir.

Tout est parfait dans Une nouvelle amie. Romain Duris et Anaïs Demoustier, le scénario, la photographie, les dialogues, les réactions. François Ozon montre encore une fois le talent qu'il a à mettre mal à l'aise tout en restant à toutes les limites, tout est subtil dans le cinéma d'Ozon. Grave et léger à la fois, mais toujours subtil.

                                  
God help the Girl, de Stuart Murdoch, 1h50 ****
Une délicieuse surprise que ce film musical britannique. Eve, fille timide, rêveuse, instable et perturbée, Cassie, filles des quartiers chics aux parents absents et James, musicien plus timide tu meurs, se rencontrent dans un Glasgow jeune et pop-rock et tentent de monter leur propre groupe.

Entrecoupé de pas mal de plages musicales délicieuses (chantées par les acteurs), ce film marque merveilleusement le passage à l'âge adulte de jeunes plutôt gauches et rêveurs. Stuart Murdoch, leader du groupe Belle & Sebastian est à l'origine de ce petit bijou.

                                  
Timbuktu, de Abderrahmane Sissako, 1h35 ****
Alors que l'amalgame Musulmans-Djihadistes fait des ravages en France, le Mauritanien Abderrahmane Sissako montre l'impuissance et la terreur que vivent les habitants de Tombouctou depuis que la ville est tombée entre mains des Djihadistes. Entre l'interdiction de la musique, du football ou encore des rires et le voile et les mariages forcés, on assiste, pantois, à l'asservissement dune population démunie et d'un Imam impuissant face à un groupe armé qui fait dire à l'Islam ce qu'il veut.

Terrible et magnifique à la fois (un calme, un mode de vie, un silence, une photographie, à couper le souffle), Timbuktu est le premier film mauritanien nommé aux Oscars.

                                  
La Famille Bélier, d'Eric Lartigau, 1h45 ****
Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd-muet sauf Paula, 16 ans. Interprète indispensable à ses parents au quotidien, notamment pour l’exploitation de la ferme familiale, elle se découvre également interprète vocale hors du commun. Son professeur de chant la pousse à préparer le concours Radio France, ce qui l'obligerait à quitter sa famille pour Paris.

Succès critique et public surprise de cette fin d'année, La Famille Bélier est, malgré sa happy end attendue, un film formidable à tout point de vue. Les acteurs sont tout simplement époustouflants (Karin Viard est une magicienne, c'est pas possible d'être aussi bonne actrice tout le temps..., Louane est déjà prénommée dans les révélations des Césars et c'est mérité), les émotions que le couple Karin Viard - François Damiens réussit à faire passer, c'est incroyable, le scénario est bateau mais bien ficelé.
Le propos est juste, intéressant et intelligent, le résultat étonnant, émouvant et agréable. Faut pas bouder son plaisir devant une telle réussite. En route pour les Césars ?

                                     
Paddington, de Paul King, 1h35 ****
Un jeune ours péruvien débarque à Londres à la recherche d'un foyer et d'une vie meilleure. Il réalise vite que la ville de ses rêves n'est pas aussi accueillante qu'il croyait. Par chance, il rencontre la famille Brown, mais le rigide père de famille, le vieux croûton qui leur sert de voisin et la directrice du musée d'histoire naturelle ne vont pas lui rendre la vie facile.

Superbe film de Noël, qui ne manque ni d'humour, ni d'aventures, ni de rebondissements !

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Le cinéma de novembre 2014 (Magic in moonlight, The Giver, Gone Girl, Hunger Games, Astérix)

Publié le par Sébastien Almira

                                     
Magic in moonlight, de Woody Allen, 1h40 ****
Déguisé en chinois, Stanley Crawford devient le grand Wei Ling Soo, magicien de renommé internationale. Dépêché par un ami de longue date pour démasquer une prétendue médium, il se rend dans la somptueuse propriété des Catledge sur la Côte d'Azur, mais la jeune et ravissante Sophie Baker (Emma Stone, parfaite) usera de ses charmes et de ses prétendus dons sur le grand homme de raison qu'il est.
Magie ou mensonge, drague ou intérêt, Stanley, divinement interprété par Colin Firth, ne sait plus ou donner de la tête. Un très bon Woody Allen, fin, subtil, ingénieux, ensoleillé et magique !


                                     
Gone Girl, de David Fincher, 2h30 ****
A l’occasion de son cinquième anniversaire de mariage, Nick Dunne signale la disparition de sa femme, Amy. Sous la pression de la police et l’affolement des médias, l’image du couple modèle commence à s’effriter. Très vite, les mensonges de Nick et son étrange comportement amènent tout le monde à se poser la même question : a-t-il tué sa femme ?
Mais tout n'est pas aussi simple et vous ne serez pas au bout de vos surprises dans cette glaçante adaptation du thriller de Gillian Flynn, Les Apparences. Fincher a réussi à saisir tout ce qui imprègne et entoure les personnages pour un rendu quasi parfait, sublimé par l'interprétation de Ben Affleck et Rosamund Pike.


                                    
The Giver, de Philip Noyce, 1h35 ****
Adapté du célèbre Passeur de Lois Lowry, The Giver surfe avec moins de succès sur la vague des blockbuster pour adolescents. Dans cet état totalitaire, les sentiments, les couleurs, les différences, ont été gommées pour le bien et la sécurité de tous. Lors de la cérémonie annuelle qui donne à chaque jeune adulte un rôle dans la société, Jonas est nommé nouveau Gardien de la Mémoire. Il sera formé par le Passeur (Jeff Bridges). Un nouveau monde s'ouvre à lui, puisqu'il découvre au fil de sa formation tout ce qui a fait et défait les sociétés passées. Qu'est-ce qui est bon, finalement, pour l'homme ? L'amour et la haine ou bien l'aseptisation et la paix ?
Dommage que le film manque de profondeur et soit un peu court, car il y a quelques bonnes trouvailles scénaristiques, l'idée est intéressante, la photographie splendide et le rendu réussi, émouvant (si, si !) et saisissant.


                                    
Hunger Games, La révolte, partie 1, de Francis Lawrence, 2h ***
Cette mode de découpage des derniers tomes de romans ados en deux films m'avait fait craindre le pire mais, finalement, cette première partie de Hunger Games, La révolte est tout à fait convenable sur le contenu, on ne se fait pas chier comme dans Harry Potter et les reliques de la mort, partie 1. La réalisation aussi est réussie, le spectacle est assuré, quelques scènes sont particulièrement fortes. Ce qui pêche toujours, c'est le jeu de certains acteurs, surtout quand on est en tête d'affiche. Jennifer Lawrence ne sait toujours pas jouer la peur, la tristesse, les remords ou encore les cauchemars. Pour une actrice oscarisée, c'est pas terrible.
Cet avant-dernier film remplit toutefois correctement son rôle et ravira les fans.


                                  
Astérix, Le Domaine des Dieux, de Louis Clichy et Alexandre Astier, 1h25 **
Bon, on ne présente plus Astérix, ni Le Domaine des Dieux. Ce qui est à noter ici, c'est la présence d'Alexandre Astier à peu près partout, et le plébiscite du public (notes dithyrambiques sur le net, avis emballés, médias à genoux). Alors, j'y suis allé, l'adaptation est de bonne facture en ce qui concerne l'animation et le scénario, mais je dois dire que je me suis senti un peu seul les deux fois où j'ai ri. Oui, je n'ai ri que deux fois. Non, personne d'autre que moi n'a ri. Ou très bas. Et, sérieux, les gars, qu'est-ce que c'est que ces doublages ? Y'a rien qui va ! C'est pas les bonnes voix du tout, et ça manque de forme, toutes les voix se ressemblent, ou presque, et c'est d'une platitude sans nom.
Cette version d'Astérix ne m'a guère convaincu.

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Le cinéma d'octobre (Mommy / Saint-Laurent / Le Labyrinthe / Les Boxtrolls / Papa was a Rolling Stone)

Publié le par Sébastien Almira

                             
Mommy, de Xavier Dolan, 2h15 *****
Je crois qu'il n'y a pas de mot pour décrire le travail d'écriture et de réalisation de Xavier Dolan, le jeu de ses acteurs, impressionnants (Antoine-Olivier Pilon, Anne Dorval et Suzanne Clément en tête), la photographie remarquable, le choix des titres parsemés tout au long du film qui auraient pu paraître ringard et ridicule, les dialogues ciselés à la perfection. N'ayons par peur des mots, Xavier Dolan est un prodige et sait s'entourer. Ne ratez pas cette pure merveille.



                             
Saint-Laurent, de Bertrand Bonello, 2h30 ***
Après l'officiel et académique Yves Saint-Laurent de Jalil Lespert, voilà la version underground, esthétique et osée, mais un peu trop longue, de la vie du mythique couturier. Gaspard Ulliel succède à Pierre Niney dans le rôle phare et je dois dire que j'ai été bluffé par sa prestation. Bertrand Bonello a de surcroît beaucoup travaillé l'esthétique de son film, en faisant une véritable œuvre d'art. Parfois déstabilisant, qui tient souvent du génie, très esthétique, ce second film sur YSL a tout ce qu'on attend d'une œuvre d'art.



                             
Le Labyrinthe, de Wes Ball, 1h55 **
Nouvelle adaptation d'une dystopie à succès pour ados, Le labyrinthe entend bien suivre ses grands frères Hunger Games et Divergent. Chaque moi, la boîte envoie des vivres et un nouveau au cœur du labyrinthe. Une trentaine d'adolescents et de jeunes adultes y sont enfermés depuis trois ans sans souvenir du monde extérieur. Attention à la testostérone : les proies du labyrinthe sont exclusivement masculines. L'arrivée de Thomas va tout chambouler puisque lui n'a pas l'intention de rester là (genre, les autres, ils sont trop cons depuis trois ans...).

Le scénario est autant efficace et intéressant (à vérifier sur les prochains tomes) que les acteurs sont mauvais et que pas mal de scènes sont ridicules et bancales, voire illogiques.


                             
Papa was not a Rolling Stone, de Sylvie Ohayon, 1h35 ***
Dans les années 80, Stéphanie grandit à La Courneuve auprès d’une mère absente et d’un beau-père brutal. Très vite, elle décide de se sortir de son quotidien morose. Grâce à l’amour de sa grand-mère, à ses lectures, sa passion pour la danse et pour Jean-Jacques Goldman, elle se débat dans cette cité colorée où l’amitié est primordiale et dont elle espère bien un jour sortir.

Inspirée de sa propre vie, Sylvie Ohayon signe un premier film touchant, juste, drôle et beau. Elle joue avec les clichés sans vraiment tomber dedans. La bande originale est géniale (si quelqu'un trouve la tracklist, je cherche désespérément le titre d'un morceau aux allures de disco-funk extraordinaire), les acteurs saisissants (quel parfait salaud, ce Marc Lavoine !) et quelques scènes sont remarquables (la première vaut son pesant de cacahuètes).


                             
Les Boxtrolls, de Graham Anable et Anthony Stacchi, 1h30 *****
À Cheesebridge, « a gouda place to live », on ne s'intéresse qu'au luxe, à la distinction, au fromage et à se protéger des boxtrolls, horribles monstres vêtus d'une boîte en carton qui remontent des égouts la nuit pour voler ce que les habitants ont de plus cher. Ils ont même enlevé un enfant, voilà dix ans.

Bon, nous, on se rend vite compte que les Boxtrolls sont en fait des collectionneurs d'objets en tout genre et des travailleurs émérites et plutôt attachant (attention, les Mignons ont du souci à se faire !), qu'ils ne sont pas méchants pour un sou et qu'ils n'ont enlevé personne. Mais Archibald Trappenard a bien l'intention de les supprimer jusqu'au dernier afin d'intégrer la haute société.
Film d'animation en stop motion (travail de dingue, d'ailleurs) des studios Laïka signé par le réalisateur de Coraline et celui des Rebelles de la forêt, Les Boxtrolls fait le pari d'une aventure drôle et efficace, doublé d'un message humaniste et d'une esthétique superbe. Un très beau film d'animation qui mériterait une visibilité plus importante histoire d'aller titiller certaines grosses productions niaiseuses et banales.

Bonus Les Boxtrolls :
Pour concevoir le film, il fallait une semaine à un animateur pour réaliser 3,7 secondes de pellicule, c’est-à-dire 90 plans. D'autres chiffres témoignent de la complexité du projet, qui nécessita :
- 892 lampes dont 68 équipements de fluorescents
- 13 modélistes
- 12 charpentiers
- 9 peintres
- 8 décorateurs
- 4 paysagistes pour la construction des 79 plateaux qui ont été construits pour les 26 décors du film.
- 37 kilos de colle en stick
- 96m3 de savon
- 89 sprays de peinture
- 1 000 feuilles de papier de verre
- 2 000 bâtons de glace
- 2 904 doughnuts
- 12 000 boules de coton
- 35 m2 de contreplaqué
- 1 300 boîtes d’archives contenant près de 53 000 visages (qui sont archivés dans la bibliothèque de Laïka).

53 000 visages ont été imprimés en 3D, dont 15 000 pour le personnage d’Œuf. Snatcher dispose de 1 118 000 expressions, Winnie 600 000 et Œuf en a 1 400 000. Et le film contient 180 plans d’humains numérisés, et 131 de Boxtrolls numérisés.

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Le ciné de septembre (Ennemy / Pride / Les recettes du bonheur / Nos étoiles contraires)

Publié le par Sébastien Almira

                                  
Ennemy, de Denis Villeneuve, 1h30 *
Adam, un professeur discret, mène une vie paisible avec sa fiancée Mary. Un jour qu'il découvre son sosie parfait en la personne d’Anthony, un acteur fantasque, il ressent un trouble profond. De là,on ne sait pas si cette histoire de sosies est véridique ou si l'un des deux personnages a un grain (ou deux) dans sa tête.
Si quelques blogueurs vous offriront leur explication détaillée de plusieurs pages pour vous dire combien Ennemy est un chef d’œuvre, je vous dirai simplement que je suis resté très dubitatif devant un rendu aux apparences très simplistes qui se veut labyrinthique. Pour moi, le film ne fonctionne pas, on est trop souvent bouche bée d'incompréhension et d’exaspération.


                                  
Pride, de Matthew Warchus, 2h *****
Été 1984, alors que Margaret Thatcher est au pouvoir, le Syndicat National des Mineurs vote la grève. Lors de leur marche à Londres, un groupe d’activistes gay et lesbien décide de récolter de l’argent pour venir en aide aux familles des mineurs. Mais l’Union Nationale des Mineurs semble embarrassée de recevoir leur aide. Le groupe d’activistes ne se décourage pas. Après avoir repéré un village minier au fin fond du pays de Galles, ils embarquent à bord d'un minibus pour aller remettre l'argent aux ouvriers en mains propres. Ainsi débute l’histoire extraordinaire de deux communautés que tout oppose qui s’unissent pour défendre la même cause. (résumé allociné)
J'ai été bluffé par ce film. Étonné, intéressé, emporté, envoûté, scandalisé, émerveillé par tou ce que j'y ai vu. J'y ai vu des luttes, des difficultés, des tensions, de la haine, mais aussi de la joie, de la fête, du soutien, de la générosité. Reste à savoir si la véritable histoire a bien été retranscrite, je laisse parler les connaisseurs. J'y ai aussi vu des acteurs et des personnages formidables, une époque, une histoire, de la musique (quelle BO sensationnelle!), de la magie.
Honnêtement, Pride est un véritable bijou, un film qui fait rire et pleurer, qui donne de l'espoir et une rage de vivre. Que l'on soit concerné par la lutte des droits LGBT ou que l'on fut, à l'époque, concerné par les grèves des mineurs, on est tous concernés par cette histoire de droits, de libertés, de soutien et d'amitié.


                                  
Les recettes du bonheur, de Lasse Hallström, 2h ****
Réalisateur de Chocolat (avec Juliette Binoche et Johnny Depp) ou plus récemment de Des saumons dans le désert (avec Ewan McGregor, Emily Blunt et Kristin Scott Thomas), Lasse Hallström adapte le roman éponyme de Richard C. Morais, produit notamment par Steven Spielberg et Oprah Winfrey.
C'est l'histoire d'une famille indienne ayant fui leur pays pour des raisons un peu trop rapidement expliquées qui tombe en panne dans le village de Saint-Antonin-Noble-Val où ils décident de s'installer et de créer de nouveau un restaurant. Mais Madame Mallory (Helen Mirren) ne voit pas d'un bon œil l'arrivée de La Maison Mumbai, juste en face de son restaurant étoilé. La guerre est déclarée entre les deux patrons tandis qu'Hassan, le jeune cuistot prodige (et plutôt beau garçon) tombe amoureux de Marguerite (Charlotte LeBon), la sous-chef du Saule Pleureur.
Et ce n'est que le début des festivités ! La cuisine indienne se mélange à la haute gastronomie française, la réalisation pioche du côté de Bollywood, de la comédie française et des ficelles des grosses productions américaines. Mais l'équilibre est aussi saisissant que les plats concoctés par le jeune chef indien passionné de cuisine française !
C'est un très bon film où, bien entendu, on trouvera des bons sentiments, des grosses ficelles et un dénouement attendu, mais on ne va pas voir Les recettes du bonheur pour prendre une claque cinématographique, on y va pour se faire plaisir, et ça marche plus que de raison. Prévoir un resto indien en sortant, ça donne grave la dalle !


                                  
Nos étoiles contraires, de Josh Boone, 2h **
Hazel Grace et Gus, 16 et 18 ans, se sont rencontrés lors d'un groupe de soutien pour les malades du cancer. Elle est solitaire, rêveuse et consciente de ne pas pouvoir vivre comme tout le monde. Lui est plutôt frondeur, il méprise les conventions et joue d'un humour ravageur et d'un charisme fou. C'est une tranche de vie des ces deux grands ados, jeunes adultes, qui fait sensation dan le monde entier, d'abord sous la forme du livre de John Green, désormais avec cette adaptation cinématographique qui fera pleurer sous les chaumières.
Avec leur pote, ils ont à eux trois quatre yeux, cinq jambes et cinq poumons, c'est un film à destination majoritairement des adolescentes et c'est très lacrymal et plein de bons sentiments. Cependant, il y a quelques bons passages, et malgré une Shaylene Woodley plutôt énervante et Sam Trammel qui joue son père de façon navrante, le casting est assez bon : Ansel Elgort donne à Gus un charisme et des contours particulièrement réussis, on notera aussi le rôle du grand Willem Dafoe, qui mériterait des films d'un autre envergure.

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Le cinéma d'août 2014 (Lucy / Nos pires voisins / Boyhood / Le rôle de ma vie)

Publié le par Sébastien Almira


                        
Lucy, de Luc Besson, 1h30 ****
Avec Lucy, Luc Besson signe un retour d'enfer. Mêlant à merveille le film d'action à suspense et une intrigue scientifique qui pourrait tenir de la science-fiction (puisqu'il prend comme point de départ une théorie non prouvée, à savoir que l'humain n'utilise que 10 % de ses capacités cérébrales), il pond un bon gros blockbuster idéal pour l'été avec Scarlett Johansson et Morgan Freeman à l'affiche.

Humour, action, suspense, intrigue intelligente et intelligible, bande originale, effets spéciaux, tout est bon dans le Besson. J'ai toutefois l'impression que les amateurs de gros films d'action risquent d'être déçus de ne pas avoir que ça et que les amateurs de films plus « intelligents » diront exagérément que c'est un film facile et grossier.
Décidément, Luc Besson n'est pas encore prêt à plaire à tout le monde.


                        
Nos pires voisins, de Nicholas Stoller, 1h35 °
Histoire de passer rapidement sur cette bonne grosse daube pour Américains peu exigeants, cliquez directement sur ce lien, vous verrez le seul point digne d'intérêt du film sans avoir besoin de vous taper ce duo d'acteurs complètement ridicules qui essaient de se débarrasser d'une confrérie d'étudiants qu foutent le bordel tous les soirs dans la maison voisine.



                        
Boyhood, de Richard Linklater, 2h40 ****
Suivre l'histoire d'une famille sur douze ans avec les mêmes acteurs est un beau pari qu'a brillament relevé Richard Linklater. Il n'y franchement rien d'autre à dire, si ce n'est que ça finit quand même par devenir longuet, et qu'on aimerait voir ce genre de procédé un peu plus souvent au lieu de changer d'acteur parfois de façon catastrophique (comme dans Nymphomaniac).



                        
Le rôle de ma vie, de Zach Braff, 1h45 ****
Il a joué et réalisé plusieurs épisodes de la série Scrubs, il fait également les deux dans ce joli film où il tient le rôle principal. Celui de Aidan Bloom, Juif peu croyant qui devrait changer de mode de vie, délaisser son rêve de comédien et devenir un adulte afin de sauver son couple et sa famille d'une crise imminente. Entre Los Angeles, le désert californien et ses propres rêves, saura-t-il trouver le véritable rôle de sa vie ?
Bien fait, bien joué, avec un petit grain de folie en prime, Le rôle de ma vie fait rire et pleurer, et c'est bon !

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Le cinéma de juillet 2014 (Albert à l'ouest / Zero Theorem / Sous les jupes des filles / Xenia)

Publié le par Sébastien Almira

                                       
Albert à l'ouest, de et avec Seth MacFarlane, 2h ****
La couardise d'Albert au cours d'une fusillade donne à sa fiancée volage la bonne excuse pour le quitter et partir avec un autre. Une belle et mystérieuse inconnue arrive alors en ville et aide le pauvre Albert à enfin trouver du courage. Des sentiments s'immiscent entre ces deux nouveaux alliés, jusqu'au jour où le mari de la belle, un hors-la-loi célèbre, découvre le pot-aux-roses, et n'a plus qu'une idée en tête : se venger. Albert aura-t-il le courage nécessaire pour venir à bout du bandit ?
Fabuleuse farce western,comique et anachronique, Albert à l'ouest se boit comme du petit lait, c'est drôle sans être (trop) poussif, c'est original dans la forme et ça déménage.



                                                 
Zero Theorem, de Terry Gillam, 1h40 *
Londres, dans un avenir proche. Les avancées technologiques ont placé le monde sous la surveillance d’une autorité invisible et toute-puissante : Management. Qohen Leth, génie de l’informatique, vit en reclus dans une chapelle abandonnée où il attend désespérément l’appel téléphonique qui lui apportera les réponses à toutes les questions qu’il se pose. Management le fait travailler sur un projet secret visant à décrypter le but de l’Existence – ou son absence de finalité – une bonne fois pour toutes.
Sans queue ni tête sur le fonds, Zero Theorem est en revanche réussi sur la forme. Ce futur Londres, mi-technologique, mi-pouilleux, est pétrifiant. Christoph Waltz fait du Christoph Waltz, et Terry Gillam signe un film perché qui peine à trouver un public.



                                                  
Sous les jupes des filles, d'Audrey Dana, 1h50 **
Film de femmes et pour femmes, Sous les jupes des filles emploie une brochette d'actrices plus ou moins star et plus ou moins bien utilisées. Vanessa Paradis est insupportable tant physiquement que dans son rôle de connasse, Isabelle Adjani grimée en Cher fait de la peine à voir tant elle a du mal à bouger les muscles de son visage, Sylvie Testud est sous-exploitée, Alice Taglioni est bonasse de chez bonasse, Marina Hands et Géraldine Nakache sont parfaites, Julie Ferrier est extraordinaire et a dû prendre son pied à jouer son rôle de névrosée, Laetitia Casta est inutile et gonflée comme un hamster.
C'est drôle (de temps en temps), toutes ces histoires de femmes ne se valent pas, mais l'ensemble est sympathique à regarder, si on se met bien dans la tête que c'est un film de femmes visant un public majoritairement féminin, tranche d'âge 25-40 ans.



                                                      
Xenia, de Panos H. Koutras, 2h ****
À la mort de leur mère, Dany et son frère Odysseas, 16 et 18 ans, prennent la route d’Athènes à Thessalonique pour retrouver leur père, un Grec qu’ils n’ont jamais connu. Albanais par leur mère, ils sont étrangers dans leur propre pays et veulent que ce père les reconnaisse pour obtenir la nationalité grecque. Dany et Ody se sont aussi promis de participer à un populaire concours de chant qui pourrait rendre leur vie meilleure.
Le réalisateur a tenu à ce que les deux rôles principaux soient joués par des non-acteurs, qui connaissent la situation puisqu'ils sont étrangers dans le pays où ils sont nés. Xenia est un superbe road trip grec avec certains plans d'une beauté surréaliste, quelques bonnes idées de mise en scène poétique (ah ! Le coup du lapin !), des personnages savoureux et une dure réalité entre la crise, la montée des extrêmes et les problèmes de nationalité des deux frères. J'ai failli m'ennuyer vers le milieu et ai finalement regretté que le film ne soit pas plus long, ne nous fasse pas visiter la Grèce plus longtemps, et qu'on ne reste pas plus avec ces deux frères auxquels on s'est attachés.

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Le cinéma de juin 2014 (Le vieux qui ne voulait pas... / Maps of the stars /X-Men Days of future past)

Publié le par Sébastien Almira

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, de Félix Herngren, 1h54 ****
Adapté du best-seller éponyme de Jonas Jonasson, le film se révèle assez drôle et efficace pour accrocher le grand public avide de films d'actions et comiques, et assez fin pour plaire également à un public plus branché film d'auteur. Je ne peux pas juger l'adaptation, puisque je n'ai pas lu le roman, mais j'ai trouvé le film en tant que tel assez réussi.
Pour ceux qui n'auraient pas suivi, c'est l'histoire d'un vieux qui se barre par la fenêtre de sa chambre alors que la maison de retraite au grand complet se ramène avec un gâteau à cent bougies. Le centenaire quitte la gare de son bled en emportant par mégarde la valise pleine de billets d'une petite frappe. C'est aussi l'occasion de se remémorer les événements qui ont fait sa vie.
Rocambolesque à souhait !

 

Maps of the stars, de David Cronemberg, 1h50 ***
Chronique au vitriol d'Hollywood, Maps of the stars n'épargne rien ni personne. Le monde du showbiz semble rempli de connards et de salopes prêtes à tout, le film est plutôt dérangeant, irritant même, dû à l'exagération du réalisateur, tout en restant un minimum crédible. C'est bien fait et Julianne Moore mérite amplement son prix d'interprétation féminine à Cannes.
« Le film exagère un peu la réalité mais pas tant que ça. Oui, je connais ces sentiments mêlés où vous désirez absolument un rôle qu’on offre à une autre, où vous attendez qu’on vous appelle, où vous vous demandez comment obtenir tel rôle, comment convaincre le réalisateur ou le producteur, etc. On connaît toutes ce genre de moments. Evidemment, mon personnage vit ces situations poussées jusqu’au cliché et à la satire. Mais j’aime ce personnage, j’aime son narcissisme désespéré, son désir d’exister à travers le cinéma, le vide qu’elle ressent quand elle ne tourne pas, la sorte de monstre qu’elle est devenue… » Julianne Moore aux Inrocks, 31 mai 2014

 

X-Men, days of future past, de Bryan Singer, 2h10 ****
Les X-Men envoient Wolverine dans le passé pour changer un événement historique majeur, qui pourrait impacter mondialement humains et mutants. J'aurais préféré avoir vu toute la série avant, histoire de me familiariser au mieux avec tous les personnages, mais j'ai trouvé le film intelligible, exceptés quelques petits détails pas indispensables à la compréhension globale et la complexité de l'intrigue.
Intelligent, recherché, spectaculaire, surprenant, c'est le meilleur X-Men de ceux que j'ai vus. De gros effets spéciaux et de la testostérone au service d'une intrigue bien ficelée et assez complexe pour nous captiver plus de deux heures. Bien joué, en plus de ça, même si Omar Sy n'est finalement pas si indispensable que ça.

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Le cinéma de mai (Tom à la ferme / Arthur Newman / Libre et assoupi / The Homesman / Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu?)

Publié le par Sébastien Almira

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Tom à la ferme, de Xavier Dolan, 1h40 **
Tom (Xavier Dolan teint en blond) se rend à la campagne (et accessoirement le trou du cul du monde) pour les funérailles de son petit ami, mais la mère de ce dernier n'est au courant de rien. Le frère aîné, pour protéger la mère et l'honneur de la famille, le force à un jeu de faux-semblants qui devient vite un jeu de rôles malsain entre les deux hommes.
Dramatique, brutal, perturbant, avec ses multiples références à Hitchcock, Tom à la ferme est réussi sur ce plan-là, on ne peut pas le nier, malgré quelques scènes qui frise le ridicule. Mais ce n'est pas agréable à regarder, je n'ai pris aucun plaisir à voir le nouveau film du jeune prodige du cinéma québécois. Gageons que Mommy me réconciliera avec son cinéma.

 

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Arthur Newman, de Dante Ariola, 1h40 **
Qu'est-ce que c'est long, 1h40 avec Arthur Newman ! C'est sous cette identité que Wallace Avery veut recommencer sa vie en allant à Terre Haute où on lui avait promis un poste de professeur de golf. Mais quand on veut changer de vie, on n'est pas au bout de ses peines et de ses surprises.
Il aurait justement fallut un peu plus de peps et de surprise pour donner à ce road movie plombant et léthargique un peu d'entrain et de soleil. Et ni Colin Firth, ni Emily Blunt n'y parviennent.

 

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Libre et assoupi, de Benjamin Guedj, 1h30 ***
Jolie surprise que cette comédie française qui ne se veut ni dramatique, ni comique. Sébastien n'a qu'une ambition dans la vie : ne rien faire. Son horizon, c'est son canapé. Sa vie il ne veut pas la vivre mais la contempler. Bruno est slipiste (il pourrait passer sa vie) et obsédé par les filles. Et Anna par le boulot, persuadé qu'une vie réussie ne passe que par le travail. Ces trois colocs vont apprendre à cohabiter avec les tares et les quelques qualités les uns des autres.
C'est frais, drôle, agréable, intelligent et surprenant, on passe vraiment un bon moment même si le personnage d'Anna (ou l'actrice?) et quasi insupportable.

 

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The Homesman, de Tommy Lee Jones, 2h ***
J'ai décidément un gros problèmes avec les film lents. Je ne suis pas adepte des grosses productions hyper efficaces même si, parfois, ça fait du bien de regarder de la daube (plus ou moins), mais je me fais de plus en plus facilement chier au cinéma.
Même si l'histoire est belle (une pionnière célibataire et revêche est chargée de traverser un bon bout des États-Unis de 1855 pour emmener trois femmes ayant perdu la raison vers une vie meilleure, elle s'entiche en chemin d'un rustre vagabond qui l'aidera à braver les dangers puisqu'il lui est redevable de lui avoir sauvé la vie), mêmes si Tommy Lee Jones et Hilary Swank sont bons, très bons, même si la photographie et les espaces filmés sont magnifiques, même si le rythme du film sert l'histoire à la perfection, je me suis ennuyé.

 

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Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?, de Philippe de Chauveron, 1h35 ****
Voilà l'exemple type de la grosse production efficace qui me plaît plus que le film d'auteur lent et magnifique. Claude et Marie Verneuil (Chantal Lauby et Christian Clavier), issus de la grande bourgeoisie catholique provinciale sont des parents plutôt "vieille France". Ils ont déjà offert trois de leurs filles à un Arabe, un Juif et un Chinois. Ils misent tout sur la petite dernière et lorsqu'elle leur annonce qu'elle va se marier à Charles, un catholique, c'est l'explosion de joie. Mais ce qu'ils ne savent pas, c'est que Charles est noir.
Tout ou presque est attendu mais on rigole de bon cœur et assez souvent dans cette comédie de mœurs qui fait un carton depuis presque deux mois, culminant à presque 9 millions d'entrées la semaine dernière. Les blagues sont tantôt potaches, tantôt fines, les acteurs sont assez bons (surtout les deux couples de parents, Pascal N'Zonzi et Salimata Kamate jouent les parents de Charles), on retrouve des relans de Jacquouille chez Clavier et on ne boude pas son plaisir

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