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Marco Varvello, Oublie Les mille et une Nuits, roman ado, 260 pages, Bayard Jeunesse, 2009, 11,90 € ****

Publié le par Sébastien Almira

 

Il m'arrive de lire un livre, voir un film ou aller à un concert ou une pièce de théâtre sans en parler sur ce blog. Parfois par flemme, je l'avoue. Mais parfois aussi parce que je veux profiter d'un moment de plaisir sans devoir prendre des notes, sans réfléchir à ce que je pourrais écrire dessus. Simplement, lire, voir, écouter.

Parfois, par flemme, il m'arrive de ne pas tenir mes promesses, de ne pas écrire certains articles prévus (Articles à venir sur la colonne de droite), comme ce fut le cas pour le dernier roman de Laurent Gaudé, Ouragan (parce que je ne l'ai toujours pas lu) ou l'album Happiness du groupe anglais Hurts (parce que je ne sais pas quoi dire à part un bête « j'ai adoré, c'est vraiment génial ! »), ou le concert de Zucchero à Juan Les Pins le 13 juillet (j'y ai pourtant passé un très bon moment).

 

Et parfois, je parle de choses dont je ne voulais pas parler. La semaine dernière, ce fut le cas de l'affaire DSK. Aujourd'hui, il s'agit d'un roman ado paru en 2009, que je lis donc avec deux ans de retard et qui doit être introuvable en rayon. Alors si vous êtes tenté, faites marcher les commandes clients en librairie !


 

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Marco Varvello est journaliste et correspondant à Londres pour la télévision italienne. Lorsqu'il arrive à Londres, la princesse Diana vient de mourir, l'Angleterre est en deuil. Il vit ce qu'il appelle un « phénomène d'hystérie collective ». Alors qu'il travaille sur « l'interminable saga que sa mort a engendrée, les thèses sur un complot destiné à la tuer, le drame de ses enfants qui ont découvert par les journaux ce qu'ils n'auraient probablement jamais appris autrement, la mélancolie refoulée de son ex-mari Charles, la trahison de tous ses faux amis et admirateurs » depuis sept ans, il décide d'écrire sa propre histoire de mariage arrangé.

 

C'est sous ce prétexte qu'il commence à raconter l'histoire de Salima, lycéenne anglaise dont la famille, pakistanaise, est bien ancrée dans ses traditions. Les prières, la Mosquée, le Ramadan, les vêtements et l'attitude discrète des femmes, le mariage arrangé, l'obéissance au père, tout puissant sur sa famille, des règles de vies saines et strictes constituent son quotidien à la maison. Mais à l'extérieur, à Luton, Salima vit comme une anglaise. Elle va en cours, boire un verre (sans alcool) dans un vieux pub avec ses amies, aime faire les magasins, souhaite s'inscrire à l'université, choisir un mari aimant, respectueux et intéressant.

Mais lorsque ses parents lui apprennent que leur vieil oncle est à l'article de la mort et qu'un voyage au Pakistan aura lieu dans quelques semaines, les doutes s'emparent d'elle. Ses parents seraient-ils en train de lui jouer un mauvais ? Salima est autant excitée qu'inquiète à l'idée du voyage. Bien que ses parents lui aient assuré qu'il n'y aura pas de mariage (même si on ne sait jamais, peut-être, inch'allah, elle trouvera un bon mari là-bas) et que si mariage il y a, elle aura le dernier mot, Salima commence à craindre qu'une fois au Pakistan, les vieilles traditions prennent le pas sur des droits de l'homme civilisés.

 

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Et elle a raison ! Marco Varvello nous entraîne, après la découverte d'une Angleterre aux quartiers indo-musulmans aux couleurs vives, dans un petit village pakistanais où la population forme une seule et même famille, pour préserver le sang et l'honneur. Des plats épicés aux enfants qui courent pieds nus dans la rue, des réunions familiales aux violentes disputes, l'auteur italien brinquebale le lecteur dans une aventure humaine riche en émotions où les milles couleurs des paysages sont parfois submergées par une bien sombre réalité.

Malgré un style journalistique aux phrases assez courtes, de celles qui ne parlent pas inutilement, Marco Varvello prend le temps de s'attarder sur les états d'âme des personnages comme sur les paysages traversés et les différences de modes de vie et de pensées. En ressort un très beau roman initiatique, mêlant habilement suspense, rapports familiaux, poids des traditions, descriptions réalistes. L'auteur ne franchit guère la limite du supportable mais le lecteur est souvent mis à mal par le récit, ce qui n'est toutefois pas déplaisant.

Je tenais à vous en parler car il s'agit d'un véritable coup de cœur ! (à partir de treize ans)

 

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Extrait pages 173, 174 et 175 : 

- Shazia, réveille-toi !

   Salima la tira par le bras, la poussa, la fit rouler au bas du matelat. Shazia ouvrit finalement les yeux, mais sans parvenir à comprendre où elle était et pourquoi. 

- Ehi, qu'est-ce qu'il y a ?

   Elle se réveilla brusquement au contact froid du carrelage.

- Écoute-moi bien, commença Salima sur un ton décidé qui alerta sa sœur : il ne s'agissait pas d'un jeu. Abba et Amma veulent que je me marie... 

- Ah... bien ! Répondit Shazia sans réfléchir, encore vaseuse. 

   Elle avait toujours entendu faire des compliments en pareille circonstance. Elle trouvait juste étrange que sa sœur lui annonce avec cet affreux visage.

- Non, tu n'as pas compris ! ILS veulent que je me marie, mais MOI je NE veux PAS ! Ils ont déjà organisé les noces, ils m'obligent à épouser Rashid. Tu as compris maintenant ? 

- Eh bien, ce n'est pas si mal...

   Shazia avait saisi que les félicitations n'étaient pas de mise, mais elle avait toujours entendu les femmes encourager les fiancées qui n'étaient pas très enthousiastes.

- Shazia, écoute-moi bien... Je ne veux pas me marier de cette manière. Pas avec lui, pas maintenant. Je ne suis pas prête, je veux étudier, c'est trop tôt. Je ne veux pas, et je ne me marierai pas.

   Sa petite soeur ouvrit grand la bouche : elle venait de comprendre que ça sentait le roussi.

- Et que vont dire papa et maman ?

- Shazia ! hurla Salima, exaspérée. Tu as encore le cerveau farci de fables. Tu crois aux princes mystérieux, aux fils d'émirs, califes et vizirs qui débarquent incognito pour épouser de pauvres et très belles jeunes filles ? Oublie Les mille et une nuits, les preuves d'amour, les histoires romantiques, les garçons courageux qui se battent pour un rêve ! Mais tu ne comprends pas que, si je cède, tu auras droit au même traitement que moi ? Ils y songent peut-être déjà, ici, là, maintenant ! Abba et Amma veulent sûrement notre bien, sauf que ce ne sont plus eux qui décident ! Ils ne pensent pas avec leurs têtes, mais avec celles de leurs ancêtres et des ancêtres de leurs ancêtres. Notre vie est différente. Et là, si j'accepte, elle serait finie. La mienne en tout cas. Dans les bras d'un homme dont je ne sais rien et qui n'a rien en commun avec moi ! Et ta vie finira de la même manière. Si je cède, ils feront pareil avec toi ! Tu comprends, là ? cria Salima, sans se soucier des voisins qui pourraient l'entendre.

   Totalement vidée, elle se laissa tomber sur le matelas, à côté de sa petite sœur. Elles échangèrent un regard terrorisé. Il était inutile d'en rajouter.

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La Fnac me fait doucement rire.

Publié le par Sébastien Almira

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Fnac de la Place des Ternes, Paris

 

La Fnac me fait doucement rire. Le PDG Alexandre Bompard a annoncé mardi son plan miracle pour remonter la pente.

 

Quoi ? La Fnac, en chute ? Ah d'accord, ils ont fait -5,2 % au premier semestre sur les produits culturels, et -5,4 % sur les produits techniques, ok ! Ce qui fait que, vu les millions qu'ils se font chaque année, ils ont perdu quelques malheureux milliers d'euros. Je comprends soudain mieux leurs motivations !

 

Voilà ce que j'écrivais dans l'article La librairie contre les machines (ici), en mai 2009 :

« Enfin, on ne peut pas vraiment dire que le marché du livre soit réellement en crise, il se vend sensiblement le même nombre de livres chaque année, les succès sont toujours au rendez-vous (Millénium, L'élégance du hérissonet Marc Lévy en tête, le prouvent), les auteurs de plus en plus productifs (chez Albin Michel, Schmitt, Chattam et Werber publient plusieurs livres par an), etc. Non, on ne peut pas vraiment dire qu'il y a crise. Le problème se trouve, comme pour le disque et la vidéo, du côté d'internet. Non pas avec le téléchargement, mais avec les pure player, tel Amazon, qui tuent la librairie française. Cependant, la Fnac tire toujours son épingle du jeu. Même si elle subit la concurrence d'Amazon et compagnie, elle a vite réagi en offrant sur son site les 5 % autorisés par la loi, ainsi que les frais de port. Face à ça et à l'effervescence de ses magasins, que peuvent les librairies indépendantes ? »

 

Le problème de la Fnac aujourd'hui est double. D'abord, il s'agit de celui-là même qui touche les librairies indépendantes depuis plusieurs années : internet. Les ventes sur le net bouffent les ventes en magasin et, cette fois, la Fnac ne s'en sort pas indemne. Les 5 % et les frais de port offerts sur son site ne renversent pas la tendance : la Fnac est désormais olgée à la même enseigne que les autres.

Le second réside en la Fnac elle-même. Il suffit de lire les commentaires qui font suite à l'article Yahoo (ici) pour se rendre compte que ce que je dis dans La librairie contre les machines n'est pas le fruit de l'imagination d'un anti-Fnac ayant travaillé chez Virgin. Le personnel n'est bien souvent pas à la hauteur (produits culturels) et quand il l'est, la direction les obligent à vendre de la merde (Pathoi en commentaire sur Yahoo : « J'ai travaille 1 an a la fnac, au début c'était sympa, ma motivation principale était de conseiller le mieux possible les clients et leur vendre des produits adaptés à leurs besoins. J'etais au rayon photo et connaissais bien mon rayon. Petit a petit, les objectifs devenaient plus axés sur le chiffre, vendre en priorité les produits en fins de vies (adieux les bons conseils aux clients), vendre des extensions de garanties très chères (elles rapportent largement plus que le produit lui même). Bref, j'avais perdu mes illusions de travailler dans un magasin cool au service du client et des évolutions des produits technologiques. J'ai quitté au bout d'un an. Dernières nouvelles du magasin ou je travaillais : 2 suicides d'anciens collègues... »).

Le servie au client est autant négligé que le turn-over est important, je n'ai pas eu à faire à un bon libraire une seule fois depuis que je connais le métier, excepté au magasin d'Avignon. Les stagiaires envahissent les rayons (pas cher, le stagiaire) et se trouvent bien souvent incapables de répondre à vos questions ou de vous délivrer un conseil.

 

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Alexandre Bompard, PDG de la fnac, qui, visiblement, ne manque pas d'argent.

 

Et Aujourd'hui, je ris quand je lis qu'Alexandre Bompard souhaite doubler le nombre de magasins en France, développer des univers et faire de la relation client une priorité. Pour une chaîne qui existe depuis 1954, il serait peut-être enfin temps de prendre le client en compte. Chez Virgin sont affichés dans tous les locaux du personnels les 10 commandements du vendeur Virgin, dont plusieurs concernent la relation au client. Il y aurait beaucoup à dire sur la gestion et le management des magasins et d'une chaîne incapable d'améliorer son développement géographique (vient encore de perdre ses magasins dans les gares, au profit de la Fnac) et son chiffre d'affaires mais, ici, la direction a vite compris qu'il fallait faire du client une priorité absolue.

Quant aux univers, il s'agit de mélanger les produits dans les rayons pour tenter de les rendre plus attractifs. Il prévient également que ce plan nécessitera « la modification d'un certain nombre de métiers. À la rentrée, on va ouvrir un chantier d'adaptation des métiers, des compétences, des qualifications, dans le cadre d'une gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences avec les partenaires sociaux ». En somme, le PDG de la Fnac depuis novembre persiste dans une volonté de disposer de vendeurs polyvalents, prêts à l'emploi pour n'importe quel rayon. Plus de vendeurs spécialisés, plus de libraires, plus de disquaires donc, à la Fnac. Ce à quoi Christian Lecanu, délégué central CGT répond que « pour l'instant, ce plan est très flou et repose sur beaucoup de com. En plus, il prévoit des univers. Nous, nous sommes convaincus que le client qui vient en magasin ne cherche pas un univers, il vient chercher un livre ou un disque, c'est tout. Sur l'emploi, il nous parle en termes très voilés de flexibilité, d'employabilité... De toute façon, on n'est pas très confiants, les efforts jusqu'à présent sont plutôt surtout concentrés sur des diminutions d'effectifs. »

 

En somme, voilà un gros coup de bluff censé redorer l'image de l'enseigne et augmenter le chiffre d'affaires pour que PPR (Pinault-Printemps-La Redoute) puisse enfin la vendre. Depuis un an et demi, PPR tente de vendre la Fnac.

 

 

À lire :

L'article et les commentaires sur L'expansion/L'express

L'article et les commentaires sur Yahoo !

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Les films de votre été (X-Men, HP 7-2, Minuit à Paris au ciné / Rango, True Grit en DVD)

Publié le par Sébastien Almira

Ne voyez pas là une quelconque prétention de ma part. Car si je fais des propositions, je ne vous contrains pas à partager mon avis. Cela dit, n'hésitez pas à vous y fier et revenez nous donner votre avis ! Parmi les blockbusters des majors (Pirates des Caraïbes, Harry Potter, X-Men, Transformers), il y en a des valables, et entre ceux-ci il y a des petits bijoux à ne pas rater.

 

 

 

Au cinéma :

 

X-MEN, LE COMMENCEMENT, de Matthew Vaughn, 2h10 ***

x-men.jpgJe n'avais vu aucun des trois autres films et pourtant, j'ai beaucoup aimé celui-ci. Les avis sont partagés mais deux amis férus de comics et de super-héros sur grand écran, parfois déçus d'adaptations, partagent toutefois le mien. Alors je me dis que je ne suis pas un imbécile heureux qui aime les grosses productions sans comprendre qu'elles sont faites pour ne plaire qu'à un public de benêts.

Le principe est simple et à la mode : on prend une saga cinématographique et on y colle un début, un avant, une naissance, un commencement. Ici sur fond d'affrontement russo-américain, Proffesseur X (James McAvoy) et Magneto (Michael Fassbender) apprennent à se connaître et s'allient à d'autres mutants pour sauver le monde de la destruction. C'était au bon vieux temps, lorsqu'ils n'étaient pas encore ennemis et que tout restait possible.

Rebondissements, effets spéciaux à gogo, action et psychologie des personnages, le réalisateur de Kick Ass a réuni tous les ingrédients pour faire de cette grosse production l'un des blockbusters de l'été. Et le résultat est là : plus de deux millions d'entrées en France en cinq semaines.

 

MINUIT À PARIS, de Woody Allen, 1h30 ***

minuit.jpgDu réalisateur chochou des Français, je ne connais pas ses vieux films. Je n'ai vu que Match Point, Scoop (très bons films), Vicky Christina Barcelona (coup de cœur), et Whatever works. Ce dernier ne m'avait pas emballé et le suivant (Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu) ne m'avait pas fait bouger en salles obscures. Mais son nouveau film, Midnight in Paris, qui avait fait couler beaucoup d'encre grâce/à cause de la présence de Carla Bruni-Sarkozy, m'avait rallié à sa cause. Et je n'ai pas été déçu.

Ne vous attendez pas à vivre un grand moment de cinéma, ce n'est pas un chef d'œuvre, pas non plus son meilleur film, mais un très bon moment à passer au cinéma. Une jeune couple sur le point de se marier est en vacances à Paris. Elle est américaine à souhait, c'est-à-dire blonde, jolie, bien foutue, dépensière, fêtarde et un peu nunuche. Il est scénariste, un peu perdu dans ses pensées et a du mal à travailler le roman qu'il essaie de faire passer avant les scénarios qu'il trouve de moins en moins intéressants. Paris ne lui plait que pour faire les boutiques et elle se languit de rentrer à New York, tandis qu'il adore flâner dans les ruelles de la capitale. Elle le délaisse petit à petit et lui se perd dans les méandres de la ville lorsque, soudain, à minuit, il se passe quelque chose. Rêve ou réalité ? En tout cas, Dalí, Hemingway, les Fitzgerald, Picasso ou encore Gauguin, toutes les artistes qu'il apprécie ou vénère sont là. Adriana (Marion Cotillard) est là pour le guider dans son Paris rêvé, celui des années folles.

Frais, pétillant, agréable et intelligent, le nouveau Woody Allen se laisse regarder avec plaisir, surtout l'été !

 

HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT (2e partie), de David Yates, 2h10 ****

hp.jpgSi vous avez grandi avec Harry Potter, le petit sorcier à lunettes, vous ne devrez pas rater la sortie cinéma événement de cet été, le deuxième volet adapté du septième et dernier tome de la saga de J. K. Rowling. Si je n'avais pas aimé la première partie (ici), ennuyeuse et ratée, à l'image du livre, j'ai été conquis par ce dernier film.

Il y a encore et toujours des défauts (dialogues guimauves et involontairement drôles, jeux d'acteurs à la limite du ridicule), mais Harry, Ron et Hermione sont enfin sortis de leur tente et l'action est au rendez-vous. La lecture du livre commence à remonter, alors peut-être ai-je oublié certains passages mais j'ai eu l'impression que le début du film est totalement inventé. Je ne me souvenais de presque rien, et ce n'était pas pour me déplaire. La réalisation et les effets spéciaux sont à l'image des précédents volets de David Yates et on ne s'ennuie pas un instant. Quant à la fin, ce qui m'a déplu à lecture a été quelque peu changé et m'a ravi à l'écran.

En somme, une très bonne manière de clôturer plus de dix ans passés avec le héros de millions d'enfants dans le monde entier !

 

 

 

En DVD :

 

TRUE GRIT, des frères Coen, 1h50. Disponible en DVD et Blue-Ray Disc ****

watch-true-grit1Les frères Coen sont des génies, capables de passer d'un genre à l'autre sans problème, capables de redorer l'image du western, au point même que Quentin Tarantino s'apprête à tourner le sien. En adaptant 100 $ pour un shérif, le roman de Charles Portis et non pas le film de Henry Hataway qui a valu un oscar à John Wayne et que les deux frères ont trouvé mauvais, ils ont signé leur plus gros succès au box-office (1 366 000 entrées en France).

L'histoire est celle de Mattie Ross ( Haylee Steinfield), 14 ans, qui veut venger la mort de son père. Pour ce faire, elle engage le pire des chasseurs de prime (Jeff Bridges), avant de savoir que LaBœuf, un fédéral, est sur le coup (Matt Damon) car le lâche a assassiné plus d'un homme...

Cela vous paraît simple et déjà vu ? Détrompez-vous, car les frères Coen sont là pour vous prouver le contraire ! Les acteurs, la réalisation, l'humour, l'action, la photographie, tout est réussi. Pour ceux qui dévorent les westerns légendaires et pour ceux qui ne les supportaient pas.

 

RANGO, de Gore Verbinski, 1h40. Sortie le 15/08 en DVD et Blue-Ray Disc ****

rangoCertes, il vous faudra attendre la fin de l'été pour le voir en DVD (puisque je ne doute pas que personne, ici, ne télécharge illégalement), mais ça vaut vraiment le coup !

D'abord parce que c'est un film d'animation terriblement adulte (humour noir, narration, thèmes : problème d'eau dans les pays défavorisés, différences Nords/Suds, racisme, etc.). Ensuite parce que c'est un dessin animé d'aventures qui ravira aussi les petits, passée la première scène qui peut se révéler quelque peu rébarbative. La réalisation est parfaite, les images très belles, le discours intéressant, l'humour toujours présent. Et c'est fichtrement original ! Ce n'est certes pas le seul, mais on s'éloigne des standards et surtout des codes de l'animation qu'il faut respecter pour plaire au grand public. À dévorer !

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L'affaire DSK : avant, après ?

Publié le par Sébastien Almira

 

16 H / C'est un exercice difficile que je commence puisque pour la première fois je vais écrire sur quelque chose qui ne touche pas à la culture. Il s'agit de politique. Ce blog n'a aucune visée politique habituellement et, même si je m'y intéresse pas mal, je n'en avais jamais parlé jusque là.

Premièrement, parce que je ne voyais pas l'intérêt sur un blog culturel. Deuxièmement, parce que je ne veux pas soulever de débat houleux sur ce sujet « dangereux ». Dernièrement, parce que je ne le souhaite pas. J'en parle volontiers avec mon entourage, je ne cache pas mes opinions, mais je ne souhaitais pas les exposer ici.

Pourtant aujourd'hui, l'envie m'en est venue.

 

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Le 14 mai 2011, Dominique Strauss-Kahn est arrêté avant le décollage de l'avion qui devait le ramener en Europe où il avait rendez-vous avec Angela Merkel le lendemain. Il est accusé de tentative d'agression sexuelle sur une femme de ménage de l'hôtel Sofitel où il résidait à New York.

La scène aurait eu lieu à 13h, la plaignante serait entrée dans la chambre de DSK pour faire le ménage. Lorsque celui-ci serait sorti de salle de bain nu, elle se serait excusé et aurait tenté de sortir de la chambre. C'est alors que DSK aurait tenté d'introduire son sexe dans sa bouche avant de l'enfermer dans la salle de bain. Alors il serait parti précipitamment de l'hôtel, oubliant son téléphone portable. Et la jeune femme aurait été vue sortant en pleurs de la chambre par une caméra de vidéo-surveillance.

Mais ce que la victime ne savait pas, c'est que DSK n'était pas dans la chambre lors de l'agression. Ce dernier avait un alibi, il était en train de déjeuner avec sa fille. La victime change alors de version : un serveur présent dans la chambre lui aurait affirmé qu'il n'y avait personne, le directeur du FMI aurait introduit son sexe dans sa bouche et aurait tenté de la violer après l'avoir poussée sur le lit. De plus, la direction affirme n'avoir pas de caméra dans les chambres et les couloirs de l'hôtel et Dominique Strauss-Kahn a appelé l'hôtel pour demander qu'on lui apporte l'un de ses sept téléphones portables oublié dans sa chambre.

 

Sue le net, ce fût l'effervescence. Pourquoi la femme de ménage était-elle dans la chambre à cette heure-là ? Pourquoi ne s'était-elle pas assurée avant d'entrer qu'il n'y avait personne ? Pourquoi a-t-elle changé de discours ? On lui donne un nom, une origine ; on en change le lendemain.

Les médias ont répété et amplifié tout et n'importe quoi sur ce scandale. D'un côté se formaient les rangs pro-DSK criant à la machination, d'un autre les fervents défenseurs des droits des femmes et de la droite française. Je n'étais sûr de rien mais je voulais croire que cette affaire était un coup monté, que ce fût de l'Élysée ou de la victime présumée, que la vérité éclaterait et que l'éléphant du Parti Socialiste démissionnerait du FMI pour présenter sa candidature aux primaires du parti.

Car à cette époque, je croyais dur comme fer qu'il serait candidat et qu'il l'emporterait, comme une majorité de Français.

Malheureusement, on trouva des traces de sperme sur le chemisier de la victime présumée et sur le sol de la chambre. DSK fut incarcéré à la prison de Rikers Island et rendez-vous fût pris pour tirer l'affaire au clair le 6 juin au tribunal.

Je pensais bêtement que le 6 juin marquerait également la fin du procès (ne me demandez pas pourquoi !) et qu'on saurait si DSK serait reconnu coupable ou blanchi. Qu'il n'était pas trop tard pour la bataille qui s'annonçait en France.

 

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Dominique Strauss-Kahn se retrouva avec les sept chefs d'accusation suivants sur le dos :

Acte sexuel criminel au premier degrés

Acte sexuel criminel au premier degrés (son sexe étant entré en contact par deux fois avec la bouche de la victime présumée, cette charge est retenue deux fois, soit 2 fois 25 ans...)

Tentative de viol au premier degrés (pour tentative de pénétration vaginal. 15 ans)

Agression sexuelle au premier degrés (7 ans)

Emprisonnement illégal au second degrés

Attouchements non consentis (il lui aurait touché la poitrine. 1 an)

Agression sexuelle au troisième degrés (contact sexuel sans emploi de la force. 3 mois)

Pour n'avoir pas réussi à violer une femme, Dominique Strauss-Kahn risque donc plus de 74 ans de prison.

 

 

En quelques jours, l'affaire était devenue un véritable feuilleton télé à suspense. Et les faits étaient là : le procès devait durer des mois, DSK ne se présenterait pas aux élections présidentielles 2012 en France et sa carrière politique était morte.

Les socialistes doivent se débrouiller sans leur char d'assaut. François Hollande et Martine Aubry prennent de l'ampleur dans le champs médiatique. Même si cette dernière n'avait pas déclaré sa candidature, elle faisait tout pour écraser ses concurrents potentiels, n'hésitant pas à traiter Ségolène Royal de folle et François Hollande de nul.

 

Et en quelques jours, comme à ses débuts, le feuilleton s'emballa de nouveau. Dès l'ouverture officielle des dépôts de candidatures socialistes le 28 juin, Martine Aubry se déclare candidate. Et aujourd'hui, 1er juillet, le New York Times annonce (avec des sources provenant de l'enquête) un rebondissement de taille. Le témoignage de Nafitassu Diallo pourrait être réduit en cendres. Elle aurait téléphoner à celui qu'elle présente comme un ami, voire son fiancé quelques heures après l'arrestation de DSK et aurait parlé explicitement des avantages qu'elle pourrait tirer des poursuites contre le présumé coupable. L'homme avait été arrêté en possession de 180 Kg de marijuana et lui a versé à plusieurs reprises des sommes d'argent laissant soupçonner une implication de la jeune femme dans des activités criminelles (trafic de drogue et blanchiment d'argent). Depuis deux ans, ce sont 100 000 dollars versés par plusieurs personnes qui lui permettaient notamment de payer les factures de cinq lignes téléphoniques. Presque autant de lignes que DSK, c'est étrange pour une femme célibataire avec un enfant, censée être pauvre et sans problème.

 

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Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair à la sortie du tribunal

 

L'agence Reuters parle de « rebondissement spectaculaire avec la mise en cause de la crédibilité de la jeune femme ». le New York Times avance carrément que « les procureurs n'accordent plus beaucoup de crédibilité à ce que l'accusatrice leur a dit, ni sur les circonstances (de l'agression présumée), ni sur elle-même ».

Le New York Post va encore plus loin : « Les procureurs travaillent sur trois scénarios qui pourraient chacun détruire les accusations de viol contre DSK :
- Ils ont eu des rapports sexuels consentis
- Strauss-Kahn l'a payée pour avoir des rapports sexuels
- La femme de chambre l'a piégé dans un complot d'extorsion. »

Depuis le début de l'affaire, les avocats de Dominique Strauss-Kahn affirment qu'il s'agissait d'une relation sexuelle consentie et tentaient de démontrer que la plaignante était animée par des intentions cachées et tentait de profiter de la position d'influence de leur célèbre client.

 

18H30 / Dominique Strauss-Kahn a été libéré sur parole par le juge Michael Obus et la caution pour sa remise en liberté sous surveillance en mai lui a été remise.

Lors d'une audience destinée à examiner les conditions de la liberté conditionnelle de Dominique Strauss-Kahn, les procureurs ont déclaré que des doutes existaient désormais sur la crédibilité de la femme de chambre.

 

L'espoir revient parmi les sympathisants du Parti Socialiste et de la gauche. Le candidat présumé peut même ravir un paquet de voix au centre et à la droite. Alors reste à savoir, dans le cas où il serait blanchi, si l'ancien favori des sondages (pour les primaires socialistes et les élections présidentielles) présentera sa candidature ou non.

Tandis que Martine Aubry « espère de tout coeur que la justice américaine établira dès ce soir toute la vérité et permettra à Dominique de sortir de ce cauchemar », Jack Lang pense que la gauche ne peut se passer d'un candidat tel que lui et Julien Dray, ayant lui-même eu des démêlés avec la justice, affirme : « Moi, je crois connaître un peu son caractère, je pense que quand on sort de ça, on a envie de manger le monde ».

Et bien, je ne demande que ça.

 

« Les bons apôtres, j'les mange ! » (Mylène Farmer, C'est dans l'air)

 

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