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Rio ***/ Rango ****

Publié le par Sébastien Almira

Deux films d'animation aujourd'hui, d'un genre différent, mais tout deux délicieux !

 

 

rio.jpgLe premier, "à partir de trois ans" selon le site Allociné, raconte l'histoire de Blue, un perroquet bleu originaire du Brésil, qui voit son quotidien bien réglé s'effondrer lorsque sa maitresse et lui apprennent qu'il peut sauver sa race d'une extinction imminente. En effet, il en est le dernier mâle. Exit Minnesota ! Hola Rio ! Le tout petit problème, c'est que Blue ne sait pas voler. Alors, forcément, côté humour, la partie s'annonce gagnée pour le créateur de L'Âge de Glace qui signe là une excursion remarquée dans la jungle tropicale. Le reste est également à la hauteur de sa célèbre trilogie, action (qui tient presque du thriller) et romances (en tout genre !) sont au rendez-vous, les personnages (humains, oiseaux, chien, singes) sont hauts en couleurs (qu'ils soient du côté des gentils ou des méchants), les décors époustouflants et les images très soignées.

On évite avec Rio ce qui arrive trop souvent avec l'animation actuelle : les clichés, les déjà-vu et l'ennui. Un très bon dessin animé à voir en famille, et même entre amis, il n'y a pas d'âge pour découvrir Rio !

 

 


 

 

rango.jpgLe second commence par une étrange scène, mi-philosophique, mi-film-d'auteur. Pendant cinq bonnes minutes, on se demande si on ne s'est pas trompé de salle, si la bande-annonce n'a pas menti, si on regarde bien un dessin animé pour enfants.

Finalement oui, il s'agit bien du dessin animé vendu par la bande-annonce (qui n'explique en rien la trame d'ailleurs, mais qui pose simplement les codes esthétiques et humoristiques du long-métrage), et c'est une réussite visuelle. Mais celle-ci est plus à destination de grands enfants et d'adolescents, comme en témoigne l'équipe de choc chapeautée par Johnny Depp. Ici, il faudra comprendre les questionnements philosophiques de Rango, lézard sorti par accident de sa vie en aquarium absolument palpitante, les relations "Nord"/"Sud" et l'évolution des pays émergents dont les populations sont laissées à l'abandon au profit d'une quête de modernité rêvée ainsi que les multiples clins d'œil aux films de l'idole des adolescentes et jeunes adultes, aux westerns de légende et à bien d'autres encore !

De plus, Rango le justicier œuvre dans un western à la bande originale qui fait des ravages : grands classiques de western, grandes musiques classiques (tout court) et même les Black Eyed Peas, sont conviés à la nouvelle tuerie de Hans Zimmer !

 

 

Quasiment impossible de départager ces deux films tant ils sont de qualité. Cependant, Rio ravira plus les petits et Rango, malgré des débuts déstabilisants, voire décourageants, ravira les grands petits et les petits grands.

 

 


 

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Daniel Glattauer, La septième vague, roman épistolaire, 350 pages, Grasset, avril 2011, 18€ ***

Publié le par Sébastien Almira

 

Emmi Rothner et Leo Leike sont de retour ! Un an après la traduction de Quand souffle le vent du nord, Grasset nous offre la suite tant attendue des amourettes épistolaires du couple mystère !

 

glattauer-7e-vague-204x300.jpgCar Emmie et Leo ne se sont jamais vus ! Ils ont passé des mois entiers à converser par mail suite à une erreur de destinataire pour la clôture d'un abonnement à un magazine féminin. Ils se sont découverts l'un l'autre, ont appris à s'apprivoiser, à se rejeter aussi, avant de tomber amoureux. Mais Leo sort d'une relation difficile et Emmi est mariée.

Cela peut vous sembler niais à souhait, et c'est totalement normal, mais je l'ai dit dans ma critique du premier (ici), je le redis haut et fort pour ce second roman traduit en français : il ne s'agit pas de sous-littérature affreusement plate et niaisement mielleuse, il ne s'agit pas d'un copier-coller de Marc Lévy. Je suis un homme, je n'aime pas le romantisme à deux balles, je n'aime pas les romans de gare pour jeunes femmes en quête d'une culture incertaine ou pour grands-mères recluses à la campagne. Et pourtant, j'ai aimé, et même beaucoup, Quand souffle le vent du nord et La septième vague. Ce n'est donc pas qu'une affaire de filles, et pas assez mièvre pour dissuader des lecteurs avertis !

 

On pourra reprocher à l'intrigue de ne pas bousculer les codes instaurés dans le premier volet des aventures mailesques d'Emmi et Leo. Et on pourra le faire non sans raison : l'originalité n'est pas le point fort de ce second volet. Considérons plutôt qu'il s'agit plutôt d'un gros roman de 700 pages qui aurait été indigeste et que l'auteur a bien voulu, pour notre santé, couper en deux. Ici, l'histoire continue comme si l'on avait pas refermé Quand souffle le vent du nord, comme si l'on avait pas quitté Emmi et Leo pendant un an. Sauf qu'on a justement eu un an pour se reposer et attendre la suite. Et la pilule passe mieux, elle passe même très bien !

 

glattauer2.jpgJe ne savais d'ailleurs pas qu'une suite était prévue en France, ni même qu'elle existait. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je l'ai découverte en librairie la semaine dernière :! Et je n'ai pas été déçu. J'avais certes l'impression de m'empêtrer dans la même histoire, mais j'ai su si Emmi quitterait son mari, qu'elle n'aime plus que pour sauver l'équilibre familial de ses enfants, si les deux tourtereaux s'avoueraient leur amour, s'ils se rencontreraient enfin et ce qu'il adviendrait de leur relation. Et la fin ! Quelle fin ! On pouvait s'attendre à pas mal de scénarios mais aucun ne prend le dessus sur un autre jusqu'aux derniers mails, pour notre plus grand plaisir !

Comme l'an dernier en pleines vacances à Londres, j'ai de nouveau passé trois jours de lecture parfaitement agréables (pas parce que je lis lentement, mais parce que j'ai d'autres choses à faire et que je veux faire durer le plaisir autant que possible !). Et je vous les souhaite !

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Pascal Fioretto, maître de l'humour ! (dossier, partie 1)

Publié le par Sébastien Almira

En période faste pour la littérature sur mon blog (l'envie de lire n'est pas toujours là...), je vous propose un petit dossier sur Pascal Fioretto, auteur de pastiches hilarants chez Chiflet et Cie. Au programme,  une mini-bio, les critiques de ses livres et deux petites interviews sur la publication du premier ouvrage. La première, de l'auteur ; la seconde, de son éditeur Jean-Loup Chiflet. Tout ça en deux parties parce que je n'arrive pas à me sortir de la tête l'idée que si je publie un article trop long, vous ne le lirez pas... (traduction : je n'aime pas lire d'articles trop longs, alors j'imagine que tout le monde est comme moi. Moi, prétentieux ? Pfff !)

 

 

BIOGRAPHIE

fioretto1.jpgJe viens d'apprendre en me renseignant que l'intéressé est né le 30 avril 1962 à Saint-Etienne. Ces deux articles seront donc l'occasion de fêter dignement son anniversaire, même si son demi-siècle en 2012 aurait mieux convenu à la fête. Mais je ne vais tout de même pas attendre encore un an avant de publier un article littéraire !

Reprenons ! Pascal Fioretto n'est jamais content.

Non content d'avoir eu son bac S, il passe un bac L. Il choisit finalement les sciences et sort diplômé de l'École Nationale Supérieure de Chimie de Montpellier. Mais il ne quitte pas pour autant le monde littéraire puisqu'il fonde un journal étudiant dont son site officiel tait le nom ! Il intègre par la suite le gang des pastiches Jalons avant de se faire repéré par Marcel Gotlib et Bruno Léandri qui le font rejoindre l'équipe de Fluide Glacial. Il plaque alors un jo inintéressant pour (sur)vivre de « négritudes littéraires et de piges volantes » (cf site officiel).

Non content d'être journaliste, chroniqueur, nègre littéraire et scénariste, Pascal Fioretto se met à écrire ses propres livres. Mais il n'a nulle intention d'écrire des romans comme il en existe des milliers. Non, il préfère prendre ces romans comme il en existe des milliers et les transformer.

 

 

GAY VINCI CODE (roman + dico Gay/Français, 210 pages, Chiflet et Cie, 15€, Pocket, 6€) *****

fioretto2.jpgÀ grands renforts d'humour, il pastiche ainsi le best-seller Da Vinci Code de Dan Brown. L'Opus Dei devient l'Oups Dei ; le Louvre, le Musée des Arts et Traditions Homosexuelles (le MATH). Robert Langdon est remplacé par Charlus Glandon, spécialiste mondial des icônes gays et il n'est plus aidé par une jeune et jolie potiche mais par son neveu Cédric, journaliste à Tutêt. Lorsque le conservateur du MATH est assassiné, la fine équipe mène l'enquête, tentant de découvrir quel secret cachait-il, qui est cette drag-queen tueuse qui terrorise les saunas, les bars à moustaches et le KFC des Halles, et enfin, que vient faire une chanson de Dalida dans cette affaire qui risque de faire tomber des masques, des têtes et des croyances idiotes. Décidément, Léonard de Vinci n'a pas tout dit !

 

Pas convaincu ? Laissez-moi citer la quatrième de couverture :

« Homophile pratiquant, hétéro de progrès, homophobe bourru(e) ou simple citoyen(ne) sans opinion... chacun et chacune sera forcément emballé(e) par ces folles aventures à travers le Gay Paris dont cet irrésistible polar révèle les plus hilarants dessous. »

 

Toujours pas convaincu ?

« If you read ONE book, read this ONE ! » Oscar Wilde

« Tellement plus drôle que Brockeback Mountain ! » Henry Chapier

« Vous n'aurez pas bientôt fini de décoder ? » Léonard de Vinci

 

Après un beau succès de librairie en grand format, Gay Vinci Code est enfin sorti en livre de poche. En fait, c'est surtout après la publication de Et si c'était niais, moins choc, que son premier roman a eu la chance de paraître en poche. Pourquoi je fais cette remarque ? Parce qu'un livre se vend généralement mieux en version de poche, à un coût moindre. Un grand format a malheureusement beaucoup de chance de passer inaperçu en librairie, il suffit qu'il s'agisse d'un auteur inconnu, le libraire commande un seul exemplaire et le livre se retrouve directement en rayon où personne ne le verra jamais. Pocket a attendu qu'un livre "plus normal", "moins choquant" du même auteur paraisse pour publier dans son catalogue Gay Vinci Code. Et à la Foire du livre de Brive, le résultat était le même. Le public a attendu la parution de Et si c'était niais pour se faire dédicacer un ouvrage par Pascal Fioretto. L'année d'avant, lorsqu'il n'y avait que Gay Vinci Code, sa couverture rose et son gros "GAY" sur la couverture, j'ai vu des visiteurs faire un écart en passant devant le stand de Chiflet et Cie. Belles mentalités au XXIe siècle. Alors je le dis haut et fort. Et en rose, s'il vous plait ! Arrêtez vos sottises, les gens, et lisez ce putain d'bouquin, qu'est franchement génial !

 

 

MINI-INTERVIEW DE JEAN-LOUP CHIFLET

fioretto3.jpgQuel est votre rôle au sein de Chiflet et Cie ? Comment en êtes-vous arrivés là ?

Je suis directeur général. Après trente ans chez Hachette et Larousse, j'ai créé ma propre maison.

Comment choisissez-vous les premiers romans que vous publiez ? A combien peut se monter le premier tirage ?

Je ne publie pas de romans, mais des livres d'humour. Le premier tirage se monte à 3000 ou 4000 exemplaires.

Si un premier livre n'obtient pas le succès escompté, prenez-vous le risque de publier le second d'un auteur qui vous tient à coeur ?

Oui.

A combien se monte l'investissement pour le lancement d'un premier livre ? Pour un auteur confirmé ?

Confidentiel.

Quelles sont les figures de proue de Chiflet et Cie ?

Albert Agoud, Pascal Fioretto et Bruno Masure.

 

 

MINI-INTERVIEW DE PASCAL FIORETTO (qui a répondu à mon interview par écrit, au stylo rouge, avec des flèches et dans tous les sens, d'où les réponses éclatées)

fioretto4Comment s'est passée la publication de votre premier roman ? Etait-ce le premier envoyé ? L'aviez-vous envoyé à plusieurs éditeurs ? Etaient-ils préalablement choisis ?

Bien. Non, le quatrième. Non. Oui.

Est-ce que votre éditeur vous a proposé un contrat ? Envisagez-vous cela comme une assurance d'être publié ou, au contraire, comme un manque de liberté ?

Non.

A-t-on voulu y apporter des modifications ? Lesquelles ? Avez-vous accepté ou refusé ?

Quelques conseils m'ont été donnés par le directeur éditorial de l'ouvrage. Je les ai acceptés et appréciés.

Si votre éditeur veut par exemple supprimer un passage de votre livre, acceptez-vous ou bien est-ce lui qui se plie à vos exigences ?

Ca se négocie, mais c'est moi qui ait le final cut.

Avez-vous déjà écrit pour votre éditeur, ou un autre, un ouvrage de commande ? Si oui, est-ce plus facile à écrire qu'une idée personnelle ?

Oui. Oui, c'est plus facile à écrire qu'une idée personnelle.

 

 

Pascal Fioretto, site officiel.

Chiflet et Cie, site officiel.

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