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Musique juillet (Christine and the Queens / La Roux / Mariah Carey)

Publié le par Sébastien Almira

                   

Christine and the Queens, Chaleur humaine, 11 titres, Because Music, 2014 ****
En devenant Christine and the Queens suite à une longue histoire que vous pourrez découvrir ici (long article très intéressant des Inrocks qui vous expliquera la genèse et bien d'autres choses encore), Héloïse Letissier est également devenue la révélation pop française de l'année. Mêlant français et anglais, pop et R'n'B, Christophe et Kanye West (Paradis Perdus), elle a entièrement écrit, composé, arrangé, interprété et réalisé l'album, à l'exception de la reprise sus-citée. Ash Workman, à qui l'on doit le dernier Metronomy, est à la production.
Le résultat est détonnant, mélancolique, puissant, torturé, élégant, inventif, émouvant. Pop, R'n'B, variété, électro, tout se bouscule. Ses influences vont de Mickaël Jackson à Gainsbourg en passant par Drake, Kanye West, Bashung, Beyoncé et Virginia Woolf. Car la musique subtile et mature, la voix forte et hypnotique, les mélodies sombres et enivrantes, ne sont pas les seules qualités de ce premier album. C'est souvent à ça que s'arrêtent les artistes qui émergent, mais Christine travaille également ses textes ; mêlant habilement français et anglais, elle livre des textes poétiques et littéraires. Rien n'est à jeter, mais quelques titres sont un peu en deçà des autres.
Magnifique premier album, peut-être un peu trop homogène, d'une artiste qui n'hésite pas à chanter des textes littéraires sur de la pop branchée avec un phrasé très influencé par la musique R'nB.
<3 It / Saint Claude / Christine / Science fiction / Paradis perdus / Ugly-Pretty / Nuit 17 à 52 / Here

             

 

                   

La Roux, Trouble in Paradise, 9 titres, Polydor, 2014 **
Je ne connaissais La Roux que de nom lorsque le premier extrait du deuxième album du groupe désormais décomposé, Let me down gently, est arrivé sur le net. Je suis tombé sous le charme de ce morceau mid-tempo électro-rétro mélancolique. Puis est arrivé Uptight Downtown, très bon titre, un peu plus énergique que le premier extrait mais très ressemblant. Cependant, je me disais que c'était superbe et j'attendais l'album avec impatience.
Le problème, c'est que la ressemblance entre les morceaux court sur tout le disque, des compos et des mélodies très similaires, une ambiance électro-pop rétro, groovy et mollassonne qui finit par être pesante (du genre qui vous donne une boule au ventre). C'est sympathique une fois, deux fois, mais à force, Trouble in Paradise ne m'a pas du tout convaincu.
<3 Uptight Downtown / Silent Partner / Let me down gently

 

 

 

                   

Mariah Carey, Me. I am Mariah... The elusive chanteuse, 17 titres, Def Jam, 2014 ***
Si depuis quelques années Mariah Carey n'est plus considérée que comme une diva has been qui fait de la daube, il y avait toujours quelques bons morceaux dans ses albums. Il en est de même dans ce pot pourri à l'esthétique et aux sonorités léchés. On passe rapidement sur les affreuses photos retouchées qui jalonnent le livret et la promo de Me. I am Mariah... The elusive chanteuse. On passera aussi sur ce titre prétentieux et ridicule.
Là où je suis le plus agréablement surpris, c'est du côté des titres dansants et/ou collaborations avec des rappeurs. Habituellement, je trouve les siennes bling-bling, ridicules et bourrins à mort, mais je dois avouer que je trouve Thirsty (R'n'B), Make it look good (soul, gospel), You don't know what to do avec Wale (véritable tuerie R'n'B funky qui donne furieusement envie de claquer des doigts et /ou taper dans les mains et/ou remuer son cul), Meteorite ou encore Money avec Fabolous très réussies. Le duo avec Miguel, Beautiful, seul single de l'album qui a marché (passons sur la promo catastrophique qui consistait à attendre un tube pour sortir l'album depuis plus d'un an), est un très bon titre, un mid tempo R'n'B classe où la chanteuse n'en fait jamais trop, où les voix se marient bien.
En revanche, c'est du côté des ballades que ça pêche un peu. Cry, le titre d'ouverture, et Camouflage, sont soul et sobres, mais peu dispensables et pas inoubliables. La classique You're mine (eternal) et le gospel Heavenly sont pas mal, comme la sobre reprise One more try de George Michaël et The art of letting go mais où sont les fabuleux Without you, My all, Whenever you call ou plus récemment We belong together ? Pourquoi la fabuleuse Almost Home, titre du film Le monde fantastique de Oz, a été écartée de l'album ?!
Quelques autres titres comme Faded, Dedicated, Supernatural, It's a wrap avec Mary J Blige ou Betcha Gon' Know avec R Kelly sont fades, voire soporifiques à souhait.
Voilà donc un album où se mêlent de très bons titres à d'autres clairement mauvais, entre soul et R'n'B, un album qui vaut le coup pour les fans, ou pour les quelques titres suivants, qui ne mérite pas d'être le pire démarrage de sa carrière mais on est quand même bien loin de Music Box et Butterfly.
<3 Beautiful (ft. Miguel) / Thirsty / Make it look good / You're mine (eternal) / You don't know what to do (ft. Wale) / Meteorite / Money (ft. Fabolous) / Heavenly

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Rentrée littéraire 2014

Publié le par Sébastien Almira

Rentrée littéraire 2014

Alors que l'été commence à peine, voilà que déjà s'approche à grands pas la rentrée littéraire de septembre, et avec la rentrée scolaire.
Si les résultats du bac 2014 étaient en hausse, les éditeurs ont également mis les bouchées doubles puisque la production automnale est passée de 555 romans en 2013 à 607 cette année. Cinq romans étrangers et une cinquantaine de romans français de plus, mais onze premiers romans de moins.

Livres Hebdo, en bon professionnel, parle de « rentrée resserrée, à peine plus élevée que l'an dernier ». À peine, oui... Alors qu'on pensait que la baisse de 2013 ferait figure d'exemple, voilà qu'ils en mettent de nouveau plein les tables, avec une grosse majorité de (au choix) merde sans nom / passera inaperçu malgré un nom / l'éditeur l'oubliera une fois publié / tout le monde s'en foutra / les quatre à la fois. Une majorité de romans qui passeront, de fait, à la trappe.

Il y a des éditeurs qui ont compris la leçon, d'autres pas. Au Seuil, la production a réellement été resserrée : 6 romans français, 3 étrangers. Chez Flammarion et Actes Sud, acte aussi puisque ce sont 7 romans français qui paraîtront à la rentrée.

Olivier Nora, PDG de Grasset, parle de « rentrée sous tension » mais n'a pas semblé y faire attention puisqu'il publie 16 romans. Même son de cloche chez Gallimard avec plus d'une vingtaine. Quand on sait l'accompagnement des auteurs et des livres chez la prestigieuse maison, quand on voit le nombre de romans inconnus qui arrivent par deux ou trois sur nos tables (et on déjà bien gentil), qui sont débarqués en rayon un ou deux mois plus tard faute de place et qui partent petit à petit au retour sans que personne ne s'en soit préoccupé, on se demande pourquoi Gallimard continue de publier autant de livres.
 

          

On n'a pas la même valeur de la prudence partout car, si certains ont choisi de faire une moins grosse rentrée en quantité mais ont ciblé avec soin les quelques romans qu'ils nous feront découvrir, d'autres jouent la sécurité en publiant moins de premiers romans et plus de grands noms.
Ainsi, vous aurez le plaisir (ou pas) de retrouver Emmanuel Carrère, Olivier Adam, David Foenkinos, Frédéric Beigbéder, Patrick Deville, Eric Reinhardt, Grégoire Delacourt, Laurent Mauvignier, Jean-Marie Blas de Roblès, Fouad Laroui, Alice Ferney, Franck Pavloff, Simonetta Greggio, Pascal Quignard, Bernard-Henry Lévy, Catherine Cusset, François Vallejo et bien entendu Amélie Nothomb chez les auteurs nationaux.
Côté étranger, vous aurez le choix entre Thomas Pynchon, Antonio Tabucchi, Alice Munro, Siri Hustvedt, Haruki Murakami, Craig Davidson, Margaret Atwood ou encore Charlie Chaplin !

Une fois de plus, il faudra faire le tri assez drastiquement et complètement subjectivement pour savoir quoi lire. Pour certains livres, on aura eu bien raison mais pour d'autres ce sera la déception, l'ennui, l'énervement, la poubelle.
Et au milieu de ce grand capharnaüm, je vous ferai partager mes lectures. Vous découvrirez des surprises et des confirmations comme des déceptions. La chasse aux coups de cœur et aux coups de gueule étant imminente, je m'en retourne à mes lectures car je n'en suis qu'à la cinquième de cette nouvelle rentrée.
D'ici-là, portez-vous bien, continuez de lire et si vous manquez d'idées pour vos lectures estivales, c'est ici que ça se passe !

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Nouvelle version

Publié le par Sébastien Almira

Bonjour à tous,

Puisque je suis passé à la nouvelle version d'Over-Blog et que je ne peux malheureusement pas revenir en arrière, je vais tâcher de tout arranger petit à petit. Car, comme vous pouvez/pourrez le constater, ce n'est pas très au point, il y a de grands changements, pas forcément les meilleurs, et je dois adapter pas mal de choses pour que le blog retrouve une gueule normale. *

Veuillez m'en excuser par avance. Et sachez que la publication des articles continuera malgré tout à peu près normalement. Enfin, à une fréquence estivale. ^^

Bel été à tous et à bientôt sur le blog !

Sébastien Almira

 

* par exemple, si je saute une ligne, il en saute deux sur l'article visible par vous.

par exemple, je ne peux pas centrer une photo, il faut que je gère l'espacement à la main, à l'ancienne.

> du coup, je vais devoir reprendre chaque article, un par un, pour supprimer les doubles sauts de ligne, changer la couleur de texte et centrer chaque photo...

par exemple, je ne peux pas changer la police du menu.

par exemple, je ne peux pas voir les statistiques par article par jour, savoir quels articles ont été les plus lus tel jour, et non pas sur le mois comme c'est déormais le cas.

par exemple, je suis juste allé à la ligné à la fin de chaque phrase, et vous vous retrouvez avec des sauts de ligne. Et c'est juste hyper moche.

par exemple, je dois cliquer sur une petite icône pour envoyer la newsletter à chaque publication. Ce n'est plus automatique, et je sens que je vais souvent oublier.

par exemple, je vous en passe d'autres.

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Le cinéma de juin 2014 (Le vieux qui ne voulait pas... / Maps of the stars /X-Men Days of future past)

Publié le par Sébastien Almira

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, de Félix Herngren, 1h54 ****
Adapté du best-seller éponyme de Jonas Jonasson, le film se révèle assez drôle et efficace pour accrocher le grand public avide de films d'actions et comiques, et assez fin pour plaire également à un public plus branché film d'auteur. Je ne peux pas juger l'adaptation, puisque je n'ai pas lu le roman, mais j'ai trouvé le film en tant que tel assez réussi.
Pour ceux qui n'auraient pas suivi, c'est l'histoire d'un vieux qui se barre par la fenêtre de sa chambre alors que la maison de retraite au grand complet se ramène avec un gâteau à cent bougies. Le centenaire quitte la gare de son bled en emportant par mégarde la valise pleine de billets d'une petite frappe. C'est aussi l'occasion de se remémorer les événements qui ont fait sa vie.
Rocambolesque à souhait !

 

Maps of the stars, de David Cronemberg, 1h50 ***
Chronique au vitriol d'Hollywood, Maps of the stars n'épargne rien ni personne. Le monde du showbiz semble rempli de connards et de salopes prêtes à tout, le film est plutôt dérangeant, irritant même, dû à l'exagération du réalisateur, tout en restant un minimum crédible. C'est bien fait et Julianne Moore mérite amplement son prix d'interprétation féminine à Cannes.
« Le film exagère un peu la réalité mais pas tant que ça. Oui, je connais ces sentiments mêlés où vous désirez absolument un rôle qu’on offre à une autre, où vous attendez qu’on vous appelle, où vous vous demandez comment obtenir tel rôle, comment convaincre le réalisateur ou le producteur, etc. On connaît toutes ce genre de moments. Evidemment, mon personnage vit ces situations poussées jusqu’au cliché et à la satire. Mais j’aime ce personnage, j’aime son narcissisme désespéré, son désir d’exister à travers le cinéma, le vide qu’elle ressent quand elle ne tourne pas, la sorte de monstre qu’elle est devenue… » Julianne Moore aux Inrocks, 31 mai 2014

 

X-Men, days of future past, de Bryan Singer, 2h10 ****
Les X-Men envoient Wolverine dans le passé pour changer un événement historique majeur, qui pourrait impacter mondialement humains et mutants. J'aurais préféré avoir vu toute la série avant, histoire de me familiariser au mieux avec tous les personnages, mais j'ai trouvé le film intelligible, exceptés quelques petits détails pas indispensables à la compréhension globale et la complexité de l'intrigue.
Intelligent, recherché, spectaculaire, surprenant, c'est le meilleur X-Men de ceux que j'ai vus. De gros effets spéciaux et de la testostérone au service d'une intrigue bien ficelée et assez complexe pour nous captiver plus de deux heures. Bien joué, en plus de ça, même si Omar Sy n'est finalement pas si indispensable que ça.

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Julien Blanc-Gras, Paradis (avant liquidation), roman / récit de voyage, 190 pages, Au Diable Vauvert, mai 2013, 17 €, Le Livre de Poche, mai 2014, 6,10 € ****

Publié le par Sébastien Almira

Julien Blanc-Gras, Paradis (avant liquidation), roman / récit de voyage, 190 pages, Au Diable Vauvert, mai 2013, 17 €, Le Livre de Poche, mai 2014, 6,10 € ****


« Il y a des pays en voie de développement et des espèces en voie de disparition. La république des Kiribati est un pays en voie de disparition.
Un cas singulier, à contre-courant d'un époque où chaque secousse géopolitique peut accoucher d'un nouvel État. Il n'y a jamais eu autant de nations sur terre. Celle-là semble vouée à l'effacement. Non par scission ou absorption. On lui promet l'engloutissement.
J'ai organisé ma vie autour d'une ambition saugrenue, le quadrillage méthodique de la planète. Moteur : toujours voir un pays de plus. Ce qui se profile ici, c'est un pays en moins. Je dois m'y rendre avant qu'il ne soit rayé physiquement de la carte.
Sur le planisphère, le pauvre est à peine visible à l’œil nu. Sa surface terrestre ne couvre même pas celle d'un département français, mais on pourrait faire rentrer l'Inde dan son espace maritime. À la fois un des plus petits et un des plus grands pays. Je ne peux pa résister à cette aberration géographique. Ajoutons que l'équateur et la ligne de changement de date se croisent aux Kiribati. On est donc en droit de considérer qu'il s'agit du centre du monde.
 » page 11

Julien Blanc-Gras, écrivain voyageur, « mécréant fornicateur, rationnel et imperméables aux fariboles bibliques auxquelles (il) concède toutefois une certaine puissance littéraire » est donc parti quelques mois à la découverte des Kiribati. C'est le récit de ce voyage qui vient de paraître au Livre de Poche.
Salué par la critique, apprécié par les lecteurs, Paradis (avant liquidation) est pour Éric Chevillard « un récit passionnant (…) un texte toujours surprenant qui nous apprend dix chose par page et nous informe, toutes sirènes hurlantes, sans nous donner de leçon. », pour Yann Moix « cette enquête journalistique est l’œuvre d'un écrivain ; il est rare que les deux talents se mélangent aussi merveilleusement. » et enfin pour Grégoire Leménager du Nouvel Observateur « c'est Nicolas Bouvier en short de bain qui aurait lu Desproges. »


 

                                                             Julien Blanc-Gras au Mozambique

Bon, avec ça, est-ce que j'ai vraiment besoin d'écrire autre chose ? Je vous avoue que, rentrant d'une semaine magique en Grèce, retrouvant la grisaille parisienne et ayant été quasi obligé de passer à la nouvelle version d'Over-Blog (pour le moment assez merdique), je n'ai pas envie de faire beaucoup d'efforts.
Ce que je peux vous dire, c'est que le quatrième livre de Julien Blanc-Gras est intelligent et intéressant aussi mais facile et agréable à lire.
L'auteur ne se contente pas seulement de parler des importants problèmes qu rencontrent la république des Kiribati et ses habitants, il nous fait aussi voyager pour le meilleur et pour le pire, et non sans humour. Puisque c'est l'été, privez-vous encore moins de cette lecture passionnante !

Julien Blanc-Gras, Paradis (avant liquidation), roman / récit de voyage, 190 pages, Au Diable Vauvert, mai 2013, 17 €, Le Livre de Poche, mai 2014, 6,10 € ****

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