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Hubert Haddad, Opium Poppy, roman, 170 pages, Zulma, août 2011, 16,50 € **

Publié le par Sébastien Almira

 

ACH002890265.1316191084.580x580.jpgAutant l'avouer tout de suite : je me le suis caché tout au long de ma lecture mais je suis déçu par le nouveau roman d'Hubert Haddad. Je me suis persuadé à chaque page qu'il était très bien. Aussi bien que Palestine, Prix Renaudot poche. Mais il ne l'est pas. Je ne me rappelle pas bien de Palestine, mais il m'a laissé un Grand Souvenir.

Avec Opium Poppy, j'ai retrouvé l'Hubert Haddad de Vent Printanier (court recueil de quatre nouvelles), avec son style très travaillé, sa poésie revendiquée et son vocabulaire trop riche rendant la lecture et la compréhension difficile. Je ne suis pas surdoué, mais je ne suis pas analphabète pour autant, et il y a plusieurs phrases que je n'ai pas comprises. Comme je n'allais pas me trimballer avec un dictionnaire pour arrêter ma lecture une dizaine de fois par page pour chercher une définition, j'ai continué à lire. Bien entendu, je comprenais le sens général, l'histoire, je ne suis pas complètement idiot. Mais souvent, je butais sur un mot, une phrase entière ou me rendais compte au bout de plusieurs lignes, paragraphes, voire pages, qu'on avait changé de ville, d'époque, à cause d'une construction un peu bancale.

 

« Dans la chambre du fond, couchée sur un entassement de matelas, Poppy tremble d'un froid tout intérieur. La neige ne fond pas dans le sang. Son bras épinglé mille fois au bel abîme et son crâne plei d'éclairs et de nuit la font atrocement souffrir. Les piercings et les tatouages qui la protègent des spectres nus de la concupiscence forment autour d'elle une piètre armures de signes. Secouée de séismes, la terre noire du passé dégorge ses cadavres. » pages 137-138

 

Un petit paysan afghan, pris entre la guerre et le trafic d'opium, se retrouve dans un foyer humanitaire suite à une sanglante bataille à son village. Son frère, Alam Le Borgne, qu'il admire, s'engage dans la violente rébellion qui ravage son pays. Il lui voue un culte sans nom et ne sait plus qui croire, que faire. Enfant soldat surnommé L'évanoui depuis qu'il n'a pu rester conscient lors de sa circoncision, à la grande honte de son père, transbahuté de ville en ville (de Kandahar à Kaboul), de pays en pays (de l'Afghanistan à la France, en passant par l'Italie), mutique depuis la destruction de son village, devenu bandit à Paris, L'évanoui perd la vie à mesure qu'il grandit.

 

C'est l'enfance traumatisée d'un gamin détruit par la politique de son pays, le trafic de drogue, la cruauté des hommes et les affres de sa misérable vie qu'Hubert Haddad nous livre sur un plateau sanglant de poésie et de musicalité de la langue. Le contraste entre la forme et le fond est immense. C'est la force de ce grand auteur. Mais je n'ai pas été conquis par Opium Poppy, à cause de son manque de clarté, de compréhension et également parce que j'ai moins été emballé par l'histoire qu'avec Palestine, que je vous conseille vivement.

 

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constance 13/06/2012 20:22


en fait, tu es aussi mitigé que moi mais tu le montres plus. ça doit être parce que je suis d'humeur optimiste aujourd'hui ^^


la question du niveau de langue ne m'a pas gênée, peut-être parce que j'ai une habitude depuis que j'ai appris à lire de ne pas faire attention aux mots que je ne comprend pas pour m'attacher à
une compréhension globale (et rapide). du coup, je passe à côté. je rate sûrement des choses, mais je ne me rend pas compte, à part quand tes billets m'amènent à réfléchir là-dessus ;)

Sébastien Almira 13/06/2012 20:42



Peut-être aussi parce que j'avais tellement aimé Palestine que j'étais encore plus mitigé ou que que j'avais encore plus besoin de montrer ma déception que toi.