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Léonard Vincent, Athènes ne donne rien, roman, 200 pages, Éditions des Équateurs, janvier 2014, 18 € *

Publié le par Sébastien Almira

 

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Je continue sur ma lancée de livres sur la Grèce et je me dis qu'au lieu de privilégier les nouveauté, histoire d'alimenter le blog en même temps, j'aurais mieux fait d'écouter ma patronne et lire des classiques tel que Le Colosse de Maroussi. Car si Athènes ne donne rien, je peux vous assurer que Léonard Vincent a bien compris la leçon : il ne donne rien non plus.

Vendu par notre représentante comme une merveille, comme le récit d'un journaliste parti voir de ses propres yeux comment se porte la capitale grecque face à la crise, comme un récit romancé d'une intensité rare, comme un petit bijou.

En fait de cela, il s'agit d'un roman dont le personnage principal, chômeur français qui en a marre de tout, se barre à Athènes pour s'oublier. Sur la place Syntagma (devant le Parlement), il voit un vieillard se suicider, et décide alors de jeter sa carte d'identité et sa carte bleue. S'en suit une errance sans fin et surtout sans queue ni tête dans les rues délabrées d'Athènes où, si on en croit l'auteur, ne se côtoient que misère, famine, pauvreté, grévistes, mafias, terroristes et animaux errants.

« C'est peut-être l'heure. Les Athéniens mangent leurs épluchures. Les chauffeurs de taxi ânonnent des psaumes sataniques, un bras sur la portière. Dans leurs échoppes, sous les arcades, les épiciers recomptent leur caisse comme des grands-mères avares. Un pope et un armateur égrènent leur chapelet de secrets. Posé comme un diadème sur le rocher de l'Acropole, le temple de la Paix se dissout dans les pots d'échappement. Morceau d'architecture déglingué, pauvre et somptueuse église d'un monde écroulé, le Parthénon est à vendre. Sur les quais du Pirée, les navires avalent les victimes. Les clochards dorment dans les coins sur des lits de carton, le visage et les bras noircis par le soleil et la crasse, momies piquées à l'héroïne. Clandestins africains et Grecs indigents partagent la misère et la peau bronzée. » page 160-161

Il arrive à Max, le personnage principal du roman, une tripotée d'aventures auxquelles on ne croit pas. Déjà, si on est allé à Athènes, on a vu la misère de certains endroits, les rues délabrées et les animaux errants, mais on a également vu la splendeur de l'architecture, les vestiges à chaque coin de rue, la gentillesse des Grecs, la joie qui transpire dans les rues baignées de soleil, et on ne croit pas un instant à la vision que voudrait nous imposer ce soit-disant journaliste. Ensuite, les histoires à dormir debout qu'il fait vivre à Max achève de nous désintéresser, de nous énerver même, de cette lecture. Cette lecture inutile et mensongère qui frise le ridicule. L'écriture n'est pas désagréable, mais ne suffit à sauver quoi que ce soit.
Visitez Athènes, c'est plus cher, mais c'est mieux.



p.s. : après vérifications, il apparaît que Léonard Vincent a été recruté par Anne Sinclair en 1999 pour TF1, a été responsable de la rubrique Monde sur le site internet de la chaîne et responsable du bureau Afrique, puis directeur de l'Information de l'association de défense de la liberté de la presse chez Reporters sans Frontières. (source : Wikipédia)


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